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Le défi du samedi
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23 mai 2015

En avoir marre, cela arrive à tout le monde (par joye)

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23 mai 2015

Marre, moi ? (Walrus)

Jamais !

Enfin... en gros.

Parce que si on entre dans les détails...

Mais j'vais pas vous emmerder avec ça, hein, vous en auriez vite marre.

23 mai 2015

Participation de Venise

J’aspire à ce qu’il m’ouvre la porte à mon retour  à la maison

Qu’il me sourie

Qu’il me prenne dans ses bras

Qu’il s’informe de ma journée

Qu’il me prépare des œufs à la coque avec des mouillettes de pain grillé.

Qu’il me chante des berceuses peuplées de cinq petits canards ou de trois souris aveugles

Qu’il  rie sottement avec moi en faisant la vaisselle

Attelés au même joug   comme de bêtes dépareillées tirant une charrue

Mais voilà ce très beau garçon a rongé son harnais et je me tire la charrue toute seule

Je suis plantée là dans ce champ si vaste à porter ce fardeau de la vie sans que je n’aie rien demandé

J’en ai marre, marre marre .

Je vais faire en sorte que la force publique le cueille à son réveil un matin

J’en ai assez  d’avoir une tête comme un grenier où il pleut à longueur d’année.

Va rejoindre la valise dans le couloir et va –t-en

J’en ai marre

Mais je n’ai pas pu je lui ai tendu ma main  légère  comme une aquarelle

Il s’est inoculé dans mon corps  comme un venin

J’en ai marre.

C’est parce que je l’aimais toujours que j’ai épousé son fils vingt ans plus jeune que lui.

Mais il était si beau si jeune qu’on me l’a volé sur un parking en plein mois d’aôut.

J’ai vu une jeune fille qui agitait ses bras comme des ailes d’un moulin en venant vers lui.

Depuis j’ai trouvé la sérénité j’ai pris deux chats.

 

ve01

23 mai 2015

Participation d'Emma

topo

23 mai 2015

Revendications (MAP)

Vive la Liberté

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16 mai 2015

Défi #351

J'en ai MARRE !!!!

J'en ai marre

Ça peut arriver à tout le monde !

Confiez vos récriminations à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

16 mai 2015

Sont passés à la caisse

16 mai 2015

Surprise (MAP)

Ernst fit halte lui aussi, un peu à l'écart,

derrière un rideau d'arbres

  et observa l'homme qui,

une fois la caisse déchargée du camion,

l'installa dans la prairie.

Ce dernier en souleva alors doucement

le couvercle  ...

..............

Un mouton en sortit et commença

à brouter avec appétit l'herbe haute et drue !

Cela ne fut pas sans rappeler à Ernst Kuzirra

une histoire bien connue ...

Etait-ce le même mouton  ???

 

Mouton

 

Clin d'oeil

16 mai 2015

La caisse (Lorraine)

Quelques jours après avoir pris possession de sa somptueuse villa,
Ernst Kazirra, rentrant chez lui, aperçut de loin un homme qui sortait,
une caisse sur le dos, d'une porte secondaire du mur d'enceinte,
et chargeait la caisse sur un camion.
Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ.
Alors il le suivit en auto. Et le camion roula longtemps,
Jusqu’ à l'extrême périphérie de la ville,
et s'arrêta au bord d'un vallon.

Là, il descendit, s’étira longuement avec délices, écouta un instant les trilles d’un pinson puis se mit à l’ouvrage.

Il sortit la caisse du camion., l’ouvrit, eut le sourire : la superbe table des comtes de Lapoudrière , achetée à prix d’or par Ernst Kazzira, avait bien supporté le voyage. Il l’installa dans le pré,  la revêtit d’une nappe à carreaux, dressa le couvert, déballa son pique-nique et ouvrit le litron de rouge. Ensuite il déjeuna.

Ernst Kazzira , stupéfait, assistait à la réalisation d’un rêve : une heure d’illusion volée au quotidien monotone, devenir, le temps d’un repas, ce comte de Lapoudrière et manger à sa table. Comme une revanche.

Après ? Qu’importait l’après ?...

