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Le défi du samedi

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25 octobre 2008

Mauvaise foi (Val)

Bonjour cher jury,

Premièrement, sachez que la contrainte des deux mille caractères n’était pas assez sévère à mon goût. Oui, je sais, j’ai conçu la consigne, mais je n’ai pas voulu vous décourager en imposant des contraintes supplémentaires. Seulement, moi, cette liberté excessive m’a gênée dans mon inventivité. Je n’ai pas pu. C’était sans doute trop facile pour mon esprit compliqué. Nous sommes samedi matin et je n’avais encore rien écrit avant il y a cinq minutes. Alors, démunie, opprimée par toute ces permissions, je me suis inventé une exigence supplémentaire pour la rédaction de mon texte. 

Mon mari tient à ce qu’on sorte en famille ce matin faire quelques emplettes. Quelle aubaine ! Imaginez…

Comment ? Vous ne comprenez pas ? La contrainte !

En voilà une contrainte idéale !

Présentement, il est parti prendre sa douche et s’habiller. Logiquement, il lui faut un bon quart d’heure pour cela. Mais, ce matin, pour gagner du temps (il a très envie de ne pas partir trop tard) , il a pris son fils avec lui. Rajoutons donc dix minutes.

Une belle contrainte ! J’ai exactement vingt cinq minutes pour écrire mon texte de deux mille caractères, et pour le publier. Pas une de plus ! Dés qu’il reviendra, il insistera pour que je me dépêche d’aller à ma douche aussi, et j’aurai à peine eut le temps de finir de m’habiller que déjà il aura mis tout le monde dans l’auto qui klaxonnera à tout va !

Qu’il est pénible quand il veut sortir !

Lui, il dit que c’est moi qui le suis, pénible, avec cette histoire de défis du samedi. D’ailleurs, je le soupçonne d’avoir toujours envie de sortir en famille le samedi matin, justement. J’ai l’impression qu’il cherche à me sevrer de l’addiction.

Comment ? Mon invention ?

C’est que, c’est pas simple, d’imaginer une invention en vingt minutes tout en rédigeant un défi. Vous pourriez le comprendre, non ? Et faire comme si ce texte était très bien !!

C’est trop vous demander. J’aurais dû le savoir ! Ah ! Les génies sont toujours des gens incompris !

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25 octobre 2008

IL Y A DES LIMITES ! (Joe Krapov)

- Ils sont très jolis vos boîtiers, Monsieur Varkop, mais on ne voit pas en quoi ils se distinguent des téléphones portables.
- Comme je vous l’ai indiqué tout à l’heure, il s’agit ici de télétransportation collective. L’objet en lui-même importe peu : ça n’est jamais qu’un clavier miniaturisé avec des lettres et des chiffres.
- Ca veut dire que si je veux me rendre à Venise pour visiter la fondation Carcopino je vais y être propulsé en un clin d’œil ?
- Absolument. Mais il y a juste une condition : c’est un moyen de transport collectif. Par mesure d’économie et d’écologie, il faut être plusieurs à faire le voyage. Voulez-vous une démonstration ?
- Oh oui, dit la plus jeune des membres du jury. Surtout si c’est Venise !
- Très bien ! Saisissez vos boîtiers et composez le même code tous ensemble. Je dicte : R O U 1 4 3 1 0 5 3 0.
- Mais… Il ne se passe rien ?
- Attendez quelques secondes. Les chauffeurs du bus spatio-temporel n’arrivent pas, quelquefois, à fermer les portes arrière.
- Dites, c’est quoi, le code pour revenir ici ?
- Revenir ici ? Pour quoi faire ? Vous serez plus utiles là-bas !
- Le bus spatio-temporel, avez-vous dit ? Mais alors…

 

Ils se sont dématérialisés. Le professeur Krapov récupère ses boîtiers, fait les poches des vestons et les sacs des dames. Puis il sort.

Dans l’antichambre, il salue du chapeau les candidats suivants. Dans une vespasienne publique, il ôte sa fausse barbe, son déguisement de djeunn’s et tout ce qui l’a transformé en savant fou. Qu’il est, du reste !

 

Le lendemain, au Vieux Saint-Etienne, devant le pognon :
- C’est pas ça qui va compenser ce qu’on vient de perdre à la Caisse d’épargne ! commente Lemouton.
- Si tu confies tes noisettes à l’écureuil, c’est normal, il en croque, répond Petitprince. Ce que je ne comprends pas, professeur, c’est votre but dans tout ça.
- Moi je viens d’envoyer cinq scientifiques faire un tour à Rouen, le 30 mai 1431 pour essayer de sauver Jeanne d’Arc !
- Quel intérêt ?
- Eh bien, vois tu… Ah, tiens, zut : 2000 !

2000 caractères

25 octobre 2008

Le clepsydrolutrin (Seb)

Une étude sérieuse met en évidence un aspect peu connu des spécialistes du trouble du sommeil: les insomnies littéraires. Un fléau qui affecte les lecteurs qui se plaignent de leurs nuits trop courtes, de ce qui rend les lendemains difficiles. La faute à ces livres qui les absorbent jusqu'au petit matin et qui leur fait oublier l'heure du coucher.

