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Le défi du samedi

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6 décembre 2008

Saison d’hiver (Brigou)

-       Dis, Maman tu nous racontes encore… tu sais quand t’es venue dans les alpes et que tu faisais des petits boulots…

 

- AAh ! mes premiers jobs saisonniers ..

Eh bien mon premier emploi était  préposée aux remontées mécaniques, jolie formule n’est-ce-pas ! je devais contrôler les billets et faire monter ou descendre les skieurs des télésièges. Je peux vous dire que je m’ennuyais dans ce travail et qu’en plus je me gelais les pieds à piétiner dans la neige toute la journée. Quant aux touristes, ils ne me voyaient pas, ni de bonjours, ni de mercis, à croire que j’étais transparente.

 

Pour mon deuxième job, je suis devenue fée du logis ! J’assurais le nettoyage des locations en un temps record. Dès que le locataire avait quitté l’appartement, je devenais la ménagère aux gants mapa et j’entrais en action. Je ne croisais jamais les occupants mais je trouvais des traces de leur passage. Le frigo contenait quelques restes de nourriture, la poubelle débordait… Régulièrement sous le lit ou sous le canapé se nichait une chaussette ou une moufle ou des mouchoirs en papier ou même quelques pièces  !

 

Puis, pour mon troisième poste, je me suis transformée en animatrice dans un jardin d’enfants. Il se nommait le club des « Diablotins ». Tous les après-midis je retrouvais des petits bouts de trois à cinq ans pour les premiers apprentissages du ski et pour les jeux de neige. Les glissades s’effectuaient sans bâtons, histoire pour eux de trouver l’équilibre sur les planches. Ce n’était pas triste. Certains se percutaient et boum, badaboum ! …. ils s’écroulaient sur la neige, les skis emmêlés avec ceux des autres. Ils éclataient de rire au même moment ou éclataient de pleurs. Et puis, ils adoraient manger la neige malgré nos mises en garde d’avoir mal à la gorge.

 

Et pour finir la saison, j’ai travaillé en restauration rapide au pied des pistes. On servait des hamburgers, paninis, salades, crêpes… L’ennemi numéro 1 c’était le client, celui-ci est roi, tout le monde le sait. Mais une fois de l’autre côté du comptoir, j’assistais à différentes catégories de clients :

- l’ hésitant : « euh je vais prendre une salade… sur place… oh tiens, vous avez des sandwichs au thon ?… je vais en prendre un plutôt.. avec un jus de fruit. Et puis finalement vous pouvez me le mettre dans un sac ? »

- le radin : «  c’est quoi ça la formule goûter ? et si je prends une canette en plus ça fait combien ? »

- le pointilleux «  vous avez vu ce panini ? le fromage déborde de partout.. y’a pas beaucoup de rondelles de tomates ! .. vous n’avez pas une eau plus fraiche ? »

 

- EEt dis Maman … c’est là que t’as rencontré Papa hein ?…..

 

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6 décembre 2008

Règlement des comptes au paradis (Martine27)

REGLEMENT DES COMPTES AU PARADIS

Il se sent bien fatigué ce matin Saint Matthieu (NDLR : Pour bien comprendre la suite de l'histoire et pour les ignorants en hagiographie, sachez que Saint Matthieu est le saint patron des comptables, des banquiers et des changeurs). Il faut dire q'uil vient de consulter le planning et il a un sacré boulot qui l'attend aujourd'hui.

Il entasse sur son diable (NDLR : Je n'y suis pour rien si ça s'appelle comme ça) les dossiers du jour et se dirige en soupirant vers son bureau.

Il s'installe au milieu de son capharnaüm (NDLR : C'est au poste de douane de Capharnaüm que Matthieu exerçait son boulot et c'est là que Jésus l'a recruté. Et si ce mot désigne aussi un gros bazar c'est qu'il doit y avoir une raison), il allume son ordinateur, se branche sur sa session et appuie sur le bouton d'appel des clients.

Le panneau d'affichage de la salle d'attente indique "n° 53 bureau SM" (NDLR : Non pas pour sado-maso, mais pour Saint Matthieu faut tout vous expliquer).

Arrive une pétillante vieille dame, elle présente ses papiers et décroche à Saint Matthieu un sourire radieux bien qu'édenté.

"Alors voyons : un mari mort à la guerre, a élevé seule ses 4 enfants, n'a jamais baissé les bras, à la retraite a fait du bénévolat. Bon, quelques petits larcins dans les magasins pour nourrir ses enfants, on ne va pas chicaner pour ça. Allez sur 100 je vous donne 90, voilà votre ticket pour l'entrée au Paradis, suivez les flèches dorées marquées au sol".

Remerciements émus de la première cliente.

Ensuite trois cas pas au top, de la lâcheté, de l'égoïsme, tout ça ce sont des points en moins et avec seulement 50 points un petit stage au purgatoire ne sera pas superflu.

"n° 1007" (NDLR : Eh oui, déjà faut pas croire ça dépote là-haut, même s'ils ont l'éternité devant eux).

Arrive un homme un peu rondouillard et une bonne bouille, il présente ses papiers.

Saint Matthieu épluche "Eh dites, il manque la fiche de l'année 1942, pas normal ça !"

Le monsieur pâlit un peu.

"Bon je contrôle sur ma base de données. Oh, oh, 1942 rafle du Vel d'hiv. Dites, non seulement vous avez raflé, mais vous avez drôlement fouillé pour que personne ne vous échappe. Désolé mais là vous perdez 80 points d'un coup".

"Mais" balbutie le monsieur "j'ai fait un bon mariage, j'ai bien éduqué mes enfants".

"Exact c'est par ça qu'il vous reste 20 points, mais les objets volés aux juifs et les enfants envoyés au massacre, ça se paye".

"Pourtant je n'ai pas été le seul à les emballer, et puis c'était les ordres, et j'ai vu que vous aviez laissé passer un collègue".

