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Le défi du samedi
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6 septembre 2014

Le grand vide (Minuitdixhuit)

Ma valise me paraissait un peu plus lourde qu’à l’aller mais je me disais que c’était dû aux babioles que j’avais rapportées en souvenir.

Ma femme me paraissait un peu plus grasse qu’à l’aller, mais je me disais que c’était peut-être dû à la succulente nourriture du Club où nous avions séjourné.

Mes enfants me paraissaient un peu plus nombreux qu’à l’aller, mais je me disais que c’était sûrement dû au grand vide que j’avais réussi à faire dans ma tête pendant ces vacances.

J’en avais tellement eu besoin, et je n’étais pas pressé de me remplir tout de suite le crâne des petits tracas de la vie quotidienne. Pour bien marquer le coup, arrivé à la maison, je n’avais pas défait ma valise. Cela me donnait l’impression d’être encore au bord de mes rêves, quelques jours de plus…

J’ai eu une agréable surprise quand, au bout d’une semaine de classe, mon aîné était revenu avec sa première note en math : Excellente ! Inhabituelle, après tous les zéros pointés de l’année précédente ! Cette bonne nouvelle m’a donné la force d’essayer de sortir un peu de ma léthargie. Pour l’encourager, j’ai proposé à Charly une entrée pour une journée au parc d’attractions :

— Non, moi, c’est Johan.

Par la même occasion, j’ai également offert un billet à chacun de mes autres enfants. Comme j’en avais oublié un, j’ai fait tout de suite une commande sur internet. Leur joie bruyante était délicieuse à déguster.

Ma femme, qui détestait habituellement faire la cuisine, s’est mise à nous préparer de bons petits plats à chaque repas et cela m’a fait récupérer progressivement de ma vacuité. Au lit aussi, quelque chose avait changé, elle était plus entreprenante, plus fougueuse et, à présent, elle ne rechignait pas le moins du monde à la besogne. Ma foi, tout ceci était bien savoureux. Vive les vacances !  

Je lui ai fait cadeau d’un énorme bouquet de roses et d’une jolie chaînette en or, gravée à son prénom. Elle m’a demandé :

— Pourquoi Mathilde ?

J’ai répondu :

— Eh bien ! Pour ton anniversaire ! Et j’ai ouvert une bouteille de champagne.

Elle m’a regardé, embarrassée, avec les yeux mouillés, certainement l’émotion, le bonheur, et elle est allée chercher un vase.

Ce dimanche, après une grasse matinée torride avec mon épouse, en pleine forme, je me suis enfin décidé à ouvrir ma valise.

Et, tout de suite, quelque chose a cloché : à l’intérieur, il y avait un petit cadre avec une photo de Mathilde et des gamins mais le bermuda à fleurs jaunes que j’ai extirpé du dessous était deux fois trop grand pour moi. J’ai vérifié le nom sur l’étiquette du bagage et souri en disant à ma femme et aux enfants qui prenaient leur petit-déjeuner :

— Vous allez rire, je me suis trompé de valise à l’aéroport !

Et je me suis retourné pour leur exhiber le gigantesque et ridicule caleçon. Ils étaient là, tous suspendus à leur tartine, la tête baissée, les yeux rivés à leurs doigts de pieds.

Et c’est alors que j’ai réalisé que je m’étais également trompé de famille.

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6 septembre 2014

Mektoub (EnlumériA)

Je connaissais Lord depuis la fin des années 70 et jamais je ne l’avais vu dans un tel état d’hilarité. Lord était de ces hommes réputés pour leur flegme. À peine hasardait-il un sourire discret, quoique dévastateur, lorsqu’une bonne plaisanterie avait l’heur de lui plaire. Et là, il se tordait de rire avec son bibelot à la main. Il put néanmoins reprendre son souffle pour me demander :

— A-t-on jamais vu un souvenir de vacances changer la vie d’un homme ? Non, mais je te le demande.

— Oui, justement, répondis-je, agacé par ce comportement inhabituel. Qu’est-ce que tu me demandes ? Et d’abord, quel est cet objet que tu manipules comme une poule qui aurait trouvé un couteau ?

