Les Accents (EVP)
L’accent aigu n’est pas du tout incongru.
Il parle et chantonne à mon oreille,
Depuis les calanques de Marseille.
Il me dit les vacances et les rires pointus :
« Té ! Vé le pépé qu’a trop tété, la mémé va se le tanner ! »
L’accent grave est plein de componction.
C’est celui, snob, des dames de Versailles.
Il me parle de vertu et de saintes épousailles,
Accent des bourgeoises à perles et à chignons.
« Chère Mère, vos problèmes m’exaspèrent, c’est galère ! »
L’accent circonflexe est un petit chapeau,
Il habille d’un rien les voyelles coquettes.
Accent des belles campagnes en goguette,
Il me parle fourrage et greniers et silos.
« En hâte, je suivis ce bellâtre qui devînt acariâtre et verdâtre ! »
Chantez, sonnez, carillonnez, charmants accents,
Vous dites si bien qui l’on est, d’où l’on vient.
Et ne vous cachez plus sous le seul habit parisien,
Soyez fiers au contraire et restez biens vivants !!