Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 709
Derniers commentaires
Archives
5 novembre 2011

La petite Rosine (Joye)

port-isaac-paintingPort Isaac par W. Atherton-Cathcart

 

La petite Rosine

Celle qui faisait si bonne mine

Avait des amies mesquines

Dans le port.

Elle, la perle fine,

Parmi toutes les voisines

Elle était bien la dauphine

De ce port.

 Mais son bien-être

Prit un grand sale coup,

Quand une lettre

Arriva au-dessous

D’la porte du jeune et joli prêtre

De ce port.

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

« Monsieur le curé,

La Rosine s’est égarée

Il faudra vite la sauver

De son sort !

Faut aller prier

Pour cette fille et ses péchés

Dans la nuit noir, et tous cachés,

Pendant qu’on dort ! »

 Le jeune prêtre

Entendant l’appel

Des péchés à commettre

Par la petite belle --

Fallait pas se soumettre

Au grand malheur champêtre

De ce port !

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Quelles nouvelles pénibles !

Alors le jeune prit sa Bible

Et s’en alla chez la cible

De ce port.

Mais il était faillible

Et vraiment bien trop sensible

À la beauté impossible

De ce port !

 Et  le jeune prêtre

Était tout prêt

À la remettre

Sur le bon sentier

En oubliant peut-être

La Parole de son Maître…

À ce port !

 http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Le lendemain toutes les copines

De la pauvre petite Rosine

Attendaient, toutes malignes,

Faire du sport !

Mais la petite Rosine

Était quand même bien coquine :

Elle tomba sur une combine...

Ô heureux sort !

 Ce qui se passa

Je ne peux vous le dire

Mais je suis sûre

Que vous croirez le pire…

En oubliant peut-être

Que c’est bien par la fenêtre

Que l’on sort !

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Publicité
5 novembre 2011

Madeleine (ou destination ailleurs) (Ristretto)

Madeleine regarde par la fenêtre comme on regarde un train sur le quai des départs.
En ce matin grisaille, le dimanche susurre sa lenteur monochrome.
La ville est immobile.
Engourdie.
«  Et ce soir ? Mais tu rêves Madeleine ! Qu’en dis- tu pour ce soir ?  »
«  C’est parfait, bien sûr, chéri »

Trop tard !  Le dernier wagon n’est plus qu’un point minuscule au dessus des toits.
Demain, peut être.
Ou un autre jour.
Madeleine le sait, elle posera le pied sur un nuage et s’engouffrera dans le premier train venu en partance pour nulle part.

De petits riens en pas grand-chose, la journée se faufile entre les cils de Madeleine, un déroulé sans saveur.
Sur la nappe fleurie se dessinent des ailleurs épicés de gingembre.
A petits pas, Madeleine s’y infiltre et se met à danser.
Une valse à trois temps autour du verre de cristal, une salsa enfiévrée face au flacon de Tabasco, folle farandole entre les assiettes des invités………

« Avez-vous un votre M@cbook, Madeleine ?, c’est vraiment hyper cool vous savez »

Hyper cool, que veut elle dire ? Au fond, Madeleine s’en moque.

Tout en répondant évasivement, elle songe aux vents du sud chargés du sable du désert, aux mangues sensuelles, aux parfums d’orangeraies.

Proposer du café, des tisanes peut être aussi, ne pas oublier le sucre et les petits chocolats…

« Vous êtes restés 4X4 ? !! » ...« Mais en ville, le tramway, bien sûr !  Il n’est plus possible de rouler... ».... « Maintenant nous ne prenons que des boites automatiques, c’est un plus écologique et tellement confort ! »

Sur le mur du salon, une petite route serpente au travers de marais salants.
Entre les carrés de ciels, des petits tas de sel blanchissent au soleil.
Aussi blancs que les cheveux de Madeleine.

Demain,
Ou un autre jour,
Par la fenêtre,  elle embarquera dans ce train fantôme.
Madeleine le sait.

 

5 novembre 2011

Par la fenêtre (KatyL)

katy1661

Un soir juste avant noël alors que j’avais décoré toutes mes fenêtres de guirlandes et bougies, de lutins et boules multicolores, je sortis pour voir dehors l’effet produit de mon « œuvre »  et sa luminosité….