Lord semblait se calmer un peu. Il prit place dans son fauteuil attitré et me montra l’objet en question. Une figurine en terre cuite représentant un dieu approximatif.

— Doria m’a rapporté ça de Crête. Il parait que cette… divinité – il prononça ce mot avec une moue blasée – changera ma vie si je le veux très fort. Non mais quelle blague.

Alors là, Lord venait de proférer la phrase qu’il ne fallait pas. Je pris place à mon tour, me servit un fond de porto et portai l’estocade.

— Elle a raison. J’ai la preuve irréfutable qu’un souvenir de vacances peut changer la vie d’un homme.

Lord posa la statuette sur le guéridon et m’observa avec circonspection. Son regard en disait long sur son questionnement. Depuis le temps que nous nous fréquentions, mon ami savait que je n’affirmais jamais quelque chose à la légère.

— Bon allez, quoi. Raconte.

— Tu connais Sébastien Lornac.

— Qui ne le connais pas.

— Tous les mélomanes connaissent son histoire, mais qui sait comment elle a commencé ?

Lord haussa les épaules. J’en profitai pour me mettre à l’aise et commençai mon récit.

 

« Sébastien était un garçon discret, trop discret. Il s’habillait comme un jeune homme de bonne famille, se comportait comme le gendre idéal mais on ne lui connaissait aucune liaison et n’affichait aucune passion particulière, à part peut-être une vague collection de timbres.

« Il menait une carrière sans histoire dans la fonction publique, vivait dans un deux-pièces sobrement meublé et gardait de temps à autre le chat de sa sœur lorsque celle-ci s’absentait plus de deux jours. Bref ! Rien de bien folichon. Jusqu’au jour où Sébastien eu l’occasion d’aller passer une semaine à Marrakech par le vecteur de ce qui équivalait à un comité d’entreprise dans le ministère où il travaillait.

« C’est là que son extraordinaire aventure commença. Je tiens cette histoire de ses lèvres mêmes. C’était la veille du retour. Il déambulait une dernière fois dans le souk lorsqu’au fond d’une boutique obscure, il découvrit le luth. Il n’avait jamais vu ce genre d’instrument ailleurs que dans des bouquins ou dans des reportages à la télé. Il le prit, le retourna en tous sens, comme fasciné par sa découverte. Il pinça une corde qui résonna d’une voix grave. D’une voix plus haute en couleur, le commerçant le lui proposa à 50 dirhams. Sébastien protesta qu’il ne voyait pas ce qu’il pourrait bien faire d’un tel machin, qu’il ne savait même pas gratter un accord sur une guitare et je ne sais quelle autre excuse. L’Arabe, fin commerçant, ne se démonta pas, trouva les arguments, souvenir de vacances qui décore un salon et voilà notre Sébastien de retour en France avec l’engin sous le bras. » 

 

— Et il l’a posé dans un coin sans plus s’en occuper aurait pu être la fin de l’histoire, observa Lord. Mais nous savons tous que cela ne se passa pas exactement ainsi.

— Non.

 

« Quelques jours après son retour, il se rendit à l’épicerie du coin, tenue par un vieux maghrébin matois et subtil. Il décrivit son acquisition à l’épicier qu’il connaissait depuis plusieurs années. Ce dernier demanda à voir l’instrument. Aussitôt dit, aussitôt fait. »

 

J’écartai les mains, sourire narquois aux lèvres, afin de ménager mon petit effet.

 

« Hassan – le vieil homme s’appelait Hassan – poussa une exclamation de surprise lorsqu’il vit le luth. Il le prit dans les mains avec des précautions d’orfèvre. Sais-tu, chuchota-t-il, que ce ‘oud est de la plus belle facture qui soit. Voyant l’air surpris de Sébastien, il expliqua qu’en arabe un luth était un ‘oud. Ah ! répondit celui-ci, je ne savais pas. L’épicier fouilla dans un tiroir, en sortit une carte de visite qu’il tendit à Sébastien. Va voir mon cousin Ali Abou Bakr. Il est professeur de ‘oud, rue Joséphine. Il t’en apprendra de belle sur cet instrument. Combien me dis-tu que tu l’as payé ? Choukrane Allah ! C’est un miracle.

