- Si je meurs avant toi, me disait-il, je trouverai un moyen de te faire un signe de l’au-delà. - Si je meurs avant toi, lui disais-je, je viendrai te jouer des tours. Ça te fera rire et tu seras tout de suite consolé de ma mort.
Voilà ce que nous nous disions et nous réfléchissions aux moyens pour atteindre ce but .
- Si je meurs avant toi, je déplacerai des objets, me dit-il. Toi qui vois toujours tout, tu le remarqueras tout de suite. Ne cherche pas d’explication : ce sera moi. - Et si ça t’est impossible ? - Je trouverai bien un moyen.
Car il était l’Homme, toujours si sûr de son fait.
- Si je meurs avant toi, lui disais-je, je serai toujours là. Je ne te quitterai pas. - Je veux y croire, disait-il.
***
Je me demande s’il a déjà pris les mêmes arrangements avec celle qui partage sa vie aujourd’hui.
- Ne me dis pas que ce dragon ridicule a besoin, pour assurer sa subsistance, de bouffer deux brebis entière chaque jour que Dieu fait ? - Si ! - Tu ne vas quand même pas nous faire croire qu'il en arrive ainsi à épuiser toute la production ovine d'un royaume entier ? - Si ! Ca se passe en Libye. Le royaume est petit et le mouton s'accommode mal au désert. - Et après, il réclame carrément de bouffer un jeune homme ou une jeune fille du pays ? Tu ne te payes pas un peu ma tête ? - Si ! Ou plutôt non. Les monstres ne marchandent pas, ils prennent. C'est sans doute là une proposition d'un ministre ou d'un courtisan. - Mais le roi n'a quand même pas accepté une idée aussi stupide ? - Si ! - Sans compter qu'il organise un tirage au sort pour désigner le bifteck du dodu ! Ca n'existe pas, mon vieux, des rois démocrates ! - Si mais en général ils sont un peu cons, du genre à se casser une hanche en chassant l'éléphant ! - Et c'est la fille du roi qui est désignée pour être la première victime ! C'est pas un peu énorme, ça ? - Si ! Mais Corneille raconte-t-il autre chose dans ses tragi-comédies ? - OK, je te concède ça et je passe sur la suite : tu as l'air d'avoir autant de « si » en réserve qu'un bûcheron canadien ou qu'une chanteuse québécoise ! On l'attache au rocher, la fille, et comme par hasard, au moment où le dragon va la bouffer, un aventurier de passage l'affronte, en vient à bout et délivre la jouvencelle ! Ca n'a pas un petit goût de déjà vu ? - Si ! Mais à chaque fois que Joe le Bouffi va coincer la pauvre Suzy pour la transformer en purée, Zorro aussi est arrivé !
- Ce qui me sidère chez toi, c'est ton goût pour les références bien datées et les fins déjantées ! Parce qu'alors, au bout du conte, ce type qui repart en plantant là la donzelle, c'est une chute morale, ça ? Est-ce que ce genre de légende édifiante n'a pas pour vocation au départ de diffuser le fameux « croître et multiplier » sous forme de « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » ? - Si ! Mais on est sept milliards d'individus sur la terre maintenant et il n'y a plus forcément à bouffer pour tout le monde, juste pour les rois du pétrole. Et puis un héros qui pousse le chariot à provisions au supermarché, sort le chien, fait la vaisselle, regarde TF1 3 h 38 tous les jours et emmène sa tribu à Eurodisney aux vacances, excuse-moi mais je ne trouve pas ça très glamour ! Tu imagines Corto Maltese en charentaises ? - Non, tu as raison. Le plus étonnant, encore une fois, c'est que tu aies réussi à publier la même histoire que d'habitude sur le Défi du samedi sans que personne ne moufte ! Ils ne sont pas un peu trop gentils avec toi, là-bas ? - Si ! C'est pô juste, hein ? - Non, c'est pô juste ! - Allez, n'en fais pas un drame ! Sing « C'est la vie » !
