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Le défi du samedi
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23 janvier 2016

Pour ce que ça Vautier (par joye)

vautier

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16 janvier 2016

À la recherche du temps disparu (par joye)

9 janvier 2016

St-Copé (par joye)

cha cha cha2

2 janvier 2016

Bananier (par joye)

- Dis-moi encore où je suis né ?

- Tu sais bien que tu es né à l’hosto !

- Celui-ci ?

- Non, mon bonhomme, à un autre.

- Et toi, tu es née à l’hosto ?

- Non, tu sais bien que je suis née sous un bananier.

- Tu mens, un bananier, ça n’existe pas.

- Et d’où viennent les bananes, cher monsieur, si c’est un mensonge ?

- Ben, les bananes, ça vient de l’hypermarché…du Géant.

- Oui, mon bonhomme, du Géant. Tu veux boire ?

- Non.

- Essaie un peu quand même, pour moi.

- D’accord, pour toi…

Il essaya, mais n’y réussit pas. Ses yeux, fébriles, étaient énormes, mais ils ne brillaient plus. L’eau ne perlait plus sur son front. Je savais que c’était juste une question de temps. Après quelques moments, il refit courageusement l’effort de boire, mais ne put pas.

- Yasmina ?

- Oui, mon bonhomme.

- Je vais mourir ?

- Bah oui, comme nous tous, tu le sais bien.

- Mais je vais mourir cette nuit ?

Jusqu’alors, je ne lui avais jamais menti, jamais. Donc, je pris rapidement ma décision.

- Cela se peut... Es-tu prêt ? 

- Non, Yasmina. Je voudrais…

- Tu voudrais quoi ?

- Je voudrais…mourir…sous un bananier. 

Ses mots venaient à peine, comme les pas vagues et incertains d’un vieillard. Je fis de mon mieux pour plaisanter.

- Sous un bananier ? Bon, voyons voir…repose-toi un moment, je verrai ce que je peux faire…

Une heure après, c’était fait.

L’arbre devant sa fenêtre resplendissait de ballons jaunes.

26 décembre 2015

Mais d'où viennent ces personnages qui hantent nos rêves ? (par joye)

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 Lui, il vient de Belgique.

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Elle, elle vient de France.

 

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19 décembre 2015

GUI AMUSANT EN AMORCE (par joye)

vingt minutes après

12 décembre 2015

Façon de dire (par joye)

À vue d'œil, le beau regard de Beauregard était un que je pouvais accepter les yeux fermés. Ce jeune homme avait bon pied, bon œil, et moi, alors, moi, disons que je n’avais pas les yeux dans le dos. Après tout, j’ai bien l’œil américain et non pas Made in France.

Donc, j’avais ce Beauregard à l’œil et j’avais envie de le lui dire entre quatre yeux.

Eh oh, ne me faites pas de gros yeux, vous ! Je m’en bats l’œil ! C’est que je n’ai pas froid aux yeux, c’est tout. Et puis d’ailleurs, je ne dormais que d’un œil…fallait que je lui parle !  Ça sautait aux yeux, quoi.

Alors, je pris rendez-vous avec ce beau Beauregard pour lui faire des yeux doux et lui dire qu’il m’avait tapé dans l’œil.

Eh bien, vous savez quoi ?  Il nia tout ! Tout !

- Te taper dans l’œil ? Jamais ! Je ne t’ai jamais touchée ! cria-t-il, tout en me faisant des yeux de merlan frit. 

Beurk !

C’était bien un poisson froid que je n’allais plus manger des yeux, je vous assure ! Bon, j’avais enfin les yeux en face des trous et je sus que j’avais mis le doigt dans l’œil. Oh !  Je n’en croyais pas les yeux. Mon beau Beauregard me sortait par les yeux. Et puis d’ailleurs, pour tout vous avouer, j’aurais dû regarder plus loin que le bout du nez. Parce que...

...ce mec puait tout plein des dents !

Hélas, je n’avais plus que les yeux pour pleurer (enfin ça, ou bien je larmoyais à cause de son haleine assassine) !

Je me sauvai.

Mais motus, hein ? Si je vous avoue tout cela, c’est juste pour vos beaux yeux. C’est une vieille histoire, et je ne pense plus du tout à Beauregard.

Après tout, loin des yeux, loin du cœur. Sans parler des narines.

