Finalement (Walrus)
Finalement, le bon vieux refrain n'était pas si con. Il s'adaptait à tous les cas de figure. Même au mien :
"J'essaierai de faire mieux la prochaine fois !"
Finalement, le bon vieux refrain n'était pas si con. Il s'adaptait à tous les cas de figure. Même au mien :
"J'essaierai de faire mieux la prochaine fois !"
Oui, bonjour, ce soir, au stade Jules Ilaperdu, l’équipe de France a subi une magnifique défaite, comme nous n’en avions plus vu depuis des années. Enfin, un magnifique 4-0 infligé par des joueurs adverses en manque d’inspiration, dont le jeu, sans grand intérêt, il est vrai, consistait juste à ce faire des passes jusqu’à arriver au but de nos valeureux Français où, sans aucune originalité ils n’avaient plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Heureusement que les Français ont su développer un magnifique jeu qui, s’il n’avait pas été anéanti par des adversaires sans aucun scrupule, aurait très certainement été payant ! Quel dommage que les valeurs sportives de nos vaillants joueurs ne soient pas partagées par tous !
Ici Gilsoub pour radio sport, à vous les studios...
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Mesdames et messieurs, bonsoir, ce soir l’équipe de France et celle de Petaouchnock on fait match nul. Jamais un score n’a si bien reflété une partie, qui fut vraiment nulle, à se demander si de chaque côté les sélectionneurs n’avaient pas eu des problèmes à recruter le nombre de joueurs nécessaire à une partie normale de football. C’est à la quarantième minute que le match a pris un nouveau tournant, quand l’arbitre a jeté son sifflet et abandonner la partie de lassitude. C’est son premier adjoint qui l’a remplacé. Le but français est arrivé à la cinquantième minute, sur un dégagement aléatoire qui à vue le ballon roulé tout seul dans les filets, alors que le gardien Petaouchnokois était en train de Twitter sur son portable la prochaine action que son équipe envisageait.
C’est quelque minute plus tard qu’a eu lieu l’égalisation sur un coup de génie... du destin qui suite à une série de ricochets, façon flipper, entre diverses paires de jambes, vint tromper le gardien français qui était en train de prendre une photo souvenir du public.... Bref, ceci se finit sur un match nul, mais alors vraiment nul...
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Lamentable, vraiment lamentable cette victoire de l’équipe de France,
sans aucun panache, comme si notre équipe avait prit un malin plaisir à écraser
un adversaire bien trop faible ! Quel plaisir peut-on avoir à se qualifier
pour cette grande épreuve d’une aussi lamentable manière ? Je vous le
demande ! Le panache aurait voulu que nous nous laissions battre afin de
rendre les choses un peu plus difficiles dans des barrages qui s’annoncent
relevés. Au lieu de cela, nous avons préféré la facilité d’une victoire jouée
d’avance. Le sport n’a vraiment rien à gagner de ce genre d’attitude et qui
n’est pas à l’honneur de notre équipe et de ces soi-disant sportifs ! Je
pense qu’après une telle victoire il serait temps de reconsidérer la légitimité
du sélectionneur largement mis en cause ces derniers temps par ce type de
résultat !
Marre des interviews insipides des sportifs après match (courses, combats...)!
Souriez, vous êtes pressentis pour rédiger leurs déclarations.
Soumettez au jury 3 textes :
1/ en cas de défaite du sportif:
On
nous a dit au départ qu'y fallait finir dans l'étang mais on l'a jamais
trouvé; c'est comme ça dans l'désert, on est souvent déportés dans les
mirages.
Si on n'avait pas perdu soixante quinze minutes, on serait là depuis une heure et quart...
2/ en cas de match nul:
Si on leur a mis une heure et quart dans la vue, c'est surtout grâce à Optik de Mille... Merci Monsieur Sponsor.
Hein?
Comment ça, on avait soixante quinze minutes de pénalité? Comment ça,
on est Ex et Quo? Je connais encore mon nom et celui du copilote,
merde!
3/ en cas de victoire:
Qu'est ce que vous dîtes?
On leur a pris une heure et quart? On a pris la tête? J'aime pas
m'prendre la tête, et on a rien pris à personne, compris? Remballe ton
micro pauv'type! Le jour où j'gagnerai, c'est pas toi qu'auras
l'interview... Hein, c'est pas un micro, c'est la coupe du vainqueur?
Rien à foutre.
« à toi, Marie Jo » Tout donné, elle avait tout donné… encore quelques mètres -« mais quand on ne sait pas nager en eaux troubles » ! Rêver, elle en avait tant rêver… 400 Mètres, 200 Mètres à pied ! -« 200 Mètres à pied, ça use, ça use. 400 Mètres à pied, ça use les coussinets de l’âme, aussi » ! être une des leurs, elle l’avait tant espéré. l’esprit d’équipe, tant valorisé par la fédé ! -« on l’appelait, vilain petit canard, mais intérieurement, elle seule savait » !
Ce n’était pourtant pas la mer à boire !
