Je passe devant la statue et je continue. C'était notre point de repère, au cas où nous nous perdrions pendant la visite du château. Mais ne nous sommes nous pas déjà perdus depuis si longtemps...Je ne réclamais pourtant pas l'abondance, non, juste... que tu me fasses l'amour dans un grenier...
Venise ce n'est pas faire n'importe quoi avec n'importe qui, non, mais c'est n'importe quand... alors pourquoi pas maintenant !Venise est bien en Italie...?
Je pars rêver le long de la baie "Des contes de fées", écouter les secrets des mers bleues où naviguent des bateaux sans retour, où pleurent des marins sans repos, un coquillage posé sur mon oreille. Les cheveux défaits par le vent frais du large, sur le "Vaporeto", j'irai caresser le soleil de Burano. Parée de ses filets d'or, guirlande scintillante, je me balancerai au gré de la brise tiède qui effleure les dentelles légères, suspendues aux façades colorées de l'île enchanteresse.
Mais à l'aube finissante, tel un rai de lumière cherchant son reflet sur l'onde berçante, je me laisserai tomber dans les eaux troubles de ma mémoire. Lentement, de regret en regret, de palier en palier, de bar en bar, viendra le fond. Bientôt, le clapotis de l'eau sur les barques amarrées, ne sera plus qu'un mouvement sourd faisant danser les algues . Deviendrai-je alors sirène, ou juste un corps, toujours et encore...
Mon amour, tenteras-tu de me repêcher, pour m'aimer enfin ou me laisseras tu me remplir de cette eau viciée et nauséabonde ? Me laisseras-tu me gonffler de cette mer grise, fatiguée de charrier autant d'amertume... Attendras-tu que les étoiles s'éteignent et noient le chemin du retour ?
La tâche ne sera pas aisée, je sais...et puis quel appât utiliser pour un presque macchabée, un baiser peut-être, enveloppé dans du papier doré ? Je marche à contre courants, au milieu de ces touristes sans tête. J'accélère le pas et je m'entête, je m'éloigne de ta mauvaise foi. Il ne faut pas que je dérape, que la raison me rattrappe. Cette fois je passe le cap... La liberté est au bout de la rue, je l'entends qui m'appelle :
_" Viens ma jouvancelle ! Viens !"
Rêveuse, je m'imprègne des promesses de ce tableau idylique...Capricieuse, je provoque les démons de ce paradis fictif. Je cours et je revois cette photo où j'exultais, sur la plage, petite...Réussirai-je à retrouver ce bonheur enfantin, cette insousciance perdue ? Réussirai-je à laisser là, tous ces malentendus ? Retrouverai-je la puretée, la beauté...? Non ! tu me rattrapes, c'est foutu !
J'ai la tête en feu, je suis ivre de tous ces désirs innassouvis, de toute cette tendresse mise au rebut. Au Diable les mots ! Avec comme seuls bagages, mes défauts, je m'enfuis. J'abandonne ma chrysalide et déploie mes ailes à nouveau. Vois comme je suis belle ! Regarde une dernière fois ces couleurs pastelles qui déchirent leur voile, vois comme le carmin me sied alors que mon coeur propulse son sang rageur jusqu'à mon front perlé de sueur.
Un camionneur s'arrête à ma hauteur :
_"Ciao dove stai andando cosi ? Dovrei prenderti ? Vado a Venezia ! Monte !"
...Venise n'est pas en Italie...c'est où tu vas, c'est où tu veux, c'est l'endroit où tu es heureux...! La, la, la...La, la, la...!
Quelques jours s’étaient à peine écoulés depuis la disparition du régisseur du parc .Toute l’enquête avait conclu à un meurtre et la police scientifique commençait à sonder le parc.
Dépité d’attendre l’élucidation de ce meurtre j’ai mis un fin limier sur l’affaire
Et pan sur le bec de Monsieur l’Inspecteur.
Mon fin limier claironnait à qui voulait l’entendre que la brigade scientifique ne détenait pas les parangons de la vérité .
La piste me paraissait séduisante. Le régisseur du parc c’était volatilisé dans une autre dimension . Une sorte de porte vers un autre univers.
Cette version des faits m’enthousiasmait.
Histoire de mettre les pendules à l’heure, je décidais de convoquer la presse et de faire une déclaration commune.
Certes c’était acrobatique de soutenir sans nuance l’existence d’une troisième porte (il existait deux grandes portes dans le parc ) mais la troisième s’ouvrait vers l’univers intergalactique. Il suffisait de la chercher.
