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2 juin 2012

Cadeau venu du ciel (EVP)

Mon ange

 

Mon ange gardien et moi, en fait on s’entend pas bien.
Ce vieux gredin, c’est un baltringue, un bon à rien.
Il était où, le vieux grigou, le jour de l’accident ?
Il faisait quoi, ce fier à bras, quand j’avais mal aux dents ?
L’était absent, l’impertinent, quand j’avais plus un rond !
L’était couché, ce débauché, quand j’étais tout au fond !
C’est un comble, il me donne des leçons, ce vieux chacal,
C’est ainsi qu’il se permet, en plus, de me faire la morale :
Arrête de raconter tes histoires abracadabrantes,
Arrête de maudire toutes ces enflures du CAC 40,
Arrête de t’indigner pour un oui ou pour un rien,
C’est ainsi que le monde est fait et c’est très bien.
Il faut des forts et des faibles, c’est une loi d’airain.
Regarde la fragile libellule et les beaux coquelicots,
Je vois la grenouille qui bouffe et des champs de pavots.
Ecoute le rossignol et Céline Dion qui chantent,
J’écoute le chat qui croque et l’autre qui s’étrangle.
Ne peux-tu cesser d’ironiser et de voir enfin la beauté ?
Ah ! Mais je peux ! Quand tu n’es pas sur mes pieds !
Je lui ai volé dans les plumes, voilà ce qu’il m’a laissé :
Une colère de toute beauté et une bien grosse enclume :
L’envie d’un monde plus juste et léger comme une plume !!


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26 mai 2012

Participation d'EVP

 

 

Vague, vague, vaguelette

Raconte-moi le monde si grand,

Bateaux pirates ou goélettes

Et ces marins qui virent au vent.

 

Petit galet, galet si blanc

Oui, certes le monde est grand,

Petit galet si rond, si doux,

Ecoute aussi comme il est fou.

 

Vague, vague, vaguelette

Conte-moi les légendes inouïes

Celle d’Ulysse, celle des squelettes,

Du bateau fantôme englouti.

 

Petit galet, galet si blanc

Il y en eut beaucoup de vaillant

Pour défier ma puissance monstrueuse,

Quand Poséidon me fait si coléreuse.

 

Vague, vague, vaguelette

J’aime de Jason la folle aventure,

Et cette toison aux mille facettes,

Et puis Surcouf riant dans sa mâture.

 

Petit galet, galet si blanc,

Suis triste d’en avoir pris tant et tant,

Colas ou Tabarly qui m’ont tellement aimé

Dans les abysses, je les ai couchés.

 

Vague, vague, vaguelette

Tu as la vie aussi et les poissons d’argents,

Tu vois tant de ports et de trinquettes,

De misaines, de drisses et de haubans.

 

Petits galet, galet si blanc

Ecoute aussi mon murmure apaisant,

Quand mon clapot caresse ta douceur,

La lune m’appelle, zut, c’est déjà l’heure…

19 mai 2012

Les murmures du musée (EVP)

 

Venez donc me rendre hommage, à moi, la plus belle des manchotes !

Vous qui détournez les yeux quand la jeune fille en fauteuil passe près de vous, quand l’aveugle croise votre chemin, quand des mains bavardent pour se parler. Belle revanche des handicapés !

Et bien moi, vous m’admirez, vous me trouvez belle, vous n’arrivez même pas à imaginer mes bras perdus.

Quoi ? Vous cherchez encore qui vous parle ?  Moi : Aphrodite de Mélos !

Comment ça qui ? Aphrodite de Mélos vous dis-je ! C’est mon nom, le vrai, pas ce sobriquet ridicule que vous me donnez : Vénus de Milo, d’abord parce que je suis belle et bien grecque ! Alors vos latinades de pages roses…Et puis Milo c’est du grec moderne alors bonjour l’anachronisme !

Appelez-moi par mon nom, nom de Zeus !

Déjà, vous croyez que ça me fait plaisir que tous vos regards se posent sur ma quasi nudité, moi qui étais si pudique.

C’est un coup du sculpteur, seul un homme peut vous faire un coup pareil : Il me demande de poser. Moi, la veille, évidemment, le grand jeu : Une demi-journée aux bains, épilation, masque à l’argile, massage…Le matin, une heure pour choisir ma plus belle tunique, un fil de laine arachnéen au tombé impeccable, une fibule d’or ciselé, mes deux bracelets d’ivoire, encore une petite retouche à ma coiffure et hop ! Rayonnante, magnifique !