DEFAITE A ROLAND GARROS
- Yon, je me rapproche de vous et
j’imagine bien que vous êtes encore sous le coup de cette th’errrrible
défaite. Cependant, vous comprenez que tous vos admirateurs (et vos
admiratrices, heu heu) si ce n’est tooooute la nation qui a vibré avec
vous tout au long de ce th’errrrrible match aimeraient vous entendre de
vive voix.
- Yeah… well… it’s that fucking leg… hurts too bad… da hell widit !
- Eeeeeeet
oui, merci, thank you Yon, thank you beaucoup. Et oui, donc, Yon qui
nous explique que hélas, hélas, il n’a pas été en mesure, aujourd’hui,
malgré des conditions a priori plutôt favorables au développement de
son meilleur jeu, qu’il n’a pas pu, donc, libérer tooooutes ses
capacités physiques – amoindries, comme nous le redoutions avant la
rencontre, par les séquelles de sa blessure du printemps dernier.
Dites-nous quand même Yon… que s’est-il passé dans votre tête quand
vous avez senti le jeu vous échapper dans la troisième manche ? What
did you think during the third set whilst it was dripping away?
- What? What the fuck are you talking about?
- Okaaaaay!
Thank you very much, Yon! Yes, thank you, bye bye, you’re wonderfull!
Ah… quel dh’éésappointement, vous l’aurez compris, chers
téléspectateurs : un graaaand champion quitte le tournoi, ce soir.
C’est toujours un moment bien amer, mais Yon nous assure de sa
combativité et nous comptons bien le retrouver en pppl’eeeeine forme en
Australie.
NUL A SAINT-DENIS
- Bon, les gars. Je vous présente
Mademoiselle Olga Zeth-Dukwen. Elle vient prendre vos impressions
d’après match. Il me faudra un volontaire pour aller en faire le
compte-rendu à la tribune de presse, juste après… qui s’y colle ?
- Non,
mais avant tout… Bonsoir, messieurs… Exprimez-vous librement sur le
match de ce soir. Comment expliquez-vous ce résultat ?
- Ah ben ça… on a pas eu de chance, hein. On menait, et puis bon, le terrain était un peu lourd…
- Ouais, ça et puis le ballon qui glissait…
- Sans compter les supporters adverses qui faisaient du bruit plus que les nôtres, alors…
- Y en a même un qu’a traité ma mère !
- Sans déc’ ?
- J’te jure ! La tête de ma mère !
- nnnnnd’accord…
résumons-nous : « Bien que le score nous ait été longtemps favorable –
ce qui récompensait nos efforts constants pour dominer la partie, les
conditions de jeu se sont vite dégradées et le match a pris une toute
autre tournure. Nous quittons le terrain sur un résultat nul qui reste
prometteur. »
- Kékédi ?
- Oué oué, c’est ça (laisse faire, toi)…
- Mais elle a pas parlé d’ta mère, si ?
KO VAINQUEUR A BERCY
- Ouais t’as vu ça comment j’y ai défoncé sa tronche à c’bâtard !
- Donc,
je note : « Je suis content de ma performance qui m’a permis de prendre
vite de l’ascendant sur mon adversaire.. Il n’a aucunement démérité et
a merveilleusement défendu les lettres de noblesse de cet art qui est
le nôtre. » Allez, à toi.
- OK mec… alors : « Chu trop content de ma performance sur l’ascen… l’ascen- quoi déjà ?
- l’ascendant, mais…
- ah
ouais… sans dents, tu m’étonnes, avec c’que j’y ai mis ! « … trop
content de ma perf’ sur l’aut’ sans dents qui l’a bien mérité dans la
noblesse que j’y ai mis dans l’lard. »
"On a gagné, on a gagné, on a gagné" braille l'équipe de foot de Trifouillis les Gonesses sur l'air des lampions.
"Désolée Laurence, pas moyen d'en tirer autre chose, il faut croire que ce n'est pas la baballe qu'ils ont mis dans les buts, mais leur cerveau"
"On a gagné, on a gagné, on a gagné"
"Bon d'accord les gars on a compris, on a compris, on a compris, navrée Laurence, c'est contagieux"
"Match nul, bon d'accord, match nul, mais il faut quand même le reconnaître nous étions les meilleurs, en fait l'autre équipe a fait de l'anti-jeu pour nous empêcher de marquer"
"Voilà Laurence, c'était la déclaration de l'équipe de Trifouillis les Gonesses, je vais voir l'équipe de Trifouillis les Sarcelles maintenant et je vous transmets de suite son interview"
"Match nul, bon d'accord, match nul, mais il faut quand même le reconnaître nous étions les meilleurs, en fait l'autre équipe a fait de l'anti-jeu pour nous empêcher de marquer"
"Excusez-moi Laurence, mais je crois que les deux équipes ont le même service de communication"
"Bonsoir Laurence, voilà l'équipe de Trifouillis les Gonesses a perdu le match qui aurait pu lui éviter la relégation, je vais essayer d'obtenir les impressions de l'entraîneur"
"Monsieur l'entraîneur, votre équipe a perdu ce match à quoi cela est-il dû à votre avis ?"
"... ... ..."
"Oui, certes, posons la même question au capitaine de l'équipe. Alors capitaine 10 à zéro quelles conclusions en tirez vous ?"
"... ..."