"Oui, mais lui il s'est arrangé pour laisser filer des enfants, ça lui a valu des points en plus. Désolé en ce qui vous concerne c'est le ticket direct pour les pays chauds".

Saint Matthieu appuie sur un bouton et une trappe s'ouvre sous les pieds du bonhomme.

"Chaud devant" rigole Saint Matthieu "amusez-vous bien avec celui-là".

"Merci Matt" lui répond-on.

Débarque ensuite une femme adultère qui n'en mène pas large.

"Je sais, je sais, je n'aurais pas du tromper mon mari".

"Bof, il vous délaissait et puis vos amants vous les choisissiez par amour. Vous savez ça, Jésus il apprécie et n'oubliez pas que Marie Madeleine est une bonne copine. Pour le reste on dira passable 60 points ça passe juste".

"Et mon mari ?" s'inquiète la dame "il a eu des maîtresses aussi, il est passé alors ?"

"Ah lui, non direct au sous-sol".

"Mais pourquoi ? Il a fait comme moi".

"Si on veut, mais lui pas d'amour là-dedans et des pratiques franchement ignobles notamment avec des enfants, alors ça n'a pas fait un pli, il est parti bronzer et comme en plus il vous maltraitait, ça lui a fait un paquet de points en moins".

Ensuite une petite pause autour de la machine à café où les Saintes et les Saints échangent potins et souvenirs.

"La tête à Torquemada quant on l'a envoyé se faire rôtir, trop drôle".

"Et Simon de Monfort quant il a croisé en descendant les Cathares qui montaient à mourir de rire".

Ils taillent aussi des bavettes avec les confrères des autres religions.

"Vous devez avoir du boulot avec tous ces attentats !"

"M'en parlez pas, ces sacrés fanatiques croient se retrouver nez à nez, enfin je me comprends, avec des houris et zou direct avec vos dingues à vous à la trappe. Et vous avec la crise financière pas trop de banquiers ?"

"Tu parles, on est plus en 1929, ils filent avec des parachutes dorés plutôt qu'avec une balle dans la tête, mais on les attend au virage".

Et la journée reprend.

Saint Matthieu voit passer un douanier. Bon, il n'est pas blanc-bleu, limite des 49, mais comme c'est un collègue il lui accorde un point de plus assorti quand même d'un long passage au purgatoire, on a ses faiblesses mais faut quand même pas exagérer.

Il accueille ensuite un jeune homme décédé suite à une longue maladie qui râle qu'il n'a pas fait tout ce qu'il voulait sur terre.

"Vous savez vous pouvez aller directement là-haut. Vous prenez un risque en redescendant".

Mais non, le jeune homme est prêt à tenter le coup.

Saint Matthieu l'adresse donc au chef de service Saint Pierre qui est seul habilité à traiter les cas complexes de réincarnation.

Et voilà des prêtres.

Celui-là a passé sa vie à se reprocher ses fantasmes vis-à-vis de ses belles paroissiennes, à s'infliger pénitence sur pénitence et à se venger sur ses ouailles en oubliant la simple charité. 25 malheureux points pour ses jeunes années et ouverture de la trappe.

Celui-ci en revanche, bien qu'ayant vécu dans le "péché" avec une femme a fait rayonner la joie et le bonheur autour de lui, 98 points et direct chez Saint Pierre pour des félicitations.

Le gros spéculateur mort sur un matelas de billet en laissant derrière lui malheur et désolation essaye bien d'acheter notre Saint Matthieu, mais inflexible il lui attribue zéro et direction le barbecue.

Cette femme malheureuse qui avoue avoir euthanasié son enfant qui souffrait, est consolée et envoyée par l'ascenseur express rejoindre celui qui lui a tant manqué.

La journée se termine enfin. Les chiffres de toutes ces vies qu'il a vu défiler jouent la sarabande dans la tête de Saint Matthieu.

"Mais quand comprendront-ils qu'un peu d'amour fait gagner un maximum de points et qu'on s'en fiche de presque tout le reste" se dit-il désabusé. Il baille, éteint son ordinateur et s'en va goûter un repos bien mérité dans son NLH (NDLR : Nuage à Loyer Modéré, mais vous aviez deviné), mais peut-être avant une petite sortie avec les collègues pour se boire un petit coup d'hydromel au bar du coin.

6 décembre 2008

Une vie comptée (Joye)

Joye

6 décembre 2008

Bon, on va pas en faire une (s)cène, non plus ! (Walrus)

En quittant le pensionnat, les uns marchaient par deux, d'autres par trois. C'était le maximum car le trottoir était trop étroit que pour l'emprunter à quatre de front.

Après cinq minutes de marche, nous fûmes en vue de la gare de Mons. L'horloge indiquait six heures sept (on s'était levés tôt). Sur la voie huit, un train nous attendait, il semblait flambant neuf.
Nous embarquâmes et à dix, le train s'ébranla.

Onze minutes plus tard, nous descendions à Obourg. Nous étions douze, l'avais-je précisé ?

 Enfin, treize en comptant le pion qui nous accompagnait, le regard suspicieux. Treize, pour visiter cette cimenterie de malheur !


Obourg

6 décembre 2008

Nous comptons … (MAP)


Linda, Betty, Juliette, Roxane, Odile et moi

nous ne nous ennuyons pas …

Postées à la fenêtre, tout le jour nous comptons :

les passants

les voitures

les livreurs

les rêveurs

les chiens

les chats,

les papillons.

Jamais nous ne nous ennuyons !

Les moineaux

les pigeons

les petits écoliers

les camions

les cyclistes

les fleurs de la fleuriste

les tout gros autobus

les gens sous l’abri bus

…………….

Ah que la vie est belle

pour qui aime compter !

Jamais nous ne nous arrêtons :

postées à la fenêtre, tout le jour nous comptons !


