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Le défi du samedi
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27 avril 2013

Les marches (EVP)


Comme il est long et raide cet escalier,
Et comme les marches, parfois, en sont hautes.
Heureusement qu’il y a souvent des paliers,
Où la beauté, soudain, au visage te saute.

Toujours plus haut et encore plus loin,
Où l’air est plus pur et aussi plus doux.
Là, un esprit pointu se fait juste badin,
Pour dire souffles, tu n’es toujours pas au bout.

Alors, Là où les mots se font plus vrais,
Tu t’abreuves au ruisseau toujours frais,
Des amitiés sincères qui jalonnent ta route.

C’est avec tes amours, tes amis que, de fait,
Tu peux continuer ce chemin si imparfait.
Marche après marche et coûte que coûte.

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20 avril 2013

Les cancans du bush (EVP)

Petit éléphanteau revient en pleurant de la mare :

-  Bou houhou…, les petits Hippopotames se sont moqués de moi, que j’étais gros et que j’avais ce nez tellement ridicule !

Maman éléphant caresse de sa trompe éléphanteau et lui dit :

-  Viens, retournons à la mare mais il ne faudra surtout pas bouger ni émettre le moindre son.

Les deux pachydermes furent si immobiles et silencieux qu’on les prit pour de gros rochers. Ils entendirent alors :

Les crocodiles se moquaient des hippopotames :

-  Regarde leurs petites oreilles ridicules sur leur gros corps !

Les gazelles se moquaient des crocodiles :

-  Regarde ces pattes ridicules et cette gueule démesurée !

Les lions se moquaient des gazelles :

-  Regarde ces Mc-Do en puissance, incapables de se défendre !

Les hyènes se gaussaient des lions :

-  Regarde ces soi-disant rois, on leur pique leur casse-croûte dès qu’ils ont le dos tourné !

Les singes se moquaient des hyènes :

-  Regarde comme elles sont moches avec leurs pattes inégales !

Et tous se moquaient du serpent :

-  Regarde cette bête maudite qui rampe sans pattes.

Et le serpent se moquait :

-  Regarde ces andouilles à deux pattes à qui il suffit de dire qu’en mangeant une pomme ils deviendront des Dieux !

Tu vois, dit maman éléphant : Tous se moquent d’un autre parce qu’il est différent. Alors va ton chemin d’éléphant, fièrement et sans écouter les quolibets !...Euh…Quand même méfie-toi de ces bêtes à deux pattes, tellement sottes qu’elles sont capables de te tuer pour te prendre tes dents !!

13 avril 2013

Le square (EVP)

La nuit n’est jamais complète dans ce square miteux coincé entre les immeubles de la ZUP.

Ils ont bien réussi à casser trois des quatre lampadaires de la place mais il y a l’éclairage de la rocade en surplomb et puis, de toute façon, je suis équipé pour la vision nocturne.

Rien ne m’échappe. Je les vois, leurs petites manigances. Je les enregistre, leurs minables petits trafics.

Toujours la même rengaine : Défendre et marquer son « Territoire », se montrer le plus fort, le plus cruel jusqu’à ce qu’un autre encore plus fort, encore plus cruel et surtout plus jeune, remplace le caïd en place. Dérisoire et sempiternelle lutte de pourvoir.

Faut pas croire, avant, on habitait un quartier pavillonnaire et bien c’était pareil ! Juste un peu plus discret peut-être.

S’il vient à passer une petite qui ne connaît pas le quartier, il posera ses sales pattes sur elle et en fera sa chose pour un moment…L’abruti.

Ils me dégoûtent, je les hais, moi qui vois tout depuis le balcon du septième.

Je les méprise, mais pour être totalement honnête, je les envie aussi quelquefois…

Pourtant, je suis gâté : Elle m’aime et me câline et me soigne…Mais pourquoi m’a-t-elle fait opérer bon sang !!

Alors je miaule comme un couillon et elle, elle me rajoute des croquettes !

 

6 avril 2013

La valise enchantée (EVP)


Dans la valise enchantée de Monsieur Patachon
Il y a un nez rouge, un chapeau qui remue
Il y a des rires d’enfants et des ballons tout ronds.
Des cartes, des foulards et un cœur tout ému.

Y’a des yeux qui pétillent et des Oh ! Et des Ah !
Des joies qui éclaboussent et font une jolie mousse,
Des sourires qui scintillent et des Oh la la la !
Il y a tout cela dans la valise qu’il pousse.