"Bien et vous les membres de l'équipe, comment comptez-vous remonter la pente ?
"... ..."
"... ..."
"... ..."
"Chère Laurence, je fais maintenant une dernière tentative auprès du goal. Alors, pourquoi aviez-vous les doigts en caoutchouc ce soir ?
"... ..."
"Désolée Laurence, mais il semblerait que cette défaite reste comme une arête de poisson en travers de la gorge de l'équipe et qu'elle leur cause une extinction de voix, je vous rends donc l'antenne"
Vegas sur sarthe ; rsylvie ; Joye ; MAP ; shivaya-warduspor ; Martine 27 ; Papistache ; Captaine Lili ; Joe Krapov ; Laura ; Virgibri ; Jo Centrifuge ; Walrus ; Gilsoub ;
Marre des interviews insipides des sportifs après match (courses, combats...)!
Souriez, vous êtes pressentis pour rédiger leurs déclarations.
Soumettez au jury 3 textes :
1/ en cas de défaite du sportif
2/ en cas de match nul
3/ en cas de victoire
Un appartement dans Rennes aux alentours de 22 heures un soir de la semaine. Tandis que son épouse dort à ses côtés d’un sommeil qu’il veut bien croire du juste, le professeur D. qui vient de se coucher tend l’oreille, comme aux aguets du moindre petit bruit dans la maison. Ce soir, il va être servi.
A l’étage au-dessus, cela ne tarde pas. Ce dragueur de Ludovic a encore ramené une conquête dans son appartement. Elle a un rire perçant et des talons aiguilles du genre pique-choux, la donzelle. Blong ! Blong ! Froutch ! Froutch ! Glousse ! Glousse ! Frétill ! Frétill ! Gliss ! Gliss ! Ils en sont à la phase jadis si bien chantée par Juliette Gréco. Les éclats de voix ont cessé et le professeur pourrait presque s’endormir mais il sait ce qui l’attend. Et voici donc les bruits familiers qu’il écoute avec une imagination fertile et surtout la science étendue de ces choses-là qui sont le fait de sa profession.
- Zboïnk ! Zboïnk ! Zboïnk !
- Le missionnaire du Zimbabawé ! Début on ne peut plus classique !
- Zbounk ! Zbounk ! Zbounk ! Ploïnk ! Han !
- L’entrée de Charles le Chauve en sa bonne ville de Bures-sur-Yvette ! On n’y coupe pas ! C’est un enchaînement naturel. On peu préférer celle de Gilles de Rais à Jouy-en-Josas mais c’est selon les goûts, hein !
- Klipah ! Klipah ! Klipah ! Klipah ! Schlak !
- La brouette japonaise à la fleur de jasmin ? Déjà ? Ah oui, c’est vrai, ça vient là ! Un peu voilée, la roue de la brouette, on dirait !
- Skouiz ! Skouiz ! Skougi ! Skougi ! Bong ! Aïe !
- La levrette de Bergerac ! Mais qu’est-ce qu’il a fichu ? Il a pratiqué trop près du mur, cet idiot !
Ludo le dragueur est vraiment un bon élève, sans doute le meilleur de ceux à qui le professeur D. a enseigné son art. C’est très drôle qu’il soit venu habiter dans l’appartement au-dessus du leur et c’est très drôle de retrouver mise en pratique avec autant de fidélité la leçon n° 25. Le professeur se demande s’il va oser pratiquer…
- Schlipa ! Schlipa ! Schlipa ! Schlipa ! Mmmmh ! Schlipa !
- Le diplodocus dans son pâturage du Marais poitevin ! Oui, il a osé le faire ! Alors, là, bravo Ludo !
Le professeur est à deux doigts d’applaudir la prestation et il se retient à cause de son épouse mais celle-ci se tourne justement et gromelle :
- Ils n’ont pas bientôt fini leurs cochonneries, là-haut ? Il y a des gens qui ont envie de dormir, ici !
- Mais… Vous ne dormiez pas, Marie-Valérie ?
- Sigismond, mon ami, avec le boucan que font ces deux-là, ce serait difficile d’y parvenir !
Effectivement, là-haut, la literie continue d’offrir un festival.
- Chponk ! Chponk ! Zika ! Chlak ! Chpon ! Chpon Yon Yon !
Et bientôt la nouvelle compagne du jeune homme ne retient plus ses soupirs de joie, ses fausses condidences ni ses cris d’aisance tandis que le professeur, comme pris en faute par son épouse, ne commente même plus intérieurement l’arrivée du dinosaure sur les bords du Nirvana inférieur. Puis vient enfin le calme et le silence qui suit les prestations de Mozart et qui est du Mozart aussi. Car Ludovic s’appelle Mozart.
- Eh bien ce n’est pas trop tôt ! » lâche Marie-Valérie.
Chacun cherche alors le sommeil. Sigismond, le professeur, se sent bientôt épuisé comme s’il s’était adonné lui-même à cette séance de gymnastique vespérale autant qu’intense. Il songe que Ludovic a accompli une prestation presque parfaite et il s’imagine en juge soviétique brandissant pour une fois un superbe 10 quand soudainement les ongles taillés en pointe de sa moitié viennent tranquillement se poser sur une partie stratégique de son anatomie.
