Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le défi du samedi

Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 660
Derniers commentaires
Archives
14 février 2009

Défi de Cinderela

Samedi midi. Pas de Lila-sitting aujourd'hui, Anna est en vacances. J'ai donc passé une matinée tranquille et sur la fin de cette matinée, justement, je suis allée chercher le courrier. Je tiens encore la lettre à la main quand Kant franchit la   porte de la maison. Je me jette à son cou :
- Les   fleurs hier plus cette lettre aujourd'hui... vraiment c'est trooooop, jamais je ne me serais attendue à tout ça !!!!
(Ndlr : l'histoire des fleurs est racontée   chez les Equipières)
 
  Kant sourit.
  - Je t'ai envoyé une lettre Cindy ?
  - Oh oui et elle est vraiment vraiment très romantique.
  - Je peux voir, s'il te plaît ?
  - Bien sûr.
 
  Kant commence à lire la lettre.
  - Dis-moi Cindy, il n'y a rien qui te choque dans cette lettre ?
  - Non pourquoi ?
  - La demande en mariage par exemple...
  - Et alors ? demandai-je, très étonnée. Tu ne m'aimes pas ?
  - Si bien sûr.
  - Et donc tu ne veux pas te marier avec moi ?
  - On est déjà mariés. Ensemble. Au cas où tu ne t'en souviendrais pas...
  - Ca n'empêche pas !!!
 
  Kant est maintenant franchement hilare.
  - Cindy... comment dire ? Tu as vu à qui la lettre est adressée ?
 
  Je reprends la lettre : "Mon cher Charles".
  - Ah euh oui... j'ai cru que c'était l'émotion ?
- Emotion ou pas, répond Kant qui n'arrive plus à garder son sérieux, rien ni personne ne pourra m'obliger à signer une lettre "Charlotte".
  - Tant pis, ai-je soupiré avec fatalité. C'était pourtant une si jolie lettre...

Publicité
14 février 2009

Bis et Pépita (Tiphaine)

Je ne sais pas si vous connaissez la petite ville de Forges-Les-Os. Elle n’est pas très connue, à vrai dire. Quelconque est l’adjectif qui me vient à l’esprit. Une église qui n’a rien de particulier, une petite supérette à côté de la mairie, il y eut une poste avant l’époque de la décentralisation à outrance mais c’était il y a bien longtemps… Aujourd’hui, il ne reste guère que quelques rues sans âme véritable et une petite centaine de personnes qui attendent que le temps passe. Essentiellement des personnes âgées, les jeunes sont partis depuis longtemps à la capitale dans l’espoir parfois illusoire de trouver là-bas qui un travail, qui un amour, qui un semblant de vie. Forges-Les-Os végète et seuls quelques historiens se souviennent qu’elle fut la ville natale d’un inventeur de génie qui exporta sa science dans les contrées reculées de l’ancien empire Ottoman. Aucune plaque ne le signale d’ailleurs, Forges-Les-Os n’a ni passé ni futur. A peine un présent.

Que vous dire d’autre sur cet endroit oublié des dépliants touristiques ? Le maire est un homme sans histoire, depuis des générations on exerce ici cette fonction de père en fils et personne ne trouve rien à y redire. C’est dans l’ordre des choses. Le curé ? Cela fait bien longtemps qu’il n’y en a plus, les âmes ferventes prennent leur auto chaque dimanche pour la grande ville voisine. Le docteur ? Quel docteur ?

Non, Forges-Les-Os est une petite ville quelconque sans grand intérêt ni personnage particulièrement saillant.

A la réflexion, il y aurait peut-être bien ce Valentin Noli…

Valentin Noli n’est pas un facteur comme les autres. Non, ce n’est vraiment pas un facteur comme les autres… Pour commencer, c’est le seul facteur. Ah ! Vous devriez voir son vélo, vraiment ! Il est rose, comme son cœur. Valentin Noli est un doux rêveur comme on n’en fait plus. C’est miracle s’il fait une tournée sans une seule erreur de distribution. Mais Valentin est un gentil garçon, personne ne s’en est jamais plaint à la direction générale. Il faut dire que c’est le chéri de ces dames, plus d’une pense à lui en s’apprêtant le matin, choisissant avec soin le délicat déshabillé qui la mettra le mieux en valeur quand elle ira d’un pas négligent à sa rencontre. Ensuite, il ne leur reste plus qu’à entendre avec impatience que midi arrive enfin. Mais Valentin n’a jamais le temps de glisser ses délicates mains dans la moindre boîte aux lettres, ses admiratrices, dès « poltron miné », guettent sa silhouette gracile derrière les rideaux légers des maisons. Seuls quelques grincheux demeurent insensibles à son charme. Jean-Pierre Bachi-Bouzouk en est un. Réfractaire au plus haut point. A peine entend-il la joyeuse sonnette du vélo rose qu’il se précipite sur sa zapette et monte le son de sa télévision…  

Mais Valentin ne s’en chagrine pas. Il est d’un naturel heureux et confiant. Son voisin ne peut pas avoir un cœur de pierre, il est juste un peu… bougon. Un ours grognon à qui la vie n’a pas encore offert la chance d’être touché par la grâce de l’amour. D’ailleurs, il est un signe qui ne trompe pas, c’est un « bis » qui sépare leurs maisons et, chaque fois qu’il fait sa tournée, Valentin sourit tendrement en espérant qu’un jour ce bis se transformera en bise… et c’est avec entrain qu’il appuie allégrement sur les pédales de son engin, songeant avec délice comme il est bon d’aimer.

Car Valentin est amoureux. Amoureux fou. Ah ! La belle Pépita, la délicate, la mignonnette, la pucinette coquette de son cœur… Chaque jour, il lui conte fleurette et les yeux de la demoiselle s’allument, toute la rue des Mimosas s’embrase soudain de son sourire à couper le souffle. Et les dames de Forges-Les-Os se pâment d’envie derrière leurs fenêtres fleuries…

14 février. Aujourd’hui, c’est la saint Valentin. Notre facteur, comme tous les matins, se rend à la ville voisine pour chercher le courrier qu’il doit distribuer. 78 missives l’attendent avec impatience. Notre Valentin constate avec surprise que 77 lui sont adressées. La 78ème, il la connaît bien, c’est celle qu’il a adressée lui-même à la belle Pépita.

Enfer et stupéfaction ! Valentin revient à vive allure chez lui, étale brusquement son butin sur le petit bureau et l’examine avec un peu plus d’attention. 24 cartes, la plupart signées, envoyées par les quelques veuves et célibataires de la ville. Au hasard, il ouvre quelques lettres, les mêmes tournures enflammées reviennent, les cœurs brisés, les espoirs, les je t’aime absolus… Celles-là ne sont pas toujours signées, elles portent parfois un petit prénom féminin ou un indice sensé guidé notre facteur vers l’élue de son cœur. Les « je t’attendrai à minuit rue des Capucines » côtoient les « j’aurai ma petite robe bleue » et plus rarement les « je serai entièrement nue ».

Valentin n’en revient pas. Fébrilement, il recherche l’éventuelle lettre que sa dulcinée pourrait lui avoir adressée. Il trouve enfin. Elle ne l’a pas oublié. Juste trois petits mots au dos d’une carte. Il respire enfin. Il reprend ses esprits.

Il est bientôt dix heures, Valentin devrait déjà avoir entamé sa tournée. A quoi bon se presser, pense-t-il soudain. Il n’a qu’une seule maison à visiter.

