Quelques
haïku d’archet Font
grincer le violon Jusqu’au
pincement-délire Où tout
le porte.
Et
d’avoir poussé celle-ci (la porte Dont
les gonds sont dérangés) L’a
mené place Dom Guéranger, Rue de
la Haute-Folie Ou rue
du Petit port A
Samfou-les-Boules (Sarthe-Sud) Où il
est né Un jour
de juin 89 Pour
émettre sa drôle de musique.
On
n’est pas sérieux quand on a dix neuf ans !
Huit
ans plus tard on le transporte Violon,
masque et plume compris A
Rennes où il écrit, chante et photographie. Il
devient « arpenteur » en 99 Et
rencontre au musée une fille plus folle que lui.
Dans
les placards de sa mémoire Un jeu
d’échecs est endormi Dont il
tira très peu de gloire Et sa
bizarre patronymie.
Sur
moi, son créateur, vous n’en saurez pas plus : Je
ressemble assez peu à cet olibrius !
Si
j'étais une couleur, drôlement dur à deviner, s'pas (cette fixation
doit être due à mes 11 premières années de vie passées dans une caserne
de pompiers à Paris)
Si j'étais un animal, attention, accrochez-vous à vos claviers
Ne voulant pas vous causer une attaque vous pouvez aussi préférer mon avatar de blog
Si j'étais un objet, hyper simple
Bon
que vous dire d'autre ? J'aime donc les chats (plus de 300 à la
maison), les livres, l'écriture (de plus en plus et en me demandant
parfois qui prend le clavier à ma place), me promener avec mon APN dans
mon sac, nager, faire du modelage, voyager sur internet. J'attends
avec impatience la retraite pour avoir enfin le temps de faire tout ce
que j'ai envie (ça se rapproche, pas vite, mais ça se rapproche) J'ai
la chance de travailler avec les livres, je les soigne quand ils sont
malades et comme j'aime partager mon savoir-faire je suis aussi
formatrice auprès des bibliothécaires qui veulent faire la même chose
(bon ça c'est la partie marrante de mon boulot, pour le reste je fais
avec) et un jour peut-être je devrais reprendre mon travail de
documentaliste, mais bon dans l'administration il faut laisser les
choses aller leur rythme. Et
maintenant pour me fixer sur la carte de France en ce qui me concerne,
sachez que je suis Saint Mandéenne de naissance, Ch'ti et ardennaise de
souche, que je fus ivryenne, bellifontaine (à mon corps défendant),
clamartoise, balgencienne de coeur, ébroicienne avant de devenir un
temps glisolloise pour redevenir ébroicienne et m'établir pour le
moment en tant que Sébamorsentine.
Ne
voulant pas que Janeczka fasse une dépression à chercher où placer sa
petite épingle elle peut la piquer sur la capitale Euroise (oh eh c'est
facile là).
Longitude, Latitude (6.526737213134766, 48.1259970003548)
A cet endroit, précisément, vit un spécimen étonnant…
Un Homo Sapiens Femelle…, que nous appellerons « Teb »
(quoique, je ne sais si je mérite de terme de Sapiens, dont Wikipédia dit : « sapiens est un adjectif latin (avec minuscule et italique), qui signifie en français : intelligent, sage, raisonnable ou encore prudent »)
Je mène, avec plus ou moins de bonheur (entendez par là d’efficacité, mais je trouvais le mot bonheur plus joli J) plusieurs vies parallèles
D’abord, une vie familiale… riche, colorée, remuante, pleine d’amours et de soucis… (mais… apprécierait-on les bonheurs s’il n’y avait aucun souci pour les sublimer ???°)
Certains
disent que je suis le pivot de la smala, qui comprend « ex » et
« actuel »… les ascendants et les descendants des deux… et … les
siens ;-))
Sacrée responsabilité qu’on pose là, sur ses épaules ... C’est d’ailleurs parfois très lourd…comme ce soir, avec la troisième qui… mais c’est une autre histoire …
Deux couples différents ont
occupé ma vie, me donnant 5 enfants à aimer, mais je me suis contentée
de n’en fabriquer que 3… la plus âgée et les deux cadettes… 5 filles
toutes plus attachantes les unes que les autres, avec et malgré leurs
petits et leurs grands soucis, leurs petits et leurs grands bonheurs…
Ma vie professionnelle
s’est arrêtée il y a 4 ans… j’ étais instit (si si, je tiens à
l’instit) en maternelle, et ai, en quelques 30 années, démarré dans la
vie scolaire quelques 600 gamins de 2 ans…
Et puis, une vie associative…
Je m’investis dans deux associations (l’une découlant de l’autre) qui
œuvrent dans le tourisme social (centres de vacances, classes de
découverte, accueil de groupes et de familles) Passionnée, engagée…
J’aime ça !!!
