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Le défi du samedi
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14 juin 2014

La stagiaire (KatyL)

La stagiaire !!

 

Lorsqu’elle  prit son travail ce matin-là toute guillerette d’avoir à s’occuper d’une stagiaire qui entre autre devait l’aider à combler son retard de paperasses, Béatrice pensa qu’elle avait de la chance d’être enfin comprise par sa hiérarchie.

 

La DRH lui avait juste dit à Béa : « que cette personne était un peu ronde mais vu son envie de travailler, ses références et son sourire elle devait faire l’affaire » !, elle avait donc cette dame à accueillir ce matin.

 

Elle était à peine parvenue en haut de l’escalier de la mairie qu’elle entendit la porte s’ouvrir à nouveau, et comme elle était  en avance elle alla donc s’acheter son petit café du matin en vigueur chez  les fonctionnaires !

Un pas montait péniblement les escaliers et Béa sentait un souffle rauque l’accompagner.

En attendant de voir de qui il s’agissait elle sirotait ce café trop chaud à toutes petites lampées.

 

Quand tout à coup « elle » surgit en haut des marches, sa figure toute rouge, sa respiration saccadée, ses cheveux collés par deux semaines au moins sans lavage, et surtout son aspect faillirent créer un malaise total à Béa.

 Quoi cette femme avait un corsage long sans rien dessous !!! Et Elle était ENORME !

Elle  ne portait ni  jupe ni  pantalon !

Ses cuisses s’entrechoquaient roses et plissées, elle ne pouvait avancer sans les frotter l’une sur l’autre tant elles étaient grosses et elle était presque nue !!

 

Cette apparition à laquelle elle  n’était pas préparée avec une tasse de café brûlant le matin dans un lieu public lui fit l’effet d’une bombe ! Et elle lâcha sa tasse qui rebondit au sol sur sa chaussure et lui éclaboussa les jambes !! Merde de zut ! Ça commence bien cette journée, elle qui  voyait cette femme presque obscène s’avancer vers elle!

 

-«  bonjour lui dit-elle, je me nomme Clotilde Degarde en s’essuyant le visage déjà en sueur,  pouvez-vous me dire où est le bureau de Mme Duchmol car je suis la nouvelle stagiaire et je viens d’être embauchée en contrat d’essai »

 

Béa était médusée incapable de prononcer un mot, quoi la nouvelle stagiaire un peu forte et souriante était cette ENORME femme pas vêtue, sans doute folle ? un peu crade et transpirante !! Un cauchemar elle allait s’éveiller, elle  ne pouvait pas partager son bureau exigu deux mois ou presque avec cette personne et accueillir public et collègues toute la journée affublée ainsi, il y avait méprise.

Elle  s’entendit cependant répondre :

 

-«  mais c’est moi Madame Duchmol Béatrice, vous êtes au bon service, par contre Madame Degarde il doit y avoir une erreur quelque part, ici nous devons avoir une tenue disons….. « convenable pour un service public » or vous n’avez sans doute pas pris tout votre temps ce matin, ou vous étiez endormie encore en venant ici, ou vous n’allez pas bien, je ne sais pas ? Dites-moi pourquoi vous êtes juste vêtue de votre tunique sans  rien en dessous, ce n’est pas possible je vous assure »

 

-«  Mais dit Clotilde Degarde dans un râle pleurnichard et en s’essuyant les mains sur ses cheveux gras, je suis habillée, que vous faut-il de plus, j’ai une tunique et un caleçon couleur chair ! »

 

-«  ah vous avez un caleçon couleur chair, mais dites-moi c’est très bien imité cette couleur chair on dirait que vous êtes nue, sans rien…et un caleçon collant à ce point lorsque l’on est……….disons un peu forte ne me paraît pas adéquat dans un lieu comme une mairie !! Enfin rendez-vous compte ? »

 

Madame Degarde s’approcha en marchant dans le café renversé au sol et au fur et à mesure qu’elle arrivait à la hauteur de Béa elle fut envahie par une odeur de transpiration bien installée, et son nez ne fit qu’un tour ! C’en était trop !

 

«  Oh ! dit-elle (en reculant progressivement vers son bureau) venez nous serons plus à l’aise pour parler, entrez ! »

 

Béa ferma la porte rageusement ! Et dès que celle-ci  se fut refermée l’odeur envahit la minuscule pièce.

 

La femme  se colla presque à Béatrice pour lui  faire toucher « le fameux caleçon chair. »

 

-« tenez touchez si je suis nue, c’est bien un caleçon en synthétique lui  dit-elle en reniflant »

 

Oui elle avait un caleçon chair de chez chair !! Belle imitation ! Incroyable !!

On ne voyait rien puisqu’elle avait eu la belle idée de mettre des chaussures un peu montantes qui cachaient les élastiques du bas du caleçon.

 

Cette vision apocalyptique accompagnée de reniflements et de cette odeur à 8h30 du matin lui donna le sentiment à Béa qu’elle allait vomir et se réveiller, mais non elle ( Clotilde) était bien là dans SON bureau.

 

Béa ouvrit la fenêtre en grand et entreprit d’expliquer à cette Madame Degarde comment s’habiller lorsque l’on se présente au travail surtout en étant stagiaire,  afin d’éviter les cheveux gras, les caleçons collants elle lui expliqua gentiment  et avec calme et pondération que les déodorants existaient.

Mais comme elle ne  voulait pas l’accabler, elle lui suggéra de passer derrière son bureau pour la matinée de manière à ce que ses collègues ne la remarquent pas,  et si possible ce midi en rentrant chez elle de se vêtir différemment, sur ce,  Béatrice laissa sa fenêtre ouverte toute la matinée alors que le temps était assez frais »

 

Lorsque midi sonna il fallut que Clotilde Degarde s’extirpe de son siège et qu’elle sorte.

La tête de ceux et celles qui l’ont croisée !!!

Le mouvement des cuisses était une chose, mais l’arrière avec le caleçon chair qui rentrait dans  la paire de fesses de façon  magistrale, produisit un choc à un collègue masculin qui fumait dehors, il faillit en avaler sa cigarette !!

 

Ce fut une véritable vision que de la voir arriver pensa Béa, elle  s’en  souviendrait toute sa vie.

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14 juin 2014

Des lyres et des hommes (EnlumériA)

L’auberge du Palefrenier Narquois n’avait de prime abord rien d’extraordinaire. Une salle comportant une vingtaine de tables, décor de saloon mâtiné pub irlandais avec de grands posters représentant un légendaire autrefois. On entrait par un vestibule dans lequel se trouvait le vestiaire. Un vélo était appuyé sur le desk. Personne pour accueillir le client.

— Vous savez que les règles du savoir-vivre disent que c’est à l’homme d’entrer le premier dans un restaurant ? expliqua Damien.

Kaelia émit un petit rire moqueur qui exprimait pleinement son mépris des convenances. Elle s’avança de quelques pas dans la salle à la recherche d’une table bien placée.

