Samedi
midi. Pas de Lila-sitting aujourd'hui, Anna est en vacances. J'ai donc
passé une matinée tranquille et sur la fin de cette matinée, justement, je suis allée chercher le courrier. Je tiens encore la lettre à la main quand Kant franchit la
porte de la maison. Je me jette à son cou : - Les
fleurs hier plus cette lettre aujourd'hui... vraiment c'est trooooop, jamais je ne me serais attendue à tout ça !!!! (Ndlr : l'histoire des fleurs est racontée
chezles Equipières)
Kant sourit.
- Je t'ai envoyé une lettre Cindy ?
- Oh oui et elle est vraiment vraiment très romantique.
- Je peux voir, s'il te plaît ?
- Bien sûr.
Kant commence à lire la lettre.
- Dis-moi Cindy, il n'y a rien qui te choque dans cette lettre ?
- Non pourquoi ?
- La demande en mariage par exemple...
- Et alors ? demandai-je, très étonnée. Tu ne m'aimes pas ?
- Si bien sûr.
- Et donc tu ne veux pas te marier avec moi ?
- On est déjà mariés. Ensemble. Au cas où tu ne t'en souviendrais pas...
- Ca n'empêche pas !!!
Kant est maintenant franchement hilare.
- Cindy... comment dire ? Tu as vu à qui la lettre est adressée ?
Je reprends la lettre : "Mon cher Charles".
- Ah euh oui... j'ai cru que c'était l'émotion ?
- Emotion ou pas, répond Kant qui n'arrive plus à garder son sérieux,
rien ni personne ne pourra m'obliger à signer une lettre "Charlotte".
- Tant pis, ai-je soupiré avec fatalité. C'était pourtant une si jolie lettre...
Je
ne sais pas si vous connaissez la petite ville de Forges-Les-Os. Elle n’est pas
très connue, à vrai dire. Quelconque est l’adjectif qui me vient à l’esprit.
Une église qui n’a rien de particulier, une petite supérette à côté de la
mairie, il y eut une poste avant l’époque de la décentralisation à outrance
mais c’était il y a bien longtemps… Aujourd’hui, il ne reste guère que quelques
rues sans âme véritable et une petite centaine de personnes qui attendent que
le temps passe. Essentiellement des personnes âgées, les jeunes sont partis
depuis longtemps à la capitale dans l’espoir parfois illusoire de trouver
là-bas qui un travail, qui un amour, qui un semblant de vie. Forges-Les-Os
végète et seuls quelques historiens se souviennent qu’elle fut la ville natale
d’un inventeur de génie qui exporta sa science dans les contrées reculées de l’ancien
empire Ottoman. Aucune plaque ne le signale d’ailleurs, Forges-Les-Os n’a ni
passé ni futur. A peine un présent.
Que
vous dire d’autre sur cet endroit oublié des dépliants touristiques ? Le
maire est un homme sans histoire, depuis des générations on exerce ici cette
fonction de père en fils et personne ne trouve rien à y redire. C’est dans l’ordre
des choses. Le curé ? Cela fait bien longtemps qu’il n’y en a plus, les
âmes ferventes prennent leur auto chaque dimanche pour la grande ville voisine.
Le docteur ? Quel docteur ?
Non,
Forges-Les-Os est une petite ville quelconque sans grand intérêt ni personnage particulièrement
saillant.
A
la réflexion, il y aurait peut-être bien ce Valentin Noli…
Valentin Noli n’est
pas un facteur comme les autres. Non, ce n’est vraiment pas un facteur comme
les autres… Pour commencer, c’est le seul facteur. Ah ! Vous devriez voir
son vélo, vraiment ! Il est rose, comme son cœur. Valentin Noli est un
doux rêveur comme on n’en fait plus. C’est miracle s’il fait une tournée sans
une seule erreur de distribution. Mais Valentin est un gentil garçon, personne
ne s’en est jamais plaint à la direction générale. Il faut dire que c’est le
chéri de ces dames, plus d’une pense à lui en s’apprêtant le matin, choisissant
avec soin le délicat déshabillé qui la mettra le mieux en valeur quand elle ira
d’un pas négligent à sa rencontre. Ensuite, il ne leur reste plus qu’à entendre
avec impatience que midi arrive enfin. Mais Valentin n’a jamais le temps de
glisser ses délicates mains dans la moindre boîte aux lettres, ses admiratrices,
dès « poltron miné », guettent sa silhouette gracile derrière les
rideaux légers des maisons. Seuls quelques grincheux demeurent insensibles à
son charme. Jean-Pierre Bachi-Bouzouk en est un. Réfractaire au plus haut
point. A peine entend-il la joyeuse sonnette du vélo rose qu’il se précipite sur
sa zapette et monte le son de sa télévision…
Mais Valentin ne s’en
chagrine pas. Il est d’un naturel heureux et confiant. Son voisin ne peut pas
avoir un cœur de pierre, il est juste un peu… bougon. Un ours grognon à qui la
vie n’a pas encore offert la chance d’être touché par la grâce de l’amour. D’ailleurs,
il est un signe qui ne trompe pas, c’est un « bis » qui sépare leurs
maisons et, chaque fois qu’il fait sa tournée, Valentin sourit tendrement en
espérant qu’un jour ce bis se transformera en bise… et c’est avec entrain qu’il
appuie allégrement sur les pédales de son engin, songeant avec délice comme il
est bon d’aimer.
Car Valentin est amoureux.
Amoureux fou. Ah ! La belle Pépita, la délicate, la mignonnette, la
pucinette coquette de son cœur… Chaque jour, il lui conte fleurette et les yeux
de la demoiselle s’allument, toute la rue des Mimosas s’embrase soudain de son
sourire à couper le souffle. Et les dames de Forges-Les-Os se pâment d’envie
derrière leurs fenêtres fleuries…
14
février. Aujourd’hui, c’est la saint Valentin. Notre facteur, comme tous les
matins, se rend à la ville voisine pour chercher le courrier qu’il doit
distribuer. 78 missives l’attendent avec impatience. Notre Valentin constate
avec surprise que 77 lui sont adressées. La 78ème, il la connaît
bien, c’est celle qu’il a adressée lui-même à la belle Pépita.
Enfer et stupéfaction !