Son atelier : Une esplanade poussiéreuse ! Il avait juste tendu une toile épaisse pour me protéger des curieux, il me regarde à peine et lance : « Déshabille-toi ! »

Ah ! Mais je lui ai bien dit qu’il n’en était pas question, et que pour qui il me prenait, et que j’étais une femme respectable, et que ceci et que cela…

« Arrête ton char et pose tes fesses là ! » Vous voyez un peu la délicatesse du personnage !!

Mais bon, vous voyez aussi le résultat : Grossier mais pas manchot, lui.

J’ai presque 3000 ans et pas une ride ! Mon corps de chair est depuis longtemps poussière…Mais mon essence est là, dans ce bloc parfait.

N’empêche de tout ce temps pas un seul qui n’ait eu le tact de me proposer une petite toge de lin, une cape pour me couvrir : rien !

Non, vous pensez ! Bien trop occupé à mater mes petits seins parfaits, ma chute de reins affolante, ma cuisse solide ou mon nez élégant…

Mais, l’air de rien, moi aussi je vous regarde, vous, les curieux. J’aime ceux qui restent bouche bée, émus sincèrement par ma beauté intemporelle.

D’autre fois, c’est nettement moins marrant, tenez hier même, deux petites péronnelles d’une classe de seconde : « Ben dis donc, elles étaient plutôt grosses les dondons grecques ! »

Non mais j’t’assure ! Y’a des baffes qui se perdent et une mandale de manchote, tu verras pas ça souvent…Hihihi…Enfin, j’dis ça, j’dis rien hein…De toutes façons moi j’m’en fous, je sais rester de marbre…Hihihi Pfiou !!

12 mai 2012

Rose-bonbon (EVP)

Je suis venu sur la rosace de pierre,
Avec une rose en témoignage d’amour éternel,
Elle avait fichu le camp, la garce, avec marcel.
J’me retrouve couillon avec les pétales par terre.
La prochaine fois j’apporterais des bonbons,
Au moins, j’pourrais les manger,
J’aurais toujours l’air du roi des c…s,
Mais ça console ces trucs sucrés !

5 mai 2012

Les Accents (EVP)

 

L’accent aigu n’est pas du tout incongru.

Il parle et chantonne à mon oreille,

Depuis les calanques de Marseille.

Il me dit les vacances et les rires pointus :

 

«  Té ! Vé le pépé qu’a trop tété, la mémé va se le tanner ! »

 

L’accent grave est plein de componction.

C’est celui, snob, des dames de Versailles.

Il me parle de vertu et de saintes épousailles,

Accent des bourgeoises à perles et à chignons.

 

«  Chère Mère, vos problèmes m’exaspèrent, c’est galère ! »

 

L’accent circonflexe est un petit chapeau,

Il habille d’un rien les voyelles coquettes.

Accent des belles campagnes en goguette,

Il me parle fourrage et greniers et silos.

 

« En hâte, je suivis ce bellâtre qui devînt acariâtre et verdâtre ! »

 

Chantez, sonnez, carillonnez, charmants accents,

Vous dites si bien qui l’on est, d’où l’on vient.

Et ne vous cachez plus sous le seul habit parisien,

Soyez fiers au contraire et restez biens vivants !!

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28 avril 2012

Le grimoire (EVP)

C’est en démontant la vieille armoire,
Qu’on a trouvé l’antique grimoire.
On aurait mieux fait d’la fiche au feu,
Et de ne jamais ouvrir cet ouvrage poussiéreux.

Ma mère a voulu essayer illico,
Une recette à base de bave de crapaud,
Pour une belle jeunesse éternelle.
Elle pépie, maintenant, comme une hirondelle.

Mon père a trouvé dans le bouquin,
Un truc avec des crottes de bouquetin,
Pour se faire des boules en or.
Il pleure toujours, à présent, comme un alligator.

Mon frère a dégotté dans le sommaire,
Un bidule avec des poils de dromadaire,
Pour avoir les muscles de Schwarzenegger.
Avec ses plumes, depuis, il ressemble à un Eider.

Ma sœur a lu surtout cette page,
Avec la mixture d’œil de chat sauvage,
Pour trouver un beau prince charmant.
Elle rampe, à présent, tout comme un long serpent.