Et enfin, une vie sentimentale et amoureuse
un peu… dissolue… certes, depuis quelques 20 ans, il faut bien le
reconnaitre !!! Mais… les déboires de la première rendent la dernière
indispensable. C’est comme ça…
Mais…
cette description sommaire ne serait pas complète si je ne vous
présentais pas le deuxième endroit important de ma vie, celui où je
passe au moins 3 mois par an, avec les ados, le personnel, les
bénévoles, les amis… Là :
Longitude, Latitude (-1.0658025741577148, 45.54217149096404)
Mon père était anversois Ma mère liégeoise Ils se sont rencontrés à La Louvière Je suis né à Charleroi J'ai fait mes études primaires au Roeulx Secondaires à Mons Supérieures à Hornu Depuis, je vis à Bruxelles Et j'y mourrai sans doute Bientôt.
Précision importante : Un jour, j'ai eu des cheveux...
Il m'est difficile de parler de moi alors que je l’ai déjà fait ou-vous-savez
pendant deux ans. Que n'ai-je pas dit? Allez, faisons comme si je n’avais jamais rien écrit
auparavant me concernant. On recommence, compteurs à zéro, public neuf.
.
Je m’appelle Valérie, j’ai vingt-sept ans depuis la St
Odile, je suis mariée depuis Valsemarie, et j’ai deux enfants -un
garçon, et une fille- nés en 2005 et 2006. Je pourrais même vous donner mon nom de famille, mais lequel? J'ai changé de nom, cette année.
.
. J’habite sur la nationale 137 -qui relie St Malo à
Bordeaux- au kilomètre 355. C’est
précis, n’est-ce pas ?
Cherchez, vous trouverez !
.
Un indice ?
Il me faut moins de dix minutes (en voiture) pour voir La
Charente se jeter dans l’Océan.
.
Je vous aide. Moi non plus, je n'aime pas cliquer à droite, à gauche, pour chercher une info dont je n'ai que faire, au fond...
Les documents vous diront que je vis à Tonnay-Charente. En
vrai, le petit bourg de ma commune est à trois kilomètres de mon domicile,
quand le supermarché de plus proche de chez moi, qui n’est qu’à six cent mètres
de la maison, se situe sur la commune de Rochefort sur Mer.
.
Dans les faits, je vis à Rochefort sur Mer.
.
Mais, en vrai, je suis de là-bas. Vous savez ? Là-bas, quoi !
De là ou il n’y a pas la mer…
.
Mais, finalement, ça n’a aucune importance tout cela. Ça ne vous
donnera rien, de savoir ces choses là (à moins de vouloir me rendre visite).
Me présenter ? Ce que j’ai écrit et que vous avez lu,
ici ou ailleurs, en dit bien plus long sur moi que ces faits véridiques et épurés.
. .
Ces informations, qui sont probablement les plus précises et exactes que
j’ai jamais données sur la toile, ne me donnent pas du tout le sentiment de me
dévoiler, quand grand nombre de mes fictions ont en revanche tant confessé…
Ah, oui, un avatar!