Au bar, trois matelots encourageaient bruyamment deux colosses qui bras-de-ferisaient sous le regard paternaliste du barman. Sur la gauche, un vieux couple se chamaillait gentiment à propos du menu tandis que la serveuse patientait en levant les yeux au ciel. Attablé au fond, un homme à la barbe fleurie consultait un carnet en sirotant une bière. Trois musiciens qui tentaient de s’installer au mieux sur une scène minuscule provoquaient un remue-ménage légèrement irritant. Le contrebassiste, un géant, s’efforçait de caser sa large carcasse entre le rideau et son instrument sans se préoccuper des ricanements du saxophoniste ni des conseils fantaisistes du guitariste.

La serveuse, une rouquine coiffée choucroute, profita de leur arrivée pour laissait choir son couple d’indécis. Damien ne se gêna pas pour admirer la superbe plastique de la jeune femme. Petite robe de satin noire ultra moulante et jambes interminables montées sur escarpins dorés. Un fantasme sur pattes. Sur son chemisier un badge proclamait en lettres capitales que cette charmante créature se nommait Démétria.

— Bonsoir ! Deux personnes ? Je vois que notre table d’honneur est libre. Venez les amoureux. C’est votre jour de chance. On dit que cette table porte bonheur.

— Pourquoi ? demanda Damien.

— C’est à cette table que Tonton Macroûte, en personne, a déjeuné un certain 32 juillet. Regardez ! Il y a une plaque qui le confirme.

— Le 32 juillet ?

Démétria  expliqua que le graveur avait fait une faute de frappe suite à l’absorption d’une pinte d’hydromel superflue.

— En vérité, l’évènement s’est passé un 23 juillet. Voici la carte. Je vous recommande notre gombo de renard de mer. Une recette de Tonton Macroûte. Pour vous faire patienter, je vous apporte notre apéritif maison, à base d’hydromel. En attendant, installez-vous confortablement.

Kaelia remarqua que le regard que Damien posait sur Démétria ressemblait à celui du fameux loup de Tex Avery.

— Ne vous gênez pas, dit-elle d’un ton acide.

— Pardon ?

— Non, rien. Laissez tomber.

Démétria était de retour avec deux verres remplis d’un liquide ambré agrémentés de bouées de sauvetage. Elle les posa sur la table avec une coupelle de graines à l’aspect caoutchouteux. Elle remarqua les mines stupéfaites des deux convives.

— On en avait marre des ombrelles.

— Ah ! Il est comment votre gombo de renard de mer ?

— Je reviens dans un instant et je vous explique. On dirait que les foldingues se sont décidés.

Elle fila aussitôt vers l’autre table.

— Bon allez, on trinque, dit Damien. Vous avez vu ces graines. Bizarres, non ?

— Oh ! Moi, vous savez, au point où en est.

Aussitôt Kaelia picora dans la coupelle. L’apéritif maison avait un fort goût de miel avec un je-ne-sais-quoi en plus comme un parfum de rose cannelle mais pas vraiment.

— Il y a un truc en plus, marmonna Kaelia, la bouche pleine de graines. Du pain d’épices à la cardamome ?

— Je pencherai plutôt pour du cactus vanillé, objecta Damien.

Il avala son verre cul sec. Cela lui fit un peu comme… il ne savait pas trop, en fait. Kaelia poussa ses graines d’une large rasade. Elle demeura impassible l’espace de quoi, une demi-minute, et puis éclata de rire à la manière d’une baudruche qu’on dégonfle à grands coups de manivelle.

— Nom de Dieu ! s’écria Damien, mais où avez-vous appris à faire ça ?

— Vous savez à quoi ça ressemble ce truc. À un écoulement de guimauve frangipanée dans l’oreille d’un orque de Barbarie.

Damien s’ébroua, fit un signe au barman pour réclamer la même chose et se laissa aller en arrière, la mine déconfite.

— J’ai l’impression être le rejeton d’un vieux pneu et d’une méduse étoilée.

Encore ce rire incohérent de Kaelia. Sur ce, le barman, une sorte de lièvre géant à moustache en poignées de porte apporta la seconde tournée.

— C’est pour môaaa, dit-il en grinçant de toutes ces dents en bois. Démétriaaaaa ne va taaaaaaaaardeye. Vous aimez l’âmusique ? L’orchestre vaaaa… comment c’est ?

— C’est pas mauvais, cornecliqua Damien en s’essuyant les sourcils d’un geste caverneux – Grimace de dégoût du narrateur. Puis, il trinqua avec Kaelia en cors et en corps. Ces sacrés verres paraissaient inépuisables. Damien hoqueta de rire à son tour.

— Tu peux te foutre de moi, railla Kaelia d’une horrible voix de rogomme. Ton rire, on dirait une flaque d’eau sous la palme d’un phoque.

— C’est académique ça, tiens ! Mais attends, on dirait que l’orchestre commence à jouer.

Sur la scène, transformée pour l’occasion en coquille Saint-Jacques à défibrillateur bio-nucléique, les trois musiciens costumés en tringles à rideau accordaient leurs lyres.

— Ce sont des lyres Sterling d’excellente facture, constata Damien en ramassant son sourcil tombé à terre. T’a vu les costards ? Une seule rayure. Comment qu’y font pour rentrer là-dedans et jouer aussi bien de leurs instruments ?

— Parce que ce sont des lyres d’hommes très minces, coupa Démétria revenue de ces indécises aventures. Je vois que vous appréciez notre apéritif maison. Et nos cakes à couettes aussi. Alors, décidés à goûter au gombo ?

— Je meurs de faim. Va pour deux gombos ! proclama Damien à la cantonade tandis que Kaelia était plongée dans la contemplation désabusée du barbu du fond qui prenait des notes, impassible comme une pierre tombale sous une pluie d’équinoxe. 

Démétria claqua dans ses mains. Cela fit un bruit de jupette froissée sous la dent d’un rhinocéros hellotridécatabulophobe*.

Aussitôt, deux renards bleus travestis en loups de mer déboulèrent sous les acclamations des matelots vêtus pour l’occasion de justaucorps en pâte feuilletée. Ils tenaient à bout de pattes un large calice dans lequel six langoustes en tutu virevoltaient une gavotte parsemée de vestigiaux effluves parmesans. Un poivron rouge visiblement éméché tentez de tailler une bavette avec le poivron vert qui s’époustouflait dans un trombone à tige filetée. Un essaim de gousses d’ail tournicotait allègrement autour d’un citron vert en crinoline en poussant des cris de clés à molette sous la mitraille.

Damien, qui s’écroulait de rire en fragments parcellaires, s’évertuait à réunir les morceaux en dépit du bon sens sous les huées de pangolins bariolés taillés comme des linottes sans têtes.  

Les renards déposèrent enfin le calice sur la table qui, prise de panique, prit ses jambes à son cou et fila vers les cuisines en passant par un chemin de table nouvellement promu au rang de sentier lumineux.

