Un souvenir heureux ? Vous voulez que je vous raconte un souvenir heureux … Les souvenirs heureux ont la couleur du lilas…Vous ne trouvez pas ? L’arbre
était assez gros, planté juste à côté du petit jardinet, celui qui
était en toute saison envahi par les herbes folles. Je devrais me
souvenir de l’odeur de ses fleurs, mais non, je ne garde en mémoire que
la couleur de cette cascade de pétales mauves. A peine arrivée dans
la cour de la petite ferme, c’est le premier endroit que je visitais.
Je courais de toutes mes forces vers ses branches chargées et je
m’allongeais dessous, comme une princesse endormie. L’herbe était
chaude, les fleurs avaient cette finesse, cette splendeur qui ne
s’offre qu’aux esprits élégants. Je me souviens de la clarté qui
crevait le feuillage et glissait lentement sur les perles violines. Les
yeux plein de ces ornements, je rêvais de toilettes somptueuses, de
princes au discours policé. J’avais cinq ans, peut être six. C’est
fragile vous savez un sommeil de princesse, aussi fragile que peut
l’être une fleur de lilas. Il suffisait de quelques mots pour tout
briser. - Ne fais pas attendre tes grands-parents, lave-toi les mains, nous passons à table.
« C'est vrai qu'il
est bien ce divan, docteur... je me demande même si ce n'est pas une
des raisons majeures de mon assiduité à nos séances... Il est tout
doux... comme une peau d'animal mort.... Quel est le programme ?...
vous ne dites toujours rien, n’est-ce pas ?... bon... eh bien moi, j'ai
envie de vous parler d'un souvenir.... un souvenir rond et chaud et
doux comme une madeleine... je ne prétends pas être Proust,
entendez-moi bien... mais ma grand-mère elle faisait de si bonnes des
madeleines... quand j'étais petit... chez ma grand-mère, j'avais un
hamster, quand il est mort, je n'ai pas été triste... non... J'étais
curieux... je voulais voir si c'était doux aussi à l'intérieur, la peau
d'un animal... c'est pour ça que je l'ai ouvert... En fait, c'était
tout simplement émouvant, de douceur, de sensualité presque, oui... de
sensualité... je l'ai mis dans une petite boîte... j'ai appelé ma
grand-mère... elle est arrivée de sa cuisine toute enrobée des odeurs
des madeleines au four... Elle a pris cet air qui me donnait envie de
la découper elle, quand elle semblait se demander qui j'étais... à
chaque fois qu'elle faisait ça, le soir, j'allais traquer les chats du
quartier... C'est doux aussi, un chat... c'est rond et chaud et doux...
comme une madeleine... La première fois que j'en ai goûté un, je crois
qu'il était pas encore tout à fait mort... Je ne les aime pas avec trop
de consistance, voyez-vous ?... mais denses quand même.... comme...
comme... Le cœur... le cœur encore tout chaud, à peine prélevé, d'un
chat à peine mort... Mais oui... vous voyez bien ce que je veux dire...
toute mon enfance semble se résumer à ces simples moments de bonheur,
chez ma grand-mère... après, tout s'est gâché trop vite... trop vite à
mon goût... Quand j'ai mis le feu au garage.... je savais pas que ça
ferait brûler toute la maison et mamy avec... j'en espérais pas tant...
On m'a placé dans ce foyer, parmi d'autres que je traversais sans
vraiment les voir, tant je me raccrochais à mon souvenir d'enfance...
mais là-bas, on ne mangeait pas de madeleines, alors... Comme y avait
pas trop de chats non plus dans le quartier, j'ai voulu découper
Kevin... Et heureusement, il y eut ce Kevin... Kevin... peut-on
raisonnablement porter ce prénom sans risquer d'en pâtir ?... Il était
moins doux qu'un chat à l'extérieur mais à l'intérieur pareil, en plus
gros... mais pas tellement, c'était quand même un maigrichon ce
Kevin... 'faut dire que les autres lui piquaient son repas au
réfectoire... moi je le défendais.... c'est pour ça qu'il a pas résisté
plus qu'un gros chat... Nous étions assez proches, et puis... allez
savoir, pourquoi ?... je ne l'ai plus jamais revu... en souvenir de
lui, j'ai gardé un petit quelque chose.... un petit quelque chose qui
me fait chaud au cœur, comme... comme de penser aux madeleines de ma
grand-mère... Un rein... je le garde dans un bocal à part... c'était le
premier de ma collection... Parce qu'il faut que je vous dise que je
fais aussi collection de... pardon ?... c'est fini ?... ah bien...
