J'ai mis le toit On ne met pas d'abord le toit ! Mais je mets ce que je veux moi : Un ballon Un guéridon Des bonbons Un édredon
Et puis mon cœur, Pour attendre le tien. J'attends jusqu'à demain Vers quatre heures ! Il y aura des gâteaux Puis des abricots Ensuite bien au chaud On pourra faire dodo
Une cabane avec des rideaux.. Un petit coin à moi Pour te revoir , toi
Mais on ne fait pas, comme ça Une cabane dans la rue, là Allez, ouste.. c'est pas beau !
Delphine vit dans le faubourg avec sa
maman, deux pièces d’une vieille maison grise. Devant, la rue oblique aux pavés
usés ; derrière, un terrain vague sans horizon. Les enfants s’y ébattent après l’école. Delphine y
retrouve Hélène ou Martine. A dix ans, on danse à la corde, on joue à la
marelle et parfois, avec les garçons, on entame une course à qui arrivera le
premier au coin du boulevard.
Mais cette année, les garçons disent
non : ils bâtissent une cabane. Des bouts de troncs d’arbre, des branches,
des clous, un marteau, des outils
prêtée, empruntés ou…dérobés, en ce mois de juillet c’est la fête des gros
bras. On tape, on scie, on érige, on commente. Les filles, à l’écart, admirent.
- On en fait une aussi ? demande
Hélène qui ne doute de rien. - On ne saura pas. Eux, ils sont forts.
Delphine se tait ; une cabane,
pour elle qui n’a même pas d’appartement ! Elle aimerait pourtant, une
cabane qui serait un petit refuge, un coin personnel tout doux, une cabane,
oui, mais pas trop petite. Pas trop grande non plus. Les garçons s’encouragent
à coups de « Ca va, Jacques ? T’en sors, Emile ? » ;
les murs, un peu vacillants, se dressent. Ca discute, ça rouspète. Ca avance.
Le dimanche après-midi, elle est
presque seule . A l’aide d’un cailloux, elle trace des lignes dans la terre.
- Qu’est- ce que tu fais ? demande
Martine. - Je joue « maison ».
Et elle continue, affairée. Elle parle
toute seule, hésite, trace un angle ici, un long trait là, un corridor, une
salle de bain, un salon et des canapés, oui, il en faut, c’est évident. Pour
s’asseoir comme une dame, jambes bien croisées, la robe rabattue sur les
genoux.
- Tu veux visiter ma maison ?
Viens…
Martine la suit ; dans le salon,
des fleurs rouges et blanches, un petit bureau et un clavecin. « C’est quoi,
un clavecin ? ». « Pour faire de la musique, quand on a suivi
des cours ». Delphine ouvre une porte : » ici, vous voyez,
Madame, c’est ma chambre. J’ai acheté ce couvre-lit en velours bleu, j’aime tellement le bleu ».
« Moi aussi », dit Martine, respectueuse. Les deux fillettes tournent
vers l’escalier qui monte à l’étage ; une large baie vitrée ouvre sur le
jardin. « Car nous avons un jardin, vous le voyez, Madame ? »
« Oui, répond Martine penchée à la croisée. C’est la chambre de ta maman,
ici ? ». « La plus grande, tu vois. Moi la petite me
suffit »…
L’été passa. Les années passèrent. Delphine se souvient. De la cabane
impossible, elle avait fait pendant tout
un mois cette maison chaque jour renouvelée. Cette maison qui contenait, elle le sait, tous les rêves
interdits , les miroirs ciselés, les abat-jours de taffetas rose, les escaliers
cités, les somptueux tapis, l’imaginaire d’une enfant pauvre qui n’attendait
rien de la vie…
Bientôt trente piges que j’me la construis ma p’tite cabane. Avec des potes ont a commencé vers douze, treize ans. On était une p’tite bande de branleurs, on avait pas un rond alors on piquait c’qui nous fallait par ci par là.
Vers seize ans quand on a pu s’servir de matos un peu plus costaud et surtout qu’on avait c’qui fallait pour transporter, là on a commencé à s’y mettre sérieusement, ça commençait à avoir d’la gueule not’ histoire.
Et pis on s’est mis à traîner avec des gus un peu plus vieux qu’nous, forcément, ados pré-pubères avec les hormones en folies, fallait pas rêver qu’on passe au travers. I’avait deux, trois cons mais i’en avait aussi des sympas qui nous ont donné des coups d’mains, parc’qu’eux, leurs cabanes, ben e’ commençait à être bien avancée déjà.