Valentin revient à vive allure chez lui, étale brusquement son butin sur le
petit bureau et l’examine avec un peu plus d’attention. 24 cartes, la plupart
signées, envoyées par les quelques veuves et célibataires de la ville. Au
hasard, il ouvre quelques lettres, les mêmes tournures enflammées reviennent,
les cœurs brisés, les espoirs, les je t’aime absolus… Celles-là ne sont pas
toujours signées, elles portent parfois un petit prénom féminin ou un indice
sensé guidé notre facteur vers l’élue de son cœur. Les « je t’attendrai à
minuit rue des Capucines » côtoient les « j’aurai ma petite robe
bleue » et plus rarement les « je serai entièrement nue ».
Valentin
n’en revient pas. Fébrilement, il recherche l’éventuelle lettre que sa dulcinée
pourrait lui avoir adressée. Il trouve enfin. Elle ne l’a pas oublié. Juste
trois petits mots au dos d’une carte. Il respire enfin. Il reprend ses esprits.
Il est bientôt dix heures,
Valentin devrait déjà avoir entamé sa tournée. A quoi bon se presser,
pense-t-il soudain. Il n’a qu’une seule maison à visiter.
Il entend soudain
le son d’une télévision dans la maison voisine. C’est alors qu’une idée lumineuse
traverse le cerveau du gentil facteur.
Puisque tout le
monde s’accorde à dire qu’il est un étourdi notoire, pourquoi ne pas profiter
de l’occasion ? Elle est si belle ! Il suffirait qu’il dise qu’il a
égaré la tournée du jour, tout simplement…
Dans la salle à
manger de monsieur Bachi-Bouzouk, le générique d’Amour Gloire et beauté
retentit à tue-tête.
Il y a mieux à
faire, songe Valentin Noli en regardant toutes ces lettres éparpillées devant
lui, bien mieux… Il commence par faire le tri des adresses et ne retient
que celles qui pourront convenir à la réalisation de son plan. Par chance,
toute la ville l’appelle Valentin, très peu de personnes connaissent son nom de
famille et 69 missives contiennent simplement l’adresse « A mon Valentin, 38
bis rue Saint-Eusèbe, Forges-Les-Os ». Décidément, la chance est avec lui
ce matin. Il s’empare ensuite d’un blanco et d’un effaceur et, scrupuleusement,
il élimine tous les « bis ».
Il
est presque midi. Valentin enfourche son vélo rose et fait retentir sa sonnerie
joyeuse. Aussitôt, son voisin se précipite sur sa télécommande et, les yeux
rivés sur l’écran, il ne sait rien des 69 lettres que le facteur dépose dans sa
boîte.
A midi 5, la rue
des Mimosas s’enflamme et les dames de Forges-Les-Os enragent derrière leurs
fenêtres fleuries.
A
ses supérieurs, le lundi suivant, Valentin déclare le rouge aux joues : « Je
suis vraiment désolé, je n’avais pas la tête à mon travail ce samedi... Quelques
erreurs ont peut-être été commises... Quelques lettres égarées ? ».
Aucune réclamation n’a pourtant jamais été faite depuis, pas la moindre plainte
et Valentin est toujours le facteur bien aimé de sa ville.
A chaque saint
Valentin, les dames de Forges Les Os rivalisent d’imagination, elles espèrent
en secret être celle qui détournera le gentil facteur des bras de l’odieuse
Pépita. En vain.
Cette
année, Valentin et Pépita ont décidé de se marier, les hommes de la ville se
réjouissent.
En secret.
Et
monsieur Bachi-Bouzouk, me direz-vous ?
On murmure qu’il
est amoureux et que, chaque nuit, une demoiselle l’attend « entièrement
nue »…
Elle lui a donné son courrier à poster...... Normal, il est facteur...... Elle a tenté le diable...... Normal, elle vient d'avoir un coup de foudre....... Il risque d'ouvrir la lettre...... Normal, il est jaloux......... Il a découvert la lettre...... Normal, il était prévenu........ Mon amour, je quitte le facteur Normal, je t'aime......
Je vous ouvrirais grand les bras et pour un baiser
amant, je vous donnerais mes lèvres.
Je rêve de votre main posée sur mes hanches, de votre
corps tout près du mien.
Je voudrais entendre votre voix qui rend sexy mon
petit nom, lire votre désir de moi dans vos regards qui n’osent pas.
Et si vous me disiez « je vous aime » ?
Je le croirais parce que j’en ai l’envie qui se taisait. Parce que votre air de
petit garçon dans votre assurance d’homme sait faire battre mon cœur intimidé.
Parce que je me souviens de votre bouche sur ma joue pour une bise que vous
m’avez demandée comme une faveur. Je le croirais pour le sourire entre nous,
pour nos yeux qui s’accrochent parfois comme si rien d’autre n’existait.
Et si vous me disiez « je vous aime » ?
J’aimerais que l’on s’apprenne cela, aussi.
.
Le facteur, amoureux, n’avait pas attendu que la
petite aiguille dépasse 16h. Il était parti tôt du centre de tri pour ne pas
rater son train. Il ne voulait pas perdre une minute pour rejoindre sa belle
aujourd’hui, puisque quelqu’un avait décidé que c’était une journée spéciale
pour l’amour. Tout à ses désirs d’elle, à ses suppositions de ce qu’elle avait
pu préparer (depuis 7 ans qu’ils étaient ensemble, elle lui sortait toujours le
grand jeu, ces jours-là), tout à son impatience de découvrir sa joie enfantine
devant le cadeau qu’il avait cherché depuis des mois, il n’avait pas vu la
lettre glisser dans le sac plastique qui contenait ses achats de dernière
minute pour être au diapason de sa douce romantique.
En grimpant dans le
wagon aux vitres sales, une bande d’adolescents sauvages, excités de la soirée
qu’ils espéraient passer à emballer les filles et aguicher les garçons, le
bouscula sans ménagement. Bien trop occupés à parler SMS et codes
vestimentaires et plans drague, ils ne virent même pas le facteur amoureux, lui
aussi pris dans le filet de ses pensées. Il lâcha son paquet qui glissa jusqu’à
l’autre porte en face où il échoua lamentablement.
La lettre que la jeune
femme avait osée pour donner suite à cette étrange question posée, « et si
je vous disais que je vous aime ? », tomba du sac plastique où elle
n’aurait jamais dû se trouver. Elle resta dans ce train de 16h16 jusqu’au soir
où il fut nettoyé. Un courant d’air l’emporta et les mots d’amour hésitant s’effacèrent
sous les larmes d’une pluie neigeuse.
Tendre-Maitresse-à-la-voix-qui-chante,
Jolie-Muse-née-en-décembre, Amour-venue-du-sud, et mille autres doux noms pour
toi inventés,
En cette Saint Valentin, , je voulais te répéter ce que
t’ai mille fois dit.