Monsieur Patachon était banquier de son état,
Il vivait sérieusement, s’ennuyait quelquefois.
Un jour, son fils tomba très malade, soudain.

Patachon mit le nez rouge guettant sa dernière joie,
Et son dernier sourire fut une étoile de soie,
Qui brille comme soleil quand s’amusent les gamins.

30 mars 2013

Histoire de cheminée (EVP)

Toute petite fille, revenant d’un goûter chez sa copine Sophie, elle avait demandé : Pourquoi, nous on n’en a pas de cheminée ? Elle avait été fascinée par la danse des flammes, leurs couleurs, les craquements du bois et la douce chaleur qui avait chauffé ses joues.

Elle avait vu le regard brusquement noyé et les lèvres pâlies de sa mère, elle n’avait pas compris mais n’avait pas protesté.

Au collège, dans une rédaction sur la cuisine, elle nota que, chez elle, le mot four n’était jamais utilisé. Brûler, carboniser étaient aussi tabou, des mots-épines qu’inconsciemment chacun s’interdisaient.

Les questions, quand elles étaient rarement posées, s’élucidaient, s’évitaient d’un : Plus tard, plus tard tu comprendras…Comme cela était gentiment accompagné de doux baisers, de câlin dans des bras ronds et tendres, elle s’agaçait un peu, mais ne leur en voulait pas.

Ce fut en première qu’elle découvrit là-bas, les cheminées de haute-Silésie et le « Arbeit Macht Frei » l’infâme frontispice…Elle se souvint des chiffres bleus sur l’avant-bras de tante Martha. A ses questions encore on avait répondu : Plus tard, plus tard tu comprendras…

Ici, elle comprenait, pourquoi il était si difficile d’en parler, pourquoi il fallait attendre d’être là, à cet endroit là, ce jour là…

Non Anna Grinzberg, ne veut pas non plus de cheminée chez elle…Et certains mots ont toujours des épines.

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23 mars 2013

La leçon des livres (EVP)


Au commencement était le verbe…
Puis il y eut le sujet mais c’était un peu court.
On rajouta tout plein de compléments,
Des adjectifs, des adverbes pour faire le tour
Une phrase s’articula, doucement.
Au début était la Croyance…
Un paragraphe, un chapitre : Un livre
Qui te raconte l’alpha et l’oméga
C’était un livre saint, un sacré livre
Qui disait ce qui était, ce qui sera.
Au suivant, était la connaissance…
On te disait : tout est dans les livres
L’avant, l’après, le début et la fin
Mille savoirs, mille voyages à vivre,
Toute la science, la philosophie enfin.
Au poursuivant était l’appétence…
Tu voulais tout connaître, vivre ces mille vies
Faire les mille voyages, même interstellaires
Tu lisais du matin au soir, de l’aube à minuit
Et chaque livre déposait son grain de calcaire
Au tournant était la tempérance…
On te disait : Il faut avoir lu ceci, cela,
Tandis que ton sablier se remplissait
Tu as vite vu qu’une vie n’y suffirait pas
Qu’il te fallait te frotter à la vie vraie.
Au dénouement était la distance…
Les livres m’ont fait mille leçons
M’ont nourrie, éclairée des savoirs engrangés
Avec eux je me suis farci le citron
Je me suis ému, exalté, j’ai aussi pleuré.
A la fin était la sapience…
De toutes ces lectures ai retenu ceci :
Ce que la vie vous apprend n’est nulle part écrit
Elle est dans les rencontres avec autrui
Je suis tout aussi sotte aujourd’hui,
Mais partager un rire, c’est cela qui est béni !

16 mars 2013

La peur des nombres (EVP)


Ils sont arrivés en nombre
Ça fait peur, ça fait peur
Ils sont sortis de l’ombre
Quelle frayeur, quelle frayeur
Le ciel est devenu tout sombre
Aïe terreur, aïe terreur !

Ils parlaient d’équations
Cornichons, cornichons
Et d’intégrales à foisons
Quels cochons, quels cochons
D’un type qu’on Fermat au fond
Frémissons, frémissons.

Et aussi d’une constante Fibonacci
Quel gâchis, quel gâchis
Enfermée pour un nombre d’or terni
Que de soucis, que de soucis
Pour une proportion d’argent aussi
Les bandits, malappris !

Des nombres naissent les divisions
C’est pas bon, c’est pas bon
Et leurs multiplications
Pour pas un rond, ça tourne pas rond
Additions et soustractions,
T’as plus rien, t’es couillon !

