Ouba ouba ! Qu’est ce qu’il a vu le chat ? Un éléphant qui fait des entrechats ? Un marsupial qui marche à petits pas ? C’est pas ça, c’est pas ça.
Alors c’est quoi ? Qu’est ce qu’il a vu le chat ? Un gros cochon verrat avec une queue de rat ? Un ver de terre qui grimpe à l’échalas ? Un caribou qui chante comme un castrat ? C’est pas ça, c’est pas ça.
Alors c’est quoi qu’il aurait vu et entendu le petit chat ?
C’est un garde champêtre qui l’annonce à grand fracas Il y aura sous peu un nouveau tour de cadenas Avec objurgation obligatoire de bien rester chez soi Coincés masqués en comptant ses abats.
Zut ! Qu’il s’est dit le petit chat J’aurais dû faire comme les singes chinois Ou japonais, vous savez bien, les trois Qui font les sages en tapinois…. Je n’ai fermé qu’un œil, voilà le résultat C’est de nouveau le branle bas !
C’est bon ! On ne va pas en faire un plat On va rester à la maison, tranquilles, encore un mois En écrivant des bouts de phrases qui finissent par A Ploum et tralala Mangez du chocolat.
Up and down and up and down, and up and down again…
Je suis le roi de Cyclorythmie, le grand champion de la dégringolade et du repli sur soi roulé en boule en attendant des jours meilleurs…
Up and down…Vous en avez aussi connu de ces descentes vertigineuses où vous ne saviez pas si vous remonteriez à la surface… ne pas s’attarder trop longtemps en bas, un petit coup de poignet pour retendre le fil, sinon tout est foutu. Vous connaissez le geste du yoyo, la ficelle attachée à l’un des doigts de votre main et la bobine en bois qu’on lance d’un coup sec, vers le bas, ni trop fort ni trop loin, à la bonne distance pour qu’elle remonte en s’enroulant... Et lancer à nouveau sans jamais s’arrêter, up and down and up and down, à la fin c’est lassant…
Filant la métaphore, on pourrait dire aussi que dans la vie c’est du tout comme, qu’il ya des hauts et puis des bas, et qu’on en voit de toutes les couleurs, des vertes et des pas mûres… des fois on dégringole, on ne sait pas jusqu’où, on sonde les abymes et un jour on remonte.
Qui c’est qui tire la ficelle et qui vous aide à remonter ? le Vieux barbu là haut ou seulement la volonté, l’Impératif kategorique ? Plutôt Eros, l’ami joyeux contre l’infâme Thanatos que ça fait rigoler. Il voudrait bien vous voir ratatiné au bout de la ficelle.
Ya des hauts, ya des bas. La vie est un yoyo pas très marrant. Chaque matin, bon an mal an, il faut se relever, se dégourdir un peu les jambes, rembobiner le fil et hop, c’est reparti pour une autre journée. Ne pas cesser le mouvement. C’est comme la toupie de notre enfance. Elle ne gardait son équilibre que grâce à l’énergie dont vous l’aviez dotée…
Vous auriez pu choisir encore un autre jeu, plus dangereux, et vous laisser couler vers les abymes, en apnée de survie, tout au fond des eaux noires… y barboter un peu…pas trop longtemps quand même, chercher du pied un coin de roche, le fameux noyau dur, et frapper du talon, bien fort ! Vous avez quelque chance de revoir le soleil…
Bon ! Assez barboté dans la mélasse ! On peut aussi le prendre en plus léger. Se dire que dans la vie, ça se passe comme ça, qu’il y a des hauts et puis des bas, qu’il ne faut pas en faire un plat.
Paré pour la java ? Ya des hauts ya des bas C’est comme pour la java Un deux trois un deux trois et puis on remet ça Tu accentues le Un tu fais deux petits pas Tu donnes un coup de rein et ça repart comme ça. C’est pas la mazurka du temps de ces Duchesses Tu t’colles à ta nana Et tu lui prends les fesses Oh là ! Qu’elles me foudroient les dames patronnesses D’où qu’il sort celui l à , faut qu’il aille à confesse Pardonnez-moi mes belles dames ces é lucubrations cacochymesques J’essaie de remonter, que Dieu me damne, de ces marais cauchemardesques Un deux trois un deux trois En cet hiver morose Et qui n’en finit pas Chantons la vie en rose Sur un air de java
O brave new world that has such people in it O monde merveilleux qui compte d’aussi belles créatures O wonder o beauty o promises En ce début d’année si sombre Quelles promesses quelle félicité
Ah méfiez vous mes frères Et vous aussi mes sœurs De ces appâts trompeurs N’ouvrez la boîte de Pandore qu’avec circonspection Un sein peut en cacher un autre.