« Ali Abou Bakr réserva le meilleur accueil à notre brave Sébastien qui n’en menait pas large. Il expliqua que son cousin lui avait dépeint l’affaire en deux mots. Ce ‘oud était un authentique Faroud Shehata, célèbre luthier égyptien dont la réputation avait dépassé depuis des années les frontières du Maghreb. Impensable qu’il ait pu se vendre à seulement 50 dirhams dans un sombre bazar du souk de Marrakech. Insensé !

« Sébastien allait prendre congé lorsque le professeur de musique lui dit qu’il reviendrait bientôt. Ce ‘oud t’a choisi. Tu ne peux pas échapper à ton destin. Le jeune fonctionnaire ne crut pas utile de relever la sentence. Il reprit son travail comme si de rien était et puis un soir, mû par un sentiment soudain, il pose le ‘oud sur sa cuisse et commença d’en caresser les cordes. L’instrument, totalement désaccordé, sonnait comme une gamelle et Sébastien en eut le cœur gros. Dès le lendemain, il se rendit rue Joséphine. Ali l’attendait. Il le fit asseoir, lui servit du thé et entreprit d’accorder l’instrument. Puis, sans prévenir, il posa le ‘oud sur les genoux de Sébastien, attrapa un autre luth qui attendait là et dit : je vais te donner ta première leçon. Bismillah ! Pose ce doigt-là sur cette corde ci. N’appuie pas. Voilà. Tiens, prends ça. C’est un plectre, une sorte de médiator qui permet de pincer les cordes. Fais sonner la note.

« Sans trop savoir pourquoi, Sébastien obtempéra et un son mélodieux enchanta la pièce évoquant la voix envoutante d’un violoncelle. Le professeur de musique prononça encore ce mot mystérieux : bismillah et dit : voilà la preuve que ce ‘oud t’as choisi. D’habitude, un débutant met plusieurs jours avant de tirer un son à peu-près propre de cet instrument. Et toi, tu réussis du premier coup. Tu as la baraka. »

 

Lord remuait dans son fauteuil. Il posa la question qui lui brûlait les lèvres.

— Tu veux dire que ce virtuose que tous les mélomanes admirent, ce génie de la musique orientale, a débuté ainsi, un peu comme par mégarde ?

— Exactement. Comme l’as dit Ali Abou Bakr, le ‘oud avait choisi Sébastien Lornac de toute éternité. Sans doute sous l’influence d’une Autorité supérieure, dis-je en levant les yeux au ciel.

Lord se pinça le nez du bout des doigts ; geste qu’il faisait souvent lorsqu’une chose l’intriguait. Il attrapa la statuette.

— Alors, si j’ai bien compris…

— Tu as bien compris ! Certains souvenirs de vacances peuvent changer la vie d’un homme.

 

Évreux, le 4 septembre 2014, 22 heures 27.

6 septembre 2014

Participation de Nhand

DES ROSES BLANCHES POUR MAMAN

 

 

Le soir où je suis revenu de Sicile, maman, toujours aussi impatiente et curieuse, est passée à l'appartement. N'empêche, j'étais bien content qu'elle soit là. Evidemment, content de la revoir, comme à chaque fois, soyons honnêtes. Mais surtout heureux comme un môme prêt à explorer son menu Happy Meal, parce qu'elle avait pensé à m'apporter un Tupperware pour mon dîner. Elle est comme ça, maman, elle veille à tout, peut-être un peu trop, parfois. Quoi qu'il en soit, je n'allais pas faire la fine bouche et retoquer son inénarrable salade de coquillettes aux fruits de mer, que j'ai d'ailleurs engloutie en moins de temps qu'il ne faut pour commander une pizza. C'est que je crevais la dalle ! Je n'avais rien avalé depuis des heures, tout était payant dans mon super Airbus low-cost, et, franchement, lâcher 10€60 pour un pitoyable sandwich au goût de plastique – que même un dogue affamé aurait renié – ainsi qu'une risible cannette d'une contenance de 25cl et un dessert chocolaté bourré de chimie qui n'a de fondant que le nom, merci, très peu pour moi !