— Sandinista ! beugla soudain Damien sans trop savoir pourquoi sous les yeux vitrifiés aux beurre de yak d’une Démétria confite en dévotion.

C’en était trop pour Kaelia. Elle se leva d’un bon et se dirigea en toute hâte vers le barbu du fond qui, enfilant un manteau en peau d’ours, s’apprêtait visiblement à prendre congé.

— Hé ! Vous, là ! Oui, vous. Où vous croyez aller comme ça ?

Au comble de la surprise, le vieux type se retourna vers la jeune femme. Vu de près, il ressemblait assez à l’idée qu’on se fait d’un vieux beatnik embourgeoisé.

— Vous… Vous pouvez me voir ?

— Et bien sûr que je peux vous voir. Je vous observe depuis tout à l’heure. Vous êtes le seul, dans ce pandémonium, à ne pas avoir bronché. Regardez les champions de bras de fer, au bar. Ça ne vous parait pas bizarre que leurs bras repoussent chaque fois qu’ils s’en arrachent un. Et les renards, vous les avez vus, les renards ? On dirait de grosses mites endimanchées à la foire au foin. Je ne vous parle même pas de mon copain qui… Mais nom de Dieu ! C’est la lingerie de la serveuse qu’il mange en sandwich nappés de sauce aux doryphores ? Mais pourquoi je dis ça, moi ?

— Bon allez, calmez-vous, madame, conseilla le barbu. Ce n’est pas si grave. Il ne savait pas qu’il faut toujours manger un nombre impair de cakes à couettes avec l’apéritif maison. Dans une heure, il sera frais comme un gardon. Bon ! C’est pas tout, mais il faut que j’y aille, moi. On joue Les Triplettes de Belleville, ce soir au Lutétia. Mon vélo n’aimerait pas manquer le début. C’est son film préféré.

— Vous n’avez pas répondu à ma question, insista Kaelia. Vous êtes qui, au juste ?

— Moi ? Mais je ne suis que le narrateur, madame. Bien le bonjour chez vous.

Sur ce, le vieux bonhomme s’éclipsa en chantonnant une petite chanson.

À la table de Tonton Macroûte, Damien continuait de faire le singe avec cet air niais qu’affichent parfois les fumeurs de banane plantain. Kaelia se laissa tomber sur une chaise, épuisée, lorsqu’un vacarme semblable à une débaroulade de couscoussières dans une bétonneuse trois-pièces-cuisine la fit sursauter.

 

* Crainte exagérée d'être treize à table.  

14 juin 2014

Rose bonbon (Sebarjo)

 

 

Rose_bonbon

 

Je baigne dans une mer d'un rose bonbon

Où les poissons sont verts aux yeux marrons

Et ont des nageoires jaune fluo

Nageant toujours entre deux eaux

 

Où les anémones sont des coquelicots

Qui s'ouvrent quand brillent la nuit

Les étoiles de mer en compagnie

Des poissons lunes alanguis

Moon fishes à l'anglaise

Tagada je reprends une fraise

 

Car je flotte sur une mer d'un rose bonbon

Où voguent de gigantesques papillons

Aux ailerons d'argent et de nylon

Où les goémons sont des lianes de réglisse

Et les salicornes des sucettes à l'anis

 

 Oui je vole sur la mer d'un rose bonbon

Où les requins ne sont que des bananes

Des roudoudou qui font des ronds

Aux fonds des eaux ultra planes

De mon monde rose bonbon

 

 Je nage dans une mer rose bonbon

Qui fond

Qui fond

Qui fond

...


Et vous pouvez entendre ci-dessous une version hallucinatoire de cette folie "pink sugar"... mais attention ce n'est qu'une esquisse...

alt : Noomiz

 

14 juin 2014

Hallucination auditive (Joe Krapov)

J'hallucine ou quoi ? Je le croate pas, ça !!!

Voilà que je chante en serbo-croate ? en bosniaque ?  en yougoslave !

Et ces bâtiments aux formes bizarres qui m'entourent ? Où suis-je ? 

Qu'est-ce qu'on a renversé sur ma moquette ? Au secours, j'hallucine !

 

14 juin 2014

Participation de Nhand

HORS-SUJET

 

N’ayant comme vous abusé
Des paradis artificiels,
Je me pensais assez rusé
Pour trouver dans les logiciels
De ma lente imagination
Les mots qui vous auraient narré
Une belle hallucination,
Et me voici désemparé ;

Les muses que j’ai rencontrées
Me parlaient de tout autre chose,
De situations empêtrées
(Loin d’agir pour la bonne cause)
Dans un réel trop terre-à-terre
Et ne suggéraient à ma plume
Que de refaire l’inventaire
D’un monde enclin à l’amertume.

Alors, navré de vous servir
Ces quelques rimes hors-sujet
Qui me vont peut-être à ravir
Mais qui n’ont pour unique objet
Que d’offrir une explication
A mon défaut d’inspiration.

 

Nhand

 

PS : si vous estimez, ami(e)s défiant(e)s, que vous avez perdu votre temps à lire cette non-hallucination, autorisez-vous à me tirer les cheveux (qui me font, eux aussi, de plus en plus défaut).

Note à l'intention des maîtresses : je refuse, cependant, de recopier 500 fois Je me dois de traiter le sujet demandé, de n'en dévier sous aucun prétexte.

Je préfère encore aller au piquet.

Et si je suis privé de récréation, pourrai-je quand même manger mon pain au chocolat dans la salle de classe ?

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14 juin 2014

Aux noces du fond et de la forme (par joye)

Aux noces du fond et de la forme

La foule présente était énorme,

Mais peu nombreux ceux qui pouvaient

Comprendre qui se mariait...

4

Pour ceux qui étaient fatigués

(Ils avaient trop halluciné ?)

'Y avait des indices ci et là

En fréquentant les bons endroits...

aluLe marié était le fond

Et, sur la carte au grand plafond,

La mariée, son initiale,

Faisait sa joie familiale.

7Les invités dignes de ce nom

Sauront décrocher le pompon

Et trouveront la bonne réponse

À cette énigme...B'en, vas-y ! Fonce ! 

5Dès que les vides seront remplis

Faut faire motus, je t'en supplie...

À l'oasis, fais de l'espace

Et vois la chose qui t'agace.

 

Réponse : Alu + Six + Nations = M. I. R. A. G. E.

14 juin 2014

Orage d’automne (Fairywen)

 

 

Orage d’automne.

 

Il y avait près d’une année à présent qu’il avait franchi le seuil de la boutique de magie pour n’en plus ressortir. Un an qu’il vivait aux côtés de la jolie jeune femme qui l’avait abrité ce jour d’orage. Il ne croyait toujours pas à la magie, si ce n’était à celle de l’amour, mais il l’acceptait telle qu’elle était, avec ses rires cristallins, sa joie de vivre, sa fantaisie et ses absences mystérieuses, tout comme elle l’acceptait tel qu’il était, lui le voyou de la nuit au passé sombre et tourmenté. Auprès d’elle, il avait trouvé l’apaisement. Auprès de lui, elle avait trouvé le frisson du danger.

