L'appeau de chagrin - tiniak
Dans la masse éthérée de l'ombre sans limite
un timbre se résout à l'ultime abandon
qu'aspire, aveugle et sourd, le lointain horizon
où viennent s'abîmer la prière et l'invite
à jamais dévolues aux insignes désastres
Là, vibrante ironie, un songe se prépare
à défaire le lit d'émérites labeurs
Rendus à leur oubli, sonnée la dernière heure
ils pourront se griser d'un nouvel avatar
dans le soir fait exprès
Je viens pendre mon quart à l'unique crochet
perçant la canopée de son pâle sourire
Pour l'instant, je me tais; je n'ai rien à en dire
qui ne m'arrache, au mieux, qu'un sinistre hoquet
vers nulle oreille amie
M'entraînant à pas lents vers le port et ses cris
placide compagnie, le fleuve me talonne
Un saule offre ses pleurs au souffle de l'automne
Le rejoignent en chœur l'onde et son clapotis
J'y verse mon écho
Sur les quais chahutés, je dérive bientôt
La garce y est futile et le verbe incertain
L'allure ni le front n'ont plus le pied marin
On me donne du "viens !", me harangue : "Eh, Julot !
Va, je te paye mon coup."
La chanson m'est connue, quoiqu'en vaille le coût !
J'entre dans la partie, entouré de mes pairs...
Arguant de t'honorer, chacun lève son verre
et fait claquer du poing son chapeau de zoulou
sifflant sa Mort Subite
Fffuit !