J’me rappelle pas d’tous les blazes mais i’en a un en particulier qui m’a bien aidé. Du coup on est resté super pote et on s’est plus lâché, Fredo qu’i’ s’appelle. On avait les mêmes envies, les mêmes idées pour not’ cabane. Alors on s’est mis à la faire ensemble, inséparables qu’on est dev’nus d’ailleurs en c’moment on y est ensemble dans not’ cabane.
Si vous pouviez la voir, un vrai p’tit cocon. Oh elle est pas très grande bien sûr, on fait avec c’qu’on a mais on en est content, on s’y sent bien. Les copains viennent nous r’joindre de temps en temps, c’est cool, on discute, on fait des plans pour améliorer les cabanes, pour avoir des murs plus solides, qu’ce soit plus dur de v’nir nous en faire sortir (même si on a passé l’âge que les vieux viennent nous chercher par la peau du cul pour nous ramener à la maison avec une bonne torgnole en prime en gueulant comme des baleines qu’on veut leur mort, faut dire qu’i’en a déjà pas mal qu’on cassé leur pipe).
C’qu’on rêve tous d’avoir c’est la super cabane avec les donjons, les remparts, mais celle-là... Faudrait tenter le Jackpot pour s’la faire, p’t-être un jour, on sait jamais.
Les amateurs de cabane, c’est comme qui dirait un club, tout l’monde ‘y rent’ pas, faut avoir fait ses preuves. La mienne commence à êt’ pas mal connue j’dois dire, i’ en a même qui d’mande des tuyaux, ouais !
La prochaine fois qu’j’y r’viendrai, j’f’rai c’qui faut pour pouvoir y rester un bon moment. Le seul truc chiant quand on y est, c’est qu’les bigophones ça marche pas terrible, mais bon, i’a pire, i’en a qui on qu’des trous ou des tôles, ‘faut pas qu’on s’plaigne...
Tant pis pour les plus de vingt ans (j'optimise !) qui auront cet air, comme moi, depuis samedi, en tête ! J'ai l'humeur chantante pourtant et le thème de la cabane belle, de rêve, d'imagination, etc. ne m'inspire pas, que voulez-vous !
Je n'ai connu que des trains de nuit (et des filles à soldats) d'affreuses petites cabanes façon "remises" à but purement utilitaire et adulte dans de rares petits jardins qui en plus n'étaient pas miens... Enfant, on avait à peine le droit d'y entrer car elles enfermaient des biens précieux : l'arrosoir, les bleus de travail, les bottes en caoutchouc, les graines de salades, les bulbes de glaïeuls, sans oublier les produits pour tuer les affreux doryphores ! On n'aurait pas pensé aller y jouer tant c'était étroit et encombré et d'ailleurs on n'y allait pas souvent et on n'avait pas le droit. D'ailleurs, on n'aurait pu que se ramasser un coup de bêche, de pelle ou de rateau (là, très dangereux ce dernier !), voire, plus grave, salir sa jupe écossaise, ses socquettes blanches, ses souliers vernis du dimanche...
Voilà ma modeste contribution que j'ai néanmoins hésité à vous transmettre, étant bien consciente que ce défi n'est pas un "divan" (même si officie ici le Docteur Zigmund), ni une tribune pour la lutte des classes (mais sait-on où est passé Groucho Marx ?), encore moins une vallée de larmes (et comme le chantait la petite fille de français moyens, elle aussi : "laisse les gondoles à Venise" !, en clair "let bygones be bygones !" comme dirait Lady Gaga si elle participait à ce défi)...
Pour finir, vous n'échapperez pas à "Une petite cabane" car j'ai vu il y a peu une émission sur cette grande dame blonde brune, vous me le pardonnerez...
Une petite cabane
Au fond de moi
Etouffante petite boîte
Pleine de lois
Une petite cabane
Dans laquelle on n'jouait pas
Seule, je la revois, parfois
Si, mi, fa, ré, sol, do, la...
Voilà, cette cabane révèle un peu de mon enfance sage et de mon adolescence plutôt romantique... moi qui ne suis plus vraiment ni l'une ni l'autre !
Pour
autant que je sache, le vieux Jourdin avait toujours été surnommé le
vieux Jourdin. Il avait fait vieux très jeune. Je lui avais toujours
connu les cheveux gris, la démarche pesante et voutée et le geste lent.
Le
vieux Jourdin habitait la maison du marais, qu’on appelait comme ça
même si personne n’avait connu le marais avant qu’il soit asséché. Et
quand on venait par le chemin des lilas en allant vers chez les Puche,
on apercevait derrière la maison du marais du vieux Jourdin ce qu’on
appelait la cabane du vieux : une remise en bordure du bois, toute de
planches branlantes et disjointes, qu’entourait un vrai mystère.