On dirait que j'aurais joint une photographie de mon bureau, qui est en fait une commode en pin verni.
Posé dessus, au milieu : l'ordinateur portable.
A sa gauche, une grosse tasse ronde et blanche, et dedans un café au lait.
A droite de l'ordinateur, la souris (je suis droitière) , un paquet de cigarettes. Ou deux. Le téléphone, relié à la livebox par un fil noir. Un pot à crayons plein à craquer. Deux livres posés à la va-vite: "L'effondrement" et "Ma grand-mère avait les mêmes". Un marqueur jaune fluo. Un dessin de gaby, plié en deux.
En 2007, pour les fanes de Carottes, j'ai écrit ces quelques lignes. Je n'ai encore rien à y retrancher ni à y ajouter. Pour notre amie Tilu, le montreur de marionnettes avait bien voulu portraiturer sa chose. 2007, c'était hier, la chose n'a guère évolué.
Je me présente, Tilleul, mamie retraitée depuis peu…
Mon pays est si petit qu’il est peu connu dans le vaste monde… (sauf en
Iowa). Sa devise est " l’union fait la force ", son hymne chante
" l’invincible unité " et pourtant ! Ces paroles semblent bien
désuètes désormais… Au nord, ce sont les Flamands. Au sud, les Wallons ! Au
centre, les Bruxellois, reconnaissables à leur accent une fois ! A l’est,
les germanophones…
Trois langues ! On pourrait ajouter l’espagnol, l’italien, l’arabe, le
portugais… parce que la Belgique est une terre d’accueil où toutes les cultures
se mélangent… Tout le monde s’entend très bien… sauf nos ministres (enfin, quand
on en a!) Les Wallons vont en vacances à la mer du nord, les Flamands
viennent au bord de nos vertes vallées…
L’Ardenne où j’habite (au sud du sillon Sambre et Meuse, autrement dit au sud
de la ligne Charleroi, Namur, Liège) est réputée pour ses jambons et ses
saucissons fumés… La terre n’est pas bien riche, le sol est schisteux, c’est
pour cela que les épicéas s’y plaisent… Il n’y a pas de grandes villes. Le
nombre d’habitants au kilomètre carré, ne dépasse guère les quarante…
La province de Luxembourg (la mienne, à ne pas confondre avec le pays du même
nom) est fière de son emblème, " une ardeur d’avance " !
Hem ! Ca ne se remarque pas vraiment…
Une consigne special Nouvel An, pour demarrer en beaute! (d'apres une idee du sieur Krapov... *clin d'oeil*)
Que chacun se présente et se situe comme il le souhaite...
On mettra en ligne une carte avec des epingles et des noms pour situer tous les participants (enfin, ceux qui le veulent!), pour vous (nous) donner une idee d'ou vous etes... certains d'entre vous sont peut-etre voisins!
Avec possibilite de mettre des photos ou avatars des participants.
Elle a 25 ans. 25 ans qu'elle
fête ces nouvelles années qui tournent inexorablement. Les toutes
premières, évidemment, elle ne s'en souvient pas. Quoique... il y a
bien cette photo d'elle, où elle a un an, un soir de réveillon, un
chapeau rouge à élastique rouge qui lui cisaille la gorge. Déjà à cette
époque là, ça n'avait pas l'air d'être la joie.
Et puis toutes
les autres années, ça n'avait fait qu'empirer. Le nouvel an la faisait
sentir seule. L'année dernière, elle s'était même couchée avant minuit.
Elle entendait dans sa tête tous ces "bonne année, bonne santé et
blablabla" et l'année n'avait pas débuté dans le bonheur le plus
total. Et c'était toujours comme ça. Elle s'ennuyait, pleurait,
rageait, finissait par maudire le monde entier et encore plus ce
présage de nouvelle année qui commençait le nez bien bas. Le plus
énervant, c'est que quand elle faisait le récapitulatif de ces années,
elle ne pouvait jamais dire "quelle mauvaise année, vivement qu'elle se
termine". Non la plupart du temps, elle avait accompli un petit chemin
et ça lui suffisait. Quelques cata, par ci par là. On s'en remet.