J’avais aussi installé des petits sapins en pots sur toutes les marches des escaliers extérieurs avec des étoiles lumineuses et de la fausse neige….

Je descendis remplie de joie comme si un heureux évènement allait s’annoncer.

Je fis bien attention de ne pas marcher dans ma neige artificielle, comme il faisait un peu froid je m’étais recouverte d’une cape en laine tyrolienne bien chaude..

Je me postai devant la maison derrière la grille bleue, et je regardai chaque détail comme une petite fille.

J’étais seule à la maison ce soir-là, d’une manière inhabituelle, mes enfants étaient ailleurs, mon ami aussi.

Je pensais quel dommage que je sois seule car j’aurais voulu guetter sur leurs visages les émotions devant cette féerie, « s’ils avaient pu être là me dis-je » mais ce n’était pas possible !

Je regardai avec insistance la fenêtre du salon lorsque le rideau en organdi se mit à bouger, intriguée je pensai à un courant d’air, lorsque je vis passer comme une petite silhouette blanche brillante!  Quelle émotion pour moi !

Je m’approchai doucement pour voir à l’intérieur de chez moi mais je ne vis rien ! «Sans doute les reflets de la lune qui brille si fort ce soir » me dis-je.

Puis contente de mon travail, je décidai de rentrer.

En arrivant dans mon salon, je regardai cette fenêtre cette fois de l’intérieur tout était normal, la maison sentait bon le sapin décoré, le cristal du lustre brillait plus que d’habitude…le téléphone se mit à sonner, je n’attendais pas de coup de fil, quelle ne fut pas stupéfaction en reconnaissant la voix de ma petite sœur qui me dit : « j’ai une grande nouvelle à t’annoncer plus tôt que prévu , je viens de mettre au monde un petit garçon je l’ai nommé Baptiste, il est né avec un mois d’avance, mais tout va bien, le 1er coup de fil que je passe c’est à toi, en regardant par la fenêtre de ma chambre (à peine revenue depuis une heure de la salle de travail, contemplant mon petit ange) j’ai vu passer dans le ciel comme une petite étoile filante et j’ai eu envie de partager cet instant magique avec toi ».

-«  je comprends mieux la lumière blanche, j’avais le dos tourné je regardais mes fenêtres décorées et j’ai vu passer cette lueur comme par magie, en fait, ton petit Baptiste a annoncé sa naissance comme l’enfant Jésus lui dis-je en riant »

Voilà comment la vie passe par les fenêtres mystérieusement!

katy1662 

5 novembre 2011

C’est par la fenêtre que l’on sort… (Mamido)

 

Fenêtre 3

C’est par la fenêtre que l’on sort lorsqu’on est enfant ou adolescent et que l’on veut échapper à la vigilance de ses parents.
A condition, bien sûr, que l’on n’habite pas trop haut.

Ainsi a fait Jéjé, notre fils, en de maintes occasions qu’il serait trop fastidieux de narrer ici. Sauf une, peut-être.

Jéjé a cinq ans, six peut-être…
C’est l’été, tout le monde est en vacances. Et nous, les parents, en profitons pour faire la grasse matinée. Nous ne nous levons guère avant neuf heures.
En ce temps-là, Jéjé est un lève-tôt. Réveillé vers six heures trente, il doit attendre plus de deux longues heures avant que nous soyons prêts à lui servir son petit-déjeuner.
Et c’est long, très long, trop long pour un petit garçon affamé comme lui.

Tous les matins, Jéjé s’ennuie en attendant dans son lit. Mais c’est un petit garçon plein de ressources. En ouvrant ses volets afin de pouvoir profiter de la lumière du jour pour jouer dans sa chambre, il s’est rendu compte que ses grands-parents, qui habitent de l’autre côté du jardin, se réveillent très tôt eux aussi. Il les voit écarter leurs volets. Il entend, par leur fenêtre ouverte, s’entrechoquer les bols sur la table du petit-déjeuner que dresse sa grand-mère. Il sent la bonne odeur du café, celle du pain grillé qu’elle prépare.