Personne
ne savait trop bien de quoi vivait le vieux Jourdin. C’était un taiseux
solitaire qui n’aimait pas le monde et que le monde n’aimait pas. Il ne
quittait que rarement sa bicoque, s’affairait à l’abri des regards dans
son jardin et traversait parfois son terrain pour gagner sa cabane près
du bois et s’y enfermer pendant des heures.
Il
ne venait presque jamais au village et quand il s’y aventurait, c’était
aux heures où il savait qu’il ne risquait pas de rencontrer trop de
monde. Ceux qui croisaient son chemin s’en écartaient prudemment tout en
l’observant attentivement et racontaient ensuite pendant des jours ses
moindres faits et gestes.
Le
vieux Jourdin faisait office de Croquemitaine. Gamine, mes parents me
faisaient manger mes brocolis en me menaçant de m’enfermer dans la
cabane du vieux si je rechignais. Son nom avait fait trembler des
générations d’enfants et sa cabane avait nourri les fantasmes
horrifiques des petits et des grands. Au bistrot, les ivrognes
inventaient des histoires toutes plus extravagantes les unes que les
autres mettant en scène le vieux Jourdin dans sa cabane et leurs épouses
en secret se rêvaient amantes aventureuses en son antre.
Mais
pour finir, personne ne savait quoi que ce soit du vieux.
Quand
il est mort, personne ne s’en est aperçu et c’est le facteur d’été, le
remplaçant de Gilot, qui a découvert son corps longtemps après en
voulant lui apporter son courrier.
Le
village entier a fondu sur la maison du marais pour tenter d’y
découvrir des bribes de la vie du vieux Jourdin, mais cet homme semblait
être une abstraction tant il ne possédait rien de personnel. Pendant
que les adultes fouillaient la maison, les enfants, eux, s’étaient
agglutinés autour de la cabane. Certains tentaient d’apercevoir quelque
chose à l’intérieur par la serrure ou les interstices entre deux
planches, mais il y faisait un noir d’encre et on ne distinguait rien.
Etant la plus grande du groupe, c’est moi qui ai finalement pris mon
courage à deux mains et ouvert la porte grinçante de la cabane
mystérieuse. Je n’ai d’abord pas bien compris ce que je voyais, le temps
que mes yeux s’accommodent à la pénombre du lieu. Les petits derrière
moi trépignaient sans oser passer la porte. La pièce était plus vaste
qu’elle ne paraissait de l’extérieur et ses murs étaient entièrement
tapissés de photos. J’ai immédiatement imaginé toutes les horreurs dont
j’avais déjà entendu parler ici et là au détour des conversations
d’adultes : enfants nus, corps mutilés, victimes martyrisées… mais
quelque chose clochait. Une petite table sur laquelle était posée une
lampe à gaz occupait le centre de la cabane. J’ai allumé la lampe et
l’ai approchée des photos, m’attendant à défaillir devant l’horreur,
mais incapable de ne pas regarder.
En
fait de monstruosités, il s’agissait de photos des gens du village.
Habillés. Et vivants. Presque quatre générations d’habitants,
photographiés pendant tous les événements, petits ou grands, qui avaient
rythmé la vie du village depuis… combien de temps ? Quel âge pouvait-il
bien avoir, le vieux ? Des tas de gens m’étaient inconnus, j’étais trop
jeune, mais j’en reconnaissais que j’avais vus en photo ailleurs : des
grands-parents et même quelques arrière-grands-parents. Les miens
notamment. Je reconnaissais les lieux également. La fête de l’école
l’année juste avant que j’y entre. L’enterrement de la fille Monier qui
s’était noyée une semaine avant l’anniversaire de sa mère. La fanfare le
jour de la victoire de l’équipe de pétanque au tournoi intercommunal.
Le mariage des parents de Pascaline. La fête pour la retraite du père
Puche. Des centaines de photos punaisées dans le désordre sur ces murs
branlants. Et au sol et sur la table des tas de feuilles noircies d’une
écriture fine et élégante.
Les
adultes ont fini par nous virer de la cabane et ont farfouillé dans les
photos et la paperasse. Il s’est avéré que le vieux Jourdin, sous ses
airs d’ermite, était un observateur incroyable. Ses liasses de feuilles
griffonnées, mieux qu’un journal, étaient un véritable roman, une saga
de la vie du village pendant presqu’un siècle. Tout le monde y avait sa
place. Pas un minot, pas un alcoolo, pas une mégère ne manquait.