 

16 mai 2015

Participation de Fairywen

 

Étrange voleur.

 

Avec difficultés, l’homme sortit la caisse du camion. Il la manipulait avec précautions, comme si elle contenait tout un service en porcelaine. Essoufflé, il s’arrêta un instant et essuya la sueur qui coulait sur son visage. Puis il ouvrit précautionneusement l’avant de la caisse ? Ernst ouvrit de grands yeux stupéfaits en voyant des dizaines, des centaines de papillons s’en échapper. Abasourdi, il s’avança d’un pas. Le spectacle était si captivant qu’il ne s’aperçut pas que l’homme le regardait et sursauta lorsqu’il l’interpella.

— Eh bien, monsieur Kazirra, ne restez pas planté là, venez plutôt m’aider ! C’est que cette fichue caisse est diablement lourde, vous savez.

— Mais… d’où viennent ces papillons ?

— Comment ? Vous ne les reconnaissez pas ? Mais ce sont tous ces malheureux papillons épinglés dans des boîtes sur les murs de la maison de votre oncle ! Vous savez, la magnifique villa dont vous avez héritée. Ils sont quand même mieux dans la nature, vous ne trouvez pas ?

— Mais… ces papillons… ils étaient morts…

— Et moi je suis là pour leur redonner la vie. M’aiderez-vous, vous qui aimez tant les animaux ?

— Oui, bien sûr…

Un peu dépassé par les évènements, Ernst aida l’étrange voleur à remettre la caisse dans le camion avant de remonter dans sa voiture et de reprendre le chemin de sa maison. Comme dans un rêve, il aida son visiteur à mettre d’autres boîtes à papillons dans la caisse magique pour les emmener au vallon enchanté.

 

Le soir venu, Ernst était fourbu, mais ravi. Juste après le dernier voyage, le magicien avait disparu avec sa caisse et son camion. Assis sur un rocking-chair sous sa pergola fleurie, un chat sur les genoux et deux autres sur le dossier de son siège, il profitait l’esprit en paix de la douceur de cette belle soirée d’été.

 

Illustration défi 350 du samedi 9 mai 2015

 

 

16 mai 2015

Reconversion (Célestine)

Quelques jours après avoir pris possession de sa somptueuse villa, Ernst Kazirra, rentrant chez lui, aperçut de loin un homme qui sortait, une caisse sur le dos, d'une porte secondaire du mur d'enceinte, et chargeait la caisse sur un camion.

Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ. Alors il le suivit en auto. Et le camion roula longtemps, jusqu’à l'extrême périphérie de la ville, et s'arrêta au bord d'un vallon. 

Ernst se dit qu’il allait peut-être trouver là de quoi racheter sa vie d’ancien patron de la pègre. Et  que, s’il livrait aux condés cette petite frappe, qui venait de lui tirer le joyau de sa « collection privée », une œuvre qu’il avait subtilisée des années auparavant au musée de Nice, il deviendrait un héros national en restituant l’œuvre aux autorités. 

A vrai dire, il voulait se ranger des voitures. Il en avait sa claque des trafics louches, des soirées interlopes et des règlements de comptes dans des bains d’hémoglobine. Celui qu’on appelait « le Boss» ne rêvait plus que d’une chose : couler des jours paisibles dans sa villa de Cap Martin, sans être obligé de garder contre son cœur son calibre à canon scié, et des as de pique dans les manches.

L’homme à la caisse s’approcha du vallon et sortit précautionneusement la statue qui jeta des éclairs d’or mauve dans l’air du soir. Un splendide bronze du XVII° siècle représentant un enfant tenant un poisson. Tout à sa jouissance d’admirer l’objet convoité, l’homme n’eut pas le temps de dire ouf. Ou plutôt si. Il fit ouf sous la violence du crochet au foie que lui dégota Ernst. Celui-ci avait gardé de bons reflexes et savait encore surprendre par-derrière n’importe quel adversaire.

 Pour une fois, tout se passa selon ses plans.