Moi, j’ai bien lu toutes ces âneries,
Et j’avoue que j’ai ri à en faire pipi,
Je préfère écrire moi-même, mes fadaises,
Sans magie, sorcelleries ni autres fumeuses foutaises !


21 avril 2012

Avec des si… (EVP)

Si ma tante en avait,
Des sous, des picaillons, de la mitraille
C’est sûr, elle dirait :
J’t’achète un chou, un pantalon, une médaille.

Si mon oncle en avait,
Des sous, des picaillons, de la mitraille,
C’est sûr, il chanterait :
J’vais boire un coup et régaler toute la canaille.

Si mon père en avait,
Des sous, des picaillons, de la mitraille,
J’suis sûr qu’il gueulerait :
J’me tire à Tombouctou, j’laisse tomber la marmaille.

Si ma mère en avait,
Des sous, des picaillons, de la mitraille,
J’suis sûr qu’elle ferait :
Des bisous, des câlins et des chansons en pagaille.

Et si moi, j’en avais,
Des sous, des picaillons, de la mitraille
Ben qu’est-ce que j’en ferais :
Son amour est plus grand et plus riche que Versailles.

L’amour de ma maman,
Ça coûte pas un rond, une tune ni une maille,
Pour nous, ses enfants,
Y’a que notre bonheur et nos rires qui vaillent.


14 avril 2012

Participation d'EVP

 

 

Alice fait la chenille

 

Une chenille en bleu layette

Qui l’air de rien fume un pet’

C’est dans ce conte là, c’est dans ce conte là.

 

Une gamine un tantinet jobarde

Bouffe un champignon qui rend hagarde

Lewis Caroll, il ose ça, il ose vraiment ça.

 

Une chenille dealant de l’afghanne

Et du psilo à la gamine qui total plane,

Un truc à ce point là, ça n’existe pas.

 

- Ouais, ben c’est comme ça !!

7 avril 2012

Transmutation (EVP)

 

 

Quoi ? Vous voulez faire de moi une femme-objet ?!

Mais vous n’y pensez pas, espèce de goujat !!!

Ah non ? Ah que je m’imagine seulement en être un.

Allons, laissez-moi donc retrouver mon oreiller câlin.

 

Tiens, voilà bien un objet qui tout à fait me convient,

Souple, doux, rembourré et moelleux à tout le moins.

Les soupirs y expirent, les fous-rire s’y étouffent.

Les chagrins s’y épongent, les larmes s’y essoufflent.

Je me ferai dodu pour accueillir les rêves les plus doux,

Et puis j’adoucirai ces vilains cauchemars si fous.

On me frappera le matin, mais sans me faire bien mal,

On changera ma taie, comme si c’était une robe de bal.

Je me reposerai tout le jour, de vos nuits tant agitées,

Et je garderai, bien tapis en mon cœur, tous vos secrets.

 

Mais laissez-moi, maintenant, en tête à tête avec moi-même,

Il est temps à présent, de tirer longuement ma flemme.

Ne me réveillez pas, je vous prie, pour cette fadaise,

J’attendrai samedi, pour lire des auteurs bien plus balaises !

31 mars 2012

Quoi de neuf ? (EVP)

Dieu maussade, sur son trône de nuages, s’adresse à Pierre :

 


- N’aurais-tu pas, très cher Saint Pierre,
Quelque histoire drôle et surtout légère,
Pour me distraire, je suis grognon.
Voilà encore, qu’on tue en mon nom,
Dans ce joli pays de France
Où je voulais prendre des vacances ?

- Si fait, patron, en cette période d’élection,
Il y a fort à rire de ces quelques histrions.
Il y a un ex-futur candidat, Dom Juan de pacotille
Aux femmes savantes, il préfère soubrettes et mauvaises filles,
Un Tartuffe à talonnettes nous rejoue de Scapin, les fourberies.
A l’école des femmes il y en a de la marine ou de la jolie.
Un François batave en deviendrait bien misanthrope,
Tandis qu’un autre resterait droit dans ses bottes.
L’autre François, éleveur d’étalon en Béarn,
Voudrait être médecin malgré lui pour guérir ces carnes.
Un tribun conspue tous les bourgeois gentilshommes
Et souhaiterait faire la révolution ad libitum…
Des précieuses ridicules, en appellent aux travailleurs,
Aux prolétaires ou à l’écologie en fleurs.