Sous
sa plume, nos vies, qui nous semblaient être au mieux d’un ennui
mortel, au pire pathétiques, devenaient de véritables contes pleins de
tendresse et touchants de simplicité et d’authenticité. Dans ses pages
nous étions beaux. Nos histoires étaient jolies. Nous n’étions plus des
culs-terreux oubliés et oublieux, mais les véritables symboles d’un mode
de vie érigé en art. Le mythe terrifiant de la cabane du vieux était
tombé d’un coup : point de cadavre sous les lattes du plancher. Cet
homme à qui personne n’avait jamais parlé nous avait tous aimés au point
de consacrer tout son temps au récit enchanteur de nos existences.
Comme il n’avait aucune famille, c’est la commune qui a hérité de ses
biens et il a été décidé en conseil de proposer l’œuvre du vieux Jourdin
à un éditeur. Le projet a mobilisé tout le village pendant des semaines
et une fois prêt, le précieux manuscrit a été soumis à plusieurs
maisons d’édition qui se sont presque battues pour le publier. Autant
dire que le contrat signé par la commune a été des plus juteux. Le
roman, publié en trois tomes, a rencontré un succès tout-à-fait
stupéfiant et les droits ont été vendus à la télévision pour une petite
fortune supplémentaire.
Cinq
ans après la mort du vieux Jourdin, l’argent engrangé a permis au maire
de mener à bien un projet qui lui tenait à cœur : la maison du marais
et la cabane du vieux ont enfin pu être rasées pour permettre le passage
de l’autoroute et l’aménagement d’un péage, devenu une véritable manne
pour la commune.
Le
vieux Jourdin ne doit même pas pouvoir se retourner dans sa tombe,
ensevelie sous les tonnes de béton de la rampe d’accès.
Lekot (prononcez
‘cotte’) : chambre d’étudiant,
aujourd’hui de plus en plus studio, appart ou coloc’, dans une ville
universitaire belge.
Het kot/Le kot (prononcez ‘cotte’) : 1.Cabane au
fond de tout
jardin belge. 2.Appentis à usages divers accolé à toute maison mitoyenne
belge.
Parfois au nombre de deux ou trois,
voire quatre, et qu’on désigne alors d’un mot
pluriel, koterijen (n’essayez pas de
prononcer).
Het kot :
(prononcez ‘cotte’) sombre réduit généralement muni
d’un verrou extérieur et où on enferme les petites filles de cinq ans
qui
refusent de manger leur soupe.
On dirait que ça sentirait le bois. Et qu’il y
aurait des coussins comme des nuages, colorés.
On ne pourrait que chuchoter ou rire aux
éclats.
On mangerait du chocolat, des fruits
exotiques…
On ? Ce ne serait pas une cabane bien
grande, parfois on y serait plusieurs, mais pas nombreux non plus. Parfois j’y
serais seule. Parfois, en duo amoureux.
Ce serait toujours un privilège.
On entendrait le bruit des pages d’un livre,
ou celui des mots qui s’écrivent. Peut-être un chant, une conversation feutrée,
intime. On se laisserait surprendre.
Il y aurait du thé. Plein de choix de thés. Ou
de cafés. Ou de chocolats.
Ce serait comme un nid, un cocon, avant
l’envol, après le voyage. Une île, une escale.
Un coin de paradis. Pourquoi attendre d’être
mort ?
Serait-ce en hauteur ?
Il y aurait un coin de ciel, quelque part,
c’est sûr. Et du feuillage, des fleurs.
La coutume familiale voulait que chaque été je passe un mois à la
campagne chez ma grand mère. Elle habitait une petite maison à l’écart d’un
minuscule village perdu dans un repli du massif central. Elle était enveloppée
de silence que seuls troublaient le chant du coq et le grincement de la
bicyclette du facteur.
Il y avait au fond du jardin une cabane en bois d’aspect tout à fait
ordinaire. Elle ressemblait à s’y méprendre à ces cabanons où il était d’usage
de satisfaire les besoins de la nature avant l’invention de la chasse d’eau.
Peu de gens s’en approchaient car, si elle avait perdu sa fonction
première, du moins le supposait-on étant donné l’énorme cadenas vert qui en
interdisait l’accès, il n’en émanait pas moins, été comme hiver, une forte
odeur rappelantplus l’épandage
fertilisateur que l’élevage des canards vécés.
Une nuit d’insomnie et de canicule, j’aperçus un halo de lumière
semblant venir du cabanon, mais lorsque je m’y rendis il ne restait plus que
cette terrible odeur qui me fit rebrousser chemin.
N’y tenant plus, malgré une opiniâtre constipation , je décidai de
percer ce mystère et surveillai les allées et venues de grand mère afin de
savoir où elle cachait la clé du cadenas vert. Il me paraissait en effet
impossible de pénétrer à l’intérieur du cabanon sans ce précieux accessoire.