Bien des années plus tard, Ernst Kazirra se remémorait ces derniers événements de son ancienne vie, tout en tirant sur un havane avec une mine de nabab. C’était bon d’être un rentier honnête, finalement. Il ouvrit son ordinateur. C’était l’heure où il officiait sur un site en tant que webmaster. Il distribuait les sujets et gérait les participations sous le pseudo de Walrus. Et il n’y avait guère qu’une obscure blogueuse de seconde zone pour l'appeler encore « le Boss ».

16 mai 2015

Participation de Droufn

Si Ernst retrouve le type qui a pris une caisse prévenez moi, j'aimerai bien savoir s'il avait la gueule de bois.

Merci

16 mai 2015

Instruzione al dente, ne fût-ce Al-Jazeera (par joye)

Obsession-Eau-de-Parfum-SprayQuelques jours après, et non pas avant…

avoir pris possession, ne fût-ce Obsession…pour mieux vous mettre au parfum...

 

mme Pancho Villa

 

de sa somptueuse villa, et non pas la somptueuse madame Pancho Villa,

qui ne portait pas de parfum, dit-on…

 

 

 

Ernst Kazirra,à ne pas confondre avec Al-Jazeera…

aljazeera

rentrant chez lui, et non pas chez Luigi…

luigi 

 

un_chien_andalou01aperçut de loin, parce qu’on n’aperçoit pas de près, même quand ça crève les yeux…

un homme, si c’est un homme, vaudra mieux demander à Primo Levi…

Primo-Levi-007

qui sortait...(c’était son sort, cette sortie)…

une caisse – qu’est-ce, vous pouvez vous le demander…

 

 

 

 sur le dos, de sa clarinette, cela va de sol...

 

zik

 

d'une porte secondaire, car une porte au primaire, c’est élémentaire…

holmes

 

 

pregnant wall du mur d'enceinte, et ça de neuf mois, au moins,

 

et chargeait la caisse maintenant cassée parce que caisse cassée est une question de base…

sur un camion. Un seul, voyez-vous, car c’est en camiant que nous camions. CQFD

 

 

Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ.

Eh oui, on dit ça…c’est comme écrire « J’aurais mis ci-joint les vingt euros que je te dois,

mais j’ai oublié de le faire avant de sceller l’enveloppe…

 

Alors il le suivit en auto, car l’auto Pilote…

pilote

Et le camion roula longtemps – bah oui, c’était un camion Bontan, et tout le monde sait qu’il faut laisser rouler le Bontan…

jusqu’à l'extrême périphérie de la ville – c’est ça, le Front National, plus extrême que ça, tu crèves un pneu, voire beaucoup…

et s'arrêta au bord d'un vallon…car s’arrêter plus loin au milieu du vallon aurait été trop tard...

***

P.-S. :

Oh dis donc, je viens de m'arpercevoir que je devais terminer l'histoire...

Mais, hélas, trop tard !

J'aurais mis ci-joint ma fin, mais j'ai déjà scellé l'enveloppe...

16 mai 2015

Participation de Venise

A cet instant je me suis rendue compte à quel point ma vie merveilleuse n’avait été qu’un long supplice.

L’urne de ma mère venait d’être volée.

Étant donné les dangers que représentaient les sépultures, j’avais opté pour l’incinération.

On m’avait déconseillé un investissement lourd.

Dés mon enfance ma mère me répétait à longueur de journée

 tu  perds  tout tu ne sais rien garder !!!!

Pour une fois je ne pouvais pas lui donner tort.

Au lieu de voler cette urne cet abruti n’avait qu’à frauder le fisc comme moi

Qui magouille ma feuille d’impôt avec mon avocat.

Ça parait idiot mais il doit avoir un revenu à la mesure de son intelligence  pour voler un tas de cendre.

Quand le conducteur sortit de son véhicule, je me suis surprise comme une conne à lui dire.

Vous avez de la chance de tomber sur moi. Pensez à celui qui aurait pu vous trouer le corps avec son chargeur.

 Le type se mit à rire et me dit qu’il était grec.

Comme le hasard est astucieux, ma mère voulait que je répande ses cendres sur l’acropole.

Je n’ai rien dit j’ai fais marche arrière en me disant que je venais de faire l’économie d’un  billet d’avion et j’ai disparu  comme dans un nuage de lait. .