Les nombres moi ils me font bien peur
Pas d’erreur, pas d’erreur
Avec leurs algorithmes réducteurs
Quand des énarques pinailleurs, radoteurs
Font de nous de simples facteurs
Dans leurs calculs de menteurs, de sans cœur !

9 mars 2013

Mésékikasoné ? (EVP)

Deux gouttes d’encre bleue dans l’argent blanc du ciel
Un air vif encore, son tranchant qui s’émousse
L’horizon qui s’ébroue comme après le sommeil
Et qui repousse du dos la chape grise qui tousse.

Un filigrane d’or sur le bord du narcisse
Des bourgeons tumescents aux branches de l’amandier
Le forsythia se tend prêt à faire son caprice
La mousse, cabochons d’émeraudes en collier.

Yeux fermés sur la souche, respire le promeneur
Qui entend dans la sente, la joyeuse rumeur
Rouge-gorge et mésanges entremêlent leurs chants.

C’est lui, le chenapan presque toujours farceur
Le léger, le fringant qui chasse nos tristes heures
Qui tintinnabule au seuil de Mars ? C’est le printemps !

2 mars 2013

La cabane au plafond (EVP)


J’ai mis ma cabane tout au bout de la terre,
Je l’ai vraiment mise la tête à l’envers,
Me suis fait un palais des mystères.
Tout en bas, tout en bas…
Palais mongol aux couleurs bayadères,
Où lanternon chinois, ce n’est pas bien clair,
J’y range à l’aise  toutes mes petites affaires.
Tout en bas, tout en bas…
Je vais à la cueillette sur le balcon,
J’attrape avec un filet à papillon,
De jolis fruits et aussi des bonbons.
Tout en haut, tout en haut…
Ils tombent d’un ciel couleur potiron,
Pour finir, joyeux, dans mon p’tit bedon,
Vous croyez que ça ne tourne pas rond.
Tout en haut, tout en haut…
Dans ma caboche de p’tite fofolle
Mais si je rêve autant pendant l’école,
C’est que l’ennui bien trop me colle,
Au plafond, au plafond…

23 février 2013

La chanson de l’escalier (EVP)

Que fait cet escalier à vis
Dans ce lieu si saugrenu ?
Symbolise-t-il  les vices, les vices
Qui sont toujours sans issues.

Remarque bien ma chère Alice
En ne pratiquant qu’la vertu
Que ta vie sera bien lisse, bien lisse
Mais qu’ça s’ra triste sous ton tutu.

Tu as raison très chère Anaïs
Il y a trop de choses défendues.
Pratiquons avec délice, délice
Quelques coquineries inattendues

Si de l’escalier on dévisse,
Ou si on reste suspendu,
On se sera réjoui la cuisse, la cuisse
On aura bien ri, on aura bien bu.

Vois comme ces marches en hélice
Nous inspirent plein d’abus
Quittons vite nos cilices, cilices
Allons aussitôt chasser le Dahu !

16 février 2013

Message dans une bouteille (EVP)

 

A l’eau, message de là-haut

 

J’arpentais la plage en tous sens

Me posant sur la vie mille questions

Sur son essence ou sur son sens

Quand elle cogna sur mes petons.

 

Une jolie fiole et son bouchon.

Dedans, s’y tenait un message

Pour répondre à mes interrogations

Moi qui invoquais alors les sages.

 

La vérité gisait sur mes arpions.

Je priais Dieu et les Archanges

Avant de prendre le p’tit flacon

En pensant bien qu’c’était ma chance.

 

Quand je déroulais toute la page,

Je fus plus bête qu’un lampion

Car il n’y avait nul message

Aucun mot ni même ponctuation.

 

Je remis dans le flacon la lettre

Et refermais  vite le goulot,

Tes questions sur la vie, sur l’être,

Tu peux les rejeter dans les flots.

 

Ta vie est une foutue page blanche

Il t’appartient d’y mettre les mots

Voilà ce que répondent les anges

Ils sont fortiches ces rigolos !!

9 février 2013

Les lumières (EVP)

 

Il voyait toutes ces merveilleuses lumières et il lui sembla entendre :

«  Entre ici, Jean Moulin – Oui, il s’appelait Jean Moulin, mais lui, il ne résistait pas à grand-chose et surtout pas au whisky ! – Entre dans ma lumière éternelle. »

Il  croyait apercevoir un grand barbu qui l’appelait depuis l’autre côté… Ça fichait drôlement la trouille quand même !!