Autoportrait

M A P 

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6 décembre 2008

Toutes proportions gardées (Joe Krapov)

Isaure a posé son antique magnétophone à cassettes devant le patriarche à barbe blanche. Elle a enfoncé les deux touches, sorti un carnet à spirales, un crayon et posé une photocopie de recette de cuisine à côté du livre de ce « Monsieur Max » dont le titre est : « … et je t’emmerde, petit con ! ».

- Votre roman s’inscrit dans le mouvement de l’autofiction, non ? »
- Sauf que tout est vrai. D’Hun, j’ai réellement connu 406 Attila. Je lui ai conseillé d’utiliser le feu pour faire cuire sa viande mais ce barbare n’a jamais voulu passer au régime sans selle. Résultat il est tombé sur une vache folle, viande avariée, septicémie galopante plus rapide que le cheval, il est tombé raide mort, ce petit con ! C’est bien fait ! Il n’avait qu’à m’écouter ! De deux… »
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Ingrédients d’un fondant à l'orange pour 4 personnes :
1 grosse orange juteuse ; 120 g. de beurre + 1 noix pour beurrer le moule ; 2 œufs ; 120 g. de sucre en poudre ; 120 g. de farine ; 1 cuillère à dessert rase de levure chimique
Pour le glaçage: 1 orange juteuse ; 160 g. de sucre glace

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-… -771 Rémus et Romulus ! C’est moi qui leur ai amené la louve qui les a nourris. Sans moi, pas de forum, pas de vraie Rome, pas de Cinecitta et pas de 1920 Fellini Roma ! Je leur avais bien dit pourtant de se méfier de celui de leurs descendants qui franchirait le Rubicon ! Ils m’ont répondu : « Papy, on ne peut empêcher personne de carburer au gros rouge ! ». Quelles taches, ces deux-là ! Le déclin de l’Empire romain, après, je ne vous raconte pas ! Si on m’avait écouté, mais non ! A l’époque, ils étaient tous rendus au forum à faire des commentaires sur tout et n’importe quoi. Comme aujourd’hui, du reste ! Quels petits cons, quand j’y repense. De trois… »

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Râpez le zeste d’une orange avant d’en extraire le jus.
Allumez le four thermostat 6 (environ 200°).
Plongez une terrine quelques minutes dans de l’eau très chaude.
Coupez 120 g. de beurre en petits morceaux.
Essuyez la terrine et mettez-y le beurre puis 120 g. de sucre et travaillez longuement le mélange jusqu'à obtenir une sorte de crème.
Incorporez à cette crème 2 oeufs entiers, un par un, sans cesser de remuer.
Ajoutez ensuite les 120 g. de farine, le zeste de l'orange finement râpé et, enfin, son jus.
Terminez en incorporant une cuillère à dessert de levure.
Beurrez un moule à manqué (carré de préférence).
Versez-y la préparation et glissez-le dans le four pour environ 35 minutes.

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- La guerre de Troie, j'ai tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu mais n'hélas... »
- …On ne vous a pas écouté !. Les histoires de poire Belle Hélène, ca ne va pas trop intéresser les lectrices du « Défi du samedi ». Vous pourriez avancer un peu plus vite dans la chronologie ? »
- 800, ça vous va ? C’est comme ce sacré Charlemagne ! Il avait raflé la mise, lui, reconstitué l’empire à son profit. Je lui ai dit de se méfier de ses petits-fils. Au lieu de cela, monsieur se plantait des fleurs dans la barbe et écoutait de la musique pope ! Le Flower Power avant l’heure ! Il aurait pu vivre sur un grand pied comme sa mère, mais non, débranche tout ! Limite pédophile, le mec, à distribuer des cachous, des sucettes à l’anis et des poupées de cire aux petites filles à la sortie des écoles. Bref, comme disait 715 Pépin, en 843, ce fut Verdun ! »

ciseaux_et_pointill_s

Pendant la cuisson du gâteau, préparez le glaçage : pressez l'orange, mettez les 160 g. de sucre glace dans un bol et versez le jus peu à peu en remuant de façon à obtenir une crème coulante mais assez épaisse. Dès qu'il est cuit, démoulez le gâteau et arrosez-le immédiatement avec la moitié du glaçage. Cette opération va le rendre moelleux. Lorsque le gâteau est totalement refroidi, étalez le reste de glaçage qui, cette fois-ci, va rester en surface et lui donner son aspect «glacé».

ciseaux_et_pointill_s

- Vous n’avez rien de plus glamour, de plus « people » que ces règlements de comptes entre politiques pour nos lectrices ? »
- Vous voulez que je vous raconte les débuts de 1492 Line Renaud à la cour d’Anchois Pommier ? »
- Vous voulez dire 1494 François Premier ? »
- C’est le même ! Les surnoms étaient à la mode à l’époque. Elle n’a pas fait long feu la Marie-Line en 1515 ! Marie Gnangnan on l’a appelée, elle, à cause de sa chanson sur le petit chien dans la vitrine ! Je lui ai conseillé d’attendre jusqu’au 20e siècle. Elle m’a écouté, elle au moins, la demoiselle from Avant-hier ! »
- Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour publier vos carnets à spirales ? Vous avez été le conseiller secret de tous les grands de ce monde… »
- Les grands ? Des nains, oui ! Regardez 1769 Napoléon ! Toujours les yeux plus grand que le ventre ! Il roulait en Volvo Marengo, il est allé faire le plein de Benrézina en Russie, il n’a pas surveillé le niveau de son Waterloo, résultat il a coulé une bielle à Sainte-Hélène ! Ils m’énervent tous, ces petits cons, à pas m’entendre ! Du coup j’ai décidé de prendre ma retraite. Ca fait quand même 5000 ans que je cotise, il est temps de laisser la place aux jeunes ! Et comme ce genre de ragots ça marche bien en librairie, j’essaie d’arrondir mes fins de mois. Mais je le vois bien que personne ne m’écoute plus. Même vous, depuis le début, vous recopiez votre recette ! »
- Plus personne n’écoute plus personne de nos jours. We are whistling in the dark ! »
- Pissing in the wind, oui ! Vous savez que le premier homme à avoir pissé dans un violon, c’était 1737 Stradivarius ? »
- Eh oui, c’est fou ! Victime d’un diurétique, peut-être ? »
- Il était en pleine crise de 1782 paganinisme, comme cette société ! »
- Le secret de votre longévité c’est quoi ? »
- Comme 1874 Churchill. Le sport. Jamais de sport ! Et vous, mademoiselle Chassériau, comment se fait-il que vous soyez née en 1818, portraiturée par votre oncle pour obtenir un prix au Salon de 1838, que vous reparaissiez en 1966 pour diriger l’Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes, puis vous quittez votre tableau du Musée des Beaux-Arts en 1999 et on vous retrouve journaliste au « Défi du samedi » en 2008 ? Sans compter que je vous ai déjà vue à Alexandrie où vous avez aidé à la rencontre de Cléopâtre de 5 à 7 avec ce pitre de César, que vous avez été demoiselle de compagnie de Catherine de Médicis et que vous nous avez joué un tour de Cauchon à Rouen en 1431 en nous subtilisant Jeanne d’Arc ? C’est quoi, le secret de votre jeunesse éternelle, à vous ? » 