 

ve01

 

16 mai 2015

Mais qu'est-ce qu'il y a dans ces caisses ? par bongopinot

bo01

 

Quelques jours après avoir pris possession de sa somptueuse villa,

Qu’il avait découverte un jour d’été où il vadrouillait rue des lilas

Ernst Kazirra, rentrant chez lui, aperçut de loin un homme

A l'allure athlétique aux pas assurés et aux muscles énormes,

 

        Qui sortait, une caisse sur le dos, d'une porte secondaire, 

Du mur d'enceinte, en véritable homme des lieux, en expert.

Et chargeait la caisse sur un camion avant de s’apprêter à partir.

Ernst hagard se demandant ce que cet individu faisait, se mit à courir

 

Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ.

Il finit par se retrouver près de son véhicule, alluma un cigare.

C'est alors qu'il le suivit en auto. Et le camion roula longtemps,

Jusqu’à l'extrême périphérie de la ville, là il ralentit un instant

 

Et s'arrêta au bord d'un vallon. Ernst sortit de son auto

 Et se rendit vers le camion et se posta près d'un petit écriteau

Il observa l'homme qui semblait heureux de jeter la caisse dans le ravin

Il s'en suivit un lourd fracas et un amas de poussières dans le matin

 

Ernst rejoignit l'homme qui souriait, pour comprendre ce geste

L'homme prénommé monsieur Pierre était un manutentionnaire modeste

Monsieur Kazirra était quant à lui un bien triste homme d'affaires

Rien ne les prédestinait à cette rencontre loin de la ville de lumière

 

Ils se retrouvèrent et il s'en suivit une discussion un peu houleuse

Pierre expliqua que toutes les années les plus venteuses

Il récupérait ses caisses dissimulées chez tous les habitants

Il reprenait ce qui lui appartenait, qu'il n'y avait là rien d’inquiétant

 

Que toutes ces caisses renfermaient tous les combats, les malheurs,

Et aussi les moments heureux, tous ces petits instants de bonheurs

Et quand il jetait toutes ces caisses le mauvais était de suite englouti

Et tout le bon s’envolait pour être redistribué dans d'autres logis

 

Pour que l’existence soit plus douce et qu'il n'y ait plus de nuits difficiles

Ni même de journées perdues à la recherche de choses impossibles

Pour que chacun ait des moments joyeux ou un destin d'exception

Mais certains endroits du monde sont oubliés et c'est la désolation

 

16 mai 2015

Vous l'aurez voulu (Vegas sur sarthe)

Quelques jours après avoir pris possession de sa somptueuse villa,

Ernst Kazirra, rentrant chez lui, aperçut de loin un homme qui sortait,

une caisse sur le dos, d'une porte secondaire du mur d'enceinte,

et chargeait la caisse sur un camion.

Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ.

Alors il le suivit en auto. Et le camion roula longtemps,

jusquà l'extrême périphérie de la ville,

et s'arrêta au bord d'un vallon.

 

(Dino Buzzati "Les journées perdues" in "Les nuits difficiles")

 

La caisse semblait lourde à porter, si lourde que l'homme dut la poser et s'asseoir dessus pour reprendre son souffle.

Comme il s'épongeait le front avec un grand mouchoir à carreaux en soufflant bruyamment, Ernst s'approcha de lui : “Je peux vous aider?”

C'était un petit homme ordinaire, bâti de guingois et très poussiéreux tout comme la caisse qui le supportait.

Le petit homme toisa Ernst, s'attarda sur l'élégant costume trois pièces et les chaussures vernies avant de bredouiller: “Euh... c'est mon défi”.

Il avait insisté sur le 'mon' avec un fort accent d'un pays d'Europe centrale... “croate ou serbe” songea Ernst.

Quel défi pouvait bien s'imposer ce petit homme ordinaire au point d'être obligé de charrier cette caisse assurément sortie de chez lui?

Et que contient-elle de si pesant?” demanda Ernst en décrivant un cercle circonscrit autour d'elle puisqu'elle était rectangulaire comme bien des caisses.