- Sigismond, mon ami. Savez-vous à quoi je pense ?
- …
- Je pense qu’il y a très longtemps que vous ne m’avez pas fait le coup du diplodocus dans son lit de fleurs de jasmin !
- Oh, Bibiche, vous croyez que c’est bien le moment ?
- Allez, Sigismond, faites un effort pour moi ?
- C’est que… J’ai eu une journée très chargée aujourd’hui et j’ai un peu de migraine. Demain matin au réveil, je vous le promets, Bibichette, je m’exécuterai.
Bibichette pousse un gros soupir et bientôt, dans le silence de la chambre, on n’entend plus que les respirations lourdes et caractéristiques de l’Hôtel des culs tournés.
- Vous comprenez, se justifie encore le professeur Sigismond Demange, être professeur de kama-soutra à l’université de Rennes 3, c’est un boulot assez épuisant. Tous ces travaux pratiques avec les étudiantes, ces élèves qu’il faut accompagner jusqu’à la soutenance de thèse, ces réunions du Conseil scientifique… Je suis bien plus frais le matin, vous le savez bien, Bibiche.
- Taisez-vous, maintenant ! Vous devriez prendre exemple sur votre élève là au-dessus ! Tous les soirs c’est radada chez lui ! Et d’ailleurs, la prochaine fois que vous le croiserez dans l’escalier, il serait bon que vous le sommiez d’en changer !
- De position ? Mais il ne fait que ça !
- …
- De partenaire ? Il en change tous les soirs !
- De sommier, imbécile !
Qui de nous ne s'est jamais arrêté pour contempler avec curiosité une de ces vénérable bâtisse toute rapiécée de fenêtres et de porte, certaines murées, d'autres nouvellement ouverte, sans qu'on se demande quelle volonté a guidé les anciens dans leur raccommodage? Plus personne ne se souvient des mystérieux paysages sur lesquels ces ouverture obturées pouvaient donner. Dans certains cas, cette ignorance est une très précieuse bénédiction.
C'est ce qu'apprit à ses dépens le petit Joseph. Lui et sa famille avaient emménagé dans l'un de ces anciennes maisons fortes que l'on trouve parfois dans les vieux quartiers de villages.
L'année de ses sept ans, on lui offrit une belle chambre à coucher que son père avait aménagé dans une pièce inusitée. Il avait réouvert une grande fenêtre condamnée depuis, semblait-il, des temps fort anciens.
Les manifestation débutèrent la nuit venue.
Dès l'extinction de sa lampe de chevet, Joseph ferma les yeux. Il lui vint aux oreilles le bruit familier et rassurant des pas du vieux Diplodocus, un chat aux mensurations étonnantes. Chaque soir avait lieu ce même rituel. Diplo tournait autour du lit durant un petit instant, ses pattes produisant de petits bruits sur le parquet. Puis il se décidait à bondir sur le lit et venait se blottir contre Joseph. Nos deux comparses s'endormaient alors tous deux du sommeil du juste.
Mais cette nuit là, Diplo mettait un peu trop de temps à monter sur le lit. Il tournait et tournait. Joseph pouvait entendre que ses pas hésitaient. Et puis il y avait ce bruit étrange, comme un ronronnement électrique, une vibration. Inquiet, Joseph ouvrit subitement les yeux, s'assit dans son lit et chercha dans la pénombre la silouhette de Diplo.
Son regard fut bien vite attiré par l'encadrement de pierre de la fenêtre d'où semblait émaner une lueure bleutée. En dessous, Diplo faisait les cent pas, le museau levé vers cette étrange lumière diffuse.
Joseph hurla si bien que tout la famille accourut autour de lui. Mais, devant le phénomène chacun restait médusé. Aucun n'osa venir chercher Diplo qui, à présent, miaulait sous la fenêtre. Mais qui pensait-il appeler ainsi?
Soudain, dans un grand bruit, une sorte d'éclair jaillit et frappa le chat qui fut comme happé à travers la vitre. Tout redevint alors calme et on ne peut plus normal.
Dès le lendemain, la fenêtre fut à nouveau comblée et jamais plus on n'observa de semblables phénomènes. Joseph, lui, demeurait très affecté par ces évènements et il pleurait tous les jours son cher Diplodocus, jusqu'au jour où l'on reçut une bien étrange carte postale...
C'est la nuit à la campagne, ici, pas de pollution lumineuse, les étoiles semblent figées dans une immobilité antique, la fenêtre est ouverte sur la fraîcheur nocturne de cette fin septembre. Devant la fenêtre, passe une petite route qui fut longtemps chemin, deux voitures s'y croisent avec peine. De l'autre côté s'étend le jardin. C'est le silence. Ici on entend véritablement le silence. Dans cette chambre nichée dans un ancien bâtiment de la ferme, séparée du corps de la maison par une cour gravillonnée, on dort dans un silence ouaté. Les seuls bruits qui me parviennent sont ceux de l'extérieur.
D ans l'obscurité, il y a ...
