oeuvre d'art (rsylvie)


L’œuvre d’art qui me tient particulièrement à cœur est celle que j’écris, dessine, et imagine. C’est l’histoire du livre vivant. Témoin d’une vie, l’œuvre relate et relativise le réel. Elle bouleverse le concret grâce à son immatérialité.
Avant de s’escrimer parmi de nombreux défis, son fil conducteur était rouge. La couleur de l’action, du sang, celle qui fait battre nos cœurs. Puis l’œuvre a voyagé jusqu’à s’évader dans la translucidité, parfois même dans la clandestinité.
Rouge, grise ou noire, la matière n’est plus ni même sa couleur. Sorte d’essence englobante, elle accompagne. Elle est là. Fascinée, par chaque description. Emportée, par chaque vibration. Apaisée, par chaque contemplation.
L’œuvre qui parle et qui fait parler. Celle qui chante et qui fait chanter. Celle qui participe à son présent comme à son passé. Celle qui adoucit ou qui fait rêver. Celle qui rassure et celle qui plait.
L’œuvre, l’art ou le cœur qui battent ? Sujets qui ne peuvent pas la laisser se taire. Ils l’appellent. Alors, elle se rappelle déjà toutes les pirouettes pour rester le mystère. Pourtant, osera-t-elle franchir le rubicond? S’arrêter de murmurer ? Et oublier le « faire languir » ? Arrivera-t-elle à se détacher de tous ses effets d’annonce pour enfin écrire la suite ?
Au fond, l’autre partie d’elle-même ne retiendra que le particulier. La particularité d’être un homme au fond de son jardin à ratisser l’herbe du printemps. Un homme éternellement libre de le faire.
Il y a un mystère dans son œuvre, et tout particulièrement dans le jardin des délices.
Le feu du pinceau de J.BOSCH va flamber dans tous les paysages de son époque.
Jamais aucun peintre n’aura montré la gourmandise, l’ivrognerie, la débauche, le vice, la luxure et dit son regard désabusé sur un monde en proie au mal. Alors que tous sont englués dans leur ordinaire, J.BOSCH choisit ici l’imagination démentielle.
Il perd toutes les questions sur le monde et réinvente une géométrie de la démesure.
Il faut pour ce tableau chausser ses lunettes pour apercevoir l’œuvre . On ne peut se sentir floué tant le tableau concentre de secrets . Des personnages se baladent un entonnoir sur la tête. Ici les diables et les fous sont à la fête et prêts à toutes les entourloupes.
Ici le monde est une nuit noire où grouillent les fous .C’est un tableau sans gouvernail qui ne va nulle part.
Mais le rire est partout . Ici le monde est un chariot de foin et chacun en arrache ce qu’il peut en riant ou en fuyant qu’on soit fou pauvre ou riche.
Le dessin représente une jeune femme en robe de mariée avec de grands yeux aux longs cils savamment recourbés. Elle porte un beau collier et un bouquet de fleurs, et elle a un grain de beauté au-dessus de la lèvre
C’est moi. Dessinée par ma fille quand elle était petite.
Je n’ai jamais porté et ne porterai certainement jamais de robe de mariée. D’ailleurs, je ne porte jamais de robe. Mes yeux sont plutôt petits et mes cils n’ont jamais été approchés suffisamment par un quelconque mascara pour avoir une courbure pareille. Je n’ai aucun bijou et je n’aime pas les fleurs.
- Ben oui mais ce serait quand même mieux que tu te maries, hein, et puis les dames ça se maquille et ça se fait belle !
- Hm… et mon grain de beauté, tu t’es trompée : il est sous mes lèvres, pas au-dessus.
- Ah non, je sais, mais c’est moche, dessous, alors je l’ai mis au-dessus.
Ce dessin n’est donc absolument pas moi. En revanche, il est totalement ma fille, alors je le garde très précieusement. D’autant plus que ma fille, elle, je n’ai pas pu la garder, au prétexte qu’une semaine toute nue dans une cave, ce serait trop sévère comme punition pour avoir vexé sa maman.