c'est toujours 53,80 ?... tenez... Et moi je paie pas?... pourquoi je
paie pas, moi??!! »
Ah non, il y a erreur. Je ne vais
pas chez le psy ! Vous pensez que
je devrais ???
Installez-vous sur le divan,
confortablement.
Ah non, il y a encore erreur.
Divan et confortable ? Ben non, les deux mots sont antonymes !!!
Vous y êtes à l'aise ? Bien
calé(e)s ?
Non, pas du tout, et puis il y a
un mec avec un violon et une fille avec une harpe et ils essaient de me faire
des chatouilles ! OH ! Et puis, la petite brune là, elle vient de me
filer un coup de coude !!! OUILLE !!!
Respirez un grand coup...
Non, impossible, j’ai chopé une
bronchite la semaine dernière, je tousse comme pas possible ! Et puis, je
pense bien que je suis allergique à ce stupide divan, et … ATCHOUM ! HAK ! AHEUX !!! Dis, t’aurais pas un Kleenex ? Des pastilles au
moins ? Un verre d’eau ? Ah,
merci ! Glou, glou…
Encore plus profondément....
AAAAAAAAAAHAAAAAAAROUUUU ! Oh, désolée, oh non, j’ai craché tout mon eau
sur le pauvre monsieur en chapeau de pirate ! Ça va, Monsieur ? Pardon ? OH ! C’est quoi comme juron, ça ? Et puis non, c’était pas
exprès ! Monsieur ? Monsieur ?
Fermez les yeux...
Oui, il vaudrait mieux, parce que
je pense que j’ai vu le monsieur en chapeau de pirate en train d’aller chercher
un gros seau d’eau…
Complètement...
Euh, d’accord, mais vous êtes sûr
qu’il n’est pas fâché ?
Parfait...
Puisque vous le dites, mais je
vous assure que ce divan n’est guère confortable !
Vous êtes dans un endroit
agréable, où ce qui se passe est bon.
Ah, d’accord, chez les Défiants
du samedi ! Ah yes…
C'est sans doute hier…
Ah oui, leur premier anniversaire…
… la semaine dernière, il y a
3 mois, 2 ans, 20 ans... Vous vous en souvenez....
Eum, non, il y a 20 ans,
j’imagine que Val et Janeczka jouaient encore dans leur bac à sable…
Où êtes-vous?
SPPPPPPPPPPPPPPPPPPPOUUUUUUUUUUUUUUCHE !
Euh, là, à présente, dans une
grande flaque d’eau. Z’auriez pas de serviette au moinsse ?
Ah, merci. Alors, oui, j’allais vous raconter…
Pardon ?
L’heure est terminée ?
Déjà ?
Alors, d’accord, tant pis, à la
prochaine !
Pardon ?
Il y aura un supplément pour le
nettoyage du divan ? Mais c’était pas moi, Docteur, c’était l’homme au
chapeau de pirate…et la fille avec la harpe…et le mec avec le violon…et la
petite brune…et les autres, tous les autres !!! Mais où sont-ils tous passés ?!?
Pardon ?
Ah bon ? Il n’y a eu que
moi ? Mais vous ne les avez pas
vus, vous ?