Elle jubilait, maman. Elle avait réussi son coup. Et sa bienveillance maternelle ne s'est pas arrêtée là.

« Ouvre-moi ta valise, je prends ton linge sale pour le laver, tu le récupéreras dimanche. Tu n'as pas oublié que ton père fête ses 60 ans, dimanche ! »

Jusque-là, rien de bizarre, ça lui ressemble tellement de vouloir être aux petits soins pour ses enfants, quitte à exagérer, c'est le contraire qui m'aurait paru inquiétant. Mais je ne voulais pas abuser. Je lui ai donc rappelé, calmement, que je suis un grand garçon, que je dispose d'une laverie juste en bas de chez moi, que je m'occuperais de tout ça plus tard... Peine perdue !

« Pourquoi dépenser pour une lessive ? C'est ridicule, je te fais la totale et gratuitement, moi : lavage, repassage, pliage... Allez, cesse de rechigner, où est ta valise ?
- Non, maman, ça va aller, je t'assure.
- Permets-moi d'insister ! »

Passablement épuisé, n'ayant de surcroît ni le courage ni la force de l'écouter fustiger encore et encore la soi-disant efficacité douteuse des machines publiques, j'ai cédé. Du regard, je lui ai désigné le sac posé dans l'entrée.

« Pas seulement ton bagage à main, mon chéri, file-moi tout !
- Tout est là.
- Quoi ? Tu plaisantes !
- Non.
- Tu n'as emporté que ça ?
- C'est largement assez.
- Mais on ne met rien, là-dedans !
- Je ne suis pas parti six mois en Patagonie, maman, juste une semaine à deux heures de vol de Paris ! Quelques shorts, quelques t-shirts, sept caleçons, un maillot de bain, une polaire pour l'Etna, un bob, une serviette, une trousse de toilette, un nécessaire à pharmacie, un tube de crème solaire, une boîte de préservatifs, le dernier Nothomb, ça suffit amplement.
- Et les chaussettes ?
- Pas besoin, j'étais en tongs.
- Tu as fait l'ascension de l'Etna en tongs ?
- On accède en voiture jusqu'à 2800 mètres d'altitude, après quoi on parcourt l'essentiel du trajet restant en téléphérique... Je n'ai pas eu à crapahuter beaucoup, c'était parfait, les tongs. »

J'ai ouvert le sac-à-dos, j'en ai sorti mes vêtements roulés en boule – fleurant tantôt la mer, tantôt la sueur du globe-trotter, tantôt les deux –, les ai fourrés dans un cabas avant de tendre l'ensemble à maman, qui n'en finissait plus d'écarquiller les mirettes d'ahurissement.

« Et... pas de souvenirs, rien ?
- Hein ?
- Quand on voyage, mon chéri, ça se fait, de rentrer avec dans ses bagages des souvenirs du pays que l'on a visité... »

J'ai dû lui expliquer, en long, en large et en travers, qu'il y a belles lurettes que je ne m'encombre plus de babioles attrape-touristes qui ne servent qu'à remplir inutilement les étagères ou les fonds de cartons terminant leur course au milieu de la poussière, de l'humidité et des rats de la cave. Je ne loge pas dans un 120m², l'espace manque – et coûte une fortune à Paris ! –, je voyage souvent à l'étranger, en moyenne trois fois dans l'année, vous vous rendez compte si je devais toujours revenir avec ceci ou cela ? Je ne tiens pas non plus à entretenir une caverne d'Ali Baba de pacotille sous mon lit, pas davantage un musée des horreurs dans mon salon exigu. A part deux malheureux cailloux volcaniques ramassés au sommet de l'Etna – qui tiennent parfaitement dans une poche de pantalon –, les photos prises avec mon smartphone, les adresses mail de quatre ou cinq personnes auxquelles je n'écrirai sans doute jamais, quelques kilos dans les poignées d'amour et un bronzage presque intégral, je n'ai rien rapporté de mes vacances siciliennes. Ni céramique de Caltagirone, ni tapis d'Erice, ni papyrus de Syracuse, ni huile d'olive extra-vierge kore de Serradifalco... Le Marsala ? J'y ai goûté sur place, tout comme à la granita, aux charcuteries, à la figue de barbarie et autres cestino alla mandorla. Sinon, les souvenirs sont là, dans ma tête, un peu dans mon cœur, et ça me convient très bien ainsi.