5 décembre 2015

Champollion avait 500 soldats (par joye)

28 novembre 2015

Vengeance (par joye)

Je promets souvent à mes étudiants qu’un jour, je vais construire une machine à remonter le temps pour aller chercher le mec responsable pour toutes les variations bizarres qui existent entre l’anglais et le français.

Par exemple, pourquoi est-ce que nous les anglophones avons retenu les formes féminines de certains adjectifs, comme active et comprehensive et même, tiens, adjective ? Là, c’est facile, mais qui est le criminel qui aurait pris un joli ciel francophone pour le convertir en notre ceiling ? Ou bien le myope rigolo qui nous a donné mansion pour maison ?  Oui ! Qui est ce sadique dysléxique, ce frère devenu friar en anglais à cause de sa plume fautive ?

Oui, je sais, repartir dans le passé pour retrouver ce grand malfrat ne serait pas facile même si je connaissais vraiment son identité. Mais là, face au mot énigme, j’ai enfin une piste.

Voyez-vous : le mot énigme en anglais est enigma. C’est super bizarre cet e au lieu de a, surtout parce que, n’en déplaise à ceux qui y perdent leur latin, le mot en latin est aenigma, que les Romans ont eu du grec ainigma quand ils y sont allés pour se faire voir chez eux. Bien.

C'est curieux ! Pourquoi se fait-il que presque chaque langue ait gardé le a au lieu de le changer en e comme en français ?  Comment ? Vous ne me croyez pas ? Eh bien, regardez :

  • catalan : enigma
  • espagnol : enigma
  • anglais : enigma

Après tout, même les Wallons disent  « cwacwa » !

Oui, non, vous avez raison, les Allemands, eux, disent das Rätsel, mais bon, ce sont des Allemands qui, historiquement, n’ont jamais été très raisonnables, eux. Par exemple, leur mot pour damsel, pardon, demoiselle, n'est pas du genre féminin, mais neutre. C'est dire.

Bon, revenons à nos muttons...euh, pardon, moutons... J’ai enfin trouvé le qui du pourquoi du comment !

Dans l’étymologie du mot français, on cite un certain Geofroy Tory, qui, en 1529, aurait rendu sa copie avec l’erroné énigme. Wiki m’en a tout balancé, que c’était lui ce Tory, habitant à Bourges (hein ? Sale Bourges, dit-il ?), typographe qui a aussi eu l’idée et le culot d’ajouter des accents aux lettres en français !  OH, quel bastard bâtard !

Alors, c'est décidé : quand j’aurai terminé mon chronogyre, je mettrai le chronomètre pour 1500, j’irai retrouver ce grand petit rigolo et quand mon sac sera enfin vidé à ses pieds, vous les francophones direz tous « ah » pour les jeux d’esprit, au lieu de murmurer « euh » à la fin.

Non, non, ne me remerciez pas. Ce sera la moindre des choses, je vous assure ! Apprendre le français tel qu’il existe maintenant est bien plus difficile que ça pour nous, les pitoyables anglophones.

21 novembre 2015

Bons baisers de l'Iowa (par joye)

Au service de Sa Mapéstie, je relevai le défi. On ne vit que deux fois, et qui serais-je moi de ne pas y répondre avec mes doigts dorés ? Voyez-vous, ce n’est pas moi, la Dr Non, après tout, et pas ma façon de vivre et laisser, quoi. Je lançai alors cette opération tonnerre, rien que pour vos yeux, ou, au moins les yeux d’or de l’homme que je devais sauver.

Je m’en souviens bien, c’était la veille d’une grosse tempête de neige, et le célèbre sieur Walrus, l’homme aux yeux d’or, jouait au casino Royale. On essayait de lui voler son flingue, et c’était à moi de le sauver. Non, jouer n’est pas tuer et tuer n’est pas jouer, mais le monde ne suffit pas et il fallait que cet espion qui m’aimait continue comme l’homme au pistolet d’or, à tout prix.

Arrivée au casino, je volai l’uniforme d’une serveuse de cocktails, et  je repérai mon héros en train de se disputer avec un croupier. Oui, je vis Walrus, mais quelque chose n’allait pas -- je croyais voir son spectre.

Je lui offris alors un martini, secoué, pas mélangé.  Il le prit et le but d’un trait. Alors, je le frappai avec mon plateau. Il tomba comme une bûche. Mon pied sur sa gorge, je le menaçai :

- Si tu meurs aujourd’hui ou si tu meurs un autre jour, cela m’est égal, mais dis tout de suite ce que tu as fait avec le vrai Walrus !