Mais on n’était pas tenu comme la police officielle d’avoir des conclusions ringardes.
Et puis de quoi se mêlait la police en ces temps difficiles.
On avait un meurtre sur les bras et le parc avait été fermé pour cause d’enquête.
Il n’y avait pas de quoi fouetter un chat que de penser que le régisseur même mort ici était en train de s’envoyer en l’air sur une autre planète.
Notre déclaration a la presse devint vite virale.
En convoquant le fameux principe de Paracelse selon lequel, je vous le rappelle « l’effet d’une vérité dépend du niveau d’exposition ‘ ma déclaration eu l’effet d’une bombe humaine.
Des milliers de touristes ont afflué derrière les grilles fermées du parc ?
On faisait figure d’OVNI . Les gens campaient , chantaient aux abords du parc jusqu’au jour où ils firent sauter les scellés pour voir la porte de l’univers .On était comme à Woodstock en 69 sauf que le parc faisait 1hectare .
Notre principale faiblesse dans cette situation mon fin limier et moi c’est de ne pas avoir vu venir la déferlante d’idiots que contient notre planète
J’avais qu’une envie c’était de trouver la porte vers l’univers pour les envoyer Petre ailleurs
L’enquête policière avait volé en éclat ...
Le juge d’instruction s’était déplacé en personne il était fou de rage .
Il criait sur les flics je me suis approché de lui et je ne sais pourquoi j’ai crié
Il n’y a aucune preuve que fumer soit une cause de cancer du poumon. » Alors pourquoi mon mari le régisseur du parc serait mort assassiné par un homme sous prétexte qu’il a disparu.
Pas question que je vous serre la main me dit le juge d’instruction droit dans les yeux.
Que faire de ces mains quand on ne peut les serrer. La tension était palpable.
Je fis alors preuve d’une étrange créativité.
Il semblait que le juge n’était pas au courant que le régisseur s’était volatilisé au cœur de la galaxie. Je lui ai mis mon point dans la gueule afin de l’expédier sur mars cet abruti.
Vision d'horreur J'voudrais que tu reviennes te coucher La plaisanterie a assez duré C'est plus drôle Prends moi dans tes bras Qui me réchauffais M'apaisais Ou m'échauffais Comme une vague
Comme une vague
Qui passait sur moi, Le chagrin a tout emporté. Supprimé ta vie Des vagues en furie, Qu'on ne peut plus arrêter. Vision de ton hommage Un mariage qui s'achève Le point final d'une rencontre Cette nuit à Casablanca "Ton absence me dévore, Et mon coeur bat trop fort. Ai-je eu raison ou tort? De t'aimer tellement fort[1]."
Comme une vague
Qui passait sur moi, Le chagrin a tout emporté. Supprimé ta vie Des vagues en furie, Qu'on ne peut plus arrêter.
L'azur est un royaume où les rêves s'achètent Au prix d'une existence acculée aux écueils, D'une vie en sursis que les vents déchiquettent Sur la houle taillée en milliers de cercueils.
Pourtant, la mer est belle. Pourtant, le ciel est chaud. L'espoir, une chandelle Qui brille fort et haut.
L'azur ouvre les bras. Comme Saint-Pierre, à Rome ; Saint-Pierre et tous les saints qui fermeront les yeux Quand les mortels bien nés croqueront dans la pomme De leur indifférence, ou diront faire au mieux.
Pourtant, la mer est belle. Pourtant, le ciel est chaud. L'espoir, une chandelle Qui brille fort et haut.
dessin : Capdevilla
L'azur n'est qu'un mirage, un passeur qui fabule, Un vautour écumant les rives de l'enfer ; Il s'efface, repu, devant le crépuscule Qui pousse les rafiots aux portes de l'hiver.
Et si la mer est belle Dans les reflets du soir, Le Pré de l'Asphodèle Vient d'enfermer l'espoir.
Le poète a toujours raison qui voit plus loin que l’horizon et déclare avec feu Renaud (1) : « La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans » (2).
Et les bougres sont nombreux sous la vague qui déferle !
Il y a Bernard l’ermite qui envahirait bien Bianca la moule, le requin-marteau qui cherche une enclume pour se taper une femelle à faux-cils et toutes ces morues qui rêvent du maquereau charmant : « Un jour mon crabe aux pinces d’or viendra ! ».
Tortillant du popotin, Maryline la pieuvre susurre : « Poulpe Poulpe Pis Douze » d’un air imcalamarcessible.