Pendant que je parlais, je voyais maman dépitée, son visage se refermer sur une moue de désappointement de plus en plus flagrante. Mais qu'est-ce qui la chagrinait ? Je n'ai pas tardé à en connaître la réponse.

« Et tu n'as pas pensé à ta vieille mère...
- Bien sûr que si, détrompe-toi, tous les jours !
- Même une broutille, ça m'aurait fait plaisir. Ne serait-ce qu'un foulard, un bibelot quelconque, un bracelet à un euro déniché au marché, une cartouche de cigarettes achetée au duty free shop de l'aéroport...
- Je vous ai envoyé une carte postale, à papa et toi. Vous la recevrez bientôt. Tu le sais, ça met toujours des plombes à arriver, les cartes postales... »

Soudain, j'étais confus. Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'elle me balance un tel reproche en pleine figure, d'autant que précédemment, j'étais déjà rentré d'Islande et du Portugal, les mains vides. Quelle mouche l'avait donc piquée ? Du coup, je me suis promis de me rattraper en me pointant dimanche avec ses fleurs préférées : des roses blanches.

 

 

LOGO NH-PF

6 septembre 2014

maladie d’amour (Fairywen)

 

 

Maladie d’été.

 

On ramène toujours un tas de choses, des vacances… Des babioles achetées dans des boutiques de souvenirs, sur des coups de cœur qu’on a parfois du mal à comprendre quelques mois plus tard. Des coquillages, des tonnes et des tonnes de coquillages –bon, ça, c’est ma grande marotte, j’avoue…- du bord de mer. Des maladies, aussi parfois.

Moi, un jour, il y a longtemps, j’ai ramené un drôle de souvenir… Une maladie dont je n’ai jamais guéri, et dont je n’ai aucune envie de guérir.

 

Ça s’appelle la maladie d’amour. Je l’ai attrapée sur une plage, un soir d’été torride en Espagne. Elle ne m’a jamais quittée depuis, et je n’ai aucune envie qu’elle le fasse.

 

Cet été-là, dans mes bagages, j’ai ramené l’homme de ma vie, et depuis, on ne s’est plus jamais quitté.

 

Défi 314 du samedi 30 août 2014

 

6 septembre 2014

Bis repetita (Walrus)

Ah non ! Le contenu des valoches, j'ai déjà donné...

Et je ne dis pas la messe deux fois pour le même prix.

Alors, je prends des vacances, je vous dirai quoi à mon retour.

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6 septembre 2014

Voyager...(par joye)

6 septembre 2014

La douane des souvenirs du bassin d'Arcachon (Joe Krapov)

 

J'ai rapporté dans ma valise
Un peu de la lumière grise
Qui baignait le port de Parros
Où l'on ne roule pas carrosse
Mais où, bien à l'abri des tuiles
On dit que tout baigne dans l'huile

Je vous offre quelques bricoles
Venues des ports ostréicoles :
Des hippocampes, des pinasses.
Près de Notre-Dame des passes
Des prix qui sont loin d'être en baisse
M'ont laissé tout nu à la caisse.

Dans le fond de ma Samsonite
J'ai déposé pour ma pituite
L'étiquette et quelques bouchons
De vins du bassin d'Arcachon
Et d'une ou deux autres potions
Auxquelles je fis dévotion

Dans un' poch' de mon sac à dos
J'ai mis la ville de Bordeaux,
Les grands chevaux de sa fontaine,
Montaigne le croquemitaine,
Deux têtes coupées, médusées
Et le Picasso du musée.

