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Le défi du samedi
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22 février 2014

je fuis tes mots (par joye)

je fuis tes mots

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15 février 2014

Cartes postales de Homie (par joye)

5000

Vous voudrez bien nous excuser de nous immiscer dans votre conversation, juste le temps de vous signaler qu'aux erreurs de comptage près, ce qui suit se trouve être la cinq millième participation à notre blog.

joye remporte donc le prix y attaché :

notre parfaite considération !

Bien, nous lui laissons la parole...

 

 

8 février 2014

STOP (par joye)

Il pleuvait à seaux. J’étais fatigué du long parcours, mes yeux pulsaient encore du mouvement hypnotique des essuie-glaces contre le pare-brise, alors j’arrêtais pour boire un café dans un de ces station-service qu’on trouve à tous les carrefours dans les grandes villes.

Je sirotai la boisson, un de ces cafés noir-dégueu qui vous font tant de bien au milieu de la nuit, le chemin à moitié entamé, à moitié terminé.

Je la vis près de l’entrée. À peine seize ans, me disais-je. Cheveux trop longs, jupe trop courte, des petites chaussures ridicules, cette espèce de godasse de merde pas chère qu’on trouve dans les magasins bon marché et qui ne protège les petits pieds de rien du tout.

Son tout était triste et mouillé comme un chat sauvage surpris par une averse.

J’attendis cinq minutes. Elle ne vint pas me demander du feu.  

Elle regardait le parking devant comme si elle attendait quelqu’un. Tôt ou tard, le propriétaire allait lui dire de dégager.

C’est dingue à quel point un homme peut s’imaginer héros. J’allais lui proposer de m’accompagner jusqu’à Chicago. Si elle allait vers Chicago. Elle allait vers Chicago, certainement.

New York la boufferait crue et elle le savait. Les filles comme ça le savent toujours.

Je me levai.

Il était temps que je reparte. On m’attendait là-bas.

Je m’approchai de la sortie. Je ne dis rien à la fille, mais je sentis qu’elle tremblait.

Je ne la regardai pas.

J’ouvris la porte, délibérément.

Elle ne bougea pas. Je cours vers ma voiture et me jetai dedans.

Encore trois minutes et elle serait là, à côté de moi, encore tremblante, comme dans un film de Tarentino. Et je l’amènerais à Chicago.

Je démarrai la voiture. Le moteur me murmurait encore, les gouttes tombaient encore sur le pare-brise comme de grosses larmes stupides.

Pendant quelques secondes, je restai hypnotisé de nouveau par le wap-wap des essuie-glace, et la pluie, et la petite stoppeuse qui n’allait pas vers Chicago.

1 février 2014

SISSI (par joye)

J’adorais mon oncle Walter. C’était un homme rond et confortable, avec d’énormes favoris et de belles moustaches grises qui cachaient ses dents de bonheur quand il parlait. Oncle Walter sentait vaguement le tabac et le soleil, il riait beaucoup, il me permettait de m’asseoir à ses genoux et fouiller dans les poches de sa veste tweed pour des chewing-gums ou parfois des bonbons. Je savais que j’en retrouverais toujours dans la poche sur son cœur.

Sa femme, tante Lorette, était morte. Il disait parfois qu’elle était morte parce qu’elle ne voulait plus vivre. Comme je ne doutais jamais de sa parole, je croyais que tante Lorette ne voulait vraiment plus vivre. J’étais toujours un peu triste pour elle pendant un instant ou deux, avant de me jeter sur les genoux de mon oncle afin de pouvoir fouiller dans ses poches.

Tonton et moi étions donc de grands amis, et dans la plus grande complicité, jusqu’au jour de mes six ans. Tonton arriva à la maison, rasé, peigné et ne sentant plus le tabac. Je pus remarquer ses dents de bonheur. La veste tweed avait été remplacée par une veste de laine noire. Je me disais que cela allait me gratter à chaque fois que je me mettais à la recherche des bonbons égarés dans ses poches, mais cela ne m’inquiétait pas plus que ça.