Tous les samedis que Neptune fait les sardines quittent leur banc et vont en boîte de nuit. Le hareng sort aussi. La danse est frénétique jusqu’à ce que le homard réclame : « Tamisez toutes les lumières car c’est l’heure du quart d’heure armoricain ! ».
Au sortir du bal tous les crabes en pincent, les thons en font des tonnes jusqu’à ce que ça cartonne, ça n’arrête pas de draguer, les tortues touchent le fond à raison ou à tort, à force d’entendre radoter les méduses sont médusées, certains poissons mystiques tombent en adoradation devant l’être aimé, ça s’aime, ça s’aime, ça sème, ça essaime…
Les baleines se décorsètent, même les vieux des profondeurs perdent leur cœlacanthe-à-soi, la lotte envoie valser sa culotte par-dessus Camille Desmoulins mais le bulot n’est pas sans culot. Don Cabillaud s’étrangle devant ces jeux érotiques foldingues qu’Eros a déclenchés de ses coudes épais dans l’eau : colin-paillard, le plongeon esturgescent, l’espadon ma louloute, le cache-cache ma raie montante, le ça ne fait pas une plie, l’applie pour smart faune du fond d’S.-F. Mer, le monte là-dessus et tu verras le saumontmartre, le déguste langouste, l’heureux flétan soleil levant, l’anchois dans la date, l’églefin du fin, le tacaud de la Marne, la limande ampoulée, loup de mer y es-tu, Je te tiens tu me tiens par le bar, bichette, Rends moi le congre, ô, Belge, le Robert Makaire, la paire de loches des mers de Loches…
Les palourdes font dans la légèreté, les rougets rugissent, les carrelets décarrent, les morues remuent, les squales ont le son long, les poissons polissonnent, les crustacés s’incrustent, les berniques se… s’accrochent aux branches, les barbeaux barbotent dans le bonheur, l’hippocampe swingue sauvage, le napoléon carapontdarcole, même les vieilles mettent le turbot, bref, tous ces animaux copulent marine au fond de la piscine au cri de « Adjanique ta mer ! ».
Tout le monde est lamproie au désir, asticoté par le stupre, nul n’arête de penser à la fornication, il n’y a plus lieu, ni noir, ni jaune, de faire maigre, de se retenir de jouir ; même les plus déviants des souhaits sont exocets !
Quels walrus et coutumes, mes aïeux ! Quelles drôles de morses !
Et je ne vous parle même pas des désidératas de ces bougres d’andouilles d’hommes-grenouilles !
(1) : il n’est pas mort mais ça ne vaut guère mieux ! (2) : la formule lui aurait été inspirée par Dominique Lavanant citant W.C. Fields.
Don Walrusleone s’apprêta à partir, mais sans passer quoi que ce soit à L’Adrienne.
- Mais, attendez [NB : on tutoyera la mort dans cette histoire, non pas les morses] !
- Oui ? Faites vite, Demoiselle, j’ai des courses à faire !
- Mes ordres ?
- Ah, vos ordres !
- Oui, mes ordres…
- Ouah ! fit l’une des toutous, elle avait faim et puis elle était sûre qu’elle allait louper l'excellent goûter que madame Walrusleone préparait à la maison.
- Ouah bis ! fit l’autre. [NB : l’autre chien, pas la Tatie flingueuse qui attendait ses ordres].
- Eh ben, dit le grand mafioso belgican, tenez.
Et Don Walrusleone mit dans la main de L’Adrienne, linguiste extraordinaire et guet-à-penser sans pareil, une photo. Celle-ci [NB : L’Adrienne, pas la photo] la regarda.
- Et ?
- Et quoi ? grommela le Chef, car lui aussi commençait à penser qu’il allait louper son goûter.
- Et je fais quoi avec ?
- Vous allez la voir.
- Allez voir la mer ? La femme ?
- Oui, fit Walrusleone, déjà en train de quitter le parc.
- Mais quelle mer ? Quelle femme ? Ou les retrouverai-je ? cria-t-elle.
Walrusleone se retourna, fatigué et l’estomac dans les talons.
- Vous n’y reconnaissez pas la Nordzee ?
- Nordzee ? Le vrai nom de Marion Cotillard est Marion Nordzee ?
- Noooooooooon ! dit-il d’un ton brusque. La Mer du Nord ! Pas l'Amère d'Honor ! Je pensais que vous parliez 6.000 langues ! Et puis d’ailleurs, la femme, là-dessus, c’est elle aussi une flingueuse !
L’Adrienne connut une envie féroce de sortir sa flingue, mais se retint.