Alors, c’est plus fort que lui, un matin, il chausse ses pantoufles et, en pyjama, sort la tête première par sa fenêtre et, sans bruit, traverse le petit jardin. Les grands-parents voient avec surprise la frimousse de leur chenapan de petit-fils s’encadrer dans la fenêtre ouverte qu’il enjambe également. Il partage ainsi pendant trois semaines le repas du matin avec ses grands-parents. Mamie lui sert un onctueux chocolat  chaud, un jus d’orange et des « miel pops », ses céréales préférées à l’époque.

Une fois le ventre plein, Jéjé retourne dans sa chambre par le même chemin pour y attendre patiemment le réveil de la maisonnée. Puis, pour ne pas donner l’alerte sur ses escapades sans doute, il mange de bon appétit le petit-déjeuner que maman lui prépare, identique en tout point à celui de sa grand-mère.

Seule une conversation fortuite entre mère et fille sur les goûts de Jéjé en matière de céréales permettra de découvrir le pot aux roses. Mais cette discussion ayant lieu à l’automne, près de deux mois plus tard, Jéjé ne sera pas puni, seulement fortement réprimandé.
Fort de la certitude que ses parents ne rendent compte de rien lors de ses escapades, Jéjé réitérera, en de nombreuses occasions et pour des raisons variant en fonction de son âge, ses sorties.
La dernière a eu lieu en Juillet, cet été, lors d’une visite de Jéjé à ses parents.

Papa, pas plus inquiet que ça (Jéjé a trente-trois ans maintenant) demande en se levant, vers sept heures du matin, si c’est normal que Jéjé ne soit pas dans son lit. Maman, dont l’instinct protecteur et les angoisses au sujet de sa progéniture ressurgissent dès que l’un de ses petits dort sous son toit, se lève précipitamment en criant « non, ce n’est pas normal ! ». Comme au bon vieux temps, les images négatives se percutent dans son esprit : enlèvement, accident…
Mais elle n’a pas le temps de se faire du souci d’avantage car en ouvrant les volets et la fenêtre côté rue elle aperçoit le visage épanoui de son fils s’y encadrer. Dans ses mains, il porte un gros paquet de croissants et sous son bras deux baguettes.

C’est que, parfois, il arrive encore à Jéjé de se lever tôt et que le matin, il est toujours autant affamé !

5 novembre 2011

Participation de Venise

 

sirénéMa chambre donne sur la lagune

Elle est spacieuse et largement éclairée par trois fenêtres

Elle est celle de mon aïeul Marco Polo

Ici réside mon royaume, j’y trouve  beauté luxe et sérénité.

Ma table de travail plus longue que mes deux bras écartés

Mes rideaux amples partant du plafond pour s’écraser sur un plancher de bois

Je me jurai de rendre ma présence aussi légère dans ce lieu habité ;

N’ayant aucun don pour la paresse, j’ai flâné de ma fenêtre à travers les ruelles de Venise

N’en déplaise à Rodin, il ya deux façons qui facilitent la pensée  

Le coude gauche sur la table le front posé sur la paume, les yeux fermés et l’autre ma préférence celle d’Éluard

Cette invitation ‘c’est par la fenêtre que l’on sort ‘

C’est en fouillant l’espace du dehors que je trouve ma fenêtre préférée.

D’abord la glycine précoce qui longe la façade, et ses sarments musiciens qui bruissent au moindre vent.

Les vieilles tuiles de la ville qui se déclinent comme un alphabet à déchiffrer.

Ma pensée s’accroche au cul des bateaux pour s’envoler vers un ciel blanc et lumineux.

Je salue jules vernes qui passe au loin j’ai plongé dans l’Adriatique pour y cueillir les larmes d’Yseult

J’ai souvent décroché la lune au soir couchant pour m’enfoncer dans une terre pleine de chiendents.

J’ai passé ainsi des heures inoubliables à détricoter le monde sur le bord de ma fenêtre

En grandissant la marée des mots et des images m’ont contrainte à emporter les fenêtres vénitiennes avec moi .Elles sont ma carapace ma coquille de Bernard l’Hermite

Chargée de mon chez moi sur mon dos fenêtre je continue à découvrir l’ailleurs.