Il entend soudain le son d’une télévision dans la maison voisine. C’est alors qu’une idée lumineuse traverse le cerveau du gentil facteur.

Puisque tout le monde s’accorde à dire qu’il est un étourdi notoire, pourquoi ne pas profiter de l’occasion ? Elle est si belle ! Il suffirait qu’il dise qu’il a égaré la tournée du jour, tout simplement…

Dans la salle à manger de monsieur Bachi-Bouzouk, le générique d’Amour Gloire et beauté retentit à tue-tête.

Il y a mieux à faire, songe Valentin Noli en regardant toutes ces lettres éparpillées devant lui, bien mieux… Il commence par faire le tri des adresses et ne retient que celles qui pourront convenir à la réalisation de son plan. Par chance, toute la ville l’appelle Valentin, très peu de personnes connaissent son nom de famille et 69 missives contiennent simplement l’adresse « A mon Valentin, 38 bis rue Saint-Eusèbe, Forges-Les-Os ». Décidément, la chance est avec lui ce matin. Il s’empare ensuite d’un blanco et d’un effaceur et, scrupuleusement, il élimine tous les « bis ».

Il est presque midi. Valentin enfourche son vélo rose et fait retentir sa sonnerie joyeuse. Aussitôt, son voisin se précipite sur sa télécommande et, les yeux rivés sur l’écran, il ne sait rien des 69 lettres que le facteur dépose dans sa boîte.

A midi 5, la rue des Mimosas s’enflamme et les dames de Forges-Les-Os enragent derrière leurs fenêtres fleuries.

A ses supérieurs, le lundi suivant, Valentin déclare le rouge aux joues : « Je suis vraiment désolé, je n’avais pas la tête à mon travail ce samedi... Quelques erreurs ont peut-être été commises... Quelques lettres égarées ? ». Aucune réclamation n’a pourtant jamais été faite depuis, pas la moindre plainte et Valentin est toujours le facteur bien aimé de sa ville.

A chaque saint Valentin, les dames de Forges Les Os rivalisent d’imagination, elles espèrent en secret être celle qui détournera le gentil facteur des bras de l’odieuse Pépita. En vain.

Cette année, Valentin et Pépita ont décidé de se marier, les hommes de la ville se réjouissent.

En secret.

Et monsieur Bachi-Bouzouk, me direz-vous ?

On murmure qu’il est amoureux et que, chaque nuit, une demoiselle l’attend « entièrement nue »…

En secret.

 

14 février 2009

Ce fut le jour où, en aval du moulin, il se pêcha, dit-on, des truites saumonées à la chair bleutée (Papistache)

Paulo, facteur amoureux,
Effeuille sa sacoche de cuir
Sans vraiment penser à nuire
Par dessus le pont vieux.

Un peu, beaucoup, Souade m’aime
Passionnément, à la folie,
Pas du tout ? Moi, je l’ai-aime.
Souade aux lèvres jolies.

Jamais la rivière Amour
Ne porta mieux son nom,
Cent petits navires s’en vont,
Affranchis, suivent son cours.

Au village, on se désespère,
Déjà onze heures, la boite est vide,
Mille cœurs se brisent, quelle misère,
Les larmes coulent amères, acides.

La rivière charrie les cœurs
Brisés. Navires perdus
A la dérive, sous les pleurs
De mille amants éperdus.

Mais l’boulanger, le Gros Pierre,
Qui lutinait la belle meunière
Près du moulin, dans l’eau glacée
Sans hésiter, a tout r’pêché.

Gros Pierre, dans son fournil,
Introduit cœurs en morceaux,
Et courriers  mis en péril,
Par Paulo, l’facteur puceau.

Masques de cire, mines déconfites
Les villageois, âmes en peine,
Entendent les cris de Madeleine,
La belle meunière : “Vite, venez, vite !”

Aujourd’hui, Saint Valentin,
Approchez, distribution
Gratuite, pas que du pain,
Baume au cœur, recette maison.

Mais en février, l’eau est glacée,
les encres bleues  et puis les noires,
les rouges aussi s’étaient diluées,
Sur la grand’place, quelle histoire,

S’est tenue bourse aux amours
Comme jamais village ne vit.
Chacun prit, sorti du four,
Au hasard, un courrier cuit,

L’ouvrit, le lut : “Ma dulcinée,
Mon tendre amour, trésor de l’âme...”
“A moi, à moi, dit la Renée.”
“Mon doux pertuis, ma douce femme...”

A Jeannette, bonne du curé.
“Mon obélisque, mon sceptre, viens ...”
Monsieur Luc ? L’garçon d’café ?
Mon secret contre le tien,

Jusqu’à très tard, dans la nuit froide.
Pendant ce temps, à bicyclette,
Le beau Paulo, l’ami de Souade,
Rêva sa belle amie fluette.

Par dessus le pont vieux
Sans vraiment penser à nuire
Paulo, facteur amoureux,
Effeuilla sa sacoche de cuir.

14 février 2009

Le jour où elle a quitté le facteur‏ (Violette7)

Elle lui a donné son courrier à poster......
Normal, il est facteur......
Elle a tenté le diable......
Normal, elle vient d'avoir un coup de foudre.......
Il risque d'ouvrir la lettre......
Normal, il est jaloux.........
Il a découvert la lettre......
Normal, il était prévenu........
Mon amour, je quitte le facteur
Normal, je t'aime......

14 février 2009

« Et si vous me disiez que je vous aime ? » (Captaine Lili)


Et si vous me disiez « je vous aime » ?

Je vous ouvrirais grand les bras et pour un baiser amant, je vous donnerais mes lèvres.

Je rêve de votre main posée sur mes hanches, de votre corps tout près du mien.

Je voudrais entendre votre voix qui rend sexy mon petit nom, lire votre désir de moi dans vos regards qui n’osent pas.

Et si vous me disiez « je vous aime » ? Je le croirais parce que j’en ai l’envie qui se taisait. Parce que votre air de petit garçon dans votre assurance d’homme sait faire battre mon cœur intimidé. Parce que je me souviens de votre bouche sur ma joue pour une bise que vous m’avez demandée comme une faveur. Je le croirais pour le sourire entre nous, pour nos yeux qui s’accrochent parfois comme si rien d’autre n’existait.

Et si vous me disiez « je vous aime » ? J’aimerais que l’on s’apprenne cela, aussi.

.

Le facteur, amoureux, n’avait pas attendu que la petite aiguille dépasse 16h. Il était parti tôt du centre de tri pour ne pas rater son train. Il ne voulait pas perdre une minute pour rejoindre sa belle aujourd’hui, puisque quelqu’un avait décidé que c’était une journée spéciale pour l’amour. Tout à ses désirs d’elle, à ses suppositions de ce qu’elle avait pu préparer (depuis 7 ans qu’ils étaient ensemble, elle lui sortait toujours le grand jeu, ces jours-là), tout à son impatience de découvrir sa joie enfantine devant le cadeau qu’il avait cherché depuis des mois, il n’avait pas vu la lettre glisser dans le sac plastique qui contenait ses achats de dernière minute pour être au diapason de sa douce romantique.

En grimpant dans le wagon aux vitres sales, une bande d’adolescents sauvages, excités de la soirée qu’ils espéraient passer à emballer les filles et aguicher les garçons, le bouscula sans ménagement. Bien trop occupés à parler SMS et codes vestimentaires et plans drague, ils ne virent même pas le facteur amoureux, lui aussi pris dans le filet de ses pensées. Il lâcha son paquet qui glissa jusqu’à l’autre porte en face où il échoua lamentablement.