Après deux semaines de vaine surveillance, je décidai de lui demander,
sur un ton désinvolte et désintéressé pour ne pas éveiller ses soupçons, où se
trouvait la clé du cabanon.
Grand mère me répondit qu’on ne l’avait jamais retrouvé et que le
cabanon n’avait jamais été ouvert depuis le départ de grand père sur le front
russe.
Les faits étaient largement antérieurs à ma naissance. Du coup, ma
curiosité se mit à déborder comme une casserole de lait oubliée sur le feu.
Comment était-il possible que le cabanon n’ait jamais été ouvert depuis le
départ de grand père ?Personne ne
s’intéressait donc à ce qu’il pouvait contenir ?Il n’était pas surprenant, dans ces
conditions, que les herbes qui l’entouraient soient complètement folles. Folles
de curiosité, à n’en pas douter.
Retenant ma respiration durant d’interminables secondes, je me mis à
rôder autour de cette cabane et la fixais longuement en espérant que cela
suffise pour en percer le secret.
La toiture était faite d’une plaque de tôle ondulée. Je constatai avec
stupeur qu’elle laissait filtrer une lumière intérieure. Une lumière aux
reflets changeants. Je ressentis des frissons le long de l’épine dorsale et des
picotements sur la nuque.
Je tambourinai sur la porte en demandant courageusement s’il y avait
quelqu’un. Le cadenas vert qui n’était que rouillé et non verrouillé tomba sur
le sol. Je tirai sur la poignée qui me resta dans la main. Les WC étaient
fermés de l’intérieur.
Terrorisé, je couru jusqu’à la maison et c’est généralement à ce stade
de mon récit que leslecteurs me font
passer pour fou.
Lorsque je racontai à grand mère ce qui m’était arrivé, elle partit
d’un énorme rire démoniaque et il sortit de ses yeux et de sa bouche une
lumière phosphorescente qui lançait ses rayons mortels au travers de la pièce.
En même temps, et cela ne peut pas s’inventer, les lettres H et A de son rire
sortaient de sa bouche et venaient se fracasser sur le sol dans un bruit
d’enfer...
Je courus à travers la pièce pour éviter les rayons qui sortaient de
ses yeux et brisaient tout sur leur passage comme des rayons laser. Je sortis
et retournai au cabanon pour fuir cette mamie apocalyptique qui me poursuivait
en semant autour d’elle les H et les A de ses HA ! HA ! HA ! HA !HA !
Son regard coupa en deux la porte du cabanon plus rapidement qu’une
scie circulaire et je basculai à l’intérieur de cette cabane qui n’avait pas de
plancher.
Ma chute fut brutale. Je me relevai péniblement pour stopper la
sonnerie du réveil.
Ils m’ont collé en cabane. Je n’avais rien fait pourtant, à part posséder les mêmes initiales que Jérôme Kerviel. Peut-être que je fais le singe trop souvent aussi ? C'est possible. Remarquez, je ne me plains pas.
Ils m’ont fourré en cabane et condamné aux travaux forcés. Ca doit s’appeler de la double peine mais je m’en acquitte avec joie. Ils m’ont demandé de faire des tripatouillages avec plus d’un million d’euros pour acheter des trucs virtuels. En échange, ils me payent à la fin du mois. Pourquoi voulez-vous que je me plaigne ?
A part les barreaux aux fenêtres, ma cabane n’a rien de déplaisant. Moquette au sol, photos de Venise et d’Iowa aux murs, ordinateur dernier cri, fauteuil ergonomique, les toilettes hors de la cellule, une cuisine collective au bout du couloir et je suis même libre d’aller et venir à ma guise dans la prison pour, par exemple, me tailler une bavette avec mes co-détenu(e)s. Pourquoi voudriez-vous que je me plaigne ?
La porte de l’établissement pénitentiaire est toujours ouverte. Le midi j’ai droit à une heure de promenade. Il y a un restaurant à proximité, fréquenté par des jeunes gens qui suivent des cours aux environs pour devenir un jour prisonniers eux-mêmes. Ils et elles s’entraînent de manière sérieuse : ils ont tous des téléphones cellulaires ! Le matin, dans le panier à salade qui nous mène à nos centres de détention, ils ont déjà le regard morne, la tête dans le cul et l’air triste de tous ceux qui acceptent que "Métro" devienne la seule lecture autorisée par l’administration. Car notre privation de liberté ne dure que le temps d’une journée. Le soir chacun rentre chez soi et vit comme il l’entend. Vous avez bien remarqué que je ne me plains pas, j’espère !
Et d’ailleurs, depuis mercredi, je jubile ! Le directeur de la prison, M. Eric W., vient de nous annoncer qu’il nous octroyait deux années de remise de peine !
