Fleur pèle le Rhin (joye) (491)
Mon premier se trouve pendant ou après un repas riant chez les Grecs.
Mon deuxième est perdu pour le chiro dans l'orchestre.
Mon troisième se garde comme le chien de mon dentiste.
Mon quatrième seconde le chaux, le goût, et la philo.
Mon tout se dit vulgairement aux potes aux roses aux Alpes.
Qui suis-je ?
Maléfice (joye)
La voisine, je ne peux plus la voir en peinture.
Au début, oui, ça allait. Elle était jolie, le jean agréablement serré, un parfum indistinct qui fait rêver un mec. Une bouche carmine. Vous voyez le genre. Parfait pour moi, un homme distingué, compositeur et musicien accompli.
Un soir, elle vint frapper à la porte. C’était l’heure de l’apéro, ça tombait bien, j’avais passé la journée avec des gamins immondes, leur apprenant à ne pas baver sur le clavier de mon Hans Weber. J’étais sur le point de lui proposer un petit porto quand elle me fit sa demande.
Pouvais-je m’occuper de son chat ce week-end-là ? Elle venait de l'adopter de l'abri. Malheureusement, son jules était allergique et il l’attendait en bas, il voulait aller en amoureux au bord de la mer, mais elle ne pouvait pas laisser l'orphelin sans ses croquettes et puis le pauvre minou serait tout seul et serais-je un amour et le garder ?
Je n’avais même pas le temps de formuler un refus galant avant de me retrouver avec une boule blanche sous le bras et la voisine qui descendait rapidement l’escalier en riant « Il s’appelle Maléfice ! »
Le chat et moi nous regardâmes, l’un plus méfiant que l’autre.
C’était sans doute là le point culminant de son séjour.
Ça dura quatre jours, six bagarres et plusieurs lacérations. Mon appart’ sentait abominablement le vomi et le pipi. Ce crétin de chat avait aspergé les rideaux du living, laissé ses poils blancs partout sur mon meilleur costume, et ses crottes dégueues sur mon Kilim. La maudite créature renversa même ma petite figurine de Limoges. Bon, j’avoue que je n’aimais pas trop la babiole, maintenant en miettes, mais je regrettais les six cents balles qu’elle valait, c’est sûr.
Enfin, cette gonzesse de voisine fut de retour de son week-end voluptueux. Elle avait l'air heureuse et reposée. Moi non. Quand elle passa récupérer son sacré grippeminaud, j’étais prêt.
- Eh oui, Madame, votre Maléfice était un amour ! je ronronnais. Tellement que je lui ai fait un petit cadeau.
- Ah bon ? Un cadeau ?
- Oui, oui, oui, j’ai découvert, figurez-vous, que votre chat était doué pour la musique.
- La musique ?
- Oui, oui ! Tout à fait ! Ne le saviez-vous pas ? Il joue de la sonnaille.
- De la sonnaille ? Ça alors !
- Bah oui, je sais. Allez, tenez, votre petite bouboule et la sonnaille. Je la lui offre en souvenir de notre petit week-end ensemble.
Elle semblait plus qu’un peu déconcertée, la voisine, mais elle ne pouvait pas refuser ma générosité. Soit cela, soit elle se méfiait de mon sourire inquiétant.
Après tout, depuis quatre jours, ce putain de raminagrobis n’avait pas arrêté de faire le vacarme chez moi. Et maintenant, il allait continuer chez elle.
Et elle, elle tint exactement deux jours avant de ramener Maléfice d'où il venait. J'ignore ce qui arriva à la sonaille.
Kaléidoscope (joye)
Après la guerre, les parvis des églises étaient longtemps éclaboussés par des fragments coloriés des vitraux. La plupart des gens n’avaient ni le temps ni l’énergie de s’en occuper. Après tous, les vitraux étaient comme des vieux gens d’avant-guerre, fragiles et oubliés, sans importance générale. Ce n’était pas de leur faute d’avoir brisé sous le choc.
Mon frère et moi allions jouer devant la cathédrale parmi les rubis, les saphirs, et les émeraudes de verre. Je dis que nous y allions jouer, mais nous ne jouions pas trop souvent. Pas vraiment. La plupart du temps, nous demandions de quoi manger aux passants. Ils n’étaient pas avares, ces gens, mais ils n’avaient jamais rien à nous donner, pas vraiment, ils crevaient de faim eux-mêmes.