La lettre que la jeune femme avait osée pour donner suite à cette étrange question posée, « et si je vous disais que je vous aime ? », tomba du sac plastique où elle n’aurait jamais dû se trouver. Elle resta dans ce train de 16h16 jusqu’au soir où il fut nettoyé. Un courant d’air l’emporta et les mots d’amour hésitant s’effacèrent sous les larmes d’une pluie neigeuse.

.

Publicité
14 février 2009

Vous avez un nouveau message (Val)

…ou quand les boites mail déraillent.

.

Boite de Tilu :

.

Vous avez 1 nouveau message. 

.

Message de Papistache, reçu le 14 à 9h00 :

.

Tendre-Maitresse-à-la-voix-qui-chante, Jolie-Muse-née-en-décembre, Amour-venue-du-sud, et mille autres doux noms pour toi inventés,

En cette Saint Valentin, , je voulais te répéter ce que t’ai mille fois dit.

Ton Papistache émotif

.

Boite de Papistache

.

Vous avez 2 nouveaux messages.

.

Message de Teb, reçu le 14 à 7h00 :


.

Mon grand Chêne dégarni,

Tes branches me protègent ,tes feuilles me caressent

Ton tronc me soutient...

Serrée contre toi, je t'entoure de mes bras pour partager ta force.

Le doux ramage de ton feuillage m'enchante et m'apaise.

Trouveras-tu une couple d’heure aujourd’hui pour venir me retrouver ? Dis à ta femme que tu as du travail…

Ton amireuse coquine.

Teb.

.

Message de Aude, reçu le 14 à 9h00 :

.

Mon Phil Amant qui m’embrase,

Je n’ai pas trouvé le sommeil cette nuit. Je n’ai pensé qu’à toi, et à un bain de mer, tous les deux nus sous le soleil couchant.

Viens vite…

Ton « Aude » à l’amour…

.

Boite de Kloelle

.

Vous avez 1 nouveau message.

.

Message de Val, reçu le 14 à 8h00 :

.

Mon amour,

Couchons les enfants tôt ce soir. On prendra un bain ensemble, je sais que toi aussi tu aimes…

Dis, si je suis sage, tu me feras des crêpes, après le bain ?

Bisous, mon cœur.

PS : Dis, tu m’aimes, hein ?

Ta Valérie.

.

Boite de Walrus

.

Vous avez reçu 2 nouveaux messages.

.

Message de Janeczka, reçu le 14 à 7h30 :

.

Mon crouton,

Je me perche sur ton epaule
Te fais des bisous dans le cou
Et te murmure des mots doux au creux de l'oreille

Nan, j’deconne !

ma vieille branche, mon sotichon, mon enflure, mon pequenot,

tu es pas tres bavard,
 embetant, sourd, lourdingue, chauve,
vieux, surtout

mais malgre toutes ces qualites (et bien d'autres)
oui, je t'adore (t'es mon amour, mon tresor)

alors bonne saint valentin, mon chou!!

Jessie

.

Message de Martine27, reçu le 14 à 5h00 :

.

Mon Pépé, mon marin, mon Zorro,

Je profite du sommeil de ma petite-fille Martine pour t’écrire ces quelques mots avec sa boite email.

Remets ton béret ce soir, que je touche ton pompon, ça nous rappellera des souvenirs.

Ta Mémé Célestine.

.

Boite de Adi :

.

Vous avez 1 nouveau message.

.

Message de Janeczka, reçu le 14 à 8h.

.

Ma chérie,

J’ai déjà écrit un mail à Crouton, mais y’a pas de raisons, la Sant Valentin c’est aussi notre fête à toute les deux. (Bon, je préfère tout de même la fête des paires !).

On pourrait faire une vidéo, non ? Pour fêter ça ? Tu me dis ! J’ai acheté des pamplemousses pour l’occasion.

Sinon, j’avais pensé : si Crouton va au lit de bonne heure, on pourrait se donner rendez-vous et squatter sur un blog ce soir.

Vivement que je vienne en vacances chez toi. On se baladera, et puis surtout j’ai trop hâte de savoir si t’es un vraie brune, si tu vois ce que je veux dire !

Bisous.

Ta chipie.

.

Boite de Cartoonita

.

Vous avez 1 nouveau message.

.

Message de Val reçu le 14 à 9h00 :

.

Ma petite fée,

On se parle ce soir ? Même lieu, même heure que d’hab ?

J’attendrai que Manu soit couché. On pourra même faire une visio. Peut-être même que tu auras enfin la vidéo que tu me réclames depuis des mois ; on verra si t’es sage !

Dis, t’as acheté des pamplemousses ?

Vivement les vacances, j’ai trop hâte de te revoir.

Je t’aime.

Valérie

PS : j’suis aussi brune que toi, tu t’en rendras compte ce soir !

.

14 février 2009

Ca ne fait pas un pli (Joe Krapov)

« Cher monsieur Shiva

Votre réputation de touche-à-tout ne laisse personne de marbre et votre divine beauté ne peut inspirer que de l’amour à tout individu normalement constitué. Je suis un peu gonflée d’écrire « normalement constitué » si je considère le nombre de vos bras. Et moi-même qui suis une pauvre victime des vertiges de l’amour, je suis aussi un cas très particulier : l’Amour m’a rendue aveugle, il m’a fait perdre la tête mais il est aussi celui qui m’a donné des ailes et de l’audace.

C’est pourquoi je profite de la large ouverture d’esprit du site de rencontres désormais meethique « Le deep fix du samedi » où d’autres amoureux-amoureuses de partout et d’ailleurs viennent évoquer leurs nuits d’amour, parler des effets secondaires plus ou moins priapiques des médicaments antihypertenseurs ou narrer les joies très particulières de l’épreuve orale de « promotion canapé » pour vous déclarer ma flamme, vous proposer la botte et même plus si affinités et j’espère que cette phrase beaucoup trop longue ne vous aura pas rebuté. C’est que voyez-vous, je suis folle de vous l’avouer, mais je rêve déjà chaque nuit de vos six mains parcourant mon corps lascivement offert, je frémis par avance de vos avances et avancées en mes contrées, de vos explorations de mes replis. Je sais que vous me volerez comme il faut dans les plumes et que ma conquête amoureuse sera votre plus belle victoire.

Athéna Niké, de Samothrace, en résidence temporaire dans un musée parisien. »

***

Le facteur du Louvre est un plaisantin. C’est un petit amour du XVIIIe siècle, un Cupidon joufflu qui distribue le courrier soit en soufflant sur les lettres, soit en attachant les missives à l’empennage de ses flèches. Et c’est un paresseux de surcroît. Il n’a pas voulu, bien qu’il connaisse Shiva car il est cultivé, pousser jusqu’aux Indes galantes l’indexation Rameau de cette drôle d’épître. Il a déposé le courrier aux pieds de… la Vénus de Milo ! Celle-ci a répondu ceci :

« Ma chère amie

J’ai lu votre déclaration et découvert avec stupeur votre façon bien directe de draguer. Les bras m’en sont tombés, positivement. Vous n’avez donc aucune retenue, aucune pudeur ? Vous avez réellement perdu la tête, mon amie, et vos ailes de géante vous empêchent de marcher droit ! Sachez d’abord que je ne suis plus celle que vous croyez . Les dames dans mon genre ont de l’éducation et on ne propose pas la botte, même aux Italiennes, sans leur avoir au préalable baisé la main.