Comment, ça, « Joe Krapov ne comprend pas tout » ? Mais si ! On nous en a remis pour deux ans, de la peine d’enfermement ! Soi disant parce que toutes ces prisons, ces ministères, musées, bibliothèques, hôpitaux, services publics, ça coûte trop cher à l’Etat. Tout le monde va vivre plus longtemps et de toute façon, le gouvernement n’est pas d’accord pour qu’Eric raque.
Bon, je ne me plains pas, c’est un fait, mais je ne comprends rien à leurs discours. Il faut travailler plus pour gagner moins ? Ce n’est pas un problème ! Par contre si on interdit aux vieux de sortir de cabane, ça fera d'autant plus de temps à attendre pour que les jeunes puissent y entrer. De toute façon, moi qui y suis déjà, j’ai vingt ans, vingt et un bientôt et j’ai prévu de vivre 327 ans 35 alors, vous pensez, deux ans de plus dans ma cabane paradisiaque, c’est rien ! Comment ils feraient d’ailleurs sans moi pour expliquer les 28 000 euros d’économie qu’on a faites cette année ? Monsieur Hajtyla a déjà oublié que, là où son cheval passe, la gabegie trépasse et ne repousse pas ! Kerviel perd cinq milliards, nous on gagne 28 000 euros et M. Hajtyla n'est pas content quand même ! Cet homme est encore plus drôle que moi !
Le seul truc qui me chagrine dans ma cabane, c’est le poster de Peter Spier. Ce type qui emmène tous ses copains sur un grand bateau avant que ne tombe le déluge, cette dernière image où il referme la porte sur un univers qu’on imagine absurde pour partir à l’aventure vers des pays inconnus, ça me rappelle par trop une autre cabane dans laquelle j’ai vécu quatre jours il n’y a pas longtemps. C’était à Belle-Île, dans le Morbihan.
Ce n’est pas pour me plaindre de ma cabane au rez-de-jardin – Mlle Ronchonchon prétend que nos cellules sont dans une cave – mais j’étais quand même mieux là-bas au camping de l’Océan !
N.B. Toutes les photos sont cliquables pour être agrandies.
Un jour mes parents décidèrent de
retourner vivre en ville. Il fallait, pour mon bien, m'éloigner de
la cabane de mon enfance.
Mon père l'avait construite sur la
première branche d'un chêne majestueux près de la maison. J'y
accédais par une petite échelle. Faite de quelques planches, le
soleil de midi la transperçait de part en part. J'aimais y
retrouver, dans une étincelante nuée d'anges virevoltants, mes
trésors d'enfant.
Le plus précieux d'entre tous était
Ambroise, un gosse de mon âge. Dans ma douce solitude d'enfant
(j'étais fils unique) il était mon seul ami et confident. Il était
le frère que mes parents ne pourraient plus jamais m'offrir. A vrai
dire, moi seul le voyait.
Plein de candeur je parlais ouvertement
d'Ambroise à papa et maman. Si cela inquiétait mon père, ma mère
semblait l'accepter plus volontier, quand bien même, je le comprend
aujourd'hui, ce devait lui crever le coeur de pitié à mon endroit
et de culpabilité.
De plus en plus je me réfugiais dans
la cabane. Aux heures les plus chaudes, assis ou couché dans les
rais de lumière, je passais des heures à côté de la petite
fenêtre d'où m'apparaissait Ambroise. Je lui racontait ma vie et
lui me suggérait quantité de nouvelles aventures : le goût
sucré des fleurs de trèfle, l'art de tresser un chapeau de paille,
ou bien la science du braconnage et de la pose d'un collet...
Ma mère faillit piquer une crise de
nerfs lorsqu'un soir elle me surprit tenant dans mes petites mains un
ortolan tout sanguinolent. Mon père, furieux, hurla qu'il allait
retirer l'échelle de la cabane. Mes larmes n'apaisèrent en rien sa
colère. Mon coeur se serrait alors qu'il m'aboyait qu'Ambroise
n'existait que dans ma tête, qu'il me fallait l'oublier et me faire
de vrais amis.
Je me souviens avoir pleuré toutes les
larmes de mon corps. Quand mes parents vinrent me trouver pour tenter
de me consoler, je les vis si tristes que je me décidai enfin à
leur avouer la triste histoire qu'Ambroise me ressassait à longueur
de journée. Il était le fruit des amours adultères d'un juge et de
sa gouvernante. Lorsque Ambroise fut pris à voler une miche de pain
au marché, son père qui l'avait abandonné, las d'attendre l'oeuvre
de la faim ou de la maladie, le fit pendre à un chêne, celui là
même ou trônait ma chère cabane. C'était il y a des siècles.
