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Le défi du samedi

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1 septembre 2012

Le Bûcheron (Djoe l'Indien)




Il s'en allait au bois la hache sur l'épaule
La scie et le merlin en prise à pleine main
Et le teint buriné comme du parchemin
Armé pour découper plus gros que simple gaule

Long était le chemin mais en partant à l'aube
Se trouva à pied d'oeuvre encore bien assez tôt
Pour tailler le jambon d'un grand coup de couteau
Tout près du vieux moulin et de sa roue à aubes

Alors il commença dans la forêt profonde
A faire résonner le fer contre le bois
Et il cognait vaillant au moins de tout son poids
A croire qu'il voulait que sa cognée en fonde

Le rythme régulier emplissait la montagne
Et il semblait parfois que plus un autre son
Ne venait ébranler cette étrange chanson
Si ce n'est un écho comme unique compagne,

Lorsqu'un long craquement mit fin à la bataille.
Après une courte pause au branchage il s'en prit
Qui devait disparaître avant que de la nuit
Il ne soit prisonnier. Voici la scie qui taille

Mettant le tronc à nu de sa gaie ritournelle
S'échauffant sous l'action qu'on aurait pu penser
Qu'elle allait en rougir tant l'homme était pressé,
Sous l'oeil attentionné d'une pie sentinelle.

Enfin il put rentrer, laissant l'amas difforme
De branches derrière lui ; il reviendra tantôt
Pour débiter le tronc, et les bûches bientôt
S'empileront bien haut en tas de belle forme

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1 septembre 2012

Participation de Sebarjo

 

 

Dans le tas de bûches

Bien empilées pour l'hiver

Deux trous de verdure

1 septembre 2012

Qui est-ce ? (MAP)

 

 

-Peux-tu me rappeler le nom

de ce gars qui rentre le bois

en dansant ?

-Mais oui,

.....................

c'est Fred à'Stère !!!

cinema clap clap gif 3 gif

1 septembre 2012

C'est un brin... (Walrus)

 

... au stère, non ?

 

1 septembre 2012

Canicule (Ristretto)


" La sieste au soleil,
sous les bambous frissonnant,

Envie de bois dur. "

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1 septembre 2012

Un échec de Rouletabille (Joe Krapov)

 

DDS 209 110820_A_021

 

Il avait tant de charme, alors, le presbytère !
Et le jardin resplendissait d’un tel éclat !
La violette embaumait avec le seringat,
La dame en noir laissait un parfum délétère

 

 

 

DDS 209 verrou

 

 

 Et dans la chambre jaune au mobilier austère
On fermait le verrou pour de trouble ébats :
Certaines joues souvent s’embrasaient d’incarnat,
Certaines éruptions rougissaient le cratère

 

 

 

 

DDS 209 Rouletabille

De ce chaudron torride où nous tournions en rond
Tandis que s’agitait ce reporter fécond
Désireux de venir à bout de tout mystère.

 

 

Jamais il ne trouva la clé de cette énigme
Car je l’avais cachée derrière ces trois stères :
« Tout se barre en sucette » était mon paradigme !

 

 

 

DDS 209 stère réduit (MAP) DDS 209 stère réduit (MAP) DDS 209 stère réduit (MAP)

  

P.S. Dans certaines régions de France, trois stères de bois correspondent à une « sucette » et quatre stères à une « pile ».

         Vous serez gentil(le)s de me retirer les miennes en sortant !

1 septembre 2012

Extrait d’un journal (Lilou)

 

Le bois, le feu

 

J’avais six ans quand la cabane à outils en bois de grand-père fut entièrement détruite par un incendie.

Je me souviens des grandes flammes qui léchaient les montants en bois en dégageant une odeur chaude que je trouvais délicieuse. Cela me montait dans les narines, les arômes de châtaigne, pommier ou tilleul se mêlaient à la fumée âcre.

