UN TANGO ARGENTIN (Venise)
Hors de la ville , loin de Buenos-Aires
Un tango argentin fait ses premiers pas.
Ils ont tous deux dix-sept ans
Et ne se doutent pas qu’on les regarde
Mais faisons silence pour laisser monter le bruit de leurs pas.
Comme un vent d’Avril il étreint sa taille et elle sans larme souriant à toutes les morts
Bascule sa nuque dans le vide.
On peut voir battre leur cœur tant leur rythme est soutenu.
Je les vois onduler sur la place blanche et tout pourrait brûler sur leur passage.

Comme des papillons qui s’effleurent réprimant en même temps tout tremblement
Ils se serrent , se desserrent pour mieux se voir.
Qui chante là ce tango avec cette voix si pure?
Ne soyons pas impatients de le savoir , mais suivons la course de ces deux jeunes-gens dont les jambes
Puisent leur énergie dans la braise de l’été finissant.
Cette danse de feu fait de soupir et de détresse marque l’urgence à vivre sa vie .