Je n'ai pas encore reposé ma tête sur une oeuvre d'art, je suis déjà allé au Louvre. A cette époque, je lisais Christian Jacq, j'ai adoré bien sûr, tout sur l'Egypte.
Les scribes, les sarcophages sont pour moi des oeuvres d'arts. Sincèrement je ne m'y connais pas dans l'art. Je pourrais placer dans une conversation des bribes de phrases lorsque je serais entouré de connaisseurs. Genre Katyl ou Map " vous savez combien à été vendue la peinture "cri" de Munch à la galerie Sotheby's à New York, 119,92 de dollars" j'espère que lui au moins il a profité de ses ventes. En même temps je m'en fiche un peu cela viendra ou je resterai devant un tableau et j'aurai des sentiments qui me remonteront à la surface. Chaque chose en son temps.
Un jour dans les Pyrénées, je me lavais le corps et le cerveau et là coulait une rivière. Il devait faire moins cinq par là le rivage était gelé, il était recouvert de glace.
Et, sous cette glace l'eau descendait, comme une ombre qui cherchait son chemin. A ce moment là j'ai trouvé que la nature faisait de l'art, une oeuvre d'art, j'ai appris un peu plus tard que je me trompais.
Je me suis dit pourtant, à ce moment là, que j'aimerais bien essayer de reproduire ce phénomène, je ne l'ai pas encore fait. Comme beaucoup de pensées, un jour peut être...Aller au bout de ses rêves,foncer. Je devrais.
Donc je reviens à mes moutons. Je suis tombé sur un article qui parlait de Kant " En droit, on ne devrait appeler art que la production par la liberté .." donc la nature ne serait pas une artiste. Pourtant je suis sûr qu'il doit y avoir des exceptions. Donc pour le défi je vous montre l'oeuvre d'art qui me tient particulièrement à coeur.

Le baiser de l'Amour d'Antonio Canova
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Pour connaître la douceur du baiser de l’Amour, et l’enivrement de ses caresses, il lui avait fallu en accepter les morsures. La passion coulait en son sang comme une lave bouillante, et le mezcal et la tequila brûlaient ses artères, plus fort qu’un poison violent. Mais qu’importaient les précipices devant le vertige des hauteurs !
Pour connaître les délices et les orgues des grandes amours au souffle lyrique, elle avait suivi toute sa vie des chemins tortueux ou rectilignes, sans jamais renoncer à ce frisson suprême et le frémissement de ses sens, et cet indéfectible sourire qui illuminait ses traits de l’insolence d’une jeunesse éternelle lui indiquaient qu’elle ne s’était pas trompée. Jamais.
Elle contemplait la statue et effleurait du bout des doigts le marbre de Carrare, semblant vivant et palpitant comme la gorge d’un pigeon. Et pour elle, en cet instant de toute éternité, où l’amour tapait dans son cœur comme un balancier aux veines de ses tempes, cependant que résonnait à ses oreilles le credo de la Missa Brevis de Mozart, la parfaite concordance des sons et des formes lui procura une sorte d’orgasmique soupir de bonheur esthétique.
L’alliance de l’humain et du divin lui apparut, dans sa plus impérieuse pureté, réalisée à tout jamais dans cet instant de grâce. Elle devint elle-même œuvre d’art.
Quelle est l'oeuvre d'art
qui vous tient particulièrement à coeur ?
Nous attendons avec grand plaisir
vos réponses
Venise ; Vegas sur sarthe ; Porphyre ; Lorraine ;
EVP ; Anémone ; Teb ; Mamido ; KatyL ;
Joe Krapov ; MAP ; Sebarjo ; titisoorts ;
Dur dur, d'écrire et de n'utiliser que quelques lettres, une n'est plus présente, quelle personne pour nous donner cet ordre d'écriture ? C'est difficile, impossible j'écris tout de même pour prouver que c'est possible. Pour cet exercice je ne peux plus continuer. C'est court j'en suis conscient. Qui nous donne ces ordres d'écriture impossibles, je me répète, pour une fois je ne puis obéir. Bientôt je publie mon texte sur le défi du week-end.