Ca sent le fauve, c'est sauvage et chaud, le grain irrégulier, un
toucher exceptionnel, double piqure à l'anglaise, du buffle sans doute
? mais à son mouvement d'impatience je comprends que mes commentaires
sur la qualité du divan, ce n'est pas ce qu'il attend de moi. Dommage,
alors je raconte ma petite enfance dans les rangs de vigne
bourguignons... il en a retiré ses lunettes ce connaisseur ! Du coup,
ça sent moins le buffle et plus le bois de chêne et la moisissure, mes
odeurs de gosse qui remontent des caves de Gevrey comme autant de
souvenirs enfouis. Ensuite ça sent moins bon même si le mot
pollution n'a pas encore été inventé, l'Ile de France et les
déménagements au hasard des mutations d'un père gendarme; il a remis
ses lunettes avec lassitude: les casernes c'est pas son truc. Alors j'abrège les études et mai 68 qui doit pas être son truc non plus ! J'embraye
sur la musique, les groupes de hard rock avec les copains Jacky, JC,
Eric et les soirées M.J.C; et la vie en communauté et l'Olympia et
Bercy et Las Vegas! Là il a franchement tiqué, alors je rembobine...
jusqu'à l'Olympia j'avais bon; après j'ai dû me laisser emporter,
l'odeur du buffle qui revient avec un relent de patchouly. Je sens
bien qu'il se méfie, aussi je le fais plus classique au risque de
l'ennuyer: la guitare est au clou, la bague au doigt, les enfants à
l'école, la maison construite, auto, boulot, dodo; il a dû entendre ça
tant de fois. Bon alors avions, expositions, commissions, ça fait déjà
plus class. Je voudrais bien qu'il accroche quelque chose
d'interessant, de magique, d'extraordinaire dans mon épopée. Quoi ?
Recommencer, nom, prénom, date de naissance ? On n'est pas au Quai des
Orfèvres! Pas de buffle là-bas, quelques ronds-de-cuir tout au plus. J'ai
dû rêver, moi qui m'attendais à un tir nourri de questions compliquées,
façon 'Qui veut gagner des millions', il a fallu que je tombe sur un
discret, un sournois masqué en Ray-Ban fumées, un faux-cul quoi ! J'ai
dormi ? J'en suis déjà aux enfants partis faire leur vie aux States et
puis la retraite et puis le divorce après trente trois ans de
mariage... pourquoi il enlève encore ses lunettes ? Il voudrait des
preuves ? l'acte de vente de la maison, la photo de mon amie ? Si je
suis heureux ? Tiens, là je viens de prendre une question en pleine figure et machinalement, je fais celui qui n'a pas entendu. Je triture la double piqure à l'anglaise, un toucher exceptionnel, un grain incomparable, c'est
sauvage et chaud, ça sent le buffle, mais ça, il s'en fout...
« Finalement, j'aimais
assez bien la cave. C'est vrai qu'il y faisait froid et humide. Et
parfois j'y restais presque deux jours sans manger. Et puis y avait les
rats, qui me faisaient peur, surtout au début quand je savais pas trop
ce que c'était. Mais finalement... j'étais tranquille, à la cave. Il y
traînait plein de trucs avec lesquels j'arrivais toujours bien à
m'amuser. Bon, la nuit, il faisait trop sombre, mais la journée ça
allait, le soleil passait un peu par le soupirail. Et comme c'était à
la cave que Papa enterrait les femmes qui voulaient partir, y avait
toujours de la terre fraîchement retournée et je faisais des châteaux
et des tas de trucs chouettes. D'ailleurs j'ai toujours le goût pour le
travail de la terre. Y a pas de mystère, hein, ça vient de là mes
sculptures en argile. Et puis pendant que j'étais à la cave, je
l'entendais pas crier. Enfin si, je l'entendais un peu, quand même,
mais c'était pas après moi, alors j'arrivais à faire comme si je
l'entendais pas. En plus, j'ai toujours pensé qu'elle était
probablement là aussi, ma mère. Y avait pas de raison qu'elle y soit
pas. Elle avait sûrement dû vouloir partir, elle aussi. Forcément.
Alors elle devait bien être là aussi... Du coup, quand il me mettait à
la cave, ben j'en profitais pour lui parler, à ma mère. C'était obligé
qu'elle soit là. Elle aurait pas pu me laisser avec lui. Non. Elle
aurait pas pu. Quand j'ai commencé à grandir, à... changer, il a
commencé à moins me faire descendre. Et puis y a eu cette femme, là,
qu'a pas duré longtemps, et puis plus rien. De moins en moins de bonne
terre à la cave. Au début, j'ai cru que c'était une bonne chose.