Ton Papistache émotif
.
Boite de
Papistache
.
Vous
avez 2 nouveaux messages.
.
Message de Teb, reçu le 14 à
7h00 :
.
Mon grand Chêne dégarni,
Tes branches me
protègent ,tes feuilles me caressent
Ton tronc me soutient...
Serrée contre toi, je
t'entoure de mes bras pour partager ta force.
Le doux ramage de ton
feuillage m'enchante et m'apaise.
Trouveras-tu une couple
d’heure aujourd’hui pour venir me
retrouver ? Dis à ta femme que tu as du travail…
Ton amireuse coquine.
Teb.
.
Message de Aude,
reçu le 14 à 9h00 :
.
Mon Phil Amant qui m’embrase,
Je n’ai pas trouvé le sommeil
cette nuit. Je n’ai pensé qu’à toi, et à un bain de mer, tous les deux nus sous
le soleil couchant.
Viens vite…
Ton « Aude » à
l’amour…
.
Boite de Kloelle
.
Vous
avez 1 nouveau message.
.
Message de Val,
reçu le 14 à 8h00 :
.
Mon amour,
Couchons les enfants tôt ce
soir. On prendra un bain ensemble, je sais que toi aussi tu aimes…
Dis, si je suis sage, tu me
feras des crêpes, après le bain ?
Bisous, mon cœur.
PS : Dis, tu m’aimes,
hein ?
Ta Valérie.
.
Boite de Walrus
.
Vous
avez reçu 2 nouveaux messages.
.
Message de Janeczka,
reçu le 14 à 7h30 :
.
Mon crouton,
Je me perche sur ton epaule Te fais des bisous dans le cou Et te murmure des mots douxau creux de l'oreille
Nan, j’deconne !
ma vieille branche, mon
sotichon, mon enflure, mon pequenot,
tu es pas tres bavard,
embetant, sourd, lourdingue, chauve,
vieux, surtout
mais malgre toutes ces qualites (et bien d'autres)
oui, je t'adore (t'es mon amour, mon tresor)
alors bonne saint valentin, mon chou!!
Jessie
.
Message de Martine27,
reçu le 14 à 5h00 :
.
Mon Pépé, mon marin, mon
Zorro,
Je profite du sommeil de ma
petite-fille Martine pour t’écrire ces quelques mots avec sa boite email.
Remets ton béret ce soir, que
je touche ton pompon, ça nous rappellera des souvenirs.
Ta Mémé Célestine.
.
Boite de Adi :
.
Vous
avez 1 nouveau message.
.
Message de Janeczka,
reçu le 14 à 8h.
.
Ma chérie,
J’ai déjà écrit un mail à
Crouton, mais y’a pas de raisons, la Sant Valentin c’est aussi notre fête à
toute les deux. (Bon, je préfère tout de même la fête des paires !).
On pourrait faire une vidéo,
non ? Pour fêter ça ? Tu me dis ! J’ai acheté des pamplemousses
pour l’occasion.
Sinon, j’avais pensé :
si Crouton va au lit de bonne heure, on pourrait se donner rendez-vous et
squatter sur un blog ce soir.
Vivement que je vienne en
vacances chez toi. On se baladera, et puis surtout j’ai trop hâte de savoir si t’es un vraie brune, si tu vois ce
que je veux dire !
Bisous.
Ta chipie.
.
Boite de Cartoonita
.
Vous avez 1 nouveau message.
.
Message de Val reçu le 14 à 9h00 :
.
Ma
petite fée,
On
se parle ce soir ? Même lieu, même heure que d’hab ?
J’attendrai
que Manu soit couché. On pourra même faire une visio. Peut-être même que tu
auras enfin la vidéo que tu me réclames depuis des mois ; on verra si t’es
sage !
Dis,
t’as acheté des pamplemousses ?
Vivement
les vacances, j’ai trop hâte de te revoir.
Je
t’aime.
Valérie
PS :
j’suis aussi brune que toi, tu t’en rendras compte ce soir !
Votre réputation de touche-à-tout ne laisse personne de
marbre et votre divine beauté ne peut inspirer que de l’amour à tout individu
normalement constitué. Je suis un peu gonflée d’écrire « normalement
constitué » si je considère le nombre de vos bras. Et moi-même qui suis
une pauvre victime des vertiges de l’amour, je suis aussi un cas très
particulier : l’Amour m’a rendue aveugle, il m’a fait perdre la tête mais
il est aussi celui qui m’a donné des ailes et de l’audace.
C’est pourquoi je profite de la large ouverture d’esprit du
site de rencontres désormais meethique « Le deep fix du samedi » où
d’autres amoureux-amoureuses de partout et d’ailleurs viennent évoquer leurs
nuits d’amour, parler des effets secondaires plus ou moins priapiques des
médicaments antihypertenseurs ou narrer les joies très particulières de
l’épreuve orale de « promotion canapé » pour vous déclarer ma flamme,
vous proposer la botte et même plus si affinités et j’espère que cette phrase
beaucoup trop longue ne vous aura pas rebuté. C’est que voyez-vous, je suis
folle de vous l’avouer, mais je rêve déjà chaque nuit de vos six mains
parcourant mon corps lascivement offert, je frémis par avance de vos avances et
avancées en mes contrées, de vos explorations de mes replis. Je sais que vous
me volerez comme il faut dans les plumes et que ma conquête amoureuse sera
votre plus belle victoire.
Athéna Niké, de Samothrace, en résidence temporaire dans un
musée parisien. »
***
Le facteur du Louvre est un plaisantin. C’est un petit amour
du XVIIIe siècle, un Cupidon joufflu qui distribue le courrier soit en
soufflant sur les lettres, soit en attachant les missives à l’empennage de ses
flèches. Et c’est un paresseux de surcroît. Il n’a pas voulu, bien qu’il
connaisse Shiva car il est cultivé, pousser jusqu’aux Indes galantes
l’indexation Rameau de cette drôle d’épître. Il a déposé le courrier aux pieds
de… la Vénus de Milo ! Celle-ci a répondu ceci :
« Ma chère amie
J’ai lu votre déclaration et découvert avec stupeur votre
façon bien directe de draguer. Les bras m’en sont tombés, positivement. Vous
n’avez donc aucune retenue, aucune pudeur ? Vous avez réellement perdu la
tête, mon amie, et vos ailes de géante vous empêchent de marcher droit !
Sachez d’abord que je ne suis plus celle que vous croyez . Les dames dans mon
genre ont de l’éducation et on ne propose pas la botte, même aux Italiennes,
sans leur avoir au préalable baisé la main.