Les enfants, nous allons en promenade. Cessez de crier. En rang. Trois par trois. K viens ici, arrête de pincer Y , j’ai déjà dit: “On ne fait pas mal aux filles” .Ni à personne d’ailleurs, c’est clair? Bon. Je t’ai à l’oeil..
G, c’est bien, mets ton bonnet; pas comme ça, le pompom devant. Oui. Tu viens, Q? Je vous défends de rire, c’est son nom, on n’y peut rien. Q , non, pas à côté de K, je vous connais. Approche, Z et toi aussi,J. Là..là... Attendez que je compte:
K , Z et J au premier rang; c’est bien. G près de Q (Silence!..) et tiens, viens toi, la petite H. Voilà, vous êtes trois. Les autres maintenant.
R et S, je sais, vous êtes inséparables, d’accord. S donne bien la main à V; mais non, V, il ne serre pas trop fort. Ca va? Bon.
Les trois suivants: X (cessez de rire, personne n’a dit qu’il était personne!...) attache ton écharpe, mets tes gants, T, tu te mets à côté de lui et tu ne bouscules pas U, on n’est pas à la récréation, on va en promenade.
Regardez, mes enfants, comme W est gentil! Il met son doigt sur ses lèvres pour dire à A et B qu’on ne bavarde pas. Comme c’est bien! Quoi? Qui a dit que c’est un frotte-manche?.. C’est toi, C?... Viens ici, mon ami, et D ne rit pas bêtement tout bas! C’est une classe ou une crèche, ici?...
Tais-toi, D, tu n’as pas la parole, mets-toi en rang avec E et I. Où est-elle encore passée, celle-là?
Qu’est-ce que vous avez, les jumeaux? Vous rigolez dans mon dos? Vous osez? Vous... Quoi! Pas tous les deux ensemble, un à la fois, parle, F. Pas toi, H. ..Comment ça, I est partie? Vous voulez me rendre folle! Partie? Où? Quand? Comment?...
Monsieur le Directeur, s’il vous plaît..oui, oui, un peu d’eau...I est partie par la porte du jardin qui était restée ouverte...Toute seule? Je ne sais pas... Avec un monsieur? Qui a dit ça?...X l’a vue...Monsieur le directeur.....je crois que...que je m’évanouis...
Aaghh…Sans lui on étouffe.
Béat est celui qui l’a satisfait.
Compassé, quelquefois…
Dilaté dans une manche.
Epoustouflant, celui qui n’en manque pas.
Filet sous le seuil ou à l’espagnolette.
Gelé, glaçant : C’est la bise.
Haletant est celui qui en manque.
Insolent, celui qui s’en donne.
Joyeux, quand il est petit.
Kalk avec lui il faut qu’on l’enlève.
Lancinant : Une musique continuelle.
Malin : Quand l’œil pétille.
Nonchalant : Quand on fait mine qu’on n'en a pas.
Obtus : Quand on l’a buté.
Pistouille s’il est mutin.
Quiet : si tout est calme.
Suspect : Si vous l’avez louche.
Taquin quand on fait le malin.
Ubuesque quand Ionesco le double.
Vif s’il pique les joues.
Waouh ! Quand il vous épate.
Xénon le disait élément.
Yatagan, il l’a coupant.
Zatopek n’en manquait pas !
Vous avez deviné ?
Ah non ?!
Et bien j’ai l’R fin moi, maintenant !!
Que se passe-t-il? Voilà que
B bat en retraite.
C se carapate.
D disparaît, discrète.
E s'évanouit.
F fiche le camp.
G gagne sa grotte.
H se hâte vers sa hutte.
I s'isole dans son igloo.
J se jette à l'eau.
K est K.O.(mais a averti au klaxon).
L largue les amarres,
M met les voiles.
N nage sous la nappe des vagues.
O s'occulte obstinément.
P part, prudente.
Q quitte le quartier, très peu quiète.
R se ratatine dans sa retraite.
S se sauve.
T se taille.
U use de ruse et l'accompagne.