J'avais pas trop l'habitude des relations normales entre un père et une
fille, hein, alors je savais pas trop quoi penser, non plus.
Maintenant, je me rends bien compte que j'aurais pu comprendre plus
tôt, mais après coup c'est toujours plus facile, n'est-ce pas? C'est
étrange, mais vous savez, il m'arrive parfois encore aujourd'hui de la
regretter, la cave. Finalement, j'y ai passé les moments paisibles de
mon enfance. Et puis ma sortie de l'enfance a été un peu brutale, pour
le coup, alors tout ce qui me rappelle avant... Oui, non, je sais,
c'est stupide. Je me dis parfois que s'il n'avait jamais voulu me
toucher j'y serais peut-être encore, dans cette cave. Avec toutes ces
femmes, celles d'alors, celles qui auraient suivi, ma mère, peut-être.
Sans doute. Mais il a voulu me toucher. C'est étonnant comme je l'ai
laissé me frapper des années sans opposer la moindre résistance, et à
la première caresse... Un coup. Un seul. J'étais pas encore bien
épaisse, mais la rage... Les ciseaux. Dans son oeil. Je l'ai regardé
mourir et vous savez quoi? Je n'ai strictement rien éprouvé du tout. Et
je suis descendue attendre à la cave. Mais bon: le passé c'est le
passé, hein? Assez parlé de ça. Comme je vous disais, j'ai donc aménagé
la cave en salle de sport, j'ai pris un coach, une diététicienne, mais
ce foutu régime, je crois bien que j'y arriverai jamais sans un bon
suivi psychologique, docteur. »
Le cabinet du psy est
un véritable paradis. Situé au cœur de l’ancienne cité, non loin du
centre ville dans une petite rue pavée. Je suis d’abord assis face à
lui, c’est un homme âgé, digne, ni chaleureux, ni glacial, plutôt
bienveillant ; mon regard balaye la pièce :
derrière lui une grande baie vitrée triangulaire permet de voir, luxe*
inoui en centre ville, un jardin. Dans le fond du jardin, on devine la
maison d’habitation, de bonne taille mais sans prétention. Mais
surtout, il y a cette bibliothèque, sur deux des murs de la salle, les
livres couvrent les murs, et montent jusqu’au plafond, une
échelle-escalier, permet d’atteindre les ouvrages haut placés.
Le divan c’est pas mon truc, je réfléchis à ce que je vais bien pouvoir trouver pour prolonger mon incursion dans cette pièce.
L’idéal
serait d’obtenir du psy qu’il aille me chercher un rafraichissement,
style cocktail coloré avec plein de fruits en déco, j’incline à ce que
ce divan le soit – inclinable- (ce sera mieux
pour déguster le cocktail), le regret c’est que ce psy vieux jeu n’aie
pas équipé ce fauteuil d’un système de massage du dos comme on en trouve chez les coiffeurs…
-dites docteur, pendant que vous allez me préparer un drink, je
peux jeter un coup d’œil aux livres, allez soyez chic dites oui ! vous
ne seriez pas assez cruel pour me laisser plus de dix minutes dans une
telle bibliothèque et me refuser de feuilleter, de toucher, de caresser
les ouvrages ?
Maintenant que je suis dans la place, je dois trouver
le moyen de m’y incruster. Avant de venir, j’ai bien révisé mes vieux
cours de psychiatrie, pour lui mijoter aux petits oignons un beau
syndrome qui le questionne, pour qu’il me laisse plonger dans son
univers de livres bien rangés. Eviter aussi bien sûr de trop bien
faire, ce serait l’internement garanti et la bibliothèque de l’HP **est consternante (la collection harlequin ou les SAS sont ce qu’ils ont de plus intello, c’est vous dire !).
Long silence
Je suis sur le divan
Il attend
Alors
je décide la franchise, je lui avoue que mon seul but en prenant rendez
vous avec lui, c’est de me prélasser dans son divan, en feuilletant
quelques livres de sa bibliothèque, dans ce bureau éclairé en sirotant
un énorme verre de jus de fruit avec ou sans alcool… que je veux bien payer pour çà…
Ah ! pour la musique, si ce n’est pas abuser, ma version préférée de la flûte enchantée c’est celle de Nikolaus Harnoncourt de 1987.