Et en ce jour où la tempête menaçait, il s’inquiétait, car elle n’était toujours pas rentrée de l’une de ces promenades dans les bois auxquelles il n’avait jamais voulu l’accompagner, riant quand elle lui disait qu’elle allait voir les fées. N’y tenant plus, il saisit son blouson et sortit sous la pluie qui redoublait. En quelques mètres il fut trempé, mais il s’en moquait. Il n’y avait qu’elle qui comptait, elle pour qui son cœur se serrait d’inquiétude. Il emprunta un sentier au hasard et s’enfonça dans les bois. Du coin de l’œil, il crut voir une petite lueur dorée qui se déplaçait devant lui, une lueur qui sautait de feuille en feuille et d’où perlait un rire joyeux, mais il se persuada qu’il était victime d’une hallucination, que ce n’était sans doute qu’une illusion causée par la foudre et le tonnerre. Pourtant, inconsciemment, il suivit la petite boule de lumière, jusqu’à une trouée au milieu de la forêt.

Il s’immobilisa à la lisière des arbres, stupéfait. Elle était là, au milieu de la clairière épargnée par la tempête, comme si une bulle de calme avait éclos au milieu du chaos environnant. Debout au centre de la bulle, elle tournoyait sur elle-même, les bras écartés, créant des étoiles de lumière dans le sillage de ses doigts.

« Je rêve…, songea-t-il, oui, c’est ça, je rêve… Ou alors j’ai trop bu et j’hallucine… Oui, ça doit être ça, j’ai pris une cuite, je me suis écroulé dans une rue quelque part et j’hallucine sous l’orage… »

Et puis soudain, avertie par le lien qui les unissait, elle se tourna vers lui. L’amour brillait dans ses yeux violets tandis qu’elle lui souriait en s’immobilisant :

« Ne reste pas sous la pluie, viens. J’ai un charme pour sécher les cheveux mouillés et un sortilège pour les vêtements trempés. »

Décidant que puisqu’il hallucinait il ne risquait rien, il entra dans le cercle et alla à sa rencontre. Elle passa les bras autour de son cou et se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser :

« Alors, tu y crois, maintenant ?

-A quoi ?

-A la magie.

-Je ne suis pas en train de rêver, là ? 

-Oublie la raison, écoute ton cœur. 

-Mon cœur me dit qu’il aime la plus jolie des fées. Mais il ne sait pas s’il est réveillé ou pas.

-Bien sûr que si, il le sait. C’est toi qui refuse d’entendre ce qu’il te dit, mais ça ne m’empêche pas de t’aimer. »

Elle l’embrassa à nouveau, et il s’abandonna à ses caresses. S’il ne s’aperçut pas que ses vêtements avaient miraculeusement séché, ce fut parce qu’il l’allongea sur les feuilles pour l’aimer et que dans ces cas-là, les vêtements n’ont que peu d’importance.

 

Lorsqu’il s’éveilla, bien des heures plus tard, il était seul dans la clairière. La tempête n’était plus qu’un lointain souvenir, ou plutôt, il ne savait plus exactement s’il y avait réellement eu une tempête, s’il était vraiment sorti sous la pluie chercher sa compagne, s’il l’avait vraiment vue créer des étoiles de ses doigts et s’il l’avait vraiment aimée dans une bulle de calme au milieu des éléments déchaînés, ou s’il avait tout simplement pris la cuite de sa vie et avait fini les dieux seuls savaient comment dans les bois.

Pensif, il retourna à pas lents à la boutique. Elle était là, derrière le comptoir, toujours souriante, ses grands yeux violets à l’éclat mystérieux illuminant son visage aux traits fins. Il voulut lui demander si tout cela avait été un rêve ou si elle savait vraiment fabriquer des étoiles, mais sa raison le retint, et il se contenta de la rejoindre pour poser un baiser sur ses lèvres, jetant au passage un regard peu amène à un client qui la regardait avec un peu trop d’insistance à son goût. Elle répondit à son étreinte avant d’aller encaisser le client soudain pressé de partir après avoir évalué le gabarit du nouveau venu. Ses cheveux volèrent sur ses épaules, et quelque chose en tomba en tourbillonnant. Il se pencha pour le ramasser et se figea subitement.

 

Dans sa main reposait une feuille de chêne dorée par l’automne, une feuille semblable à celles qui leur avaient servi de lit dans la forêt…

 

Où lire le début de l'histoire.

 

 

Défi 302 du samedi 7 juin 2014

 

 

 

 

14 juin 2014

Une ligne blanche et droite (Minuitdixhuit)

La route était étroite et droite, toute étroite et droite, à travers la forêt des grands pins. Il faisait une nuit, noire, sans une lune et sans une étoile. J’étais épuisé, mais je roulais à vive allure. Et j’allais rejoindre sa pierre, vous comprenez pourquoi ?

Je l’aime.

Je savais qu’elle y dormait parce que j’avais reçu ce télégramme.

Mes yeux suivaient hypnotiquement la ligne blanche et droite du milieu, comme un rail. Cela me permettait de rester sur la route, malgré la détresse de ces foutus jours. Accumulée.

S’il y avait une ligne blanche et droite, c’était parce que la route montait et descendait pour suivre les ondulations des dunes de la forêt des grands pins. Et dans les montées, la voiture ralentissait et dans les descentes, elle accélérait, toujours en ligne blanche et droite, comme un rail.

Après cette descente la route s’était remise à monter mais, cette fois-ci, la voiture n’avait pas ralenti, au contraire, elle avait accéléré, accéléré, accéléré et la ligne blanche et droite hallucinogène de la montée, montait, montait, montait, de la route de la forêt des grands pins, jusque dans le ciel de celle-là de nuit, noire, sans une lune et sans une étoile.

C’est la lumière qui s’éteignait qui m’a réveillé, et la voix de la fille en blanc, toute droite qui avait prononcé :

- C’est fini.

Sur l’écran du moniteur de mon encéphalogramme, la ligne était blanche et droite. Comme un rail.

Mais j’étais déjà ailleurs que sur cette table de fer, j’étais à côté d’elle, enfin. J’avais rejoint sa pierre, vous comprenez pourquoi ?

Je l’aime.

 

14 juin 2014

Les benzodiazépines (Pascal)

Je m’enferme dans ma casemate, à l’abri de tous. Rien ne me soulève, rien n’attire ma curiosité, rien de ce qui vit n’a de l’importance aujourd’hui. J’ai fermé les volets pour laisser le soleil dehors et je ne les rouvre plus. De toute façon, il n’y a rien à regarder. C’est la grande dépression, c’est en dedans. Il pleut sans arrêt dans le royaume déchu de ma cervelle guimauve. Tout fond dans cette ébullition sans retour.