V va, ventre à terre.
W double vélocement cette dernière
X n'existe plus.
Y n'y est pour nobody.
Z zigzague vers la sortie.
La vie était belle,
mais on la dit de retour.
Comme un seul homme,
l'alphabet se barre et se casse
quand s'avance, arrogante,
A qui menace.
A l'heure où les quinquets devraient être fermés,
B ien des bambins fourbus se forcent à veiller;
C 'est l'instant merveilleux où l'on croit distinguer
D ans l'âtre refroidi, des bruits de cheminée.
E st-ce le Père Noël encombré de paquets?
F aut-il fermer les yeux de peur de l'effrayer?
G lisser dessous la table, ne plus respirer,
H aïr l'espiègle chat qui joue sur les chenets
I l va briser le rêve et tout faire rater...
J urer fort dans sa tête qu'on a été très sage,
K yrielles de promesses qu'on jure de tenir,
L es efforts semblent vains, rien n'a l'air de venir
M algré les yeux rivés, attendant l'équipage.
N i rennes bondissants, ni hotte débordante,
O h! Ne nous dîtes pas "le meilleur, c'est l'attente";
P ère Noël, un effort... on baille à qui mieux mieux
Q ui peut te retarder ? un bouchon dans les cieux ?
R epus d'un bon festin, les parents endormis
S 'imaginent qu'on est bien au chaud dans nos lits.
T oi, gentil père Noël, exauce nos prières,
U n merveilleux cadeau, pour moi et pour mes frères,
V oir enfin à mes pieds un grand chemin de fer,
W agonnets et locos menant un train d'enfer,
Y a des nuits comme ça, bien belles sur la Terre,
Z en peux plus, Z'ai sommeil... Ze verrai ça demain.
Végétariens, végétariennes, s’abstenir ! A midi, il y aura du cadavre d’animal dans les assiettes ! Mais avant cela il me faut attendre dans la queue, parmi des mamies à caddies (et pas des mamies d’Acadie chères à Michel Fugain) et des retraités heureux : il leur est resté des dents.
Heureusement le bestiau crevé ne sent rien ! Sa viande est suspendue aux esses. L’usage de ce substantif ne vise pas à faire la preuve que l’auteur a des lettres mais qu’il a pratiqué jadis le cruciverbisme, le scrabble et l’anagramme ! Le quartier entier vient ici acheter l’élément central du repas de midi, ces quartiers d’animaux que l’artisan divise en suivant les desiderata que ses clients émettent. Derrière chaque demande il y a ce cri ancestral : « Pas de quartier !». Une devise de sauvage qui traverse le temps ! La vie est ainsi faite qu’elle est cruelle aux faibles. Ici, de la queue du taureau aux entrailles de la génisse, la chair de l’animal abattu est charcutée, parée, débitée dans une ambiance finalement assez gaie : les mecs en tablier et chemise bleu gris sifflent des airs de « La Vie parisienne » tandis qu’un peu de sang s’épand de ci de là cahin caha sur le marbre et le carrelage. Mais la sciure, c’est bien là qu’elle a de l’utilité !
Déjà, dans la vitrine du magasin, celle sur laquelle les passants zyeutent depuis la rue, un pauvre veau au regard éteint fait la tête, dans une indifférence généralisée, parce qu’il lui a été inséré dans chacune de ses narines un paquet bien vert de branches de persil. Quelle idée, franchement ! Il y a un chant ancien qui parle de cela, qui fait rire plus d’un pékin en disant l’absurdité de cette pratique, en la ramenant à l’humain.
Pendant l’attente dans la file, j’ai une pensée émue à l’égard du sieur J.-C. Averty en apercevant l’équivalent de ses bébés trucidés. Leur chair hachée pend tristement à la grille de la machine à décerveler. Celle-là eût plu à Ubu, le déjanté Sire né à Rennes. Ah la la qu’est-ce que Jarry, mais en silence quand même, des cheminements de ma culture qui va du télévisuel au théâtral en passant par le musical ! Qu’est-ce que je trimballe, décidément !