Vade Retro Satanibus écarte toi Démon C’est Walrus en personne qui vient vous appâter Sous ses faux airs bonhommes.
Hop ! Il lance sa ligne Il dissimule son appât sous un bonnet de marque poushoupé Et vous mordez à l’hameçon O splendeur o délice o rêves insensés Vous frétillez comme un gardon
Et hop ! Pan sur le bec Il vous prend en photo dans les bras de la belle C’en est fini Il la répand sur les roseaux sociaux Mitoo s’en mêle Vous êtes pris dans le filet de la luxure et de l’opprobre.
Allons restez chez vous et bien au chaud N’ouvrez jamais ni mail ni pièce jointe Qu’on vous présenterait comme un Défi Surtout le Samedi !
On chôme sur le chaume Fauchés comme les blés De gros ballots sont restés là en sentinelles Esseulés sur l’éteule plombés par le soleil.
Rien à glaner ! Peau d’balle et balai d’crin A peine quelques grains Pour les corbeaux des jours mauvais
Et pour la poésie champêtre d’autrefois Les accortes glaneuses penchées sur leurs javelles Vous pouvez repasser L’Angélus apaisant ne résonnera plus
Nostalgie nostalgie… Chromos d’un autre temps Elle dormait à moitié nue dans la lumière de l’été Au beau milieu d’un champ de blé Comme un p’tit coquelicot mesdames Meules de paille meules de foin La sieste du faucheur casquette rabattue La faux posée à ses côtés avec sa pierre à aiguiser Meules de paille meules de foin Roulades et fou rires Et peut être un baiser arraché à la belle Meules de paille meules de foin Et Fanfan la Tulipe narguant Tranche Montagne qui éructe Adieu également les grands repas du dépiquage dans la cour de la ferme Les tables installées sur des tréteaux, bruyantes et joyeuses Plus rien de tout cela John Deere et compagnie ont déjà tout raflé Le bon grain et l’ivresse
Adieu veaux vaches cochons couvées Glaneuses et va nu pieds, l’été fut chaud et sec L’hiver sera morose
Vidéos, vidéos ! Qu’est ce que j’vais bien pouvoir vous dire moi, à propos d’vidéos ? C’est bien, c’est chouette, c’est rigolo. Y en a plein qui circulent en ce moment, sur les roseaux sociaux. Et même à la Thélé, en ces temps confinés…
Moi, je ne sais pas faire… J’ai même pas de smartfun ! J’ai loupé le moment où il fallait s’y mettre.
Et puis, faut bien le dire, j’suis un peu réfractaire.
Tiens, voilà une idée qu’elle est bonne ! réfractaire ! j’vais m’essayer à chanter ça… sur l’air du « Pornographe » de Brassens. Pas fastoche. Vous aurez pas les rimes, mais au moins la métrique, à condition de respecter les œufs muets, comme ce moustachu génial. Essayez donc…
Avant y avait une fracture
Entre les pauvres et les riches
Les oubliés et les nantis
La Béance social eu
Mais aujourd’hui elle se creuse
Entre ceux qui possèdent ou pas
Le savoir faire et les outils
Deux points zéro
J’suis l’réfractair eu
Du numériqu eu
Un vieux ringard
Analogique
Lorsque j’habitais sur mon Ile
A quelques mille lieues d’ici
Y avait quand même le télefon
Pour donner des nouvelles
Mais aujourd’hui faut du wifi
Des mégabites et un gris-gris
Pour échanger sur les roseaux
Des vidéos Refrain : J’suis l’réfractaire etc.
Lorsque le Wouaib est arrivé
Jusqu’à mon ile sous le vent
Je me suis dit faut que j’m’y mette
Et garder la métriqu eu
J’étais déjà septentenaire
Et pas doué pour ces trucs là
Je m’y suis mis clopin clopan
En me disant Refrain : j’suis l’réfractaire etc.
Avant je regardais mes photos
Bien collées sur un gros album
En effeuillant la marguerite
De ces belles images
Mais aujourd’hui c’est le progrès
T’as tout’une vie en condensé
Dans la Gal’rie de ton écrin
Numérisé Refrain : j’suis l’réfractaire etc.
Avant j’écoutais la radio
Sur mon vieux poste nasillard
Et je regardais la Télé
Comme un vieux père peinard
Mais aujourd’hui y a le strimming
500 programmes et le replay
Pour t’amuser Refrain : j’suis l’réfractaire etc.