Isaure appuie sur la touche « stop » du magnéto et range son matériel dans sa sacoche. 

- Quand on aime, on a toujours vingt ans ! »
- Tss ! Tss ! On me l’a déjà sortie, celle-là. Je n’y crois pas ! »
- Le secret, c’est de partager la recette du fondant à l’orange avec le maximum de gourmandes de connaissance, monsieur Mathusalem ! Maintenant qu’on est « off the record », vous pouvez m’expliquer pourquoi vous êtes aussi aigri ? »
- Mon petit-fils -2970 Noé m’a beaucoup déçu. Son côté 1710 Louis XV, « après moi le déluge » ! Vous trouvez normal, vous, qu’il ait embarqué les moustiques du chikungunya dans son arche et pas son grand père ? Les jeunes sont en train de perdre le sens de la famille ! Mais allez, je me suis bien vengé quand je l’ai fait engager par Coca-Cola ! Vous ne trouvez pas qu’il a l’air ridicule avec son costume rouge, son pompon blanc, son traineau tiré par des rennes et sa tournée des popotes du 24 décembre pour laquelle il doit bosser plus toute l’année pour gagner moins que rien tandis que je me la coule douce désormais ? »
- Ca se discute. Tout peut se discuter de nos jours. » 

***

 - … y compris l’intérêt de publier une pareille interview dans notre journal !», commente Janeczka, la rédac’ chef un peu fâchée.
- Allez, mon Bijou ! Si tu découpes suivant les pointillés, tu récupères la recette de ce gâteau succulent !. Tu vas bien nous trouver deux pages de pub à mettre au verso ? Comme dit Iowagirl, « quand on aime, on ne compte pas » ! Reprends en une part de ce fondant ! » 

Mais, de fait, le plat est déjà vide. Toutes proportions gardées, en voilà un qui n’a pas fait long feu !

6 décembre 2008

Votre vie compte, Madame la Marquise - Poupoune

Par une belle journée de l’an deux du troisième millénaire, quatre frères et sœurs nés de cinq parents différents devinrent six à la naissance de jolis jumeaux.

 

L’heureuse maman de cette nombreuse progéniture avait, après sept ans de réflexion largement mis à profit pour s’essayer à la vie de couple avec huit partenaires successifs, jeté finalement son dévolu sur un sémillant séminariste fraîchement revenu à une spiritualité moins divine, tout neuf dans la vie civile, la lie si vive et le lit si vil. Dix années de séminaire lui avaient appris qu’être bonze, c’est bien, mais être onze, c’est mieux, alors il se mit au football et, conséquemment, à la bière et aux copains, rendant notre héroïne à sa solitude d’antan.

 

Luttant contre l’ennui et le désespoir, celle-ci fit contre mauvaise fortune bon cœur et décida de profiter des soirs de match pour vivre pleinement sa joyeuse jeunesse.

 

Son aîné naquit ainsi des suites d’une partouze à douze, dont une bonne moitié d’hommes qui ne comprenaient pas plus la théologie qu’ils ne prenaient le thé au logis. Malgré l’évident manque de ressemblance entre l’enfant et le séminariste – notamment l’absence de cette tare congénitale, transmise de père en fils depuis des générations et qui affublait chaque nouveau-né de sa lignée de treize orteils – notre ex-adorateur de dieu converti au culte du ballon rond ne chercha pas midi à quatorze heures et convint qu’il s’agissait là d’une contrepartie acceptable pour son manque d’entrain et de participation à la vie du couple.

 

Après quinze années de cette vie quelque peu dissolue parsemée de grossesses naquit donc finalement une paire d’enfants, issue de la rencontre avec un inconnu lors de la projection d’un film interdit aux moins de seize ans. C’est pendant son séjour à la maternité que notre prolifique maman lut avec horreur, en page dix-sept de son magazine préféré, qu’à partir de l’âge dix-huit ans chaque année qui passe aggrave les effets d’une grossesse sur le corps de la femme… Elle eut un regard indulgent pour son ventre autrefois plat, sa peau autrefois ferme et ses seins autrefois arrogants et convint à regrets qu’il était temps en effet de penser à cesser d’enfanter… Ce jour là, à dix-neuf heures tapantes, elle se dit qu’elle n’avait plus vingt ans et décida de commencer une nouvelle vie.

 

Elle quitta son séminariste et sa mine à risque. Malgré les dix-neuf kilos qu’il avait pris il croyait avoir l’élégance et la distinction d’un dix-huit trous et apposa donc sans chipoter dix-sept fois sa signature sur les papiers du divorce, sûr de pouvoir épouser une jeunette de seize ans sa cadette pour remplacer sa volubile ex-épouse.