Quand Tonton avait fini de causer avec maman et papa, il s’assit devant la cheminée. Je reconnus mon moment, et je m’approchais de lui en courant.

-          Stop ! dit mon oncle, mettant sa paume ouverte devant moi.

Je heurtai contre sa main avec ma poitrine.

-          Hein ? Tonton, je ne peux pas m’asseoir sur tes genoux ?

-          Non.

-          Mais, comment vais-je pouvoir chercher mes bonbons ?

-          Je n’ai pas de bonbons.

Je le regardais bien, comme maman me regardait quand j’avais de la fièvre. Mais il n’avait pas l’air malade.

-          Tu dis ça pour rigoler ! dis-je, mais ma voix tremblait un peu.

Je contemplais un monde sans ses bonbons. D’un coup, je pensai à ma tante Lorette qui n’avait plus voulu vivre.

-          Non, non, je suis sérieux. Tu ne peux plus fouiller dans mes poches.

-          Et pourquoi pas ? demandai-je.

-          Parce que j’ai acheté une vipère et à partir de désormais, je la garderai dans cette poche sur mon cœur. Tu ne pourras plus jamais y mettre les mains, parce que Sissi te mordra, et sa morsure est mortelle.

Je lui fis des yeux très ronds.

-          Une vipère, mais tu plaisantes, tu n’as pas de vip…

Sans attendre que je termine ma phrase, Oncle Walter produit de la poche sur son cœur une petite vipère verte. Si je n’avais pas été si déçue, si je n’avais pas compris qu’elle prenait ma place dans le cœur de mon oncle, j’aurais volontiers admis qu’elle était belle, et que c’était chouette de voir une vipère de si près.

-          Nièce, je te présente Sissi von Proutbottle.  Sissi, voici ma nièce.

Sissi sortit rapidement sa petite langue fourchue pour me saluer. Il y avait comme une lueur maligne dans son œil jaunâtre. Elle me souriait, mais son sourire me fit froid dans le dos. Mon oncle la remit dans sa poche et nous passâmes encore une demi-heure ensemble, moi, mon oncle, et Sissi, mais c’était très étrange, je me sentais tout drôle, exilée de ses genoux et de son cœur.

Deux ou trois semaines plus tard, mon oncle passa à la maison. C’était moi qui ouvris la porte parce que maman pétrissait le pain et papa était au boulot.

-          Tonton ! criai-je.

J’étais tellement ravie de le voir que je lui sautai au cou avant qu’il puisse m’arrêter.

-          Tsss !  Idiote !  Il t'avait prévenue, me siffla Sissi.

Et puis je sentis la piqûre fatale de ses crochets sur le lobe de mon oreille droite.

25 janvier 2014

J. É. T. O. B. D. (par joye)

BD

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18 janvier 2014

Avoir le bras long (par joye)

11 janvier 2014

MON DERNIER DUC (par joye)

OVALE

(en robotage à Robert Browning)


