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Le défi du samedi
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2 août 2008

Un avenir sans essence (Aude)

C’est en préparant mon petit déjeuner que je m’en aperçois. L’essence épicée de mon thé ne me chatouille plus les narines comme à l’ordinaire. Je rapproche mon nez de la boite, le thé se serait-il éventé en une seule journée ? Je ne sens plus non plus la réconfortante senteur du pain qui grille. Je ne suis pourtant pas enrhumée. C’est sans plaisir que j’avale mon petit déjeuner, je ne lui trouve aucun gout.

 

Dans la salle de bains, je renifle avec efforts les flacons de shampoing et autres savons. Mon shampoing au miel ne sent plus le miel… Ma crème de jour ne sent plus non plus. C’est comme si je ne me passais que de l’eau partout sur le corps. Je n’essaye même pas le flacon de parfum aux essences ambrées.

 

Dans la chambre, je me penche vers le lit, enfouis ma tête au creux du cou de l’homme qui y est allongé. Rien, je ne sens rien. L’homme m’embrasse : je ne ressens rien. A défaut de sentir ses phéromones, je sens l’angoisse monter. Pas le temps de m’appesantir. Je file au travail.

 

Je salue mes collègues. Madame Beaujour ne sent pas mauvais ce matin. Non pas qu’elle sente bon, elle est inodore. D’habitude, dès le matin, elle nous inonde de ses généreux effluves malodorants. Je m’assieds à mon bureau face à Nat ma collègue. Elle adore manger de l’ail et quand elle me parle, j’évite de respirer en général. Et bien là, rien du tout. Nat ne sent pas l’ail. Non pas que je regrette ces odeurs nauséabondes mais cela m’inquiète. Je vais tenter un test à 10h30. Tous les matins à 10h15 M Torlecou va aux toilettes, il en sort à 10h20. Après, nous évitons tous les toilettes pendant au moins trente bonnes minutes. Là, j’y vais juste après. Et bien rien, je ne sens toujours rien.

 

En repartant, réflexe idiot, je ne peux m’empêcher de me pencher sur une rose rouge qui me cligne de l’œil. Je ne sens rien encore une fois.

 

Mon repas du midi est fade et pâle sans aucun arôme.

 

Je téléphone à mon médecin. J’en passe des batteries d’examen. Le verdict est cruel : anosmie ou perte totale de l’odorat.

Il va falloir vous habituer à un avenir sans essence, m'annonce-t-il. 

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Commentaires
M
Une vie sans odeur, quelle horreur
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V
La pauvre, je la plains! <br /> <br /> Une très bonne idée.<br /> <br /> MOi, quand j'étais petite, j'adorais l'odeur de l'essence (celle du réservoir). Encore maintenant, je me surprends à adorer faire le plein de la tondeuse.
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P
La gourmande que je suis pense que cela doit être terriblement terrible, puisque qui dit anosmie dit aussi pour une grosse part perte des saveurs...<br /> Bien trouvé ;-)
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T
Il fait peur cet avenir, je crois bien que je détesterais... brrr...
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J
Une tournure originale de la consigne. Quel flair! (mouarf!)<br /> Au depart, j'avais pense a une fumeuse... qu'est-ce-que je peux etre medisante! :P
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J
J'avais pensé ce genre d'essence aussi, mais mon texte n'aurait pas égalé le vôtre. J'aime bien, il a du nez.
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M
Autres essences anosmiées !!! Dur, dur ! <br /> Il fallait y penser !
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A
Rectificatif: mes collègues actuels sentent très bons. Je me suis inspirée des anciens de mon travail d'avant.
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P
Dur, dur ! <br /> Il va falloir des trésors d'imagination à son amoureux pour qu'il invente des petits jeux palliatifs, mais cela me parait jouable (restent la vue, le toucher, l'ouïe, le goût,...)...
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J
Joli traitement de la consigne. J'y avais pensé aussi au début.<br /> Je crois que nous y sommes déjà quelque part : il y a plein de gens qui n'ont plus d'essence, qui ne sont qu'apparence.<br /> <br /> PS Tes collègues de travail, j'aurais du mal à sympathiser avec eux. Franchement, tels que tu les décris, je ne les sens pas.
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