Dans la forêt de Brocéliande, En écrasant d’un pied léger De belles bogues de châtaignes Avec un craquement exquis Je me suis dit : « Si j’étais sourde, Je n’entendrais pas ce silence Qui fait crépiter la forêt.» Sur la dune de l’Espiguette, En étourdissant mes poumons D’un air fulgurant et salé, Je me suis dit : « Si je n’avais Plus d’odorat, je pleurerais, Je pleurerais sur cette plage L'odeur des algues oubliées. » A la table de tante Agathe, En laissant fondre dans ma bouche Des noix de Saint Jacques grillées, Emmêlant leur sublime arôme À celui d’un vin de Gamay, Je me suis dit : « Si tout à coup, J’étais affligée d’agueusie, Je ne saurais plus le plaisir De ces alliances de gourmet, Et tout aurait pour moi le goût D’un vieux bout de carton poché. » En regardant deux écureuils S’épousseter de leurs panaches À l’ombre, flammes sur le vert, Le vert brillant d’un haut sapin, Je me suis dit : « Si mes yeux morts Ne reflétaient plus que le fond D’un sombre puits d’obscurité, Je ne verrais plus les couleurs, La lumière de ton regard, Toutes les fenêtres du monde Et le sourire des bébés. » En caressant le fin velours Des oreilles de mon doux chat, Et le froissement de guipure De la robe choisie pour toi, Je me suis dit : « Si je n’avais, Au bout des doigts, ce frôlement, Cette vibration de mon être Faite d’antennes érectiles Me rendant avide et tremblante, Ma peau serait comme un carcan, Comme un carcan d’argile sèche Et mes mains de marbre gelé Ne sauraient même plus le vent. » Alors j’ai déplié mon corps Comme une corolle qui s’ouvre, Et j’ai dit merci au soleil, A la pluie, à la mer,au vent, Et à l’univers tout entier De me dispenser sans compter Tant de somptueuses merveilles.
Si j’étais au matin la rosée du printemps Je viendrais dans l’iris déposer une perle Et si j’étais l’azur dedans le firmament J’aiguiserais le chant que sifflote le merle
Si j’étais une fée assise au bord du puits J”habillerais de fleurs la charmante Lisette Et Lisette à son tour attendrait qu’à minuit Le berger de son coeur apparût en cachette
Si j’étais une femme aux chagrins retenus Je croirais néanmoins que le bonheur existe Si j’étais le bonheur fugace ou incongru J’irais vivre longtemps dans le coeur des artistes
Si j’étais le Destin qui gère l’univers Je lancerais l’amour par-dessus les ruelles J’éteindrais tous les feux qui se mettent en travers De la paix, de la joie, et brûlent les cervelles
Si j’étais...mais je suis simplement un clavier Jetant sur le papier mes rêves qui s’embrument Et s’envolent au vent tout recroquevillés Emportant l’illusion parfumée d’amertume
Si ma tante en avait, Des sous, des picaillons, de la mitraille C’est sûr, elle dirait : J’t’achète un chou, un pantalon, une médaille.
Si mon oncle en avait, Des sous, des picaillons, de la mitraille, C’est sûr, il chanterait : J’vais boire un coup et régaler toute la canaille.
Si mon père en avait, Des sous, des picaillons, de la mitraille, J’suis sûr qu’il gueulerait : J’me tire à Tombouctou, j’laisse tomber la marmaille.
Si ma mère en avait, Des sous, des picaillons, de la mitraille, J’suis sûr qu’elle ferait : Des bisous, des câlins et des chansons en pagaille.
Et si moi, j’en avais, Des sous, des picaillons, de la mitraille Ben qu’est-ce que j’en ferais : Son amour est plus grand et plus riche que Versailles.
L’amour de ma maman, Ça coûte pas un rond, une tune ni une maille, Pour nous, ses enfants, Y’a que notre bonheur et nos rires qui vaillent.