Je vous répondrais bien d’aller vous faire voir chez les
Grecs mais vous en venez comme moi. Je vous appelle donc, ma chère Athéna Niké,
a un peu plus de décence dans vos propos. Soyez plus marmoréenne face au flot
de vos émotions. Il y va de la réputation de notre pays et de notre musée.
Bien à vous
Vénus »
***
Le facteur, bien évidemment, ne retourne pas cette réponse à
la Victoire de Samothrace. Il dépose l’enveloppe entre les mains d’Aline pour
qu’ellerevienne et d’Adèle pour
qu’elle fasse pleurer son amoureux à la fin de la chanson (car elle est morte, Adèle). Aline
et Adèle crèchent dans un tableau où leur frère préféré, le célèbre peintre
Théodore Chassériau, les a représentées un peu comme des jumelles mais sans la
courroie ni l’étui.
- Voici, dit Aline, qui amuserait beaucoup notre cousine
Isaure !
- Elle en ferait peut-être une chronique pour son journal
internautique !
- Je crois qu’elle fait plutôt des interviews truffées, en
ce moment !
- Et toi, truffé quoi, ce soir ? On va la voir ?
- Si tu veux. Je lui envoie un SMS pour la prévenir.
***
Pas facile de joindre Isaure Chassériau en ce moment. Le
Musée des Beaux-Arts de Rennes est en réfection et les toiles du 1er
étage ne sont pas visibles. Peu importe à vrai dire puisque Isaure a quitté son
tableau le 1er avril 1999 afin de vivre sa énième vie en nos deux
siècles à nous. Le SMS est donc bien arrivé chez M. Krapov où elle a sa
résidence rennaise, le rendez-vous avec les cousines a eu lieu. Il fut fort
arrosé, si bien que toute l’équipe du « Défi du samedi », au sortir
du restaurant, s’est rendue complice du hold-up nocturne des trois malhonnêtes.
Tout le monde a bien ri en imaginant la tête effarée du
conservateur du Musée du Louvre quand il recevrait ce cadeau un peu spécial. Et
cela fit scandale à Rennes quand on découvrit le lendemain la fontaine de
Parmiggiani, place de Coëtquen, dépourvue de son ornement central, une très
jolie tête d’Athéna qui trônait jusque là au milieu d’une flaque d’eau
circulaire. La joyeuse équipe l’avait adressée à « Dame Victoire qui a
perdu la tête par amour du dieu Bachi-Bouzouk, Musée du Louvre, 99, rue de
Rivoli 75001 Paris ».
Evidemment c’était sans compter sur le facteur joufflu qui
déposa cette fois-ci l’objet aux pieds de la Joconde. Celle-ci ne fit aucun
commentaire, ne jeta même pas un œil à la tête qu’elle avait aux pieds. Mona
Lisa, sortir du cadre étroit de son travail, esquisser un sourire autre que
professionnel, c’est trop lui demander. Elle est là pour faire le job, elle
fait le job. Mais ceci n’est pas la moralité, que vous avez déjà devinée, bien
entendu car vous êtes comme moi des Brassensophiles avisé(e)s : qu’on
trouve chaussure à notre pied, que la marmite rencontre son couvercle, que les
creux épousent les bosses ou les bons les rosses, que l’on regarde ensemble
dans la même direction ou pas, Cupidon
s’en fout !
Saint Valentin, seize heures. Je rentre chez moi tout guilleret. Je me demande quelle sera la réaction de ma bien-aimée à mon invitation. Elle doit m'attendre, car la porte de l'appartement du rez-de chaussée est entr'ouverte.
Elle m'attend en effet car elle sort comme une furie et me balance une claque magistrale en hurlant : "Salaud, oublier la Saint Valentin !"
Je reste interdit tandis qu'elle rentre chez elle en claquant la porte.
J'emprunte l'escalier pour aller réfléchir chez moi à cet étrange événement. Sur le palier, la dame du second m'attend. Elle me tend une lettre et me balance, en même temps qu'une gifle : "Sale petit morveux, faire des propositions indécentes à un honnête femme !"
Je reconnais mon enveloppe et son intitulé :
À ma Valentine clos des Amants, 14 Boîte 1 39160 SAINT-AMOUR
Je connais un facteur qui va se prendre une baffe....
Charles Bourraing, employé zélé des P&T riait sous
cape, seul dans le bureau de poste devant la rangée de casiers d’où il
puiserait sa tournée du lendemain. Le nez penché sur un dernier paquet de
missives de particuliers, il gloussait savourant par avance les commentaires
qu’il recueillerait bientôt en commençant par le bistrot de Dudule, patron
bonasse et franchouillard comme son surnom l’indique.
Eclairé de sa seule lanterne d’appoint, Le Charlot laissa
s’échapper un nuage de vapeur avant de poursuivre son œuvre au moyen du fer à
repasser de sa défunte mère. Il se félicitait intérieurement de sa
dextérité : Charles Bourraing décollait les enveloppes comme pas deux.
Dans deux jours, ce serait la Saint Valentin, patron des cœurs amoureux. Et le
bougre était seul maître à bord, cupidon bardé de bleu et de jaune,
redistribuant les cartes du bonheur courbé sur son pupitre, flottant dans le
secret des dieux.
Enfant malingre, souffre-douleur de ses congénères à la
communale, fils unique d’une fille-mère qu’on disait avoir été engrossée par un
Prussien, jamais marié, soupçonné d’être toujours puceau, Le Charlot n’avait
obtenu le respect forcé de la communauté villageoise qu’en passant brillamment
le concours administratif qui lui valut d’officier en qualité de receveur des
postes, cumulant depuis le remembrement la fonction de facteur local.
Or Charles Bourraing était bel et bien amoureux, depuis
trois ans déjà, de la fille d’une sommité reconnue dans le canton. Il lui avait
fait une cour aussi secrètement assidue que véritable et sincère, et depuis
hier, elle s’était rendue à cette évidence : elle ne trouverait pas mieux.
La moustache du Charlot frémissait encore des douceurs que lui avait naguère accordées
sa dulcinée.
Le lendemain, il acheva sa tournée comme à l’accoutumée à
12h45, au comptoir de Dudule en déposant un paquet pour la patronne.
« - T’es bien sûr que c’est pour Hortense, ce
bidule-là ? inquisita le bistrot, tandis que ses mains ne savaient quelle
position donner au-dit paquet sur son zinc.
« - Adresse, destinataire et cachet de la poste
faisant foi, je réponds : oui, triompha le facteur. »
Le sourcil logé haut dans le front du patron trahissait
son étonnement devant tant d’assurance, un rien goguenarde même, lui avait-il
semblé.