- Gaaaaaaaaaaaurbmeurmbeurgaaaaaaaaaah, bredouilla-t-il, alors j’enlevai mon pied de sa pomme d’Adam.

- Parle, espèce de con ! lui criai-je. J’ai un permis de tuer si tu ne dis pas tout de suite où se trouve Walrus…

Accordé un petit quantum of solace, comme disons nous les anglophones, le malfrat à mes pieds avoua tout. Je l’égorgeai alors avec le rasoir caché dans mon talon haut. Après tout, même chez les criminels, on ne vit que deux fois.

- Demain, on ne meurt jamais, hein ? ricanai-je en faisant mes au revoir au cadavre.

***

Un peu plus tard ce soir-là, je me retrouvai dans le jet de Walrus au retour à Bruxelles. Mon héros et son pistolet d’or étaient un peu chiffonnés, mais intacts. J’avais même réussi à sauver son chien adoré qu’il appelait Octopoussi, pour rigoler.

- Allez, ma’am Moonraker, me dit Walrus, caressant le toutou sur ses genoux, comment sus-tu que ce n’était pas moi au casino ?

- Je sus parce que toi, tu ne bois que la bonne bière belge, mon ami, et parfois un petit whiskey écossais. Quand l’autre but le martini, je savais que c’était un imposteur !

- Autrement dit, répondit Walrus, en souriant, ce cocktail-là, était dangereusement vôtre ! Ah, ah, les diamants sont éternels ! Et moi, ligoté et caché derrière la grosse roue de roulette, t'ai-je bien entendu dire 'Watch this skyfall' ?

- Eh non, sieur Walrus, en l'achevant, je crois que j'ai dit "Watch this guy fall!"

bons baisers de l'Iowa

14 novembre 2015

Fiche d'embarquement (par joye)

Time tunnel 1

Bienvenue au chronogyre.

Vous avez été sélectionnés parmi des milliards de milliards de candidates pour voyager dans le temps.

Vous passerez d’ici jusqu’à d’autres univers qui vous sont jusqu’alors inconnus.

Soyez prévenus que  lors de votre voyage, vous verrez d’autres temps et d’autres mœurs.

Dès le départ, certains participants ressentiront un léger vertige. C’est normal.

Certains participants ne ressentiront rien. C’est normal aussi.

Certains participants seront incertains. Certains incertains resteront incertains. C’est la vie.

Certains participants en sortiront en hurlant.

Ne soyez pas surpris de recevoir un petit coup aux fesses, soit pour faire que vous respiriez, soit parce que votre guide sera un sadique. Nous vous conseillons de pleurer tout de suite, si vous restez trop calme, vous n’en sortirez jamais.

Malheureusement, nous n’avons pas encore perfectionné le chronogyre au point où vous pourrez choisir votre destination, ni votre demeure éventuelle. On vous rappelle que cela fait partie de l’aventure.

N’oubliez pas qu’une fois le voyage entamé, il sera trop tard pour vous de changer d’avis. La meilleure démarche dans de tels cas est de faire de votre mieux de vous adapter, avec la certitude qu’au bout d’un moment, environ dix-huit ans selon votre destination, vous pourrez changer de lieu. Il arrive parfois que nos candidates soient si bien placés qu'ils n'ont pas envie de partir dans un délai de vingt ou même ans, voire plus. Si cela vous arrive, sachez que ce sera votre responsabilité de tout régler, pas celle du chronogyre.

Nous ne sommes pas non plus en mesure de garantir la durée de votre trajet ni de votre séjour. Celui-ci peut durer de quelques minutes jusqu’à un siècle. Mais ne vous en faites pas. Cela aussi fait partie de l’aventure.

Quoi qu’il vous arrive, n’oubliez pas d’en profiter ! Après tout, c’est pour cela que vous êtes venus !

7 novembre 2015

Habemus tempum (par joye)

La phrase que je ne supporte pas, c'est « Je n'ai pas le temps de [insérer le mot qui va]. »

Tout d'abord, tic toc, personne n'a plus de temps qu'une autre. Tout le monde a 24 heures par jour, pas plus et pas moins. Quand vous dites que vous n'avez pas le temps de faire quelque chose, tic toc, c'est simplement que vous ne voulez pas le faire. Il vaut mieux dire « Je n'ai pas envie de prendre le temps de faire cela », parce que c'est moins mensonger. Tic toc.