Depuis ce jour, je me suis mis à contempler tous les feux. Chaque jour, le père allumait la cheminée ou le vieux poêle ; je restais des heures à regarder la danse des petites langues jaunes qui s’allongeaient gourmandes et voraces. Au fur à mesure qu’elles grandissaient, elles devenaient orangé puis rouge sang, elles et se tortillaient, laissant échapper une fumée noire ou blanche. Le bois crépitait, craquait, chantait et cette odeur chaude parfumée venait emplir mes narines. Je me mis à collectionner, en cachette, les briquets que je chapardais dès que j’en avais la possibilité ainsi que les boites d’allumettes.

Suivant des cours de piano, je découvris un jour la partition de la « Danse du feu » de Manuel de Falla. Je voulais apprendre jouer ce morceau de musique mais trop difficile pour mon niveau de débutant. Je vidais mes poches, ma tirelire et gardais la monnaie du pain et j’ai couru tous les disquaires pour acheter toutes les versions qui puissent exister de Samson François à Arthur Rubinstein en passant par Alexis Weissenberg. J’écoutais cette musique en boucle et peu à peu, j’ai réussi à comparer les interprètes ; à les reconnaître ; leur phrasé, leur doigté, l’attaque des touches. J’appris par cœur toutes les versions. Ivre de musique, je me promenais ensuite sur les chemins dans ma campagne natale. Je fredonnais ou je chantais à tue tête des mots que j’associais à cet air. Et quand dans ma tête, elle n’avait plus de résonance, je rassemblais des brindilles, un peu de bois mort et je faisais flamber. Dès que les flammes grandissaient, rougissaient, je m’éloignais en courant me réfugier dans ma chambre et je m’endormais avec le sentiment d’un devoir accompli.

Un matin pourtant j’entendis mes parents raconter qu’un pyromane avait mis le feu à une grange dans laquelle une famille s’était réfugiée. Une petite fille avait été intoxiquée par la fumée et la mère était légèrement brûlée. Les autres membres étaient sains et saufs mais sans logis.

L’horreur me frappa, je connaissais Alice. Dans mon cerveau, de grandes flammes éclatèrent. L’incendie fut terrible ravageur. Mes larmes ne purent éteindre le feu qui me dévorait. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus, et la musique dans ma tête s’arrêta. Furieusement, j’ai jeté mes disques, ma platine et je suis parti à la gendarmerie. La justice se mit en route…Les soins, l’hôpital, l’internement…

Il parait que je suis malade. Aujourd’hui, je ne supporte plus la chaleur.

1 septembre 2012

Anastazia (Vegas sur sarthe)



Depuis le temps qu'oncle Hubert nous menaçait de nous montrer de quel bois il se chauffait, cette fois on était bel et bien au pied du mur! Un mur de bois haut d'au moins deux mètres et qu'il était question de charrier jusqu'à la grange quand il l'aurait débité et refendu.
L'oncle avait sorti non sans peine la vieille scie circulaire qui dormait sous les toiles d'araignée, tout fier d'exhiber ses muscles et de fanfaronner devant sa polonaise.
J'ai promis de raconter comment il l'avait dénichée - sa polonaise, pas la scie circulaire - et je le fais ici avant qu'on me le reproche... si, si, je sens bien que vous me l'auriez reproché.
   