 

Elle aménagea ensuite avec goût les quinze pièces d’un petit château Louis Quatorze qu’elle avait reçu en héritage d’un vague cousin au treizième degré du coté de son père et s’y installa avec sa demi-douzaine d’enfants. Le onze de chaque mois, elle les confiait aux bons soins d’une amie pour aller à son club de lecture des « dix petits nègres ». Au bout de neuf lectures, elle quitta le club et décida de faire toutes les choses qu’elle avait eu envie de faire un jour mais qu’elle n’avait jamais faites : c’est ainsi qu’elle fit son premier tour de grand huit, commit les sept péchés capitaux en moins d’une heure et visita la chapelle Sixtine. Dès que ses plus jeunes enfants devinrent adultes, elle voyagea pour découvrir les cinq continents et se fit ainsi des amis aux quatre coins du globe.

 

Quand finalement arriva le troisième âge, elle se dit qu’après avoir vécu pour ainsi dire deux vies bien remplies, elle méritait enfin une belle mort. 

6 décembre 2008

Les colores (comptes familiaux) - Teb

une plus un font trois… J

Trois moins un font deux… L

Mais… pas longtemps…, parce que :

(une +une) + (un +une +une) font cinq… J

Puis (une + un +une +une+une) + une + une font sept… J J

Et puis… petit à petit.. les oiseaux quittent le nid …

Sept moins une font six

Six moins une font cinq

Cinq moins une font quatre

Quatre moins une font trois…

Restent une + un +une….

Mais c’est souvent beaucoup plus !!! J J J J

Vous n’avez rien compris ??? Tant pis !!!

2 décembre 2008

Le compte est bon pour :

calculatrice_t8196 Teb, Poupoune, Joe Krapov, MAP, Walrus, Joye, Martine27, Brigou, Tilleul, Tiphaine, Papistache, Caro Carito, Vanina, Pivoine, Sebarjo, Janeczka

30 novembre 2008

Consigne # 38


COMPTEZ*-NOUS UNE EXISTENCE, (la vôtre, une imaginaire...) UN RÉCIT DE VIE...

* et il n'y a pas de faute d'orthographe, comptez-nous une vie ! ! !

Désormais, donc, la nouvelle consigne paraîtra le vendredi et remontera en tête de blog, le dimanche. Ainsi, ça laissera le loisir à ceux qui n'ont du temps pour écrire qu'en fin de semaine de mitonner de jolies participations et ça offrira deux jours de plus pour ceux qui en ont besoin.

38

29 novembre 2008

Funambule (Pandora)



 

Une longue ligne droite d’ici au phare

Pour tendre mon fil et naviguer

De point en point sans balancier

Partir et larguer les amarres

 

Une belle fleur jaune, pour le départ

Un canot blanc en première gare

La bouée d’amarrage à dépasser

Et lentement commencer la montée

 

Je danserai seule dans ma bulle

Pour m’envoler depuis ma toile

Là-bas très haut, vers les étoiles

Légère et aérienne, funambule

29 novembre 2008

Q.Q.C.O.Q.P. (Papistache)

Ma chère Marie,


Je suppose que c’est toi ma fille ainée. Dans mon portefeuille, j’ai trouvé un petit bristol fatigué avec écrit, de la main de ta maman : “Les adresses de tes enfants”. Elle y a noté également des numéros de téléphone, mais, ici, je ne vois pas de cabine et je n’ai pas de monnaie, non plus, sur moi. Tu es la première de la liste, ta maman a certainement fait sa liste en commençant par l’ainée, c’est tellement dans ses habitudes.

J’ai dû me tromper de sortie sur l’autoroute. A Conflans-Sainte-Honorine on ne voit pas la mer. J’en suis sûr. On y voit des... je ne trouve plus le mot, tu sais, ces bateaux à fond plat qui transportent de lourds chargements. Enfin, ici, ce n’est pas Conflans. J’ai roulé longtemps. J’étais fatigué. Je me suis trompé de sortie. J’ai roulé longtemps. Je me suis envasé en voulant faire demi-tour. Ici, c’est pas Conflans.

Le moteur ne marche plus. Il fait froid dans la voiture. Personne ne passe. Ce doit être l’hiver. Devant moi, je vois une grande tour comme on aimait visiter quand tu étais petite. Tu sais, au bord de la mer. Une tour qui lance des éclairs, ce n’est pas une éolienne, mais un nom comme ça.

Tu ne diras pas à ta maman que je me suis perdu. D’ailleurs, elle doit déjà être fâchée contre moi. Elle n’est pas dans la voiture. On a dû se disputer. C’est peut-être pour cela que j’ai son alliance au petit doigt. Tu ne lui diras pas, n’est-ce pas ?

Tu verras, pour me trouver, c’est facile, des fleurs jaunes poussent devant le capot de la voiture. Ce sont des, Le nom ne me revient pas. Les copains du lycée horticole se ficheraient bien de moi. Tu te rappelles quand on se baladait, avec ton frère et tes sœurs, pour herboriser sur les dunes, pendant les vacances.  Tu ne voulais jamais qu’on  dérange les petits escargots qui se collaient aux tiges de ces fleurs...

Je ne vais pas la poster, la lettre. Je vais la laisser dans la voiture, sur le siège, à côté de moi. Ta maman devrait y être assise. Elle a dû sortir. Elle va encore revenir avec une tonne de moules à faire cuire. Mais elle n’a pas pris le bateau. Il danse sur les flots entre la voiture et le la tour. A son âge, c’est plus prudent, tu ne crois pas.

J’ai un peu sommeil. Alors, je vais attendre qu’elle revienne et nous serons chez toi pour le dîner. Ton mari doit aimer les moules, non ? C’est lui qui est douanier ou c’est ton frère ? Je ne sais plus. On sera là ce soir. Je vais dormir un peu en attendant ta maman.


Je t’embrasse, ma grande.
A ce soir. J’ai vraiment sommeil.