Toutefois, j'avoue que, tic toc, cela me fait hurler de rire quand les gens prennent le temps de dire qu'ils n'ont pas le temps. Le temps qu'il faut pour dire cela aurait pu servir à faire quelque chose, n'est-ce pas ? Non, soyons honnêtes, tic toc, et appelons un chat un chat. Prendre le temps de dire « Je n'ai pas le temps » est l'équivalent d'écrire « Je vous aurais envoyé l'argent que je vous dois, mais j'ai déjà scellé cette envelope ! »

Ce week-end, par exemple, tic toc, j'ai des invités, et la semaine prochaine, ce sont les examens du trimestre. J'ai des copies à corriger, et des examens à écrire, tic toc, des notes à calculer et publier, des cours à préparer pour la semaine prochaine, tic toc, des documents à mettre en ligne pour les cours, en addition à ma routine normale - ferme, jardin, maison, famille, amis, et j'en passe. Tic. Toc.  C'est une des raisons pour laquelle que je n'écris un sonnet (et puis d'ailleurs, je suis nulle en sonnets), mais je prends quand même le temps d'écrire cecu et aussi de lire des participations des autres, tic toc, et d'y laisser des commentaires, tic toc, surtout parce que j'ai autant de temps que n'importe qui d'autre.

Pas plus, mais certainement, tic toc, pas moins.

Merci donc d'avoir eu envie de prendre le temps de lire ce que j'ai  pris le temps d'écrire.

Tic toc.

31 octobre 2015

Rigor motus (par joye)

confidence

24 octobre 2015

Petit lexique systématique (par joye)

système A : Action consistant à enlever les chaussures à la fin de la journée

système B : Action consistant à ouvrir la bouche très grand

système C : Action consistant à savoir personnellement

système D : Action consistant à agir avec les moyens du bord, par la débrouille

système E : Action de prononcer un mot pendant qu’on réfléchit

système F : Action de noter les paresseux en Amérique

système G : Action consistant à avoir personnellement

système H : Action consistant à couper la viande, le bois, et les victimes

système I : Marque déposée chez Apple,  action globalement très vendeuse

système J : Action consistant à se reposer éternellement (cf ici J)

système K : Action consistant à classer les gens, la plupart étant C-1

système L : Action consistant à s’envoler

système M : Action consistant à begayer

système N : Action consistant à voter Front National

système O : Action consistant à écrire des histoires absurdement pornographiques

système P : Veuillez consulter le bulletin

système Q : Action consistant à attirer le public vers une œuvre (livre, film…)

système R : Action consistant à être libre comme

système S : Action consistant à parler comme un serpent

système T : Action consistant à prendre son quatre heures comme un Anglais

système U : Action consistant à mettre son resto à la disposition des étudiants

système V : Action consistant à aller personnellement

système W : Ne fonctionne sans système C

système X : Action consistant à se promener incognito

système Y : Action consistant à aller se faire voir ailleurs

système Z : Action consistant à terminer une consigne chez les Défiants

17 octobre 2015

Agenda, cha-cha-cha (par joye)

agenda 1

Je voulais bien écrire de mon bel agenda

Mais sans trop m’attirer des réprimandes, ah…

En cherchant quelques rimes, pas là sur demande, ah,

Surtout si je raconte mon joli agenda !

 ~

Lundi, à dix heures pile, c’est la sarabande, ah,

Où je fais tous mes cours,  c’est ma propagande, ah !

Je réponds aux questions, tout ce qu’on demande, ah !

De retour au bureau,  voilà : mon agenda.

~

À treize heures, encore cours. Moi, je ne glande pas !

À quinze heures je repars, je rentre à mon grand gars !

Préparer le dîner, que j’achalande là

Et alors je m’endors, le soir j’ai le mandat.

~

Le mardi, c’est plus cool, car j’ai mon planning, ah !

Passant le mercredi bien avec ma bande, ah !

Mais mardi soir le cours comme un dividende, ah !

Puis retour dans le noir à mon hinterland ah !

~

 Mercredi rebelote, à ce qu’on prétendra.

Mais jeudi, quartier libre, dont je suis friande, nah !

Et depuis des semaines,  selon mon agenda,

Je bosse pour Clinton, car elle est grande nana !

~

 Vendredi, c’est mon jour, je le recommande, ah !