Il secoua la tête, s’accrocha au comptoir et balbutia :

« Garçon ! Un café…Double ! Siouplaît ! »

Le garçon s’approcha avec la tasse :

« N’est-ce pas qu’elle est jolie ma guirlande lumineuse derrière les verres, ça fait des reflets magnifiques, hein ? ».

Rassuré Jean  soupira : « OH ! Chouette, oui ! Alors…Un petit cognac pour faire passer le café !! »

2 février 2013

Le voleur volé (EVP)

Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin !
On m’a piqué le scoot’ qui m’échut par larcin !
Je l’avais trafiqué encore plus beau que neuf.
Il n’est pas pire affront, même de pécho ta meuf.
Pour un gars d’la cité que de se faire tirer.
Ce qu’il a bien acquis, en toute malhonnêteté.

Vais-je donc, comme un bouffon, aller sur mes deux pieds ?
Ou pire encore, prendre le bus avec toutes les mémés ?
Faudra-t-il, en piéton, que je vende mes barrettes ?
De celles qui font rire, pas pour se faire des couettes.
Ça me gave que des potes, peut-être même des frères,
S’en prennent à notre outil pour faire des affaires.

On est ici dans la téci, pour faire gentiment le trafic,
Et faire peur aux trimeurs, aux concierges et aux flics.
Mais un voyou pédestre, tu peux plus le respecter,
Et le plus dur, ce qui te ferait presque chialer
S’il ne te restait  rien qu’un soupçon de dignité,
C’est qu’à ton tour, toi aussi, tu peux te faire niquer !

T’as plus qu’à te payer, en cachette - oh le ridicule !
Chez le marchand, honnêtement, un nouveau véhicule.
Mais vous avisez pas d’aller cafter ça dans l’quartier,
Ou je vous plante ma plume, j’aurais aucune pitié !
Gaffe ! Celle qui sévit sur ma page est toute pointue,
Empoisonnée d’idées tout à fait hurluberlues !!

26 janvier 2013

Les Trois Parques (EVP)

Oh  Morta ! Comme ta lame affutée s’agite,
Encore un conflit, une épidémie de rhinite ?
Nenni Nona, mais les humains m’exaspèrent,
Et leur déni de nous me mets fort en colère.

Même leur Dieu unique, piquant notre labeur,
Leur rappelait qu’ils ne savent ni le jour ni l’heure,
Ils ne cessent d’occulter mon seul moment de gloire,
Et cachent leurs trépassés dans de froides armoires.

Décima, ma sœur, est-elle possible l’harmonie,
S’il n’y avait une fin, au bout de chaque vie ?
Nona, tu t’épuises à ta quenouille, pour ces pantins,
Décima, ton beau fil des destins, pour ces crétins !

Nona et Décima, calmaient l’ire de leur sœur.
Vrai, ils sont bien pathétiques, on leur fait toujours peur,
Mais calme ton courroux, certains destins sont doux,
Conviens que quelques défis les rendent un peu fous.

Ils s’appliquent alors à pondre en alexandrins,
Des poèmes ridicules qui nous remettent en train,
Allons, fais donc rallonge, au moins pour quelques uns,
Laisse-les se dépatouiller jusqu’à la fin.

Tu vas voir, comment elle finit ces Parques à thème,
Je t’assure, ça n’a rien à voir avec Athènes,
Mais c’est bien rigolo, regarde elle tire la langue,
Et s’emmêle tant les pieds qu’à la fin, elle s’étrangle.

MORTA !! PAR JUPITER ! TU FAIS CH…

19 janvier 2013

Meilleurs vœux en onomatopées (EVP)

 

L’année d’avant était bling-bling

L’année dernière de cric en crak,

Celle-ci sera-t-elle plus teuf-teuf, voire plus plan-plan ?

On promet que le vroum-vroum reprendra pas plus tard que la prochaine.

En attendant, chers amis défiants : Bisous-bisous, smack-smacks,

Je fais des vœux (crr…Crac..crac…piou piou…( ??)... J’ai dit des vœux pas des œufs !) Pour une année sans atchoum, atchoum ! Sans snif snif ! Sans bouhoubouhou et surtout sans pin-pon pin-pon. Qu’elle soit pleine de Ho ! De Ha ! Et de Holala !!

