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Le défi du samedi
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19 décembre 2009

Femmelette givrée (Tilleul)‏

Une odeur de cannelle emplit la maison… Vous l’avez compris, je ne dîne pas seule ce soir… Mes invités vont arriver d’un moment à l’autre. Il est 18h et ils ont promis d’être là en fin de journée. Le vin chaud est à la bonne température, les verres sont prêts, la table est dressée…

18h30. Il serait temps qu’ils se pointent !! Le vin refroidit et l’agneau a trop chaud !! Il sera délicieux celui-là !! Dans le pot au feu, j’ai ajouté une cuillerée de coriandre, du cumin, du gingembre et un soupçon de piment de Cayenne en poudre… dans le livre, ils appellent cela de « l’agneau Kebab »… Ce sera de l’agneau brûlé si ils tardent encore !!

19h. Enfin ! La sonnette de la porte d’entrée retentit…

19h10. C’était la voisine, elle vendait le calendrier des pompiers !

19h45. J’ai déjà réchauffé le vin trois fois. Il ne doit pas bouillir et à force de regarder dans la marmite et de respirer les effluves aromatisés qui s’en échappent, je suis à moitié « pompette ». D’ailleurs, je vais en boire un petit peu, rien que pour le goûter…

Ils sont sans doute coincés dans une congère… Et le chasse-neige n’est pas encore passé… Si au moins ils avaient un portable !

20h. Je n’aurais pas dû !! J’ai vidé quatre verres de vin… Vous dites ? Non, je ne suis pas alcoolique mais il fallait vérifier l’assaisonnement… Pour les mêmes raisons, l’agneau est bien entamé lui aussi…

C’est la cinquième fois que je redémarre le CD de Johnny… Mes invités sont fans de lui, alors, vous comprenez, c’est pour leur faire plaisir parce que moi, je n’apprécie pas plus que cela, je préfère Mozart ou Bach…

Les bougies allumées pour une ambiance de fête sont presque consumées. Tant pis ! Je les éteins et la gazinière aussi !

Pfff ! En plus j’ai mal aux pieds ! J’enfile mes pantoufles et je me laisse tomber dans un fauteuil… où je ne tarde pas à m’endormir…

20h35. Driiing ! Mince ! Les voilà ! Et je ne suis pas prête…

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19 décembre 2009

Sans titre (Vegas-sur-Sarthe)

"Kaiii!"
D'un coup de sabot bien placé Tornade a écarté le vieux chien jaune d'entre ses pattes.
"Pousse-toi d'là, vieux... tu sais bien que t'es jamais du voyage!"
Derrière le grand mâle, les plus jeunes s'impatientent, surtout Fringant et Tonnerre dont les harnais de cuir sont bandés comme des arcs.
"Doucement les gars..." tempère Tornade "on s'ra pas prêts avant une bonne heure, et pis j'ai pas encore briffé le p'tit nouveau".
"On a le temps de se refaire une ventrée de lichens, alors?"
"Vous éloignez pas trop les gars... le Vieux n'aime pas ça; il est nerveux à cette heure!"
Le p'tit nouveau c'est moi... Rudolph, et je réalise la chance que j'ai d'avoir décroché le job parmi cinquante candidats. Je sais que mon nez rouge flamboyant y est pour beaucoup mais sans mon sens inné de l'orientation, j'aurais perdu le Nord aux tests pratiques.
Guide-éclaireur et neuvième coursier de l'attelage, tous comptent sur moi pour éviter les pièges des brouillards malicieux qui retardent et font gueuler le Vieux!!
Danseur a placé les autres par couleur de robe, les pelages gris devant avec Furie et Eclair et les pelages bruns derrière avec Comète et Cupidon mais jamais je n'aurai le temps de les reconnaître en si peu de temps.
Alors j'ai trouvé une astuce pour les situer sans me retourner car je dois vous dire: je possède aussi un odorat hyper développé et j'ai accroché dans leurs bois des sachets d'épices tous différents.
Tout près de moi les saveurs subtiles, gingembre, badiane et cucurma... plus loin l'aneth, la réglisse et le safran; un sillage odorant et parfumé qui va faire frémir plus d'une narine sur notre passage!
Le Vieux a eu l'air de trouver l'idée assez astucieuse et je pense avoir marqué des points sur ce coup-là; mais je sais aussi qu'il s'en fout un peu, d'abord parce qu'il se traîne une sinusite carabinée et puis pour lui ce qui compte c'est les horaires, la satisfaction du client et aussi ce projet bizarre de réduction de TVA qui l'occupe beaucoup... un Traîneau Virtuel Automatisé.
Derrière moi, ça s'agite de plus en plus; le bruit court que le Vieux a fait le plein et comme le chien jaune vient de reprendre une bourrade, je décide qu'il est temps d'allumer mon nez rouge...
Je crache le morceau d'écorce que je mâchouillais nerveusement depuis une heure. "Ready guys?". Je sais pas pourquoi j'ai lancé ça en anglais! L'émotion sans doute, mais je vais me reprendre avant de goûter au fouet du Vieux!
Tout en bas, sous les nuages j'aperçois des lumières qui scintillent... si j'en reviens, je vous raconterai, promis.

19 décembre 2009

Tic, tac… (Tilu)

Encore un jour, une semaine
Encore un mois, une année pleine
Encore toujours, toujours encore
Jusqu’à nous deux, corps contre corps

En patientant impatiemment,
Pour tromper l’attente et le temps
Je chasse des parfums, des images
Qui m’illusionnent comme mirage

La mer azur, les ciels limpides, ton regard clair
Les arbres,  les forêts c’est pour ta force tendre,
La douceur de ta bouche les roses en macro,
Les badiane et cannelle, souvenir de ta peau.

clic, jouant du numérique
clac, de pixels en bitmap
clic, Je t’ai dans mon optique
clac, faute de t’avoir là.

tic, de déclics en déclics
tac, câlinant mon kodak
tic, le temps passe plus vite
tac, en réflex, en compact…

tic
tac
tic jusqu’au prochain contact…

19 décembre 2009

Fred m’avait dit, au fond de la cuisine… (Caro_Carito)

Je n’ai pas allumé la lumière en arrivant. Pourtant il faisait sombre. Si sombre que j’aurais pu croire que la suie avait essuyé tous les murs. Ou la crasse. Au fond de ma poche, il y avait ta lettre, pliée en deux. Je n’avais pas faim. Pas vraiment soif non plus. J’étais crevée. Je n’avais jamais fait le voyage jusqu’à toi qu’en pensée. Les rêves fatiguent moins que le train et le stop. Je suis allée directement au placard que Fred m’avait indiqué au fond de la cuisine. J’ai farfouillé à tâtons et j’ai pris la première bouteille venue. Ca devait être un de ces trucs dégueu aromatisé au citron. Je me suis endormie sur le canapé. Je crois que j’ai entendu le téléphone sonner.

J’ai mis la télé en marche. Mais j’ai coupé le son. Il pleuvait dehors. J’ai fini les deux paquets de chips rances : barbecue et paprika. Je sais pas pourquoi, j’ai pris trois verres d’un alcool blanc et rêche. J’ai mis une pincée de poivre dedans. C’est ce que tu m’avais dit de faire pour améliorer le goût. Sur la boîte, il y avait un drôle de dessin.

J’ai tellement caressé ta lettre qu’elle s’est couverte de fines rides douces. Je pense à ta peau. J’en ai encore le goût en bouche, une saveur d’amande amère qui dure et qui apaise.

Je suis sortie. J’ai appelé de la cabine. Il me restait trois unités mais la voix à mesure que je demandais se faisait épaisse, lente. Au bout d’un moment, il n’y a plus eu qu’un grand silence. Mon front a rencontré la vitre, j’ai senti le sang monter, cogner. Je suis rentrée précipitamment au studio. J’ai cherché une tisane comme celle que l’on me forçait à boire, enfant : racine d’angélique, réglisse et violette. Il paraît que cela calmait mes colères. Je n’ai trouvé qu’un fond de raki. Il m’a brûlé les veines. J’ai eu l’impression que tu étais là.

L’enveloppe avait glissé par terre près de l’entrée. Du canapé, je pouvais voir les lignes irrégulières de mon adresse. On s’est écrit un peu. Je ne pouvais pas te voir. Je ne suis pas ta femme puisque la tienne élève ta fille. On n’a même pas vécu ensemble. Je suis un nom, une nana qu’un jour on a convoquée pour déposition. Je suis ce rien dans ta vie ; on  m’a tendu un café tiède au lieu d’un livre sur lequel j’aurais posé ma main et où j’aurais juré la vérité. J’ai menti et j’ai signé. Pas de parloir donc, juste des cartes postales et des journaux couverts de photos de bagnoles, avec des centaines de kilomètres entre nous deux. L’avocat n’a pas prévenu pour ta sortie ou alors c’est cette salope de secrétaire qui raccrochait trois secondes après que j’aie dit bonjour. C’est toi, un matin dans ma boîte aux lettres, qui m’a tout résumé, l’heure, l’adresse, la ligne de bus. J’ai dessoulé en trois heures. J’ai croqué ce mélange de graines enrobées de sucre que l’on trouve chez Medhi. Il me sert toujours les mêmes  bobards celui-là, il me dit que c’est des graines de paradis, des perles de coriandre qui viennent de chez lui, de l’écorce de cassier. Alors qu’il pique ça chez l’indien du coin - Je m’en fiche du moment que ça fasse passer l’haleine de rhum. Pour le stop c’est plus sain - je l’ai remercié tandis que, cadeau de la maison, il m’en remplissait un petit sachet en papier - il n’a pas vu mon signe de la main. J’ai fait mon sac

J’ai relu ta lettre six fois, tu sors demain.

Ca n’aurait pas du se passer comme ça. La porte en métal. Qui s’ouvre. Tu n’es pas là. D’autres si. J’ai froid et je partirai si tu ne respirais pas là, derrière les hauts murs. Il faut que je me retrouve seule pour que j’ose m’adresser à un gardien. Je lui répète ton nom et il m’amène dans une pièce carrée. Je ne sais pas pourquoi il m’offre un verre d’eau. « Soyez forte » me dit-il. Il prononce des mots que je ne veux pas comprendre. Il sort une lettre mais je vois bien que ce n’est pas ton écriture. Il y a une date et des adresses et des noms que je ne connais pas. Il griffonne aussi un n° « Pour l’enterrement, c’est demain, si vous voulez. » Sa phrase se casse juste après le verbe, conduisant  directement à une voie sans issue. Je me lève. Il ne tend pas sa main. Je suis dehors. Il pleut, le bus arrive.

En fait, il n’a pas bougé d’un cil derrière son bureau en métal. Peut-être a-t-il maté mes nichons ou mon cul quand je me suis retournée. J’étais encore ce rien. J’étais pour toujours cette femme qui t’aimait mais sur aucun registre. Je suis retournée dans la piaule de Fred. Je n’ai pas allumé la lumière. J’ai fini par trouver sa bouteille de genièvre. Au fond du placard. Il en a toujours une planquée, en souvenir du temps chez son grand-père à Lens. Depuis… Tu m’excuseras, on t’enterre et je ne tiens pas debout. Mais je m’en fous, j’ai pas pu te voir, je sais juste que tu dors dans cette grande caisse en sapin et que je suis toute seule derrière.

Ça pue le sapin. Tu me disais ça en rigolant, le jour on est allé en chercher un pour ta fille, pour Noël. Tu avais raison, c’est vrai, ça pue. J’irais boire un verre pour faire passer l’odeur.

 

19 décembre 2009

Alors... (Walrus)

Cannelle, girofle, genévrier, gingembre, badiane, poivre du Sichuan, cardamome.

Voilà pour les épices du pain du même nom (enfin dans la recette que j'utilise et où interviennent également crème, oeuf, farine, levure, sel, amandes, noisettes, miel, orange en zeste).

Et l'attente dans tout cela, me direz-vous ?

L'attente, ce sont ces quarante longues minutes de cuisson (et je ne vous parle pas du temps de refroidissement) au milieu de ces senteurs alléchantes, tous sens en éveil, glandes salivaires pompant à plein débit.

Je vous en foutrai de l'attente, moi, tortionnaires !

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19 décembre 2009

La Bougie de l'Avent (Anthom)

Lorsque j'étais enfant les calendriers de l'Avent n'étaient pas encore à la mode, mais il y avait la "bougie de l'Avent" décorée de 24 chiffres et que l'on faisait brûler chaque jour pour se rapprocher un peu plus de Noël.
Sur la bougie que je vous offre, chaque chiffre illustre une épice ou un aromate...Décembre est déjà bien entamé et les quinze premiers ont déjà été consumés mais il reste les neuf derniers à découvrir:

Le 16 est d'un blanc pâle qui coule en larmes de cire: l'ACHE, douce, odorante, dite des marais, cette "plante de la lune" réconfortait les parents affligés en parfumant le festin funèbre antique.
Le 17 dégage une saveur anisée: les ombelles blanches odorantes et les feuilles à la dentelle arachnéenne de l'ANETH parfument le chemin ombragé qui mène à l'océan.
Le 18 révèle un arôme chaud et un peu camphré, celui de la CARDAMOME dont les médecins du Moyen Age parfumaient l'hypocras.
Le 19 a le parfum musqué des contes orientaux, c'est celui de la TRIGONNELLE qui stimule l'appétit et qui accompagnait les mets servis aux femmes du harem.
Le 20 colore la cire de la bougie d'un bleu ardoise ocellé de noir, le GENIEVRE dégage une senteur de résine, un peu sucrée. Il évoque la marinade corsée, le gibier qui mijote doucement et le pâté de lapin qui embaume la cuisine à sa sortie du four.
Le 21 a la couleur jaune intense du crocus dont il est tiré et dont il ne faut pas moins de soixante-six fleurs pour obtenir un gramme du luxueux SAFRAN.
Le 22 est d'un chaud brun rouge, celui de l'oriental GALANGA qui associe les arômes piquants du gingembre et du camphre à la douceur de la rose et de la cannelle.
Le 23 a la couleur éclatante de l'orange dans laquelle, Noël venant, on pique des CLOUS DE GIROFLE pour en faire une odorante pomme d'ambre.
Le dernier chiffre, le 24 est décoré d'une étoile ligneuse dont chaque branche renferme une perle orangée, la BADIANE décore joliment le pôt-pourri et dégage une douce fragance d'anis.

19 décembre 2009

L'attente de Livreville (Joe Krapov)

091217_011Les murs du couloir ont la couleur du safran et tranchent avec le curcuma vieillot du sol. C’est ici, dans la solitude des nombres premiers, dans un sous-sol austère qui évoque « Brazil » que j’aligne des chiffres et compte les années. Car j’attends. J’attends de m’en aller.

Vous, les heures souterraines que j’ai passées ici, peut-être bien qu’un jour j’irai cracher sur vos tombes ou pas. Dans le conte de la brodeuse les aiguilles ne comptent pas. Lait noir ou Paris-Brest, il est de mauvais goût de juger l’en arrière, de cracher dans la soupe avec l’estomac plein.

Mes compagnons et moi nous sommes les veilleurs du Désert des Tartares. De Monsieur Hajtyla, ce grand homme dont je suis comme une ombre plus pâle, une éminence grise, je ne sais que penser. Je ne suis pas doué dans l’interprétation des meurtres et de le voir courir après les petits sous tout en riant sous cape de réduire les portefeuilles m’oblige à le ranger dans les membres du club des incorrigibles optimistes. Je le suis moi aussi mais d’une autre manière. Simplement, je ne scie pas la branche sur laquelle je m’asseois. Ou si, mais contraint et forcé.

La femme de midi assure la permanence quand je vais déjeuner. C’est Stella Monétoile « que serais-je sans toi ? ». Chez elle se marient le silence des abeilles et la peine du menuisier. Dans son bureau on liste les trésors, on diffuse les accès aux œuvres des hommes de science. Avec Mlle Ronchonchon qui oeuvre à côté au service des réseaux, elles forment le chœur des femmes.

091217_013Sur la porte de ma cage est affiché un bonobo. C’est mademoiselle Zell, une artiste de ma famille, qui m’a fait cadeau de cette photo. A l’intérieur de ma cellule j’ai punaisé Venise, l’Iowa, la Bretagne. Il y a des barreaux aux fenêtres. Ils ne veulent pas que je m’échappe. Alors j’attends.

Car dehors, tous les autres, c’est rien que des sales types, dans le genre échappé d’un récit de Poupoune ! Ici, nous on fait tout pour eux, on achète des revues sous forme électronique pour que les éditeurs monopolistiques deviennent toujours plus riches et que le vaste monde poursuive sa course folle vers le nulmérique à tous les étages. Or le mandarinat est un mal sans remède ! Bonjour tristesse des ingrats qui, reclus aux labos, obsédés du bouton à expérimenter ignorent désormais la politesse humaine. La peste soit de leurs humeurs égocentriques !

091217_020Voilà pourquoi j’attends, j’attends, j’attends toujours. Dans mon placard doré de moine bénédictin, j’attends le temps béni d’Entière Liberté. Le soir je suis heureux comme l’aigle échappé de gagner mon logis, d’y faire une cuisine pour deux énamourés empressés d’oublier la blessure et la soif. Sur la terre des affranchis nous nous régalons d’exotique. Le ciel de Bay city se couvre de genièvre et pimente nos vies. Ma « Cinnamon girl » et moi-même nous amusons comme des cardamomes de ces frichtis poivrés puis, tandis qu’elle lit le roman de l’été, je rejoins l’océan des blogueurs attentifs et j’enquête auprès d’eux qui dispensent à foison l’écume de leurs jours à propos de cette ville fameuse et inconnue de tous, Livreville.

091217_016J’attends aussi l’été pour explorer le monde et la localiser. Souvenez-vous de moi si vous la repérez. C’est une ville magique dont un poète un jour m’a parlé longuement. Le prédicateur soûl m’a décrit un îlot de folle contrebande que les aventuriers de la mer eux-mêmes ne peuvent localiser dans leur hiver indien. C’est un peu comme l’énigme du dragon tempête.

Les rues y ont des noms de titres de poèmes : rue de la Pêche à la baleine, avenue des Grenouilles qui demandent un roi, place du Coffret de santal, impasse du Recueillement, boulevard des Effarés.
Les boutiques ont des noms de titre de romans et l’homme se souvenait du restaurant « Mangez-le si vous voulez », de l’agence de voyage du « Jeu de l’ange », du café Sépharade. « Le sari vert » satisfait au bonheur des dames. « Le grand quoi », on y trouve tout et « La rafale des tambours » vend des instruments de musiques de tous pays et de tous styles. On trouve même des arbres à palabre chez l’Arabe du coin !

091217_021


Livreville ! Un jour je vais quitter le monde pour de bon. Lorsque j’aurai fini ce contrat de misère, quand je pourrai enfin vivre d’autres vies que la mienne, dès que j’aurai trouvé ce lieu paradisiaque, mon épouse et moi partirons pour n’en plus jamais revenir. En attendant, le samedi, nous allons écumer notre bibliothèque. Tout ce que nous en ramenons est encore ce qui s’approche le plus de la ville de nos rêves.

19 décembre 2009

attendre et pisser (Poupoune)

Sûr que l’patron avait toutes les raisons d’être un peu fâché. C’est vrai qu’la moutarde lui était drôlement montée au nez après c’t’histoire où j’avais malencontreusement dessoudé son rejeton, mais j’trouvais qu’il exagérait quand même un peu. Déjà, j’le soupçonnais sérieusement de pas être mécontent que quelqu’un l’ait débarrassé d’ce boulet et puis bon, la sanction était un peu sévère. D’une c’était un boulot d’débutant, de deux la planque était pourrie et mal équipée… et par-dessus l’marché Lucien me tenait évidemment pour responsable, ce qui achevait de rendre l’attente carrément pénible.
Moi je faisais d’mon mieux pour qu’ce soit pas trop désagréable, mais les deux autres, là… Lucien, c’est bien simple, à part compter les heures il faisait tout avec la pire des mauvaises volontés. Evidemment, coincés là tous les trois dans cette bicoque crasseuse, avec la môme qui boudait carrément alors que j’étais aux p’tits oignons avec elle, c’était pas une sinécure… mais avec un tout p’tit effort de leur part ça aurait très bien pu être vivable. Ou quasi.
Pas marrante, la p’tite… Avec ses cheveux tout courts et sa tunique safran, elle ressemblait à un bonze, mais il suffisait qu’elle ouvre la bouche pour que l’impression de zen disparaisse. Si y avait pas potentiellement un max d’oseille au bout, j’la foutrais dehors vite fait. Ça calmerait aussi Lucien parce qu’avec tout ça il avait l’air en souci. J’me faisais p’t’êt’ des idées, mais j’jurerais qu’ses cheveux avaient viré poivre et sel sur ces trois derniers jours.
N’empêche que c’boulot, c’était l’sésame pour retrouver les bonnes grâces du patron alors j’avais pas l’intention d’le foirer. L’était bien loin, l’temps où on pouvait s’reposer sur nos lauriers. Là, on était attendus au tournant. Et pour corser l’affaire, pimenter un peu plus la situation, il avait paumé l’adresse, Lucien. Fallait quand même pas avoir grand-chose dans l’citron ! Et vu comme il était vissé, au lieu d’faire amande honorable en remuant ciel et terre pour la r’trouver il restait là à suçoter ses bâtons d’réglisse en ronchonnant dans un coin. Et c’est moi qui me colletais la gamine en essayant d’la faire causer. Le problème c’est qu’le patron nous avait piqué nos flingues pour pas qu’on la tue par mégarde, alors pour lui faire peur, j’ai dû m’débrouiller avec c’qui traînait là… mais à part un presse-ail et un balai achiote, y avait rien qui soit susceptible de l’effrayer, la môme. Autant attendre épicé dans un violon.
Du coup, je sentais qu’ça allait durer une éternité, parce qu’on n’avait même pas encore envoyé la demande de rançon.

19 décembre 2009

Épices ? C'est tout ? (Joye)

L T L I M F O N E R C E H A A U
J M L L F N O R Q S G E L E E W
E M T E E F B R Y D E I C L S S
C I S R O E E C R Z K M L A T T
A R T D G H D R I E R E I T E S
U L R N B A M C T O I Z O R N B
A L I A E R T A M I Z R S M A R
E G W I R U E A R E Z B U S E T
F C U R C U R M A J O D I A E E
E L F O R I G E D U O L C U L N
N Q L C N B D R R G I L E G L I
O E R D N A I R O C R I A E E E
U J J S A E A X P N T S Z I N V
I E E N C C P L V B E R E Q N R
L A L E H T N I S B A E P I A E
N O U E E O R A I I G P P H C V

Au secours ! Les Admins ont perdu
leurs épices ! Aidez-les à retrouver
tout ce qu'il faut pour leur repas de Noël !

Voici ce qui leur manque :


ail, absinthe, ache, basilic, bourrache, cannelle, clou de girofle, coriandre, curcurma, fenouil, gingembre,
laurier, marjolaine, persil, romarin, sauge, persil, verveine

19 décembre 2009

Epices et attente (Captaine Lili)

Girofle, cannelle, gingembre

Sais-tu ?

Je me tue

A t’attendre

Gingembre, girofle, cannelle

Sais-tu ?

Je porte le tutu

Dans lequel tu me dis « belle »

Cannelle, gingembre, girofle

Sais-tu ?

Je suis perdue

Si tu me mofles*

Muscade, anis, vanille

Sais-tu ?

Les minutes émues

Se déshabillent

Vanille, muscade, anis

Sais-tu ?

Mon cœur est nu

Et au supplice

Anis, vanille, muscade

Sais-tu ?

Je suis têtue

Mais là, tu m’laisses en rade

Réglisse, pavot bleu, sésame doré

Sais-tu ?

J’ai cru

A tes excuses répétées


Sésame, réglisse, pavot bleu

Sais-tu ?

Y a un couteau aigu

À deux doigts de tes yeux

Pavot bleu, sésame, réglisse

Sais-tu ?

Si tu…

Je te lance un maléfice !

*mofler : verbe familier belge pour dire « recaler à un examen »… (J’espère que Walrus confirmera !)

epices_et_attente

19 décembre 2009

Journal (Val)

Jeudi 8 février

J’ai encore attendu tout l’après-midi pour rien, hier. Je n’ai pas vu Pimprenelle. Je suis dégoûté. La semaine va être longue… Si seulement j’habitais pas loin, je viendrais le week-end, mais là, c’est mort ! J’ai même pas envie de rentrer chez mes vieux demain soir. Si j’pouvais me faire coller samedi, je resterais à l’internat ce week-end. Je crois bien que le dimanche aprem on a une perm.

Vendredi 9 février

Pff, j’suis chez moi, comme un con. Il est con, ce pion. Y’a pas eu moyen… C’est pas faute d’avoir essayé, pourtant. C’est long, jusqu’à mercredi, bordel ! J’en peux plus, moi…

Dimanche 11 février

Bon, demain matin, déjà, retour au lycée, je me rapproche de là-bas c’est toujours ça! Faudra attendre mercredi, mais bon déjà je serai pas loin, c’est déjà mieux que d’être là, dans ma chambre, chez mes parents comme un pauvre crétin.

Lundi 12 février

Je crois bien que je vais redoubler. M’en fous. Y’a plus important dans la vie que le lycée. Comme Pimprenelle, par exemple… Comme je sais pas son nom je l’appelle Pimprenelle.
Allez, courage, mon gars ! Mercredi, c’est dans pas longtemps, t’as fait le plus long !

Mardi 13 février

Cette nuit, j’ai rêvé d’elle. C’était trop bien. J’étais tout près d’elle, et elle était toute nue comme quand je l’ai vue à sa fenêtre. Je lui croquais les seins et ça faisait ressortir ses tétons, comme deux petites amandes. Et elle, elle gémissait un peu. Et elle gloussait. J’avais envie de la manger. Dommage, ce con de surveillant m’a réveillé, c’était l’heure d’aller en cours. J’en ai ma claque, de ce bahut !

Mercredi 14 février

C’est la Saint Valentin et je suis comme un galérien. J’ai attendu tout l’aprèm pour rien. J’ai les boules ! Je l’ai pas vue !

Vendredi 16 février

Tous mes potes me disent de lâcher l’affaire avec cette fille que je connais même pas. J’y arrive pas. Depuis que je l’ai vue ma vie a changé.
Ce jour là, je fumais ma clope peinard, sur un banc au square (on se fait chier, le mercredi aprèm), et je l’ai vue à sa fenêtre. Elle était toute nue. Trop bonne…
J’en dors plus, j’fous plus rien en cours depuis que je l’ai vue. Faut que je la revoies ! Toutes les nuits je rêve que je suis sur le même banc, que je la vois nue, qu’elle me voit, qu’elle me fait signe de monter chez elle,  qu'elle attend que ça, cette cochonne. Moi, dans mon rêve,  j’hésite pas, je fonce, je monte les marches de son immeuble quatre à quatre et une fois arrivé dans sa chambre je la plaque contre le rebord de sa fenêtre et je lui crie des saloperies. Et la suite c’est schichimitorgasmique. Et dans mon rêve, elle aime ça et elle en redemande ! C'est trop bon!
Faut que je la revoies, purée ! Vivement mercredi, bon sang…c’est long !!!

Lundi 19 février


Si mercredi arrive pas plus vite que ça, j'pete un câble!

Message personnel : Pardon! Mouarf!

19 décembre 2009

EPICERIE (Tiniak)

adoucis mon ennui
jolie fleur de souci
que mon rire jauni s'en dégrise

je mâche tes fleurons
mais garde, lumignons
tes boutons d'or à la chemise

ses griffes indomptées
viendront les dégraffer
aussi sauvagement je l'espère

que bientôt dans la chambre
aux vapeurs de gingembre
l'emporte la sienne atmosphère

échappée de l'aisselle
l'armoise citronnelle
m'appellera tout contre son sein

pour que d'autres rapines
dansant la capucine
s'éveillent au creux de nos mains

viendras-tu jolie môme
troubler de cardamome
ma longue marinade ?

ma pauvre calendule
observe la pendule
et craint pour ses pétales

quand tout mon gris sourire
finira de jaunir
je serai bien malade

que je n'aie de nouveau
saisi, coquelicot
ta bouche cardinale

13 décembre 2009

Ont déjà réalisé leur calendrier épicé de l'Avent

calendrieraventJoye ; Tilleul ; Vegas-sur-Sarthe ; Tilu ; Zigmund ; Caro_Carito ; Walrus ; MAP ; Moon ; Anthom ; Joe Krapov ; Poupoune ; Virgibri ; Captaine Lili ; Teb ; Val ;

fr_quentation

Les visites depuis la rentrée de septembre.

12 décembre 2009

Défi #85

Alors que Noël approche, nous donnerons un texte qui rendra palpable l'attente*.
Ce sera un souvenir, un conte, récit de vie ou fiction, un poème, une chanson...

Petite contrainte obligée : nous doserons savamment quelques noms d'épices rares ou communes pour relever les arômes de notre présent.


*Nul besoin de situer l'action (voire l'inaction) en décembre.

samedidefi@hotmail.fr

12 décembre 2009

A vous (Tiphaine)

mots

12 décembre 2009

Le mot-cadeau (Teb)

Offrir un mot ???

Offrir un mot … quelle drôle d’idée… me suis-je dit en lisant la dernière consigne des défis.

Offrir un mot !!! Comment on fait pour offrir un mot ?

Suffit pas de l’écrire, de le dire …

Faut l’emballer, le faire joli…

Faut trouver les mots pour le donner !! Qui offre un cadeau sans rien dire ?

Cette consigne tournait dans ma tête sans réussir à s’envoler !

 

Et puis, Vendredi soir, 20 heures… je venais de terminer la broderie du bonnet-chat destiné à un des derniers nouveau-nés de l’entourage…

photo1

Vendredi soir, donc, l’idée a germé.

Je vous abandonne quelques minutes pour l’aller préparer…

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Bon, me revoici ;-)) l’attente n’a pas été trop longue ??? Mais voyons… un cadeau est encore meilleur quand on l’attend…un peu  

 

Ce soir, j’offre donc… le mot…

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Et je l’offre en retour de toute celle que je reçois ici et sur mon blog…

Toute cette chaleur qui aide à continuer… à prendre le taureau par les cornes, à retrousser ses manches et colorer ses idées…

C’est un cadeau collectif et inépuisable …

Il peut paraître gnangnan et un peu cucu la praline, mais il est sincère.

Et… hop, je retourne à mon second bonnet…

Salut tout l’monde !

12 décembre 2009

Vieux petit saint Nicolas (Joye)

Vieux petit Saint Nicolas
Prêt'-moi ton oreille
Il me faut de jolis mots
Comme cadeaux parfaits

Et surtout pas oublier
Chacun parmi nous
Remplis bien ton grand cahier
Des mots ci-dessous :

Pour Walrus :  le mot AUBETTE
Pour MAP : le mot COEUR
Et pour Val : FUME-CIGARETTE
Et Papistache :  BONHEUR

Pour Tiniak : le mot KAYAK
Pour Poupoune : POLAR
Pour Tiphaine : une FREDAINE
Et pour Joe : ALCAZAR

À Vegas : PRUD'HOMME tout beau
Pour Virgibri : une GOMME
Pour Miss Zie : GUILI-GUILI
Pour Sébarjo : une TOMME

Borsolina : oui, CHAPEAU !

Martine 27 : une CHOUETTE
Pour Droufn, y a rien qui rime
Et ça, je regrette !

Rsylvie : de la POÉSIE
Peut-être des PINCEAUX
Tu sais qu'il reste pas mal de gens
Qui méritent de beaux mots ?

Si tu avais un DÉFI
Caché dans ta grande hutte
Tu pourrais nous le poser
En haut d'une grand' butte

Vieux petit Saint Nicolas
Voici un début
De jolis mots et coquelicots
C'est jamais du refus
Et pour moi, rien du tout
J'en ai l'habitude
Apporte-moi un gros BISOU
Pour servir du postlude...

 

 

12 décembre 2009

ment, sue et tue 2 (Poupoune)

Je suis pas très porté sur les fêtes religieuses. Pas plus sur les fêtes de famille. Faut dire que d’famille j’en ai pas vraiment eu quant à la r’ligion, tout c’que j’en connais c’est les coups d’trique qu’on r’cevait chez les jésuites quand j’étais minot et à part dans l’dos ça m’a pas trop marqué. Mais Noël… j’sais pas. Noël c’est… j’sais pas. J’aime bien les décorations, les lumières partout, l’odeur des sapins… Habituellement, c’est sous une aut’ forme, que j’l’offre à mes clients, l’sapin. Mais à Noël, y m’vient des envies d’générosité et d’grandeur d’âme. J’sais pas pourquoi. En plus, là, la cliente, j’l’ai ramenée comme elle était en sortant du rade où elle bossait, avec sa robe verte, ses collants rouges et son bonnet à grelots. A chaque fois qu’elle bouge la tête, ça fait gling-gling et ça m’donne envie d’chanter « minuit chrétien ». J’sais même pas d’où j’la connais, cette chanson. En attendant, c’est son jour de chance à la donzelle.

-          C’est ton jour de chance.

Elle m’a r’gardé avec l’air de pas m’croire. J’y aurais p’t’êt’ pas cru non plus à sa place. Je m’suis levé et j’ai ouvert la porte de la bicoque. Rien que le noir de la forêt tout autour. Même pas de lune. Ouais… une sacrée chance, qu’elle avait.

-          Ouais, une sacrée chance, que t’as.

C’était l’premier cadeau d’Noël que j’faisais cette année. Rien que quelques mots. Mais un putain d’beau cadeau ! J’ai posé l’flingue, j’l’ai détachée.

-          File. J’te laisse 5 minutes d’avance.

Elle a même pas dit merci.

12 décembre 2009

Toi, ma soeur... (Zie)

Toi, ma sœur !

 

Mon cadeau est fin prêt. La boîte déposée

Au pied de ton sapin. Un peu de papier or,

Quelques rubans brillants, ont été disposés :

Le vingt-cinq au matin, quand plus personne ne dort,

Tes mains en les ouvrant pourraient être surprises,

De découvrir le vide, dans les paquets en cours.

Quelques mots maladroits diront cette méprise...

Point d’objets inutiles enrubannés d’atours.

Ce ne sont que des mots, des pensées malhabiles

Des regrets quelquefois et des reproches aussi :

A toi, ma grande sœur, douleur indélébile,

Qui ne veut pas de moi, dans ta vie, c’est ainsi…

Pourquoi ? Je ne sais pas. Le sais-tu seulement ?

Nos disputes d’avant ne peuvent conditionner

Nos vies de femmes, de mères. Que dire à mes enfants ?

Tu décides qui tu aimes, tu fais auditionner.

Tantôt frère, père et mère. Tour à tour tu rejettes

Puis réfléchis, reprends quand certains, repentis,

Sont venus se jeter, à tes pieds malhonnêtes.

Je t’ai cherchée longtemps, pourtant bien avertie,

J’ai essuyé ces portes que sur moi tu fermais.

J’ai attendu de toi, l’amour de cette sœur,

J’ai pardonné tes mots, tes envies de jamais

Et tant de moqueries offertes à ma candeur.

Tant de choses à te dire et ces regrets qui fusent

Donnant à tous mes mots, ce poids des temps amers

Des souvenirs absents, des souffrances qui usent

Des pensées qui se heurtent et tombent à la mer…

Je t’ai vue si jolie, si femme quand moi j’errais

Dans cette adolescence, tel un grand papillon,

Tu savais me narguer, et moi je me terrais

Dans ma chambre à écrire, la vie d’un chenillon.

J’enviais tout de toi, cette incroyable aisance

Cette façon aussi, dont maman te voyait !

Tes sentiments cachés, toujours mis à distance.

Mes émotions si claires, et qui tant me noyaient…

Tu avais en ton sein, la même dureté

Que j’ai vu si souvent dans les yeux de maman,

Et en toi point d’alliée, constamment rejetée !

Des tempêtes d’antan, je garde les tourments…

Les émotions me marquent, comme les gens et les mots

J’ai tant pleuré sur toi, sur cette porte close

De ce cœur invaincu qui refusait les flots

D’une vie débordante, recherchant une pause.

Je t’ai vue bien plus tard, changée du tout au tout

Tu t’es mise à marcher sur tes ailes fanées,

Les couleurs chamarrées ont viré d’un seul coup

Comme si le papillon était mort, sitôt né !

Et cette étrange place qu’aujourd’hui tu me laisses

Celle d’une étrangère, d’une autre que ton sang

Car tel un hérisson, dont les piques te blessent

Tu me veux loin de toi, ou tout près, autrement…

 

J’ai tant rêvé de toi. Cette sœur impossible !

Aujourd’hui, j’ai compris, que la vie est ainsi

Elle donne et reprend, automate impassible...

Moi ? Je reste là, moi et mon amour transi !

 

12 décembre 2009

Pannier de champignons (Zigmund)

On serait allés aux champignons, et on  en aurait rapporté  un peu de tout en vrac.

Sans pitié on aurait méprisé et éjecté les  vénéneux : national  et sa copine  intolérance qui auraient dénaturé  les autres. 

 Emprunté à Brassens, un proverbe bien connu des mycologues : « les coprins d’abord ! »

Et on aurait eu bien du mal à choisir…

Et voilà ! Sur la grande table en bois, comme des champignons à identifier, on aurait déposé  pèle mèle les mots à offrir aux amis des défis après les avoir un peu classés par paquets.

(ben,  si vous voulez bien nous allons repasser au présent, parce que, quand on a passé les 8 printemps,  ce genre d’utilisation du conditionnel c’est difficile) 

Dès le début, on a  pu remarquer des mots tellement évidents qu’ils ont presque été vidés de leur sens : rêves, amour, amitié.

Ils sont  suivis de près par quelques mots qui ont demandé le droit d’asile ou au moins un soutien moral : liberté- égalité- fraternité.

Accessibles à tous, quelques friandises mettent le sourire aux lèvres, certaines ajoutent des courbes aux formes : loukoums, café, thé, chocolat, alcools… modérato biren sûr.

Quelques « artistiques » allegro, irisé, gavotte, harmonie, font un peu bande à part et attendent les amateurs.

Au hasard, comme çà pour le fun,  on en a rapporté un rare, issu de l’hébreu avec une définition alambiquée et pas drôle, mais marrant par son extension  éventuelle  pour décrire une grosse galère : le shibboleth…

Plus fréquent et drôle, déjà dans sa prononciation, « huluberlu » ricane dans son coin …

(digression : à Istamboul, nous avons croisé plusieurs fois le mot « mudurlugu » dont nous ignorons -et souhaitons toujours ignorer- le sens… ce mot avait le pouvoir de  déclencher notre hilarité et nous nous  traitions joyeusement  d’ « espèce de petit mudurlugu » !  fin de la digression).

Enfin,  les « littéraires alambiqués » vous invitent à de nouveaux défis :  pangrammes, tautogrammes, lipogrammes et palindromes… tiens,  un zeugma : définition pas simple mais un exemple rigolo : «  aussitôt, il baissa sa culotte et dans mon estime » .

Amis défiants, c’est un peu le capharnaüm ici, mais  servez vous : de ces mots champignons, nous ferons une ou plusieurs fricassées  et poursuivrons nos aventures délirantes.

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Le défi du samedi
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