Je vous répondrais bien d’aller vous faire voir chez les Grecs mais vous en venez comme moi. Je vous appelle donc, ma chère Athéna Niké, a un peu plus de décence dans vos propos. Soyez plus marmoréenne face au flot de vos émotions. Il y va de la réputation de notre pays et de notre musée.

Bien à vous

Vénus »

***

Le facteur, bien évidemment, ne retourne pas cette réponse à la Victoire de Samothrace. Il dépose l’enveloppe entre les mains d’Aline pour qu’elle revienne et d’Adèle pour qu’elle fasse pleurer son amoureux à la fin de la chanson (car elle est morte, Adèle). Aline et Adèle crèchent dans un tableau où leur frère préféré, le célèbre peintre Théodore Chassériau, les a représentées un peu comme des jumelles mais sans la courroie ni l’étui.

- Voici, dit Aline, qui amuserait beaucoup notre cousine Isaure !

- Elle en ferait peut-être une chronique pour son journal internautique !

- Je crois qu’elle fait plutôt des interviews truffées, en ce moment !

- Et toi, truffé quoi, ce soir ? On va la voir ?

- Si tu veux. Je lui envoie un SMS pour la prévenir.

***

Pas facile de joindre Isaure Chassériau en ce moment. Le Musée des Beaux-Arts de Rennes est en réfection et les toiles du 1er étage ne sont pas visibles. Peu importe à vrai dire puisque Isaure a quitté son tableau le 1er avril 1999 afin de vivre sa énième vie en nos deux siècles à nous. Le SMS est donc bien arrivé chez M. Krapov où elle a sa résidence rennaise, le rendez-vous avec les cousines a eu lieu. Il fut fort arrosé, si bien que toute l’équipe du « Défi du samedi », au sortir du restaurant, s’est rendue complice du hold-up nocturne des trois malhonnêtes.

Tout le monde a bien ri en imaginant la tête effarée du conservateur du Musée du Louvre quand il recevrait ce cadeau un peu spécial. Et cela fit scandale à Rennes quand on découvrit le lendemain la fontaine de Parmiggiani, place de Coëtquen, dépourvue de son ornement central, une très jolie tête d’Athéna qui trônait jusque là au milieu d’une flaque d’eau circulaire. La joyeuse équipe l’avait adressée à « Dame Victoire qui a perdu la tête par amour du dieu Bachi-Bouzouk, Musée du Louvre, 99, rue de Rivoli 75001 Paris ».

dds_47_081206_078

Evidemment c’était sans compter sur le facteur joufflu qui déposa cette fois-ci l’objet aux pieds de la Joconde. Celle-ci ne fit aucun commentaire, ne jeta même pas un œil à la tête qu’elle avait aux pieds. Mona Lisa, sortir du cadre étroit de son travail, esquisser un sourire autre que professionnel, c’est trop lui demander. Elle est là pour faire le job, elle fait le job. Mais ceci n’est pas la moralité, que vous avez déjà devinée, bien entendu car vous êtes comme moi des Brassensophiles avisé(e)s : qu’on trouve chaussure à notre pied, que la marmite rencontre son couvercle, que les creux épousent les bosses ou les bons les rosses, que l’on regarde ensemble dans la même direction ou pas, Cupidon s’en fout !

14 février 2009

LE FACTEUR (Joye)


Le facteur, ce malfaiteur, est amoureux encore,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve sous le gros sycamore !

 

Le dessin, un talent fin que j’avais commandé

A fait l’étape chez la belle MAP. Elle en a profité

Pour nous faire des choses à plaire, qui nous font tant sourire

Par leur esprit, oh, si joli ! Chaque fois, c’est le délire.

 

Le facteur, ce malfaiteur, est frappe-dingue d’amour,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve, même dans le petit bourg !

 

Voilà pourquoi le don d’histoire que je voulais pour moi

Est arrivé chez la Poupoune qui s’en sert à cœur joie.

Ma BAL reste vide, elle est perfide, et je verse une larme

Car la Tilleul, comme une glaïeul, a reçu tout mon charme !

 

Le facteur, ce malfaiteur, est à nouveau mordu,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve, c’est bien du jamais vu !

 

Walrus a eu ma concision, Martine, mes allusions,

Et Tiniak, comme ça, clic clac, a eu mes profusions !

Papistache, oui, mon panache, et Val, encore mon cœur,

Yanetch, droite, a eu la boîte remplie de mon bonheur.

 

Le facteur, ce malfaiteur, épris comme un poète,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve en passant : Bip ! Pouet-pouet !

 

Violette, oui, je regrette, a eu ma fantaisie

Et Adi, jeune, a tout le fun que je voulais, ah oui !

Rsylvie, un peu hippie, a reçu toutes mes lignes !

Cartoonita et Caro querida, mes lumières de consigne.

 

Le facteur, ce malfaiteur, est pincé comme un bec !

Et moi, je crève pendant qu’il rêve d’amour, ah oui, sans dec’ !

 

Mes rythmes sont chez Pandora, ma grâce chez Fabeli,

Brigou (coucou) a mes bijoux de mots que chacun lit.

Et même Tiphaine qui n’a besoin de rien d’une hors-la-loi

A eu des textes sans prétextes et tant souhaités par moi !

 

Le facteur, ce malfaiteur, est soupirant affreux

Et moi, je crève pendant qu’il rêve de son amour fructueux.

 

Ainsi finit mon triste récit des erreurs du facteur

Qui vous a livré mes commandes à moi, j’en ai bien peur !

Ne reste la chose enfin déclose pour moi, ce jour de love :

Les mots qui riment, classieux, sans frime, et dignes de Joe Krapov.

 

Le facteur, ce malfaiteur, auteur de cette mêlée

A fait des siennes, surtout les miennes…et je lui en sais gré.

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/92/11/96/Le-facteur.mp3

 

14 février 2009

Be my Valentine (Walrus)

Saint Valentin, seize heures. Je rentre chez moi tout guilleret. Je me demande quelle sera la réaction de ma bien-aimée à mon invitation. Elle doit m'attendre, car la porte de l'appartement du rez-de chaussée est entr'ouverte.

Elle m'attend en effet car elle sort comme une furie et me balance une claque magistrale en hurlant : "Salaud, oublier la Saint Valentin !"

Je reste interdit tandis qu'elle rentre chez elle en claquant la porte.

J'emprunte l'escalier pour aller réfléchir chez moi à cet étrange événement. Sur le palier, la dame du second m'attend. Elle me tend une lettre et me balance, en même temps qu'une gifle : "Sale petit morveux, faire des propositions indécentes à un honnête femme !"

Je reconnais mon enveloppe et son intitulé :

À ma Valentine
clos des Amants, 14 Boîte 1
39160  SAINT-AMOUR


Je connais un facteur qui va se prendre une baffe....

14 février 2009

Charles Bourraing (tiniak)

Charles Bourraing, employé zélé des P&T riait sous cape, seul dans le bureau de poste devant la rangée de casiers d’où il puiserait sa tournée du lendemain. Le nez penché sur un dernier paquet de missives de particuliers, il gloussait savourant par avance les commentaires qu’il recueillerait bientôt en commençant par le bistrot de Dudule, patron bonasse et franchouillard comme son surnom l’indique.

