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Le défi du samedi
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30 janvier 2021

Qu’est ce qu’il a vu le chat ? (Ilonat)

 
Ouba ouba !
Qu’est ce qu’il a vu le chat ?
Un éléphant qui fait des entrechats ?
Un marsupial qui marche à petits pas ?
C’est pas ça, c’est pas ça.

Alors c’est quoi ? Qu’est ce qu’il a vu le chat ?
Un gros cochon verrat avec une queue de rat ?
Un ver de terre qui grimpe à l’échalas ?
Un caribou qui chante comme un castrat ?
C’est pas ça, c’est pas ça.

Alors c’est quoi qu’il aurait vu et entendu le petit chat ?

C’est un garde champêtre qui l’annonce à grand fracas
Il y aura sous peu un nouveau tour de cadenas
Avec objurgation obligatoire de bien rester chez soi
Coincés masqués en comptant ses abats.

Zut ! Qu’il s’est dit le petit chat
J’aurais dû faire comme les singes chinois
Ou japonais, vous savez bien, les trois
Qui font les sages en tapinois….
Je n’ai fermé qu’un œil, voilà le résultat
C’est de nouveau le branle bas !

C’est bon ! On ne va pas en faire un plat
On va rester à la maison, tranquilles, encore un mois
En écrivant des bouts de phrases qui finissent par A
Ploum et tralala
Mangez du chocolat.
 

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23 janvier 2021

Paré pour la java (Ilonat)

 

Up and down and up and down, and up and down again…

Je suis le roi de Cyclorythmie, le grand champion de la dégringolade et du repli sur soi roulé en boule en attendant des jours meilleurs…

Up and down…Vous en avez aussi connu de ces descentes vertigineuses où vous ne saviez pas si vous remonteriez à la surface… ne pas s’attarder trop longtemps en bas, un petit coup de poignet pour retendre le fil, sinon tout est foutu. Vous connaissez le geste du yoyo, la ficelle attachée  à  l’un des doigts de votre main et la bobine en bois qu’on lance d’un coup sec, vers le bas, ni trop fort ni trop loin, à  la bonne distance pour qu’elle remonte en s’enroulant... Et lancer à  nouveau sans jamais s’arrêter,  up and down and up and down, à la fin c’est lassant…

Filant la métaphore, on pourrait dire aussi que dans la vie c’est du tout comme, qu’il ya des hauts et puis des bas, et qu’on en voit de toutes les couleurs, des vertes et des pas mûres… des fois on dégringole, on ne sait pas jusqu’où, on sonde les abymes et un jour on remonte.

Qui c’est qui tire la ficelle et qui vous aide à remonter ? le Vieux barbu là  haut ou seulement la volonté, l’Impératif kategorique ? Plutôt Eros, l’ami joyeux contre l’infâme Thanatos que ça fait rigoler. Il voudrait bien vous voir ratatiné  au bout de la ficelle.

Ya des hauts, ya des bas. La vie est un yoyo pas très marrant. Chaque matin, bon an mal an, il faut se relever, se dégourdir un peu les jambes, rembobiner le fil et hop, c’est reparti pour une autre journée. Ne pas cesser le mouvement. C’est comme la toupie de notre enfance. Elle ne gardait son équilibre que grâce à  l’énergie dont vous l’aviez dotée…

Vous auriez pu choisir encore un autre jeu, plus dangereux, et vous laisser couler vers les abymes, en apnée de survie, tout au fond des eaux noires… y barboter un peu…pas trop longtemps quand même, chercher du pied un coin de roche, le fameux noyau dur, et frapper du talon, bien fort ! Vous avez quelque chance de revoir le soleil…

Bon ! Assez barboté dans la mélasse ! On peut aussi le prendre en plus léger. Se dire que dans la vie, ça se passe comme ça, qu’il y a des hauts et puis des bas, qu’il ne faut pas en faire un plat.