Publicité
5 novembre 2011

C'est aussi par la fenêtre qu'on rentre‏ (Berthoise)

À l'École Normale des Filles (ENF) où je fis mes études, les dortoirs étaient à l'étage, des box de 7m2 à tout casser, fermés d'un rideau avec un lit, une table, un placard, un lavabo et une demi-fenêtre. Nous avions le droit de sortir le soir, jusqu'à 10 heures, je crois, sous réserve de signer le registre de sortie. À vrai dire, je ne sais plus bien quelle était l'heure limite. Ce dont je me souviens, c'est qu'il n'était pas difficile de quitter le bâtiment mais qu'en revanche, si on ratait l'heure de rentrée, on se retrouvait le bec dans l'eau du caniveau à devoir dormir sous les ponts ou bien à l'autre bout de la ville, à l'ENG ( École Normale des Garçons) qui, elle, restait ouverte toute la nuit. Bien sûr, nous avions trouvé un truc, nous laissions ouverte la fenêtre d'un atelier à la cave, ce qui nous permettait de rentrer à pas d'heure. Car passer la nuit chez les garçons pouvait être rigolo mais franchement, on n'y dormait pas beaucoup. Le truc de la fenêtre de l'atelier était vieux comme mes robes, autant vous le dire. Ma mère, qui fréquenta les mêmes lieux, usait déjà de la même astuce. Toutefois, il arriva qu'un jour, l'accès à la cave fut condamné par un cadenas inopportun. Qu'à cela ne tienne, nous trouvâmes vite une autre voie. Garder des jeunes filles dans un internat est aussi difficile que de retenir l'eau entre ses doigts.

C'est ainsi qu'une nuit, Clotaire (sans rire, il s'appelait vraiment Clotaire), le directeur de l'ENF me reçut en pyjama dans son bureau. Faut avouer à sa décharge qu'il n'était pas loin d'une heure du matin et que j'avais dû le tirer du lit. Il devait souffrir d'insomnie car je suis bien certaine d'avoir été discrète. Il m'avait trouvée à califourchon sur la fenêtre du hall et m'avait demandé d'une voix ensommeillée mais néanmoins courroucée, ce que je faisais là. " Je rentre, Monsieur le Directeur, je rentre. "

Quelques semaines plus tard, nous prenions un appart en colocation, Soumarine et moi, Clotaire m'ayant fortement suggéré d'aller me faire voir ailleurs.

5 novembre 2011

C'est par la fenêtre que l'on sort... (Walrus)

C'est aussi, comme le fait très judicieusement remarquer Berthoise, par là que l'on entre.

Ça nous aurait quand même grandement simplifié la vie si l'architecte avait prévu une porte !


5 novembre 2011

Sortir par la fenêtre… (EVP)

Léo, entre en classe gentiment
Petit Léo n’est pas bien grand,
Ni très costaud, c’est évident,
Mais il comprend si rapidement.

Finit en cinq minutes chrono,
Divisions et leçon de Géo.
Alors il peut ouvrir la fenêtre,
Qui fait de l’air dans sa p’tite tête.

Oublier le monde droit et plat
Enfourcher son destrier blanc,
Tuer le dragon malfaisant.

Sauver la reine sous les vivats,
Batailler contre les méchants…
- Léo ! C’est à toi maintenant.

 

5 novembre 2011

Giulia (Vegas sur sarthe)

"Giulia? Giulia?"
Le regard perdu au delà des dernières lumières qui marquaient la pointe du Layet, la fillette n'entendait pas. Elle serra plus fort Bayroux son chat siamois comme pour l'étouffer.
Le ronronnement cessa et Giulia le rejeta vivement comme lui avait enseigné maman pour éviter le coup de griffe.
Papa ne supportait pas ces vilaines traces sur sa peau blanche; il la voulait parfaite, irréprochable, toute propre comme maman.
"Pas besoin de greffier ici" tonnait-il.
D'ailleurs depuis des semaines il occupait son temps à son nouveau joujou, un Karcher flambant neuf et la terrasse de Capo nègro n'avait jamais été si blanche... où plus aucun de ses propres jouets ne traînait.
Elle l'avait toujours considéré comme un grand enfant, lui qui avec sa bande jouait quotidiennement à Halloween à visage découvert - "trick or treat" comme on dit - lui qui piquait des colères terribles quand il perdait une partie.
Leur monde ressemblait à une grande cour de récréation dont elle ignorait tout des règles du jeu. "Ici" disait maman "on est à l'abri de la crise" et d'un sourire, Giulia était rassurée.
La crise soufflait parfois très fort sur les Maures et elle avait vu plus d'un voilier imprudent en difficulté.