- Comment vouliez-vous que je reconnaisse le visage sur la photo ?? Est-ce bien la flingueuse TOKYO ?
- Voilà, dit-il. Mais vous me décevez là, pour la première fois de tout jamais.
- Pourquoi ça ? demanda L’Adrienne, regrettant encore sa flingue.
- Passe que…
- Oui ?
- Passe que…elle est des vôtres...une Tatie flingueuse, ça ose tout.
- Oui, et ?
- …et c’est même à ça qu’on les reconnaît !
Sur ce, le mafioso affamé et affairé repartit avec ses deux cleb’s aux clop’s garde-du-corps, et L’Adrienne, Tatie flingueuse quatre étoiles dans le Guide Flinguelin, savait [NB : au contraire de moi] ce qu’elle devait faire la semaine prochaine…
Du fond de l'horizon, le soleil couchant teinte la mer de sombre, d'ombre et de rose moire fripée, brillante et miroitante pailletée d'éclats de diamants senteurs preignantes d'algues iodées La septième vague arrive, la voilà je la reconnais à sa force et à son écume les goélands s'en donnent à cœur joie raillant infatigables, perchés au haut des toits avant de s'élancer pour plonger avec les mouettes, à toute volée
Je savoure cet instant bonheur instant de sérénité instant de contemplation parenthèse enchantée parcelle d'infini somptueuse qui s'offre à vous royalement
C'est une fois ma mère morte, que je me décidai à voyager. Ma connaissance de la Géographie était on ne peut plus vague, aussi, après avoir consulté quelques pages électroniques, je m'envolai, un peu au hasard, pour Israël. Paris / Tel-Aviv, en vol direct, je me laissai séduire... C'était parti pour un dépaysement assuré.
J'étais à deux doigts de pardonner à ma "chère" mère mon expulsion de la maison familiale, trente-huit ans plus tôt ! Ma part d'héritage en poche, j'allais enfin pouvoir prendre le large, sortir la tête de l'eau, bref, troquer mes rames contre une paire d'ailes ! Eh oui, j'allais m'offrir les plus chouettes vacances de toute ma vie !
Un taxi m'emmenait à l'aéroport, comme dans les films... Dans l'avion, je sympathisai avec Cléo, euh...Chloé, une belle trentenaire, une jambe dans le plâtre, que je surnommai d'emblée : Cléopâtre. Esthéticienne et laborantine occasionnelle pour les produits " Tambouille et Compagnie": Les cosmétiques comestibles. C'est un tout nouveau concept, m'expliqua-t-elle, enthousiaste : toutes nos crèmes, toutes nos émulsions doivent impérativement pouvoir être consommées et ne présenter aucun danger pour l'organisme et donc pour la peau ! De fil en aiguille, une complicité se créa et elle me raconta sa vie et ses déboires avec Marc Antoine. C'est alors que sa voix dérailla et monta d'un octave...
_" Je veux mourir ! Je vais me noyer dans la Mer Morte !
_"Avec un plâtre ? qu'elle idée !" Répondis-je quelque peu affolée...(C'était bien ma veine : tomber sur une suicidaire !) La bouche tremblante et l'oeil humide, elle poursuivit :
_"Accompagne moi pour mon tout dernier voyage ! " J'ai menti à mon Patron, je lui ai promis que je prélèverais des échantillons de boues dans cette saleté de Mer pour qu'il me paie le voyage !
Un peu décontenancée, j'improvisai : "Ecoute, fait moi confiance, laisse moi une chance de te faire changer d'avis, de te convaincre que la vie peut être belle, s'il te plait... Je ne vais pas te laisser seule à ruminer une tristesse pareille ! Je ne te quitte plus ! Si au bout de nôtre séjour, tu ne changes pas d'avis, je t'aiderai, je te le promets mais je vais tout tenter pour trouver une meilleure issue à nos vacances si... particulières !"
Je ne sais pas si elle a accepté à cause de la sincérité que contenait le timbre de ma voix ou pour que le curieux à sa droite cesse de tendre son oreille velue, ou encore, pour que j'accepte de pousser son fauteuil roulant, mais elle acquiesca avec un beau sourire, qui me donna envie de chanter sur le champ, "La Reine des Neiges" ! (Allez savoir pourquoi !)