File comme un zèbre qui court dans la lande, ah !

Au Défi du sam’di pour voir leur commande, ah !

Me trouver dans ce groove parmi tous les grands as.

~

 Guérir le cancer, ah ? Et sauver le panda ?

Et la paix mondiale ? Reste-t-il du temps ? Ha !

Samedi et dimanche ? Tant pis pour l’agenda !

Je fais ce que je veux, sans qu’on me commande. Ah !

agenda 1

10 octobre 2015

Apprentissage (par joye)

Maintenant, je sais que mes capteurs n’étaient pas particulièrement sadiques, mais lors de ma captivité, surtout au début, j’étais convaincue qu’ils prenaient un peu trop de plaisir à me battre, me gifler, et, même pour un temps, me fouetter. Je devins accoutumée au goût de sang dans ma bouche et le noir dur et froid de ma cellule.

L’un d’entre eux, un petit gros, aimait surtout m’arracher les cheveux. Je me souviens du jour où je le vis, juste avant de m’évanouir, brandir une poignée blonde, tout en criant triomphalement. Aujourd’hui, encore, quand j’entends parler d’une voix agitée une langue que je ne connais pas, certaines parties de mon cuir chevelu me brûlent un peu.

Plus tard, je compris qu’ils obéissaient tout simplement aux ordres. Il leur fallait seulement me garder en vie, tout en sachant que mon cadavre ne valait rien. Entre un corps vivant et un cadavre, pourtant, qu’il y a des centaines de possibilités pour soulager les frustrations. C’est ce que nous apprîmes ensemble, mes capteurs et moi.

Cela dit, il était presque trop tard avant que je ne retrouve des moyens pour vivre la plupart des brutalités, mais c’était par accident. La leçon fut longue et je faillis mourir avant de comprendre comment m’en échapper.

C'était le jour où l’un, un grand, un peu plus en colère que les autres, vint me voir en brandissant une matraque. Au troisième coup, ou peut-être au sixième, j’oublie, je perdis conscience, mais juste avant, j’avais l’impression d’être devenue un petit oiseau.

L’hallucination me permit de croire que les écrasantes douleurs venaient non pas de ses coups sauvages mais plutôt d’une paire d’ailes qui me poussaient dans le dos. Je me souviens aussi des chants d’oiseau que j’entendis juste avant de m’évanouir. Je compris plus tard que les pépiements venaient de ma propre gorge, aux moments où je n’avais ni plus la voix ni la force de hurler.

Bref, c’est ainsi que je pus y survivre, avant de retrouver ma liberté si je peux vraiment me servir de ce mot. Je ne peux plus me tenir debout, ni marcher sans une canne, et les cicatrices au visage me rendirent méconnaissable, même pour ma famille. Maintenant, je vis seule et je n’ai plus de miroirs à la maison, c’est plus facile ainsi.

Il m’arrive de sortir, mais j’avoue que c’est récent.

Par exemple, l’autre jour, au parc, je vis une petite fille au parc qui avait rattrapé un petit oiseau, je ne sais photopas comment.

Elle le tenait dans sa petite main sale.  D’un coup, j’entendis des pépiements, et je sentis battre des ailes autour de nous. Il paraît que quelqu’un prit la petite par le bras, et la secourut afin qu’elle relâche l’oiseau, qui lui, profita du moment pour se sauver de sa captivité.

Après, on me dit que c’était moi qui hurlais, et que c’était moi qui avais attaqué la gamine.

Je ne sais plus.

L’important, c’est que ce moineau et moi, on est de nouveau libérés.

3 octobre 2015

ver lfrançè 2 lavenir jm lance (par joye)

on dit quil nest jamè tro tar pr komncé. on dit o6 quon pE sfR 1 boté. alor, bn, jgo joindr lutil à lagréab : jgo m fR 1 jeuness. jnsè pa 6 cela marchera, mè snest pa importan. limportan, cest ke jm lance…

26 septembre 2015

La Femme pressée : Tales from the Cryptogramme (par joye)

NJ CWKY XBVJ,

NJ CWKY XMWDJ,

LK'JYS-TJ LKJ CWKY

CWKFJA JUTWDJ ?

