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8 mai 2021

Souvenirs pas assez nébuleux à son gré d'un hypermnésique débordé (Joe Krapov)

Jean-Paul et Jean-Pierre à Bonneuil (retouchée)

Je suis assez âgé maintenant pour pouvoir dire que j’ai vécu à l’époque du dieu Vintage.

La vie y était résolument en noir et blanc comme sur cette-photo-ci où l’on me voit avec mon frère William. Mes trois frères et moi portons les mêmes prénoms que les frères Dalton mais ça m’importe aussi beaucoup, à moi l'affreux Joe-Joe, de savoir quand est-ce qu’on mange et quand est-ce que les restaurants rouvriront.

Ça date d’entre 1960 et 1970. La maison se trouvait dans une rue tranquille de Bonneuil-sur-Marne. C’était le pied-à-terre que mes grands-parents occupaient quand mon grand-père montait à Paris pour travailler à la « Fédé ».

La voisine s’appelait Madame Bidart ou Bidard mais ça ne m’a pas permis de retrouver l’adresse du lieu sur Google maps. A quoi bon du reste ? A quoi bon mémoriser une adresse de plus qui ne servira à rien ni à personne ? Reste juste une photo du genre « jours heureux de l’enfance ».

C’est comme les PILI dont j’ignorais qu’on les désignât sous ce vocable ! Je me souviens très bien que ça les amusait beaucoup, les grands-parents, de faire découvrir à ces innocents du village que nous étions l’univers encore très Jacques Tatiesque de la capitale. Notre premier escalier roulant à la station de métro Ourcq ! Le panneau indicateur lumineux d’itinéraires, le Pili donc, avec tous ses boutons et ses voyants colorés qui affichaient le trajet à effectuer pour aller de «Vous êtes ici» à «vous voulez aller là-bas». Oui, un genre de GPS avant l'heure si vous voulez, «Pour Invalides, changez à Opéra» comme chantait le poète poinçonneur. Le PILI, une invention qui met du piment dans votre vie !

DDS 662 213 rue LafayetteParce que plus tard le pied à terre s’est trouvé au 4e étage d’un immeuble de la rue de Lunéville à Paris. Grand-mère nous emmenait parfois à pied jusqu’au 213 de la rue Lafayette retrouver Grand-père à l’heure de sortie du bureau. C’était tout droit dans le prolongement de l’avenue Jean Jaurès et on s’arrêtait pour regarder les bateaux dans l’écluse du canal Saint-Martin.

Je me souviens encore du hall d’entrée et du grand ascenseur qui nous emmenait au 2e étage où se trouvait la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol. Je me rappelle les noms des collègues de «l’homme fort du Pas-de-Calais», je revois des visages : Henri Martel, Achille Blondeaux, Stanis Walczak, Lucien Labrune, Augustin Dufresne, Victorin Duguet qui m’avait surnommé «L’avocat sans cause». J'étais sans doute assez bavard et "rameneur" à l'époque !

DDS 662 La Nébuleuse d'Andromède

Ca vous fait des bosses à vous, hein, tous ces estimables fantômes, ces braves types qui n’ont pas vécu centenaires. Vous, vous attendez juste la nébuleuse ! Eh bien c’est là qu’elle était, au 213, venue directement d’URSS, installée sur une petite étagère parmi quelques livres du même acabit : « La Nébuleuse d’Andromède » un roman d’Ivan Efremov publié aux Editions de Moscou en 1959.

Pourquoi je me souviens encore de cela ? Je ne vais pas partir en chasse de ce vieux nanar puisque je ne lis plus rien désormais que des blogs ici et là avec leurs récits de frottements qui durent depuis vingt ans, le Canard enchaîné, des bandes dessinées de cette même époque vintage récupérées grâce à des camarades roumains et des revues de jeu d’échecs qui m’apprennent qu’un joueur russe nommé Nepomniachtchi a gagné le tournoi des candidat ?

Nepomniachtchi ! A peu de chose près, en russe, c’est "nié pomniat’" : Ne te souviens pas !

Ultime gag, l’image du PILI qui clôt ce billet a été capturée sur un site qui parle de Patrick Modiano, grand nostalgique d’un Paris qui n’existe plus, et le site s’appelle… Spacefiction ! Ca ne s’invente pas !

DDS 662 PILI

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Commentaires
P
Belle promenade mélancolique à travers ton passé.
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V
Sympa ce retour au temps d'avant, au temps du PILI dont j'ignorais le nom mais où on pianotait furieusement :)
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J
Tu es vraiment le pilier de l'hypermnésie <br /> <br /> Et rassures toi tous tes estimables fantômes nous intéressent .<br /> <br /> <br /> <br /> Mais je suis intriguée par la largeur des slips <br /> <br /> Serait-ce du favoritisme pour que l’un des deux frères ait un slip plus grand. ?☺
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J
C'est bon de gou-PILI-er dans les souvenirs !
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L
j'adore la dernière image
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W
PILI ! Je ne savais même pas que ça s'appelait comme ça... Faut dire que je ne les ai utilisés que fin des années cinquante. Je n'ose pas imaginer la complexité du câblage, spécifique à chaque station !
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V
Pour moi, la nébuleuse c'est le "PILI": un acronyme? pour ce Plan Indicateur Lumineux d'Itinéraire... <br /> <br /> Et pourtant moi aussi je l'ai utilisé... Sauf que je confondais Saint-Cloud et Simplon: à prononcer ce n'était jamais qu'une histoire de métal!!! Heureusement je savais que j'habitais le XVIIIe!
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K
Il y a dû Joe et aussi du Krapov dans ces "je me souviens"... J'ai aussi adoré ces systèmes, encore présents à Paris dans les années 70, où la carte géante du métro nous indiquait (famille de Français moyens en visite dans la capitale !) le trajet à suivre du style "de gare de Lyon à Notre Dame de Lorette, changez à..." plus amusant qu'utile car on avait le plan de Paris et du métro dans un petit livre rouge... "vintage"!
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L
Je suis comme Adrienne, j'ai flashé pour les slips. J'ai presque la même photo avec mon frère ! Ah le vintage, c'était le bon temps !
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A
en lisant le début "j'ai vécu à l'époque du vintage" j'ai cru que tu allais nous parler de slips ;-)<br /> <br /> mais rassure-toi, avec ou sans slip, c'est toujours tordant!
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