Mais
ces réveillons, quel enfer !! Non, cette année, il fallait qu'elle
fasse quelque chose pour que ça change. A quoi cela servait-il de
changer d'année ? Rien. Aux bonnes résolutions ? C'est une bonne
blague. Elle, elle se les faisait 5 fois l'année ses bonnes
résolutions. Une liste dans sa tête, hop, on passe à autre chose. Non
vraiment cette année, ça allait autre chose, elle se l'était promis.
Cette
année, on ne passerait pas à 2009. 2008, c'est bien comme chiffre. Et
puis ça ne changera rien à la crise, ou encore au nombre effarant
d'acteurs morts tragiquement. (Oui, cette fille est d'un égoïsme
insurmontable). Et ce que vous ne savez pas, vous, adultes broyant du
noir, parce que tous les ans, c'est le même bazar, on se résout à ça,
puis ça et finalement, rien, nada, on change rien. Ce que vous ne savez
pas, c'est que cette fille de 25 ans est en fait une princesse-sorcière
(catégorie à part des espèces magiques et très rare en plus).
Et
voilà, la jeune princesse-sorcière arrêta le temps au mercredi 31
décembre 2008 à 23h59. Ce qu'elle n'avait pas prévu, parce qu'elle
inconsciente et aussi très égoïste (je l'ai déjà dit, mais quand même),
c'est que tout s'arrêta autour d'elle. Les gens aussi avaient arrêté de
vivre. Sur pause. Plus de bruits, plus d'odeurs, plus de sensations.
Juste ses émotions à elle, qui tourneboulaient dans tous les sens...
Elle qui ne voulait pas de solitude, elle se mit dans une colère noire,
alors qu'elle ne voulait pas de colère, ce qui l'enragea encore plus,
et elle se rendit compte qu'elle ne voulait pas non plus de rage, et
alors elle se sentit très triste, de plus en triste et se dit que ça
non plus, ce n'est pas sur la liste des émotions autorisées pour le
nouvel an. Finalement, elle pleura et se fut le bouquet final.
Et
puis il se passa quelque chose de très étrange. Elle n'avait plus
personne à maudire. Elle était réellement seule. Ce n'était plus juste
un sentiment de petite fille gâtée, c'était la réalité. Et pour la
première fois depuis 25 ans, elle se mit à se maudire, elle. Elle toute
seule et sa bêtise. Son égoïsme si superbe, qui la mettait au dessus
des gens. Elle se sentit toute petite et surtout, toute ridicule, parce
que si elle se souvenait lucidement, elle avait toujours passée ces
fins d'années avec les gens qu'elle aimait. Et que tout ça avait
disparu... Par un coup de baguette de caprice magique.
Alors la
princesse-sorcière qui était égoïste, inconsciente, seule, gâtée et
ridicule, mais aussi un peu débrouillarde (un peu) décida d'être encore
plus égoïste et de redémarrer le temps, pour les gens qu'elle aimait,
c'est à dire pour elle.
Il était 23h59. Bientôt, il fut minuit.
Elle ouvrit grandes toutes ses fenêtres qui donnaient sur les quais,
éteignit les lumières. Elle attendit quelques secondes. Les cris, les
acclamations ne tardèrent pas à fuser. Elle s'assit dans son grand
fauteuil et écouta tout ces bruits. Elle était toujours seule. Mais
dehors, le monde était plein de monde. Elle n'était donc pas seule.
Bientôt, son amoureux rentrerait et la vie continuerait. Demain, elle
ne prendra pas tout de suite de bonnes résolutions.
