Défi d'Adi
La salle était pleine. Toute la région était venue, c’était le procès du siècle !
Moi, coincé dans le fond de la salle j’attendais le verdict. Patiemment.
Je n’étais là que pour ça. Savoir si elle serait reconnue coupable. Cette vieille mégère abominable.
Le procureur général venait de faire son réquisitoire, c’était au tour de l’avocat de la défense de faire sa plaidoirie.
« Oui, effectivement, ma cliente a commis une chose horrible.
Personne ne peut contester cela.
Cependant, vous devez l’acquitter pour des raisons qui me semblent évidentes !
Oui, la vieille dame que vous voyez là a commis ce qui parait être l’irréparable, emportée par la tristesse, la colère, elle l’a fait.
Oui, mesdames et messieurs les jurés, elle a assassiné sa belle fille.
Tous les témoins qui se sont présentés nous ont confirmé le mobile de ma cliente. Il y a même eu des témoins de l’acte.
Mais expliquez moi, comment vous pourriez condamner cette pauvre vielle à la réclusion pour ce crime, alors que l’assassinée est vivante ! »
La salle tremblait, suspendue aux lèvres de l’avocat de la défense. Moi-même, je savais ce qu’il allait dire, mais le choc des mots fut terrible !
« Vous le savez tous, vous étiez là, vous l’avez vue.
Si belle et si gracieuse, mais surtout vivante, elle était là. Elle est venue déposer en tant que témoin de son propre meurtre.
Si besoin est, mesdames, messieurs, je vous rappelle que la définition de l’homicide induit la mort d’un être. Or il n’en est rien ici.
Certes la vieille est coupable d’avoir voulu intenter à la vie de sa belle fille. Vous devez seulement la punir pour cela. D’ailleurs à ce sujet, je pense que quelques travaux d’intérêts généraux seront suffisants. »
Quel toupet ! Tout ceux présent dans la salle d’audience savait que la sorcière devait être punie à bien plus que de simples TIG.
« En conclusion, je vous demande de ne pas reconnaître ma cliente coupable du meurtre de Blanche Neige ».
Les sept nains, Cendrillon, les différents princes charmants, la petite sirène, la Belle au bois dormant ne pouvaient en croire leurs oreilles. Moi, le vilain petit canard, je ne doutai pas que les jurés prennent la bonne décision. C’était impossible qu’ils décident d’acquitter la belle mère de Blanche Neige.