Là, peint au mur, c'est mon dernier duc,
Ne le croirait-on pas vivant ? Cette œuvre
est une merveille, savez-vous ? Les mains de  Hillary White
se sont affairées une journée entière, et le voici, en pied.
Vous plairait-il de vous asseoir et de le contempler ?
J'ai dit « Hillary White » à dessein, car, voyez-vous,
aucun non-Défiant n'a jamais lu ce visage ici décrit comme vous le faites,
la profondeur, la passion, la détermination de cette consigne
sans se tourner vers moi (car personne d'autre ne tire le rideau,
comme MAP et Walrus viennent de le faire pour vous)
et avoir envie, l'eussent-ils osé, de demander
comment semblable Défi était venu ; vous n'êtes donc pas
le premier à relever ce Défi. Monsieur, ce n'était pas
la seule présence des Défiants qui jetait cet éclat
de métal sur la joue dudit Duc. Peut-être
Sieur Walrus avait-il eu l'occasion de dire : « Le jabot
du duc couvre trop sa pomme d’Adam » ou « Le Défiant
ne peut espérer reproduire cette lueur d’inox
qui se meurt au bas de sa gorge ».
Pure courtoisie, pensait-il,
(assez pour susciter ce texte par joye). Cette image,
comment dirai-je ? nous faisait peur bien vite,
était trop aisément imitée ; tout ce qu'il r-2-dé-2gottait
il l'appréciait et ses circuits partout vagabondaient.
Monsieur, c'était un hit ! Ma faveur à ses électrodes,
le couchant de l’Alderaan à l'ouest,
l’immense wookiee qu'un sot empressé
avait invité au Défi samedien, la page blanche
qu'il inspirait autour de la terrasse, tout cela, chacune
de ces petites choses appelait sur sa sphère le même bip-bip,
ou, du moins, un cri robotique. Il remerciait C-3PO,
fort bien ! Mais ses mercis, je ne sais trop, c'était comme si
mon texte de tant de lignes, on le mettait au même rang
que celui de tout un chacun. Qui se serait dressé pour blâmer
semblable broutille ? Eussiez-vous eu la facilité d’expression
(dont les Défiants sont bien capables) pour lui signifier
votre volonté et dire : « Voyez-vous, votre portrait
me dégoûte ; ici vous dépassez les consignes,
et là vous ne les respectez pas – et si le duc se fût
laissé sermonner et n'eût fait assaut d'esprit
contre vous et, parbleu ! eût su faire ses excuses –
c'eût été en quelque sorte s'abaisser ; et j'ai comme principe
de ne jamais m'abaisser. Oh, Monsieur, bien sûr, il bipait
à mon passage, mais qui donc passait sans
que naquît une guerre des étoiles ? Cela empira mal ; je donnai mes ordres.
Tous les bips s'arrêtèrent, à jamais. Et le voici,
comme vivant. Vous plairait-il de vous lever ? Allons à la rencontre
des autres textes en bas (et en haut)…

4 janvier 2014

Quand l'hirondelle vient chanter à ta porte (par joye)

quand l'hirondelle

28 décembre 2013

ce que j'ai gagné (par joye)


21 décembre 2013

À Joinville-le-Pompon (par joye)

avion

Mon papa n’avait pas assez d’argent pour qu’on l’appelle excentrique, il était tout simplement cinglé. Non seulement il s’habillait comme Dupont ou Dupond (cela variait selon le jour et son humeur) mais il me promenait aussi dans mon avion le dimanche dans un quartier chic de Joinville.

-          Papa, pourquoi tiens-tu à me promener comme ça ?  lui demandai-je enfin un jour.

-          Parce que nous n’avons pas les moyens de garder un chien, m’expliqua-t-il, patiemment.

Il me fallut encore quelques semaines pour lui demander pourquoi j’étais toujours habillé en marin au lieu de pilote.

-          Parce que, mon fils, j’attends que quelqu'un vienne décrocher le pompon !

Je passai toute la semaine suivante en sueur.

14 décembre 2013

vers signification (par joye)

 

shoreline2

On est tous nés portant le sens du pouls rythmique
Du cœur qui bat son plein bien comme l’océan,
Heurtant fort aux rivages, se montrant bienséant
Pour ce beau monde plein de décadence épique.

 Ce sang salé qui court comme un démon mondain
Susurrera, joyeux, aux trochées et ïambes,
Aux spondées et dactyles à nous couper les jambes
Avec leur tempo vif jusqu’à l’arrêt soudain.
 
Les mesures de vie nous bercent et nous chantent
Ô belle allure qui sert à éviter brisure,
Tu rends à la césure l’arrêt de la césure,
Et enfin à la fin, la vie devient saillante.
 
Mais poésie du cœur définit mal mon être,
Car je -- au vers ultime -- n’aurai ni dieu, ni mètre.