Quand mon Amie vient passer le week-end, j’ai souvent l’impression de croiser une étrangère dans mes couloirs. Je ne la reconnais pas. Pourtant, le docteur m’a bien ordonné de diminuer ma dose de benzodiazépines mais demandez à un drogué de se sevrer tout seul ! C’est un engrenage sans fin. Mes cachets blancs pour noircir toutes mes nuits, voilà bien un tableau d’impressionniste en manque. Et elle, elle me regarde, avec ses yeux écarquillés, comme si j’étais un zombi accro. Je crois qu’elle a peur de moi. Elle n’est pas rassurée… Et moi, je ne la vois plus. J’ai quelques souvenirs de son corps blanc, enlacé dans mes draps noirs. On dirait une sculpture de gisante, elle n’est même pas lascive. Elle me devance, elle a sommeil pour se rapprocher de demain et s’enfuir encore de ma maison ensorcelée et elle va vite se coucher. J’ai pris mes cachets magiques et j’attends que le sommeil me transperce pour tomber dans mon linceul et la rejoindre. Je monte les escaliers en titubant et chaque marche gravie est une performance d’alpiniste sans oxygène. Et puis mes yeux s’éteignent… 

Mais putain ! Qui déplace les marches de mon ascenseur ? Tout est glissant ! C’est cette salope qui ronfle, c’est sûr ! Elle astique le parquet avec ses sourires ambulants comme si j’étais malade. Elle veut me faire tomber, elle veut me tuer ! C’est écrit dans ses regards pudibonds. C’est une garce ! C’est une infirmière avec des intentions meurtrières ! Mais je veille, elle ne m’aura pas ! Et merde ! J’ai faim…

Je suis retombé de mon sommet de Cordillère et ma tête a heurté quelques marches machiavéliques. Elles veulent toutes me faire mal, elles sont de mèche avec cette garce.
J’ai faim !... Où sont mes couteaux ? Je veux le plus pointu, le plus effilé, le plus efficace ! Où est mon frigo ? Qui a déménagé mes meubles ? C’est sûr, c’est cette salope alitée. Elle a anticipé mon trépas et raflé mes armoires et mon congélateur ! Je constelle le carrelage avec ma peinture rouge et j’ai dû tomber encore car il y a quelques flaques coagulées, un peu partout. Elle me saigne à petit feu ! C’est un vampire ! Elle me suce avec ses atouts, cette maîtresse ! Ses baisers sont intéressés, c’est une sangsue traîtresse !...

J’ai retrouvé mon frigidaire. Elle l’avait caché dans la cuisine, cette vile salope. Heureusement, j’ai fait des fouilles méticuleuses. J’ai ouvert tous mes tiroirs et, à chaque fois, je vois sa gueule joyeuse en train de sourire dans les coins comme des traquenards visqueux, des invites au suicide, des incantations de sorcière maléfique. Elle me nargue. Je t’emmerde salope ! Je vais te crever, je vais te faire la peau et te coller sur ma porte ! Je vais te saigner, grosse truie !...

Chance ! Mon frigo s’ouvre et sa lumière s’allume, c’est magique. C’est plein de trésors cachés à l’intérieur. Il fait froid dedans. On dirait une tombe garnie, à l’ombre de l’été. Des saucissons dégueulent comme des boyaux gonflés et le camembert pue comme une carcasse de cadavre putride, oublié sans famille, sur un champ de bataille. Salope ! Tu ne prendras pas mon Ame ! Elle est cachée à l’abri, loin de mon cœur !...  

C’est une tomate ? Toi, tu vas morfler ! Un couteau ! Un couteau ! Oui, celui-là. On va faire des petites  tranches… Elle m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à ma folie…
Ce n’est pas la peine d’allumer cette cuisine, elle pourrait venir m’espionner, cette garce lubrique avec ses envies chimiques et ses desseins sadiques. Elle a des attitudes narquoises et des impatiences de demoiselle sans vertu. Elle joue de ses charmes et s’invente quelques larmes quand elle s’amuse de moi, cette ingrate. Et moi, j’y vais de ma pièce pour son théâtre de mascarade…  

Du sel ! Je veux du sel ! Il faut blanchir ce cœur palpitant, découpé dans l’évier. Il est plein de pépins, comme le mien…Elle a volé la salière. Elle fait mon régime. Elle m’use avec ses caprices de jeune fille et ses simagrées grimaçantes. Elle tortille son postérieur comme un passeport sans frontière et moi, je la bave.

Rien de ce que je fais n’est bien. Si j’allais chercher la lune et quelques étoiles filantes pour l’épater, elle trouverait à redire sur leurs brillances ternes et leurs vitesses de croisière trop lentes. Ce ne serait pas l’heure, ni le lieu pour cette offre. Je serais encore déplacé dans notre histoire. Avec elle, je suis toujours mauvais. Elle me talonne la gueule avec ses aiguilles et j’en redemande parce que je l’aime. Salope !...  

Le sel ! Faut-il que j’aille creuser dans le jardin pour trouver une mine ? Ce serait bien ma veine. Je suis encore tombé et ma tête a mangé l’évier. Cabossé, je crache du sang ou c’est ma tomate qui pleure. Le couteau a valdingué, sous quoi ?
Un inconnu me surveille avec ses yeux clignotants. Il ronronne le plaisir de me voir à moitié assommé dans cet énième round. Il fait des bruits incongrus, il rote une indigestion amusée et curieuse. Je vais lui péter la gueule ! C’est un allié de ma salope couchée ! C’est le lave-vaisselle !... Je l’ai reconnu à cause des bons médicaments posés dessus.

Le sel ! Il est là, à portée de ma main enflée. Faites tomber la neige, je ne veux plus voir de rouge ! On va cacher la tomate ! Personne ne reconnaîtra mon cœur découpé. Des câpres ! Il faut des câpres pour assaisonner ma salade de grimaces !

La salière est vide. C’est toujours pareil, on ne peut compter sur personne, surtout pas sur cette garce. Ma vie manque de sel. C’est elle qui ronfle si fort ? Non, c’est le frigo ouvert… Je suis retombé et c’est mon bras qui a morflé, cette fois. Je n’ai pas vu venir le coup. Trop rapide. Toutes mes techniques de bagarre sont inutiles contre cette ennemie visqueuse. C’est désespérant. J’ai envie de pleurer soudain. Je suis seul contre le Monde et ma défense est fragile… Trait aux noirs ! Accroche-toi, mon gars. Laisse compter les secondes et relève-toi. Tu ne sais pas faire autrement. N’attends la pitié de personne, surtout pas de cette belle garce cachée dans ta chambre noire.