 

Paré pour la java ?
Ya des hauts ya des bas C’est comme pour la java
Un deux trois un deux trois et puis on remet ça
Tu accentues le Un tu fais deux petits pas
Tu donnes un coup de rein et ça repart comme ça.
C’est pas la mazurka du temps de ces Duchesses          
Tu t’colles à ta nana Et tu lui prends les fesses
Oh là ! Qu’elles me foudroient les dames patronnesses
D’où  qu’il sort celui l à , faut qu’il aille à  confesse
Pardonnez-moi mes belles dames ces é lucubrations cacochymesques
J’essaie de remonter, que Dieu me damne, de ces marais cauchemardesques
Un deux trois un deux trois
En cet hiver morose
Et qui n’en finit pas
Chantons la vie en rose
Sur un air de java

 

16 janvier 2021

Yaca prendre ma yole (Ilonat)

 

Xénophile, ça va de soi, ça fait déjà 10 points d’avance

Youpi ! Yaca prendre ma Yole et let us dance !   

La vie est belle sur mon esquif au fil de l’eau

On peut chanter à pleine voix  à l’unisson

Pour suivre la cadence s’accompagner d’un balafon

Hardi les gars vire au guindeau

On part à l’aventure sur le lagon

N’hésitons plus, souquons, chantons

Enfin une occasion de changer d’horizon
 

9 janvier 2021

Cachez ce sein que je ne saurai voir (Ilonat)

 
O brave new world that has such people in it
O monde merveilleux qui compte d’aussi belles créatures
O wonder o beauty o promises
En ce début d’année si sombre
Quelles promesses quelle félicité

Ah méfiez vous mes frères
Et vous aussi mes sœurs
De ces appâts trompeurs
N’ouvrez la boîte de Pandore qu’avec circonspection
Un sein peut en cacher un autre.

Vade Retro Satanibus écarte toi Démon
C’est Walrus en personne qui vient vous appâter
Sous ses faux airs bonhommes.

Hop ! Il lance sa ligne
Il dissimule son appât sous un bonnet de marque poushoupé
Et vous mordez à l’hameçon
O splendeur o délice o rêves insensés
Vous frétillez comme un gardon

Et hop ! Pan sur le bec
Il vous prend en photo dans les bras de la belle
C’en est fini
Il la répand sur les roseaux sociaux
Mitoo s’en mêle
Vous êtes pris dans le filet de la luxure et de l’opprobre.

Allons restez chez vous et bien au chaud
N’ouvrez jamais ni mail ni pièce jointe
Qu’on vous présenterait comme un Défi
Surtout le Samedi !

5 septembre 2020

La fin des glaneuses (Ilonat)


On chôme sur le chaume
Fauchés comme les blés
De gros ballots sont restés là en sentinelles
Esseulés sur l’éteule plombés par le soleil.

Rien à glaner !
Peau d’balle et balai d’crin
A peine quelques grains
Pour les corbeaux des jours mauvais

Et pour la poésie champêtre d’autrefois
Les accortes glaneuses penchées sur leurs javelles
Vous pouvez repasser
L’Angélus apaisant ne résonnera plus

Nostalgie nostalgie…
Chromos d’un autre temps
Elle dormait à moitié nue dans la lumière de l’été
Au beau milieu d’un champ de blé
Comme un p’tit coquelicot mesdames
Meules de paille meules de foin
La sieste du faucheur casquette rabattue
La faux posée à ses côtés avec sa pierre à aiguiser
Meules de paille meules de foin
Roulades et fou rires
Et peut être un baiser arraché à la belle
Meules de paille meules de foin
Et Fanfan la Tulipe narguant Tranche Montagne qui éructe
Adieu également les grands repas du dépiquage dans la cour de la ferme
Les tables installées sur des tréteaux, bruyantes et joyeuses
Plus rien de tout cela
John Deere et compagnie ont déjà tout raflé
Le bon grain et l’ivresse

Adieu veaux vaches cochons couvées
Glaneuses et va nu pieds, l’été fut chaud et sec
L’hiver sera morose

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9 mai 2020

Brame d’amour au temps des Iroquois (Ilonat)

 

Fam Fam Fam

Reviens reviens dans mon wigwam

N’entends tu point combien je brame

Dans ce pauvre teepee sans foyer et sans âme

 

Reviens reviens et ne me traite plus d’infâme

Pour une peccadille de bigame

N’en fais donc pas un psicodrame

Car aujourd’hui je le proclame

Tu es à moi, tu es ma tendre et douce Fam.

 

Viens réchauffer pour moi ce pauvre plat d’ignames

Agrémenté au moins de graines de sésame.