~

7 décembre 2013

Maison (par joye)

Ma maison est une de ces vieilles dames qui portait et qui porte encore et avec classe le souvenir de sa beauté disparue. Elle était grande, spacieuse, et, pour son époque, elle était vraiment superbe. Hélas, ce n’était plus le cas quand je l’ai vue pour la première fois. Elle était sale, négligée, abîmée. Elle avait des trous dans ses murs ; des abeilles vivaient dans ces murs et sortaient par ces trous à des moments inopportuns.

D’une grande pudeur, elle dissimulait discrètement la plupart de ses rides et ses cicatrices jusqu’à ce que je commence à lui enlever ses habits et ses fards pour lui faire des relooking. Quand il y eut enfin d’argent pour réaliser des rénovations, nous fîmes ses strip-teases de papier peint ensemble, peu à peu, été après été. 

Jake, le vieux voisin qui avait grandi dans cette maison approuvait mes travaux. Il passait souvent pour dire bonjour et me raconter une histoire sur la maison, comment il y avait grandi, et comment la maison avait généreusement reçu sa jeune femme, Anabel.  Son vrai prénom était Anabel, mais Jake l’appelait « Becky », comme l’amoureuse de Tom Sawyer. Les deux étaient inséparables. Même à leur grand âge, ils s’aimaient encore, férocement. Je les imaginais terriblement heureux ici.

Anabel se plaignait beaucoup de la famille qui avait vécu dans la ferme avant nous. Scandalisée, elle racontait comment les garçons sauvages de cette famille enfoncèrent de gros clous partout, dans les murs et dans la boiserie. Ce n’était pas faux. Ça me faisait de la peine aussi, car la maison dut être d’une beauté exceptionnelle, construite aux années vingt,  parfaite pour une famille de douze enfants, même si elle était au début sans WC et sans électricité, deux choses qui n’existaient pas à la campagne à cette époque-là, même pour les familles aisées.

Alors, ma belle demeure et moi, nous nous connûmes peu à peu, un peu à cause des histoires de Jake et son Anabel, et aussi dans les heures, les jours, les semaines, les mois où je la nettoyais, la soignais, et aussi en lui faisant des liftings pour assouvir ses rides et ses cicatrices. J’appris à l’aimer, et elle dut faire pareil, parce qu’en 2005, elle me fit enfin une confidence de copine.

Un jour, j’enlevais le papier peint dans l’escalier entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Il était affreux, vieux et crade. D’un coup, je découvris un message écrit en crayon sur le plâtre du mur nu :

Jake + Sarah, le vrai amour pour toujours 

Ce même après-midi, Jake et son fils passèrent me faire le bonjour. Jake ne voyait plus, il fallait que son fils le conduise partout, il devenait de moins en moins rapide, on le voyait de moins en moins. Son Anabel avait disparu trois ans avant, et il était vraiment perdu sans elle. Ce jour-là, Jake ne put sortir du camion.

Alors, je m’approchai du véhicule et saluait Jake de son côté pendant que son fils bavardait avec mon mari. Il me fit signe de la main, mais je vis qu’il ne me reconnaissait pas.

-          Dis-moi, Jake, c’était qui, Sarah ?  Un autre sobriquet pour ton Anabel ?

Sans hésiter, Jake me répondit, une vague lueur dans ses yeux bleu fade.

-          Ah non, non, Sarah, c’était ma cousine. Elle était magnifique. Mon plus bel amour. Je l’adorais…

Un mois plus tard, Jake mourut et fut enterré à côté de sa petite Becky.

Quelques jours après les obsèques, j’étais enfin prête à peindre les murs dans l’escalier.

Je pris ma brosse, la trempai dans le blanc et puis j’enterrai pour toujours le secret entre Jake et la maison, celui d’un petit garçon et sa maison qui  avait fidèlement gardé le silence pour bientôt cent ans.

maison

 

30 novembre 2013

argenteuil (par joye)

 