Pas de soirée Bunga-bunga, c’est trop cracra mais des crac boum hue ! Joyeux et vigoureux !

Des miam-miams délicieux,

Des glou-glous de beaux millésimes !

Des Hihihi et des warf-warf-pffiiou !!

Aimez (Bada-boum, bada-boum)

Riez (Hohoho ! Hihihi !)

Imaginez (Ding-ding-ding !)

Ronronnez (Rrrgrmm, Rrrgrmm,Rrrgrmm)

Chantez ( Lalala…Lalalère…)

Soyez heureux (Youpi, youpi !)

Et surtout, (poupoupidou)

Bonne (Plizz, wizz, whip, sheba…)

(Hi-han) nées !!

12 janvier 2013

Participation de EVP

Il était sur le point de s’endormir quand, soudain, il vit briller dans la nuit la petite lucarne de sa radio qu’il avait oublié de fermer.
…Mais non, en fait, il était bien sûr de l’avoir fermée…Comme c’était étrange…La lumière semblait vaciller un peu quelques fois, puis être plus lumineuse, plus blanche, presque aveuglante…Vraiment étrange.
Il y eut ensuite un grésillement et puis comme un code :
Tap, tap…Tap.
Encore un grésillement, puis le même :
Tap, tap…Tap.
Il essayait de se rappeler : Court, court, long…Il avait appris, il y a longtemps, chez les scouts.
Le grésillement était de plus en plus fort et le rythme du code s’affolait :
Tap,tap,tap…Tap _Tap _Tap_ Tap,tap,tap,tap…
Sa peau se hérissait, son Cœur cognait dans sa poitrine, il frissonnait…Si seulement il pouvait se rappeler ce foutu code…Mais ça n’avait plus de sens maintenant, les envahisseurs avaient pris possession de son esprit…Il lui semblait même que son lit commençait à bouger : Une sueur glacée le couvrait entièrement…Il tremblait carrément à présent, des spasmes lui contractaient les entrailles…Le grésillement martelait ses tempes…Une sorte de vortex tentait de l’aspirer par les pieds : Il se laissa choir, lourdement, sur la carpette afin d’y échapper, reprit juste assez ses esprits pour ramper jusqu’aux toilettes :

« Saleté de gastro ! » soupira-t-il en éteignant sa radio !

5 janvier 2013

LA BERGERE (EVP)

Dans le boudoir.

Au début, il y avait des jouets : Un cheval à roulettes, une maison de poupée, des cubes de bois et même un petit théâtre. C’était la salle de jeu de la petite. Sa mère, la princesse, m’avait commandée à un ébéniste de renom. Déjà fort malade, elle se réfugiait dans mes bras pour voir jouer l’enfant si jolie. Après sa mort, je fus poussée dans un coin, mais je pouvais toujours voir les jeux trop sages et la solitude de la fillette. Quand elle eut sept ans elle partit chez les Ursulines et pendant huit années je m’empoussiérais dans ce coin sombre.

Dans le boudoir.

Elle revient, elle a quinze ans, elle est si belle ! La pièce est toute refaite, blanche et pimpante.

Des maîtres italiens ont festonné de douces guirlandes fleuries et de putti, les boiseries. Pour mon bonheur, mon crin a été refait et j’ai un nouvel habit de shantung bleu azur. J’accueille à présent dans mes bras chantournés le corps si délicat. J’entends ses soupirs et son trouble, la moiteur odorante de la chemise de baptiste qui s’affale sur moi, quand elle regarde dans la psyché, juste un instant, sa poitrine déjà ronde et, plus bas, les boucles cuivrés. Vite, elle se recouvre et s’en va se meurtrir les genoux devant le crucifix.

Dans le boudoir.

A peine les vœux échangés, le festin même pas encore commencé, il a exigé de recevoir tout de suite sa virginité, sa brutalité m’a fait trembler. En trois minutes il l’avait violée. Il a serré dans ses grosses mains ses joues et sa bouche qui avait saignée pour ne pas hurler : « Dans dix minutes, je vous veux à mes côtés, fraîche et souriante, comme il convient à une mariée. »

Dans le boudoir.

Elle était venue s’y réfugier, grosse de quatre mois, et quand elle s’est assise sur moi, j’ai pu voir  les blessures, les bleues qui la couvraient. Nous objets, qui n’avons ni vie ni âme, nous voyons tant de choses effrayantes…A l’ instant où elle s’est pliée en deux sous le coup de la souffrance, j’ai su déjà que l’histoire était terminée. Elle tomba en avant sur le joli gobelin, le sang s’échappant de son ventre. Pas un cri, pas un hoquet. Quant il monta, après lui avoir hurlé trois fois de le rejoindre en bas, tout était imbibé et même mes pieds….