Avec des « si », on peut refaire le monde Avec des « si », on peut refaire sa vie Pour qu’elle corresponde A toutes nos envies.
Mais voilà, on a beau mettre des « si » Il est souvent trop tard Nos décisions d’hier, on ne peut les ravoir On voit son existence ternie d’une voile gris.
Alors, à quoi servent les regrets Puisqu’on ne peut rien changer ? Assumons nos erreurs, continuons à avancer Tout cela en tirant les leçons du passé.
A cette condition, les « si » se rendent utiles Et viennent élargir le champ de nos possibles!
- Ah, lisse ? Ma question n’était pas « Comment êtes-vous, mais bien qui êtes-vous ? » !
- Quoi ?
- Non, ma question n’était pas « Vous êtes quoi » mais bien « Qui êtes-vous ? »
- Comment ?
- Décidément, si l’on continue comme cela, vous allez encore ruiner la réputation de toutes les filles blondes, et cela pendant des générations ! Allez, encore, dites-moi, qui êtes-vous ?
- Qui êtes-vous ?
- Oui !
- Non, je vous posais la question.
- Moi, c’est Absolem.
- Abso… ?
- Absolem !
- C’est vrai ?
- Non !
- Non ? Pourquoi ?
- Parce que…vous avez dû déjà l’entendre dire : Absolem ment !
- Z’ont raison : fumer tue !
- Fumais-tu ? Mais d’abord, vous voyez bien que je fume, et cela ne vous regarde pas et deuxio, on ne se tutoie pas ! On n’a certainement pas dessiné les moutons ensemble, hein, mon cochon ? Non, mais oh ! vous êtes américaine ou quoi ?
- Anglaise.
- Ah ben, voilà. Tout s’explique. Allez, dégage. Tout ça ne nous grandit pas.
"Cela ne dépend pas de moi parfois je suis un ver à soie une chenille, un papillon, les lubies d'un écrivaillon"
"De quel écrivaillon parles-tu?" "Un dénommé Lewis Carroll qui m'a condamné à ce rôle remercie-le pour ton prénom tu aurais pu naître Gaston!"
"C'est un peu facile de vouloir rejeter la faute sur l'auteur au lieu de chercher le positif de la situation dans laquelle il nous a plongés... et puis n'est-ce pas un monde merveilleux?" "Tu parles d'un monde merveilleux, si je ne suis pas ordinaire je suis un ver teinté de bleu, une chenille poitrinaire"
"Si tu fumais moins, tu pourrais goûter à pleins poumons l'air parfumé qui nous entoure et qui me rend si joyeuse... sans compter ce qu'il en coûte en ces temps de crise pour charger un narguilé" "Un peu de tabac, de mélasse miel et cerise, menthe et cola il y a bien plus dégueulasse et puis cesse ton blablabla"
"Pour un ver pas ordinaire je te trouve plutôt dépoli, je dirais même que tu ne brilles pas par tes réflexions... ver, chenille ou papillon" "Prends garde, tu vas faire des vers tu risques de le payer cher car ici c'est moi qui m'y colle ainsi le veut Lewis Caroll"
"Je ferai des vers s'il me plait, Monsieur le philosophe asthmatique! Sauriez-vous plutôt m'indiquer où je pourrai trouver le Lièvre de Mars?" "Non content d'être autodidacte je suis aussi ver de contact, je connais tout le monde ici et des chemins les raccourcis"
"Vous m'agacez avec vos vers, tous vos pieds qui vont de travers... j'ai besoin d'un autre univers" (Prends garde, tu vas faire des vers... euh, ça je l'ai déjà dit) "Accroche tes mains à ma taille pour pas que la chenille déraille en voitur' Alice au grand coeur la chenille part toujours à l'heure"
Alice:
(Bizarre...Je crois avoir déjà entendu ça quelque part)