Eclairé de sa seule lanterne d’appoint, Le Charlot laissa s’échapper un nuage de vapeur avant de poursuivre son œuvre au moyen du fer à repasser de sa défunte mère. Il se félicitait intérieurement de sa dextérité : Charles Bourraing décollait les enveloppes comme pas deux. Dans deux jours, ce serait la Saint Valentin, patron des cœurs amoureux. Et le bougre était seul maître à bord, cupidon bardé de bleu et de jaune, redistribuant les cartes du bonheur courbé sur son pupitre, flottant dans le secret des dieux.

Enfant malingre, souffre-douleur de ses congénères à la communale, fils unique d’une fille-mère qu’on disait avoir été engrossée par un Prussien, jamais marié, soupçonné d’être toujours puceau, Le Charlot n’avait obtenu le respect forcé de la communauté villageoise qu’en passant brillamment le concours administratif qui lui valut d’officier en qualité de receveur des postes, cumulant depuis le remembrement la fonction de facteur local.

Or Charles Bourraing était bel et bien amoureux, depuis trois ans déjà, de la fille d’une sommité reconnue dans le canton. Il lui avait fait une cour aussi secrètement assidue que véritable et sincère, et depuis hier, elle s’était rendue à cette évidence : elle ne trouverait pas mieux. La moustache du Charlot frémissait encore des douceurs que lui avait naguère accordées sa dulcinée.

Le lendemain, il acheva sa tournée comme à l’accoutumée à 12h45, au comptoir de Dudule en déposant un paquet pour la patronne.

« - T’es bien sûr que c’est pour Hortense, ce bidule-là ? inquisita le bistrot, tandis que ses mains ne savaient quelle position donner au-dit paquet sur son zinc.

« - Adresse, destinataire et cachet de la poste faisant foi, je réponds : oui, triompha le facteur. »

Le sourcil logé haut dans le front du patron trahissait son étonnement devant tant d’assurance, un rien goguenarde même, lui avait-il semblé.

Tout démarra avec la remarque, lâchée comme un revers de fond de court, par l’Anicet déjà passablement entamé à l’anis (d’où il tirait pour partie son nom de baptême populaire) :

« - Eh Dudule ! ′gade voir des fois que ça soye pas un jambon ou un énoooorme sauciflard… ça ferait bien notre affaire à c’t’heure, railla l’embrumé en distribuant des œillades à ses partenaires de coinche. »

Au début de l’été dernier, on avait murmuré que la Hortense à Dudule et le commis boucher s’étaient éclipsés un joli bout de temps durant les feux de la Saint-Jean. On murmura un peu fort, d’ailleurs. Le commis boucher en fut d’une escalope plaquée sur son œil au beurre noir.

Saluant distraitement le coiffeur qui prenait place à son guéridon habituel, Dudule renifla le paquet et, tournant les talons, fila vers la cour intérieure au bout de laquelle il avait son meublé. Il claqua la porte derrière lui en beuglant : « Horteeense ! Horteeen-seu ! »

On s’attendait à ce que le coiffeur, homme précieux, s’offusquât à sa façon de ce qu’on ne l’ait point accueilli avec son cognac.

Mais l’homme avait planté son regard juste en dessous de la toile d’araignée de la baie vitrée. A croire qu’il dévorait des yeux Madame Veuve Besnière, sextuagénaire qui se chauffait l’arthrite au timide soleil de mai inondant la chaise longue dépliée au bout de sa terrasse.

L’Anicet ne résista pas longtemps à l’envie de remettre le couvert et commença par siffloter une mélodie aussi sirupeuse et surannée que bien connue de tous pour avoir en son temps imprégné nombre d’amours secrètes. Comme il allait se mettre à railler le doux rêveur, Le Charlot abattit alors sa dernière carte, son chef-d’œuvre pour ainsi dire :

« - Tenez Bouzigues, pensant bien vous trouver là et vu le caractère impérieux de ce courrier, je vous le remets en main propre… C’est un recommandé… ′faut signer là, pérora le préposé. »

L’Anicet s’interrompit aussi sec, craignant un nouveau courrier d’huissiers, il se dirigea prestement vers le zinc. Quand il découvrit qu’il s’agissait de tout autre chose.

« - Ben, c’est pas pour moi, c’est pour ma Lolotte ! réproba-t-il.

« - Je le sais bien, dit le facteur ; puis il ajouta en clignant de l’œil, mais on est entre nous… Je te la remets donc. »

L’Anicet alla se placer dans la lumière de la baie vitrée, décacheta l’enveloppe, lut son contenu et réduisit le papier dans son poing, le regard affolé. Il happait l’air comme un poisson qui suffoque. Soudain, il se rua au-dehors en jurant et blasphémant tout ce qu’il savait, ponctuant ses interjections de « salope ! » retentissants.

Les clients du bar en restèrent interdits.

De la cour intérieure, traversant le silence devenu pesant, parvenait les bruits d’une fameuse dispute entre le Dudule et son Hortense qui braillait des « méchteujuuure » à fendre l’âme.

C’est le moment que Le Charlot choisit pour faire à rebours le parcours de sa tournée dévastatrice.

Il croisa d’abord la silhouette soucieuse de Monsieur Le Maire qui tournait vers le sol poussiéreux sa mine des jours de grande crue. Il filait vers la Mairie où sa fille occupait le poste de secrétaire-adjointe.

Dans la Montée des Tanneries, il vit atterrir au milieu de la rue un pot de chambre, suivi d’une paire de bottes, suivie de la veste de cuir du grand Gégé – lequel ne rentrerait que tard dans la soirée, ce jour-là. Depuis l’étage d’où provenaient les éléments disparates de ce ballet aérien, aucun son… une rage sourde était à l’œuvre.

Le facteur faillit pouffer en rendant son salut au Capitaine (« de mes deux ! ») qui se tenait au portail de Mademoiselle Jehanne, institutrice retraitée, dame patronnesse et présidente du comité des Fêtes.

Son œil avisé crut bien reconnaître son ennemi de toujours, Le Michou, dont la silhouette piétinait nerveusement sous les fenêtres du Beau Georges, dans l’ombre de la ruelle qui flanquait sa petite maison. La roue d’un vélo de femme massacré achevait en couinant les derniers tours sur son axe rompu.

La voiture du docteur Dubonc le dépassa en trombe, filant vers la sortie du village sur la route de l’est.

Lui-même, Charles Bourraing, parvenu à cette extrémité, chevaucha enfin sa pétrolette réglementaire et la lança, pétaradante, vers le domaine de sa dulcinée.


14 février 2009

COURRIER DIFFÉRÉ (Martine27)

Grand-Oncle, depuis qu'il a perdu Chère Grand-Tante, n'est plus que l'ombre de lui-même.

A tel point qu'il fait venir près de lui Jeune Facteur son petit neveu le seul à avoir repris le flambeau familial de la poste pour une confession. Ce qu'il dit à Jeune Facteur lui fait dresser les cheveux sur la tête.

Grand-Oncle lui avoue que lorsqu'il était jeune il a commis l'irréparable pour un facteur. Il a volé du courrier. Eh oui !

A l'époque il venait de se faire congédier par la jeune fille qu'il aimait, il en fut tellement malheureux qu'il jugea que les autres n'avaient pas le droit au bonheur non plus et pendant deux ans à la Saint Valentin il subtilisa dans le courrier toutes les lettres qui lui semblaient parler d'amour, celles avec des baisers, celles qui sentaient bon, celles qui disaient "vite facteur, l'amour n'attend pas".

Ensuite, ah ensuite, il rencontra Chère Grand-Tante et ses griefs s'envolèrent, sa mémoire aussi parce qu'elle préféra lui faire oublier sa vilenie.