_" Libérééééééééée ! Délivrééééééééée ! "
l'indiscret Monsieur écrasa promptement et tout hurlant, ses deux feuilles de choux de ses deux mains ! Il faillit avoir les tympans perforés ! J'explosai alors dans un fou rire communicatif. Chloé essuya des larmes de joie et de chagrin mêlées. De nouveau sur le sol, nous nous installâmes dans la suite de l'hôtel, réservée par son patron, plus que confortable. Le lendemain, je n'eus pas envie de comparer le taux en sel de ses larmes avec celui de cette Mer Morte, qui dit en passant avait tout d'un lac sans vie, d'après mes recherches : ni faune, ni flore...Je n'avais encore jamais imaginé une mer si immobile et si vide. Je me disais que sa minéralisation exceptionnelle rendrait difficile la concrétisation du funeste désir de ma collocataire...Je pourrais toujours lui expliquer la poussée d'Archimède, en dernier secours, si elle veut bien l'entendre...!
Donc, le lendemain, toutes deux, sublimement vêtues, telles des "Esméralda" mais en plus magnifiques encore, nous passâmes sous " La porte des fleurs" de Jérusalem, au creux de la vieille ville. Les yeux agrandis d'émerveillement, comme elle était belle "ma douce Cléopâtre" ! Il n'était plus question de vilain garçon ni de lamentations. Toutefois, par sécurité, je déposai en cachette, un peu plus tard, une requête griffonnée sur un vieux bout de papier dans une des fentes de ce fameux mur...Pour lui changer les idées, j'oubliai volontairement la visite du cimetière du Mont des Oliviers, mais aussi la "Via Dolorosa" et le temple où repose la Vierge Marie...
Jérusalem, si on veut éviter de parler de la mort, c'est compliqué ! Nous sommes donc parties, elle, protestant contre mon obstination à emprunter des chemins plein de rebondissements pavés, et moi, pestant en poussant son fauteuil récalcitrant, se perdre dans le dédale des ruelles du vieux Souk. On s'acheta toutes deux des babouches et c'est devant l'échoppe des bijoux qu'on fit la connaissance du beau Youcef...J'aperçus une éteincelle dans le regard de ma protégée qui me laissa présager le meilleur comme le pire...
J’aurais du mal à ne plus aller la voir Je ne peux rester longtemps loin d’elle Elle me calme me console me cajole Je pourrais rester la regarder du matin au soir
Elle m’hypnotise me fascine Tout près d’elle je me sens bien Elle m’offre une caresse d’embruns Parfois si sauvage et tantôt si câline
Le bruit, sa houle majestueuse L’air iodé la fraîcheur de sa brise salée Son paysage me remplit de joie de gaieté Un bien-être m’envahit et me rend heureuse
Sentir le sable tiède l’eau fraîche sous mes pieds Et attendre la vague et plonger dans cette eau Retrouver l’énergie, recharger mes batteries illico Je sais que cet air marin est mon meilleur allié
D’ailleurs j’irai la voir samedi Pour m’y promener et m’y baigner Si le temps permet de me tremper Vu que je vis en Normandie
Ici les températures sont changeantes Mais rien ne peut m’éloigner d’elle longtemps Et si, il fait frais je ne resterai qu’un moment Car son panorama me comble et m’enchante
La mer est tellement belle Sauvage quelque fois sereine parfois Au printemps l’été l’automne ou l’hiver même froid Je vais me ressourcer en regardant cette demoiselle
Du port de commerce évidemment, le port de plaisance, un des plus grands d'Europe, est plus au sud, dans le quartier des Minimes (et donc plutôt sur le Pertuis d'Antioche).
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que La Pallice, d'où part le pont vers l'île de Ré, se trouve au bord du Pertuis Breton et que c'est du rivage du Pertuis Breton qu'a été prise la photo-sujet de ce samedi.
La preuve :
Cette tablette d'orientation se trouve à proximité de la Cabane du Pertuis... une crêperie ! Nous y avons bien sûr mangé une galette bretonne bien que le lieu soit situé en Aunis (j'adore les Français qui continuent d'utiliser les noms de leurs anciennes provinces disparues en 1790 et d'appeler "La Royale" la marine nationale républicaine (oui, je sais, je l'ai déjà dit)). Remarquez que de la galette bretonne, j'en ai même mangé à Toulouse, alors...
Du même endroit on pouvait donc apercevoir le fameux pont
Ouais, c'est pas très clair mais c'était au coucher du soleil,
ce qui explique également la couleur roussâtre de la photo de la semaine. Et de toutes les autres que j'ai prises à cette occasion,
Mon bipède a utilisé une de mes photos comme sujet pour le blog du défi du samedi.
Sans même me demander mon avis !