- Allons, encore, ne fait point ton avare,
Encore des loufoqueries, je me marre !

- Voilà un beau pays, qui a tout du malade imaginaire,
Que bien des Diafoirus, voudraient mettre par terre.
On y soignait le pauvre aussi bien que le riche,
On y éduquait enfant de château ou enfant des friches,
On y rendait justice, pot de terre contre pot de fer,
On y mangeait grenouille, on y buvait sancerre,
On y riait beaucoup, on se moquait de tout,
On y créait des pièces qui en disaient beaucoup.
Au nom d’un catéchisme libéral avancé,
Ils sont bien acharnés à le voir reculer.

- Et quoi ? Tu m’affoles, veux-tu me voir retomber
Dans les affres sordides de la morosité ?

- Tu me demandes, Dieu très haut, Dieu d’amour,
Ce qu’il y a de neuf, moi je fais au plus court.
Des défiants, sur la toile, ferons comme Jouvet,
Se délecter du vieux pour en faire du frais !
De tout, ils se fendent, ils se gaussent
Et plus le désespoir leur chatouille les chausses,
Plus ils sont virulents dans leur ironie sommaire,
Car rien ne vaut qu’on soit triste, au pays de Molière !


24 mars 2012

Fils et ficelles‏ (EVP)

Monsieur Ledéfi,

 

Comment avez-vous pu vous procurer,
La dernière I.R.M. de mon cerveau ?
Croyez-vous que je sois flattée
De voir le capharnaüm du mien ciboulot
Et, ainsi étalées, mes synapses colorées ?
J’attends que cette photo soit retirée.
Vous avez une semaine : C’est assez !
Pour enlever cette image trop intime
De mes circonvolutions emmêlées,
Un peu d’égards pour ma pudeur légitime !

Je vais demander à mon radiologue,
D’inscrire un copyright à son catalogue,
Enfin j’attends pour la Saint Glin-glin,
Vos excuses et tout le tintouin.

Recevez, Monsieur Ledéfi,
Mes salutations alambiquées.

17 mars 2012

Madeleine de Proust (EVP)

 

-         Dites-voir m’ame Chaignoux vous la connaissez vous, Madeleine de Proust ?

-         Ben qui c’est donc, celle-là ?

-         Ben ch’ais pas justement. C’est chez ma patronne Madame de Pombrian qu’y z’en causaient l’aut’jour quand y f’saient leur bridge avec les DeLa Breille.C’est quand j’ai amené ma charlotte au chocolat que Madame elle a dit : «  Ah ! Ma Madeleine de Proust » J’comprenais rien vu que m’appelle Odette Moulard !

-         Ben, c’est-y qu’elle a déjà l’Al Zimmer la mère Pombrian ?

-         J’ai laissé la porte de la cuisine ouverte pour entendre. Et qu’ça papotait, qu’ça causait comme quoi qu’y z’avaient été du côté d’un Soanne, à l’ombre pour jouer avec des quilles, en pleurs chezla Duchessede Guermantes et pis qu’y avait une Albertine qui avait disparu ou qu’était prisonnière et même que c’était pire que Sodome et Gomorrhe !

-         Ben, nom d’un chien ! En v’là t’y pas des affaires. Ces gens de la haute c’est vraiment d’la racaille comme les autres.

-         Ah ! Et pis y’avait leur tata Léonie avecla Madeleine, mais celle-là ch’ais pas si qu’elle a disparu aussi. Et que tout ça, c’était bien du temps perdu.

-         C’est ben encore des histoires de ceusses qu’on rien à foutre ! Tiens, moi, j’vais retrouver un peu d’temps pour aller faire mon fricot. Et au fait M’ame Moulard, toujours aussi bonne votre charlotte ?

-         Ben comme d’hab’ m’ame Chaignoux, vu qu’y ont encore léché les assiettes !!

10 mars 2012

Ce qui est rare est cher ! (EVP)

Gentillesse et bienveillance,
Sont devenues choses rares.
J’ai payé cher cette connaissance
D’être aujourd’hui un peu à part.

Je croyais que la politesse
Permettait de vivre en harmonie.
Mieux que coups de pieds aux fesses,
Peur, domination ou acrimonie.

Mais non, il faut paraître cynique,
Faire le malin, juger chacun.
S’approprier le plus de fric,
Faire la nique à son prochain.