Si vous saviez comme je m’en tape
De tous ces programmes à la noix
Qu’on vous propose à satiété
Pour vous laver la tête
J’ai pas envie d’en avoir tant
Mais tout au moins de faire mon choix
Sans me planter au moindre clic
Comme un ballot Refrain : j’suis l’réfractaire etc.
Il était une fois un empereur romain Qui, découvrant que nos mictions pouvaient rapporter gros Fit installer devant chaque demeure De belles amphores en terre cuite Pour les y recueillir
Son fils lui reprochant De faire ainsi son beurre Avec ces émissions Vespasien lui tendit un bel écu en or En proférant cette maxime à jamais éternelle : « L’argent n’a pas d’odeur »
Plus tard, au Moyen Age Et jusqu’aux temps du Roi Soleil Si l’on n’oublia pas cette maxime On fit sa p’tite affaire dans le jardin Ou bien au coin de sa maison
Et il fallut attendre le Comte Rambuteau Le Préfet de la Seine Pour que des édicules harmonieux Destinés aux mictions à l’abri des regards Ornassent les trottoirs Du Paris Haussmannien
Hélas, ces édicules devinrent aux temps modernes Des lieux de rendez vous de la gent androgyne Et d’amours clandestines prohibées Si bien qu’on résolut de fermer à jamais Ces derniers lieux de liberté.
Vinrent les « sanisettes » d’aujourd’hui Faites au goût du siècle Plus hygiénistes, individualistes, impersonnelles… Il en faudra payer le prix ! Pecunia non olet
Allez ! On s’y remet Le Marseillais a dit que le printemps arrive Et le dégel Alors allons y voir… Troëne ! Troëne : dicotylédone à fleurs blanches etc. Un p’tit truc volontaire ??? Qu’est ce qu’il nous cache à ce propos le pinnipède ? Ce mec est too much Ce mec est too much Mais parfois trop c’est trop ! Qu’est ce qu’il nous cache en vrai derrière sa haie fleurie ? un Trop plein d’anémie ? un Trop perçu de réclusion ? Restons sur le Robert Mais il n’est pas si riche en la matière une Trotte-menu souris ? un Troll ? un vieux Trognon de pomme ? ou un Tropinambour ? une Trottinette rouillée ? Peut être une Troïka Trotskiste qui se révèlera la cause de ce Tropisme ravageur…
Alors je vais vous dire… Sur le chemin des Pannetiers Ce matin. Je me suis attardé à regarder la haie de mon voisin A en scruter les fleurs, en humer le parfum (pas terrible !) Cherchant à déceler quelque mystère Quelque révélation…
Quand mon voisin est arrivé pour tondre le gazon, derrière sa haie A la première pétarade Après un grand bonjour J’ai poursuivi mon p’tit chemin dérogatoire un peu plus loin En bénissant le ciel de ce joli matin.
Et hop, on va sauter la barrière Et hop, on va enfin monter là haut Finies les pleurs et la misère On va enfin se mettre au chaud
Chanté : Bateau ciseaux on va sauter la barrière Bateau ciseaux pour s’retrouver tout là haut
Scandé : Fi-nies-les ga-lères Les- grosses- ornières La la la la lère Les chemins –tordus Qui vous laissent-sur- le –cul
Finies la souille et la gadoue Et ces atermoiements de vieux grigou Qui compte encore ses jours comme des sous Sur un boulier usé rafistolé tout mou Finis ces airs patibulaires A égrener le chapelet Des ses bobosses et de ses plaies Il fut un temps dans le passé Où il avait vécu sans regards en arrière Un temps où il rêvait de vivre sans frontières Et sans respect des règles édictées Bateau ciseaux, la rivière la rivière…. Puis vint le temps tout gris où son temps fut compté Qui remplaçait ses rêves par des regrets Bateau sur l’eau tous mes vieux rêves envolés… Alors il s’était dit : Holà ! Je ne vais pas finir comme ça Dans cette pétaudière A compter mes abats Faut trouver la manière Et faire un vrai grand pas Bateau ciseaux la rivière la rivière……
Et hop, on va sauter la dernière barrière S’extirper de ce marigot A nous les belles bayadères Qui nous attendent tout là haut Pas besoin de visa, deux p’tits sachets dans l’eau Bien l’bonjour à Saint Pierre et tous ses angelots
Mais comme il s’apprêtait à faire le grand saut Une petite voix ensommeillée lui demanda Hé vieux papa grognon tu m’emmènes avec toi Faire un tour en bateau ? Et j’ai repris les rames Comme un ballot
Bateau sur l’eau la rivière la rivière Bateau ciseaux la rivière au bord de l’eau