Il est gonflé quand même !
Quoi ? Vous voulez la voir ?
Évidemment, ça pouvait pas rater, il y a aussi mon père. Avec lui, c'est toujours pareil : dès que mon bipède apparaît, il veut se l'annexer et il se colle à lui !
Parfois, il m'énerve tellement que je dois intervenir et me hisser plus haut que lui.
« Qu'est-ce qu'il attend ce gars avec ses chiens ? » « Y doit attendre le passage de la Zinneke Parade » « Euh … c'est râpé vu que la parade est passée au mois de mai et qu'elle repassera pas avant deux ans ! » « Ah bon. Alors y doit attendre le passage du tour de France » «Ça m'étonnerait vu qu'il est passé l'an dernier le 6 juillet en hommage au cinquantenaire de la première victoire d'Eddy Merckx » « En hommmage à qui ? » « A Eddy Merckx » «Merck … le type des laboratoires qu'a inventé le Levothyrox ?» « Non ! Celui avec un X comme Merckx » «C'est bien c'que j'dis … avec un X comme Levothyrox » « Laisse tomber ! De toute façon le tour de France ne repassera pas de sitôt » «Alors y doit attendre le passage du groupe folklorique de Lauterbach» « C'est loin ça … Lauterbach ? » « C'est en Allemagne dans l'arrondissement de Rottweil » « Ah ! Rottweil ! C'est pour ça qu'il attend avec des chiens » « Euh … j'crois pas. J'y connais rien en chiens » « Ben, on pourrait p't'être lui demander c'qu'il attend ? » « Vas-y toi … moi je me méfie des chiens que je ne connais pas » « Mais le gars, on l'connait pas non plus » « Non, pas plus que ses chiens » « Parle plus bas . Y nous regardent » « C'est pas passe qu'y nous regardent qu'y nous entendent ! » « Tu sais c'qu'on dit chez nous en Belgique … Qui cause sème et qui écoute récolte » « Je sais pas s'il récolte mais en tout cas il nous a parlé » « Ah ? Et qu'est-ce qu'il a dit ? » «Il a dit qu'il attendait le 618 » « Tu savais qu'un 618 passait par ici ? » « Non … ça existe pas le 618. P't-être qu'y voulait dire septante-huit ?» « S'il a dit septante-huit, y peut attendre la saint Gudule passe que le septante-huit, y va Gare du Midi » « On devrait p't'être lui dire qu'y s'est gouré !» « Attends … y dit autre chose » « Qu'est-ce qu'y dit ? » « Y dit que le 618 c'est un défi » « Ah pour sûr, c'est un vrai défi ! Attendre ici qu'un 618 veuille bien passer !' « T'as raison … c'est un sacré défi d'autant qu'y prendront pas les clebs à bord » « Parle plus bas. Les chiens aiment pas qu'on les appelle comme ça» « On ferait p't'être mieux d'se barrer» « T'as raison » «Euh, bon courage M'sieur pour vot' défi ! »
L'été était là... Pour arrondir ses fins de mois et se payer des vacances il avait trouvé ce petit job sympa en épluchant les petites annonces « Cherche cause vacances juillet personne aimant les chiens parfaitement dressés pour gardes, promenades et calins »
Un job comme ça, ça lui allait bien Dieu sait s'il les aimait les chiens en garder deux c'était dans ses moyens et puis, ça le ferait sortir à ciel ouvert pour se mettre un peu au vert et parcourir le parc pas à pas avec des chiens marchant au pas comme l'annonce le promettait
Au premier temps de la valse car dans le parc,on tourne en rond pour faire le tour... Tout était bien huilé ils ont flairé, flané, marchotté sans lui lacher la grappe et au dernier banc tous se sont arrêtés pour souffler un peu et se reposer et les toutous lever la patte
Au deuxième temps de la valse ils s'étaient tout trois échauffés un petit sprint les chiens ont osé Lui courait derrière, tirait sur les laisses mais les toutous loin de leurs maitres carapataient avec d'autant plus d' hardiesse qu'en face un couple de boxers joggait tout shuss traînant leur maîtresse qui ne pouvait les arrêter
Au troisième temps de la valse les laisses se sont emmêlées les chiens se sont mis à japper à faire chorus, à disjoncter leurs conducteurs ont lâché les laisses pour tenter de les désembrouiller les quatre chiens en ont profité pour faire la fête tandis qu'épuisés, sur un banc les deux se sont affalés En attendant que les chiens calmés reviennent les trouver à l'heure des croquettes.