Dans le boudoir.

On a ôté le tapis, une servante a longuement brossé le parquet au point de Hongrie. On a recouvert de toile blanche la psyché, la table de toilette, mon assise, mon médaillon et mes bras chantournés. On a fermé les volets et tourné la clef.

On a oublié de nettoyer le dessous de mes pieds.

15 décembre 2012

Ne vous en donnez pas de grands ! (EVP)

Aaghh…Sans lui on étouffe.
Béat est celui qui l’a satisfait.
Compassé, quelquefois…
Dilaté dans une manche.
Epoustouflant, celui qui n’en manque pas.
Filet sous le seuil ou à l’espagnolette.
Gelé, glaçant : C’est la bise.
Haletant est celui qui en manque.
Insolent, celui qui s’en donne.
Joyeux, quand il est petit.
Kalk avec lui il faut qu’on l’enlève.
Lancinant : Une musique continuelle.
Malin : Quand l’œil pétille.
Nonchalant : Quand on fait mine qu’on n'en a pas.
Obtus : Quand on l’a buté.
Pistouille s’il est mutin.
Quiet : si tout est calme.
Suspect : Si vous l’avez louche.
Taquin quand on fait le malin.
Ubuesque quand Ionesco le double.
Vif s’il pique les joues.
Waouh ! Quand il vous épate.
Xénon le disait élément.
Yatagan, il l’a coupant.
Zatopek n’en manquait pas !


Vous avez deviné ?
Ah non ?!
Et bien j’ai l’R fin moi, maintenant !!

8 décembre 2012

Pas de chance, vengeance… (EVP)

Ma p’tite chérie, mon colibri,
Tu es mon unique grigri.
Pas besoin de porte-bonheur,
Avec toi, je ferais mon beurre.

Mon p’tit trèfle à quatre feuilles,
Donne-moi donc ton portefeuille.
Pas besoin de patte de lapin,
Si j’te mets vite au tapin.

J’prendrais pas de fer à cheval,
Juste une ou deux paires de mandales.
J’suis pas vraiment superstitieux,
Juste un mac bien consciencieux.

J’vais pas me laisser faire sale mec,
Et je garde mes amulettes avec.
Dessus la belle poupée vaudou,
J’vais lui faire des jolis trous.

Tiens ! Une aiguille dans le cou,
Et une autre dans les genoux.
J’ai pas d’chance dit l’animal,
Voilà que j’ai vraiment très mal.

Prends l’œil d’Osiris, la main de fatma,
Ça sera peut-être bon pour toi…
Mais en cachette, sur la poupée,
C’est le cœur que j’ai visé !

J’y croyais pas tellement pourtant,
Mais je constate à présent,
Un infarctus c’est très courant,
Quand on vit comme un fainéant !

1 décembre 2012

La fin du monde ? (EVP)

On me dit que la fin du monde, c’est pour bientôt.
Ça c’est vraiment chouette, j’paierai plus mes impôts,
Ni taxe d’habitation, ni la foncière, ni mon gigot,
J’f’rai une teuf d’enfer et j’boirai au goulot !

J’verrai plus ma belle-mère et j’boufferai des fayots,
J’mangerai du vrai beurre et pas de la margo,
J’irai plus à la gym, j’fumerai tous les mégots,
Et puis, pendant qu’on y est, j’irai pas au boulot !

Mais si les Mayas, c’étaient juste des escrocs ?
Si les soi-disant experts n’étaient que des gogos ?
Et pis, si qu’on est tous morts, c’est pas très rigolo.
C’est juste avant Noël, on aura peut-être pas de cadeaux ?

Moi j’m’en fous, j’me mettrai à côté de Bruce Willis,
On sera, bien sûr, sauvés par Denzel, ou peut-être Will Smith,
On sera qu’une douzaine, ou alors bien vingt-six…
Comme faudra repeupler, on fera des câlins productifs.

En attendant le 22, j’peux faire mon cinéma,
J’crois pas qu’ils aient l’horloge divine, les Incas,
Z’ont bu trop de peyotl ou mâché trop de coca.
On n’en sait fichtrement rien, c’est bien mieux comme ça !

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