En tant que voyageur de commerce 1ère catégorie spécialisé dans la vente d'alcools et spiritueux, l'oncle Hubert sillonnait depuis vingt ans nos belles régions de France pour y exercer ses talents - à divers degrés comme il se plaisait à dire - lorsqu'un jour il monta à Paris pour affaire.
Le futur client tenait le 'Polak assoiffé' rue Oberkampf dans le onzième, une sorte de bar-guinguette dont l'arrière salle accueillait des groupes folkloriques d'Europe Centrale.
La studieuse dégustation de vodka touchait à sa fin lorsqu'un petit groupe monta sur scène et dès la première mazurka, l'oncle reçut en plein coeur une de ces flèches qui vous clouent sur place, vous mettent le palpitant en capilotade et la glotte aux abonnés absents!   
Anastazia avait cette opulence des femmes slaves qui savent profiter des bonnes choses, le mollet humide et l'oeil galbé à moins que ce ne soit le contraire tant le récit de l'oncle fut brouillon.
Elle avait aussi un fort accent qui disparaissait parait-il après quelques rasades d'eau de vie, ce qui fait qu'en une soirée chacun apprit tout de l'autre et même plus.
Elle portait avec grâce le costume traditionnel - bustier, jupe et tablier fleuri - et aussi un nom en ski. L'oncle crut comprendre que les noms polonais finissent souvent en ski à cause d'un rigoureux climat hivernal...
J'ai connu plus tard un Leonski qu'on appelait Leon même en hiver.
Ainsi donc celle qui s'appelait Paul en ski - comme le réalisateur - allait devenir très vite Madame Chabrolle! Marrant, non?
Pour étaler sa science - ce que faisait l'oncle en très fines couches - n'avait-il pas le jour du mariage fait allusion à cette Marie Sklodowska qui était finalement devenue Marie Curie! Alors pourquoi pas Anastazia Chabrolle? 
Après quelques canons il aimait aussi à dire que si Chopin avait composé des polonaises, un amateur de chopine pouvait bien en épouser une. 
Toujours est-il qu'elle débarqua dans la famille sans que personne y trouve à redire.
Entre nous, on l'appela aussitôt la polo-niaise à cause de tee shirts trop petits pour elle mais surtout pour cet air gnangnan qu'elle affichait en permanence.
Elle avait dû dans sa jeunesse trop abuser du bortsch, nom imprononçable et soupe aux chous traditionnelle qu'on imaginait poussée de force dans le biberon des bébés.
Pour l'heur elle témoignait son admiration et son amour à celui qui s'échinait sur la scie circulaire, par des 'Kocham cie'  tonitruants. 
Ah oui, au fait! Nous en étions au tas de bois.
Finalement ils l'ont charrié sans moi; j'étais bien assez fatigué d'avoir charrié Anastazia. 

1 septembre 2012

Bois ami (Anémone)

  

            Bois, bois, bois, ami,
            Bois autant que tu peux la terre et le ciel.
            Abreuve ton feuillage de ta sève de miel.
            Libère tes racines, prends ton envol.
            Pars conquérir confiant ta couronne.
           
            Crois, crois, crois, ami
            En la consécration de ton être.
            Que tu sois chêne, noisetier ou hêtre,
            Simple arbrisseau, immense tronc,
            Lève hardiment tes frondaisons.
           
            Vois, vois, vois, ami,
            S'éployer tes ramures, tes branches,
            Toi en qui toute vie s'étanche.
            Tu es unique et tu ignores
            Que tu portes en toi de l'or.

            Toi, toi, toi, ami,
            Ton essence transmute ton sol.
            Sais-tu combien tu me consoles?
            Ma force renaît de ta force
            Quand ma peau vibre à ton écorce.
1 septembre 2012

Le brouillon du Bûcheron (Joye)

Bûcheron / Écrivain

Abattre un arbre / Écrire un roman

Direction de chute / Commencer par la fin

Pan oblique / Exposition

Coupe de la sole / Conflit

Charnière, ou zone de rupture / Crise

Coupe d’abattage oblique / Résolution

Pile de bois / Dénouement

Et puis

Entre-

Temps

Tchoc

Tchoc

Tchoc

Tchoc

Tchoc

25 août 2012

Défi #209 -Défi de l'été-

Neuvième et dernière photo des défis de l'été :

DSCF9914

Faites nous voir de quel bois vous vous chauffez !

Nous attendons vos participations à

samedidefi@hotmail.fr

A tout bientôt le plaisir de vous lire !

25 août 2012

Ont joué au Scrabble

25 août 2012

les vacances de Monsieur Zigmund

Zigmund

25 août 2012

Livre en vol (MAP)

Quand le livre passa au-dessus de sa tête

couverture-ailes déployées

il ouvrit son para-lettres !

Bien lui en a pris

car l’écrivain-humoriste put ainsi reconstituer facilement

ce message d'encouragement :

 -après avoir remis un peu d’ordre entre voyelles et consonnes- 

 

Para-Lettres

 .