Elle venait
d'en prendre une bonne et cela suffisait. Les fins d'années seraient
maintenant comme les autres jours, c'est à dire différents et jamais
comme on les attend. Mais ce n'est toujours que la suite des choses,
car en réalité le temps ne s'arrête jamais....
Pol Onbreuz est un nom qui ne vous dit rien. C’est normal. Vous ne le connaissez pas. C’est un homme de l’ombre.
C’est l’ombre que vous croisez sans y prendre garde au soleil de midi, c’est le vent de la nuit, la rosée du matin et le sifflement du train ce soir dans le lointain…
Pol Onbreuz a un autre nom, un autre métier. C’est un homme seul, divorcé, deux enfants grands déjà. Vous l’avez peut-être croisé déjà, peut-être l’avez-vous déjà appelé au cœur d’une nuit fébrile. Vous avez lu sur sa petite carte professionnelle un autre nom et il vous a suffi. Peu importe le nom, que l’enfant guérisse c’est tout ce qui comptait. Vous avez observé ses gestes, noté la douceur de son regard et remercié le ciel qu’il y ait encore des médecins de garde dans notre si beau pays. Vous avez pris l’ordonnance, serré la main tendue et ce n’est que quand les phares de sa voiture ont disparu au bout de la route que vous avez ajouté : « ils ne se font pas chier quand même, nous faire payer le tarif de nuit pour un rhume… ». Et vous êtes retourné vous coucher, rassuré.
Pol Onbreuz est un nom qui ne vous dit rien. C’est normal. Vous ne le connaissez pas. C’est un homme de l’ombre.
C’est la voix qui apaise, la main posée sur le ventre noué, les pieds trempés, le dos courbé parfois aussi…
Pol Onbreuz a un autre nom, un autre âge. Vous avez lu sur sa carte qu’il était né en 46, vous en avez logiquement conclu qu’il a 52 ans. Il n’a pas 52 ans. Il n’a pas d’âge. Il a eu celui d’être enfant, celui d’aimer et celui d’enfanter, celui des illusions et des désillusions, celui de la raison plutôt que la folie. L’âge du consultant d’habitudes, l’âge de raison… C’est ce que vous croyez sans même avoir eu à le formuler. Mais un homme de l’ombre ne peut pas avoir d’âge, on croit le tenir entre ses doigts, il n’est déjà plus là.
Pol Onbreuz est un nom qui ne vous dit rien. C’est normal. Vous ne le connaissez pas. C’est un homme de l’ombre.
C’est le téléphone soudain muet, la lettre retournée à son expéditeur, la plaque déboulonnée et l’écho qui ne revient pas.
Pol Onbreuz a un autre nom, un autre visage. Vous croyez vous souvenir qu’il porte des lunettes et des vêtements sombres, des cheveux bruns, peut-être quelques cheveux blancs. Quelle est la couleur de ses yeux ? Vous ne le savez pas. Il porte des lunettes, il a l’air sérieux. C’est tout ce qui vous importe.
Pol Onbreuz est un nom qui ne vous dit rien. C’est normal. Vous ne le connaissez pas. C’est un homme de l’ombre.
C’est le soupir des anémones, le doux parfum sans nom, les empreintes de l’écureuil dans la neige et la tendresse des pierres précieuses.
Pol Onbreuz a un autre nom, un ailleurs. Il n’a pas de maison, pas de village, pas de ville, pas de pays. Un ailleurs qu’il ne sait pas toujours retrouver. Des kilomètres avalés, de la musique dans une auto, la terrasse d’un café et le souvenir des pavés. Vous avez sans doute lu une adresse dans l’annuaire et vous vous en êtes contenté. Il ne s’en contente pas. Pour seul véritable bagage une photo scotchée sur un mur. Un homme qui joue du piano…
Un danseur de paso-doble dans un monde de karaoke.
Pol Onbreuz est un nom qui ne vous dit rien. C’est normal. Vous ne le connaissez pas. C’est un homme de l’ombre.
C’est une heure figée au cadran de votre horloge. 23 h 59.
Vous avez appelé, il vous a dit qu’il arrivait, il viendra. Vous pensez que peut-être il était avec des amis, lui aussi faisait le compte à rebours, lui aussi attendait la nouvelle année. Mais vous vous trompez.
Vous ne le connaissez pas.
Vos mains sont glacées, vous avez du mal à respirer et ce cœur qui s’emballe… Ce serait trop con de partir avant d’avoir connu au moins une fois le goût de la vie. Elle repasse devant vos yeux, ce cadran comme bloqué, cette minute qui vous semble durer une éternité… Mais que fait-il ce connard de médecin ?
Vous guettez chaque bruit mais vous n’entendez plus que votre cœur qui n’en fait qu’à sa tête. Un cœur peut-il avoir une tête ? Vous délirez sans doute, jamais vous ne vous êtes posé ce genre de questions idiotes…
Vous vous allongez, vous ne pouvez plus tenir debout. Vous sentez chaque détail du lit comme si vous étiez vous-même ce lit. Vous ne pouvez pas vous empêcher de penser que c’est peut-être votre lit de mort. Vous avez peur.
Vous avez été prudent toute votre vie et vous commencez à douter. Une vie courte et courageuse vaut-elle plus qu’une vie longue et prudente ? Et qu’est-ce que c’est d’abord que le courage ? écoute ton cœur dit une petite voix dans votre tête folle…
Un cœur peut-il avoir une voix ? Vous délirez sans doute, jamais vous ne vous êtes posé ce genre de questions idiotes…
23H59.
L’homme de l’ombre arrive enfin.
Une nouvelle année pointe le bout de son nez. Une nouvelle année peut-elle avoir un nez ? Vous vous sentez ridicule avec vos questions stupides. Vous fermez les yeux.
L’homme de l’ombre fait les gestes qui sauvent. Vous ne le connaissez toujours pas.
Juste après son départ, vous avez presque l’intention de courir après pour lui dire que c’est un brave homme mais tout de même, vous pensez qu’il aurait pu arriver plus tôt. Vous n’avez même pas eu le temps de le remercier. Ce n’est pas si grave, après tout, c’est pour ça qu’il est payé. Et plutôt bien, même…
De toutes façons, il s’est sauvé.
N’arrête pas qui veut le vent de la nuit, la rosée du matin, le sifflement du train ce soir dans le lointain…
…et les feuilles qui se détachent tendrement de l’arbre.
Elle pouvait toujours faire un défa avec ci.......euh un défi avec
ça.......L'idée lui avait été suggérée par un défi du samedi........euh
un défi de samedi........samedi 27........Ce sameda li........samedi
là, ça lui i dat........a dit........Violette était en plein
débordement........de tout........de tout ceça et tout celi....euh tout
ceci et tout celà..........Elle s'était dit que le journaliste qu'elle
connaissait bien, s'amuserait de jouer à ça et ceci......euh ça et
ceci.........Là!!!!
Le journaliste, affible.......affable, avait
dit oua, li........oui là! Et c'est exactement comme celi........cela
que tout commenci.......commença....... li, là, y'a la photo................
Au
moins le Juri.......Jura était prévenu.......Il suffisait juste d'avoir
une bonne raison qui fut celle ci.......celle là, largement expliquée
en page 7 : le fameux réchauffement de la planète ne
permettri.......pis.......permettra pas la pissige, le passage à l'an
2009 à temps!!!........Pour se remettre à l'heure , la grande et
universelle horloge, retardée par le réchauffement
clamitaque.......climatique , l'effet de serres, la fonte des neiges ,
la montée des océans , la pollution , la disparition des ours et de la
banquase .......banquise et le crish.......crash des binques.......
banques et la pinne de la michane........la panne de la machine à
liver....... à laver de Violette.......et tout ça et tout ci........
tout ça et tout ci, la grande horloge universellle, donc, ne passerait
au nouvel an qu'en rattrapant son petat .......petit mois de
retird....... retard.......Suffirait donc de se ciler.......caler à
23h59 ce 31......sur 23h59 un soir de novembre........ Elle, Violette,
qui rêvait d'être une qui serait deux pour tout
abittre......abattre.......aurait deux fois un mois de décembre dans
son année deux mille watt........deux mille huit
.......clisse!!.......classe!!!