Un cendrier est explosé sur le sol. Elle ne fume pas mais c’est elle qui les remplit, juste pour m’emmerder, juste pour que je les fasse tomber ; c’est pour m’humilier et me faire ramper à ses pieds. J’ai de la fumée dans les yeux, d’autres diraient de la merde... Il fait triste ici. J’ai froid, à la dérive sans espoir, dans cette embarcation pour nulle part. Il pleut du sel sur mes lèvres tuméfiées et j’ai un mauvais goût de sang dans la bouche…

Je me suis réveillé. Le petit matin est rassurant, sans le faire exprès. Quelques rayons de soleil s’immiscent subrepticement dans les interstices des volets de la chambre. J’ai l’impression de m’être battu, cette nuit. Emprisonné dans les draps, comme dans une camisole forcée, je suis plein de douleurs courbatues. Il me semble avoir encaissé un train de marchandises emballé dans la gueule.

J’ai dû encore batailler avec des hallucinations cauchemardesques et je ne gagne jamais. Mes mains sont pleines de sang séché. Tout à coup, je me suis aperçu de son corps allongé à côté de moi. C’est la panique. J’ai un sale goût de câpre coincé entre les dents…  

Elle est immobile et je suis désespéré. Je voudrais toucher sa peau pour m’apercevoir de sa tiédeur. Je voudrais la voir bouger. Je voudrais tellement l’entendre respirer. Je n’ose pas m’approcher de ce corps inerte. J’ai tellement peur de mes conclusions de légiste. En me levant, j’ai marché sur un grand couteau de cuisine. Il est noirâtre. J’ai fait le tour du lit, comme un assassin dépité sur les lieux de son crime, et je ne sais plus avaler ma salive de condamné. Ma glotte s’est bloquée et je ne trouve plus d’air. C’est la fin du Monde...

Quand j’ai eu fini de nettoyer ma cuisine, comme pour effacer toutes mes empreintes diaboliques, j’ai entendu l’eau de la douche gicler dans les rideaux en plastique. C’est toujours comme ça quand elle vient passer le week-end. Pourtant, le docteur m’a bien ordonné de diminuer ma dose de…

 

14 juin 2014

Mes Hallucinations par bongopinot

bo01

Je vois un beau cerisier en fleurs

Et  nous sommes en hiver

Sur un arbre au visage enjôleur

Je cueille mes pommes de terre

 

Je glisse sur la glace

Sous un soleil d'été

Sur La neige bien grasse

Je surfe sur une vague salée

 

Je joue au tennis

Au fond d'une piscine

Avec un gant d'anis

Et ma fée Célestine

 

Je vois un oiseau d'or

Sur une branche joyeuse

Je vois un toréador

Dans son habit de danseuse

 

Ici les fusils envoient des mots d'amitié

le canon lance un feu d'artifice splendide

les missiles jettent des tentes pour s'abriter

Et nos cœurs arrosent les sols arides

 

De mes douces apparitions

Et mes biens beaux mirages

De toutes ces divagations

Sans barrière et sans âge

 

Où l'on a banni famine et  guerre immondes

Où l'on se lance tous dans une belle ronde

Où le mauvais fuit en quelques secondes

Je vous dis Bienvenue dans mon monde

 

Où l'on aime les hallucinations

Les perceptions illusoires

Et les douces visions

Le matin, le midi et le soir .

 

Cette vie-là m'ensorcelle

M'entoure de belles dentelles

* "L'illusion du vers bon ou mauvais est telle

     Qu'à travers un sonnet la vie est toujours belle"

 

 

* Maurice Chapelan

14 juin 2014

Etonnement (MAP)

J'aurais dû m'étonner quand j'ai vu cette poule couver des petits cailloux :

DSCF5899

mais plus encore quand une jeune femme s'est transformée en arbre :

Expo en plein air

ou qu'une forêt entière s'est subitement miniaturisée !

Mini-forêt

Quand les toits se sont dédoublés :

Les deux toits et le mur

des mini-fenêtres percèrent le mur bleu !

DSCF5839

Un masque plus qu'étrange fit son apparition  !

DSCF5846

Un monstre jaillit de la pierre !

Monstre de pierre

Hallucinations ??????????

?

Non ....

tout simplement un petit voyage

dans une belle région :

Bretzel

*

Décor alsacien

Bonjour chez vous !  :-)

 

 

 

 

 

 

 

 

14 juin 2014

Mes hallucinations (Prudence Petitpas)

pr01Dessin que j’ai fait à 12 ans, sans doute pour apprivoiser les premiers personnages de mes hallucinations…

Je ne sais pas vous, mais lorsque je ferme les yeux, tout un monde magique apparait entre mes pupilles et mes paupières…Ce sont plutôt des visages qui prennent forme et se succèdent sans forcément d’ordre. Parfois j’en retiens un, comme une image, elle fait le tour de mon cerveau, et me revient à chaque fois transformée, avec un chapeau en plus, ou un sourire de travers, souvent avec une grimace qui du coup m’effraie et je la chasse de ma tête. Aussitôt remplacée par une autre, et encore une autre… Toutes ces images sortent de mon imaginaire, je ne reconnais jamais quelqu’un que j’ai croisé dans ma vraie vie, ou alors je ne me rappelle plus vraiment de lui. J’appelle cela mes hallucinations et j’en joue le soir lorsque je cherche le sommeil. On pourrait croire que ce jeu est puéril, oui, il est vrai que depuis toute petite, je vois des formes partout… dans les nuages, dans les tapisseries aux traits bizarres qui s’entrelacent jusqu’à ce que mes yeux y trouvent l’aspect qui m’attire et me laisse partir dans mes délires. Délires qui durent encore maintenant, mais je n’en parle à personne, j’ai peur qu’on me prenne pour une folle. Je suppose que les hôpitaux psychiatriques sont remplis de ces gens qui voient toutes sortes de choses étranges et qui le disent tout haut. Non, cela reste mon secret, cela reste mon terrain de jeu imaginaire et j’y suis parfois si bien que le sommeil tarde à venir. Avec le temps, j’ai même réussi à contrôler le jeu, je le commence et l’arrête quand je veux, je fais circuler les silhouettes derrière mes paupières à l’allure qui me plait. Parfois rapide, parfois lentement, cela me permet de les détailler, de les rhabiller, de les colorer… La seule difficulté serait de les attraper pour qu’elles restent plus longtemps ou de les faire revenir. Non, ça rien à faire, elles changent constamment d’allures et me narguent parfois tranquillement, d’autres fois plus sournoisement, particulièrement  lorsque je suis malade. La fièvre les fait apparaitre sans plus aucun contrôle, des milliers de visages me tombent dessus, comme de gros coussins qui dégringolent sur ma tête. Ce jeu là, ne m’amuse plus du tout et je crains devenir vraiment folle, là, il faut que ça s’arrête. Heureusement, je reste le plus souvent en bonne santé et peut continuer à loisir de faire aller et venir derrière mes yeux fermés, ce petit monde qui envahit mon esprit… A vous je vous en parle, mais ne le dites à personne…. Est-ce grave docteur ?