Au frais, derrière les vitres réfrigérées, des tas de victuailles attirent les regards des clients. Le cervelas ne se lasse pas de pulluler, l’araignée rêve de s’appeler Gipsy, la bavette demande à être taillée, l’aiguillette perd le fil de ce que jaspine la crépine, la macreuse aguiche la cliente à belles miches. Le faux-filet sait bien qu’il est destiné à finir emmené dans un vrai. La langue rêve-t-elle déjà de persillade ? Le veau a-t-il idée qu’une certaine Paulette sera décrétée par l'assemblée rassasiée reine des paupiettes ?
Vu que le maître de céans fait aussi charcutier-traiteur, il y a des chapelets de saucisses, des pâtés divers, des plats préparés à réchauffer, du hachis Parmentier, du museau vinaigrette, des pieds panés… D’aucuns, d’aucunes, par avance, se lèchent les babines. Simplement, ainsi que je le disais au début, végétariens s’abstenir !
Je n’ai qu’une autre certitude en ce lieu c’est que la brave dame assise dans sa caisse dégage une sensualité intense. Elle aussi est bien en chair et elle dégage autant de sex-appeal que la caissière du grand café chère à Fernandel. Le travail fini, le rideau de fer baissé, les carcasses rangées, à l’abri des regards mais si près de la rue, il s’en passe certainement de belles dans ce ménage ! J’aime à imaginer les étreintes enivrantes auxquelles les a menés leur désir exacerbé par l’inactivité, l’attente, le bruit du maniement des tranchelards, des lames et des instruments de métal qui s’abattent sur les carcasses, les pénètrent, les lacèrent, en extirpent le meilleur, les agitent, les emballent, et bibi, lui aussi, dans la file d’attente des tapas s’emballe : se peut-il que le charcutier manie avec la même vigueur sa mie que sa galantine ? Que la vue permanente sur ces cylindres durs, ces messieurs musclés qui s’agitent, à elle, lui fasse un effet… stimulant ? Qu’ils ahanent pendant le déduit, ici-même, sur l'étal, les pieds dans la sciure... ?
Mais il faut que je cesse de décrire ce lieu et d’énumérer mes fantasmes d’égrillard quasi Strauss-Kahnien, bien allumé, bien grillé, qui, bien avant que les Chrétiens ne célèbrent la naissance du Christ et que le vieux barbu qui passe par la cheminée n’entasse au pied du sapin les cadeaux des bambins, se farcirait bien la dinde aperçue là, qui ressemble un peu à Pétula Clark. Mrs, please, clarkez lui le beignet à l’Augustin !
- Qu’est-ce que ce sera ? demande le mari de la belle aguicheuse.
- 200 grammes de steack haché.
- Il y en a un peu plus. Je le laisse ? Et avec ça ?
- Une demi-épaule d’agneau.
Je lui permets de me suggérer d’en faire un navarin - pas la peine de lui parler de cuisine indienne, à lui, byriani, il ne sait certainement pas ce que c'est ! - puis je vais à la caisse régler mes achats à Peggy. C’est ainsi que j’ai baptisé la femme du butcher, du blase de la peluche à grand cils des Muppets.
Je lui tends un billet de vingt, elle m’en rend un de cinq et des petites pièces et, je ne rêve pas, me glisse un petit papier manuscrit plié en quatre dans la main.
Je quitte l’établissement en saluant ces braves gens, je fais quelques pas dans la rue et m’arrête devant la pharmacie. Là je déplie le truc et je lis :
Cher Augustin
J’ai bien reçu ta lettre. Je ne savais pas que tu m’aimais autant. C’est d’autant plus curieux que tu ne m’as jamais fait d’aveux ni laissé paraître aucun signe de cela auparavant. Cependant – ne jette pas la pierre à la femme adultère ! - l’idée d’une aventure ensemble m’intéresse bien. En vue de se divertir Maxime va passer quelque temps, chaque mardi après le travail au club de bridge de l’avenue Trudaine. Le quartier est ainsi libre, si je puis dire. Viens vers 21 heures. Tape sur le rideau de fer, je serai derrière et te ferai entrer dans le magasin et peut-être dans ses dépendances si affinités. Je t’assure que tu ne seras pas déçu de la visite. Tendrement. Emmeline Sanzeau.
