Ombre et lumière (EVP)
A l’ombre où l’on m’a mis,
Il y a des portes qui grincent et des serrures qui claquent.
Dans l’ombre de cette vie,
Il y a tout ce gris et ces violences qui toujours éclatent.
Ce que j’appelais lumière,
Ce n’étaient que des néons criards et des trésors obscènes.
J’avais fait de ma vie une guerre,
Pour une Rolex en or, du fric et une puissante B.M.
Seule, dans le parloir, ma mère,
C’est à présent elle, ma seule vraie lumière.
Drapée dans sa honte, elle persévère,
Dans son amour pour moi, le fils sans père.
A l’ombre où je gémis,
Il y a des judas qui s’ouvrent et des clefs qu’on trimballe,
Je garde dans le creux de la nuit,
La petite bougie de son amour, comme une lueur d’opale.
Si je pouvais refaire ma vie,
Au soleil chaud des beaux dimanches,
Je redeviendrais tout petit,
Eclaboussé du rire de ses yeux de pervenche.
Alors s’effacerait tout ce gris,
Et ces portes lépreuses, et ces odeurs de pisse.
Mais ce n’est qu’un rêve joli,
Qui fuit dès que les cris des matons retentissent.