Merci à tout à l’heure…
Zigmund
*luxe : ceux qui ont ajouté mentalement Skywalker sont aussi gravement atteints que moi
Installez vous sur le divan, confortablement. Vous y êtes à l'aise ? Bien calé(e)s ? ... Respirez un grand coup... Encore plus profondément.... Fermez les yeux... Complètement... Parfait... Vous êtes dans un endroit agréable, où ce qui se passe est bon. C'est sans
doute hier, la semaine dernière, il y a 3 mois, 2 ans, 20 ans... Vous
vous en souvenez.... Où êtes-vous? Décrivez le lieu, l'entourage ce que vous y faites...
C'est
sympa, ça rigole. Y'a des gens, tous différents, qui s'amusent à
plancher sur tout un tas de sujets souvent très farfelus. L'accueil
est chaleureux, l'ambiance amicale. Ce n'est pas prétentieux, ceux
qui mènent l'histoire, ils sont trois, je crois, ou bien quatre, je
ne sais pas, enfin ces gens-là ne se prennent pas au sérieux et ne
comptent pas leur temps.
Et
puis y'a ceux qui participent. Ce sont aussi des gentils. Ils ont un
mot pour ce que chacun a pondu. C'est même une espèce de règle.
T'as écrit, tu commentes.
Non,
faut y venir au défi du samedi. Ça commence à durer leur machin.
Ça fait un an que ça dure, un an qu'ils ont commencé.
Moi,
j'aime bien, quand j'ai le temps, participer au défi, mais des fois,
j'ai pas le temps, et des fois pas le courage, ou encore pas d'idées.
Mais
sinon, moi, je vous le dis, faut y aller, c'est sympa, au défi du
samedi.
Val(érie), Janeczka,
Walrus et Papistache entament la deuxième année des Défis du samedi et mon
étrange pudeur m’a fait parler de moi pour parler d’eux. Je les découvre depuis
si peu…
Filant discrètement
Pandora, un jour, un défi m’a happée. Quelques mots de Jules Renard : les
femmes sont toujours décrites avec des mots de bijoutiers…
C’était un dimanche, les
défis publient le samedi. J’ai laissé mes mots s’écrire, parce qu’il faut
toujours libérer des mots qui viennent comme s’ils ne pouvaient faire
autrement. Et j’ai doucement frappé à leur porte pour dire, juste dire,
que le vent avait semé leur graine d’écriture jusqu’à moi.
Janeczka (dont j’ai
toujours peur d’écorcher le nom en mélangeant deux lettres) est venue et m’a
dit « il y a toujours une place pour les retardataires ».Alors mes mots sont allés se promener chez
eux, et l’accueil a été si doux…
C’est ainsi que j’ai
mis un pied chez les Défiants. C’était le 20 octobre 2008. Le 1er
novembre, j’y laissais une main, retravaillant avec plaisir un devoir de
français datant de 1995. Le 14 février, j’y posais mon cœur. Normal, me
direz-vous, c’était la Saint-Valentin. Le 1er mars, je m’allongeais
sur leur divan parfait : c’était psychanalyse à base de verbes anciens et
rares !Mais c’est le 8 mars que
j’ai perdu la tête, pour leur cinquantième, volant tout ce que je pouvais au
temps pour partager leur déluge de folie… euh de défis !
Depuis, j’apprivoise
lentement les personnages qui s’y trouvent. Je ne peux décrire chacun d’une
phrase, j’aurais aimé pourtant, mais je vous l’ai dit, je les découvre depuis
peu et j’apprivoise lentement. Et puis, ce genre de jolis blogs, c’est comme
les poupées russes : à chaque fois qu’on ouvre, on trouve un autre
univers.
Dans la première
poupée, j’ai trouvé humour, liberté, diversité, échange. Et je pense à cet
atelier d’écriture « en vrai », où j’ai confronté mes 17, mes 18, mes
19 ans, à d’autres écritures, d’autres voix, d’autres vies. Compagnons de mots
pour un temps… avec qui j’ai passé mon week-end d’avant – bac et c’était
délicieux.