C'était sans compter sans les
autres qui ne s'en laissaient pas conter.......La laberté.......liberté
de chacun s'arrêti........s'arrêta li........là ou
commenci.......commença celle-li, celle là des autres. Ci ne se put
pi.......ça ne se put pas.......Chez les septaça.......sept ici on n'y
crut pis.......pas et même dans tout le juri.......Jura........Ci
suffat pis ci........ça suffit pas ça!!!!!!!
Violette mon petat....... mon petit, le monde ne tourne pis....... pas autour de toi.
Violette,
ne mets pi....... pas ta michane....... machine à liver....... laver à
tourner à l'heure creuse, tiraf.......tarif réduit de 0 heure 5O de la
nouvelle innée.......année.......Violette, le monde tourne (oui, je
sais pas ta michane.......machine) sans toi, avec une horloge qu'on
dirait que jamais elle
s'arrêtri.......s'arrêtera.......Tac-Tic.....TIC-TAC.......
Minuit moins une. Tout le monde s’apprête à « fêter »
la nouvelle année. Le contremaître vient de terminer son bref discours. Tous
les yeux sont rivés sur l’immense pendule accrochée au mur de l’entrée. Il commence
le décompte : « 10, 9, 8, 7, 6, 5. » Et s’interrompt.. La pendule
s’est arrêtée dans un grincement sinistre.
Minuit moins cinq. Tout le monde retient son souffle, les
yeux braqués fixement sur la pendule arrêtée. Les corps décharnés tremblent. « Comment
est-ce possible ? » aboie le chef au préposé au temps. Un sabre
siffle dans les airs. Le préposé ne
répond pas, sa tête n’est plus là pour répondre. Une porte qui s’ouvre. Un coup
de pied du contremaître et roule la tête jusqu’à la gueule du tigre du Bengale qui
s’en empare, son menu préféré, et retourne roder autour du bâtiment.
Minuit moins une âme. Tout le monde attend avec angoisse.
Droits comme des « i », debout face aux machines. Un homme est
désigné pour réparer la bête de métal. Et s’exécute précipitamment pour
échapper à une nouvelle exécution sommaire.
Minuit moins que rien. Tout le monde reprend son souffle
souffreteux : la pendule est réparée. Les choses sont revenues à la normale. Le
décompte peut reprendre : « 4, 3, 2, 1, 0. Bonne année ! »
La foule l'entoure. Elle se sent bien, comme dans une
couverture ou un bon bain chaud.
Tous ces inconnus qui, l'espace d'un temps très
court, ne forment qu'une masse de coeurs battants à l'unison, sont réunis pour une seule et même chose: l'arrivée du Nouvel-An.
Le compte à rebours défile sur l'écran;
tout le monde, en choeur: dix, neuf, huit... plus que quelques secondes...
quatre, trois, deux, un!!!
Mais en lieu et place de la liesse annuelle, rien. Les écrans se sont éteints,
la foule s'est tue.
Elle se retrouve seule dans ce qui semble être
une pièce noire. Un malaise
l'envahit, contre-coup après
l'excitation recente qui la pousse au bord de la nausée.
Elle se met a crier. Des cris sourds et aphones, puisqu'elle même ne les entend pas. Puis elle sent qu'on
la secoue... elle entend une voix familière.
- Yanetchka! ça va? tu criais...
- Mmmm... Cauchemar... Pas grave... Beaux nénés, ma chérie...
- Hein?...
Mais déjà, l'intéressée était retournée
dans les bras de Morphée.