I l y a l'appel un peu lointain en trois tons d'une chouette, elle doit nicher dans l'un des vieux chênes qui bordent le terrain,
P lus loin, venant du hameau voisin, les aboiements répétés, un peu étouffés d'un chien,
L e doux ronronnement de mon chat qui, après avoir longtemps cardé la couette avec un griffement agaçant l'oreille, a enfin trouvé sa place , la tête nichée sur ma main,
O n entend, tout près, derrière la porte, le froissement fricatif des feuilles sèches dans lesquelles mon chien se ménage une litière comme un nid qui épouse la courbe de son échine,
D ans le silence qui m'entoure, je peux percevoir, au fond de l'oreille, les pulsations de mon sang, notre corps ne se tait jamais complètement,
O ù niche cette belette dont le cri jaillit soudain du jardin comme un appel implorant?
C' est de nouveau le silence rompu seulement par la respiration régulière de celui qui partage ma nuit,
U n grondement sourd monte du fond de la nuit, enfle et, à son apogée, fait vibrer les carreaux de la fenêtre, le train de deux heures trente trois passe sur la voie ferrée qui, plus loin, derrière la maison, traverse les champs,
S ur la campagne obscure, le silence est retombé, le sommeil ne vient pas,j'allume la lampe et reprend ma lecture interrompue.
Comme la nuit tombait vite, apportant son manteau glacial, Taar roula la lourde pierre a l'entree de la grotte.
Deja, Our avait couche les trois petits sous la lourde peau d'ours et, voyant qu'ils dormaient elle aida Gaal a raviver le feu au centre de la grotte.
Gaal aimait ce bruit de l'impressionnante pierre qui obstruait leur cachette et savait si bien les proteger du froid et des betes sauvages; elle se sentait en securite.
C'est l'heure ou, allongee contre la paroi rocheuse, elle se laissait bercer par le chuintement du feu et les soupirs des petits ponctues par l'eclatement soudain d'une buche d'acacia
Les yeux leves vers la voute aux reflets rougeoyants, elle guettait dans l'oeil rond de l'etroite cheminee le passage d'une etoile filante comme presage d'un lendemain sans peur et sans soucis.
Bientot Taar rejoindrait Our sur sa couche et il s'endormirait rapidement avec des ronflements enormes qui faisaient toujours sourire Gaar.
Parfois il ne dormait pas tout de suite et Our poussait de petits gemissements bizarres en remuant beaucoup; Gaar savait bien que Our n'etait pas malade et qu'elle s'eveillerait joyeuse au matin.
Comme aucune etoile filante ne se decidait a traverser son univers, Gaar s'appreta a fermer les yeux lorsque le sol se mit a trembler fortement tandis qu'un grondement inconnu roulait dans la montagne, faisant bondir Taar de sa couche: ce n'etait pas l'orage, non, c'etait autre chose.
Mamie referma doucement le livre; Luca semblait dormir mais comme elle se levait sans bruit il ouvrit les yeux.
"Mamie, c'etait quoi ce bruit?"
"Je croyais que tu dormais mon cheri..."
"Alors, c'etait quoi ce bruit dans la montagne?"
Mamie cherchait rapidement dans sa panoplie de grondements, celui qui serait le plus approprie a la situation.
"Rien d'inquietant tu sais; je crois que c'est un petit diplodocus qui ne dormait plus et cherchait un compagnon de jeu"
A demi rassure, Luca referma les yeux, decida d'ignorer ce diplodocus insomniaque en se tournant contre le mur de sa caverne douillette.
A quoi pouvait bien jouer un diplodocus au milieu de la nuit? Comme c'etait fatiguant de chercher une reponse et qu'il n'avait pas envie de partager ses jouets, il s'endormit pour de bon.
Bien nichée dans mon lit, j'écoute avant de m'endormir tous les petits bruits que murmure la maison et que l'on entend pas lorsqu'on est encore debout.
Le ronronnement lancinant de la VMC qui énerve d'abord avant de bercer, le brusque démarrage du moteur du réfrigérateur, les discrets craquements des meubles, le cliquettement de l'horloge de la cuisinière, les petits roucoulements de ma chatoune qui explore son territoire nocturne et qui discute avec ses compagnons rangés dans l'armoire à chats, les chuchotis de mes lutins de placards, le vrombissement d'Errol mon dragon miniature qui se dégourdit les ailes.
Bref, tous ces sons rassurants qui vous enveloppe comme dans un cocon et qui vous conduisent tout doucement vers le sommeil.
Mais cette nuit là, un bruit bizarre me réveille. Sur le moment je me retrouve les yeux grands ouverts, sur le qui-vive me demandant pourquoi le sommeil m'a si brutalement quittée.
Je n'entends pourtant rien sortant de l'ordinaire, alors qu'est ce qui m'a réveillée. Je cherche dans ma mémoire, un craquement, voilà je crois que c'est ça, un craquement.
Qu'est ce qui peut bien craquer ? Dans ma tête je passe les pièces en revue, je ne vois rien susceptible de tomber et de produire ce bruite. Ca ne vient pas non plus des combles.
Bon j'ai peut-être rêvé ou alors il s'agit de la branche d'un des arbres du jardin qui a décidé de vivre sa vie.
Je me détends à nouveau et me reniche dans mon creux de lit, prête à repartir dans mes rêves.