Argenteuil
sous les feuilles
à l'accueil
de mon deuil

larme à l'oeil
comme un cercueil
sur le seuil
de mon orgueil

j'entendais le pin-pon
de ce côté du petit pont
d'Argenteuil

Vingt-deux ans
c'était quand
je marchais encore devant

coeur géant
tout dedans
moitié femme, moitié enfant

Entends-tu le pin-pon
de l'autr' côté du petit pont
d'Argenteuil

Argenteuil
J'étais ta voisine
Argenteuil
On s'aimait en sourdine

Et les feuilles
d'Argenteuil
que je garde dans un recueil

larme à l'oeil
je fais mon deuil
sans vraiment que tu le veuilles

et j'entends le pin-pon
de ce côté du petit pont
d'Argenteuil

23 novembre 2013

DÉFIANT D'OMBRE DANS LA NUIT (par joye)

 DÉFIANT D’OMBRE DANS LA NUIT

J’entends marcher dehors, tout est clos. Il est tard ;
Sieur Walrus seul, il veille,
Pas de vent. Nul texte ne passe dans le noir
À pattes de retard ?

C'est un Défiant d'autrefois parti pour Lodelas
Comme on va à la chasse
Et qui revient parfois vérifier s’il a
Toujours ici sa place.

En silence il m'appelle, en l'ombre il résonne
Avec ses textes d’Ailleurs,
Puis je l’entends écrire sur son clavier de garde,
J' entends battre des coeurs.

Il tape doucement pour n'éveiller personne
Sauf Walrus aux portées du Défi du samedi
Qui le salue des poèmes qui sonnent
En l' air pur de minuit.

Ces commentaires dont l'absence nous blesse,
Est-ce toi ? est-ce toi ?
Boiras-tu cette nuit l'encre fraiche qu’on verse
Sur cette page si loin là-bas ?

Personne ne me répond. Le rond de la cuisse
Réintègre les noix.
Est-ce mon texte aussi qui tire sur la chasse,
Ô Défiant de Lodelas ?

16 novembre 2013

Si t'étais une noix (par joye)

9 novembre 2013

Le Crime du Défiant-Express (par joye)

Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages. Ce soir-là…

… il découvrit qu’il haïssait de telles consignes. Mais, malheureusement pour lui, au moment précis de cette découverte, une grande méchante Américaine, exaspérée par la lecture des trois premières phrases de l’extrait, chacune qui commençait par le mot il, décida de faire exploser le train dans lequel se trouvait ce passager anonyme et sans intérêt. Le passager fut tué et son livre réduit à des cendres qui repartirent à tout jamais dans une gueule d’atmosphère.

- Ahhhhhhhhh ! soupira la rebelle littéraire. Maintenant je peux écrire ce que je veux !

 

 

2 novembre 2013

Thresor de la langue françoyse (par joye)

Déjà dans son premier dico

(De 1606) vieux Jean Nicot

Parla de moi - ô quel délice ! -

Disant que je suis gaie et lisse !

« joyau précieux », « rare et sans prix »

Eh ben, c’est moi !  Hi hi hi hi !

Alors, « Que signifie cette  joye ? »

Bene,  « Quid istuc gaudij est? »

Alors, mon pote, tu vois, c'est moi !

(But only when I'm at my best !)

Combler, fondre, estre en joye !

Remplir de joye ! Mettre en joye !

Tenir sa joye !  Grand signe de joye !

Le dico de Nicot le dit

C'est joye je reste et joye je suis !

Oui,  joye je suis et joye je reste -

Surtout, when I am at my best !

 

joye
26 octobre 2013

Les Survivants (par joye)

 

l'oeilComme

Dans un de ces rêves

Qu’on fait lorsqu’on couche

Avec la faim et la pénurie,

Je marchais sur le sable.

Perdu 

Dans mon balandran

Triste et troué de vieillesse,

Je longeais les palplanches

Abandonnées comme des perles

Sur la plage d’Ostende.

 

l'oeil 2Soudain,

Contre le gris de l’horizon,

Je vis s’approcher un gamin chétif

Comme une houpée à la marée basse

Et qui traînait, au bout

D’un virebouquet douteux,

Le cadavre d’un petit chien démuni.

Le corps du pauvre clébard meurtri était

Comme la peau d'un lapin assassiné,

Comme un vieux youfte travaillé

Par le couteau d’un orphelin russe.