Au début, les femmes pleuraient en nous voyant. Je ne suis pas sûre de la raison. C’était peut-être mon petit frère famélique, ou ma petite robe de dimanche crasseuse, ou peut-être nos plaies à moitié cicatrisées. Difficile à dire. Personne ne nous expliquait pourquoi, mais j’avoue que je n’avais pas pensé à le leur demander. Après un temps, toutefois, les larmes devenaient aussi rares que les passants.
En tout cas, une fois notre croûte ou la moitié d’une pomme pourrie était assurée, nous jouions parmi les échardes des vitraux. Au début, je m’amusais à les reconstruire en trouvant une tête ici ou là, les morceaux d’ailes à côté d’une bête de somme. Tout comme je ne les connaissais pas entières, mes reconstructions prenaient un aspect irréel – les hommes à trois pieds, un martyr à qui il manquait la bouche.
Essentiel, une bouche, pour hurler. Ça, j’avais appris ça pendant la guerre, aussi brève qu’elle fût. Alors, je devais improviser. Une fois, j’ai mis un œil bleu au lieu d’une bouche, et je me contentais à imaginer ce que ce serait de pouvoir goûter avec les yeux. Les yeux, ça pique et ça pleure, mais ça ne vous ronge jamais de faim.
Les jours passaient. Et les nuits. Et un mois ou deux. Ou trois. Et comme ça, c’était enfin encore le printemps. Un printemps tristounet, certes, sans oiseaux, sans écureuils, sans fleurs. Tout ce qui pouvait se manger, voyez-vous, s’était déjà mangé. Et un jour, j’ai bien peur que mon petit frère, comme beaucoup d’enfants à cette époque, ait été cannibalisé à son tour.
Afin je ne l’oublie pas, je suis retournée une dernière fois au parvis. Je me suis à genoux avec les échardes ternies par les cendres et les poussières, et j’ai réalisé ma dernière œuvre.
Je, soussignée, iatrophobe (joye)
Mettez vos zécouteurs, ça passera mieux...ou pas.
Quand je suis malade, quand mon bien-être est en balade
Et je vais mal, mal, mal, non, ce n’est pas normal
Quand je chop’ un’ crève, quand ma santé n’est plus qu’un rêve
Et je vais mal, mal, mal, non, ce n’est pas normal
Quand la fièvre me grille, je me lève et je m’habille
Et je me rends très vite chez lui, s’il n’est pas à Tahiti
Et l’on sort une grosse aiguille pour me faire une piqûre
Et je crie « Mondieu ! Quel salaud ! Tu appelles ça une vraie cure ??? »
Je crains les toubibs, je crains les toubibs, ouh hou hou
Mais si ça continue, je serai foutue
Je crains les toubibs, je crains les toubibs, ouh hou hou
Mais si ça continue, je serai foutue
Et alors je rentre en maudissant ce grand diantre
Je me recouche couche couche, et je me mouche, mouche, mouche
Maudit soit l’infâme, il doit assumer tout le blâme
Oh, que c’est louche, louche, louche, encore farouche, rouche, rouche
Je m’endors et je roupille comme un’ mutilée de guerre
En murmurant quelques serments et des mots assez vulgaires
Mais j’irai bien mieux au matin en dépit de mon chagrin
Et vous me ferez la morale : Ce n’est pas un sal’ bourrin !
Je crains les toubibs, je crains les toubibs, Ouh hou hou
Mais si je continue, je serai foutue
Je crains les toubibs, je crains les toubibs, Ouh hou hou
Mais si je continue, je serai foutue
Pour que la rage s'annonce...
Il court, il court, la maladie d'humour (joye)
J’adore mon médecin. C’est un homme super intelligent. Il ressemble assez à Gustave Flaubert, mais sans moustaches. Et souriant. Et il est moderne. Flaubert est figé au 19e siècle, avec des cravates stupides. Donc, imaginez Flaubert, mais heureux, et vous verrez un peu ce que je veux dire.
Alors, l’autre jour, je suis allée le voir. Mon médecin. Pas Flaubert. Bien sûr qu’il était un peu surpris. Il serait aussi très surpris de savoir que je pense qu’il tient de Gustave Flaubert, mais je vais garder ça pour une autre visite.
En principe, je ne le vois qu’une seule fois par an, et cette seule visite annuelle me suffit largement. En principe, je n’aime pas les toubibs. Et j’ai horreur des hostos. Alors, je les évite, même si le mien est sympa – tellement sympa qu’il ne m’oblige jamais de monter sur le pèse-personne. Sans blague !
Donc, depuis que Dr W me soigne, j’ai beaucoup maigri. C’est un génie, je vous le jure.
Toutefois, hier, je suis allée le consulter.
- Bonjour ! m’a-t-il dit en entrant. Cela fait moins d’un an depuis que je vous ai vue. Avez-vous des problèmes ?
- Eh oui, Dr W ! J’ai besoin de votre aide !
- Bon, ne vous en faites pas, on va vous aider. Quels sont vos symptômes ?
- Eh ben, tout d’abord, j’ai besoin d’un coup de pouce.
- Oh ? En êtes-vous sûre ?
- Oh oui, Docteur, parce que, cette semaine, j’ai la langue dans la poche.
- La langue dans la poche ? Humm…
- Et l’estomac dans les talons !
Il nota sur son petit calepin. Tout comme le Dr W est très minutieux, j’ai continué.
Je lui énumérais mes autres problèmes – les yeux dans les yeux de mon homme, le cœur sur la main, les deux doigts dans le nez, et aussi que je me faisais de la bile.
- C’est tout ? m’a-t-il demandé enfin.
- Oh, non, le pire, c’est que j’ai beau me creuser la tête, et cette semaine, j’ai froid aux yeux.
Alors, le Dr W m’examina les yeux. Il a pris leur température. Puis, il a regardé le thermomètre.
- Mais non, vous n’avez pas froid aux yeux !
- Non ?
- Non.
- Alors, qu’est-ce j’ai ?
- Eh ben, on dirait que vous avez une consigne de chez les Défis du samedi…à propos de l’hypocondrie.
- Ah ! Mais c’est bien sûr ! Comment le saviez-vous ?
- Ben, tout d'abord parce que toutes ces expressions n’existent pas en anglais !

Dicophone (joye)
allophone : Individu qui ne dit jamais rien sauf "bonjour"
bigophone : Se dit de quelqu'un qui parle grandement
cacophone : Celui qui dit merde à l'amour
dadaphone : L'enfant qui enchante son papa avec ses babillements
francophone : Qui parle franchement
gramophone : Personne qui ne parle que de la gram(m)aire, mais sans savoir orthographier correctement
holdaphone : Anglophone qui objecte à tout
idiophone : Passager à bord le train qui vous dérange en parlant trop fort à son portable
jujuphone : Sourd-muet qui fait que demander des bonbons
kiwiphone : Qui parle le nouveau-zélandais
lusophone : Individu qui brille quand il parle
mimiphone : Vieille dame qui radote en zozotant
nimbophone : Vieillard qui crie aux nuages en les menaçant avec son poing
oliophone : Qui ne parle jamais sauf au lit
pipiphone : GSM de très mauvaise qualité
quiphone : Méthode pour vérifier l'identité de la personne à l'autre bout du fil
rhinophone : Se dit des gens qui ne font que regarder leur smartphone au lieu de conduire
sousaphone : Où l'on gardait les annuaires d'autrefois
titiphone : Le GSM d'antan qui allait convenablement dans la poche
usophone : Celui qui se fatigue de ce petit lexique
vivaphone : Appareil particulier au Mexique
wikiphone : Savoir encyclopédique qui permet à l'utilisateur de parler de tout et de rien
xylophone : Individu atteint de la langue de bois
yéyéphone : Cabine téléphonique qu'utilisaient les gens aux années 60
ziziphone : Outil de taille variable
Mots croisés (joye)
- Chéri, il me faut un mot de six lettres.
- Et la définition ?
- « État de félicité ».
- Hmm, je ne suis pas sûre où elle vit.
- Qui ça ?
- Ta cousine Félicité…dans le Nioujerzi, je crois.
- Beuh non, « Nioujerzi » a neuf lettres.
- Y a d’autres indices ?
- Je crois que le mot contient un x.
- Ah. Alors, Texass.
- Téksasse contient un x ? T'es sûr ?
- J’en sais rien…euh, ouais, maintenant que j’y pense, son ex vit au Texass.
- Sonixe ? C’est pas eux qui fabriquent des appareils pour les hérissons sourds ?
- Peut-être bien. Il commence par quelle lettre, ton mot ?
- Euh…
- Ah !
- Non, euh…
- Allez, c’est E…X…et encore quatre lettres ?
- Paraît-il.
- Exquis ?
- Non, et sois raisonnable ! C’est trop tôt pour boire ta bière mexicaine.
- Allez, va, on est samedi, je peux m’en permettre une Dos Exquis.
- Oui, mais tu ne t’arrêtes jamais après une, et même pas dos…
- Hé, j’ai trouvé…
- Quoi, ta bière ? Je pensais l’avoir bien cachée !
- Nan, ton mot !
- Ah oui, quoi t’est-ce ?
- Ex-mari !
- Ah, encore heureux… E..X..M..A..R..I.. ! Tiens, tu me donnes des idées...
- Parfait ! Et hop ! À la bonne mienne !
Mouche-toi, le ciel te mouchera (joye)
Théodore le doryphore pratiquait le sémaphore, et dans son grand inconfort jurait comme un stevedore.
- Oh merde ! Putain ! Oh phallophore ! gémit le pauvre doryphore.
- Qui vive ? » cria un frappe-à-bord.
- C’est moi ! » répondit Théodore.
- Et toi, c’est qui ? Conquistador ?
- Meuh non, c’est moi, le doryphore !
- Un doryphore ? C’est quoi encore ?
- Eh bien, je ne sais pas, j’ignore !
Le frappe-à-bord fit des raccords pour s’envoler vers le Bosphore.
Alors...
Pauvre Théo, tout seul encore, reprit son jeu de sémaphore.
MORALITÉ :
Une bonne métaphore nécessite un grand éphore.

Autant en emporte le plat : Épisode Sweet A. Fan (joye)
L’histoire jusqu’ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/joye/index.html
Alors, notre glorieuse bande de cinq (Hammour, Garceline, Fanfan, l’ex-Vonceralet, et la délicieuse Princesse-fée Émilie) chassa le petit chien blanc jusqu’aux bords de la forêt magique, et puis s’arrêta.
Hammour avala dur. Il n’avait jamais franchi les bords de son royaume des gitans. Il n’avait aucune idée de ce qui pouvait se trouver à l’autre côté.
Garceline, qui ne courait déjà pas mal pour une femme qui n’avait qu’une seule jambe, avouons-le, hésitait. Franchement, elle avait un peu marre de toujours suivre les autres.
Fanfan ne voulait pas quitter la forêt magique parce qu’il avait entendu que les gens qui vivaient dehors étaient cruels et qu’ils se moquaient méchamment de ceux qui étaient différents. Ils n’allaient jamais accepter un homme fait de bois, sauf peut-être comme président des États-Unis, et, franchement, Fanfan n’avait aucune envie d’aller y vivre, même pas en Iowa où se trouvaient les plus intelligents des Américains.
L’ex-Vonceralet s’arrêta surtout pour reprendre son souffle et aussi afin de trouver le moment pour vous dire qu’il était vraiment. Il contempla son ancienne vie de nain grincheux et se demandait s’il pouvait se faire rembourser pour les six épisodes qui ne montraient pas son bon côté, et qui étaient un tantinet ex-nain, à son humble avis.
Et la délicieuse Princesse-fée Émilie s’arrêta à cause de sa classe infinie. Elle n’allait pas laisser ces pauvres malheureux tous seuls au bord de la forêt magique !
Et le chien ? Eh bien, le chien, lui, avait à faire dans le vrai monde – un chien n’est jamais rien sinon pragmatique – et alors disparut dans la cohue du monde ordinaire mais infiniment préférable à cette forêt stupide où chaque semaine il arrivait des choses insolites et sottes, et où on ne pouvait même pas faire pipi sans se faire engueuler par un druide quelconque.
Hammour, Garceline, Fanfan, l’ex-Vonceralet et la merveilleuse Princesse-fée Émilie se regardèrent.