Et voilà, un nouveau craquement, cette fois-ci pas de doute je ne rêve pas, je dégage ma tête de l'oreiller et écoute de toutes mes oreilles, le bruit vient de l'entrée.
Quelqu'un tenterait-il d'entrer chez moi ? Un petit frisson me parcourt mais c'est stupide la porte est bien fermée.
Et encore une fois ce crac, suivi cette fois du miaulement indigné de ma minette qui déboule dans le couloir.
Pas de doute si ma chatte de garde le dit, il y a bien quelque chose de pas normal qui se passe.
Je ne vais quand même pas être moins courageuse que ma petite poilue que j'entends feuler devant la porte du couloir.
Je mets mes lunettes, attrape ma petite lampe de poche, l'allume et me lève avec précaution, ne faisons pas trop de bruit.
"Il se passe quoi" me demande Elfie mon lutin de placard
"Je n'en sais rien, je vais voir"
"Fais attention hein" répond-il, mais je constate que courageux, mais pas téméraire, il reste tranquillement niché dans mes pulls.
Je rejoins ma terreur poilue qui, toute hérissée, renifle sous la porte de l'entrée.
Figées l'une à côté de l'autre nous tendons l'oreille.
Plus de craquements semble-t-il, mais comme un drôle de pépiement.
Je respire un grand coup, écarte doucement mon fauve domestique et ouvre la porte et derrière que vois-je, un minuscule diplodocus pas plus gros qu'un poussin, tout encombré de son long cou et de sa queue démesurée et qui piaille comme un malheureux. J'ai juste le temps de l'attraper dans le creux de la main avant que ma panthère grise ne le croque.
Et là par terre j'aperçois les morceaux de cette superbe pierre que j'avais ramenée de ma promenade dans les bois de ce matin.
Mince, ce n'était pas une pierre mais un oeuf.
"Pip" fait la drôle de petite chose assise dans ma main et qui enroule sa queue autour de mes doigts "Pip".
Et flûte, ça mange quoi un diplodocus ?
Décidément ma maison devient de plus en plus folle, il va falloir que j'explique à ma Miss qu'elle a maintenant un bizarre petit frère (ou petite soeur), que mes lutins de placard fassent du diplo-sitting dans la journée, qu'Errol mon mini dragon s'occupe un peu d'éduquer son préhistorique cousin et que demain nous trouvions un prénom à notre nouvel ami.
Je ne peux m'empêcher de penser en allant me recoucher avec une chatte sous un bras, un diplodocus miniature sous l'autre, que la vie ne manque pas franchement pas d'imprévus.
la nuit qui parle avec le ventre
je ne l'écoute pas, j'y rentre
la nuit qui parle par le nez
j'aime autant la laisser couler
la nuit qui parle avec les mains
je ne l'attends pas, j'y viens
la nuit qui parle par les yeux
c'est la nuit que j'entends le mieux
je m'y sens pousser des ailes
que je frotte contre les fibres
de son cocon de soie nouvelle
d'où je papillonne libre
ignorant les forts en gueule
qui nasillent, qui pérorent
s'empoignent le sort, se chamaillent
se disputent tant et plus
un os de diplodocus
un pré carré, un gamin
et se découvrent matin
sans rien dans les mains qui vaille
tant de bruit, tant de batailles
- feux de paille, pauvres trésors...
alors, dans la nuit qui chante
et porte mon vol, éphémère
je gagne la mer et voyage
on dit que de ses rivages
s'entendent bien davantage
des mélodies que la vie
a composées à la nuit
et mes ailes sont
des oreilles donc
j'écoute
la course des grains de sable
sur des paliers irritables
les soupirs agacés d'une grille
que n'a pas refermée la fille
le souffle engourdi d'une haie
de poussière lunaire encombré
le ronron flatté des grands arbres
qui entament de longs palabres
le sifflet joyeux des drisses
qui narguent la ville prise
la cantilène murmurée
d'une sirène énamourée
l'océan qui déplie les pages
de son grand livre d'images
et je vais par l'écoutille
fêter la quille.
Dieu qu’elle est gentille, MAP. Il faut le dire, c’est vrai, je l’aime bien. Pourquoi ? L’amie-MAP me semble parée de l’étoffe qui couvre ceux qui reviennent de loin. Oui, elle est gentille MAP, cependant elle voudrait m’obliger à veiller afin de saisir les bruits de ma maison. D’où tenez-vous, MAP, que ma maison serait emplie de bruits et de fureur ; ma maison est muette... ou je suis sourd. Oyez, chère MAP, que je m’endors dès que je prends la position horizontale. C‘est si vrai que je fais l’amour debout. Une chambre à l’hôtel du Lion d’Or, chaque soir, j’y goute le sommeil du juste, ou du niais... mais j’y loge. Sûr, je vous trouve gentille, MAP ; c’est vrai, je vous aime bien, mais comment voulez-vous, amie-MAP, qu’à l’intérieur d’un si petit texte, je parvienne à glisser un si gros animal que ce terrible lézard herbivore ? son nom peut-être — je crois qu’il y est— mais le saurien, non, c’est trop... et plus que de la moitié.