 

les yeux

Le gamin

Me regarda longtemps,

Il attendait que je lui fasse

Une sorte de remontrance, je le sais.

Mais moi, l'absurde barbacole,  

Je lui fis une grimace,

Mes dents jaunâtres luisant

Comme quelques gros morceaux

De fulgurite,

   Cassés sous des bottes des soldats.

19 octobre 2013

Du côté de chez Samedi à la recherche des textes pubeux (par joye)

proust dans son lit pub

12 octobre 2013

Le beau jeu (par joye)

Le beau jeu est un perte-temps où deux grands groupes d’hommes passent des heures à courir ci et là auprès d’une boulette noire et blanche sur une promenade verte. Ces hommes portent des bats-ta-femme mais avec des manches et des shorts un peu bizarres qui montrent bien leurs belles cuisses.

Le but de ce jeu est de tomber par terre à chaque fois qu’un membre de l’autre équipe passe près de toi et de crier fort et de faire comme si celui-là t’avait cassé la jambe. Si tu joues très bien, le prisonnier dans son costume rayé sort un carton jaune et le jette par terre en exaspération.

Si tu joues super, super bien, on demande à l’autre beau-joueur qui est passé à trois mètres de toi de sortir du stade. On ne montre jamais où va le bonhomme, mais je pense qu’il va à la station de taxis à la sortie pour qu’on le ramène chez lui, et puis il mange sa soupe et se couche de bonne heure parce que demain, il y a l’école.

Et si tu joues super, super, super bien, tu te relèves trois secondes après sur ta pauvre jambe de cassée et tu repars à courir à tue-tête derrière la boulette. Oui, je sais, c’est miraculeux ! Si tu sais faire ça, c’est que ta mamie a beaucoup prié pour toi et qu’elle a allumé une bougie devant la maman du doux Jésus ! - comme le dit Papa - chaque jour.

À chaque bout de la promenade où courent ces beaux joueurs, il y a un filet suspendu. Je sais que c’est un filet pour attraper les poissons parce que j’en ai vu de pareils à Guilvinec. Devant chaque filet se trouve un autre beau joueur qui ne court pas. Peut-être parce qu’il a une crampe.

En tout cas, on sait qu’il n’est pas très calé, le gars, parce qu’il oublie souvent d’enlever ses gants avant de jouer. Papa dit que c’est mieux pour attraper la boulette, mais je sais que Papa raconte des balivernes, parce que tout le monde peut voir que le filet va arrêter la boulette lors des rares occasions qu’elle rentre dedans.

Parfois quand la boulette rentre dans le filet, Papa est très heureux et il crie et il danse un peu devant la télé. Parfois quand la boulette rentre dans le filet, Papa commence à parler une autre langue dont tous les mots ressemblent à pue-tin-pue-tin-pue-tin-puuuuuuuuuue-TIN !  J’ai voulu apprendre le putinais, il me semblait plus facile que l’anglais, mais quand j’ai demandé à Maman, elle a dit qu’elle verrait ça avec Papa ce soir-là. Elle a dû oublier et Papa aussi, paraît-il, parce que cela fait plusieurs semaines qu’il ne dit plus rien devant la télé. Même s’il danse encore quelquefois, surtout s’il a pu sortir deux cannettes au lieu du frigo au lieu d’une sans que Maman s’en aperçoive.

Et parfois, les beaux-joueurs courent tout le temps et la boulette ne rentre nulle part, alors à la troisième mi-temps, on fait la queue et on frappe la boulette et elle rentre dans le filet et c’est la fin et tout le monde saute et danse sauf ceux qui sont en train de crier pue-tin-pue-tin-pue-tin-puuuuuuuuuue-TIN !

Voilà, c’est le pourquoi du comment du beau jeu. Papa dit que cela s’appelle « le foot » mais je crois que c’est encore une de ses balivernes parce qu’il me semble qu’il y a très, très peu de gens, à part Maman, qui s’en foot absolument.

le_beau_jeu

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