J'n'ai pas déclaré à la douane,
De peur qu'on me mette en cabane,
Le grand pyjama à rayures
Qu'à Biganos, port d'envergure,
j'ai volé avec la manière
Et planqué dans l'fond d'ma glacière

J'ai glissé dans mon réticule
Le pénis amputé d'Hercule
Qu'un iconoclaste nocturne,
Sorti cagoulé de sa turne,
Fit tomber d'un coup de massue
Au sein de la cité cossue.

J'n'ai rien pris d'autre au Parc mauresque
Bien qu'je sois kleptomane ou presque
Et j'ai même oublié, crétin
De m'acheter un sacristain,
Pâtisserie comblant les creux
De tout voyageur religieux.

On trouvera dans mon baise-en-ville
- Oh Sympathy for the devil ! -
La pierre qui roule sa bosse
Sur la route de Biscarosse
Et la dune qui m'ensabla
Quand j'escaladai le Pilat.

J'ai ramené dans mon bagage
Une impression de fort tangage
(Les bas ? Les hauts du cap-Ferret
Qui ne m'ont pas fait trop marrer ?),
De séjour teinté d'hérésie
Au pays de Grand'bourgeoisie.

J'ai ramené dans ma besace
Une magnifique rosace
Prise au bout de la jetée Thiers
Dans le plancher devant la mer,
Rose des vents de la Gironde
Qui invite à rêver le monde.

Et j'ai mis dans mon havresac
Le clapotis et le ressac
De la mer immortalisée,
De la mariée irisée
Dont le voile volait dans l'air
Un soir sur la plage Pereire.

Dans la grande malle d'osier
J'ai mis le soleil, ce brasier
Qui incendia nos soirs d'été
Et dispensa sérénité
Aux marcheurs rêvant d'aventure
En pays de villégiature

Mais je mens comme je respire :
Dans ma besace du bas-Empire
N'étaient que batteries vidées,
Saturations de cartes SD,
Livres lus, chaussettes salies,
(Et billets de mono poli ?)

Car dans mon vieux sac à malices
Chacun sait quels sont les délices
Que je rapporte des voyages :
Des palanquées "tchanquées" d'images !
Faites en votre miel ou pas :
Je butinerai jusqu'au trépas !

6 septembre 2014

Retour de voyage par bongopinot

Retour de voyage !

 

 

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Une belle carte routière

Pour faire le chemin à l'envers

En cette  fin de vacances

Les feuillages chantent et dansent

 Une valise que j'ai bouclée

Et gentiment  j' y ai enfermé

Toutes mes belles cartes postales

De toutes mes magnifiques escales

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 De  tous ces lieux pittoresques,

De  ces fêtes gigantesques

De mon passage chez JO-Jo

Et tous ces drôles de  vélos

De ma première à l'opéra

Un spectacle tout en éclat

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 De ma promenade dans les rue de Metz

Une ville pleines de promesses

Et une carte envoyée pour mon père

Que j'ai glissée dans cette boite aux lettres

Et j'ai suivi pas à pas une silhouette blanche sur le sol

Me conduisant à un château ou des oiseaux s'envolent

Et s'est sur ce petit pont de bois

Que s'achève mes vacances de joies

 

 Et une valise que j'ai bouclée

Et gentiment  j' y ai enfermé

Toutes mes belles cartes postales

De toutes ces magnifiques escales

Merci à vous tous, chers défiants

Pour tous ces moments si vivifiant

De partages, de poèmes, de cartes, de textes et feuilletons

Qui ont rythmé et fait vivre pendant huit semaines toute ma raison.

 

6 septembre 2014

Participation de JAK

Bagages évanescents

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 Epuisée par ces 24 heures de vols Wallis Paris--, avec escales, Marie-Sophie pressée de se détendre, n’avait pas remarqué l’aspirateur qui campait, abandonné dans l’antichambre. Aussi, s’affalât- elle  de tout son long, sur ses valises au beau milieu du hall d’entrée…

- une négligence de la femme de ménage- pensa-telle, elle était de nature,  bienveillante.

N’empêche que cet atterrissage en vol plané forcé lui valut une cheville meurtrie.