.

.

.

« Continue à faire l’épître !!! »

 

25 août 2012

La force du livre (Venise)

Le livre prend soin de nous.

Le passé, le présent, le futur de nos récits s’y logent

Et cette fécondité nous ouvre la voie à la multitude des chemins.

Vous ne serez pas étonnés que nous jouions avec beaucoup de plaisir d’ailleurs

Avec les mots ,les lettres les voyelles et les consonnes.

Le livre est un arbre dont les racines et le tronc ont pour nom Joyce, Dérida  ,Freud, Le clézio, Lévinas , Héraclite, et bien d’autres ;

Nous avons tous eu un livre premier qui nous a  guéris de tous les maux de l’enfance.

Et c’est à l'ombre des mots fleuris de ce livre que notre mémoire donne des ailes à l’espoir,enseigne l’accueil, l’ouverture l’attente et le vide.le. Venise208

Notre monde est trop encombré, le livre vient empêcher cet encombrement et du même coup sous le sceau de l’interdit de vieillir Le livre nous garde en joie.

Cette écorce intérieure, cette moelle de papyrus a pris rendez-vous avec vous pour bouleverser la donne .Là réside la force du livre ;

25 août 2012

Participation de Célestine

Drôle d’histoire

(âmes sensibles s'abstenir)

 

Ah ! Quelle histoire ! De quoi rester bouche

bée un long moment…

C’est quand même incroyable, comme sur un coup de

Dés du destin, on se retrouve obligé de marcher sur des

Œufs pour ne vexer personne…

Eff arant, stupéfiant !

J’ai à peine retrouvé ma voix. Imaginez un homme armé d’une

hache qui se précipite sur vous dans la rue…

Hiiii! criai-je, je n’ai pas encore vraiment envie d’écrire « ici

gît un amoureux des mots » sur ma tombe…(Au

cas où vous n’auriez pas saisi toute l’incongrue violence de cette aventure, je vous rapp…

…elle que je suis écrivain et que j’

aime flâner de par les rues, sans aucune

haine d'aucune sorte

oh non! et surtout, ce qui est le plus important, en

paix.) J’en suis tombé sur le

cul, pardonnez-moi la trivialité de l’expression, quand ce maudit psychopathe, qui ne manquait pas d’

air assurément, m’a foncé dessus.

Est-ce un effet hallucinogène de ce délicieux

thé au ginseng que je dégustai tantôt ? supputai-je. Puis, n'écoutant que mon courage:

Hue ! carogne, m’écriai-je, revenu de ma surprise, dégage ou je me

vêts de mon armure et je te pourfends comme un pourceau ! Aussitôt il fuit, assommé par cette

Double vérité qui m’a heureusement évité une r…

…ixe en pleine rue ! J'appris plus tard que c’était un bûcheron grec myope qui m’avait pris pour une bûche.

Hi !hi ! grec ou chinois, bûcheron ou laveur de carreau, les myopes, y a pas à tortiller, faut vraiment qu’on les

z’aide à retrouver leur chemin !

25 août 2012

Dernière station avant le désert numérique (Joe Krapov)‏

J’irai, sous la cabane au toit de maroquin

Ramasser quelques mots échappés de ses pages,

Quelques lettres perdues tombées de ses étages,

Le petit matériau qui fait le grand bouquin.

 

Je ne vous promets pas qu’il vaudra un sequin

Le sonnet qui naîtra de mon présent courage

Mais, fidèle à la scène, au public, au mirage,

J’essaierai d’endosser le manteau d’Arlequin,

 

Je ferai le Gugusse au violon famélique

Et frotterai l’archet sur la corde, comique

Ainsi qu’un cigalon engourdi par l’hiver,

 

Obligé de danser, de compter ses pas, ivre

Et de faire rimer peu à peu chaque vers.

Voilà, c’est terminé, Fourmi, je vous le… LIVRE !