Alliant le meilleur de l’horlogerie clepsydrique à la beauté ineffable du design des lutrins j’ai conçu un bijou technologique pour pallier à cette pandémie: le clepsydrolutrin.

Description:

Le clepsydrolutrin est constitué de 3 axes reliés entre eux par des pivots.

Un dessin valant mieux qu'un long discours en voici une maquette commentée.

cleps1

- 1er axe (A) - vertical. Il est solidement attaché à un socle (S). Un lutrin(L) transparent le chapeaute : L sert à dessiner, prendre des notes ou son thé.
- 2nd axe (A') - transversal. A une extrémité, une clepsydre (C), un récipient gradué en minutes et un petit trou à sa base pour laisser s’échapper l'eau. A l'autre extrémité, un autre axe (A'') chapeauté par le lutrin (L') sur lequel on pose son livre et équilibré par un contrepoids (P).

Indispensables et non fournis : un fauteuil d'arbitre de tennis et sa petite échelle, un récipient pour récupérer l'eau de la clepsydre.

Le mode d'emploi: on remplit la clepsydre selon le temps de lecture que l'on se donne. En se vidant elle fait infléchir A' qui agit sur A'' qui fait descendre L'. Le livre s'éloigne peu à peu des yeux du lecteur. Quand le livre est illisible: il est temps d'aller se coucher.

Ci-joint, le press-book d'un modèle de luxe.

cleps2


Notes complémentaires :

· Avantage : les presbytes n'ont plus besoin de lunettes mais ils s'endormiront plus tard.

· Le modèle est perfectible: nous lui prévoyons une adaptation pour une lecture couchée.

· Une autre étude a été lancée pour savoir si ce procédé pouvait être économiquement rentable avec une version adaptée à la lecture dans les toilettes.

1989 caractères avec le titre

25 octobre 2008

Littérator' 2000 (Poupoune)

Mon invention, je n’irai pas par quatre chemins et ne jouerai pas la fausse modestie, va tout bonnement révolutionner la littérature ! Il s’agit d’une machine à réécrire n’importe quel texte pour qu’il fasse deux mille caractères exactement. Pas un de plus, pas un de moins, espaces et ponctuation compris. Deux mille caractères, c’est très exactement la longueur de texte idéale déterminée par une équipe d’éminents scientifiques, psychologues et linguistes : assez long pour induire une lecture attentive, mais trop court pour ennuyer le lecteur. Des tests sérieux effectués sur un échantillon représentatif de la population ont prouvé que cette longueur de texte sied aussi bien au lecteur jeune et pressé qu’au lecteur âgé exigeant, à l’adolescente écervelée ou à la mère de famille vieillissante.

Comment ça marche ? C’est très simple : vous entrez le texte à convertir, vous sélectionnez la langue du texte d’origine parmi les vingt-deux langues disponibles et vous appuyez simplement sur le bouton « conversion ». En trente secondes à deux minutes selon la longueur du texte d’origine, vous obtenez votre version réécrite en deux mille caractères.

Vous trouverez en annexe des exemples qui en disent beaucoup plus long que n’importe quel discours : « Guerre et Paix », « Harry Potter », mon curriculum vitae et la phrase « Passe-moi le sel » réécrits chacun en deux mille caractères.

Vous remarquerez à travers ces quelques exemples que le style de l’auteur tout comme le sens du texte sont parfaitement respectés.

De quoi satisfaire à toutes les attentes du lecteur moderne : poids et volume des ouvrages facilitant le transport et le stockage, temps de lecture équivalant à une ou deux stations de métro ou de bus, ou encore à la page de publicité du film du dimanche soir…Et bien entendu, cet argumentaire percutant a été intégralement réécrit par cette machine révolutionnaire, à partir de la phrase : « J’ai inventé une machine qui réécrit tout en deux mille caractères ». Alors, convaincus ?

2000 caractères

25 octobre 2008

Le lazer TYUIOP (MAP)

LAZER

« Le lazer TYUIOP »

 

 

 

 

 

Mesdames, Monsieur, voici l’invention que je viens de mettre au point : le  « LAZER   TYUIOP » ou Trois en UN. C’est un  « LAZER » à triple détente pour faire vos traitements de textes trois fois plus vite à l’ordinateur sans clavier !

 

 

 Vous pensez votre texte et  il l’écrit grâce à un détecteur alpharachidien à haute résultante amphibiométricolatératriphasée en lien avec un lecteur de pensées rapides haute performance de type gamma omnixcellux-cerviçavantoux.

 

 

 

Il vous suffit de connecter l’appareil sur votre ordinateur avec une simple prise USB pour qu’il émette des ondes dans un rayon d’action que vous aurez vous-même déterminé. L’hémisphère nord de votre cerveau étant ainsi sollicité, vous n’avez plus qu’à penser à votre travail en cours et les textes s’afficheront à l’écran immédiatement. Vous pouvez ainsi  vous reposer de l’hémisphère sud, ce qui vous permet une pose détente d’un côté tout en travaillant rapidement de l’autre. Vos mains étant libérées du clavier rien ne vous empêche  de prendre pendant ce temps votre repas ou à vous occuper à d’autres tâches utiles ou ludiques.