Tout
démarra avec la remarque, lâchée comme un revers de fond de court, par l’Anicet
déjà passablement entamé à l’anis (d’où il tirait pour partie son nom de
baptême populaire) :
« - Eh Dudule ! ′gade voir des fois que ça soye
pas un jambon ou un énoooorme sauciflard… ça ferait bien notre affaire à
c’t’heure, railla l’embrumé en distribuant des œillades à ses partenaires de
coinche. »
Au début de l’été dernier, on avait murmuré que la
Hortense à Dudule et le commis boucher s’étaient éclipsés un joli bout de temps
durant les feux de la Saint-Jean. On murmura un peu fort, d’ailleurs. Le commis
boucher en fut d’une escalope plaquée sur son œil au beurre noir.
Saluant distraitement le coiffeur qui prenait place à son
guéridon habituel, Dudule renifla le paquet et, tournant les talons, fila vers
la cour intérieure au bout de laquelle il avait son meublé. Il claqua la porte
derrière lui en beuglant : « Horteeense ! Horteeen-seu ! »
On s’attendait à ce que le coiffeur, homme précieux,
s’offusquât à sa façon de ce qu’on ne l’ait point accueilli avec son
cognac.
Mais l’homme avait planté son regard juste en dessous de
la toile d’araignée de la baie vitrée. A croire qu’il dévorait des yeux Madame
Veuve Besnière, sextuagénaire qui se chauffait l’arthrite au timide soleil de
mai inondant la chaise longue dépliée au bout de sa terrasse.
L’Anicet ne résista pas longtemps à l’envie de remettre le
couvert et commença par siffloter une mélodie aussi sirupeuse et surannée que
bien connue de tous pour avoir en son temps imprégné nombre d’amours secrètes.
Comme il allait se mettre à railler le doux rêveur, Le Charlot abattit alors sa
dernière carte, son chef-d’œuvre pour ainsi dire :
« - Tenez Bouzigues, pensant bien vous trouver là et
vu le caractère impérieux de ce courrier, je vous le remets en main propre…
C’est un recommandé… ′faut signer là, pérora le préposé. »
L’Anicet s’interrompit aussi sec, craignant un nouveau
courrier d’huissiers, il se dirigea prestement vers le zinc. Quand il découvrit
qu’il s’agissait de tout autre chose.
« - Ben, c’est pas pour moi, c’est pour ma Lolotte !
réproba-t-il.
« - Je le sais bien, dit le facteur ; puis il
ajouta en clignant de l’œil, mais on est entre nous… Je te la remets
donc. »
L’Anicet alla se placer dans la lumière de la baie vitrée,
décacheta l’enveloppe, lut son contenu et réduisit le papier dans son poing, le
regard affolé. Il happait l’air comme un poisson qui suffoque. Soudain, il se
rua au-dehors en jurant et blasphémant tout ce qu’il savait, ponctuant ses
interjections de « salope ! » retentissants.
Les clients du bar en restèrent interdits.
De la cour intérieure, traversant le silence devenu
pesant, parvenait les bruits d’une fameuse dispute entre le Dudule et son
Hortense qui braillait des « méchteujuuure » à fendre l’âme.
C’est le moment que Le Charlot choisit pour faire à rebours
le parcours de sa tournée dévastatrice.
Il croisa d’abord la silhouette soucieuse de Monsieur Le
Maire qui tournait vers le sol poussiéreux sa mine des jours de grande crue. Il
filait vers la Mairie où sa fille occupait le poste de secrétaire-adjointe.
Dans la Montée des Tanneries, il vit atterrir au milieu de
la rue un pot de chambre, suivi d’une paire de bottes, suivie de la veste de
cuir du grand Gégé – lequel ne rentrerait que tard dans la soirée, ce jour-là.
Depuis l’étage d’où provenaient les éléments disparates de ce ballet aérien,
aucun son… une rage sourde était à l’œuvre.
Le facteur faillit pouffer en rendant son salut au
Capitaine (« de mes deux ! ») qui se tenait au portail de
Mademoiselle Jehanne, institutrice retraitée, dame patronnesse et présidente du
comité des Fêtes.
Son œil avisé crut bien reconnaître son ennemi de
toujours, Le Michou, dont la silhouette piétinait nerveusement sous les fenêtres
du Beau Georges, dans l’ombre de la ruelle qui flanquait sa petite maison. La
roue d’un vélo de femme massacré achevait en couinant les derniers tours sur
son axe rompu.
La voiture du docteur Dubonc le dépassa en trombe, filant
vers la sortie du village sur la route de l’est.
Lui-même, Charles Bourraing, parvenu à cette extrémité, chevaucha
enfin sa pétrolette réglementaire et la lança, pétaradante, vers le domaine de
sa dulcinée.
Grand-Oncle, depuis qu'il a perdu Chère Grand-Tante, n'est plus que l'ombre de lui-même.
A
tel point qu'il fait venir près de lui Jeune Facteur son petit neveu le
seul à avoir repris le flambeau familial de la poste pour une
confession. Ce qu'il dit à Jeune Facteur lui fait dresser les cheveux
sur la tête.
Grand-Oncle lui avoue que lorsqu'il était jeune il a commis l'irréparable pour un facteur. Il a volé du courrier. Eh oui !
A
l'époque il venait de se faire congédier par la jeune fille qu'il
aimait, il en fut tellement malheureux qu'il jugea que les autres
n'avaient pas le droit au bonheur non plus et pendant deux ans à la
Saint Valentin il subtilisa dans le courrier toutes les lettres qui lui
semblaient parler d'amour, celles avec des baisers, celles qui
sentaient bon, celles qui disaient "vite facteur, l'amour n'attend pas".
Ensuite,
ah ensuite, il rencontra Chère Grand-Tante et ses griefs s'envolèrent,
sa mémoire aussi parce qu'elle préféra lui faire oublier sa vilenie.
Seulement
voilà, après la disparition de Chère Grand-Tante pour tuer le temps, il
fit du rangement et il tomba sur un sac contenant le fruit de ses
larcins.
"Et maintenant" interroge Jeune Facteur outré.
"Maintenant, j'aimerais que tu distribue ce courrier" soupire Grand-Oncle.
Jeune Facteur en reste bouché bée, distribuer du courrier qui a quoi, 30/40 ans !!!
"Absolument, il faut le distribuer" piaille une petite voix venue de nulle part.
Les deux hommes ahuris regardent autour d'eux.