Le petit homme s'était cramponné à sa caisse comme à un radeau de survie avec ce réflexe qu'ont les gamins à qui l'on s'apprète à confisquer leur jouet.

C'est mon défi de la semaine passée qui a fait des petits” dit-il d'une voix basse, comme si on venait de lui arracher un inavouable secret.

Je ne comprends rien à tout ça” répondit Ernst, agacé par tant de mystère.

Le petit homme se glissa sur un bord de la caisse qui en comptait justement quatre: “Assieds-toi là sur un bord” dit-il “je vais tout t'expliquer”.

Le tutoiement surprit Ernst mais il s'assit tout de même sur un bord à côté du petit homme ordinaire, trop impatient de connaître son secret pour s'offusquer de tant d'impolitesse.

 

Ainsi le petit homme venait d'hériter par malheur d'une géode de Célestite qu'on appelle “Pierre des anges”, une pierre magique qui s'était mise à se reproduire à chaque lever du soleil.

Aux dires du garçonnet qui lui avait confiée, la pierre s'était “fâchée” alors qu'il tentait d'entrer en contact avec les anges au moyen de son smartphone... une sombre histoire de mise à jour d'un logiciel androïde à laquelle il n'avait rien compris?

Avant de risquer d'être enseveli sous une montagne de pierres ensorcelées le petit homme les tenait enfermées dans l'obscurité de la cave qu'il squattait jusqu'à ce qu'il apprenne la vente de la villa.

Il avait alors dû charger à la hâte toute cette encombrante famille et tentait maintenant de la mettre au frais mais surtout dans le noir en un autre lieu hospitalier.

Vous ne connaîtriez pas une villa inoccupée dans la région?” demanda le petit homme ordinaire sans se démonter, tout comme sa caisse.

Ernst n'en croyait pas ses oreilles, pas plus la gauche que la droite :”Et où ce garçon a t-il trouvé une telle pierre?” demanda t-il.

Le petit homme se gratta longuement le menton, fourrageant sa barbe de trois jours d'où quelques souvenirs finiraient bien par remonter en surface. Ernst s'impatientait, peu enclin à la pêche aux souvenirs.

Il a parlé d'un marchand... naturaliste... un certain Hertz... ou Hartz” finit-il par dire.

Ernst éclata :”Hartz? Alexis Hartz? Incroyable! Mais c'est mon beau-frère!”

Le petit homme avait fini de se gratter le menton, observait curieusement ce dandy en costume trois pièces et chaussures vernies qui gesticulait au bord du vallon et dont le beau-frère commerçait d'étranges pierres.

 

Le soir allait tomber sur les deux hommes singulièrement assis aux bords de la caisse quand Monsieur Hartz arriva sur un vélo d'un autre âge, un de ces vélos qu'on juge aux plaintes qui s'en échappent à chaque laborieux coup de pédale et qu'on s'attend à voir tomber en poussière...

Jetant à terre le vieux clou, il retira vivement les pinces qui emprisonnaient ses maigres mollets et tenta de recoiffer l'unique mêche de cheveux gris :”Ouvrez-moi vite cette caisse!” ordonna t-il au petit homme ordinaire.

Vous l'aurez voulu” dit ce dernier en jetant un regard inquiet vers le soleil toujours présent.

Pendant qu'il s'acharnait à déclouer un bord de caisse avec les moyens du bord, M. Hartz avait sorti d'une sacoche un bol de cuivre - peut-être de bronze - et une mailloche en bois, assurément de bois.

Que vas-tu faire?” demanda Ernst à son beau-frère tout en restant à distance respectable comme le font les gens en costume trois pièces et chaussures vernies.

Déjà le maillet tournait doucement sur l'arête du bol qui - vibrant sous le geste précis, circulaire et méthodique - libéra un son étrange, à la fois harmonique et inharmonieux.

Je dois nous réconcilier avec les pierres des anges” murmura M. Hartz en tournant le maillet d'une main comme pas deux...

 

Quiconque serait venu au bord du vallon ce soir là aurait pu observer l'étrange scène de trois hommes penchés sur une caisse d'où sortaient des fulgurances bleutées au son d'une singulière musique d'une richesse incomparable.