14 juin 2014

Non mais... (Rose)

J'aime le vent.
Le vent glacial qui te coupe les membres
Et le vent chaud qui te caresse l'intimité.
Comme une caresse d'amant dans le cou.
Un baiser rapide sur le sein.
La robe qui se soulève et le vent qui glisse,
Les cheveux en bataille.
J'aime le soleil aussi et la pluie.
J'aime quand il m'aveugle.
J'aime quand elle me brouille la vue.
Qu'elle tombe en grosses gouttes.
Plus jeune, j'allais sous la pluie.
C'était drôle.
Tout le monde se cachait sous son parapluie.
Et mes cheveux me collaient à la figure.
Ils avaient bon goûts.
J'aime aussi les oiseaux qui chantent à quatre heures du matin.
J'aime le chocolat qui brûle les lèvres et la langue
Qui me fait regretter d'être gourmande
A chaque fois je me dis que je le mérite.
Je n'avais qu'à souffler avant.
J'aime pleurer aussi.
Tous mes soucis coulent hors de mon coeur.
J'aime quand je me réveille.
Que mes pieds se frottent contre les draps.
Qu'ils sentent un coup le tissu frais,
Un coup le tissu chauffé par le soleil.

Sans titre-7

7 juin 2014

Défi #302

HALLUCINATIONS

Hallucination

Nous attendons avec curiosité vos visions à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

7 juin 2014

L'ont-ils choisie noire ou blanche ?

7 juin 2014

Oups pardon. (Rose)

J'y suis rentrée par inadvertance comme lorsqu'on ouvre la porte des toilettes d'un restaurant et qu'un homme,les mains chargées de son avenir, nous regarde étonné. Oups pardon.
Je me fondais un peu dans le paysage. Faut dire que j'étais encore en pyjama. Je pensais pas que je rentrerais là. D'ailleurs, je pensais pas que j'allais sortir de chez moi.

J'y suis rentrée avec fracas comme lorsque j'ai cassé le vase de maman et qu'elle m'a répétée, les mains chargées à pêtrir la pâte que j'étais maladroite. Oups pardon.
J'ai avancé avec crainte. Faut pas oublier qu'on est pas ici pour rigoler. La magie c'est sérieux. J'ai été victime d'un sort. Faut me croire vous savez.

J'y suis rentrée inconsciente comme lorsqu'un bébé pousse son premier cri et qu'on le regarde, les mains crispées et entremêlées, paniqué à l'idée qu'il lui manque un doigt de pied. Oups pardon.
J'aime pas comment on me regarde. Moi je fais pas de la magie vous savez. J'ai juste été victime d'un sort. Je viens ici pour comprendre. On m'a dit que c'est bien de comprendre ce qui nous arrive.

J'y suis rentrée sur la pointe des pieds comme lorsque je me lève la nuit pour un bout de chocolat et qu'une main chargée de souvenirs m'intercepte dans ma quête. Oups pardon.
J'ai bien compris. Comment ça la magie ça n'existe pas ? Mais si regardez, je ne vois plus rien. Mais si écoutez, mon coeur bat. Mais si sentez, je suis en émoi.

J'y suis rentrée le coeur plein d'espoir comme lorsque j'ai cru en lui et que les mains chargées de violence. Oups pardon.
Je vous l'ai bien dit, regardez ! Ecoutez ! Ecoutez ! Je ne sais plus parler. Il me manque des bouts à. Mais si écoutez ! Regardez ! Sentez ! J'ai le coeur qui palpite.

J'y suis rentrée pour tout changer comme lorsque le changement c'est maintenant et que, levant la main pour prendre la parole... Euh le chant, je mens ? Oups pardon.
Je vous l'avez bien dit. Plus aucune cohérence. Donnez-moi cette baguette que je retrouve mes esprits. Mais si ça marche. Har.ry.Pot.ter. Hey les gars ? Qui est-ce qui bosse dans un magasin de magie ?

J'y suis rentrée en souriant comme lorsque tu me prenais dans tes bras et que, la main sur mon sein, tu me disais que tu ne serais plus. Oups pardon.
Je le vois bien. Vous vous riez de moi ! Je m'en fiche, tout ce que j'avais à perdre, je l'ai déjà perdu.

J'y suis rentrée en pleurant comme lorsque j'ai compris que ce n'était qu'illusion et que d'un coup de baguette magique, lovée dans ta main, tu as disparu. Oups pardon.
Je sens plus rien. Ca empire, les mecs. Vous avez pas une tite potion sous la main, là ? Je pense que le moment est propice à la chose, vous comprenez.

Puis je suis sortie, l'air de rien comme lorsque je suis passée au-dessus de cette bouche de métro et qu'un homme, le téléphone à la main, m'a regardé d'un air étonné. Oups pardon.
Puis vous savez, c'est la vie hein ! Vous croyez pas à la magie, vous y croyez pas. C'est comme tout. Pour que ça fonctionne, faut y croire.

plop

7 juin 2014

Tour de force d'une musarde (JAK)

 

defi 300 la boutique magique

 

Tour de force d’une musarde

 

Chouette aujourd’hui, c’est du boulevard sur Sam’ défi

Le magasin là bas au bout de l’avenue nous offre d’office le texte de notre billet.

 C’est consigné en gros sur sa vitrine...

On y fait une cure  de magie et ca dans tous les styles.

On aide les débutants  avec du matériel ad hoc.

Même les amateurs y sont sollicités

Alors je ne parle pas de tous les passionnés.

Quand aux professionnels qu’ils aillent voir ailleurs.

 Ici c’est la boutique des mages- bricoleurs

 Qu’on les laisse en paix escamoter, charmer, illusionner

 En qu’en un  tour de passe-passe  d’mél magique,

 La consigne 302 vous apparaisse ici.

                                                                 J@cadi’scourt

7 juin 2014

Participation de Nhand

Participation de Nhand (défi#301)

7 juin 2014

Participation de Venise

La porte de la boutique était restée entr’ouverte.

Madame CHANTECOEUR dormait sur le comptoir

Il  y avait dans ce commerce de nombreuses bêtes sauvages empaillées

Dauphins, loutre, héron, renards, vipères

Et cette arche me réservait à chaque fois milles surprises

Je subtilisais le pouvoir magique des animaux captifs pour réenchanter le monde des hommes.

Je commençais  par y voir comme eux la nuit et m’insinuais dans leurs  rêves comme une goutte de mercure.

Je filais comme une indienne sur les flots du haut Orénoque  et remontais la pirogue jusqu’aux paupières des hommes.

A chaque battement de cœur  j’insufflais de nouvelles envies  de vivre.

Pour ne pas oublier la sottise qui habite l’âme des hommes je punaisais au dessus de leur lit

L’âne culotte.ve01

A la chandelle clandestine de leur chambre je me mettais à lire à haute voix des immenses lectures de jack London

Je les invitais grâce à mon invisibilité à ouvrir l’œil sur les nuages à dresser l’oreille,

À froncer le nez comme un lapin, à prendre au plus court à ne rien perdre des cambrures des femmes, de l’odeur du chèvrefeuille.

J’entretenais un commerce trouble et incessant avec quantité de gnomes, fées gobelins

Pour qu’ils puissent aller le cœur léger.