Voilà pourquoi il m'apparaissait toujours par la petite fenêtre,
son triste visage vaporeux se balançant lentement dans la chaleur du
soir.
- Tu sors par la petite porte derrière, tu te diriges en haut du talus et tu trouveras la cabane construite par mon aïeul.
- Au fond du jardin ?
- Non en haut du talus j'ai dit. Tu admireras le toit que j'ai refait moi-même l'année dernière.
- Il est où le haut du talus ?
- Euh pardon, je confonds, c'est en bas du talus. Je suis fier de cette cabane, et la lumière fonctionne à l'électricité solaire. Tu verras, les panneaux sont au-dessus de l'entrée, je les ai installés il y a deux mois.
Une heure plus tard :
- Tu as trouvé ?
- Oui...
- Et bien tu en as mis du temps, je me faisais du souci.
- J'ai trouvé facilement, mais m...
- Ah oui, j'avais oublié de te dire que les masques contre les mauvaises odeurs sont dans les bidons à l'extérieur et l'échelle sous le toit, c'est pour descendre afin de déboucher au cas où... Je te montre sur cette photo : http://i48.tinypic.com/2wbs1oy.jpg
La maison était vide ou presque. Nous venions
d’arriver dans
cet appartement tout neuf, situé dans une banlieue inconnue .
Nous n’avions que nos
valises et ne possédions aucun meuble. Des amis nous avaient prêté les
quelques
meubles indispensables : un lit pour mon frère et moi, un autre pour mes
parents, une table des chaises et une armoire moche en
bois léger.
Le seulluxe rescapé
était un grand poste radio à lampes,ultra moderne à l’époque, c’était le
seul
trésor qui avait suivi notre exil et égayait nos soirées.
Nous étions petits,
l’armoire
très grande trônait vide dans le salon.
Mon frère et moi avons immédiatement investi
l’armoirepour en faire notre cabane-terrain de
jeux.Nos
rires et nos cris résonnaient bizarrement dans le salon si vide.
Nos parents pas joueurs du tout ont
assez vite récupéré « notre »
armoire pour y entreposernos
affaires et nous avons perdu notre seule
cabane.
Je ne me souviens pas avoir construit de cabane,
même pas
lors de mon passage chez les scouts.
Par contre, tous les ans, je pars camper du côté
des vignes
de Jasnières pour des rencontres de taijiquan et bien qu’ayant horreur
du camping , je n’imagine pas dormir ailleurs que
sous ma tente avec autour tous mes amisvenus des quatre coins de l’Europe.On discute beaucoup on dort
peu ; de toutes façons votre dos vous signale vite que ce genre de jeu
n'est plus de votre âge et vos vertèbres se rappellent à votre bon
souvenir. Le matin on m'entend clamer sur tous les tons ma haine du
camping. Comme j’ai souci de mon confort, ma
tente cabane a huit places même si j’y dors seul : passé un certain âge,
se contorsioner dans une micro tente pour s’habiller ne me tente pas
vraiment,
et pour pouvoir tenir debout , huit places c’était la seule solution.
Ceci permet
d’inviter les amis à se réfugier en cas de pluie autour
d’un café ou d’une bouteille de
Jasnières.
Conclusion côté
cabanes, j’ai bien séché, maiscôté
alcools (modérato) ou remontants
(licites de préférence) il y aura ce qu’il faut dans ma cabane
provisoire grand
luxe.
Ma cabane est faite en cristal et accrochée dans un arbre plus que centenaire.....
Elle reflète les feuilles et couleurs des alentours. Au printemps je suis rose, je suis blanche et verte pastel, les fleurs des alentours qui naissent me donnent des ailes , des sensations de jeunesse, je revis , ma cabane sort de l'hiver , le gel qui la recouvrait se fond en myriades d'étoiles de gouttes d'eau ...je parcours la nature , je cueille toutes sortes de fleurs , je sème les pétales en tapis sous mes pieds, je dors dessus les fleurs ainsi répandues ...mes rêves sont peuplés de couleurs....
L'été elle est verte , mais d'un vert jaune en passant par le vert de vessie, verte pomme , verte sapin aussi, car je suis entourée par différentes espèces d'arbres ...elle sent le fruit d'été qui se cueille en tendant la main depuis ma cabane.. elle sent la mure, la fraise des bois....je vais faire un tour et je rapporte les fruits trouvés que je déguste seule suspendue à mon arbre...