Seulement voilà, après la disparition de Chère Grand-Tante pour tuer le temps, il fit du rangement et il tomba sur un sac contenant le fruit de ses larcins.

"Et maintenant" interroge Jeune Facteur outré.

"Maintenant, j'aimerais que tu distribue ce courrier" soupire Grand-Oncle.

Jeune Facteur en reste bouché bée, distribuer du courrier qui a quoi, 30/40 ans !!!

"Absolument, il faut le distribuer" piaille une petite voix venue de nulle part.

Les deux hommes ahuris regardent autour d'eux.

Et voilà qu'apparaît une toute petite bonne femme, vêtue d'une courte tunique rose, avec un arc et un carquois en travers du dos. Parée de deux minuscules ailes blanches elle volette devant le regard éberlué des deux facteurs.

"Qui êtes-vous ?" s'étrangle Jeune Facteur.

"Une cupidone ça se voit bien non !" s'indigne la donzelle.

"Mais ça n'existe pas, ce sont les Cupidons qui sont censés exister" bafouille Jeune Facteur un peu dépassé par les évènements.

"Ah c'est bien une idée de macho ça, et pourquoi les filles feraient-elles de plus mauvais Cupidons que les garçons, hein !"

"Vous avez raison, il n'y a pas de raison. Euh, que pouvons nous pour vous ?"

"Comment ça, ce que vous pouvez pour moi ? trépigne (enfin si on peut trépigner tout en voletant) la Cupidone. "Vous ne vous rendez pas compte qu'à cause de votre Grand-Oncle je n'ai pas rempli mon quota de couples moi, c'est pas bon pour mon avancement, alors hop, on file distribuer le courrier en instance".

"Mais vous vous rendez bien compte qu'après tout ce temps on ne va sûrement pas trouver grand monde"

"Je sais, j'ai déjà fait mon enquête, j'ai eu le temps" rétorque-t-elle en lançant un regard furibond à Grand-Oncle qui se fait tout petit dans son coin.

"En fait, entre les décès, ceux qui ont trouvé mieux ailleurs, ceux qui ont mis, à raison, la perte de leur courrier sur le dos de la poste et se sont mariés, il reste une personne à qui il faut absolument distribuer sa lettre. Allez hop on fouille dans le paquet et on trouve le courrier pour Mademoiselle Rose qui est devenue Madame Lerouge et qui ça tombe bien habite toujours dans le coin, allez hop, hop"

Et sous la férule de la Cupidone nos deux facteurs trient (ça ils savent faire) le courrier d'amour stocké dans le sac.

Bientôt ils ont en main la lettre un peu jaunie dont l'adresse est écrite d'une belle écriture calligraphiée.

Jeune Facteur vérifie dans l'annuaire l'adresse de Madame Lerouge et accompagné de la Cupidone qui tournoie au dessus de sa tête, pas trop fier quand même, il se rend chez l'amoureuse lésée.

Il frappe à la porte d'une coquette petite maison, une petite grand-mère lui ouvre avec un bon sourire.

"Bonjour Facteur que puis-je pour vous ?"

"Bonjour Madame, je suis…, il y a…. en réalité voilà…." Bref Jeune Facteur ne sait pas trop comment cracher le morceau. Finalement sous le regard indulgent de la vieille dame, il finit par lui tendre la lettre en balbutiant.

"Voilà la Poste vient de retrouver ce courrier envoyé il y a longtemps et que nous avons le plaisir de vous remettre maintenant"

La vieille dame se saisit de la lettre, regarde étonnée la date d'envoi, l'ouvre et des larmes se mêlant à un doux rire elle s'exclame "Mais c'est un courrier de la Saint Valentin envoyé par mon époux décédé il y a quelques temps, quel merveilleux cadeau vous me faites là jeune homme, je vous en prie entrez donc prendre un thé et manger un morceau de gâteau"

Avant d'entrer Jeune Facteur se tourne avec désapprobation vers la Cupidone "Mais vous aviez dit que ce n'était pas la peine de donner les lettres à ceux qui s'étaient de toute façon unis, c'est quoi ce pataquès ?"

La petite Cupidone lui fait un clin d'œil et l'invite à entrer dans la maison.

Pendant qu'il a le dos tourné, elle attrape son arc, encoche une flèche et le bande.

Brusquement une voix juvénile se fait entendre.

"Que se passe-t-il Grand-Mère ?"

"Un miracle ma chérie, une lettre de Saint Valentin de ton Grand-Père qui vient d'arriver"

Et devant les yeux éblouis de Jeune Facteur déboule une gracieuse demoiselle qui le regarde bien dans les yeux et lui décoche (en même temps que la Cupidone sa flèche) un sourire qui le transperce d'amour. La Grand-Mère s'en aperçoit et avec un sourire tremblant aux lèvres remercie son défunt époux du petit miracle qui vient de s'accomplir sous ses yeux.

Juste avant qu'elle ne disparaisse, la Cupidone s'approche de Jeune Facteur et lui murmure à l'oreille "C'était toi mon boulot d'aujourd'hui, allez bonne chance. Au fait, je m'appelle Céleste".


14 février 2009

Fou d'amour (Poupoune)


 

Reçu par Aline le 14/02/2009 :

 

Ce soir mon amour fais-toi belle : pour notre première Saint-Valentin nous iron.. . . ..ra. Nous dînerons ensuite en tête à ... .. aux chandelles dans un grand restaurant puis je te ferai visiter ma chambre sous les toits… Comme le vin t’aura sans doute grisée dès ..  .. . . dessert j’en profiterai pour essayer de te faire céder à mes avances de ma voix . . . . . . ., celle que je fais si bien et que tu aimes tant.

 

.. . .. .. . mon ange

 

Ton valentin 

 

 

Reçu par Paul le 14/02/2009 :

 

Je t’aime à en . . . . . mon amour, tu es mon ……….., mon cœur qui bat, ma main qui tremble. Quand tu es loin de moi je sens ma vie qui m’échappe. Sois à moi aujourd’hui comme je suis à toi chaque jour et aimons-nous pour l’éternité. Je te suis tellement . . . . . . . que j’ai l’impression de n’être plus rien sans toi. Je ne me sens vivante que lorsque je suis offerte, . . . . . sous tes baisers, tes caresses et ..  tendresse. Notre histoire est tellement belle que je pourrai en . . . . . jour et nuit.

 

A toi à pour toujours et à jamais

Ta Juliette

 

 

Reçu par Liliane le 14/02/2009 :

 

Je profite ma douce de ce jour particulier pour te dire comme je t’aime. . …….. me dire sans doute qu’……………………… le dire particulièrement plus aujourd’hui que les autres jours …….. je sais que ça te fera plaisir quand même que je me prête au jeu de la Saint-Valentin. Je sais aussi que tu adoreras cette boite de chocolat en forme de cœur, du ………… kitch, non ? Moi j’ai trouvé ça à ………. de rire, et j’espère aussi que tu apprécieras la carte : il est pas joli mon cupidon ? Avec son petit cul à l’air il me donne des envies de gaudriole et comme les enfants ne seront pas là ce soir… Tiens-toi prête ! Je rentre vers 20h et …………….. tes vêtements un à un avant de te faire l’amour dans chaque pièce de la maison jusqu’au bout de la nuit !

 

A ce soir Mamour,

 

Ton chérididou.

   


JDD du 15/02/2009

 

Le facteur psychopathe a encore frappé !