 

7 juin 2014

Poste vacant (Pascal)

 

 

« Bonjour, jeune homme, vous venez pour la place de vendeur ? Oui, c’est juste un remplacement ponctuel ; je dois partir à un congrès de sorc… à Eastwick. Enfin, je ne serai absente que quelques jours !...

Avez-vous seulement des compétences en matière de magie ?... Quelles sont donc vos références ?... Des spectacles de prestidigitation pour les comités d’entreprise de la région ? Des numéros de marionnettes à la cantine de la colonie de vacances?  Mais maniez-vous les poudres ? Connaissez-vous quelques formules de base, quelques abracadabras, deux ou trois enchantements ?... Seulement quelques tours de passe-passe ? Des escamotages d’estrade ?... Mais vous avez tout à apprendre, jeune homme !  Savez-vous qu’il faut des solides notions de magie pour tenir un magasin comme le mien ?

Attention, jeune homme, ici, ce n’est pas une boutique de farces et attrapes ! Nous avons une grande réputation à maintenir ! Savez-vous qu’en son temps, nous avons servi Merlin ?!... Houdini est venu chercher un jeu de clés de rechange et, plus récemment, David Copperfield a testé nos ciseaux à trois lames ! Regardez sur mon registre : nous avons même une dédicace invisible de Garcimore et, là, sur le mur, une photo en relief de Majax !... Jeune homme, comme je ne puis faire autrement, je vous prends à l’essai, faisons donc le tour du magasin…

 

Le matin, il vous faudra nourrir et promener les lapins et attention à la porte ! Il ne faut pas que les colombes s’échappent ! Et les souris blanches, ne les laissez pas courir dans le magasin ! Une coquine m’a rongé la moitié d’une cape d’envoûtement ! Attention avec les rubans bariolés, ils ont tendance à s’envoler avec les courants d’air ! Si on n’y prend pas garde, ils vont se poser sur les lampadaires de la rue !

Les livres de magie noire, de spiritisme, d’effets spéciaux, les horoscopes, les tarots anciens, les cartes aux trésors, les itinéraires d’étoiles filantes et autres grimoires ténébreux sont sur cette étagère. Ici, les boules de cristal : par taille, limpidité et affinités. Veillez à ne pas laisser la poussière s’installer dessus sinon les voyances sont irrémédiablement embrumées ! La clé des champs est avec la lotion d’arc-en-ciel ; le gel, la glace et le blizzard sont au frigo. Ici, vous trouverez le sel pour attraper les oiseaux et, là, les petites souris pour récupérer les dents de lait. Elles s’ennuient depuis que les enfants n’y croient plus guère. Je vous le dis, jeune homme : la Féerie fout le camp !...

 

Pour les petits bobos, nous avons de la pommade d’irréel, du fil à repriser les rêves, des peignes à charme, des bigoudis spirituels, du barbouillage de chimère, des boîtes de mirage. Les potions d’Amour, l’extrait de Soupir, les flacons de souffle court, les onguents de langueur, la fumée de bâillement, la poudre d’escampette, c’est dans l’ordre et dans l’armoire des philtres !...

Ici, vous trouverez des écailles de sirène, un sac d’elfes, une échelle d’Alcatraz, une poignée de lutins, une scission de lutrin, un lot de cheveux sur la soupe, des lunettes de cyclope, des paires d’ailes pour les fées, ainsi qu’un florilège de pipes de Gruyères. Là, nous avons des bouteilles consignées d’eau de mer morte, un restant d’échos des grottes magiques, de l’huile de Moby Dick, des réveils de midi à quatorze heures, des montres à six aiguilles, quelques quartiers de lune, une épée de Don Quichotte, un baril de gros mots et des pièces de rechange du Nautilus…  

 

Sur cette étagère, j’entrepose du ressac d’océan, des ricochets d’Ondine, un piano à hélice, un hélicon intelligent, un accordéon rance, des partitions originales pour sifflet de chef de gare, un panier de crabes, un divan de diva, une mèche de cheveux de Yul Brynner, des coups de tabac, des allumettes sans tête, des étoiles de berger et un flacon de larmes de crocodile.  Dans cette penderie, vous avez les chapeaux à double fond, les manteaux avec trois doublures, les gants à six doigts, les boutons de rechange du manteau du père Noël, des foulards de Madras ainsi qu’un dentier complet de Dracula. Ne tremblez pas, jeune homme !...

 

Dans ce tiroir, vous trouverez les jeux de cartes avec cinq valets, les tarots à six as, les dés à sept faces, les gobelets sans fond, les tapis ensorcelés, les crayons à petite mine, les gommes à écrire et l’encre sympathique. Vous penserez à arroser les bouquets de fleurs escamotables ! Ha, les enchantements ne sont plus ce qu’ils étaient !... Mais tout devient périssable, jeune homme, même les jettaturas les plus anciennes !

 

Alors, ici, les poudres !... Oui, du sel de guirlande !... Vous avez les scintillantes, les phosphorescentes, les transparentes, les invisibles. Là, les pépites luminescentes. De celles qu’on lance en l’air comme des pluies d’or !... Celles qui mettent des éclats d’émerveillement dans les yeux des enfants !...  Ne vous laissez pas éblouir, jeune homme…

Dans ce flacon, les pets de Damoclès, surtout ne l’ouvrez pas ; dans celui-là, un cœur de rocker qui bat encore et dans ce tiroir, du fard à gargouille, de la pierre à aiguiser Excalibur, tout un stock de frissons de Passé, une roue de secours de l’Arche de Noé, un eurêka tout neuf, une chanson de maman, une pièce de Cocteau, une grimace de Marceau, une perquisition de Maigret…

Dans celui-ci, quelques ballons carrés, un bout de nez de Pinocchio, des masques de Zorro, des bougies qui ne s’éteignent jamais, des pétards à moches, des mouches du coche, des bonbons à vœux, des mouchoirs pleureurs, un lot de braguettes magiques de toutes les tailles : les dames en raffolent !... Sur l’étagère des orages, nous avons des éclairs de lucidité, du tonnerre de Brest et des parapluies de Cherbourg…

 

Faites attention à ces quelques caisses, malheureux ! C’est la commande des fusées du feu d’artifice pour le prochain mariage de la belle au bois dormant ! Billets doux, monnaie de singe, pièce montée, coupures de Monopoly, nous acceptons toutes les devises !...

 

Mais ne fuyez pas, jeune homme ! Ma réunion a lieu une fois tous les cent ans et j’ai déjà raté les deux dernières ! Attendez ! Je ne vous ai pas encore parlé de la cave et de la gestation des œufs de dragon, de la bicyclette cannibale, du miroir de l’Au-delà, du cygne du zodiaque, du dressage du cheval à bascule, des boussoles de sous-sol, des gousses d’ail à floraison nuiteuse, des ampoules d’abysses, du linceul à plusieurs !... Ha, les apprentis… Ce n’est pas encore cette année que j’irai à mon congrès…

 

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