DDS 208 livre-cabane (MAP)

 

25 août 2012

Participation de Sebarjo

  

Grands-pères et jeux éphémères

 

Livre_parc

 

 

Dans un parc pour enfants, Pierre et Paul, tous les deux grands-pères, se retrouvent assis sur leur banc et discutent tandis que leurs petits-enfants respectifs jouent...

 

 

-Vous avez vu la nouvelle structure de jeux ? Ce livre qui dégouline de lettres ?

- Ah oui oui, très intéressant. Au lieu de faire des châteaux de sable, les enfants peuvent faire des pâtés de lettres. Comme nous dans le temps, avec nos plumes et nos encriers.

-Oui. Et c'est amusant, nul besoin de buvard. Mais ce qui est tout de même embêtant c'est qu'il faut savoir lire pour jouer maintenant ! Et que faites-vous des moins de six ans ??? Dites-le moi donc !

-Allons, ne vous emballez pas ! Il n'est pas du tout nécessaire d'avoir passé son bac à sable pour y jouer, voyons ! Ils peuvent très bien faire des pâtés de néologismes. Eh oui, tout simplement. Tenez, regardez mon petit François qui assemble deux K...

-Suis-je seau ! Bien sûr !. Nul besoin que l'on é-pelle les mots de sable qu'ils inventeront. Regardez ma petite Camille, elle vient d'écrire zrptji. C'est joli non ?

-Le problème c'est qu'ils ont mis du gazon anglais à la place du sable. Ce qui change les jeux d'écriture.

-Indeed... Mais en ramassant des lettres, les enfants pourront faire du désherbage (1) comme les bibliothécaires avec leurs livres...

-Tenez à propos... ce livre qui perd toutes ses lettres comme s'il se vidait de sa substance finalement... Ça me fait penser à quelque chose !

-Ah oui... Et de quoi s'agit-il ?

-Eh bien, tenez-vous bien... Je viens de lire qu'un éditeur en Argentine venait d'inventer le livre qui s'efface ! Exactement ! Dès lors que vous avez ouvert votre livre, les caractères disparaîtront complètement au bout de soixante jours ! Il perd ses lettres lui aussi ! Et en plus, ça se vend !!! C'est insensé, non ?

-C'est effectivement dingue ! Mais où donc avez-vous lu ça ?

-ICI ! Mais si ça vous intéresse, dépêchez-vous de le lire avant qu'il ne soit trop tard !!!

 

(1) Notez bien le deuxième sens du mot désherbage : Opération qui consiste à éliminer et à renouveler des collections, dans une bibliothèque.  Source : http://fr.wiktionary.org/wiki/d%C3%A9sherbage

 

 

 

 

25 août 2012

Au faîte (Vegas sur sarthe)

Personne, pas même le couvreur ou le relieur
n'est à l'abri d'une mauvaise couverture

25 août 2012

REMUE-PAGES (Joye)

Un beau jour, sur un banc au parc littéraire, madame Bovary potine gentiment avec son amie Justine.

- T'as eu des nouvelles de Jane Eyre, la petite Anglaise ?

- Pas depuis qu'elle a déménagé à Rochester.

- Et Nana ?

- J'ignore, je ne bois pas de ces eaux-là, ma chère !

- Pareil pour Thérèse Raquin, alors ?

- Pareil.

- Mais quid d'Anna Karenina ? J'ai entendu qu'elle s'amuse comme un rat mort.

- Ouais, toujours le même train-train, la pauvre.

- Et la curieuse drôle, comment s'appelait-elle déjà...euh...la femme de mademoiselle Fifi ?

- Pas de quoi s'en faire un fromage, hein, elle a toujours eu ses maux passants.

- Qu'est-ce qui arrive à Rebecca ? Elle hante encore Manderley avec mme de Winter ?

- Sans doute ! Son homme me tue, tu sais !

- Ah ! Mais dis ! Qu'est-ce qui se passe là-bas, dans cette cage à poules ?

- C'est la petite Lolita, je crois !

- Oh, dis pas de bêtises ! C'est Zazie qui sort du métro.

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