Ton papa qui t’aime.
Papa.

29 novembre 2008

Bouteille (Yvette&Alfred)

Un message trouvé dans une bouteille échouée sur le sable blanc d’une plage abandonnée et baignée par la lumière douce d’un soleil printanier.


Notre existence est un défi stupide, nous allons détourner une embarcation pour y mettre fin.
Sans regret ni reproche, vous nous oublierez.

Yvette & Alfred

29 novembre 2008

maudite rame (rsylvie)

« maudite rame » par rsylvie

 

-« ….Qui

Quoi

Comment

Quand

Pourquoi »….

mais comment veux tu te souvenir de cette maudite

règle de grammaire, si tu n’y mets pas la forme !

Je recommence qui que quoi dont où lequel sont

sont..

-« sont dans un bateau.

Qui tombe à l’eau ?

Quoi ? ici débute, une histoire de bouchon.

Comment ? certainement pas faute au vent. C’était le calme plat !

… hou ! la vilaine, qui veut toujours avoir réponse à tout !

Quand ? ben samedi

Pourquoi ? ne me demandez pas ! je n’en sais pas plus que vous.

29 novembre 2008

Rapt (Ondine)


Mon inaccessible amour,

.

La photo que tu as prise du phare ne me quitte pas. Le jour, je la glisse dans mon portefeuille, le soir, sous l’oreiller. Comme je me languis de toi, de ces trois jours passés loin de tout, de tous, vécus dans l’instant. Temps volé, envolé. Je me fais violence. Je tente d’oublier, de me perdre en cet ailleurs.

Cette nuit, comme toutes les nuits depuis que nous avons réintégré nos vies respectives, les heures s’effilochent, douloureuses. De temps en temps, j'ouvre les yeux, pour comprendre si l’obscurité se prolonge ou s'achève. J'appelle l'heure bleue, comme une condamnation, comme une délivrance, mais elle se refuse à moi. Une fois, cinq fois, j'ai failli descendre, pour t'écrire, pour oublier, pour me sentir mourir à petit feu. Dix fois, cent fois, j'ai senti la morsure de la douleur, celle de respirer loin de toi, de te sentir présent en moi, de ne pas pouvoir accepter les roses et négliger les ronces. Mille fois, dix mille fois, j’ai tourné sur moi-même, un volcan en irruption dans mon corps et ma tête. J’ai essayé d'éteindre le feu, sans succès.

Je me suis rappelé cette aube blafarde alors que, légèrement frissonnante, je m’étais enveloppée dans ta chemise, m'imprégnant de ton odeur, l'imprégnant de mon odeur. Je pensais aux matins où tu allais la remettre, qu'elle deviendrait pour toi à la fois carapace et réconfort. J’ai imaginé ton trouble poindre quand tu repenserais à cet instant précis, la gourmandise de mon regard, l’insolence de mes jambes à peine couvertes, au milieu d'une réunion officielle. Combattre le souvenir pendant que l’on convainc le client.

Emportée par le feu qui couvait en moi, j’ai rêvé d’entendre ta voix, là, sur le champ. J’ai souhaité que le soleil se lève sur la mer, que tes mots glissent dans mon oreille, ton souffle contre le mien, couvrant le bruit des vagues, du vent. J’ai voulu contempler ton écriture, en détailler les aspérités, laisser le geste couler sur moi, en moi. Un fugace instant, j’ai senti ton odeur, le grisant de ton parfum s’amalgamant au grain de ma peau. Mes doigts se sont accrochés aux draps, dans l’espoir de déchiffrer ton corps robuste, en aveugle, avec tendresse, avec douceur. Ma main n’a trouvé que le creux de ma hanche. Dérive, délire, désir...

L'heure bleue a enfin accepté ma douleur en offrande. Elle m'a enveloppée de ses bras protecteurs. Tu t'es fondu en elle et je me suis endormie. Quelques heures à peine plus tard, j'ai cru être réveillée à coups de pieds. Je ne pouvais pas déjà te quitter, après avoir perdu toutes ces heures à te retrouver. Une envie de vomir m’a assaillie, mais je me suis levée, lentement, douloureusement, en souhaitant que dans la clarté du matin ma peine s'allège.


Ondine

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Toute ressemblance entre les personnages est peut-être fortuite. Ou pas.
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29 novembre 2008

Braises (Caro Carito)


Sainte-Reine…..    …..

     Pirou Plage   

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J’ai reçu cette carte hier. Elle s’était glissée entre un catalogue et quelques prospectus. Et une facture, je crois. J’ai d’abord cru que c’était une erreur. Je l’ai retournée plusieurs fois dans mes mains mais mon nom était bien inscrit en toutes lettres. L’adresse aussi. Il n’y avait même pas d’erreur à Janinscky. Qui pouvait encore connaître mon nom de jeune fille… J’ai cru un instant à une mauvaise blague…

Pas de texte, juste quelques lettres hoquetantes, sous le timbre banal, tracées sur la surface glacée. Là, j’ai vu qu’il ne s’agissait pas d’une carte postale mais d’une photographie.

Plus tard quand j’ai enfin trouvé quelques minutes apaisées dans l’envol permanent qui règne sur la maison : portes claquées, rires et guerres fraternelles factices, course effrénée entre les jumeaux et Mistigrette. Plus tard donc, je me suis assise là où un peu de sérénité s’était réfugiée. Je voulais  observer ce paysage brumeux. Eaux dormantes, frêle esquif. Un phare juché au bout du monde.  Pour te redécouvrir.