Sur l'horizon rougi du soleil couchant, un minuscule point noir se détachait, la maigre silhouette d'un gamin occupé à tapoter sur son smartphone.

Alors la musique mourut... un ange passait.

 

16 mai 2015

Qu'est-ce qu'on encaisse ici !

Quelques jours après avoir pris possession de sa somptueuse villa, Ernst Kazirra, rentrant chez lui, aperçut de loin un homme qui sortait, une caisse sur le dos, d'une porte secondaire du mur d'enceinte, et chargeait la caisse sur un camion.

Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ. Alors il le suivit en auto. Et le camion roula longtemps, jusquà l'extrême périphérie de la ville, et s'arrêta au bord d'un vallon.

L'homme quitta la cabine du véhicule, le contourna et ouvrit la ridelle. Il s'empara de la caisse et la balança sur la pente d'une poussée vigoureuse. Tandis qu'il rejoignait le véhicule, la caisse dévalait le flanc du vallon en rebondissant de ci de là. Elle finit par s'écraser contre le tronc d'un aulne.

Le camion disparu, Ernst quitta sa voiture et descendit la pente, prudemment car elle était assez forte. La caisse avait souffert et ses planches s'étaent disjointes. Ernst acheva d'en arracher quelques unes : que pouvait bien contenir cette caisse ?

Des boîtes ! Des dizaines de boîtes, des centaines de boîtes ! Toutes pareilles : des boîtes contenant des casse-tête chinois, ces tas de bouts de bois qui s'emboîtent et se déboîtent et qui, malgré tous vos efforts vous laissent toujours avec d'un côté un assemblage incertain et de l'autre, l'une ou l'autre pièce apparemment surnuméraire.

Des casse-tête chinois! Des casse-tête chinois fabriqués en Finlande, dans un bois dont on ne faisait manifestement pas des flûtes.

"Juste bon à brûler" pensa Ernst et il sortit son briquet pour concrétiser son idée. La matière était parfaitement sèche et le feu prit facilement puis se propagea rapidement à l'ensemble du colis.

De hautes flammes claires s'élevaient maintenant, Ernst ébloui commençait à voir la vie sous un autre éclairage. Il tourna le dos au brasier, devant lui, les flammes projetaient au sol un ombre immense, l'ombre d'un géant !

Le Roi des aulnes !

Un destin qui, somme toute, en valait bien un autre

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant... "

Mais, il n'avait pas d'enfant...

 

Bah, il en volerait un !

Erlkönig_Carl_Gottlieb_Peschel_1840_Goethe

 

9 mai 2015

Défi #350

Quelques jours après avoir pris possession de sa somptueuse villa,

Ernst Kazirra, rentrant chez lui, aperçut de loin un homme qui sortait,

une caisse sur le dos, d'une porte secondaire du mur d'enceinte,

et chargeait la caisse sur un camion.

Il n'eut pas le temps de le rattraper avant son départ.

Alors il le suivit en auto. Et le camion roula longtemps,

jusquà l'extrême périphérie de la ville,

et s'arrêta au bord d'un vallon.

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Dino Buzzati "Les journées perdues" in "Les nuits difficiles"

Caisse

A vous de continuer

pour samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

9 mai 2015

Sont complètement marteau

9 mai 2015

Participation de Fairywen

Le chant du bonimenteur.

Oyez, oyez bonnes gens !

Venez céans

Écoutez mon chant,

Achetez mon liniment !

 

Grâce à lui vous verrez

Des mondes enchantés !

Là-bas dans l’eau

Vous verrez danser

Les requins-marteaux !

Dans cet atelier,

Vous entendrez chanter

Les clous et les marteaux !

Dans les jeux

Du stade des Dieux,

Vous verrez s’envoler

Les marteaux lancés !

Et dans votre oreille

Toujours en éveil

Vous sentirez vibrer

Le marteau-osselet !

 

Non je ne suis pas marteau,

Ni fou, ni rigolo !

Des rêves je vends !

Oyez, oyez bonnes gens !

Venez céans

Écoutez mon chant,

Achetez mon liniment !

Défi 349 du samedi 2 mai 2015

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