Ne vois-tu point combien je rame

Combien d’amour et de faim je me pâme.

 

Oh souviens toi combien nous nous aimâmes

Combien tu adorais honorer mon lingam

En y mettant toute ta flamme

 

Reviens reviens ma douce dame

Viens réchauffer le feu dans mon pauvre wigwam

 

 

 

 

Nous ne fumerons pas le calumet de paix à mon grand dam

J’entends déjà à l’unisson crier toutes ces dames

« mitou-phallo-salaud » ! vibrant sur leur tam tam.

 

2 mai 2020

Le réfractaire (Ilonat)

 

Vidéos, vidéos ! Qu’est ce que j’vais bien pouvoir vous dire moi, à propos d’vidéos ? C’est bien, c’est chouette, c’est rigolo. Y en a plein qui circulent en ce moment, sur les roseaux sociaux. Et même à la Thélé, en ces temps confinés…

Moi, je ne sais pas faire… J’ai même pas de smartfun ! J’ai loupé le moment où il fallait s’y mettre.

Et puis, faut bien le dire, j’suis un  peu réfractaire.

Tiens, voilà une idée qu’elle est bonne ! réfractaire ! j’vais m’essayer à chanter ça… sur l’air du « Pornographe » de Brassens. Pas fastoche. Vous aurez pas les rimes, mais au moins la métrique, à condition de respecter les œufs muets, comme ce moustachu génial. Essayez donc…

 

Avant y avait une fracture

Entre les pauvres et les riches

Les oubliés et les nantis

La Béance social eu

Mais aujourd’hui elle se creuse

Entre ceux qui possèdent ou pas

Le savoir faire et les outils

Deux points zéro

 

J’suis l’réfractair eu   

Du numériqu eu

Un vieux ringard         

Analogique

 

Lorsque j’habitais sur mon Ile

A quelques mille lieues d’ici

Y avait quand même le télefon

Pour donner des nouvelles

Mais aujourd’hui faut du wifi

Des mégabites et un gris-gris

Pour échanger sur les roseaux

Des vidéos                                                 Refrain : J’suis l’réfractaire etc.

 

Lorsque le Wouaib est arrivé

Jusqu’à mon ile sous le vent

Je me suis dit faut que j’m’y mette

Et garder la métriqu eu

J’étais déjà septentenaire

Et pas doué pour ces trucs là

Je m’y suis mis clopin clopan

En me disant                                                Refrain : j’suis l’réfractaire etc.

 

Avant je regardais mes photos

Bien collées sur un gros album

En effeuillant la marguerite

De ces belles images

Mais aujourd’hui c’est le progrès

T’as tout’une vie en condensé

Dans la Gal’rie de ton écrin

Numérisé                                                       Refrain : j’suis l’réfractaire etc.

 

Avant j’écoutais la radio

Sur mon vieux poste nasillard

Et je regardais la Télé

Comme un vieux père peinard

Mais aujourd’hui y a le strimming

500 programmes et le replay

Pour t’amuser                                                Refrain : j’suis l’réfractaire etc.

 

Si vous saviez comme je m’en tape

De tous ces programmes à la noix

Qu’on vous propose à satiété

Pour vous laver la tête

J’ai pas envie d’en avoir tant

Mais tout au moins de faire mon choix

Sans me planter au moindre clic

Comme un ballot                                           Refrain : j’suis l’réfractaire etc.

 

Mais faut s’y faire on est entré

Dans c’nouveau monde numérisé

Chacun se parle par un écran

Tout à fait aseptiqu eu

Pendant ce temps y a Big Brotheur

Qui se régale en visionnant

Tous ces ébats médiatisés

Comme un voyeur

 

                                                                              J’suis le l’réfractair eu

                                                                              Du numériqu eu

                                                                              Un vieux ringard

                                                                              Analogique !

 

 

25 avril 2020

Pecunia non olet (Ilonat)

 

Il était une fois un empereur romain
Qui, découvrant que nos mictions pouvaient rapporter gros
Fit installer devant chaque demeure
De belles amphores en terre cuite
Pour les y recueillir

Son fils lui reprochant
De faire ainsi son beurre
Avec ces émissions
Vespasien lui tendit un bel écu en or
En proférant cette maxime à jamais éternelle :
« L’argent n’a pas d’odeur »

Plus tard, au Moyen Age
Et jusqu’aux temps du Roi Soleil
Si l’on n’oublia pas cette maxime
On fit sa p’tite affaire dans le jardin
Ou bien au coin de sa maison

Et il fallut attendre le Comte Rambuteau
Le Préfet de la Seine
Pour que des édicules harmonieux
Destinés aux mictions à l’abri des regards
Ornassent  les trottoirs
Du Paris Haussmannien


Hélas, ces édicules devinrent aux temps modernes
Des lieux de rendez vous de la gent androgyne
Et d’amours clandestines prohibées
Si bien qu’on résolut de fermer à jamais
Ces derniers lieux de liberté.

Vinrent les « sanisettes » d’aujourd’hui
Faites au goût du siècle
Plus hygiénistes, individualistes, impersonnelles…
Il en faudra payer le prix !
Pecunia non olet

18 avril 2020

Tropismes (Ilonat)

 

Allez ! On s’y remet
Le Marseillais a dit que le printemps arrive
Et le dégel
Alors allons y voir…
Troëne !
Troëne : dicotylédone à fleurs blanches etc.
Un p’tit truc volontaire ???
Qu’est ce qu’il nous cache à ce propos le pinnipède ?
Ce mec est too much
Ce mec est too much
Mais parfois trop c’est trop !
Qu’est ce qu’il nous cache en vrai derrière sa haie fleurie ?
un Trop plein d’anémie ?
un Trop perçu de réclusion ?
Restons sur le Robert
Mais il n’est pas si riche en la matière
une Trotte-menu souris ?
un Troll ?
un vieux Trognon de pomme ?
ou un Tropinambour ?
une Trottinette rouillée ?
Peut être une Troïka Trotskiste
qui se révèlera la cause
de ce Tropisme ravageur…

Alors je vais vous dire…
Sur le chemin des Pannetiers
Ce matin.
Je me suis attardé à regarder la haie de mon voisin
A en scruter les fleurs, en humer le parfum (pas terrible !)
Cherchant à déceler quelque mystère
Quelque révélation…

Quand mon voisin est arrivé pour tondre le gazon, derrière sa haie
A la première pétarade
Après un grand bonjour
J’ai poursuivi mon p’tit chemin dérogatoire un peu plus loin
En bénissant le ciel de ce joli matin.

 

25 janvier 2020

Paré pour le grand saut ? (Ilonat)

 
Et hop, on va sauter la barrière
Et hop, on va enfin monter là haut
Finies les pleurs et la misère
On va enfin se mettre au chaud

Chanté :   Bateau ciseaux on va sauter la barrière
               Bateau ciseaux pour  s’retrouver tout là haut

Scandé :   Fi-nies-les ga-lères
                Les- grosses- ornières
                La la la la lère
                Les chemins –tordus
                Qui vous laissent-sur- le –cul

Finies la souille et la gadoue
Et ces atermoiements de vieux grigou
Qui compte encore ses jours comme des sous
Sur un boulier usé rafistolé tout mou
Finis ces airs patibulaires
A égrener le chapelet
Des ses bobosses et de ses plaies
Il fut un temps dans le passé
Où il avait vécu sans regards en arrière
Un temps où il rêvait de vivre sans frontières
Et sans respect des règles édictées
          Bateau ciseaux, la rivière la rivière….
Puis vint le temps tout gris où son temps fut compté
Qui remplaçait ses rêves par des regrets
          Bateau sur l’eau tous mes vieux rêves envolés…
Alors il s’était dit : Holà !
Je ne vais pas finir comme ça
Dans cette pétaudière
A compter mes abats
Faut trouver la manière
Et faire un vrai  grand pas
           Bateau ciseaux la rivière la rivière……

Et hop, on va sauter la dernière barrière
S’extirper de ce marigot
A nous les belles bayadères
Qui nous attendent tout là haut
Pas besoin de visa, deux p’tits sachets dans l’eau
Bien l’bonjour à Saint Pierre et tous ses angelots

Mais comme il s’apprêtait à faire le grand saut
Une petite voix ensommeillée lui demanda
Hé vieux papa grognon tu m’emmènes avec toi
Faire un tour en bateau ? Et j’ai repris les rames
Comme un ballot

      Bateau sur l’eau la rivière la rivière
      Bateau ciseaux  la rivière au bord de l’eau    


18 janvier 2020

Les gabelous de Carry le Rouet (Ilonat)

 


Pour sûr que je m’en souviens, du jour où les gabelous de Carry sont venus arrêter mon père. Quelle soirée terrible ! Papa revenait juste de la pêche et ils sont arrivés comme ça, avec leur uniforme, leur tricorne et le grand sabre qui leur battaient les bottes. Ma mère était terrorisée, moi je pleurais bien sûr, mais qu’est ce qu’on pouvait faire ?
Mon père avait beau leur expliquer qu’il n’était pas contrebandier, qu’il avait juste acheté ces deux livres de sel pour saler ses poissons, qu’il n’avait pas assez d’argent pour l’acheter à Martigues, ils n’ont rien voulu savoir et ils l’ont jeté en prison. Pour deux livres de sel !
Maman m’a expliqué plus tard. Le sel, on était obligé de l’acheter au Grenier du Roi, à un prix impossible. C’était une sorte de taxe, un impôt du Roi. Mais les Seigneurs et les gens d’Eglise n’avaient pas à le payer.
Alors il y avait des gens, des contrebandiers, qui avaient réussi à s’en procurer à la Saline, pour le revendre à des prix raisonnables,  à ceux qui en avaient besoin.
C’est un camarade de mon père, M Georges, qui avait aussi une barque de pêcheur,  qui lui  avait vendu ces deux misérables sachets. Les tortionnaires de la Gabelle ont dû lui faire subir des supplices pour qu’il avoue qui étaient ses complices ….  Après, ils l’ont envoyé aux galères et mon père s’est retrouvé en prison.
Qu’est ce que je pouvais faire moi, quand ils sont venus, petit comme j’étais.
Maintenant, j’ai douze ans, j’ai bien compris qui ils étaient, ces gabelous, et avec mon camarade André, on leur a préparé un tour, pour leur faire passer le goût du sel.
Nous n’étions pas assez grands ni assez nombreux pour nous révolter, comme on m’a dit qu’ils l’avaient fait du côté d’Arles, mais on pouvait quand même essayer quelque chose…
Alors, nous sommes allés  trouver M Bourjut, qui savait lire et écrire et qui n’aimait pas beaucoup les gens du Roi. On l’avait embêté parce qu’il était de la religion réformée…
Il nous a fait une petite lettre, à peine quelques mots, que nous avons déposée pendant la nuit devant la porte du Commis.
Il nous l’a lue, c’était écrit : « Monsieur le Commis du Roy ; je tiens à vous signaler que j’ai aperçu des individus qui ont débarqué Dimanche soir sur la plage de Saussey. Ils ont transporté de grands sacs qu’ils ont ensuite entreposés derrière la grange du Mas des Garrigues (façade Nord). Nous vous signalons respectueusement ces faits, pour que la Loi soit respectée, comme de bons et fidèles  serviteurs du Roy »
Bien sûr, ce n’était pas signé, et nous avons soigneusement préparé notre coup.
Le mas des Garrigues, c’était la maison de M Georges, l’ami de mon père, mais personne n’y habitait plus.  Depuis qu’on l’avait envoyé aux galères, toute sa famille était partie à Marseille où sa femme avait réussi à trouver du travail, comme blanchisseuse.
Avec mon copain André, nous connaissions bien les lieux car nous y allions souvent chasser des merles avec un lance pierres.
Derrière mur de la grange, du côté Nord, il y avait une grande fosse à purin,  profonde, et qui s’était remplie à ras bord depuis les dernières pluies d’Octobre. Nous avions bien failli y tomber un jour, parce que ses bords étaient cachés par un épais fouillis de ronces.
C’est la qu’on a trouvé l’idée. On est allé chercher quelques branches dans la garrigue, qu’on a recouvertes de branches plus fines, de ronces, de genets, avec une dernière couche d’herbes, d’un peu de terre et de feuilles séchées.
Et le Mardi suivant, après qu’on ait déposé la lettre, ça n’a pas manqué !
Un autre camarade de Carry nous avait avertis. On s’est postés en haut du petit tertre, en face du Mas, sous un chêne vert, et on les a vus arriver. C’étaient les mêmes qui avaient arrêté mon père, sept ans plus tôt.
Ils s’étaient  installés à Carry parce qu’on leur avait confié la charge officielle de Commis.
Ils s’avancent vers le Mas, avec leur mousqueton tout prêt, pointé sur la maison, ils appellent deux ou trois fois : Holà ! Holà ! Holà ! Personne ne répond, bien sûr. Ils font un petit tour des bâtiments, et se dirigent vers la vieille grange.
Ils savent que c’est là, dans cette encoignure du mur exposé au Mistral qu’ils vont découvrir l’objet du délit... Ils s’avancent encore, l’un d’eux désigne les grosses pierres que nous avons empilées devant l’anfractuosité. Ils s’avancent précautionneusement, car il leur semble que le sol est un peu meuble sous leurs pas, mais ils ne vont pas abandonner aussi près du but.
Et patatras, les voilà  qui basculent, agitent les bras et disparaissent  dans la fosse!
De notre observatoire, avec André, nous éclatons de rire en nous tapant sur l’épaule. Nous avons gagné !
Ils ont quand même réussi à s’en sortir…
Mais quand ils ont été obligés de traverser notre village,  couverts de boue et de purin et tout le monde riait sous cape en faisant mine de s’apitoyer :
« Hé bien,  messieurs les Commis, qu’est ce qu’il vous est arrivé ? Ce sont des contrebandiers qui vous ont arrosés ? »
Avec André nous n’étions pas peu fiers, et je raconterai tout cela  à mon père lorsqu’il reviendra. On nous a dit que ce sera pour bientôt, avant Noël.
Quand aux deux gabelous, ce n’est pas de sitôt qu’ils reviendront sévir près de chez nous….

11 janvier 2020

Far away (Ilonat)

 

« Far » : french name

Referring to a kind of pastry

Coming from Brittany

And made with flour milk and prunes.

Must be very tasty

But I never tasted any

So far…

 

                Looks a little heavy

                After all what we had

                For Christmas Day

 

And now I feel so far away

From where you are

Stuck in this sad lonely bar

Thinking of you

 My little star
 

4 janvier 2020

Ploum ploum tralala (Ilonat)


Ploum ploum tralala
Avec son tralala
Elle faisait tourner toutes les têtes
Ploum ploum tralala
Avec ce machin là
On était paré pour les Fêtes.

Ça c’était pour Suzy
De l’air !
Mais alors pour Zizi
Avec son truc à plumes
Ses entrechats
Ses jambes en l’air
Ça j’aurais bien voulu les voir
Un peu en vrai
Au Cabaret !

Mais comme la veille au soir
Je m’étais fait plumer
En jouant au poker
J’l’ai regardée
À la Télé…
« Ah ! Tu veux des paillettes
Des plumes et des gambettes
M’a dit ma femme un peu trop haut
Pauvre paumé pauvre mauviette
Pendant que moi je rame à passer le plumeau
Toi tu flambes au bistrot ! »

Moi j’avais bien envie
De lui coller une plumée
Et tout le tralala
Mais comme je suis gaulé
Comme un coq déplumé
En manque d’énergie
Je m’en suis tenu là

Comme il m’arrive quelquefois
D’écrire mes déboires
Sans rimes ni raisins
En des vers incertains
J’ai pris ma belle plume
Pour un Défi du Samedi
Quelque peu dérisoire
Et quand ce fut fini
Je m’suis mis au plumard

14 décembre 2019

Galéjade et parti pris (Ilonat)

 

La semaine dernière

Je me suis pris la tête

À plancher sur un thème

Qui m’a laissé un goût amer

 

Comme on s’est séparés avec Germaine

(Non, ce n’est pas la même !)

Je l’ai raccompagnée chez sa marraine

Qui habite là haut

Dans ces brumes lointaines

 

On a roulé toute la nuit

J’ai dormi à l’hôtel

Et le matin je me réveille

Je descends sur la place

Les yeux plein de sommeil…

Peut-être mal dormi

Ou les quinquets mal embouchés

Et pleins de préjugés

Mais  là j’en reste sur le flanc

 

Mince ! À quoi ils jouent ceux là

On dirait la pétanque

Mais le terrain est goudronné

Avec de grandes marques blanches

Comme s’ils jouaient à la marelle

 

C’est entendu !

Je n’ai pas pris le temps de scruter le cliché

Juste un petit coup d’œil

Sans avoir pris le soin

De faire un peu la mise au point

Je ne vais pas chercher Midi à quatorze heures !

 

Mais tout de même !

Ni boule ni cochonnet !

Pas même de platanes ombrageant le terrain

Ni de Café du Centre pour la fin de partie !

Vous avez dit cliché ?

 

Je me frotte les yeux

Je vais un peu plus loin interroger un wikipède

Le quidam me répond :

« Enfin monsieur vous divaguez

Vous êtes dans le Nord

Pas chez vous en Provence

Ici on joue au jeu de paume, à la balle pelote

« kaatspel » si vous voulez, en bon Néerlandais »

Et il commence à m’expliquer les règles…

 

Putain !

Déjà qu’avec Germaine (bis)

Ça ne tournait pas rond

Ça m’a foutu les boules

 

D’accord !

Les gens du Nord ont le droit d’exister

Comme tout un chacun

Avec un ciel si bas qu’ils n’ont même plus d’été

Ils ont quand même au cœur et chevillé au corps

Le rayon de soleil qu’ils n’ont peut être pas dehors

Mais tout de même !

Jouer à la baballe en regardant en l’air

Ça ne fait pas sérieux !

 

Ça va. J’en assez vu

Moi, je reprends mes billes

Et je rentre à Grignan

 

7 décembre 2019

Anamnèse (Ilonat)


Anamnèse ?
Il aimait bien ce mot  ce mot mystérieux
Cet effort de mémoire pour essayer de concevoir
Comment il en était arrivé là dans ce trou noir
Sans espoir d’en sortir puisqu’il était devenu vieux

« C’est bien la pire peine de ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine mon cœur a tant de peine »
Une autre résonance qui l’habitait parfois
Sans qu’il en partageât la juvénile antienne

« Mon mal vient de plus loin » se disait il aussi
Bien sûr, l’âge venant  l’on n’a plus d’énergie
Tout devient difficile et tout devient plus gris
On voudrait bien savoir pourquoi l’on reste en vie

Et ce matin encore se regardant dans le miroir
Il a pris vraiment peur de ce triste regard
Où se lisait sa honte d’en être arrivé là
A vouloir en finir, ne plus aller plus bas

« Finir ce peu de soupe » disait souvent son père
Lorsqu’il n’en pouvait plus avec tous ces tracas
Nourrir cette famille  affronter la misère
Ces jours sans horizon qui n’en finissent pas

« Mon mal vient de plus loin » se disait-il encore
En pensant à sa mère à son regard chagrin
Après qu’elle ait vécu ces tragédies sans fin
Ces drames quotidiens malgré tous ses efforts

Il aurait pu parler aussi de ce frère jumeau
Parti sans qu’il lui dise à quel point il l’aimait
Lui demander pardon de l’avoir humilié
Quand ce souvenir là  pèse comme un fardeau

Il lui aurait encore fallu chercher plus loin
Dans le fouillis obscur de sa mémoire
D’autres défaites et d’autres ombres  qu’il ne voulait pas voir
Mais dont il ressentait le poids chaque matin

Il en venait à se haïr de sa désespérance
Lui qui avait vécu tant de vies insouciantes
Connu quelques instants de grâce souriante
Pour se retrouver seul devant cette béance

Tout  cela lui pesait  cette réminiscence
De ceux qui n’étaient plus mais qui vivaient en lui
Qui lui parlaient encore dans ce profond silence
Cette présence absence d’hier et d’aujourd’hui

Il lui faudra pourtant  sortir de cette impasse
Retrouver quelque espoir quelque envie d’entreprendre
Ou bien en terminer sans même quelques traces
Tirer un trait ! Adieu ! Quand il faudra se rendre.

« Coucou papa c’est moi »
C’est le message que j’ai reçu hier au soir de ma fille adoptive, la  petite Nini que j’ai laissée là bas à l’Ile aux Nattes.
Allons, il faut sortir de ce brouillard….écrire peut être d’autres choses, plus apaisées


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Le défi du samedi
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