- Eh ben, on s’en va ? murmura l’ex-Vonceralet à la princesse. C’est l’heure du goûter et ta poupée a certainement faim.
- Je veux bien, mon adorable Papy ! lui sourit-elle, mettant sa main dans la sienne.
- Et nous ? crièrent Hammour, Garceline, et Fanfan. On vient aussi, nous ?
- Non, non, répondit l’ex-Vonceralet. Vous resterez ici.
- Mais pourquoi ?? demanda Fanfan. Hammour et Garceline ne dirent rien, ils ne faisaient même plus attention, s’embrassant fougueusement. Courir dans la forêt magique avait renouvelé les flammes de leur inoubliable passion, cruellement oubliée depuis le premier épisode…
- Eh bien, Fanfan, tu sais bien que c’est la fin de l’histoire, expliqua l’ex-nain.
- Mais…ne puis-je pas venir avec vous à votre maison ? Je pourrais peut-être servir.
- Tiens, pourquoi pas ? répondit l’ex-Vonceralet, qui eut une idée…
Et c’est ainsi que se produisit la scène finale de cette saga estivale, avec des soupirs et des sourires et – tiens, ça tombe à pic – des cure-dents pour tout le monde !
Autant en emporte le plat : Épisode Sept [embre arrivera la semaine prochaine] (joye)
L’histoire jusqu’ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/joye/index.html
Après le poum-alakazoum de la superbe princesse-fée, Émilie, Hammour, Garceline, et Fanfan se frottèrent les yeux.
Devant eux, ce n’était plus Vonceralet, le pauvre nain grincheux et généralement méprisé, mais plutôt la silhouette bien agréable d’un homme charmant et spirituel, accompagnée d’un petit chien blanc.
- Mais ! qui êtes-vous ? s’écria Garceline, pas pour la première fois dans cette saga. Vous n’aurez pas loupé, cet été, si vous avez tout lu, que cette prétendue héroïne manque sévèrement d’originalité, ce qui est souvent le propre des héroïnes dans les romances, mais passons, parce que sinon, on n’arrivera jamais à la fin de cet épisode, et puisqu’il n’y en aura plus qu’un seul pour tout terminer avant le deux septembre, alors, bon, en voiture, Simone !
- Oui, qui êtes-vous ? s’écria Hammour, qui lui aussi, souffrait du même manque d’originalité que Garceline, mais lui, au moins, et à son crédit, était musclé et masculin.
Fanfan, la marionnette – au cas où vous l’avez oublié – ne dit rien. Lui aussi se fatiguait de cette histoire, et il ne croyait pas que l’auteure allait le restaurer à sa forme humaine, avant la fin, elle n’est pas quand même Oualte Diznée, alors, il se tut.
- Eh bien, rit l’homme, avant que je ne vous dise qui je suis, il faut répondre à cette question : Croyez-vous aux fantômes ?
- Non ! répondirent Hammour et Garceline d’une seule voix. Fanfan hocha sa tête avec raideur. Que voulez-vous, c’était une marionnette faite de bois, il hocha sa tête alors avec raideur. Noméo, il y a comme des pinailleurs dans le monde littéraire, franchement.
L'exquise fée-princesse rit gaiement. Il ne faut pas oublier qu’elle figura elle aussi dans ce chapitre, même si elle n’eut pas de répliques.
- Très bien, dit l’ex-Vonceralet devant eux. Je suis…
Mais avant qu’il ne pouvait terminer sa phrase, le petit chien blanc s’échappa de sa laisse et partit au courant.
- Yipyipyipyipyiiiiiiiiiiiiiiiiiip ! aboya le chien. Fanfan se fâcha. Même le chien eut plus de répliques que lui cette semaine.
- Oh mince ! cria l’homme dont vous ne connaissez pas encore l’identité. Le chien ! Suivez-le !
~ À suivre pour la fine fin de la saga à samedi prochain ~
Autant en emporte le plat : Épisode Sixtus (joye)
L’histoire jusqu’ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/joye/index.html
- Alors, Hammour, qu’est-ce que tu proposes ? lança Garceline. Tu es, après tout, le roitelet des gitans !
- Et si l’on jouait au nid-oui, nid-non ? demanda Fanfan, essayant d’aider, et échouant, comme d'habitude.
Vonceralet ne dit rien. Il boudait comme un bouscarle (si les bouscarles boudaient).
Hammour secouait ses plumes.
- Eh bien, commença-t-il, mais ne dit plus rien, parce que, devant ses yeux, et entourée des éclairs se trouva une jolie fillette-fée !!

- Qui êtes-vous ?!? crièrent Garceline, Hammour, et Fanfan ensemble. Vonceralet ne cria pas, il boudait (au cas où vous avez oublié, ou si vous avez mal lu jusqu’ici, ou même si vous vous en fichez, c’est selon).
- Justement, dit la princesse-fée. Si vous voulez que je vous aide, il faut deviner mon nom. Mais attention, continua-t-elle. Vous pouvez chacun deviner une seule fois et si vous ne trouvez pas, je ne pourrai pas vous aider.
Sans hésiter ou attendre, parce qu’il était toujours impulsif (c’est bien ainsi qu’il se fit transformer en marionnette et puis moineau), Fanfan hurla la première chose qui lui vint à l’esprit :
- Constance I. Nople !
La princesse le regarda avec de la pitié et hocha sa belle tête.
- Espèce de con ! cria Garceline, encore irritée.
- Euh...non, rigola la merveilleuse princesse-fée, toutefois un peu embarrassée par ce niveau de langage.
- Oh ! Non ! Je ne devinais pas, je parlais à cet idiot de mari à moi que j’ai ! Ça ne compte pas ! pleurnicha Garceline.
- Désolée, sourit la ravissante princesse-fée à la chevelure soyeuse et brune. Ça compte.
- Mince ! soupira Hammour.
- Non plus, désolée, murmura la jeune princesse-fée. Même ses adorables taches de rousseur semblaient sourire à la stupidité collective du groupe qui regarda soudain Vonceralet, leur dernière chance.
Roncevalet ouvrit son petit bec et puis le referma. Il aimait bien dramatiser, lui. Mais quand il l’ouvrit encore, c’était pour deviner le nom de la princesse-fée.
- É-mi-lie, prononça-t-il, soigneusement.
- Ah ! Bravo ! C’est ça ! Je m’appelle Émilie ! rayonna-t-elle.
- Mais, comment l'avez-vous deviné ? crièrent les camarades du nain grincheux.
- Beuh, moi, je n'ai pas deviné ! J'ai Googlé ! Et, puis encore... j'ai Facebouque ! expliqua-t-il.
Alors, la talentueuse princesse-fée frappa les doigts (parce qu’elle avait oublié sa baguette magique dans son autre sac à dos ce jour-là en rentrant de ses leçons d'équitation), et poum ! Les quatre petits oiseaux retrouvèrent leurs formes originelles.
Hammour était encore beau, musclé et masculin. Malheureusement, Garceline avait encore sa jambe de bois et Fanfan était encore marionnette (sans doute parce qu’il y aura au moins encore deux épisodes cet été, hein).
Mais Vonceralet…eh, bien, Vonceralet…Les autres haletèrent de surprise en le voyant. Mais la princesse-fée Émilie sourit tout grand comme ça :

~ À suivre ~
Autant en emporte le plat : Épisode Georges V (joye)
L’histoire jusqu’ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/joye/index.html
Quand Hammour, roi musclé et masculin des gitans, se réveilla, il entendit les pépiements des oiseaux de la forêt magique.
- Garceline ! essaya-t-il de crier, mais il n’entendit pas le basso profundo normal de de sa propre voix. Les pépiements devinrent plus forts.
Il tendit sa main, mais ne vit devant ses yeux encore un peu troublés que des ailes.
Incrédule, il essaya de se lever, et d’un coup, se trouva sur une chaise, à côté de trois autres oiseaux.
Eh oui, cher lecteur, vous aurez deviné --- un méchant sorcier, un peu fatigué de leur histoire, avait pris sur lui de transformer les personnages de leur petit drame en oiseau ! Et, leur créatrice, en grand besoin de vacances ou peut-être de changement, ou encore, plus de deux commentaires, avait pris sur elle de transformer l’histoire en roman-photo, au moins pour cette semaine…