La lettre que j’avais perdue ! C’était ici, l’autre matin en achetant du lapin ! C’est elle qui l’a ramassée ! Une lettre destinée à Irma, l’assistante de la cantatrice. Dans quel pétrin me suis-je fichu ? En même temps, quand le rêve d’un instant devient réalité, faut-il cracher fâché sur le lama argenté ?
***
Pendant ce temps, au château, un énième appel mal aiguillé retentit, dérangeant le capitaine dans sa sieste.
P.S. Les plus perspicaces des lecteurs et lectrices du Défi du samedi l'avaient deviné, bien entendu. Maintenant les autres savent quelle lettre a disparu dans ce texte qui aurait peut-être pu aussi s'appeler "une aventure inédite de Tintin" mais je ne veux pas d'ennuis avec Casterman !
Triples Buses
(Ich bin ein Griechischer)
Oh Oh Oh !
Bien qu'elle fut quelquefois une voyelle très joyeuse et si souvent (dé)criée trois fois de suite, cette lettre première s'est définitivement envolée et s'est enf(o)ui de notre monde, le onze d'un septembre noir ou le douze d'un octobre gris, je ne me souviens plus. Toutefois c'est sûr, elle qui fut triplement le symbole de l'immense union européenne, fondit comme neige, telle une fusée meurtrie file vers des météores en feu. Tombée en un gouffre profond, limbes de l'oubli, rejetée comme une dette grecque qui enfle, elle est pour toujours lettre morte.
Eh Eh Eh !
Et voyez présentement, ce petit b qui s'y croit ! Il veut lui succéder ! Oui observez comme il redouble d'efforts pour croître ! Quel joli bébé ! Quel toupet ! Il tourne, tourne et veut nous dévorer, telle une hyène omnivore qui jeûne depuis trop longtemps et qui mime le peso doble d'un condor énervé, comme s'il fut réveillé fortuitement.
hI hI hI !
Ne tremblez point ! Les peurs bleues, les sueurs froides iront twister bien plus loin ! Moscou, Pékin, Tombouctou, qu'importe ! Que ce soit loin de Berlin et de London ! Les poussières qui recouvrent le sol stérile de nos cultures les verront tournoyer en des Hip-hops désespérés. Puis elles fuiront, les vents les porteront comme des typhons étiques. Oui, il est de bon ton de dire qu'elles ont des dents pointues, fin prêtes pour grignoter les péninsules intersectionnelles de l'horizon et des lignes méridiennes. Ne vous y fiez donc point. Qu'Eole les souffle comme de ridicules bougies ! Nous voulons respirer, être libres. Dieu du meltem et père de Zéphyr, boute-les ! Pousse-les vers des déserts mineurs !
hUe hUe hUe !
Remettons un tigre en notre moteur ! Réglons nos bicyclettes, unissons nos forces vives ! Fonçons sur nos vélos et oublions tout droit de véto ! Oui, un nouvel essor est possible ! Fonçons ! En trombe, directement en cinquième, brûlons les stops et ne rongeons plus nos freins. Délivrons-nous de nos mots. Retrouvons ces signets prisonniers entre deux feuillets de livres oubliés et dépensons les sterlings qui nous stressent et nous oppressent. Voici : une quiétude retrouvée. Une envolée de notes de musique. Des mélodies voluptueuses scintillent et nos oreilles sont éblouies. Triple fois oui, vidons nos poubelles et remplissons nos cervelles !
Yek Yek Yek !
Non, trois fois Non ! Ne croyez nullement que ce sont les i grecs qui feront choir définitivement le vieux continent, notre Europe incontinente !!! Je préfère mettre les points sur les i, c'est une idiotie de penser ceci. Enfin non quoi ! Remercions-les plutôt ! Oui trois fois oui, vénérons-les.
Ils sont une invite, le rêve d'un exode touristique, une quête de tourbillons sensoriels. Un oubli de toute crise économique qui coûte trop et qui enfin nous importe peu. Ils sont un chemin neuf vers Troie qui gomme tous nos chemins de croix. Un nouvel Ilion et un songe d'Odyssée fertile, un périple qui ignore tout péril. Une société puérile. Nous sommes tous mômes. Jouons tous ensemble.
Croyez-le, très chers, les i grecs sont îles grecques, ensoleillées comme de belles héllènes, ensommeillées comme en mer ionienne. Ils sont ces siestes si longtemps espérées, ces silences fertiles, si riches qu'on les dit d'or. Ils sont l'été infini, douze mois de juillet puis une île ensoleillée, puis deux puis trois... Ils sont un possible, notre futur et notre venir.
Les lettres sont des combinaisons qui se mélangent et qui donnent des mots. "Non toi tu n'es pas à ta place !" c'est ce qu'on appelle une faute d'orthographe. Lors d'une promenade des lettres, le o s'aperçut de la présence du e, décoré, un jour de Noël. Il en tomba éperdument amoureux. Oui c'est sûr, c'était bien un jour de promenade séparée par le m, le o n'en pouvait plus. Alors, il décida Et le e par tant d'insistance s'épris aussi du o, c'est à ce moment là, que les sacs de nœuds ont commencé. Le o et le e avaient leur cœur qui battait la chamade, en chœur. Leur amour divin, non ils n'étaient pas devenus œnologues mais leur idylle vieillissait comme le bon vin.
Les autres lettres un peu jalouses, ont voulut étouffer l'affaire dans l'œuf. Mais ce n'est pas de viles manœuvres qui pourront y changer grand chose.
Le A, patriarche des lettres, gardait un œil sur l'affaire. Lui, gardien du bon comportement des lettres, aux bonnes mœurs de ses congénères. Le o avait trouvé son âme sœur, comme l'oiseau Phœnix, il renaissait de ses cendres.
Il regardait le e comme un chef œuvre, une déesse. Mais malheureusement tout a une fin.
Un jour, le e la tête dans les étoiles, rêvait, s'oubliait vers des songes loin du train train quotidien , fit un vœu pour que sa vie change. Et c'est en regardant le ciel que le e, tomba d'amour d'une supernovæ. Le a de sa prestance lui ouvrit les bras la réconforta l'aima et cætera et cætera...Son curriculum vitæ ne lui plaisait plus. Alors dans son cœur qui saignait le e s'aperçut qu'elle les aimait les deux d'un amour égal, ex æquo quoi.
Le trio arriva enfin à s'entendre, ils voyagèrent dans la ronde des mots d'aéroport à l'aérospatial , chaque occase pour
faire l'apéro à l'opéra. Et voilà.
![]()
J'ai vu un A entre les Arbres
Cachant le B sous le sous-Bois
Quelques Cailloux formaient un C
Et moi ? J'observais le V
Formé par les aiguilles sur ma montre
Qui filaient Vite Vite !
Mais j'avais le Temps avant le T...
Le E Effleura le F
Que formait une Feuille
A la couleur Jaune pâle.
Le I Ironisait sous les branchages
Et un l'H Hors-la-loi voulait m’attraper
Mais mon G le prit au Garrot pour l'en empêcher !
J'ai cru rêver en apercevant un Koala
Et en tombait même sur le Q
C'est à ce Moment "M" que le W grimé en Wallaby
Me fila sous le nez ;
Pour ne rien arranger, en trainant un Xylophone...
Ma santé mentale s'étiola entre le Y et le Z,
Lorsque le Yorkshire attaqua le Zèbre
Et qu'une Loutre avec ses L caressa mes oreilles.
Le N entama alors une Cérémonie Nuptiale,
Avec le O et son Okapi...
C'en était trop, le P m'a fait Péter les Plombs
Mais grâce au S j'ai retrouvé ma Sérénité
Alors qu'un U Ululait comme une chouette.
L'R est bien frais ce soir, je vais enfiler une blouse...
Une blouse Blanche, bien sûr !