Et
voilà qu'apparaît une toute petite bonne femme, vêtue d'une courte
tunique rose, avec un arc et un carquois en travers du dos. Parée de
deux minuscules ailes blanches elle volette devant le regard éberlué
des deux facteurs.
"Qui êtes-vous ?" s'étrangle Jeune Facteur.
"Une cupidone ça se voit bien non !" s'indigne la donzelle.
"Mais ça n'existe pas, ce sont les Cupidons qui sont censés exister" bafouille Jeune Facteur un peu dépassé par les évènements.
"Ah c'est bien une idée de macho ça, et pourquoi les filles feraient-elles de plus mauvais Cupidons que les garçons, hein !"
"Vous avez raison, il n'y a pas de raison. Euh, que pouvons nous pour vous ?"
"Comment ça, ce que vous pouvez pour moi ? trépigne (enfin si on peut trépigner tout en voletant) la Cupidone. "Vous
ne vous rendez pas compte qu'à cause de votre Grand-Oncle je n'ai pas
rempli mon quota de couples moi, c'est pas bon pour mon avancement,
alors hop, on file distribuer le courrier en instance".
"Mais vous vous rendez bien compte qu'après tout ce temps on ne va sûrement pas trouver grand monde"
"Je sais, j'ai déjà fait mon enquête, j'ai eu le temps" rétorque-t-elle en lançant un regard furibond à Grand-Oncle qui se fait tout petit dans son coin.
"En
fait, entre les décès, ceux qui ont trouvé mieux ailleurs, ceux qui ont
mis, à raison, la perte de leur courrier sur le dos de la poste et se
sont mariés, il reste une personne à qui il faut absolument distribuer
sa lettre. Allez hop on fouille dans le paquet et on trouve le courrier
pour Mademoiselle Rose qui est devenue Madame Lerouge et qui ça tombe
bien habite toujours dans le coin, allez hop, hop"
Et sous la férule de la Cupidone nos deux facteurs trient (ça ils savent faire) le courrier d'amour stocké dans le sac.
Bientôt ils ont en main la lettre un peu jaunie dont l'adresse est écrite d'une belle écriture calligraphiée.
Jeune
Facteur vérifie dans l'annuaire l'adresse de Madame Lerouge et
accompagné de la Cupidone qui tournoie au dessus de sa tête, pas trop
fier quand même, il se rend chez l'amoureuse lésée.
Il frappe à la porte d'une coquette petite maison, une petite grand-mère lui ouvre avec un bon sourire.
"Bonjour Facteur que puis-je pour vous ?"
"Bonjour Madame, je suis…, il y a…. en réalité voilà…."
Bref Jeune Facteur ne sait pas trop comment cracher le morceau.
Finalement sous le regard indulgent de la vieille dame, il finit par
lui tendre la lettre en balbutiant.
"Voilà la Poste vient de retrouver ce courrier envoyé il y a longtemps et que nous avons le plaisir de vous remettre maintenant"
La
vieille dame se saisit de la lettre, regarde étonnée la date d'envoi,
l'ouvre et des larmes se mêlant à un doux rire elle s'exclame "Mais
c'est un courrier de la Saint Valentin envoyé par mon époux décédé il y
a quelques temps, quel merveilleux cadeau vous me faites là jeune
homme, je vous en prie entrez donc prendre un thé et manger un morceau
de gâteau"
Avant d'entrer Jeune Facteur se tourne avec désapprobation vers la Cupidone "Mais
vous aviez dit que ce n'était pas la peine de donner les lettres à ceux
qui s'étaient de toute façon unis, c'est quoi ce pataquès ?"
La petite Cupidone lui fait un clin d'œil et l'invite à entrer dans la maison.
Pendant qu'il a le dos tourné, elle attrape son arc, encoche une flèche et le bande.
Brusquement une voix juvénile se fait entendre.
"Que se passe-t-il Grand-Mère ?"
"Un miracle ma chérie, une lettre de Saint Valentin de ton Grand-Père qui vient d'arriver"
Et
devant les yeux éblouis de Jeune Facteur déboule une gracieuse
demoiselle qui le regarde bien dans les yeux et lui décoche (en même
temps que la Cupidone sa flèche) un sourire qui le transperce d'amour.
La Grand-Mère s'en aperçoit et avec un sourire tremblant aux lèvres
remercie son défunt époux du petit miracle qui vient de s'accomplir
sous ses yeux.
Juste avant qu'elle ne disparaisse, la Cupidone s'approche de Jeune Facteur et lui murmure à l'oreille "C'était toi mon boulot d'aujourd'hui, allez bonne chance. Au fait, je m'appelle Céleste".
Ce soir mon amour fais-toi belle : pour notre première Saint-Valentin nous iron.. . . ..ra. Nous dînerons ensuite en tête à ... ..
aux chandelles dans un grand restaurant puis je te ferai visiter ma
chambre sous les toits… Comme le vin t’aura sans doute grisée dès .. .. . . dessert j’en profiterai pour essayer de te faire céder à mes avances de ma voix . . . . . . ., celle que je fais si bien et que tu aimes tant.
.. . .. .. . mon ange
Ton valentin
Reçu par Paul le 14/02/2009 :
Je t’aime à en . . . . . mon amour, tu es mon ………..,
mon cœur qui bat, ma main qui tremble. Quand tu es loin de moi je sens
ma vie qui m’échappe. Sois à moi aujourd’hui comme je suis à toi chaque
jour et aimons-nous pour l’éternité. Je te suis tellement . . . . . . . que j’ai l’impression de n’être plus rien sans toi. Je ne me sens vivante que lorsque je suis offerte, . . . . . sous tes baisers, tes caresses et ..tendresse. Notre histoire est tellement belle que je pourrai en. . . . .jour et nuit.
A toi à pour toujours et à jamais
Ta Juliette
Reçu par Liliane le 14/02/2009 :
Je profite ma douce de ce jour particulier pour te dire comme je t’aime. . …….. me dire sans doute qu’………………………le dire particulièrement plus aujourd’hui que les autres jours ……..
je sais que ça te fera plaisir quand même que je me prête au jeu de la
Saint-Valentin. Je sais aussi que tu adoreras cette boite de chocolat
en forme de cœur, du ………… kitch, non ? Moi j’ai trouvé ça à ……….
de rire, et j’espère aussi que tu apprécieras la carte : il est pas
joli mon cupidon ? Avec son petit cul à l’air il me donne des envies de
gaudriole et comme les enfants ne seront pas là ce soir… Tiens-toi
prête !Je rentre vers 20h et …………….. tes vêtements un à un avant de te faire l’amour dans chaque pièce de la maison jusqu’au bout de la nuit !