Pour redonner du pep à  son moral, elle abandonna là  ses bagages et gagna le salon.  Un peu de glace, sur son  articulation et beaucoup dans son whisky, elle rêvassa  à ces merveilleuses vacances envolées à tire d’ailes.

L’acerbe sonnerie,  du téléphone, la tira  sans ménagement de ses songeries.

 La vie reprenait son cours…les affaires aussi….

Fini le surfing sur la houle, elle allait dès demain replonger dans celui de  l’internet, sur un portail très connu. C’était là  son gagne pain ;  elle coordonnait en effet des recherches en tout genre ;  sa ritournelle habituelle, qui d’ailleurs,  lui remplissait  bien l’escarcelle,

 Cependant,  quelques heures restaient encore devant elle, et ce coup de  téléphone la dérageait.

 Elle faillit ne pas répondre.

Bien lui en pris d’obtempérer à l’appel ; l’agence de voyage, au bout du fil, lui annonçait qu’il y avait erreur dans la restitution des bagages : Une des valises, noire, modèle commun et répandu ne devait pas lui appartenir. Pouvait-elle-vérifier ?

Tout en gardant le téléphone coincé au creux de l’épaule, ce qui eu pour effet d’accentuer ses rides,  elle alla jeter un regard sur les valises encore étalées dans le hall.

Elle constata effectivement que l’une d’entres elles,  ne portait pas  son nom.

Elle, reprit le dialogue en cours  et  confirma le bien fondé du ‘scoop’ à la standardiste, en  précisant qu’elle ferait le nécessaire pour la restitution, puisque l’adresse indiquée n’était pas loin de chez elle.

  Oubliant sa cheville, un nom, sans prénom, une adresse, lui suffirent  alors pour repartir vers un semblant de prolongation de vacances aventurières …

 Appréciant  les rencontres inopinées, elle se réjouissait  de faire  une nouvelle connaissance

Le taxi la déposa au  x de la rue des Roses.

Elle sonna en vain, la porte resta close.

Agacée elle reprit l’ascenseur, avec la valise qui commençait à lui peser dans tous les sens du terme. D’autant plus que sa cheville la rappelait à l’ordre en la titillant de plus belle.

Elle regrettait sa sollicitude, mais bah !, on ne se refait pas.

Arrivée au rez-de-chaussée, elle fut promptement assaillie  par  un groupe de policiers, armés jusqu’aux dents,  lui intimant l’ordre de lever les mains, illico- presto !

Interloquée, stupéfiée, son sang ne fit qu’un tour, l’adrénaline l’envahit  elle était au bord de l’évanouissement !

Emmenée au poste, dûment menottée, la valise suivit entres les mains d’un policier assermenté.

 La jeune femme  dû donner, jusque tard dans la nuit, des détails, fournir des alibis….ses méninges furent  mises à rude épreuve.

Le commissaire un dénommé   Brad SAGEM *, très compréhensif, intuitif,  après maints raisonnements, que  lui seul pouvait comprendre, la délivra finalement.

La valise avait été « suivie » depuis le départ de Wallis, par un système de reconnaissance à puces. Son propriétaire, soupçonné d’être un trafiquant dangereux  était « surveillé  » par des Services Internationaux.

Cette étourdie de Marie-Sophie, n’y avait vu que du feu lors de la récupération de son bien.

L’aigrefin  de son coté,  avait entre les mains un bagage rempli de soutiens-gorge, de slips en dentelles,  et autres babioles  féminines. Il fut un temps où cela lui aurait plu, mais aujourd’hui, il n’en n’avait  que faire, et promptement il était parti récupérer  son  bien.

Le fidèle Gran DALD *, (mis au parfum par Brad SAGEM),  faisait le guet au pied de l’immeuble de Marie Sophie,  hypothéquant  que le trafiqueur   accourrait en priorité  à la recherche de ce à quoi il tenait certainement le plus au monde, ce qu’il advint évidemment, les enquêteurs de ce commissariat étant  au summum de la perfection divinatoire.

 L’affaire fut aussi vite bouclée qu’une valoche.

Cependant Brad SAGEM, qui appréciait les jolies femmes, entama un brin de causette supplémentaire avec  Marie-Sophie.