Délicieux comme le
gâteau de mots offert chaque samedi par les Défiants…
C’était juste un repas pour des intimes. Onca Krapov a joué
du violon, il a récité un très long poème, et puis il a même jonglé. C’était un
jour de soleil, que des sourires à table. On a pris du gazpacho fait avec tant
d’amour par Tatie Caro Carito. Papibébé, Valbébé, Janeckzabébé et Walrusbébé
ont eu chacun un petit cadeau, et maintenant ils font tous un gros dodo après
avoir mangé du gâteau. Oui, on voit bien quelques traces du glaçage sur leurs
petits sourires angéliques. Ils ont tous dit leur premier mot il y a longtemps,
et cela fait plusieurs semaines qu’ils marchent tous seuls. Alors, plus rien à leur souhaiter, à part
encore un an de bonheur, de sourires. Non, non, je m’occuperai de la vaisselle
demain, allez vous reposer pendant que je vous chante une petite bénédiction
irlandaise que j’ai traduite pour tous les Défiants samediens :
Que le
bienfait de la pluie soit sur vous –
La gentille
pluie douce.
Qu’elle
tombe sur votre âme
Afin que
toutes les petites fleurs bondissent,
Et
répandent leur douceur sur l’air.
Que le
privilège des grandes pluies soit sur vous,
Qu’elles
battent contre votre âme
Pour la
laver, claire et propre,
Et y
laisser plusieurs flaques brillantes
Où luit le
bleu des cieux,
Et parfois
une étoile.
- Présenter le blog à qqn qui ne le connait pas.
Monsieur le Président de la République, je tiens à vous
présenter un forum qui fait l’honneur de tout votre pays ainsi que les autres
parties de l’Europe francophone. Il existe dans nul autre point sur la planète
et dans la blogosphère un tel endroit – de spiritualité, de partage, d’échange,
d’encouragement, d’élan, de joie, de plaisir. Les quatre administrateurs font
leur tout pour accueillir les participants qui prennent plaisir à s’exprimer
dans la plus belle langue de l’univers. C’est vraiment un honneur d’y faire
part, surtout pour moi, une humble (d’accord, parfois pas trop, z’avez raison) Étazunienne
francophile. Je vous félicite, Monsieur le Président, vous et tous les autres
francophones de la planète, pour ce phénomène qui s’appelle Défi du samedi.
Merci de votre attention, et dites bonjour à Obama pour moi quand il sera chez
vous le mois prochain.
- Imaginer que vous êtes admin: que changeriez-vous?
Mais si l’on changeait quelque chose, ce ne serait plus le
Défi du samedi !!! OH !!!
- Les admins partent un an. Ils ne veulent pas fermer le blog et cherchent
leurs remplaçants. Écrivez-leur une lettre de recommandation pour les inciter à
désigner la/les personne(s) de votre choix.
Champfleury, le 20 mars 2009
À qui de droit :
J’ai l’honneur de vous proposer des remplacements pour les
administrateurs du Défi du samedi et qui prendront des vacances bien méritées.
Pour remplacer Papistache, irremplaçable qu’il soit,
je choisirais Roland, oui, celui de la chanson, car lui aussi est sage
et preux.
Pour Val, hmm, difficile, elle est si jeune et si
tendre, mais sage et perspicace, alors personne d’autre que Dora
l’Exploratrice.
Pour remplacer Janeczka, il faudrait toute un
bataillon pour égaler son énergie, sa créativité, sa verve. Alors, prenons Jeanne
d’Arc, pour ses voix d’inspiration.
Et pour remplacer Walrus, mon compatriote d’honneur,
il faut trouver quelqu’un qui peut avoir l’air sévère mais qui est vraiment
sympa…Achilles de Flandres ? Non…Hercule Poirot ? Non,
non…ah oui, okaaaay, j’ai trouvé : le Capitaine Haddock !!!
Ouiiiiiiiiiiiiii !!! Nom de cloche à fromage de diable de zouave !
C’est ça !
Voilà une équipe avec moins d’atouts que celle que nous
adorons tous, mais qui risquerait de faire l’affaire pendant l’absence de notre
équipe chérie.
Merci de votre attention, et passe une excellente soirée sur
TF1.