 

Après avoir terrorisé la région parisienne avec le meurtre de Noël et sa lettre patchwork de listes au Père Noël, c’est avec les échanges enflammés des amoureux de la Saint-Valentin que le facteur fou a encore frappé, près de Bordeaux cette fois-ci.

Elisabeth J., 35 ans, a été retrouvée morte dans sa baignoire, décapitée. Sur le miroir de la salle de bain ce lugubre message :  

 

 

Tu vas   crever  s à l’opé

 

mourir  noyée

 

Je t’aime   attachée

 

suppliante

 

mais  il n’est nul besoin de  pleurer

 

j’arracherai  ta   tête

avant ton   dernier  souffle

 

  

A ce jour le facteur sanguinaire n’a toujours pas été identifié. La Poste décline toute responsabilité mais met bien évidemment tout en œuvre pour apporter toute l’assistance nécessaire à la police dans cette pénible enquête.


14 février 2009

VOISINE (MAP)

Chère Mademoiselle Valentine,

 

Veuillez trouver ci-joint un courrier qui m’a été distribué par erreur –et croyez bien que je le regrette- car ce message m’a fait chaud au cœur, moi qui vis désormais toute seule, privée de la présence de mon cher compagnon. Il m’a envoyé tant et tant de tendres messages en prose et plus souvent en poèmes que lorsque j’ai vu cette lettre dans laquelle si peu de mots sont écrits mais où cependant tout est dit, les souvenirs ont jailli m’apportant à la fois tristesse et réconfort !

Je vous souhaite, chère Mademoiselle autant de joie, d’amour et de tendresse que j’ai pu en recevoir.

Permettez-moi de vous embrasser affectueusement.

Votre voisine :

Madame Demay


Valentine

9 février 2009

Un p'tit dernier, un p'tit nouveau!

J'ai ajouté en l'antidatant la participation de Tiniak à la consigne 46. Elle est juste en dessous.

Le message s'auto- détruira.

8 février 2009

Ont déjà trouvé leur Valentin(e)

valentin2MAP ; Poupoune ; Martine27 ; tiniak ; Walrus ; Joye ; Joe Krapov ; Val ; Captaine Lili ; Annick ;

8 février 2009

Consigne # 47

le_coeur_t9927Samedi prochain, c'est la St Valentin.
Chacun, chacune, a écrit à son/sa bien-aimé(e) selon la coutume.
Seulement, le facteur, amoureux fou lui aussi, n'avait pas la tête à son travail...
Quelques erreurs ont été commises.
Racontez! loveletters

8 février 2009

bachi bouzouk (Tiniak)


Au Panthéon des hypocrisies, l’Histoire, telle que l’écrivent les occidentaux a pignon sur rue. L’Histoire… celle écrite avec un grand ’H’ comme dans La Haine ou La Honte, sauf que le film est souvent moins bon. Pour preuve…

Le tirailleur sénégalais doit parfois regretter de n’avoir pas cédé aux tentations cannibales qui le taraudèrent avant de monter la paroi de sa tranchée au coup de sifflet donné par le plus gradé de ceux-là mêmes qui lui prêtaient hier encore, à la cantine, ces propriétés « barbares » (entendez sauvagement inférieures et réfractaires à toute modernité).

 

       

   


Voici qu’en surfant sur le web avec Leuk Le Lièvre, nous découvrons le portrait tronqué d’un Bashi-bouzouk. Certes, ledit portrait met en valeur le visage dominant le buste satiné de ce guerrier indomptable, à la peau d’ébène, au regard aussi noir que son humeur et au port fier comme Artaban. Un souci pédagogique - travers péremptoire bien connu de qui fréquenta tant soi peu de ces occidentaux animant leurs discussions de considérations savantes, un excès de zèle donc, était sans doute à l’origine de cette coupe franche.

On le sait, le Bashi-bouzouk (orthographié avec un ‘c’ dans toute bonne librairie française) n’est pas un plaisantin. Et la définition commune qu’a jusqu’ici retenue et reconnue l’Histoire pour donner un sens à ce terme a toujours accrédité la thèse de la « mauvaise tête » (entendez tête de Turc) ou de la « tête cassée » (entendez gros fêlé).

Ce que l’on sait moins, c’est d’abord que le fameux mercenaire avait ce déhanchement caractéristique du mauvais gars qui vous dépeuple de leur gent féminine indifféremment, fest-noz, basse-cour ou salon de thé en moins de deux.

Gégé patron de zinc, au fait de tout ce qui peut concerner de près ou de loin l’étrange et l’étranger, ne nous disait-il pas du haut de sa sagesse populiste : «  Ces gars-là, ils me foutaient la pétoche. Déjà qu’ils boivent pas d’bière brune ni blonde, que des ambrée… Et pi quand tu soutiens leur regard, ça va ! Mais que ta femme pose les yeux sur son cul, et ça chie ! »

Ensuite, on aura sans doute eu tord de négliger un de ses principaux attributs : l’arme légère qu’il portait toujours droit devant lui, tel un Fœderer prêt à servir pour le match.

Sabre, fusil, pistolet, poignard… qu’importe le substitut phallique, le cavalier sanguinaire aimait à le faire danser sous les yeux de quiconque se trouvait sur sa route ; hypnotisant ainsi son vis-à-vis dans une rythmique qui ne manqua pas d’inspirer nombre d’amateurs de danses exotiques, caraïbes entre autres…

Or, c’est à la lumière de ces deux éléments incontestablement tirés de l’expérience, sacralisés sur l’autel du Vécu, que Leuk Le Lièvre et moi-même portons à votre connaissance, le correctif qui suit…

Le Bashi-bouzouk est un guerrier sans Guiness qui plaît aux femmes précisément parce que chez lui, le bas chie et le bout zouke.

Je vous remercie de votre attention, votre dévoué tiniak.

8 février 2009

Bachi….parlez moi bouzouk » ! par rsylvie


je pense que je n’ai pas tout bien compris !

bachi-bouzouk ne signifierait plus

« tête cassée » (fêlée) ou « mauvaises têtes ».

mais alors, on peut imaginer « n’un porte Koi » !

 


vous allez pensé que je m’y prends « n’1 porte CO, ment ».

tout d’même, ce ne peut être vérité ?

la SCIE célèbre tirade du marin d’eau douce

déformée en une douce mélopée de saint Valentin

car en fête, il bâchissait bousouk la Castafiore !

ainsi "Bachi-bouzouk" veut dire


bachi bouzouk



mes j’avoueS, pat0ger dans la s’moule

-« et que personne se moque,

bande de moule à gauffres » !

 


berchi-boucoup ».

ok,ok j’avoue


c’est une, toute autre histoire.


Mais bien réelle.


Depuis deux jours, cette marmotte mal réveillée de live boxe ne voulait rien entendre


Pas un son, pas une lumière qui clignotte


Alors moi misérable ectoplasme, je la tripotte par-ci par-là…


Saleté d'appareil à sous qui ne veut plus répondre


et permettre d’envoyer le précieux message.


SOS dépannage,,,
cousin domi et


sapajou le sinistre farceur est réduit au silence !


Bachi-bousouk qui s’en dédit


fini ces diables 'détripatouille ».

signé


l’amiral !