Mais bien avant ça, nous avions visité cette maison de village et nous avions tout de suite eu pour cette bâtisse ancienne un coup de foudre comme dans les émissions de M6. Le cachet de ces maisons qui ont connu des générations d'hôtes et dont les murs pourraient raconter bien des histoires intéressantes pour peu qu'on leur tende le micro.
Nous l'avions aménagée avec goût, du moins avec le nôtre, comme on dit à Versailles. Comme toutes les vieilles demeures, elle souffrait de nyctalopie sonore et se réveillait la nuit, nous offrant une sérénade de bruits plus flippants les uns qu'incongrus les autres. Les anciens propriétaires l'avaient quittée après que le mari avait tenté de se pendre, et nous plaisantions sur le triste sort qui nous était promis si nous ne mettions pas fin à tout ce barouf nocturne. Nous avons donc dératisé les combles, changé les volets grinçants, graissé le portail rouillé ou encore remplacé le vieux parquet. Et quelques mois plus tard nous avions retrouvé le calme d'un logis ronronnant comme un félin apaisé.
Lorsque nos troubles du sommeil sont apparus, j'ai d'abord mis ça sur le compte évident du stress au travail. Ma femme a mis les siens au crédit de ses difficultés à tomber enceinte. Et plus nous essayions en vain, plus nous étions anxieux et énervés de l'échec, et plus nous nous déchirions. Et plus nous nous éloignions, plus nous avions besoin d'avoir cet enfant pour nous rapprocher et retrouver la sérénité. Que ne nous offrait pas la nuit.
Refusant les somnifères, je me suis acoquiné avec l'alcool qui vous brûle la gorge et vous aide à trouver facilement le sommeil, mais mes cauchemars persistaient malgré le goulot.
Puis une nuit d'insomnies, je les ai entendues. Les voix.
Lointaines, très lointaines, car sourdes. Des gémissements, des complaintes, les litanies de quelque voisin névrosé. Pour en avoir parlé aux plus proches, j'ai appris que personne ne s'en plaignait et qu'au contraire le calme noctambule du quartier n'était troublé que par de rares mobylettes pétaradantes ou d'excitées grenouilles aux périodes de frai. Je n'en ai pas été convaincu pour autant car qui viendrait se plaindre de ses propres plaintes ?
Et pourtant…
Partout je les entendais, je n'entendais même plus que ça. Elles se faisaient angoissantes car difficilement perceptibles et impossibles à identifier. Ma femme souffrait aussi d'un sommeil léger mais semblait sourde à cette gêne là.
Pourtant je les entendais, moi.
Toutes ces voix à l'unisson qui semblaient appeler à l'aide et m'avaient choisi comme unique auditoire à leurs souffrances. Oui, j'avais cette impression que ces voix perdues m'adressaient leur agonie et m'attiraient à elles.
J'avais fini par les attendre, ne parvenant pas à m'endormir tant qu'elles ne s'étaient pas manifestées. Les boules Quiès s'étaient avérées inefficaces : elles brisaient mon rituel et me privaient de la manifestation latente de mon angoisse, renforçant la réalité de celle-ci. Les voix étaient là et ne plus les entendre ne les faisait pas taire pour autant.
J'avais remplacé la bouteille d'eau au pied du lit par celle de whisky et les voix s'étaient installées dans les champs de houblon que faisaient pousser mes angoisses éthyliques. Si l'alcool était un placebo efficace aux souffrances humaines, ça se saurait et sa vente se ferait sur ordonnance.
Lorsque je me concentrais suffisamment, j'avais l'impression de pouvoir saisir des mots, des expressions. Elles cherchaient à me dire quelque chose que je ne pouvais saisir du fait de leur éloignement et de leur volume étouffé, comme lorsque l'on écoute les bruits ambiants en plongeant la tête dans son bain. Alors je m'inventais des sonorités, je me pensais capable de différencier les émetteurs, je m'imaginais des talents de télépathe… De psychopathe, oui ! La vérité c'est que je devenais zinzin.
Une nuit d'agitation comme les autres, je choisis d'aller les traquer. Je me levai et entrepris de supprimer méthodiquement toutes les sources de pollution sonore qui m'empêcheraient de localiser les voix : je débranchai le frigo et l'aquarium, fis sortir le vieux chien ronflant et arrêtai la chaudière et ses cliquetis métalliques et irréguliers.
Je fermai alors les yeux et mis ma respiration en suspens dans une apnée concentrée. Les voix venaient d'en dessous, d'en bas. De la cave.
J'allumai l'ampoule souterraine et descendis les marches, accompagné seulement de ma trouille enfantine.
Les voix se firent plus pressantes, plus appelantes que jamais. Je venais à elles et elles s'empressaient vers moi. J'étais au milieu de la cave et elles m'entouraient, me transperçaient de part en part. Et pourtant, elles étaient encore ailleurs. Sous mes pieds.
N'écoutant que mon inconscience plus que mon courage, je m'agenouillai et collai mon oreille au sol tel l'homme préhistorique traquant le diplodocus ou que sais-je avec un nom en latin.
Et les voix étaient bel et bien là, sous l'humidité du parterre. Je me relevai d'un seul homme, moi.