19 septembre 2015

J'avais que ça en tête (par joye)

Messieurs-Dames, bienvenue à la visite de Mon Cerveau. Je serai votre guide pour la visite. Faites attention lors de la visite. Je vous préviens que certains passages seront glissants et d'autres gluants. Nous commencerons par montant la moelle épinière et puis nous ferons le tour du lieu. Et, s'il vous plaît, pas de flash qui peut  provoquer la migraine. Croyez-moi, vous ne voulez pas être là, s’il en arrive une. Êtes-vous prêts ? Très bien, suivez-moi…

…Nous voici au  bulbe rachidien, qui s’appelle aussi le medulla oblongata. Non, madame, ce n’est pas une allusion à Rachida Dati, non. Vous noterez ici beaucoup de petits noyaux impliqués dans un grand nombre de fonctions motrices.  Eh oui, monsieur, certains ressemblent plus à des cacahuètes que des noyaux. Excellente observation qui vaut bien son pesant, monsieur…

Passons ensuite dans le diencéphale. Oui, là-bas, c’est l'hypothalamus. Vous voyez encore beaucoup de petites cacahuètes…euh, pardon…noyaux. Chaque noyau contrôle une fonction essentielle, comme l’éveil, le sommeil, la faim…Oui, c’est vrai, mademoiselle, ces deux dernières parties sont bien plus grandes que les autres ici, sans doute parce qu’il est presque quatre heures de l’après-midi… C’est ici aussi que les hormones sont libérées. Ah, non, monsieur, ce n’est pas comme la libération des ôtages par l’Isil, non, pas exactement. Ah oui, violent parfois, c’est vrai, surtout dans l’adolescence…

Là, c’est le thalamus qui fonctionne de coordinateur des relais entre les deux hémisphères, et au-dessous de nous, se trouve la zona incerta, qui semble jouer un rôle dans plusieurs comportements élémentaires comme la faim, la soif, la défécation et la copulationOh, tu veux savoir ce que sont la défécation et la copulation, ma petite ? Eh bien, après la visite, tu peux demander à ta mamy – oh, ce n’est pas ta mamy, c’est ta maman ? Ah, pardon…Eh bien, oui, madame…je vous en prie, madame…le numéro de mon supérieur ? Oui, oui, je peux vous le fournir à la fin de la visite…Mais je vous en prie, Madame…

Allez, en avançant, vous voyez le cervelet joue un rôle majeur dans les mouvements. Faites bien attention de ne pas vous approcher trop, car l’aire du tectum dirige le mouvement des yeux. Vous risquez de vous faire bousculer très fort si la maîtresse de ces lieux est en train de regarder un match de ping-pong.

Nous allons maintenant nous diriger vers l'hippocampe, lieu encore mal compris en termes de fonction. Pardon ? Non, non, tu ne vois pas d’hippopotame parce que…non, les hippopotames ne font pas de camping et surtout pas au cer…ah, mais là, attention ! Où elle est allée, ta maman ?  Hein ? Elle t’a dit qu’elle allait libérer des hormones avec ton papa et donc, ils sont retournés au zona ?  Oh…non, rien…juste un petit mal au cerveau…Un incident ? Non, non, monsieur, tout ira bien, non, je sais que ton gamin ne donne pas de coups de pied dans le tibia exprès, ah ? c'est un tic nerveux ? Ouille !...non, non, juste un petit bleu, c’est rien du tout…non, pas nécessaire que vous examiniez ma jambe, non, monsieur, non, j'y tiens...

Messieurs-Dames, je suis désolée de devoir vous dire que nous devrons couper à court notre visite.  Merci infiniment de m’avoir suivie, mais je suis obligée de vous demander de retrouver la sortie vous-mêmes. Je tiens à remercier mon copain Wiki qui m'a aidée ave cette présentations, et ..exceptionnellement, je vous prie…non, je vous en supplie… d'oublier le guide. Au revoir et bonne journée !

12 septembre 2015

Consuelo (par joye)

On dit que la maison est abandonnée, tout en oubliant que l’essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le cœur.

Car où les yeux voient les dommages, le cœur voit des souvenirs.

Où les yeux voient des lézardes, le cœur voit les espaces par où l’air, la joie, et le soleil peuvent facilement passer pour nous rafraîchir.

Où les yeux voient les mauvaises herbes épineuses, le coeur peut voir une rose qui se défend.

On dit que la maison est abandonnée. C’est pour cela que toi et moi sommes retrouvés ici, avec notre chat, afin de vivre ensemble pour l’éternité, et rire des gens qui passent devant sans nous voir, parce qu'ils ne regardent qu'avec les yeux.

le couple

 

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