Participation de Venise
Quel passage ce dimanche sur ce marché.
Des caravanes chargées d’ivoire, des encens turcs, des parfums iraniens et ce nomade qui martèle de sa voix stridente la valeur de son magot.
Je voudrai prendre des notes comme une simple touriste curieuse mais sa voix comme un marteau piqueur défonce les textes sacrés.
Alors je m’arrête là comme si j’avais reçu un coup de marteau sur la tête qui aurait effacé ma mémoire.
Je m’approche de lui et regarde cette belette empaillée posée à ses pieds.
Je l’ai observée longuement la bestiole avec un œil nouveau à en devenir marteau.
Ce marché m’a enchanté l’impression qu’on m’avait joué un bon tour ne me lâchait pas
Quand surgit devant moi comme un requin marteau l’homme qui allait bouleverser ma vie.
Prise soudain d’un appétit d’essentiel je le vis d’abord comme un humble accident et habituée à ne pas être sujette à un coup de marteau je remarquais immédiatement sa finesse si courante dans ce peuple afghan. La lenteur de ses gestes sa frugalité effaçait la mesquinerie de ce monde.
Pris entre le marteau et l’enclume, il me sourit et cela suffit à transformer mon vide intérieur en espace.. Un autre nomade continuait à vociférer à la pointe du minaret
Et j’espérai qu’une grue marteau vienne l’y déloger. Bien que le soleil se cache derrière les collines je continuais à observer les magnifiques reflets du visage de mon cavalier.
Pourquoi ajouter des mots qui ont trainé partout comme de vieux clous frappés au marteau ?
Pourquoi m’obstinai-je à reparler de ce voyage. ?
Quel rapport avec ma vie présente ?
Étais-je en train de devenir marteau ?
Par peur de compromettre ce récit plein de fantômes, si je pouvais au moins d’un coup de marteau le faire disparaitre dans le sable du temps.
Je reviens donc à ce trou de mémoire dans lequel loge le bruit d’un marteau piqueur
Qui fait sécher sur pied tous les souvenirs de ce voyage.
Ce jour là pourtant j’ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s’en trouverait changée. Pour un instant mon afghan m’a prêté ses couleurs et nous avons lâché un instant les marteaux de la peur de l’autre.
Depuis je ne suis plus la pédante que j’étais, mes convictions assénées comme des coups de marteau ont laissé place à la merveilleuse tolérance des frontières franchies
A BON MARTEAU SALUT !!