En automne je suis de toutes les couleurs, du fauve , au rouge en passant par le vermillon, le jaune intense,le marron,quelques verts encore, je surprends l'écureuil qui apporte ses noisettes et le choucas qui emporte les noix, mais il m'en reste assez pour passer l'hiver et faire mes provisions..je tapissent le fond de ma cabane de feuilles pour ne pas avoir froid... et j'attends l'hiver.
l'hiver je suis devenue cristal transparent, cristaux de neige, et dentelles recouvrent ma cabane et lui donne un aspect féérique , magique, elle étincelle à Noël , quelques branches de mon sapin voisin et je suis à la fête, mes provisions d'été et d'automne à déguster....
J'ai fais cette magie-cabane en cristal pour voir tout ce qui se passe autour de moi dans la nature, pour quelle soit le reflet de la nature .... les fils de soie des araignées rivalisent en beauté autour de ma cabane et sont des guirlandes d'amour qu'elles tissent autour de moi, reflets de la lune le soir .reflets du soleil en journée... j'ai chaud car la lumière pénètre à l'intérieur ....
Je suis une minuscule petite fille de la nature, et je suis habitée aussi par la lumière qui arrive jusque mon cœur. je ne suis pas seule , je n'ai pas peur .......rien ne peut m'arriver je suis dans ma bulle .
Elle n’a l’air de rien Elle est si petite Elle est si discrète. Petit nid au fond du jardin.
On peut passer tout près sans la remarquer Mais…
Si on prend le temps de s’arrêter Si on prend le temps de la regarder. Elle sait charmer, elle sait séduire et envoûter.
Cabane de bric-à-brac, d’objets mis au rebut. Elle sait faire oublier en douceur, petit à petit, le monde qui l’entoure. Elle devient une réserve de petits bonheurs, d’images à garder secrètement.
Petite lucarne sur un univers de plaisirs minuscules.
-Tu la verrais comment toi ta cabane Isa ? -Avec des fenêtres toutes colorées !
- Et toi Juju ! - Bof, j’en sais rien ! - Si, allez, trouve quelque chose ! - Bon, euh, moi j’aime bien quand y’a des dessins sur les murs :
- Tu vois, tu as trouvé quelque chose ! A toi Marco ! - Hi,hi,hi !!! J’peux dire c’que j’veux ? - Ben oui, on s’amuse, quoi ! Moi, j’voudrais qu’y ait une boîte aux lettres pour le Père Noël !
- Bonne idée, oui, c’est marrant ça ! - Et on adopterait un p’tit lutin qui se cacherait dans tous les coins et qu’on s’amuserait à chercher ! - Oui Charlotte ! Youhou ! Super idée !
- Moi j’amènerais mon bateau pour décorer la cheminée :
- Titi tu n’as rien dit, allez vas-y ! - Ben ch’sais pas moi ! ………… Ah, si, j’mettrais plein de p'tites lumières en couleurs qui bougeraient tout l'temps !
- Les enfants, c’est l’heure de rentrer !!! - Ah zut alors, bon, on continuera demain hein !!!! - Oui, c’est trop bien !!! Salut ! - Salut ! Salut ! - A demain ! - Bisous ! - ……… C’est quoi Marco une cabane ? - Ben, c’est comme une maison, mais en plus petit et pas aussi solide ! - Comme la niche de Toutoubadié alors ? - Oh, …… à peu près oui ...........si tu veux !!!!
Le titre est une private joke pour Adrienne (mais Google vous en dira plus si vous en avez la curiosité).
En juillet 2008, mes petites-filles étaient en vacance avec une de leurs copines chez leurs autres grands-parents dans les Côtes d'Armor.
Comme elles se sentaient un peu à l'étroit dans leur chambre surchauffée, elles ont demandé à leur père de leur construire une "cabane" au fond du terrain entourant la maison.
Leur père, compagnon couvreur, leur a construit une sorte de hutte à toit de chaume, une paillote en quelque sorte. L'armature est en noisetier, les murs sont garnis de fougères et le toit... je l'ai déjà dit.
Ma fille pensait n'avoir à subir qu'une nuit l'inquiétude de voir les trois gamines dormir dans une cabane ouverte à tous vents, au bout d'un terrain entourant une maison construite au milieu de nulle part ou presque. Elle en a été pour ses frais, après y avoir goûté une nuit, les filles n'ont plus voulu dormir ailleurs.
Quand j'ai débarqué fin août, c'est la première chose qu'elles m'ont fait voir.
Le plus magique de tout, quand j'ai pénétré dans la chose, c'était ce parfum de foin et de fougère qui régnait à l'intérieur. Je me suis retrouvé instantanément plongé dans mon enfance, quand, apprentis louveteaux, nous construisions des "tanières" en ficelle et fougères dans les bois de Petite-Chapelle.
Sauf que celle-ci, ça fait deux ans qu'elle résiste sans faillir au climat breton.