Mais la suite fut dissimulée aux yeux de ses collègues…..

De ses vacances, Marie-Sophie gardera   un étonnant  souvenir, qu’elle pourra commenter lors des  papotages avec ses copines, au salon de thé le plus  huppé de l’arrondissement : elle connait maintenant tout les arcanes d’un commissariat !

 Du jamais vu de près  dans son monde !

 

*noms arrangés  de célèbres policiers d’une non-moins célèbre auteure de romans policiers

6 septembre 2014

Ma valise (KatyL)

Ma valise

Comme j’aimerais faire cette valise pour m’envoler ailleurs, changer d’air, voir la mer, oui voir la mer enfin…si seulement ! …..

Entendre le cri des mouettes, le ressac des vagues, sentir l’iode marin, regarder le bleu océan et les galets Normands, s’asseoir sur le sable fin, ramasser les coquillages .. Tout cela me manque beaucoup, il y a trop longtemps que je n’ai vu la mer.

Revoir Honfleur ses magasins typiques et ses galeries nombreuses de peintures.

Escaler un coin de falaises en bordure de mer, marcher dans les vagues seule le soir lorsque personne n’est sur la plage.

Je rêve, bien entendu mais cette valise est prête là dans ma tête !

ka01

6 septembre 2014

Enquête (Célestine)

Cé01

Ding dong !

On sonne chez Epamine, qui a reçu quelques amis dans son jardin pour la rentrée littéraire.

-Bonjourrr Messieurs-dames,  gendarrrmerrrie nationale,  nous rrrecherrrchons le prrroprrriétairrrre de cette valise, nonobstant et subséquemment ! Elle a été rrretrrrouvée tout prrrès d’ici, aux alentourrrs de vingt-trrrois heurrres cinquante…Saurrriez-vous la rrreconnaîtrrre ?

-Mais, c’est la valise de Célestine, bien sûr ! Quelle joie, s'écrie Epamine.

-Trrrès bien, et comment en arrrivez-vous à cette conclusion aussi hâtive que pérrremptoirrre, je vous prrrie ?

-Regardez : elle est bleue comme la mer de juillet sous le zénith, et toute éparpillée d’étoiles, dit Nhand. Ça ne trompe pas !

-Ouvrrrez-la donc, prrrésentement, que nous jugions de la vérrracité de votrrre déclarrration !

-Mais oui, je confirme, monsieur l’agent, dit katy…

-Parrrdon : vous voulez dirrre monsieur le brrrigadier-chef !

 -Si vous voulez…mais voyez : à l’intérieur se trouvent des souvenirs d’été, s'exclament Vegas et Sebarjo. De beaux souvenirs apparemment… Regardez, sentez ! L’odeur de Paris qui s’éveille et secoue ses grands arbres au ciel du matin, celle des lavandes et des tilleuls, de belles fougasses dorées…Un marché de Provence, quelques bernaches du lac de Vincennes, un concert de jazz, des étoiles filantes, des sapins et des chamois, une pièce de théâtre fabuleuse devant un château somptueux, la mer qui danse en papillotes , les neiges éternelles et le défilé du quatorze juillet. Des livres sur la plage et des éclats de rire. Et  des heures de bonheur grave avec des êtres chers.

-Et de l’amour, de l’amour encore et toujours…dit Titisoorts

-Ah ! L’amour…soupirent Lorraine et Joye en chœur.

-C’est ma foi vrrrai ! Et où trrrouve-t-on cette demoiselle, subséquemment ?

- Voilà justement la revenante…murmure Joe Krapov.  

-Célestine !!! Mais tu nous avais oubliés, non ? disent en chœur Jak, Fairywen Enlumeria et Map …

-Mais pas du tout, comment aurais-je pu ? dit Célestine. J’avais mon petit Walrus en peluche pour penser à vous, et mon porte-clé Bongopinot en plexiglas. Mais je suis très heureuse de vous retrouver. Vous m’avez manqué…

-Dans mes bras, sister ! dit Epamine. Tu prendras bien une tasse de thé ?

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