Puis la lumière s'est tue…
Depuis, j'appelle toutes les nuits, je crie ma détresse à qui veut bien la croire, je hurle en chœur avec les voix de mes colocataires.
Mais essayez de vous faire entendre, vous, avec de la terre plein les poumons…
Elle se couche tôt. Elle aime se coucher tôt. Elle monte l'escalier alors que la maison vit encore. Son fils, dans sa chambre, écoute sa musique en sourdine. Dans la salle de bain, sa fille se douche, elle entend le bruit de l'eau qui tape sur les parois et la voix qui fredonne. En refermant la porte de sa chambre, elle a l'impression de s'éloigner de sa famille. À travers le plancher, lui parvient le ronron de la télé. Il regarde une émission sur la disparition des dinosaures et lui a dit qu'il la rejoindrait vite quand il saurait pourquoi les diplodocus n'ont pas survécu. Les dinosaures, hier c'était « Les invasions des Huns », demain « La longue marche de Mao ».
Se dévêtir vite et se glisser dans le lit froid. Oser prendre un livre et le poser sans avoir fini une seule page. Et sombrer dans le sommeil, les oreilles cachées. L'entendre vaguement ouvrir la porte, sentir son corps contre le sien. Dormir. Dormir dans le silence. Dormir.
Et puis elle se réveille, entend le bourdonnement de l'homme qui ronflote. Elle se tourne, essaie de retrouver le fil de son rêve. C'est fini, elle le sait. Elle ne dormira plus ou alors au matin. Elle se lève, prend son livre à tâtons, quitte la chambre. Dans le couloir, elle guette. Ses enfants ont un sommeil silencieux. Le réfrigérateur vrombit dans la cuisine et les canalisations lui disent qu'il est plus de trois heures. Elle le sait, c'est elle qui a programmé le lave-linge. Elle essaye un autre lit en vain, dans une pièce qui ne soit pas transformée en forge. Elle l'entend maintenant ronfler comme un sonneur. Inutile de rejoindre la chambre conjugale, le tonnerre y fait rage. Dans le bureau, en bas, elle s'installe avec le livre abandonné plus tôt. Mais à présent, ce n'est pas le sommeil qui l'empêche de lire, ce sont les rêveries et aussi les tracas. Une chouette ulule dans le parc voisin. C'est son amie, la chouette, elle l'aime comme une amie. Ils dorment tous dans la maison. Mais son amie la chouette ulule dans le jardin. Elle l'appelle. Elle enfile un vêtement et sort pour prendre l'air. La chouette s'est tue. Ses pas sur le gravier crissent dans le silence. Elle fait le tour de la maison, frissonne un peu, resserre sur son cou, le col de son lainage. L'air frais remonte le long de ses jambes et caresse le bas de son dos. Elle a froid et ça la rassure. Elle se sent enfin prête.
Rejoindre leur chambre, silencieuse maintenant. Dans le lit rassurant, chercher la chaleur familière. L'entendre grommeler qu'elle est froide. Se nicher dans ses bras, se coller contre lui, la tête contre son souffle discret. Dormir. Dormir jusqu'au matin.
La légèreté de ton pas, à celui du diplodocus pareil, m’arrache immanquablement à mes songes quand, enfin, au milieu de la nuit, tu vas te brosser les dents. Le bruit de ton urine directement dans le fond de la cuvette, que j’entends par la porte que tu laisses soigneusement ouverte - ce même bruit qui te fait dire « tu vois bien qu’c’est pas moi qu’en mets partout ! je vise direct au fond ! » - m’agace toujours au plus haut point. La porte de la chambre que tu n’as toujours pas réussi à fermer sans la faire claquer ne manque pas de me faire sursauter. Et pour finir cette façon que tu as, invariablement, de toussoter, te racler la gorge et te moucher sitôt que tu t’allonges près de moi achève de me tirer du sommeil dans lequel il m’est pourtant toujours tellement difficile de plonger.
Mais si tu pouvais seulement imaginer comme j’aime entendre ton souffle qui ralentit pour devenir ronflement… parce quand je l’entends, amour, ça veut dire que tu es là, tout près de moi, apaisé, enfin.
Les petits bruits de la maison
Skkkkkkkkkreuuuuuuk,
Oooooooorrrrrrrrrrooooooooooonnnnnnnnn
Skkkkkkkkkreuuuuuuk,
la nuit
tic-tac, tic-tac,
arou-rou-rouuuuuuuuuuuu
tic-tac
vous tiennent compagnie ...
Skkkkkkkkkreuuuuuuk, salut !
Oooooooorrrrrrrrrrooooooooooonnnnnnnnn, et vous ?
Comme skkkkkkkkkkkkkrueuuuuuuuk, comme skkkkkkkkkkkraaaaaaaaaak.
Rassurants ou bien inquiétants
?
OUIIIIIIIII, noooooooooooooooon…
Racontez-nous.
Il était une fois une consigne difficile…
Veuillez glisser dans votre récit le mot
DIPLODOCUS.
Okaaaaaaaaaaaaaaay, voilà ce qui est
fait !!!
Merci !
Mais je vous en prie, merci à vous.