7 février 2009

Croire en la définition d'une histoire (Violette7)

Article de presse paru ce jour

Ces néorurbains, arrivés dans la région ,dans les années 9O, avec leurs cinq enfants, se sont installés dans une vieille ferme aux volets verts, construite à la fin du 19ème siècle sur une petite cave comme on en trouve dans nos contrées. Au sud-est, leurs fenêtres donnent sur un jardin qui mesurerait parait-il le nombre d'or, un jardin où il fait bon déjeuner en famille ou entre amis, en regardant cette vallée se transformer au rythme des saisons. De levers de soleil, en arcs en ciel et ciels rougis par les averses du soir ou encore en brouillards nocturnes et mers de nuages matinales, ce paysage est un bel écran naturel de télévision.. C'est pour le partager que V. et A. Bobodoudou, élévés à la ville , entre Sylvain et Sylvette pour l'une et Pif pour l'autre (....), en passant par les incontournables Tintin et autres Gaston....s'aimant avec passion dans le silence de Gomes et à l'autre bout du monde avec les passagers du vent , c'est donc pour partager ce paysage que  dans la joie et la bonne humeur, ils ouvrent ce samedi d'Amère Saison, sous la neige,  leur "guinguette du haut de la rivière", avec leurs enfants au service (Mafalda, Sambre, Eva, Grimion et Silence) avec un menu unique dont voici le détail :

Menu du Retour à la terre
Salade de Placid et Muzo à la Bécassine (salade verte relevée de Capucine et Tendre Violette)
Bachi Bouzouk (truite fumée de la rivière sur lit de pommes de terre au comté) (ah, ça y'est, on n'y est! ouf!)
Beignets D'Aya de Yopoungo et Profiterolles des Trolls de Troyes
Café des Chevaliers d'Ythaque
le tout arrosé de l'eau des Petits ruisseaux

7 février 2009

BACHIR BOUZOUK (Cartoonita)

Il était une fois un garçon appelé Bachir qui vivait il y a bien bien longtemps dans un petit village fort reculé du Maroc. Bachir était le fils cadet de la famille Bouzouk et bien que son prénom signifia « celui qui apporte la bonne nouvelle », le petit Bachir faisait le malheur de ses parents. Il ne voulait ni travailler aux champs avec son père ni aller à l’école. Il ne voulait pas non plus apprendre le métier de cordonnier auprès de son oncle maternel, et refusait pareillement de devenir apprenti-boucher chez son oncle paternel. Alors quand il entendait Tibiqcht gazouiller, il se cachait vite. Tibiqcht c’est une variété d’oiseau sauvage qui vit souvent dans les maisons et qui chante plus fort lorsque des visiteurs arrivent. Bachir aimait beaucoup le Tibiqcht qui vivait dans la maison de sa famille. En le prévenant, il échappait à son père ou au maître qui venait le chercher. Alors chaque matin, il n’oubliait pas de laisser une poignée de graines dans la cour, à l’endroit que Tibiqcht aimait particulièrement. Ce que Bachir aimait c’était de vadrouiller dans la nature avec sa fronde et tuer les oiseaux. Il était connu pour son talent à la fronde et se vantait qu’il n’y avait pas un seul oiseau qu’il n’ait déjà tué, à l’exception de Tibiqcht bien sur, l’oiseau sacré et précieux allié de sa fainéantise.

Un jour, alors qu’il venait, grâce aux gazouillis de l’oiseau de la maison, d’échapper à son oncle qui voulait l’emmener travailler, Bachir aperçut à l’orée du village un oiseau comme il n’en avait jamais vu : celui-ci était revêtu de plumes en argent ! Bachir s’approcha sa fronde à la main et visa. Mais à ce moment l’oiseau s’envola et se posa sur un arbre un peu plus loin. Bachir se rapprochait à nouveau mais l’oiseau s’enfuyait à chaque fois au dernier moment. Et ainsi de suite jusqu’à ce que Bachir se retrouva dans un quartier très éloigné et désert du village. C’est alors que dans un nuage de fumée l’oiseau se transforma en Taghzante, la terrible ogresse ! D’un bond de ses pieds de bouc, elle captura Bachir qui ne réussit en essayant de s’enfuir que de déchirer ses vêtements. Alors que Bachir croyait sa dernière heure arrivée, Tibiqcht arriva et piqua tant et tant Taghzante de son bec pointu que cela permit à Bachir de s’en fuir. Arrivé à la maison sain et sauf, Bachir a été rejoint par Tibiqcht qui lui fît promettre de ne plus chasser d’oiseau.

Mais quelques jours plus tard, Bachir oublia sa promesse. Il venait de voir, au pied de la montagne, un autre oiseau encore plus merveilleux, comme il n’en avait jamais vu : ses plumes étaient en or ! La fronde à la main, Bachir essayait de s’en approcher pour tirer son jet de pierre mortel. Mais l’oiseau d’or semblait le sentir et s’enfuyait au dernier moment. Pris par l’exaltation de la chasse, Bachir ne se rendait pas compte que l’oiseau l’entrainait toujours plus haut dans la montagne, loin, très loin, trop loin pour que quiconque puisse l’entendre et le secourir. Trop tard pour faire demi-tour, l’oiseau pourchassé venait de se transformer en ogresse qui se jeta sur le pauvre garçon ! Mais fort heureusement, Tibiqcht, alerté par ses cris, arriva à tire d’ailes et harcela l’ogresse jusqu’à ce qu’elle lâcha Bachir qui put repartir chez lui, les jambes à son cou. Les vêtements une nouvelle fois déchirés et une poignée de cheveux en moins, Bachir s’excusa auprès de Tibiqcht et lui renouvela sa promesse.

Toutefois, une semaine plus tard, Bachir fut une nouvelle fois soumis à la terrible tentation. Il venait d’apercevoir un autre oiseau plus extraordinaire qu’extraordinaire : son plumage était recouvert de pierres précieuses de toutes les couleurs, plus brillantes les unes que les autres. Alors Bachir ne put résister. Il lui fallait cet oiseau ! Il le suivit, sa fronde à la main, prêt à faire mouche, mais l’oiseau de rubis se dérobait sans cesse. Jusqu’à ce qu’ils parvinrent au cimetière du village. L’oiseau s’évanouit alors dans une fumée blanche, laissant place à Taghzante, l’ogresse aux doigts crochus, qui saisit le jeune garçon terrorisé. « Tu ne manques pas d’air Bachir ? Tu croyais m’attraper, c’est toi encore qui es attrapé ! Cette fois je vais te manger tout cru et je vais commencer par le « r » de ton prénom. » Après avoir englouti la dernière lettre du prénom du malheureux, l’ogresse ouvrit grand sa bouche aux dents pointues pour avaler d’un seul morceau le petit Bachir, ou plutôt Bachi.. C’est à ce moment-là que Tibiqcht surgit et fonça vers le visage de l’ogresse. Et sans lui laisser le temps de se défendre, lui creva les yeux. L’ogresse s’enfuit alors avec un cri rageur. Le garçon se mit à genoux devant son bienfaiteur et jeta sa fronde à terre, jurant de ne plus jamais s’en servir. D’un battement d’ailes, Tibiqcht transforma la fronde en guitare, une variété venue de très loin appelée le bouzouq. Depuis ce jour, l’oiseau et le garçon ne se quittèrent plus jamais. Dès lors, Bachi parcourt la campagne, l’oiseau sur l’épaule, troquant des chansons en échange du gîte et du couvert et d’une poignée de graines pour son ami. Au fil de ses pérégrinations, ils ne manquent pas, apportant nouvelles chansons à foison, de s’arrêter chez les parents de Bachi, désormais fiers de leur dernier fils. Voila comment Bachi-bouzouk est passé de tueur à musicien itinérant.

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité