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Le défi du samedi
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26 juin 2009

texte de Caro Carito

5 h 58. Elle voit le soleil qui pointe, sang sur le sable et les pierres. L’enfant se fait lourd dans ses bras. Il est pourtant si frêle. Il ouvre et ferme ses yeux pâles. Devant elle, le groupe a grossi à chaque baraque, à chaque village. Le vent leur amène le bruit de la mer. La file de bus, de camions, de fourgonnettes cahote. La ville est proche. La ville et ce centre de soins dont le nom lui a été glissé dans la main par le Padre Lucio. Il lui a aussi indiqué le nom de son frère, qui a quitté le village pour conduire un taxi et qui habite une masure de terre dans les barriadas du haut de San Cristobal.

6 h 30. Alan est en maraude dans sa vieille Chrysler. Dernière course avant le retour à la maison Il entend la course des collectivos les plus matinaux qui arpentent encore silencieusement les grandes artères. Le soleil darde quelques rayons au dessus de la frange de montagnes. Mais déjà une barre jaune et épaisse se dresse au dessus des quartiers sud et des cheminées des fabriques. L’autoradio grésille une cumbia puis se tait. Il cherche distraitement une station. Sans succès. Il va rentrer bientôt, apercevoir Rosario et les jumeaux derrière son bol de café en poudre et le grand sommeil. Une ombre blanche sur l’esplanade debout devant l’hôpital central. Sa dernière course ? L’homme écrase une cigarette et s’éloigne.

Javier a franchi le sas translucide. Il a déjà chaud sous sa blouse d’infirmier. Les volutes de poussières qui décorent les parois forment une œuvre d’art mouvante et volatile. Il ne la voit pas, se dirigeant avec précipitation vers le bureau 12 A où on lui donnera son affectation pour la semaine. Les lampes crachotent dangereusement sans qu’il y prête attention. Ce n’est qu’au moment exact où Mme Lupe lui tend le papier bleu que les lumières s’éteignent définitivement. Ils attendent. Rien. Noir total. Il sent dans la pénombre le bruit métallique d’un briquet. Une flamme et la voix douce qui répond à son interrogation muette. « Le groupe électrogène, le fournisseur refuse de se déplacer tant que les factures ne sont pas payées.» La ville endormie tait encore l’écho des manifestations du mois passé, les morts laissés en tas sur les trottoirs et les blessés qui affluaient et encombraient le hall d’entrée. Sur le bureau, il entrevoit la Une du diario nacional. La photo est mauvaise mais il reconnaît sans peine le visage figé de Vincente Loyola, chef de l’opposition et disparu depuis trois semaines et demie.

6 h 31. L’homme remue à peine. La geôle est humide et obscure. Il entend les sons étouffés d’une conversation, des rires gras. Et des jurons soudains. Une heure après, le judas s’entrouvre. Il ne distingue pas le visage du garde, juste le faisceau puissant de sa torche qui furète dans tous les coins, caresse le fil électrique qui pend au plafond et finit par se poser sur son corps douloureux. Une pensée de haine le transperce. Le tyran a osé encore une fois ; priver la population de courant, condamnant bon nombre à la faim, à la ruine, à la mort peut-être. Le judas se referme dans un claquement. Il sent une larme couler sur sa joue recouverte de crasse. Qui ? Qui se lèvera maintenant qu’il n’est plus qu’un demi-mort. Un visage du passé s’esquisse sur les parois qui suintent la peur et la mort.

Armando a deviné depuis longtemps que la nuit recelait quelques complots. Le bruit a transpercé son sommeil léger aux environs de 2 heures. Il a gravi l’escalier en silence et observé l’agitation qui filtrait derrière les minces persiennes. Des gardes ceinturaient sa maison. Il sut instantanément que son téléphone était sur écoute. Depuis combien de jours déjà. 3, 4. Toute communication lui était désormais interdite, net, fax. Il ne pouvait même plus sortir. Il était devenu inutile pour la cause. C’est plus tard, dans son bureau, alors qui écrivait boulimiquement, que la lumière cessa. Vers 8 heures, le téléphone sonne. Sa mère sans doute. Il ne prend pas la peine de répondre, elle peut toujours joindre son frère. Lui, ne peut plus rien faire pour quiconque. Juste attendre que l’étau se resserre sur lui et qu’il rejoigne dans une prison inconnue le chef de file du syndicat. Dans l’oubli que le président et la junte ont creusé méthodiquement pour les opposants.

9h27. Le capitaine Orlando a enfilé ses gants immaculés. La voix fatiguée de sa mère l’assaille encore. Elle est inquiète et sans nouvelles de son frère. Il a tu ce que le bon sens lui soufflait. Armando sera bientôt, à moins d’un miracle, un homme mort. Il l’a laissée s’abandonner à un flot de paroles apaisant. Long filet de gémissements, de plaintes qui apaise et draine tous les malheurs que la rue rapporte. Derrière la tension et la vieillesse mêlées de cette voix, il perçoit en sourdine un concert de sons mats ; les voisins sont aux fenêtres tapant sur leurs casseroles. Il perçoit les portes qui claquent et le rassemblement qui enfle et monte jusqu’au palais où va se tenir le discours présidentiel. Ultime provocation pour saluer une victoire truquée. Les paroles de sa mère semble ne plus se tarir, se gonflant des morts qui se déverse des portes de l’hôpital, tabernacle des mots tus de ce peuple qui l’a vu grandir et qu’il a quitté pour une solde, un travail, un repas. Cette voix l’enveloppe, comme lors des jours d’enfance, sans répit. Il est l’heure de rejoindre son poste, derrière l’homme fort, en deçà des gardes du corps. Son revolver d’ordonnance ne bougera pas. Il caresse dans sa poche intérieure droite un browning de femme, joujou qu’il a dérobé en vue d’un crime sans signature. Il ne sent pas la morsure froide de l’acier.

9h45. Devant un micro, un homme s’écroule. Juste avant le chaos, cet instant irréel. Miracle ou délivrance. Dans la masse qui gronde au bas du balcon présidentiel, au sein des gardes prêts à faire feu ou dans le maintien brusquement relâché des officiels, tous sentent, en un moment fugitif, le poids du temps qui bat, qui marche, qui obère. Sous l’épais brouillard sale, quelques rayons percent.

Barriadas : bidonvilles - Collectivos : minibus qui servent de taxis.

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25 juin 2009

La cabine du photomaton est exigüe mais il y fait bon...

Où en sommes-nous ?

Walrus,Vegas sur sarthe, Joye, Sebarjo, PHIL, Brigou, Virgibri, Zigmund, MAP, Papistache, Moon, Poupoune, tiniak, shivaya-warduspor, rsylvie

25juin

25 juin 2009

Enchainement (Moon)

Sept heures que la panne d’électricité a commencé, juste après le départ des enfants…

Les trois enfants qui sont restés chez leurs grands parents car ici le chauffage est coupé, on leur a expliqué dès qu’ils ont appelé…

Douze appels avec le portable pour tenter d’avoir un dépannage mais on nous dit qu’il faut compter les employés disponibles sur les doigts de la main…

Vingt doigts qui s’ennuient et finalement trouvent l’autre et cherchent un peu de chaleur dans les creux et les rondeurs de la peau…

Deux peaux qui se rencontrent et se lissent, s’envahissent sous les mains et les lèvres…

Quatre lèvres qui s’entrouvrent à la recherche d’air ou dans quelques frôlements de dents…

Soixante-quatre dents qui percutent et pincent, attrapent et grignotent dans l’avidité grandissante des baisers…

Des milliers de baisers déposés sur la géométrie variable des corps dans l’amour dévorant…

Un amour qui nous amène par delà l’obscurité, là où on se voit par la simple pensée, là où on est bien au dessus du désir et du besoin…

Zéro besoin d’autre chose, dans le noir, nous sommes là…

panne_de_courant2

25 juin 2009

Le coût de la panne (Poupoune)

Lors d'une panne de courant ma mère, enceinte de sept mois, a chu dans les escaliers et a dévalé cul par-dessus tête soixante-douze marches et deux paliers. Après que trois chirurgiens et six infirmières se sont acharnés sur elles pendant treize heures, j'ai été sauvé mais elle non.

J'ai été placé en couveuse et sous respirateur, lequel a cessé de fonctionner pendant trente-sept minutes en raison d'une nouvelle panne de courant au terme de laquelle les médecins ont déclaré qu'ils ne seraient pas étonnés que j'en garde quelques séquelles.

Mon père, qui m'en a toujours un peu voulu pour le décès de ma mère, m'a néanmoins élevé quasiment de la même façon que mes cinq frères et soeurs, même si j'ai vite remarqué que j'étais de corvée de vaisselle cent-quatre-vingt-trois jours sur trois-cent-soixante-cinq alors que, si on compte bien, ç'aurait dû être beaucoup moins vu qu'on était six.

Un jour que, pour la huitième fois consécutive, c'était mon tour de débarrasser la table, j'ai été surpris par une coupure de courant alors que je m'acheminais, chargé d'une haute pile de quatorze assiettes, vers la cuisine. Le pied d'un de mes frères, à moins que ce ne fût celui de mon père, s'est malencontreusement glissé devant les miens, provoquant ma chute ainsi que celle de mes assiettes sales. Jouant de malchance, il a fallu que je les fasse tomber sur les douze verres posés sur la table et rien ne fut sauvé dans l'accident. Pas même mon oeil gauche.

J'avais espéré que cette nouvelle tare me vaudrait au moins un nouveau sobriquet, mais non. Toute la famille continua de m'appeler « tête d'ampoule » alors que, outre les circonstances amusantes dans lesquelles j'avais perdu une partie de mes facultés mentales, ce surnom me rappelait aussi douloureusement le décès de ma mère.

En revanche, l'incident me valut une nouvelle punition et je fus expédié en pension, à quatre-cent-cinquante kilomètres de la maison. Là, je suis vite devenu la tête de turc des cent-vingt-neuf autres pensionnaires, mais au moins ont-ils eu le bon sens de me surnommer « oeil de lynx ».

J'étais plutôt bien intégré, jusqu'au fameux jour de la boum. J'étais secrètement amoureux de la belle Margot, dont je m'amusais à compter les taches de rousseur en classe et, rien que sur le visage, elle en avait quatre-vingt-onze. A la boum, les copains m'ont dit qu'elle était d'accord pour que je l'embrasse alors, prenant mon courage à deux mains, je me suis dirigé vers elle, quand une panne de courant nous a plongés dans le noir. J'ai voulu profiter de l'obscurité pour mener à bien mon entreprise malgré ma gêne et mon embarras, mais, quand la lumière est revenue, je fus surpris tâtant les miches replètes de Madame Mongerin et je préfère ne pas évoquer l'endroit où ma langue s'agitait en quête d'un baiser de la jolie Margot.

On me surnomma alors « déviant sexuel juvénile » et je fus expédié dans un établissement spécialisé où, au terme de neuf séances avec un docteur, il fut décidé que je resterais enfermé pendant trente-six mois. Au cours du trente-quatrième survint une panne de courant pendant laquelle je voulus aider en brûlant quelques allumettes. Un mauvais courant d'air entraîna l'accident bête et l'ensemble du bâtiment brûla, ainsi qu'une poignée de pensionnaires et médecins, au nombre de vingt-trois. Il fut alors décidé que mon séjour serait prolongé jusqu'à ma majorité.

Il devait également m'être administré un nouveau traitement à base de chocs électriques dans mon cerveau, mais de nombreuses coupures de courant ont mis à mal cette tentative et pour finir je n'en ai bénéficié que seize fois au lieu des quarante-huit prévues initialement et je fus relâché, plus par dépit, je crois, que par bon sens.

A peine dehors je décidai de me prendre en main pour réussir ma vie et j'allai voir le travailleur social qui devait m'aider. Il m'offrit une boisson au distributeur et, alors qu'il attendait la sienne, une panne de courant stoppa net la machine. Désireux de bien faire j'essayai de lui obtenir néanmoins sa boisson et, alors que j'avais une main dans la machine et l'autre en appui sur son bras, le courant fut rétabli et je fus traversé d'une décharge qui ne me fit ni chaud ni froid mais le tua, lui, sur le coup.

J'ai été arrêté et jeté en prison. Mon procès dura vingt-deux jours au terme desquels je fus reconnu coupable à l'unanimité des douze jurés et condamné à mort. Le jour de mon exécution, alors que j'étais ficelé à la chaise électrique, une panne de courant me sauva la vie et j'obtins une grâce exceptionnelle.

Ce jour-là, j'ai décidé de mettre à profit la chance qui m'était donnée et d'apprendre le métier d'électricien.

25 juin 2009

intérieurs nuit (tiniak)

Et puis ce fut le noir complet.

La lourde porte réputée inviolable avait cédé comme prévu. Il leur restait quinze bonnes minutes pour achever de boucler leurs trois sacs bourrés de coupures de dix, de vingt et de cent, puis déguerpir avant que le brouilleur de codes électroniques ne soit repéré pas la prochaine mise à jour du système.

Elle avait mis les petits plats dans les grands, c'était peu de le dire. Elle recevait quelques collègues et leur chef de département. Parmi ces huit invités, il y aurait le beau Sean. Tout était fin prêt, des petits encas au soufflet dans le four qui croûtait gentiment – thermostat six. Elle se résolut à passer sa dernière acquisition vestimentaire : une folie, bien sûr.

Ils s'embrassaient comme s'ils devaient mourir demain et leur baiser, parmi les tout premiers, leur promettait d'atteindre bientôt le septième ciel. D'ailleurs, ils s'élevaient en effet vers le cinquième étage, dans l'ascenseur cossu qui leur offrait enfin un peu d'intimité.

Il avait parié gros. Obligé. Ces gains lui rapporteraient de quoi se refaire et il était grand temps. Pour ainsi dire, il avait joué à quitte ou double. On approchait les toutes dernières minutes du match. Le score lui était favorable, mais de peu. Il tendit la main vers sa quatrième canette.

Elle refermait doucement la porte d'entrée en réprimant un gloussement de satisfaction. Mais le sourire qu'elle avait esquissé retomba devant le capharnaüm qui l'accueillait dans le couloir. Evidemment, ses mecs, mari et enfants s'en étaient donnés à cœur joie et lui laissaient le plaisir de remettre tout ça en ordre. Tenant du bout des doigts le bracelet que Pierre lui avait offert, elle se demandait si le mettre parmi ses autres bijoux constituait une cachette valable.

Elle enjamba un camion de pompier.

 

zip, poum, aïeeeeeeeuh !

ah nan, putain ! nan nan nan !

oh ? tsi hi.

et merde !

c'était qu... wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

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25 juin 2009

clic (shivaya-warduspor)

Non, pas ça ! Non, dites-moi que c'est pas ce que je crois ! Pas le coup de la panne, non non ! Et justement pour clore ce week-end en solitaire... Où sont les allumettes ? A-t-on seulement des allumettes quelque part ? Nooon. Si ?

On peut pas ne pas en avoir, c'est pas possible. Oh noooooon. Où elle a bien pu les mettre ? Allez... respire. Schh... schh... schh.... ça va aller. Calme. Compte jusqu'à dix... Un... Schhhhhhh... Deux... Schhhhhhh...

Et si c'était pas une panne... Si c'était... si c'était... genre... une grève ! Une panne ça se répare, on intervient, on vole au secours du citoyen ; mais une grève ! On sait quand ça commence, mais pas quand ça finit. Comme celle du dix-huit, là... Oh non, les mecs, pas au coeur de l'hiver, merde ! Les nuits sont loooongues, chier ! Des allumettes !!!

Ou alors c'est une attaque terroriste ? C'est possib' ça que des terroriss' y nous terrorisent comme ça ? Sûr... c'est sûrement possible... oh la la. C'est quoi le numéro pour ça ? Le 15, le 112, ça d'accord, mais non... le 911, c'est pas chez nous. Oh nooooooon. Pourquoi c'est si noir, la nuit?! Où sont ces foutues allumettes ???

Attends, on est au vingt-et-unième siècle et pas moyen de trouver un allumette chez soi, c'est pas une vie !... roooh euh, et merde aussi, il est nul ce truc à plaques électriques ! Un bon vieux four à gaz, avec des brûleurs qui brûlent longtemps. Aïe ! putain, c'était quoi ça ?

Y a quelqu'un ? Sans déconner les mecs, arrêtez ! Allez, quoi ! Prenez tout c'que vous voulez, y a un billet de cinquante dans le tiroir... Juste pas les allumettes si vous en trouvez ! Aïe ! Putain mais c'est quoi ce chat ? Aaaah !... Tigrou ? Tigrou c'est toi ?

Con ce chat, aussi !

Bon, pas d'alloufs, d'accord. Panne secteur en plus, pas de lampadaires ? Ah si. Ah. Mais au quinzième les lampadaires.... bon... euh... quoi ?... hein, quoi ?... Qu'est-ce que je vais faire moi ?... Petit déjà, j'aimais pas être dans le noir... J'ai jamais joué dans les placards fermés, moi. Non. Non, non non... Oui ben, non, j'aime toujours pas... J'ai grandi, j'ai vieilli... mais non. Toujours pas. Là, lààà... je vais où moi ? Euh... dans la chambre ?

Aïe ! Merde ! C'est quoi cette porte ? Chuis où là ? Oh putain... Hein ? C'est quoi ce bruit ? Qui qui rentre chez moi ? Qu'est-ce qui s'passe ?

Putain, putain, putain !... Ah non, mais comment je fais, moi, s'ils sont armés, les gus ?... Non, mais COMMENT JE FAIS ?!... Putain, ça vient!... ça vient par ici, non ?

- Chéri ? Chéri ? T'es où ?... Ben qu'est-ce que tu fais dans le noir ?

CLIC

- M'enfin chéri, c'est quoi ce bordel ?

25 juin 2009

Consigne 66 (rsylvie)

Votre participation à la consigne 66 tournera autour de la panne de courant. Ah ! Une contrainte !Votre récit comportera au moins dix nombres

 

On en était à la 5ème partie de (que d’ailleurs, je gagnais allégrement par 9 à 3), face à
mon rival de toujours, Ramon notre voisin, quand soudain tout à pété !
A peine le réflexe d’interrompre le smatch que j’étais entrain de réaliser que j’ai entendu comme un cri et

-« putain d’Zédief » !

C’était Doloresse, l’épousée de mon partenaire de jeu. Une charmante dame originaire du Portugal, qui autrefois entretenait les sanitaires du terrain de camping de notre village, en ayant plus particulièrement la charge de la partie réservée par les salariés travaillant chez EDF. D’où, à cet instant précis, cette familiarité envers eux,

Agée d’au moins 7 fois 10, voire pratiquement 4 par 20, elle déboule chez nous, en moins de temps qu’il ne faut pour appuyer sur l’interrupteur.

Seulement cette fois-ci, rien.

Que NENI,

NADA…..

La panne de courant.

Nerveusement je m’acharne

1 fois, 2 fois je recommence

mais vraiment rien !

-« Dire que de mon temps un frottement

et la lumière jaillissait

Ha l’est beau votre monde moderne avec tous ces

un jour, yé finira tous étouffer dans la toile


-« voyons ma fleur, tou  ne devrais pas parler ainsi du progrès.

m ‘rappelle la première qui fut installée. Au village tous se réjouissaient de la modernité et dou confort qui allait nous adoucir la vie.

Rappelles-toi la première fois que

nous étions tellement fierts,

quand trônait sur la table, comme si c’était la 8ème

merveille du monde. Et puis,

ils nous ont bien assuré qu’il n’y avait aucun danger,

d’ailleurs, il n’y a qu’a léver les yeux.  

Souviens-toi, d’nos balades improvisées au grés du vent,

quand nous jouions à réver de la tour EIFFEL

-« Yé ben vrai tout ça, mon Ramon » !
mé rappelle les monstres d’autres fois, qué sont devenus
yé beaux zoiseaux dé maintenant .
y’avoue qué tou as réson.

Allé vous deux, c'est d'circonstance

 en attendant qu’lé Zédiefs

yiennent nous réparer tout ça

Un p’tit

Pendant qué coule touyour » ?

-« Ouai, cool....madame Doloresse » !

24 juin 2009

La cabine du photomaton est exigüe mais il y fait bon...

Où en sommes-nous ?

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24 juin 2009

Improvisation (MAP)

Peinture en bleu N° 15

 

 

Avant la panne de courant – qui arrive toujours à la nuit tombée, comme par hasard- j’étais en train de mettre au point un nouveau mélange de couleurs (au moins le 7ème) dans la lumière puissante d’un spot « high tech » (que je venais d’acquérir pour la modeste somme de 55 €). Je l’avais choisi pour être exactement dans les conditions où mon tableau serait éclairé à la prochaine exposition de peinture du 23 au 28 octobre prochain. J’étais inscrit pour présenter une quinzaine de toiles sur le thème « BLEU ».

 

Quand toutes les lumières du quartier s’éteignirent d’un coup cela me donna –paradoxalement- une idée lumineuse. Une ou deux secondes suffirent pour me décider à tenter  une expérience.

 

Comme je savais exactement où se trouvaient ma palette, mes pinceaux et ma toile je décidai de travailler à l’aveuglette.

Il est heureux que personne n’ait pu me voir car je lançai à  grands coups ma peinture dans tous les sens et dédaignant mes pinceaux j’utilisai simplement mes dix doigts en mouvements amples et ondulants.  Au moment où ma pendule sonna 22 H 30 la lumière fut tout à coup rétablie !

 

Je pus alors fignoler à l’aise mon « œuvre » en ajoutant quelques autres couleurs pour faire ressortir l’ensemble obtenu. Je vous laisse juge :

Bleu_Bleu

                                                                MAP

 

24 juin 2009

travail en milieu hostile (zigmund)

Dans mon boulot, tous mes appareils fonctionnent à l'électricité.
-commençons par l'optotype, mais oui, c'est le mot barbare qui désigne le tableau lumineux avec des lettres,  des chiffres, des dessins ou des E tournés dans tous les sens pour les analphabètes.
le plus gros chiffre qui correspond à un vingtième de vision c'est le 3. carrément énorme, si vous ne le voyez pas, vous avez bien fait de venir me voir...(enfin quand je dis  voir...)
pour évacuer la contrainte je vous réciterais bien une partie de mon tableau par coeur(chiffres à lire séparément bien sûr)
                                          
                                          3 0 4 7

                                           4  9  2 6
                               
                                            7  2  0  9

(mine de rien, çà en ferait sept de casés ! mais ce  serait abuser...)
- on passe à l'examen des yeux, à la lampe à fente (électrique bien sûr mais sur support mécanique)là aussi, difficile de faire çà à la bougie, cependant, si la panne survient en plein jour, on ouvre  tous les rideaux pour utiliser le soleil qu'on détourne sur l'oeil, via un jeu de miroirs pifométrique, c'est galère mais le tour est joué. Avec ce stratagème et un colorant on peut même mesurer la tension de l'oeil qui normalement est inférieure à 21.
-on termine par l'examen du fond d'oeil visible par un petit appareil à piles, lequel tombe pile poil en cas de panne. 
-Depuis 25 ans que je sévis dans le secteur, j'ai  étudié les moyens de travailler en conditions "extrèmes" sans électricité en cas de grève ou de panne. Avec les quatorze mois d'attente pour  obtenir un rendez vous avec moi, pas question que je déclare forfait sous prétexte d'absence des 220 volt alimentaires(mon cher Watson). La patience des patients a des limites.
-Et l'ordi me rétorquerez vous ?  aucun problème : le vieux clou qui tourne  encore sous" fenêtres 98"(çà y est je crois que j'ai les 10 nombres) (de Guillaume Portail) n'est là que pour mon agrément perso,car je reste attaché à mes stylo plume dont  je remplis le réservoir à la seringue 20cc en me tachant les doigts. (qui a dit vieux crouton rétrograde ?) dame sécu-vitale apprécie peu, mais tant pis.
-résumé : qu'ils y viennent  avec leurs coupures de courant  ! je peux gèrer  ...
                                                      mais ...
Une seule fois, un soir d'hiver, je me trouvai pris au dépourvu, la bise venue, une grève d'édéeffe était annoncée ; croyant à ma bonne étoile, je n'avais reporté aucune consultation, et je terminais ma journée avec le dernier patient,  un gamin venu de loin quand
couic!!! noir total et intégral (et blanc dans la conversation)
ben oui, dehors faisait drolement nuit. (et mon cabinet est assez isolé).
au téléphone (ne jamais se séparer des moches téléphones avec fil)j'ai appellé une voisine à la rescousse et elle m'a apporté des bougies et 2 lampes de poche. Ce gosse a eu un examen complet
à la bougie et lampe de poche(pour éclairer les chiffres sur tableau papier) Consultation prototype ( gratuite car pas osé facturer) avec prescription de lunettes... 
C'est peu après, que Betty, une jeune paonne égarée, a demandé et obtenu asile dans notre jardin, nous permettant de ressasser le piètre calembour "on a une pa(o)nne dans le secteur..."                            


PS samedi défiants, soyez indulgents, ma seule défense pour me faire pardonner ce texte est que tout est vrai (sauf windows 98)

24 juin 2009

Ils étaient dix et vingt et cent et mille, ils étaient une armée, ils étaient cent mille, un million, un milliard, plus encore

— PAPISTACHE ! TON TEXTE ?
— Quoi, mon texte ?
— TA RÉPONSE AU DÉFI DE VALÉRIE !
— Oui ?
— TU LE LIVRES QUAND, TON TEXTE ?
— Mais arrête de crier. Je n’y arrive pas... je n’y arrive plus... pas le temps... fatigué... mort... tari... sec...

STOP !
HALTE AU FEU !

Le Papistache se débine...
                                             il est cuit l’ancêtre,
                                                                          élimé,
                                                                             rétamé,
                                                                                   annihilé,
                                                                                         décrépit,
                                                                                                pulvérisé,
                                                                                                      anesthésié...

Panne de courant
NOIR
Panne de courant
NOIR
Panne de courant
NOIR

Courant ?
Chien ?
Cours en chien ? L’anchien ? La camarde lui court aux basques.
Il a vécu, Myrtho, le jeune Tarentin.
Myrtho ? Mytho.
Mi-tôt, mi-tard.
Au mitard, au rancard, feu l’espoir enkysté.
En qui,
            en qui,
                        en qui-qui,
                                              enquiquiné l’apôtre.

PANNE DE COURANT !

Pas nœud :  deux courent. Han !

Pas nœud. Alors si pas nœud, corde lisse.
Six mètres.
Haut la poutre.
                           Grimpe,
                                           grimpe,
                                                          pas corde à nœuds :
                                                                                               corps de lis.

Lis ?
         Lisses lis troués,
                                       mangés,
                                                       épluchés,
                                                                        hachés,
                                                                                       souillés.

N’a rien vu la marionnette.

Oooooooooooh  !
Désolation.


POTENCE
CORDE LISSE
TIGE NUE DES LIS
AH, L’INGÉNU CENTENAIRE


Abrah ! Abrah ! Abrah !

Douze rangs de douze
Attaquent au jardinet

Criocères, douze rangs de douze
Cent-quarante-quatre fois deux mandibules

Mâchouillent,
chient,
mâchent,
chiquent,
mastiquent :
chiasse verte en tige.


COURS
COURT LE BONHOMME
TROP COURT
TROP TARD




              Las,
               trop,
                si las,
                 se traine...
                                                   Tergiverse,
                                                                       hésite,
                                                                                     s’affaisse
                                                                                                      mol

BON CHIEN CHASSE DE RACE

Il a tardé, l’apôtre
Il a tardé, l’ancêtre
Il a tardé, l’enkysté

Lui ont boulotté ses lis, les criocères
Lui ont chié dessus ses lis, les criocères
Lui ont tiré les larmes, à l’élimé

Sa main tremble
Son nez suinte
Son œil s’opacifie
Il n’a rien vu
Rien vu

Ils ont ri, les criocères
Lui ont bouffé ses lis, au décrépit
La noce en habit bronze a défilé devant son lit :
les criocères lui ont sucé les yeux, au vieux

Ne les verra pas ses lis
en plein jour
au soleil
ne les verra pas
les a laissés seuls
face aux ogres bronze,

se sont régalés

le jardinier
qui se voulait poète
a abandonné ses fleurs
aux entrailles de chiasse remplies
des coléoptères
en habit rouge


PANNE DE COURANT

Mis au défi par Valérie
Mis au défi
Vaincu
Battu

N’a rien vu venir
N’a rien su tenir
N’a rien pu
A perdu...

Pas même fichu de placer plus que six, ou son double au carré
Le compte n’y est pas

Elle tend sa nuque au bourreau
la marionnette

Et la hache tombe
et roule la tête au jardinier déchu

au pied des lis
qui ne fleuriront pas

qui ne fleuriront plus
c’est fini

23 juin 2009

Flash spécial ...

FlashInfo

INFO DE TOUTE IMPORTANCE:



Comme tout le monde l'a lu, Janeczka nous a dit "au revoir" la semaine passée. Elle est appelée ailleurs et nous lui souhaitons tout plein de belles choses...

Parce que l'administration des défis est plus facile à quatre qu'à trois, nous avons décidé d'appeler MAP à nos côtés, et, pour notre plus grand plaisir, celle-ci a accepté.

Bienvenue, MAP, au sein du groupe des admins des défis du samedi !!!


PS: Elle m'a soufflé qu'elle avait un peu le trac... je pense que des encouragements lui feraient du bien ;).

23 juin 2009

La cabine du photomaton est exigüe mais il y fait bon...

Où en sommes-nous ?

Walrus,Vegas sur sarthe, Joye, Sebarjo, PHIL, Brigou, Virgibri

23juin

23 juin 2009

Dans l’ascenseur (Brigou)

Aujourd’hui j’ai rendez-vous au 10e étage d’un immeuble.
J’évite toujours de prendre les ascenseurs. Ainsi j’ai voulu ouvrir la porte pour emprunter les escaliers soit 90 à 100 marches à grimper…  mais cette dernière  était verrouillée. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que je me suis résignée à me diriger vers la bête d’acier.
Je ne suis pas la seule à monter. Une femme bon chic bon genre, les cheveux décolorés, le visage liftée ou botoxée accompagnée d’un toutou patientent également.
10 h 15 : je pénètre dans la cabine, coincée entre madame et son clebs couché devant la porte, le museau entre ses pattes. Le chien pue et sa maitresse également. Elle a dû abuser du flacon de parfum ce matin…
10 h 20 : elle m’informe qu’elle monte comme moi au dernier étage. J’appuie donc sur le bouton nerveusement mais…… rien !  Bizarrement le néon orange de secours s’éclaire.
Dans cet univers fermé, étroit, malgré une multitude de miroirs comme pour nous donner l’impression que c’est plus grand, je ne veux pas me laisser envahir par l’émotion. Celle qui peut devenir violente, intolérable et destructrice. J’aperçois mon visage qui change de couleur et mon teint qui devient blafard.
10 h 40 : l’ascenseur ne semble plus réagir à aucun ordre. De longues minutes passent. La blonde platine imperturbable joue avec son sautoir en perles. Le chien ronfle bruyamment. Nous entendons enfin la voix de la concierge qui nous annonce que le courant vient d’être coupé, que la société de dépannage va venir ouvrir les portes et qu’il faut rester calme.
10 h 55 : c’est en écoutant ces derniers mots que je ressens les prémices d’une angoisse. Je reconnais déjà les douleurs dans le corps. Il m’est difficile de respirer, j’ai la sensation que ma gorge enfle, mes mains tremblent et des points noirs apparaissent devant mes yeux. Il faut que je revienne au réel, que je m’accroche au présent. Je me concentre sur le chien en me disant qu’il ne faut pas que je tombe dans les pommes d’autant que je n’aimerai pas me retrouver nez à nez avec sa langue pendante et son œil vitreux.
11 h 50 : Le zéro libérateur apparaît enfin en diodes rouges sur fond noir. Les portes s’ouvrent.
Et tout à coup, en une fraction de seconde, je suis là, bien ancrée dans le présent, au rez de chaussée et dans le brouhaha. Je déguste ce moment d’être enfin libre, juste vivante !

23 juin 2009

Le côté obscur du jour (Virgibri)

 

J’en compte seulement cinq, ce soir. Les autres ont dû se planquer, encore. Je sais bien qu’ils m’observent. Ce qui me perturbe, c’est que je m’étais préparé à en voir au moins huit. Je les avais invités pour baisser leur garde.

J’ai tout bien pensé, ça, c’est sûr : les boissons, les gâteaux apéros, les petits fours. Mais comme j’ignore ce qu’ils mangent vraiment, j’ai ajouté des saucisses, des légumes, des brochettes de bœuf et du fromage. Je n’ai pas encore tout sorti, mais je suis dans les starting-blocks depuis trop longtemps pour être surpris.

Quoique.

Deux d’entre eux-les chefs de la meute, je suppose- semblent renifler : leurs nez s’agitent. Ce n’était pas arrivé jusque-là.

Je me ressaisis : mon plan est bien ourdi, pas de panique. Ils s’avancent un peu. Leur odeur faisandée m’a toujours donné envie de vomir. Je dois me retenir. Pas maintenant. Ne pas tout gâcher pour un simple haut-le-cœur.

Je dois attendre que les trois autres débarquent. Ils ne vont pas résister cette fois, je le sens. Ils aiment l’odeur de ma sueur quand il fait chaud. Je l’ai compris il y a environ dix ans : j’étais au bord d’une plage, en train de flemmarder au soleil avec ma femme, quand je les ai vus pour la première fois. On ne me la fait pas : j’ai donc choisi une journée estivale pour les exterminer. Même la météo pouvait contrarier mes plans. Mais là, il fait vraiment chaud, presque lourd. Le temps va tourner à l’orage, à n’en pas douter. Pas grave : ça couvrira le bruit…

Je reste toujours face à eux. Ne jamais leur tourner le dos est une règle d’or. J’ai commis l’erreur une fois, pas deux. La femelle avait alors voulu me mordre au sang. Le mâle s’était ensuite jeté sur elle, non pas pour me sauver, mais pour défendre son bon de gras : il ne supporte pas que l’on touche à son garde-manger ni à ses jouets. Je m’en étais sorti cette fois encore, grâce à l’apparition de la nuit : ils ne vivent que le jour. Je me demande si ces deux-là s’étaient accouplés après leur dispute…

Je vois leurs babines frétiller. J’ai lentement sorti le plateau qui contient la viande, sans geste brusque. J’aurais pu parier sur leurs préférences culinaires. Je jette environ dix morceaux de viande un peu au hasard devant eux. Ils se ruent dessus. Et ils se sont encore rapprochés. Une fois qu’ils auront passé la ligne fatidique que je me suis tracée mentalement, j’appuierai sur le détonateur. Mais ils sont encore un peu trop loin…

J’espère avoir assez de viande.

L’atmosphère est étouffante. Une goutte de sueur perle à mon front. Le ciel commence vaguement à s’assombrir et j’entends au loin le tonnerre de façon assourdie.

Leurs yeux rouges ne me quittent pas du regard, même lorsqu’ils dévorent la chair. Je vérifie une énième fois que le détonateur est bien dans ma poche de veste. Je jette encore de la nourriture, plus près de moi, cette fois.

Le mâle dominant arrête les autres d’un mouvement de tête. Il me défie. J’essaye de sourire et de montrer mes paumes retournées, vides. Il renifle. Grogne un peu. Vas-y, grogne, je suis habitué, depuis le temps.

Il donne le feu vert aux autres. Ils avancent lentement quand même. Je n’en peux plus, l’air est si moite ! Le tonnerre se rapproche. Allez, avancez, bon sang ! Qu’on en finisse ! Que vous me foutiez enfin la paix…

Ça y est, ils y sont. Là, j’ai une chance de les avoir. Je savoure l’instant. J’entends le clapotis de quelques premières gouttes dehors. Je souris vaguement. Je n’ai pas souri depuis des années, je crois. Ma main est au-dessus de ma poche. Je suis prêt. Je suis si prêt de la libération…

Mais non ! NON ! C’est le noir ! Les plombs ont sauté ! Non ! J’allais enfin vous tuer ! NON !

 

 


_ P’tain, j’en ai marre de c’lui-là ! Il n’a qu’une piqûre par jour, mais quel bastringue à chaque fois !

_ Ouais, je sais : les autres tarés de l’étage sont plus faciles à gérer. Tu les bourres de quelques cachets, et hop, i’s’tiennent à carreau.

_ Va encore falloir que je lui mettre deux baffes pour l’calmer.

_ Vas-y mollo quand même : on sait pas c’qu’i’ raconte aux psy’…

_ Allez, c’est bon, il a eu sa piquouze : éteins la lumière. On est tranquille jusqu’à demain.

 

22 juin 2009

La cabine du photomaton est exigüe mais il y fait bon...

Où en sommes-nous ?

Walrus,Vegas sur sarthe, Joye, Sebarjo, PHIL

22juin

22 juin 2009

Promenade en funiculaire (PHIL)

Bon sang, c’est une panne de courant ou quoi ? Voilà que ce fichu machin s’est arrêté en plein milieu de la pente. Comment ça s’appelle, déjà ? Pas un ascenseur, ce n’est quand même pas vertical. Quoi que. Enfin, bref un truc à crémaillère.

 

Ça on a le temps de la voir, la mer. Au moins dix minutes qu’on est là. A attendre bêtement au-dessus du vide. J’ai horreur de ça.

 

Je ne sais pas ce qui m’a pris d’accepter de monter là-dedans pour aller en-haut de la falaise. La vue est superbe, a promis Henri. Bien sûr. Mais je m’en fous, bien évidemment. En attendant, je déteste la promiscuité. On aurait pu monter par l’escalier. Je ne sais pas combien il y a de marches. Deux cents, peut-être bien. C’est beaucoup, je sais. Après tout il n’y en a peut-être que cent-cinquante, va savoir. Enfin même avec mes pompes à talons hauts, j’y serais arrivée.

 

Encore une chance que ça ne soit pas tombé en panne dans la partie en tunnel, sinon je crois que j’aurais pété un plomb et que je les aurais tous dessoudés.

On est huit, dans ce machin : un couple avec deux mômes. Une paire d’anglais hors d’âge. Et Henri et moi. Il faut absolument qu’il monte voir les belvédères, lui, c’est plus fort que le roquefort. D’habitude je fais la gueule, et parfois ça lui rabaisse son envie de regarder de haut. Mais là, je ne sais pas pourquoi, j’ai accepté le plan, toute joice. L’air marin doit être euphorisant.

 

Bon, ben c’est pas tout ça, mais l’heure tourne et on est toujours coincé là. Je regarde ma montre : il est vingt-trois. Qu’est ce que je vous disais : dix-sept minutes exactement que le foutu machin est en panne et que personne ne s’est soucié de nous secourir. Ah en bas il y a du monde, hein ! Il y a au moins douze clampins qui se paient notre binette en nous montrant du doigt. Les cons.

 

J’en ai ma claque. Et ce ballot d’Henri qui n’arrête pas de me tripoter et de me souffler dans le cou. Pour me rassurer ? Tu parles. Comme si j’avais besoin d’être rassurée. Il me connaît mal. Une tueuse à gages, ça n’a peur de rien. N’empêche que ça m’emmerde d’être piégée là. Et qu’il commence aussi à m’emmerder sérieux, à me souffler dessus comme ça. Je ne vais pas tarder à lui en retourner cinq en travers de la tronche.

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté de l’accompagner en Normandie. Ou en Picardie. Je ne sais pas bien dans quelle région on est. D’habitude je n’accompagne pas les clients. Bon, d’accord, d’habitude je ne couche pas avec eux non plus. De toute manière, c’est décidé, il n’ira pas plus loin. Il m’énerve trop. C’est dangereux de jouer avec les nerfs d’une fille comme moi.

 

Les gamins commencent à en avoir classe eux aussi. Ils se tortillent, ils trépignent. Encore heureux qu’ils ne chialent pas. Je parie que la fillette va avoir envie de faire pipi dans pas longtemps. J’espère qu’elle va pouvoir se retenir. Ou au moins qu’elle va épargner mes godasses. Faut pas rigoler avec ça. Les chaussures, c’est sérieux, foi d’Angélique. Je suis une vraie collectionneuse. J’en ai un plein placard. Principalement des escarpins à talons, mais il y aussi des sandales, des bottes, des mules. Quarante-huit paires en tout. Je sens bien que ça enquiquine François, mais il n’ose rien dire. Même s’il ne sait rien de mon vrai métier, il sent confusément que c’est dangereux de me contrarier. C’est rare, l’intuition, chez un mec. Non, François, c’est le mari idéal. Il me fout une paix royale. Il ne se doute même pas que je sors avec ce crétin d’Henri depuis un mois. Et ça l’arrange, comme ça il peut passer toute la sainte journée à écrire je ne sais quoi sur son ordinateur.

 

Le vieil angliche n’arrête pas de loucher vers mon décolleté. Je lui décoche un de ces sourires angéliques dont j’ai le secret. Je sais me montrer à la hauteur de mon nom. En attendant le vieux en perd ses moyens, il est tout rouge, il frise l’apoplexie. Pourvu qu’il n’aille pas faire dans son froc lui aussi. Et la vieille qui me fusille du regard. Si elle savait ! Tiens d’ailleurs, ça me fait penser à un truc, je ne pourrais même pas les descendre là, j’ai laissé le flingue dans ma trousse de toilette, dans le coffre de la caisse.

 

Ah ! On redémarre ! Cool ! Enfin, vingt-six minutes quand même. Et l’autre pignouf d’Henri qui continue son manège. Ça, je ne vais pas pouvoir attendre de récupérer mon matos dans la bagnole. J’avais planifié d’exécuter le contrat plus tard, mais je n’en peux plus.

 

 

 

L’ECLAIR DU TREPORT, édition du 23 juin 2009

 

Flash.

 

Le cadavre d’un homme d’une cinquantaine d’années a été retrouvé dans un fourré à flanc de falaise. La victime n’a pas encore été identifiée, mais on sait d’ores et déjà qu’il s’agit d’un meurtre. La mort semble avoir été causée par un coup violent porté à la tempe avec un objet dont la forme rappellerait le talon d’une chaussure de femme, par exemple.

21 juin 2009

La cabine du photomaton est exigüe mais il y fait bon...

21juin

20 juin 2009

Pas de panique ! (Walrus)

En cas de panne de courant, surtout pas de panique !

Il n'y a aucune raison de paniquer — en dehors de celles-ci, bien sûr :
 

  1. Si vous n'avez pas pensé à conserver votre bon vieux combiné téléphonique, votre appareil DECT ne fonctionne plus.
  2. Bien sûr, votre réveil-radio est pourvu d'une batterie de secours, mais depuis le temps, elle est à plat.
  3. Vous finirez bien par vous rappeler où vous avez fourré les bougies, mais depuis que vous avez arrêté de fumer, vous n'avez plus ni allumettes ni briquet.
  4. Il fait glacial et même si vous avez un chauffage central au gaz, vous ne serez pas chauffé pour autant.
  5. L'éclairage de secours ne fonctionnera pas pour la même raison que le réveil-radio.
  6. Le cambrioleur local va enfin pouvoir réaliser son rêve : contourner votre système d'alarme perfectionné.
  7. Puisque le déluge a noyé la cabine de distribution, votre pompe vide-cave ne vous sera d'aucune utilité face aux pluies diluviennes.
  8. Mais non, l'isolation de votre surgélateur ne vous permettra pas de tenir trois jours (et de toute façon, il est dans la cave votre surgélateur, voir en 7.)
  9. Sortir la voiture pour chercher du secours ? Auriez-vous oublié le ferme-porte électrique qui faisait, hier encore, votre fierté ?
  10. Et comble de tout, vous ne pourrez même pas vous remonter le moral en vous connectant aux défis du samedi. VDM !


20 juin 2009

Panne de courant‏ (Vegas sur sarthe)

Une bougie, Nom d'une pipe ! Y en avait une dans ce tiroir, enfin dans ce foutoir... même que tatie Gaby elle disait souvent qu'elle s'en servait depuis qu'son vieux il est plus là.
Deux slips! Qu'est ce que j'en ai à foutre des slips en ce moment; personne verra mon zizi dans le noir. Ca y est! Je l'ai... la bougie et y'a même une boîte d'allumettes; elle était bien organisée la tatie.
Trois, je sens que trois allumettes! Elle aurait pu en laisser plus; j'ai pas intérêt à foirer mon coup sinon c'est la galère.
Quatre à Trois... Y'avait Quatre à Trois quand tout a lâché et que Barcelone venait de faire rentrer Messi !! Mais si la prochaine s'allume pas, j'suis dans l'caoua jusqu'à demain matin.
Cinq ans qu'on vit dans ce clapier et pas foutus d'arranger l'compteur, mes vieux... Ah pour la TNT, l'Aïe Phone et le Nespresso... OuateElse, y sont les premiers à l'ouverture du Carrefour; mais quand y s'agit d'réparer le tambour du lapin Duracell, y a plus personne!
Rapport au compteur, Momo-je-sais-tout y dit qu' en 2010 on aura tous des compteurs intelligents dans les maisons... ça f'ra au moins un peu d'matière grise chez nous; il appelle ça la Momotique?
Ca y est, la dernière c'est la bonne... sauf que la bougie a plus d'mêche et que j'ai dix secondes sans les mains pour lui en redonner une: alors je croque un bon coup dans la bougie... c'est dégueulasse, sacrée tatie! enfin ça pointe sous les dents, c'est humide, ça grésille mais ça s'allume.
Sauvé! C'est pas le camp des labres de Versailles mais j'y vois plus clair. Combien de temps ça tient une bougie? Vingt minutes, pas plus, d'autant que c'est pas une première main.
Le foutoir est toujours là avec les slips en dentelle, y a même un porte-jarretelles et un tas de bouquins, des romans-photos... j'vais pas me mettre à r'garder ça alors que Messi doit dribbler comme un dieu à quinze minutes du coup d'sifflet!
Feinte de corps, passage de jambes et petit pont... p'tit pont moi-même, pourquoi je regarde l'écran, moi? Un seize-neuvième éteint c'est comme un aquarium sans poissons.
Y a au moins cinquante bouquins là-dedans! Elle aimait lire tatie Gaby avant de rencontrer son nouveau mec, le Pascal.
Mon vieux dit toujours en s'poilant "Il a un gros cierge pascal", ah bon? et y'a un plus gros bouquin en dessous qui fait au moins quat'cent pages; c'est marqué Kamâ...Sûtra ?
En fait c'est comme le Petit Robert du salon mais on dirait un truc sur la gym et la graisse antique; ça parle de l'Etoile, du Sphynx, du Lotus... bref dans huit minutes le match est plié et ça m'fout les boules.
Tiens! Cette image, on dirait quand Messi s'est fait tacler y'a huit jours par Traoré et eux y z'appellent ça le flipper; y disent position sportive et excitante mais ça vaut facile un carton jaune!
Si Momo-je-sais-tout était là, j'lui échangerais bien ce bouquin de gym contre son transistor; quand j'pense que le Barça est p't'être en train de perdre la Coupe! Nom d'une passoire!
En tout cas, la tatie Gaby et son Pascal, y zont intérêt à venir débarrasser leur foutoir avant que je bazarde tout à la prochaine brocante... et pis la gym c'est pas mon truc, moi c'est le foot.

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