Bêtise, veulerie, avidité
Sont devenues bien prolifiques,
Et si vous voulez être invité,
Ne soyez point trop sympathique.

Qu’on vous soupçonne de bonté,
Vous serez vite catalogué.
N’est-il pas juste un peu con,
Celui qui refuse d’être un fripon ?

Alors cachez votre pépite en vous,
Qui vous fait aimer le beau, le bien,
La bonne vie par-dessus tout,
Et puis le rire toujours à la fin !


3 mars 2012

Le décor (EVP)

Mais ce n’est pas un décor.
C’est mon coin à moi, Martha.
J’ai mis mon père Théodore,
Et ma maman Mathilda.

J’ai piqué le fauteuil du cabinet,
Ainsi que la lampe de Gallé.
Il y a ma machine Singer
Et le bureau plein de poussière.

Un paravent pour m’isoler,
Et garder mon intimité.
De l’autre côté j’entends
Les misères des patients.

Oh jamais, on ne me voit,
Mais j’en perds pas une miette,
Zigmund n’en fait pas tout un plat,
Toujours, c’est mon avis qu’il quête.

Il met des mots bien trop savants,
Sur ce que je dis bien simplement,
A lui la gloire, l’admiration,
A moi les mômes et le miroton !!

Des fois, tiens, ça me rends hystérique.

 

25 février 2012

La Balançoire (EVP)

 

La neige coussine de blanc, la balançoire
Immobile et raide dessous le cèdre bleu.
Cette illusoire douceur, elle est si dérisoire,
Quand plus jamais ni tes rires ni tes jeux.

Il berçait encore, à l’automne, sa douleur,
Et semblait absorber tous les ors du jardin.
J’allais le rechercher, essuyant tous mes pleurs,
Pour passer dans ses veines, le produit opalin.

A Noël, une dernière fois nous l’avons porté,
Son père doucement l’a bercé dans ses bras.
Il comptait les nuages et le soleil poudré,
Soulignait sa pâleur et son petit corps si las.

La balançoire, sous le cèdre bleu est si noire.
Il a bu tout le ciel et mangé les couleurs,
Que ni herbe ni fleur ne reviennent me voir,
De glace est la béance où, avant, battait mon cœur.

11 février 2012

Bal masqué (EVP)

 

Bal masqué

 

Ce funeste samedi de février,

On me convia à un bal masqué.

Mais quelle idée d’avoir accepté,

Une invitation aussi risquée.

 

J’arrivais à l’endroit indiqué,

Souriant et fort bien chapeauté.

Un beau loup noir cachait mon nez,

Et un imper mastic, ma nudité.

 

Sans problème, on fêta mon arrivée,

Et les supputations ont commencées,

Inspecteur gadget fût proposé,

Colombo, lui était cependant opposé.

 

Navarro, Derrick aussi y sont passés,

Poirot et Maigret se sont ajoutés.

Ne pas trouver commençait à énerver.

J’optais alors pour la plus stricte vérité.

 

J’ouvris mon trench’ à leur vue

L’exhibitionniste, c’était le truc.

C’est effarés, qu’ils ont vu mon c..

Et mon joli chapeau pointu !

 

Je connaissais bien quelques dames,

A qui j’avais déjà montré ma flamme,

Elles gardaient, ces belles femmes,

Des souvenirs émus aux larmes.

 

Quand 5 puis 6 crièrent : C’est toi !

L’échauffourée partout gagna,

La bagarre même se généralisa,

Presque la guerre à Marly le Roi !

 

Quand les agents, après, sont intervenus,

J’avais été, par tous, reconnu.

Ils ont demandé : C’est quoi ce tohu-bohu ?

J’ai répondu : A cause de mon chapeau pointu.

 

Mais comme ils avaient l’air un peu déçus,

Je leur ai montré tout mon tut-tut,

Benoît ! Cria l’un deux que j’avais connu,

Mais ça, personne ne l’avait su !!

4 février 2012

Lettre perdue, texte foutu ! (EVP)

 

 Je viens de découvrir ceci :

 

Pourquoi le Père Noël

En luge, venu du ciel,

Grogne-t-il ce moche HO ! HO ! HO !

Plutôt que Hihihi qui est plus rigolo ?

Ou bien COUCOU VOICI LES JOUJOUX !

Qui est drôlement plus doux ?