A ce soir Mamour,
Ton chérididou.
JDD du 15/02/2009
Le facteur psychopathe a encore frappé !
Après
avoir terrorisé la région parisienne avec le meurtre de Noël et sa
lettre patchwork de listes au Père Noël, c’est avec les échanges
enflammés des amoureux de la Saint-Valentin que le facteur fou a encore
frappé, près de Bordeaux cette fois-ci.
Elisabeth J., 35 ans, a été retrouvée morte dans sa baignoire, décapitée. Sur le miroir de la salle de bain ce lugubre message :
Tu vas crevers à l’opé
mourirnoyée
Je t’aime attachée
suppliante
maisil n’est nul besoin depleurer
j’arracheraitatête
avant ton derniersouffle
A
ce jour le facteur sanguinaire n’a toujours pas été identifié. La Poste
décline toute responsabilité mais met bien évidemment tout en œuvre
pour apporter toute l’assistance nécessaire à la police dans cette
pénible enquête.
Veuillez trouver ci-joint un courrier qui m’a été distribué par erreur –et croyez
bien que je le regrette- car ce message m’a fait chaud au
cœur, moi qui vis désormais toute seule, privée de la présence
de mon cher compagnon. Il m’a envoyé tant et tant de tendres messages en prose
et plus souvent en poèmes que lorsque j’ai vu cette lettre dans laquelle si peu
de mots sont écrits mais où cependant tout est dit, les souvenirs ont jailli
m’apportant à la fois tristesse et réconfort !
Je vous souhaite, chère Mademoiselle autant de joie, d’amour et de
tendresse que j’ai pu en recevoir.
Samedi prochain, c'est la St Valentin. Chacun, chacune, a écrit à son/sa bien-aimé(e) selon la coutume. Seulement, le facteur, amoureux fou lui aussi, n'avait pas la tête à son travail... Quelques erreurs ont été commises. Racontez!
Au Panthéon des hypocrisies, l’Histoire, telle que
l’écrivent les occidentaux a pignon sur rue. L’Histoire… celle écrite avec un
grand ’H’ comme dans La Haine ou La Honte, sauf que le film est souvent
moins bon. Pour preuve…
Le tirailleur sénégalais doit parfois regretter de n’avoir
pas cédé aux tentations cannibales qui le taraudèrent avant de monter la paroi
de sa tranchée au coup de sifflet donné par le plus gradé de ceux-là mêmes qui
lui prêtaient hier encore, à la cantine, ces propriétés « barbares »
(entendez sauvagement inférieures et réfractaires à toute modernité).
Voici qu’en surfant sur le web avec Leuk Le Lièvre,
nous découvrons le portrait tronqué d’un Bashi-bouzouk. Certes, ledit portrait
met en valeur le visage dominant le buste satiné de ce guerrier indomptable, à
la peau d’ébène, au regard aussi noir que son humeur et au port fier comme
Artaban. Un souci pédagogique - travers péremptoire bien connu de qui fréquenta
tant soi peu de ces occidentaux animant leurs discussions de considérations
savantes, un excès de zèle donc, était sans doute à l’origine de cette coupe
franche.
On le sait, le Bashi-bouzouk (orthographié avec un ‘c’
dans toute bonne librairie française) n’est pas un plaisantin. Et la définition
commune qu’a jusqu’ici retenue et reconnue l’Histoire pour donner un sens à ce
terme a toujours accrédité la thèse de la « mauvaise tête » (entendez
tête de Turc) ou de la « tête
cassée » (entendez gros fêlé).
Ce que l’on sait moins, c’est d’abord que le fameux
mercenaire avait ce déhanchement caractéristique du mauvais gars qui vous
dépeuple de leur gent féminine indifféremment, fest-noz, basse-cour ou salon
de thé en moins de deux.
Gégé patron de zinc, au fait de tout ce qui peut concerner
de près ou de loin l’étrange et l’étranger, ne nous disait-il pas du haut de sa
sagesse populiste : « Ces gars-là, ils me foutaient la pétoche. Déjà
qu’ils boivent pas d’bière brune ni blonde, que des ambrée… Et pi quand tu
soutiens leur regard, ça va ! Mais que ta femme pose les yeux sur son cul,
et ça chie ! »
Ensuite, on aura sans doute eu tord de négliger un de ses
principaux attributs : l’arme légère qu’il portait toujours droit devant
lui, tel un Fœderer prêt à servir pour le match.
Sabre, fusil, pistolet, poignard… qu’importe le substitut
phallique, le cavalier sanguinaire aimait à le faire danser sous les yeux de
quiconque se trouvait sur sa route ; hypnotisant ainsi son vis-à-vis dans
une rythmique qui ne manqua pas d’inspirer nombre d’amateurs de danses
exotiques, caraïbes entre autres…
Or, c’est à la lumière de ces deux éléments
incontestablement tirés de l’expérience, sacralisés sur l’autel du Vécu, que
Leuk Le Lièvre et moi-même portons à votre connaissance, le correctif qui suit…
Le Bashi-bouzouk est
un guerrier sans Guiness qui plaît aux femmes précisément parce que chez lui,
le bas chie et le bout zouke.
Je vous remercie de votre attention, votre dévoué tiniak.
Ces
néorurbains, arrivés dans la région ,dans les années 9O, avec leurs
cinq enfants, se sont installés dans une vieille ferme aux volets
verts, construite à la fin du 19ème siècle sur une petite cave comme on
en trouve dans nos contrées. Au sud-est, leurs fenêtres donnent sur un
jardin qui mesurerait parait-il le nombre d'or, un jardin où il fait
bon déjeuner en famille ou entre amis, en regardant cette vallée se
transformer au rythme des saisons. De levers de soleil, en arcs en ciel
et ciels rougis par les averses du soir ou encore en brouillards
nocturnes et mers de nuages matinales, ce paysage est un bel écran
naturel de télévision.. C'est pour le partager que V. et A.
Bobodoudou, élévés à la ville , entre Sylvain et Sylvette pour l'une et
Pif pour l'autre (....), en passant par les incontournables Tintin et
autres Gaston....s'aimant avec passion dans le silence de Gomes et à
l'autre bout du monde avec les passagers du vent , c'est donc pour
partager ce paysage que dans la joie et la bonne humeur, ils ouvrent
ce samedi d'Amère Saison, sous la neige, leur "guinguette du haut de la rivière", avec leurs enfants au service (Mafalda, Sambre, Eva, Grimion et Silence) avec un menu unique dont voici le détail :
Menu du Retour à la terre Salade de Placid et Muzo à la Bécassine (salade verte relevée de Capucine et Tendre Violette) Bachi Bouzouk (truite fumée de la rivière sur lit de pommes de terre au comté) (ah, ça y'est, on n'y est! ouf!) Beignets D'Aya de Yopoungo et Profiterolles des Trolls de Troyes Café des Chevaliers d'Ythaque le tout arrosé de l'eau des Petits ruisseaux
Il était une
fois un garçon appelé Bachir qui vivait il y a bien bien longtemps dans un
petit village fort reculé du Maroc. Bachir était le fils cadet de la famille
Bouzouk et bien que son prénom signifia « celui qui apporte la bonne
nouvelle », le petit Bachir faisait le malheur de ses parents. Il ne
voulait ni travailler aux champs avec son père ni aller à l’école. Il ne
voulait pas non plus apprendre le métier de cordonnier auprès de son oncle
maternel, et refusait pareillement de devenir apprenti-boucher chez son oncle
paternel. Alors quand il entendait Tibiqcht gazouiller, il se cachait vite. Tibiqcht
c’est une variété d’oiseau sauvage qui vit souvent dans les maisons et qui
chante plus fort lorsque des visiteurs arrivent. Bachir aimait beaucoup le Tibiqcht
qui vivait dans la maison de sa famille. En le prévenant, il échappait à son
père ou au maître qui venait le chercher. Alors chaque matin, il n’oubliait pas
de laisser une poignée de graines dans la cour, à l’endroit que Tibiqcht aimait
particulièrement. Ce que Bachir aimait c’était de vadrouiller dans la nature
avec sa fronde et tuer les oiseaux. Il était connu pour son talent à la fronde
et se vantait qu’il n’y avait pas un seul oiseau qu’il n’ait déjà tué, à
l’exception de Tibiqcht bien sur, l’oiseau sacré et précieux allié de sa fainéantise.
Un jour, alors
qu’il venait, grâce aux gazouillis de l’oiseau de la maison, d’échapper à son
oncle qui voulait l’emmener travailler, Bachir aperçut à l’orée du village un
oiseau comme il n’en avait jamais vu : celui-ci était revêtu de plumes en
argent ! Bachir s’approcha sa fronde à la main et visa. Mais à ce moment
l’oiseau s’envola et se posa sur un arbre un peu plus loin. Bachir se
rapprochait à nouveau mais l’oiseau s’enfuyait à chaque fois au dernier
moment. Et ainsi de suite jusqu’à ce que Bachir se retrouva dans un
quartier très éloigné et désert du village. C’est alors que dans un nuage de
fumée l’oiseau se transforma en Taghzante, la terrible ogresse ! D’un bond
de ses pieds de bouc, elle captura Bachir qui ne réussit en essayant de
s’enfuir que de déchirer ses vêtements. Alors que Bachir croyait sa dernière
heure arrivée, Tibiqcht arriva et piqua tant et tant Taghzante de son bec pointu
que cela permit à Bachir de s’en fuir. Arrivé à la maison sain et sauf, Bachir a
été rejoint par Tibiqcht qui lui fît promettre de ne plus chasser d’oiseau.
Mais quelques
jours plus tard, Bachir oublia sa promesse. Il venait de voir, au pied de la
montagne, un autre oiseau encore plus merveilleux, comme il n’en avait jamais
vu : ses plumes étaient en or ! La fronde à la main, Bachir essayait
de s’en approcher pour tirer son jet de pierre mortel. Mais l’oiseau d’or
semblait le sentir et s’enfuyait au dernier moment. Pris par l’exaltation de la
chasse, Bachir ne se rendait pas compte que l’oiseau l’entrainait toujours plus
haut dans la montagne, loin, très loin, trop loin pour que quiconque puisse
l’entendre et le secourir. Trop tard pour faire demi-tour, l’oiseau pourchassé
venait de se transformer en ogresse qui se jeta sur le pauvre garçon ! Mais
fort heureusement, Tibiqcht, alerté par ses cris, arriva à tire d’ailes et harcela
l’ogresse jusqu’à ce qu’elle lâcha Bachir qui put repartir chez lui, les jambes
à son cou. Les vêtements une nouvelle fois déchirés et une poignée de cheveux
en moins, Bachir s’excusa auprès de Tibiqcht et lui renouvela sa promesse.
Toutefois, une
semaine plus tard, Bachir fut une nouvelle fois soumis à la terrible tentation.
Il venait d’apercevoir un autre oiseau plus extraordinaire qu’extraordinaire :
son plumage était recouvert de pierres précieuses de toutes les couleurs, plus
brillantes les unes que les autres. Alors Bachir ne put résister. Il lui fallait
cet oiseau ! Il le suivit, sa fronde à la main, prêt à faire mouche, mais
l’oiseau de rubis se dérobait sans cesse. Jusqu’à ce qu’ils parvinrent au cimetière
du village. L’oiseau s’évanouit alors dans une fumée blanche, laissant place à Taghzante,
l’ogresse aux doigts crochus, qui saisit le jeune garçon terrorisé. « Tu
ne manques pas d’air Bachir ? Tu croyais m’attraper, c’est toi encore qui
es attrapé ! Cette fois je vais te manger tout cru et je vais commencer
par le « r » de ton prénom. » Après avoir englouti la dernière
lettre du prénom du malheureux, l’ogresse ouvrit grand sa bouche aux dents
pointues pour avaler d’un seul morceau le petit Bachir, ou plutôt Bachi.. C’est
à ce moment-là que Tibiqcht surgit et fonça vers le visage de l’ogresse. Et sans
lui laisser le temps de se défendre, lui creva les yeux. L’ogresse s’enfuit alors
avec un cri rageur. Le garçon se mit à genoux devant son bienfaiteur et jeta sa
fronde à terre, jurant de ne plus jamais s’en servir. D’un battement d’ailes, Tibiqcht
transforma la fronde en guitare, une variété venue de très loin appelée le bouzouq.
Depuis ce jour, l’oiseau et le garçon ne se quittèrent plus jamais. Dès lors, Bachi
parcourt la campagne, l’oiseau sur l’épaule, troquant des chansons en échange
du gîte et du couvert et d’une poignée de graines pour son ami. Au fil de ses
pérégrinations, ils ne manquent pas, apportant nouvelles chansons à foison, de
s’arrêter chez les parents de Bachi, désormais fiers de leur dernier fils. Voila
comment Bachi-bouzouk est passé de tueur à musicien itinérant.