 

 

J’ai testé mon appareil sur une centaine de personnes de tous âges avec succès … si vous voulez voir les documents.

 

 

 Je dois ajouter que j’ai bien entendu pensé aux habitués de Christopher Latham Sholes et qu’un simple inverseur QWERTYIOP permet de transcrire les pensées des intéressés.

 

A ce moment les membres du jury se retirent pour se concerter.

 

A leur retour :

 

 

L’un d’entre vous désire-t-il essayer mon appareil ?

 

Mesdames ?....... Vous préférez laisser la place à Monsieur.

 

Monsieur, oui … Bien ! Je vais brancher le « Lazer » sur votre ordinateur portable.

 

Un moment, voilà, c’est fait. Allez-y, pensez, nous allons avoir le résultat tout de suite.

 

 

Sur l’écran :

 

 

« Mon p’tit gars, t’es bien gentil, mais nous n’aimons pas trop qu’un appareil vienne s’immiscer dans nos pensées …. alors tu remballes vite fait et nous passons au « client » suivant ! Sans rancune ! »

  MAP


2000 caractères

 

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25 octobre 2008

Le meilleur ami de l'homme - Janeczka

Le meilleur ami de l’homme.

 

Enfin ! Vous l’attendiez, il a été crée. Voici la machine qui va révolutionner les relations hommes-femmes.

 

Le Womanator™ peut en effet prédire, jusqu'à 99,8% de précision, ce que pensent les femmes !

 

Plus de problèmes de sautes d’humeur, d’effusions larmoyantes auxquelles vos compagnes se laissent aller sans crier gare. Grace au Womanator™, vous messieurs serez capables de faire face jusqu’au mauvais gré de votre belle-mère. Cela fera de vous un gendre modèle !

 

Il suffit tout simplement de brancher la machine. Elle se chargera alors d’analyser pour vous les pensées et émotions de votre chère et tendre moitié.

 

Plus de temps perdu à décrypter les paroles et actions (souvent contradictoires) de vos bien-aimées ! Le Womanator™, grâce à un dispositif mis en place après de longues années de recherches, est la solution à tous vos problèmes !

 

Prix TTC : 8,950 euros (possibilité de payement mensuels sur une durée de 24 mois)

20% de réduction si vous passez commande avant le 25 octobre !



Nombre de caracteres: 1014

25 octobre 2008

Thé DCXLIV (Papistache)

45 Mesdames et Messieurs les membres du jury,

87 J’ai l’honneur de vous présenter le fruit de trente années de réflexions matutinales.

74 Dans un souci pratique, écologique et magnanime, je me présente à vous.

93 Votre mine réjouie m’autorise à penser que vous n’êtes pas de ces tristes buveurs de kawa.

84 Je sens en vous la rubiconde santé des buveurs de thé, vert, noir, fumé ou épicé.

76 Chaque matin, vous versez l’eau frémissante sur le sachet choisi du jour.

85 Chaque matin, comme des millions — des milliards ? — d’autres buveurs d’infusion !

86 Chaque matin, des millions — milliards— de nos semblables hésitent et tergiversent.

86 Chaque matin, des milliards — osons le nombre —de sachets encombrent nos poubelles.

39 Stop ! Je vous apporte la solution !

98 Plus besoin de sortir, au risque de tacher la table, le sachet dégoulinant après trois minutes.

85 Plus besoin de presser l’objet au risque d’éclaboussures ou brulures invalidantes.

57 Après moult cogitations, j’ai conçu le sachet soluble.

86 Un sachet de thé qui, en fondant, libère les délicats arômes dont il est constitué.

82 Il est fabriqué d’une gélatine au gout neutre issue du dodomissinga équatorial.

84 Des arômes de vanille, agrumes, poivre, fruits rouges ou bigorneaux y sont mêlés.

88 Et… le petit carré de papier aux couleurs de la marque est remplacé par une sucrette.

60 Sucrette dont l’amateur d’amertume se passera volontiers.

69 Sucrette qui adoucira le breuvage pour les palais des becs sucrés.

88 Sucrette qui pourra se collectionner pour que les aïeuls gâtent leurs petits-enfants.

74 La ficelle, d’amidon de maïs, rejoindra les céréales du bol cérémoniel.

22 Rien ne se perdra.

27 Plus de sachet à jeter.

16 Plus de déchets.

49 La solution pratique, écologique et magnanime.

34 Je ne demande pas de royalties.

86 Que seul mon nom figure dans la pierre en quelque autel païen à Ceylan ou ailleurs.

81 Cher Monsieur, votre idée nous semble fort astucieuse, toutefois une question.

51 Que devient le contenu du sachet, l’avale-t-on ?

2000

25 octobre 2008

Instant de délectation (rsylvie)

Ce matin je suis guillerette, comme si… tout allait bien. Je suis zen…

Je prends le chemin de Saint Georges des Groseillers. Oui, j’ai changé de salon de coiffure.
L’autre était trop bruyant, et puis nouvelle tête, nouvelles têtes !

Je franchis le seuil du salon de coiffure de la place rose. Un p’tit tintement de carillon m’accueille.

 

-« Bonjour madame….venez prendre place au bac ».

 

Une jeune apprentie (si si, apprentie cela se voit, se ressent, tant elle est hésitante. Mais il faut bien commencer. Et de toute façon aujourd’hui je me sens l’âme à tout excuser). Je m’installe. Le fauteuil n’est pas très confortable mais ce n’est pas grave, car j’ai à peine le temps d’y penser qu’il faut enlever les lunettes. (Tiens je les avais oubliées celles-là !)

 

Le visage légèrement incliné, je m’abandonne aux deux mains qui s’emparent de ma tête avec grande délicatesse. L’une passe sur la nuque et rabat les quelques petits cheveux rebelles. L’autre emprisonne habilement les derniers récalcitrants et me voilà prête pour recevoir l’eau que j’ai entendu couler de la pomme de douche. La température ni trop chaude ni trop froide, est tout de suite agréable, ce qui amplifie mon sentiment de bien être. Un parfum de pomme verte s’évapore d’une bouteille de shampoing, pour venir avec gourmandise se déposer sur ma chevelure. Je ressens la douce pénétration du produit, subtilement guidé, par les doigts habiles de la coiffeuses. Et commence la ronde des petites mains sur ma tête. Doucement, puis avec une fermeté tonique, que seule possèdent ces mains là. Je me laisse envahir par la délectation du moment.

Quand soudain, la douceur fait place à une danse endiablée, où courent une dizaine de petits doigts, gesticulant dans tous les sens. Et je monte et je descends, et je remonte, et je redescends… pendant 2, 3 minutes qui me semblent une éternité tant je suis si bien.

Je plane, je flotte, le bruissement d’un ruisseau m’inonde de bonheur, quand un nouveau coup de vent balaie tout sur son passage. Senteur de printemps, je suis dans le verger du voisin. Je cours entre les pommiers. Je me cache. Ils me cherchent. J’ai 1O ans, et des rires d’enfants m’accompagnent. C’est à peine l’automne. Il fait encore beau, mais déjà novembre approche, et nos jeux interdits fâchent nos mères qui n’aiment pas savoir leurs petits dehors à la nuit tombée. Je rentre, ils ne m’ont pas trouvée. Dedans, il fait bon. Le fourneau inonde la pièce d’une douce chaleur. Maman m’accueille d’un sourire. Sa main posée sur ma joue. Douce caresse de l’enfance. Tendre complicité maternelle.

 

-« Madame Roulleaux, nous allons passer au salon. »

Bienheureuse, j’ouvre doucement les yeux,

et suis mon interlocutrice.

 

-« Voyez vous, mesdames Djanezcka et Val, voici les raisons qui m’ont fait mettre au point cette machine, qui en quelques coups de tourne visse, va s’adapter à votre robinetterie et faire que chez vous, il vous sera possible à tout moment de la journée de vous procurer, les bienfaits d’une shampouineuse à domicile » !

Bien que dubitatif, Papistache tourne et retourne l’offre publicitaire.

-« C’est vrai que pour 25 Euros » dit-il

 -« ce qui n’est même pas le prix d’une coupe+brushing » s’exclame Val

-« Allé adjugé, vous m’en installé 3….et, nous vous donnerons notre jugement définitif d’ici quelques jours, quand à notre décision de vous soutenir dans la commercialisation de votre invention ».

3395 caractères

25 octobre 2008

Mon invention (Joye)

Monsieur-Dames, bonjour ! 

À moi de vous convaincre de l'utilité, non,que dis-je ? de l'extrême importance de subventionner ma petite invention, la MAP-O-MATIQUE, qui changera le monde tel que nous le connaissons. Pensez-y, mes amis : la possibilité de produire les images belles et intelligentes en même temps ! Cela révolutionnera le monde de publicité ! Plus jamais on ne sera chagriné ou embarrassé par la daube qui passe pour images publicitaires ! On aura droit à la perfection en chaque œuvre. Quel changement rafraîchissant, non ? Mais son utilité ne se limite pas à la publicité, bien sûr que non ! La MAP-O-MATIQUE nous permettrait aussi de faire des avances artistiques. Nous savons bien que dans chaque individu repose la possibilité d'un Degas, d'un Klee, voire une Cassatt ! Mais ô combien n'ont pas pu réaliser ce rêve visuel, faute d'un talent naturel ? Avec la MAP-O-MATIQUE, le monde serait débarrassé des essais embarrassants. Toute personne pourrait être reconnu comme génie ! Imaginez, plus de chagrin ! Plus de honte ! Et un monde sans chagrin et sans honte ? C'est un monde sans agression ! Et un monde sans agression est un monde sans guerre ! Oui, parfaitement, ça coupe le souffle ! Inspirée par une artiste connue et fort appréciée, la MAP-O-MATIQUE permet à n'importe quel nigaud de produire des collages époustouflants pour leur beauté, leur sensibilité, et - ne l'oublions pas - leur humour ! Vous vous rendez compte ? Avec la MAP-O-MATIQUE, il n'y aurait plus de chômage, car chaque personne sur la planète pourrait s'engager à produire de superbes représentations visuelles ! Cela aiderait aussi l'environnement car il n'y aurait plus besoin de gros livres. Tout le monde sait qu'une image vaut mille mots ! Avec la MAP-O-MATIQUE, l'encyclopédie ne compterait que quelques pages. Tout le savoir du monde serait communiqué rapidement, efficacement, et avec le sourire. S'il vous plaît, aidez-moi à changer le monde avec cette merveilleuse invention, la MAP-O-MATIQUE !


invention_joye

2000 caractères !

25 octobre 2008

Comment devenir intelligent? (Tilleul)

Mesdames, Messieurs les Mécènes,

.

Mon invention à peine installée, vous sentirez grandir la science en vous !

.

  • Simple à poser. Dissimulée derrière l’oreille, elle passe inaperçue…
  • Très discrète (pas plus grosse que ces nouveaux appareils auditifs sortis   récemment sur le marché)…
  • Efficace. Dès que je l’ai testée, les tangentes, sinus et autres formules   chimiques compliquées n’avaient plus de secret pour moi qui, dois-je vous le   rappeler, n’ai pas pu poursuivre mes études au-delà du CM2…
  • Au niveau de toutes les bourses. (J’aurais cependant besoin que vous   déliiez la vôtre…) Les pièces nécessaires à la création de cette merveille   sont en effet récupérées sur les anciens téléphones mobiles et recyclées à des   fins que vous allez bientôt connaitre, si vous prenez la peine d’essayer   vous-mêmes cette invention qui va révolutionner le monde… (A commencer par nos   dirigeants, ministres et autres sénateurs qui reconnaissons-le, n’ont pas   toujours le niveau intellectuel nécessaire pour gouverner notre pays…)
  • Fiable. La batterie incorporée est rechargeable avec la lumière du jour…   (La nuit, il est conseillé de laisser une lampe de chevet allumée, pour éviter   une interruption qui pourrait être néfaste au processus d’apprentissage…)
  • Sans risque pour la santé. Aucune perforation. Une mini ventouse se colle   sur le crâne chevelu (ou non) et agit telle une antenne parabolique dégageant   uniquement des ondes positives, sans aucun danger pour le cerveau, si ce n’est   celui de devenir surdoué dans tous les domaines…
  • Colorée. Plusieurs tons très à la mode sont disponibles sur simple demande   (du rose peau au brun ou noir peau). Cette innovation sera telle le caméléon,   cachée parce qu’adaptée à son environnement pittoresque.
  • Fixée sur une branche de lunettes (sans verre pour les bons voyants), elle   ne saurait que vous épater, j’en suis sûre.
.

En vous remerciant d’avance, pour les fonds que vous ne manquerez pas de m’octroyer, j’ose caresser l’espoir de vous lire vite…

.

Et que vive le savoir !

.

2000 caractères

.

25 octobre 2008

Défi 32 (Walrus)


 

 

Mesdames, Monsieur,

 

Que vous disposiez d'une salle de bain ultramoderne ou rustique, qu'elle soit nickel ou bordélique, il y règne très certainement une douce chaleur, en harmonie parfaite avec celle de votre corps sortant de la douche.

C'est à l'instant même où vous vous saisissez de la serviette de bain que le drame se déclenche : vous la lancez par-dessus votre épaule pour sécher votre dos et …

Le vent généré par le déplacement de la dite serviette augmente l'évaporation de l'eau résiduelle couvrant votre peau, pompant des calories dans cette dernière. La tiède harmonie est rompue : vous êtes la proie d'un violent frisson et passez brutalement du Nirvâna à la triste réalité.

Voila pourquoi, Mesdames et Monsieur, j'ai mis au point une fibre textile exceptionnelle. Elle allie à une légèreté et une résistance incroyables un attrait pour l'eau hors du commun. Ces caractéristiques vont me permettre d'obtenir un tissu largement maillé, réduisant presque totalement le courant d'air provoqué par son déplacement, annihilant le mortel frisson évoqué tout à l'heure.

J'ai obtenu cette fibre par mutation génétique dirigée d'une épeire diadème.

Jusqu'ici, j'ai supporté les frais de recherche sur mes avoirs personnels, ce qui n'est pas loin de m'avoir conduit à la ruine. Ce n'est pas à vous, chers mécènes, que je vais apprendre le coût démentiel du matériel scientifique, même rudimentaire.

Jusqu'à présent, j'ai utilisé un berceau bricolé pour immobiliser l'abdomen des quelques mutantes en ma possession, ce qui m'a permis d'extraire la quantité de fibre nécessaire à l'évaluation de ses propriétés.

Pour passer à l'étape suivante, il me faut disposer de fonds pour construire une petite installation me permettant de filer en continu la soie produite par quelques milliers de ces sympathiques bestioles.

Dans une université, j'aurais pu monter une spin off (dénomination si bien adaptée à mon problème). Mais, comme je n'en suis pas, il ne me reste qu'à implorer "à vot'bon cœur M'sieur Dames !"

.

2000 caractères!

21 octobre 2008

Présenteront leur invention :


WALRUS, TILLEUL, JOYE, RSYLVIE, Papistache, Janeczka, MAP, Poupoune, Seb, Joe Krapov, Teb, Martine27, Pandora, Caro_Carito, Alice, Tiphaine, Kloelle

20 octobre 2008

Petit mot

Deux trois nouvelles participations pour le defi de samedi dernier: celle de Pivoine et celle de Captaine Lili.
Et celle de Teb
Comme quoi, meme les retardartaires ont leur place!

19 octobre 2008

Participation de Teb

Ben, si on va plus loin on peut évoquer le doux étui dans lequel se
glissera le sabre précieux orné de ses bijoux ...

19 octobre 2008

Description - Captaine Lili

Lui, que dirait-il de moi ? Quels mots choisirait-il pour décrire mes cheveux châtaigne indisciplinés, mon regard océan ? Et pour ma peau inconnue, la nuance de mes lèvres, la mélodie de ma voix ?

Moi, j'aimerais écrire sans fin la braise de ses yeux, le sarrasin dru de ses cheveux, sa peau mate qui habillerait ma peau blanche, sa bouche à croquer.
Mais je ne ferais pas rimer des mots de bijoutiers... Pour l'esquisser, je prendrais des mots de voyage, ceux qui ont le goût salé des embruns et qui sonnent comme le vent dans une voile. Je dirais qu'il a un rire d'aventure, le corps présent, un visage de mystère. Des yeux qui m'ancrent. Des lèvres qui m'envolent. Je chanterais la force tellurique de ses bras. Et je dirais sa voix comme la rumeur des vagues.
Si je pouvais, j'inventerais une autre langue...

Mais lui, quels mots choisirait-il s'il parlait de moi ?

19 octobre 2008

Défi #32

Tout d'abord, merci à tous et à toutes pour vos délicieuses participations pour le défi d'hier.
Je crois que nous avons tous été agréablement surpris!!! Le vieux Renard vous a inspirés... ;)

Sans plus attendre, je vous livre la consigne pour le prochain défi:

"Nous sommes un jury de mécènes. Vous êtes un jeune inventeur.

Vous avez deux mille caractères pour nous présenter votre invention et surtout pour faire pencher la balance en votre faveur pour qu'on finance votre projet.

Attention, l'objet se doit d'être une invention innovante qui révolutionnera... ce que vous voulez!"

Comme d'habitude, les participations sont à envoyer (dans le corps du mail de préférence) à :

samedidefi@hotmail.fr

Merci, et bonne écriture!!

Pour info : le texte d'Alice, posté samedi 18 octobre, comptait 2181 caractères (espaces et titre compris nous dit la machine) et celui de Caro-Carito 8761 !

19 octobre 2008

Participation de Pivoine

"L'intimité de la femme est le chagrin de la boutique d'or et de velours 
que l'adolescente ne cambriole point"
18 octobre 2008

Cet été-là (Caro_carito)

Ce film, je suis sûr que ce film est la cause de tout. Je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même. J’aurais dû dormir. Le dimanche soir, les enfants sont censés aller au lit à 20h. Même à douze ans et même s’ils ne rêvent qu’à être grands. Au lieu de cela, je m’étais glissé derrière le fauteuil où somnolait ma mère. J’ai oublié le nom du film et une bonne moitié de l’intrigue. Mais en partie seulement. Est resté gravée une atmosphère de légèreté, une faculté à regarder les femmes différemment, leur démarche gracieuse, cette coquetterie touchante

Ou alors, Ces tableaux chez mon grand-père, des femmes nus. Des peintres viennois, me disait-il fièrement. Et dans ce tourbillon de cuisses et de sexes crayonnés au fusain et à l’encre, il ne pouvait s’empêcher d’ajouter que sa mère - oui, sa mère - avait été modèle. Et de grands peintres fascinés par sa croupe ivoire et ses cuisses graciles. Elle était de Prague ou de pas très loin. C’est plus tard que je pris le temps de vérifier un à un les fanfaronnades de l’illustre aïeul qui avait fait prospérer l’usine familiale de broderies sur vestes et autres frivolités, avant de tout dilapider en caprices et investissements farfelus. Mais ceci est une autre histoire.

Il avait aussi conservé, le pauvre bougre, une immense bibliothèque de livres aux estampes colorées où j’aimais plonger mes regards. Ainsi Baudelaire, Baudelaire et ses femmes aux parfums étranges. Des livres d’auteurs reconnus, Apollinaire, Sade, dont les gravures étaient suffisamment explicites pour m’expliquer les passages obscurs qu’un bon gros dictionnaire

J’en étais toutefois aux prémisses ; ce qui décida de ma folie, de ma passion, ce fut ce qui arriva cet été-là. Ma mère souffrait d’une énième crise et la maison était sans dessus-dessous. Mon père qui ne supportait plus son épouse, ses maladies à répétitions, ses plaintes et ses refus de se soigner, avait pris la tangente. Deux de mes frères étaient partis chez ma tante. Ne me restaient sur les bras que les jumeaux Marion et Lucas avec leur premier anniversaire juste passé. Je n’avais pas le choix, il me fallait jouer l’homme de la maison. En tout cas c’est ce que m’intima  le regard sans concession de ma mère en me mettant un sac de provision rempli de livres à rendre à la bibliothèque dans les mains et en refermant la porte sur ma pauvre personne.

Je passais donc en premier chez Valérie, la bibliothécaire. On murmurait dans le quartier que c’était une vieille fille. Terme obscur car elle n’avait pas trente ans et sa voix douce m’enchantait. On disait encore plus bas qu’elle avait des amants, ce qui m’étonnait. Comment cette créature si mince dont le public était composé de grands-mères, de femmes en mal d’amour et d’enfants aurait pu rencontrer un homme. Je lui tendis la pile de livres empruntés. Valérie, remarquant mes traits soucieux, me pris à part dans son bureau. Ses yeux gris m’observaient et je lui dévidais toute l’histoire en essayant de maîtriser ma voix tremblante. Sa main légère se posa sur mon épaule. Elle me conseilla de passer vers 10h chez Bella la charcutière, elle aurait sans doute du travail pour moi. Quant aux livres, inutiles de dépenser quelques centimes pour régler les retards récurrents, il me suffisait de passer chez elle le soir, vers 18h, elle m’en prêterait avec plaisir. Sa main fine inscrivit en lettres soigneuses son adresse et la glissa dans ma main. Elle caressa ma joue. « Brave petit »  murmura-telle tandis que ses yeux gris pétillaient.

Je passai donc chez Bella. Son magasin était désert et c’est avec un grand sourire qu’elle m’accueillit. Bien sûr, elle avait du travail pour moi et, après avoir retourné la petite pancarte de l’entrée, elle m’amena dans les bâtiments qui donnaient sur l’arrière- cour. Je pourrais l’aider pour trimballer les livraisons qui arrivaient le matin à l’heure où son ivrogne de mari cuvait encore. Elle tâta ma musculature, la mine gourmande. Et je reviendrai vers 13h à la pause pour manger un morceau et l’aider avec les factures. J’acquiesçai. Le marché se conclut tandis que son visage au teint si frais  rosit de contentement. Elle me donna d’autres noms, Nelly, la pâtissière, Milène, l’artiste, qui cherchait un modèle, Clara, la vendeuse au grand magasin et Charlotte l’infirmière qui s’occupait de Mme Henri au 26.

La journée s’acheva rapidement. Je rejoignis Valérie qui m’avait préparé un ou deux livres pour ma mère et attendait le bref résumé de mes avancées côté travail. D’ailleurs, pour une fois, mon cabas était chargé de provisions. Il me fallait rentrer, les jérémiades de ma mère et les pleurs des enfants m’attendaient. Elle m’embrassa près de l’oreille et me glissant un livre dont la couverture était recouvert de papier kraft. « Pour toi ».

Le cœur débordant de joie, je décidai  de m’octroyer une pause. Je m’assis à une terrasse pour siroter une limonade. J’étais heureux, mes bienfaitrices défilaient devant mes yeux. Ah Bella, j’aimais ses cheveux soigneusement rangés sous le petit bonnet blanc. Et ses bras ronds que laissait entrevoir sa blouse. Mais je la préférais au bureau quand elle ne portait que ce chemisier de cotonnade légère qui semblait retenir avec peine sa poitrine. Sa jupe blanche laissait deviner à contre-jour ses jambes charnues. Un autre visage se présentait à moi quand ma voisine de table m’interrompit. Elle se présenta sèchement Anne-Sophie, étudiante. Hier encore, je l’eus remarqué mais là, non. Plate, un air maussade, la voix boudeuse. Elle s’installa à ma table sans avoir été invitée et, après quelque phrases échangées, insista pour je vienne chez elle en fin de semaine. Tout à mon bonheur tout neuf d’être tiré des ennuis, j’acceptai.

Les jours suivants se passèrent sans encombre. J’observai à la dérobée mes employeuses. Je détaillai leurs formes, je les comparais. Elles avaient chacune leurs particularité mais si… il m’aurait été impossible d’en préférer l’une à l’autre.

Je venais d’achever mon sandwich quand je rejoignis Bella pour quelques vérifications administratives. Il faisait chaud ce jour-là. Je remarquai qu’un bouton de la robe était dégrafé laissant entrevoir un carré de peau luisante et un peu de dentelle blanche. Dans un sourire, Bella me demanda de ramener un torchon imbibé d’eau. J’obtempérai. Elle me pria de tamponner la peau de son cou, elle dégagea ses épaules et… Je me retrouvais sur le sofa à rafraîchir ses bras, ses seins, son ventre. Dieu qu’elle était belle est appétissante. Je ne savais où donnait de la tête. Son sourire aux petites dents nacrées semblait vouloir me mordre. Ce qu’elle s’empressa de faire. Sa peau avait la fraîcheur du printemps. Elle me dévorait de baisers, sa bouche gourmande qui me dégustait petit à petit. C’est ainsi que j’appris entre les factures  à être moins gauche et timide dans les bras duveteux de ma Bella.

Elles s’étaient toutes donné le mot, mes employeuses,  et je me perdis entre leurs draps le temps d’un été. Milène aux odeurs de peinture et de glaise. Ses doigts rêches me brûlaient. Quant à Valérie, elle attendit que je finisse mon livre pour me demander de lui en faire un résumé. Je le fis, rougissant, en buvant le thé qu’elle m’avait servi. Elle ôta ses lunettes, laissa couler ses longs cheveux jusqu’au bas de son dos et se déshabilla. Je fis de même et, ainsi, elle me démontra que je pouvais découvrir un sens scellé des mots en suivant les courbes de son corps. Je connus aussi Charlotte l’infirmière aux élans emportés et Anne-Sophie, l’étudiante,  qui épuisa toutes mes techniques.