 

Voyez-vous c’est en 1930-31 que ce veuf,

S’est dessiné comme presque définitif,

Alors ?...Vous déduisez ?...Un peu de pif !!

1930 est ultérieur ….Oui… 1929 !!

 

Le boum, le weezz, le flop, souvenez-vous !

Jeudi noir, vendredi triste, week-end de zouk !

Et bien c’est de ce temps qu’on lui impose

Ce HO ! HO ! HO !...Si ridicule chose !

 

Voici comment il perdît son triple HI !

 

Enfin c’est ce qu’on dit en mon Poitou

Où on ne se mouche guère du genou !

 

CQFD

28 janvier 2012

Dialogue avec mon ombre… (EVP)

 

Ah ! Mon ombre, tu n’es vraiment pas une lumière !

Tu restes derrière moi à broyer du noir de fumée.

Et quand tu veux grimper sur moi toute entière,

Parce que tu te prends pour une ombre portée !

 

Va donc plus loin, seule ombre à mon tableau,

Je te chasse sans l’ombre d’un regret ni d’un remord.

A l’ombre des jeunes filles en fleurs, il fait beau,

Lâcher quelque Proust discret ou bien sonore.

 

Parfois tu m’allonges fine et mince sur l’asphalte,

Croyant ainsi m’amadouer, tu me flattes,

Mais sitôt le soleil couché, tu te carapates.

 

Arrête, je te prie, de médire dans mon dos,

De porter ombrage à mon volume en trop.

Je l’assume, enfin, surtout les yeux bien clos.

 

Savez-vous ce que répond la triste péronnelle ?

Je ne suis, après tout, que l’ombre de toi-même,

Si je te fais peur au coin du bois, ma belle,

C’est que tu es aussi trouillarde que moi-même.

 

Quant à assumer tes formes trop girondes,

Il fait beau voir avec les yeux fermés !

Va donc, femmelette, à la langue si féconde,

Regarder le miroir tes lunettes sur le nez !

 

Dans la lumière crue de la salle de bains,

Là où, pour de bon je n’apparaîtrai point,

Tu pleureras misère et tout le vieux tintouin !

 

Tu me chercheras sous ta main, sous ton chien,

« Ne me quittes pas » chanteras-tu sans fin,

Bonne fille, je serai là, apaisant ton chagrin.

21 janvier 2012

Insomnie (EVP)


Quand Morphée, fils de Nyx et d’Hypnos
Part gigoter ses douces ailes de papillon
Et faire une teuf d’enfer, à Ibiza ou Mykonos,
En tout cas bien trop loin de mon édredon.

Je commence par le traiter de tous les noms :
Freluquet, paltoquet, tête de limace,
Petit foutriquet et même histrion,
Cela n’est, bien sûr, pas très efficace.

Cela soulage au moins et apaise ma rage.
Après, je prends quelques lambeaux de rêve,
Des copeaux de mots, des bouts de nuage,
Dans ma boîte à merveilles qui cogite sans trêve.

Je tisse une jolie toile sur ma nuit blanche,
Je pose le décor et distribue chaque rôle,
Dans mon théâtre intérieur, pas besoin de planches,
Pour y jouer la scène, inédite, d’une Antigone drôle.

Hamlet, Elvire, Mère courage et Ubu lui-même,
Rien ne résiste à mon talent vainqueur,
Et quand, épuisée, j’aborde enfin Chimène,
Le public, à mes pieds, dépose mille fleurs.

Alors, au sommet de la gloire, dans un dernier effort….
Bzzzz...Bzzzz…Bzzzz…Bzzzz...

JE DORS !!

14 janvier 2012

Poussières… (EVP)


Tu es poussière et poussière tu redeviendras
Marmonne Madame Rebaud, la triste sacristine,
Poussant le balai, le plumeau, et la bassine.
Râle et soupire comme une Mater Dolorosa.

Poussière sur l’autel, poussière sur le ciboire,
Mirror sur la patène et recouper les fleurs,
Replacer les vases, aspirer tout le chœur,
Ranger les étoles, la chasuble dans le tiroir.

Mon Dieu, murmure la grincheuse luronne,
Du ménage, t’as pas dû en faire des tonnes,
Sinon, tu aurais dispersé les morts plus proprement.

J’aurais moins mal aux reins et serais moins bougonne,
Juste le souffle des anges, et l’affaire serait bonne,
Je paierais mon paradis en leur tricotant des gants !!

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