Car c’est toi, n’est-ce pas ? Ta main carrée a tracé soigneusement l’adresse. Dix ans sans nouvelles, dix ans jour pour jour. Postée de Pirou Plage.  J’entends encore ce petit nom que tu me glissais à la dérobée dans le creux de l’oreille. Pirou…

Et cette tache grise qui rend mon prénom presque illisible. J’ai voulu croire à la pluie. Je n’ai pas pu. Pas longtemps. Je t’ai deviné, quelques jours de printemps plus tôt, dans la fraîcheur persistante des matins d’avril, te dirigeant vers la boîte jaune. Le froid piquant t’a arraché une larme, ou serait-ce une ombre du passé…

J’ai encore en tête ton odeur de sel et d’herbe dure quand je me brûlais en embrassant ta joue pour un bonjour. J’aurais voulu plus. Je sentais nos corps se durcir puis s’éloigner. Gêne fugace. Nos paroles s’accrochaient, s’écorchaient. Enfin, un souffle complice. Trêve.

Ce jour-là. Dix ans déjà. J’avais posé ma main, un instant, sur ton bras. Tu avais incliné ta tête vers moi. Je revois l’ombre grise de ton regard. Tu es resté immobile. Aucun de nous n’a osé ce geste qui aurait fait flancher la balance. Un léger bruit, l’instant s’est enfui.

Tu parlais trop, de projets et d’impossible. D’un phare du bout du monde comme une lueur dont le sillage apaise. Tes paroles se déversaient en flots tumultueux. Je ne disais rien. Aucun mot n’aurait pu endiguer le courant de tes pensées. Je devinais sans peine comment apaiser ton âme. Ton regard, tout en toi quémandait une réponse, cherchait à m’arracher un serment, un demain. Comment promettre sans me dédire. J’évitais ton regard, je me voulais transparente. Tu es parti, me laissant ces derniers mots qui tremblaient presque. Dans dix ans, m’auras-tu oublié, parce que moi… Dix ans déjà, ta voix frisonne encore en moi.

Je suis toujours institutrice ; mon adresse est la même. Je n’ai jamais quitté Sainte-Reine. Les enfants ont grandi, bien sûr. Au fond, rien n’a vraiment changé.

Je posterai cette lettre dès que la nuit viendra. Le village sera désert. Quand le rectangle gris disparaîtra dans la fente della bocca de la verita, je frissonnerai. Je sentirai comme parfois le poids de ton regard. Le regret mordra à pleines dents, je sentirai le manque s’emparer de chaque parcelle de mon être. De toutes mes forces, j’éloignerai les chimères assassines, les peut-être cruels, parce que je t’ai aimé.

Parce que je t’aime encore.

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V.

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Toute ressemblance entre les personnages est peut-être fortuite. Ou pas.
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29 novembre 2008

A mon amour aux ailes coupées (Alice)

Mon amour aux ailes coupées,
Tu es parti là-bas, au pays de la raison.
Je me souviens du bateau qui s’éloigne doucement.
Je suis sur la rive de la passion avec ma valise.
Je te regarde sans comprendre.
J’ai couru vers toi, je t’ai hurlé de revenir, comme dans les mauvais films.
Je t’ai lancé une pelote de laine rouge, tu l’as attrapée, je tenais l’autre bout, très fort.
Et le fil se dévidait à mesure que ta silhouette s’éloignait.
Plus rien.
Un fil à la surface de l’eau.
Un sillage rouge.
Tu m’as écrit : « je reste troublé de notre rencontre ».
Comme cette eau.
Mais l’eau redevient lisse quand le bateau est parti…
En moi, elle fait des ondes à l’infini.
Mon amour aux ailes coupées,
Tu es parti là-bas, au pays de la raison.
Ton cœur est resté dans ma valise.

29 novembre 2008

Detective particulier (Val)

Cher Monsieur Blousé,

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Après moult investigations (qui d’ailleurs m’ont mené au bout du monde, vous trouverez ci-joint mes notes de frais), j’ai enfin retrouvé votre douce épouse et son polisson de ravisseur. Que je vous rassure : elle va bien ! Son moral est au plus bas, mais elle est en bonne santé.

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Croyez-moi, Monsieur, la retrouver n’a pas été chose facile ! Ce coquin de voleur d’épouse est très futé ! C’est dans un phare qu’il la retient prisonnière, sur une Ile quasi inhabitée.

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J’ai retrouvé leur trace depuis quelques semaines, mais j’ai attendu d’en savoir un maximum avant de vous contacter. J’ai mené mon enquête. J’ai pris contact avec le ravisseur. J’ai pu parler avec votre épouse (qui d’ailleurs me charge de vous dire combien elle vous aime). J’ai même pu prendre quelques clichés.

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A ce propos, mon appareil est tombé en panne. Fort heureusement, un jeune touriste a accepté, moyennant quelques billets, de me céder le sien. Vous comprendrez, cher Monsieur, je vous serai très reconnaissant de bien vouloir me faire un virement bancaire des sommes dépensées dans le cadre de l’enquête. Le seul motel de l’Ile est très onéreux (fort heureusement ils acceptent les cartes visa), et les vivres sont hors de prix. Je ne pourrais pas aller au bout de la mission que vous m’avez confiée sans une avance de frais. J’ose croire que vous le comprendrez.

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Il serait bien trop long de vous expliquer en détail les embuches et rebondissements qui m’ont conduit jusqu’au repère ou est retenue votre femme. Je vous en ferai le récit de vive voix lorsque ma mission sera accomplie et que vous me remettrez, comme promis, ma récompense.

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Pour l’heure, il faut que je mette tout en œuvre pour libérer votre dame au plus vite. Le temps presse. Et il est contre nous ! Je me suis entretenu avec le vicieux détrousseur : il demande une rançon.

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Je préfère vous mettre en garde, Monsieur Blousé, c’est pour votre bien : ne prévenez pas les autorités. J’ai déjà eu affaire à cet individu. Il est dangereux. Il la tuerait s’il soupçonnait la moindre duperie de votre part ou de la mienne.

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Je sais comme vous aimez passionnément votre belle épouse, et je sais également comme vous pouvez vous montrer raisonnable quand la situation l’impose. Ayez confiance en mon professionnalisme, Monsieur Blousé ! Je vais prendre les choses en main, et bientôt, moyennant le demi million réclamé par l’individu, elle sera à nouveau dans vos bras.