Pour elle en septembre c'était l'entrée en primaire mais la mine grave des adversaires de papa sur la télé lui avait ôté toute envie d'y participer.
"Un jour tu t'envoleras" avait prédit maman.
"Comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, comme maman!"
Depuis que papa avait quitté le bahut il voyait moins tatie Angela, piquait autant de colères mais passait plus de temps au château de mamie même si elle le voyait peu à cause de ses virées au col de Canadel.
"Tu monteras très haut toi aussi" avait dit maman.
"Comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, comme maman!"
 
Au Sud la masse sombre de Port Cros s'étirait sous la lune et elle crut distinguer à sa pointe un feu clignotant, comme un appel.
Trois mois qu'elle était privée de son cher Diégo... trois mois que tatie Rachida - c'est ainsi qu'elle l'appelait - avait tapé du poing et fermé sa porte.
Une histoire de grands à laquelle elle n'avait rien compris comme toujours, malgré ces phrases apprises par coeur jour après jour : "Travailler tout plein pour gagner tout plein" et bien d'autres phrases qu'elle et Diégo s'amusaient à singer en haussant drôlement les épaules.
"Tu feras une bonne comédienne" avait ironisé maman.
"Comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, comme maman!"

Demain, Diégo aurait sept ans et elle ne supportait pas d'être séparée de celui à qui elle s'était promise sur la petite barque où ils s'isolaient loin des grands.
Elle crut distinguer au loin le tintement des élingues de la Marine du Lavandou... au château le mot Marine était banni sans qu'elle sut vraiment pourquoi et quand elle demandait, maman disait "Tu sauras quand tu seras grande"
"Grande comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, beaucoup plus ma chérie!" 
Contre le rebord de la fenêtre, une échelle de jardinier avait échappé au Karcher et lui tendait ses bras : elle les saisit et bascula sans trembler dans l'ombre complice du jardin.
L'air frais chargé de senteurs provençales lui fit du bien; elle l'aspira à pleins poumons comme un grand bol de liberté.
Au dessus d'elle, une voix feutrée minaudait : "Gigi, Gigi"
   

5 novembre 2011

Madame Sornette (Sebarjo)

 

Madame Sornette
En ouvrant sa fenêtre
Fit tomber son mari.

Elle était peut-être,
c'est vrai en espagnolette,
Mais elle en fut fort marri...

Car dans sa chute, son mari
Entraîna une bonne partie
De sa belle huisserie.

L'affaire fut vite réglée
Et la Sornette épargnée.
Elle fit réparer le bâti
Et changea le châssis.

On conclut au suicide,
Ignorant la maline.

Car c'était dans le vide,
Sans fenêtre à guillotine,
Que Monsieur, cet intrépide,
Ôta sa tête de lin-
Otte et sauta
Comme une mine,
Selon les médias,
Du haut de sa cuisine,
Rue des lilas.

Madame Sornette
En ouvrant sa fenêtre
Fit tomber un sourire,

Poussant la chansonnette
En envoyant paître
Tous ses souvenirs.

 

5 novembre 2011

Sorti par la fenêtre (Captaine Lili)

La nuit est au bord de l’aube. 

Entre les gouttes, il se glisse. Il est sorti par la fenêtre.

Rejoindre sa belle endormie…

Il arrivera parfumé d’air sauvage.  Avec l’envie de se réchauffer.

Elle, elle offrira son corps.

Aux fenêtres, les volets seront clos.

Lorsqu’ils les ouvriront, le soleil sera là.

Vibrant.

Entrant de tous ses rayons par la fenêtre.

5 novembre 2011

Fenêtre sans recours‏ (titisoorts)

 Lorsque tu éteins ta fenêtre
Un grand froid parcourt tout ton être
La nuit est là, maquillée de noir
Autour de toi, c'est le trou noir
 
Je sais bien que tu as plein d'amis  
Lorsque tu fermes ta fenêtre
Tu te sens seule mal et démunie
Ont tous tendance à disparaître
 
Et la nuit t'a eu par surprise
Sans que le silence se brise
Pour sembler être accompagné
il t'arrive de trop te parler
 
Imprégné par un grand silence
comme l'impression de malchance
en seule compagnie gris gris ton chat
En main "voici" et tout son vomi
 
Samedi pour toi, c'est la corvée
ton corps te dit" il faut bien manger"
Alors tu pars faire ton marché
Dos courbé, la tête dans tes souliers
 
Un grand merci d'avoir été là
Lorsque j'avais le moral bien bas
maintenant passe une bonne nuit
j't'embrasse et demain on finit...
 