Pour sûr que je m’en souviens, du jour où les gabelous de Carry sont venus arrêter mon père. Quelle soirée terrible ! Papa revenait juste de la pêche et ils sont arrivés comme ça, avec leur uniforme, leur tricorne et le grand sabre qui leur battaient les bottes. Ma mère était terrorisée, moi je pleurais bien sûr, mais qu’est ce qu’on pouvait faire ? Mon père avait beau leur expliquer qu’il n’était pas contrebandier, qu’il avait juste acheté ces deux livres de sel pour saler ses poissons, qu’il n’avait pas assez d’argent pour l’acheter à Martigues, ils n’ont rien voulu savoir et ils l’ont jeté en prison. Pour deux livres de sel ! Maman m’a expliqué plus tard. Le sel, on était obligé de l’acheter au Grenier du Roi, à un prix impossible. C’était une sorte de taxe, un impôt du Roi. Mais les Seigneurs et les gens d’Eglise n’avaient pas à le payer. Alors il y avait des gens, des contrebandiers, qui avaient réussi à s’en procurer à la Saline, pour le revendre à des prix raisonnables, à ceux qui en avaient besoin. C’est un camarade de mon père, M Georges, qui avait aussi une barque de pêcheur, qui lui avait vendu ces deux misérables sachets. Les tortionnaires de la Gabelle ont dû lui faire subir des supplices pour qu’il avoue qui étaient ses complices …. Après, ils l’ont envoyé aux galères et mon père s’est retrouvé en prison. Qu’est ce que je pouvais faire moi, quand ils sont venus, petit comme j’étais. Maintenant, j’ai douze ans, j’ai bien compris qui ils étaient, ces gabelous, et avec mon camarade André, on leur a préparé un tour, pour leur faire passer le goût du sel. Nous n’étions pas assez grands ni assez nombreux pour nous révolter, comme on m’a dit qu’ils l’avaient fait du côté d’Arles, mais on pouvait quand même essayer quelque chose… Alors, nous sommes allés trouver M Bourjut, qui savait lire et écrire et qui n’aimait pas beaucoup les gens du Roi. On l’avait embêté parce qu’il était de la religion réformée… Il nous a fait une petite lettre, à peine quelques mots, que nous avons déposée pendant la nuit devant la porte du Commis. Il nous l’a lue, c’était écrit : « Monsieur le Commis du Roy ; je tiens à vous signaler que j’ai aperçu des individus qui ont débarqué Dimanche soir sur la plage de Saussey. Ils ont transporté de grands sacs qu’ils ont ensuite entreposés derrière la grange du Mas des Garrigues (façade Nord). Nous vous signalons respectueusement ces faits, pour que la Loi soit respectée, comme de bons et fidèles serviteurs du Roy » Bien sûr, ce n’était pas signé, et nous avons soigneusement préparé notre coup. Le mas des Garrigues, c’était la maison de M Georges, l’ami de mon père, mais personne n’y habitait plus. Depuis qu’on l’avait envoyé aux galères, toute sa famille était partie à Marseille où sa femme avait réussi à trouver du travail, comme blanchisseuse. Avec mon copain André, nous connaissions bien les lieux car nous y allions souvent chasser des merles avec un lance pierres. Derrière mur de la grange, du côté Nord, il y avait une grande fosse à purin, profonde, et qui s’était remplie à ras bord depuis les dernières pluies d’Octobre. Nous avions bien failli y tomber un jour, parce que ses bords étaient cachés par un épais fouillis de ronces. C’est la qu’on a trouvé l’idée. On est allé chercher quelques branches dans la garrigue, qu’on a recouvertes de branches plus fines, de ronces, de genets, avec une dernière couche d’herbes, d’un peu de terre et de feuilles séchées. Et le Mardi suivant, après qu’on ait déposé la lettre, ça n’a pas manqué ! Un autre camarade de Carry nous avait avertis. On s’est postés en haut du petit tertre, en face du Mas, sous un chêne vert, et on les a vus arriver. C’étaient les mêmes qui avaient arrêté mon père, sept ans plus tôt. Ils s’étaient installés à Carry parce qu’on leur avait confié la charge officielle de Commis. Ils s’avancent vers le Mas, avec leur mousqueton tout prêt, pointé sur la maison, ils appellent deux ou trois fois : Holà ! Holà ! Holà ! Personne ne répond, bien sûr. Ils font un petit tour des bâtiments, et se dirigent vers la vieille grange. Ils savent que c’est là, dans cette encoignure du mur exposé au Mistral qu’ils vont découvrir l’objet du délit... Ils s’avancent encore, l’un d’eux désigne les grosses pierres que nous avons empilées devant l’anfractuosité. Ils s’avancent précautionneusement, car il leur semble que le sol est un peu meuble sous leurs pas, mais ils ne vont pas abandonner aussi près du but. Et patatras, les voilà qui basculent, agitent les bras et disparaissent dans la fosse! De notre observatoire, avec André, nous éclatons de rire en nous tapant sur l’épaule. Nous avons gagné ! Ils ont quand même réussi à s’en sortir… Mais quand ils ont été obligés de traverser notre village, couverts de boue et de purin et tout le monde riait sous cape en faisant mine de s’apitoyer : « Hé bien, messieurs les Commis, qu’est ce qu’il vous est arrivé ? Ce sont des contrebandiers qui vous ont arrosés ? » Avec André nous n’étions pas peu fiers, et je raconterai tout cela à mon père lorsqu’il reviendra. On nous a dit que ce sera pour bientôt, avant Noël. Quand aux deux gabelous, ce n’est pas de sitôt qu’ils reviendront sévir près de chez nous….
Ploum ploum tralala Avec son tralala Elle faisait tourner toutes les têtes Ploum ploum tralala Avec ce machin là On était paré pour les Fêtes.
Ça c’était pour Suzy De l’air ! Mais alors pour Zizi Avec son truc à plumes Ses entrechats Ses jambes en l’air Ça j’aurais bien voulu les voir Un peu en vrai Au Cabaret !
Mais comme la veille au soir Je m’étais fait plumer En jouant au poker J’l’ai regardée À la Télé… « Ah ! Tu veux des paillettes Des plumes et des gambettes M’a dit ma femme un peu trop haut Pauvre paumé pauvre mauviette Pendant que moi je rame à passer le plumeau Toi tu flambes au bistrot ! »
Moi j’avais bien envie De lui coller une plumée Et tout le tralala Mais comme je suis gaulé Comme un coq déplumé En manque d’énergie Je m’en suis tenu là
Comme il m’arrive quelquefois D’écrire mes déboires Sans rimes ni raisins En des vers incertains J’ai pris ma belle plume Pour un Défi du Samedi Quelque peu dérisoire Et quand ce fut fini Je m’suis mis au plumard
Anamnèse ? Il aimait bien ce mot ce mot mystérieux Cet effort de mémoire pour essayer de concevoir Comment il en était arrivé là dans ce trou noir Sans espoir d’en sortir puisqu’il était devenu vieux
« C’est bien la pire peine de ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine mon cœur a tant de peine » Une autre résonance qui l’habitait parfois Sans qu’il en partageât la juvénile antienne
« Mon mal vient de plus loin » se disait il aussi Bien sûr, l’âge venant l’on n’a plus d’énergie Tout devient difficile et tout devient plus gris On voudrait bien savoir pourquoi l’on reste en vie
Et ce matin encore se regardant dans le miroir Il a pris vraiment peur de ce triste regard Où se lisait sa honte d’en être arrivé là A vouloir en finir, ne plus aller plus bas
« Finir ce peu de soupe » disait souvent son père Lorsqu’il n’en pouvait plus avec tous ces tracas Nourrir cette famille affronter la misère Ces jours sans horizon qui n’en finissent pas
« Mon mal vient de plus loin » se disait-il encore En pensant à sa mère à son regard chagrin Après qu’elle ait vécu ces tragédies sans fin Ces drames quotidiens malgré tous ses efforts
Il aurait pu parler aussi de ce frère jumeau Parti sans qu’il lui dise à quel point il l’aimait Lui demander pardon de l’avoir humilié Quand ce souvenir là pèse comme un fardeau
Il lui aurait encore fallu chercher plus loin Dans le fouillis obscur de sa mémoire D’autres défaites et d’autres ombres qu’il ne voulait pas voir Mais dont il ressentait le poids chaque matin
Il en venait à se haïr de sa désespérance Lui qui avait vécu tant de vies insouciantes Connu quelques instants de grâce souriante Pour se retrouver seul devant cette béance
Tout cela lui pesait cette réminiscence De ceux qui n’étaient plus mais qui vivaient en lui Qui lui parlaient encore dans ce profond silence Cette présence absence d’hier et d’aujourd’hui
Il lui faudra pourtant sortir de cette impasse Retrouver quelque espoir quelque envie d’entreprendre Ou bien en terminer sans même quelques traces Tirer un trait ! Adieu ! Quand il faudra se rendre.
« Coucou papa c’est moi » C’est le message que j’ai reçu hier au soir de ma fille adoptive, la petite Nini que j’ai laissée là bas à l’Ile aux Nattes. Allons, il faut sortir de ce brouillard….écrire peut être d’autres choses, plus apaisées