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Par chance, il y a une banque sur l’Ile. Le mieux est encore que vous me versiez le demi-million par virement bancaire sur mon compte courant, et je m’arrangerai pour retirer la somme en liquide et la verser au ravisseur.

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Bien évidemment, mon cher Monsieur Blousé, les risques encourus sont énormes et avérés. Le kidnappeur me demande de l’attendre demain, dés l’aube, seul dans une barque au milieu de l’étang que le phare domine, avec la valise contenant les billets, bien évidemment.

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Qui sait s’il ne me tuera point ? Aussi, pour assurer un train de vie honnête à mes enfants, je vous prie de bien vouloir me verser également, sur mon compte, une prime de risque qui vous sera rendue si je survis. Dans le cas contraire, cher Monsieur, mes héritiers toucherons la somme en dédommagement. C’est à cette seule condition que j’accepte la prise de risques.

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Je vous prends au dépourvu, je l’admets, Monsieur Blousé, mais sachez que le temps presse, et que si la transaction n’a pas lieu demain matin le dangereux vaurien repartira de plus belle vers d’autres lieux inconnus, avec votre épouse en otage. Qui sait si je les retrouverai ? Cette fois nous avons eu de la chance, mais ce ne sera peut-être pas toujours le cas…

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J’attends de vos nouvelle au plus tôt, cher Monsieur Blousé. Et, pour vous rassurer sur ma bonne foi, vous trouverez ci-joint, en plus des notes de frais et factures diverses, une photographie du phare dans lequel est retenue votre épouse.

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Votre fidèle et dévoué détective privé

Jean Lovelace.

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29 novembre 2008

RECLAMATION (Martine27)

A l'attention de Monsieur le Maire de Pedzouille les Bains

De la part de Madame la Baronne Cunégonde de Haute-Volaille - Neuilly

 

Cher Monsieur le Maire,

Mon époux le Baron et moi-même avions choisi votre si Charmante et si Pittoresque bourgade balnéaire pour nous ressourcer et nous reposer de notre Trépidante vie parisienne.

Nous avions, pour se faire, loué une Adorable petite bicoque de 100 m2 sise sur une île à l'écart des plages surpeuplées par le petit peuple et accessible uniquement par barque.

Nous pensions donc, en dépit du coût modeste de cette location (10.000 € la semaine) pouvoir bénéficier d'un minimum de quiétude qui nous eut permis, ainsi que je vous en entretenais plus haut, de nous aérer et de nous remettre de notre année consacrée aux conseils d'administration pour mon époux et aux bonnes œuvres et shopping pour votre servante.

Las !

Ce qui devait être une villégiature de rêve fut une catastrophe.

La chambre que nous avions choisie, pour reposer nos pauvres corps fourbus et nos âmes lasses, ne possédaient que de Modestes rideaux de soie qui n'occultaient point la lumière matutinale et nous obligeaient à nous lever à l'heure, vous en conviendrez aisément, Indécente de onze heures du matin.

Cet état de choses motive ma première plainte contre l'officine pharmaceutique de votre Charmant bourg.

Ayant oublié mon masque de repos, je fus horrifiée de constater que l'apothicaire de Pedzouille n'avait point en stock ce type d'article hautement Utile et Civilisé.

Bref !

Il me fallut bien faire contre mauvaise fortune bon cœur dans la mesure où la Civilisation n'était point arrivée à votre porte.

Non, ce qui motive ce courrier Indigné, voire Outré, vous me voyez fort Marrie d'employer des termes aussi Excessifs, c'est le sans-gêne Scandaleux de notre voisin le plus proche sis sur un escarpement rocheux en face de notre petit île.

Sachez Monsieur l'Edile que toutes les nuits ce Malfaisant, cet Ehonté, n'ayons pas peur des mots, s'amusait à faire clignoter une puissante lumière qui venait avec une régularité Horripilante éclairer notre chambre dépourvue, je vous le rappelle, de panneaux occultants.

De plus, étant des maîtres libéraux nous ne pouvions guère déloger nos domestiques des chambres que nous leur avions allouées et qui se trouvaient à l'opposé de ce Trublion.

Monsieur le Baron et moi-même pensâmes qu'il s'agissait d'un boite de nuit pour le vulgus pecum.

Nous cherchâmes donc à identifier ce Malappris !

Las à nouveau ! Nous nous heurtâmes à l'Incompréhension voire à l'Ignorance crasse et à l'Insolence de l'indigène tenant la poste, une certaine Madame Suzanne, ainsi qu'à ceux de votre propre secrétaire de mairie, vous me voyez profondément Navrée de devoir vous en réferer.

Je ne compris pas non plus pourquoi ces deux écervelées osèrent me rire au nez, oui Monsieur le Maire, me rire au nez !

Voilà Monsieur le Maire, j'espère de tout cœur que vous pourrez faire cesser cette nuisance qui troubla notre repos bien mérité et que vous sermonnerez d'importance l'employée territoriale sous votre responsabilité et la Dame de la poste par la même occasion pour leur manque de Courtoisie et d'Efficacité.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes très sincères et très distingués sentiments.


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De Monsieur le Maire de Pedzouille les Bains

A Madame la Baronne Cunégonde de Haute-Volaille - Neuilly

 

Chère Baronne,

J'ai lu avec Intérêt votre Missive de Réclamations qui a retenu Toute mon Attention.

Je ne puis, malheureusement, lui donner suite.

L'édifice qui vous causa tant d'Inconfort est le phare de la commune et ne peut être éteint, vous nous en voyez désolé.

Si vous revenez parmi nous lors d'une prochaine Villégiature, je me ferai une Joie de vous offrir, sur mes deniers Personnels, le masque de repos qui vous manqua tant.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Baronne, l'expression de mes sentiments Respectueux et Républicains.

29 novembre 2008

Une lettre a la mer - Janeczka

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