L’été passa très vite. J’oubliais l’enfer chez moi en découvrant à quel point une femme pouvait me rafraîchir de sa langue ou m’envoyer en enfer. Pourtant, il y eut ce jour précis où je sus que leur souvenir ne me quitterait jamais. L’ombre des persiennes découpait des énigmes sur la croupe de Valérie. Je posais ma joue dans le creux de son dos. Elle se tourna légèrement et je chatouillais la naissance de son ventre, à l’orée de son sexe quand je sentis comme une onde la parcourir. Pas de plaisir, une vague de tendresse toute en retenue. Et je lus sur les traits de son visage, sur ses lèvres légèrement entrouvertes, cet abandon qui l’avait gagné toute entière. Chacune à sa façon me laissa simple spectateur de ce moment où une femme baisse les armes, où aucune tension ne subsiste ni dans leur corps et dans leurs pensées.

Mon père revint, nous déménageâmes en septembre et je ne les revis plus. Pourtant, quand je retrouve  cette allure alanguie, cet instant secret auprès d’une autre femme, je les revois toutes. Clara, Bella la gourmande, Milène et même Anne-Sophie l’égoïste. Allongées contre moi, leurs yeux m’observent et se détachent ensuite, m’autorisant à être spectateur de leur secret.

18 octobre 2008

Ephemeres metaphores - Thetis

Ma chère, ma tendre, ma belle Colombine,

Je suis loin de toi et te regrette, mutine,

Obligé à rêver, plutôt que de toucher,

Ton doux corps dans mes bras lové.

 

Mais lorsque mes yeux sont fermés,

Mille images s’entrouvrent

Et  mes sens exacerbés,

Hardis, te redécouvrent.

 

Je t’aperçois astre fuyant

Aux doux regards scintillants

Qui éblouissent les êtres perdus

Dans l’obscurité attendue…

 

Je te devine vallée chaleureuse

Bombée de collines aventureuses

Où se perdent les promeneurs infidèles

Et se damnent les frêles pucelles…       

 

Je te soupçonne ruisseau fabuleux

Dont la souplesse infinie

Entraîne les bateaux soumis

Jusque dans des océans houleux…

 

Mais, troublé, je reconnais soudain

Dans les racines ancrées au creux de mes mains

L’arbre serein qui me tient dressé

Vers un ciel pour deux, étroitement enlacés…

18 octobre 2008

La femme que j'aime ne se trouve pas dans une vitrine - Alice

"Les descriptions de femme ressemblent à des vitrines de bijoutier. On y voit des cheveux d'or, des yeux émeraude, des dents de perles, des lèvres de corail. Qu'est-ce, si l'on va plus loin dans l'intimité ! "
     Aucun poète, aucun homme de lettre n’aura jamais assez de mots pour décrire la femme que j’aime.
L’or, les émeraudes, les perles et le corail, je les laisse dans la vitrine.
Ce sont des mots pour les riches…
     La femme que j’aime ne se trouve pas dans une vitrine.
La femme que j’aime est bien plus belle que tout ce que vous pourrez jamais acheter.
     Ses cheveux ne sont pas d’or, ils sont de cordages et de voiles à la fois. Lorsque sa tête glisse lentement vers mon sexe, ils balaient mon ventre et c’est comme une brûlure… délicieusement douce…
     Ses yeux ne sont pas d’émeraudes, ils sont…
Ils sont.
     Ses dents ne sont pas de perles, elles sont de clair de lune dans la brume de nos salives mélangées.
Ses lèvres ne sont pas de corail, elles sont de vent. Je les sens frémir à mon cou, à mes lèvres, à la pointe de mes seins. Je les sais frémissantes à mon ventre, à mon sexe et à mon âme. Elle seule sait les chemins mystérieux qu’elle dessine de ses lèvres sur mon corps.
Et je vous jure que c’est la vie qu’elles soufflent sur chaque parcelle de ma peau.
     La femme que j’aime ne se trouve pas dans une vitrine.
La femme que j’aime est bien plus belle que tout ce que vous pourrez jamais acheter.
     Elle a des seins dans la houle desquels je me roule sans remords. Sans une once de regrets pour mes nuits et mes jours d’avant elle.
     Elle a des mains d’oiseaux marins qui voguent libres au-dessus de l’écume de nos sexes.
Ses doigts de Marie-salope viennent draguer mes fonds avec vigueur et égrènent voluptueusement le sable de secondes d’éternité
     Elle a des fesses auriques qui sont les plus beaux brise-larmes qui se peuvent inventer.
     Elle a un sexe insulaire que je ne veux jamais finir d’explorer. Je me perds dans sa forêt vierge à la recherche de l’aiguade, ma soif n’a pas de fin…
     Elle est belle à agitée, agitée à belle…
Belle à agitée
Agitée à belle…

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