Je sais bien que tu as plein d'amis
Lorsque tu fermes ta fenêtre
Tu te sens seule et démunie
Ont tous tendance à disparaître

 

 

5 novembre 2011

Participation de Célestine

 

Il est mort ce matin, calmement, sans un bruit.

C'était mon compagnon de chambre et d'infortune.

Pour moi, qui ne pouvais regarder au-dehors,

De son lit, près de la fenêtre, il décrivait

les soleils chalumeaux des juillets infernaux ,

les floconnantes plumes des hivers neigeux,

quand la lumière étrangement baisse le ton.

Les brumes de novembre et les avril fleuris,

les chatoiements des blés aux soirs de messidor.

Je connaissais le monde à travers ses paroles,

et chaque jour le monde me semblait plus beau.

Des arcs en ciels de lunes traversaient nos nuits,

des parterres ornaient, de leur munificence,

la ruelle empierrée, le velours des pelouses

et le bonheur des jours, et les corolles tendres

les lézardes des murs et les chats ronronnants.

Grâce à lui, moi qui ne pouvais pas me mouvoir,

je trouvais la prison de mon corps moins sévère,

et j'ouvrais, en esprit, cette aimable fenêtre

sur les merveilles que mon ami me contait.

Il est mort ce matin, calmement, sans un bruit.

L'infirmière pleurait en lui fermant les yeux.

Il me disait le monde à travers la fenêtre

dis-je en pleurant aussi.Et pourtant cet ami

qui m'aida à tenir, qui m'aida à guérir

avait puisé au fond de sa nuit éternelle

pour éclairer ma vie.

Car il était aveugle.









5 novembre 2011

Revenir (Brigou)

Brigou166

 

Ouvrir la fenêtre
Arroser les plantes
Eparpiller le courrier
S’arrêter
Regarder autour de soi
Respirer
Réapprivoiser le quotidien.

 

 

 

5 novembre 2011

C’est par la fenêtre qu’on sort… (Adrienne)

C’est par la fenêtre qu’on sort un panier au bout d’une corde, quand on habite les vieux quartiers de Naples.

Dans le panier il y a la clé de la porte pour que le visiteur puisse entrer chez vous. Ça vous évite de descendre et surtout de remonter jusqu’à votre appartement qui est au second sans ascenseur. Surtout que vous êtes encore en robe de chambre à onze heures passées et pas encore coiffée.

Dans le panier, il y a le portemonnaie et la liste des courses. La gamine d’à côté se fera un plaisir d’aller vous acheter le sel, le sucre ou la farine qui vous manquent pour le repas de midi et ça vous évitera de devoir sortir. C’est bien pratique vu que le petit dort justement ou que votre soupe est en train de bouillonner doucement sur le fourneau à gaz.

Vous descendez aussi le panier pour le facteur. Pour les marchands ambulants. Pour dépanner la voisine du dessous. Il n’y a qu’à crier : la fenêtre est toujours ouverte sur la rue.

Personne n’utilise le bouton de la sonnette. D’ailleurs il y a longtemps qu’elle ne marche plus.

En bas, dans la rue étroite et bruyante, une touriste s’est arrêtée, le nez en l’air. Vous voyez bien qu’elle admire votre ingéniosité. Vous échangez un sourire puis vous retournez à vos fourneaux.

RUE

5 novembre 2011

Dans la cabane (MAP)

 

DSCF2802

 

Dans la cabane du trappeur

le chaud soleil a fait son nid

il entre, il sort, par la fenêtre

et prend  plaisir à s’y mirer

s’y admirer !

 

 

 

Le lac aussi est de la fête

et tous les arbres réunis !

Chaque soir leur image luit

en mille reflets chatoyants

si apaisants !

Publicité
<< < 1 2 3 4
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité