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Le défi du samedi
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17 mai 2008

Petite note informative

Attention ceci n'est pas un texte de participation!!!!

Vu le nombre de participations que nous avons reçues pour cette consigne, nous avons pensé qu'il était préférable de ne publier que la moitié des textes à 9h pour que chaque texte reçoive l'attention qu'il mérite, et éviter que des textes se retrouvent en page 2 dés le matin.

Nous informons nos aimables lecteurs que l'autre moitié des textes sera en ligne dés 12h.

Bonne lecture à tous!

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17 mai 2008

Je te quitte (Aude)

Je te quitte.

Je t’offre cette maison qui était celle de ma grand-mère bien avant que je naisse, cette maison qu’elle me laisse habiter. Cette maison que j’ai tant aimée, cette maison entourée de ce petit bois qui cachait une clairière ensoleillée à l’herbe généreuse et moelleuse où je m’allongeais en lisant Colette et ses Claudine. Je te donne le petit étang aux libellules dansantes et aux nénuphars éclatants. Je t’offre aussi la tonnelle du jardin qui ploie sous la glycine et les roses grimpantes et où il fait si bon déjeuner les matins d’été. Voilà je t’offre cette maison.

Cette maison était pour moi l’ultime refuge, le lieu où rien ne pouvait m’arriver, lieu de réconfort et de douceur. Ces murs réconfortants portent aujourd’hui la trace des coups que tu me donnais, traces imperceptibles qui ont marqué le plâtre. Moi je les vois toujours, même la nuit je les devine. Depuis que je te connais, les murs de cette maison sont devenus gris comme ton âme.

La petite clairière n’est plus. Tu ne voulais pas de la petite chèvre qui l’entretenait. La petite clairière est aujourd’hui ronces et orties et les chemins qui menaient à elle ont disparu.

L’étang s’est changé en mare noirâtre et profonde. Les libellules sont mortes, comme les jolis tritons. Tu as laissé s’y déverser un bidon d’huile de vidange.

La tonnelle n’existe plus. Tu l’as sacrifiée à la hache pour faire un barbecue.

Voilà je t’offre une maison aux murs gris, entouré d’un bois sombre et froid derrière lequel se cache une mare aux eaux saumâtres et sans vie.

Ne te prends pas les pieds dans les racines mortes de la glycine et ne t’écrase pas le nez sur les épines des roses fanées.

Je t’ai donné la maison de ma grand-mère mais tu ne m’auras plus moi.

17 mai 2008

Le Cloitre (Brigou)

Puisque je n’ai pas de blog et que vous n’avez pas l’occasion de découvrir mon univers, je vous invite à m’accompagner sur un lieu que je côtoie régulièrement. Il ne m’appartient pas mais je suis une fidèle spectatrice de cet endroit.

En effet, depuis toutes ces années où je suis installée dans les montagnes, j’ai le privilège de travailler auprès d’un édifice restauré pour le plaisir des yeux. Un lieu mystérieux où l’âme et le corps s’harmonisent.

Au milieu d’une plaine, éloignée des habitations de la commune, tout proche d’une rivière escarpée et implantée sur un léger relief, une Chartreuse et son Cloitre offrent une vue totalement dégagée en direction des quatre points cardinaux.

Ce lieu si fort, si chargé d’histoire est devenu un site contemporain. L’on pourrait croire à une contradiction, il n’en est rien. La chapelle, datant du XIIIe siècle accueille des œuvres modernes. Ces créations nous interrogent sur le présent et l’avenir. Il suffit de se laisser emporter par sa propre interprétation, par l’émotion que suscitent les formes et les couleurs et de faire son chemin personnel.

J’aime venir me réfugier dans ce cloitre et me ressourcer au calme. Il inspire la méditation et l’observation. Je retrouve dans ce lieu la simplicité et la sobriété qui caractérisent l’esprit de la règle des chartreux. Seul, un chat est sculpté dans l’édifice. Adossé à l’église, la tête légèrement inclinée, il s’apprête à se lécher pour une toilette consciencieuse et appliquée. Nul ne sait quelle intelligence l’a conçu, ni quel sculpteur a manié le burin qui l’a taillé dans cette pierre de tuf.

Futurs visiteurs je détiens les clés ! alors n’hésitez pas je vous y accueillerais avec plaisir.

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17 mai 2008

Tendre cadeau - MAP

Coq_cadre

Ma poulette adorée
toi qui fut si longtemps
privée de liberté
permets moi de t’offrir
ce cadre de verdure
que je viens de trouver
là-bas sur le grand pré.
Oui j’ai pensé à toi,
à ta tendre couvée,
tu es si bonne mère
avec nos chers poussins :
 Poussi, Poussa, Pousso
Poussine et Poussinet.
Viens vite, je t’attends,
avec tous nos petits !
……………………..
Allons nous mettre au vert !

***

Une_poule_

17 mai 2008

Si le monde etait different - Tilu

Si le monde était différent ,je t’offrirais une île, verte et sauvage, aux falaises vertigineuses et aux plages de sable blanc, une île vaillante à l’assaut des tempêtes, une île douce sous le vent, une île perdue dans l’océan…. Pour que tu m’y emmènes de temps en temps…

ile

 

Si le monde était différent, je t’offrirais un long chemin bordé de bruyères et de fougères qui longerait la côte, au dessus de la mer moutonnante, où tu sentirais les embruns et le parfum des genêts au retour du printemps, et où tu pourrais tout en marchant, prendre ma main dans la tienne…

chemin

 

Si le monde était différent, je t’offrirais une petite maison de pêcheur sur cette île, au bout du chemin. Une maison toute simple, avec juste une petite chambre et une grande pièce avec une cheminée que tu ferais crépiter et devant laquelle, pour ne plus que j’aie froid, tu pourrais m’enlacer…

maison

 

Si le monde était différent, je t’offrirais un lit pour cette chambre de marin. Un grand lit de bois cérusé avec des draps de coton blanc brodés à tes initiales, des couvertures en laine douce, et un édredon à l’ancienne moelleux et chaud, sous lequel tu pourrais m’attirer …

lit

 

Si le monde était différent, je m’offrirais à toi… au creux tendre de tes bras… dans le lit de bois blanc de la petite chambre de la maison de pierre au bout du chemin escarpé de l’île sauvage au milieu de l’océan gris bleu… comme tes yeux…
 

Mais le monde est comme il est… et rien ne m’appartient…

tout

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17 mai 2008

Le désert à Val

Offrir un lieu qui ne m’appartient pas à la personne de mon choix…Voyons…

Hum ! Pas simple !

Qui a pondu cette consigne à la noix ? Moi ? J’ai accouché de deux beaux enfants, mais alors, d’une consigne vraiment pourrie ! J’me félicite pas ! Faut vraiment avoir un grain pour ne pas réussir à produire un texte d’après sa propre consigne… Oui, faut vraiment avoir un problème !

Et le pire, c’est que c’est pas ma faute, finalement. C’est la faute à Bénabar ! Si, si ! En fait, j’écoutais sa chanson dans laquelle, galant homme, il offre Bruxelles à sa bien-aimée. J’écoutais, et je me suis dit que ce sujet ferait une consigne sympathique et amusante.

Tu parles ! Je sonde mon sujet depuis dimanche soir, et rien ! Nada ! Quedal !

Si ça continue, je vais être obligée d’envoyer un larmoyant courriel au musicien poète. Mais j’ai bien peur que le temps qu’il me réponde (s’il me répond un jour), samedi soit passé depuis longtemps…

Oh ! Non ! J’ai une idée ! J’vais lui spolier sa chanson. Ni vu, ni connu ! Ils y verront que du feu… Allez, j’la recopie !

Arf ! J’vais avoir des remords. Et puis, entre nous, la mauvaise conscience serait mon châtiment le plus doux. Imaginez qu’un ou une se rende compte du subterfuge ! Là, c’est clair, quelle déchéance !

Après un tel épisode, appelez-moi « Valapidée ». Ah ! C’est du propre !

Bon, évidemment, je pourrais tout à fait ne pas participer ce samedi… Je pourrais ! Mais… c’est que… comme je suis administratrice, ben ça la fous mal ! D’autant plus que c’est ma consigne ! Si je leur explique que j’ai pas réussi à composer une ligne pour cette consigne, ils vont bien s’marrer !

Réfléchissons…

Ah ! Oui ! La consigne ! Faudrait pas la perdre de vue !

Reformule, Valaride , reformule !

Allons !

Faire cadeau d’un endroit –qui n’est pas à moi- à un individu … Stop ! ça sert à rien ! C’est n’importe quoi de reformuler ! J’l’ai comprise, puisque c’est moi qui l’ai inventée, c’te maudite consigne !

Je sèche. Je dessèche ! Je m’assèche. Je m’épuise. Et j’échoue ! J’ai coulé mon porte-avion…

Ah ! Mais non ! Ah ! Mais c’est bien sûr ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ?

J’ai une idée ! Elle vaut ce qu’elle vaut, mais au moins, samedi, je ferai acte de présence. C’est mieux que rien !

Je vais offrir à mes amis (si chers) bloggeurs, participants et lecteurs des défis réunis (ainsi qu’aux internautes de passage)… je vais leur offrir un désert ! Oui, un désert !

Le désert aride de ma créativité pour cette consigne ! Et il s’agit en fait de ce texte !

Non, il ne m’appartient pas ! Chacune de mes idées, une fois couchée sur le papier, ne m’appartient déjà plus, alors une fois en ligne…

Ben quoi ? Il est ou, le problème ? Catherine Le Forestier a bien soufflé à Tilu que le corps était un pays, alors…

PS :

J’ai lu un jour, sur le blog d’une personne qui participe à un vrai (j’entends par là non virtuel) atelier d’écriture un conseil que son animatrice lui avait donné :

« En panne d'inspiration, on écrit sur cette difficulté!!! »

A l’époque, j’avais rangé ce précieux conseil dans un petit coin de ma cervelle, pensant qu’un jour, il me servirait.

Et ce jour est arrivé.

17 mai 2008

Lune rousse (Kloelle)

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photo de Robert Sartori

Offrir la lune
Encore rougissante
Des frôlements de sa nuit.

11 mai 2008

Défi 10

Le voilà, le dixième !

 Non ! Pas d’expo photo en string, au grand désespoir de ma camarade…  C’est qu’on a une image de marque, nous !

Par contre, un petit message :

Merci de participer. Merci de lire. Merci de commenter. Merci ! Merci !  

Je suis très heureuse de co-animer cet espace. Je pense, sans me tromper, que Janeczka a le même sentiment que moi : 

Publier trois défis par samedi, c’est déjà aller au delà de nos attentes, alors…  

Alors, Merci !

Cet espace est aussi le votre. N’hésitez pas à nous soumettre vos consignes, remarques et idées. Nos boites mail vous attendent les bras ouverts.

 

La consigne :

Offrez un lieu qui ne vous appartient pas (un monument, une ville, un pays, la maison de votre voisin…) à la (aux) personne(s) de votre choix.

 

Comme d’hab’, les textes sont à envoyer avant samedi à :

janeczka@hotmail.co.uk ou pitch30@wanadoo.fr

 

Bonne semaine…

10 mai 2008

Saint Benoît patron du foie gras (Papistache)



Il était une fois, une fille qui parlait aux oies.
Mais les oies ne répondaient pas. C’est bête ma foi !

Lassée de s’adresser à ses oies, en vain, de
gros mots sortirent de ses lèvres : “Sales grosses dindes !”

Elle entreprit de murmurer à l’oreille des poules
Lesquelles, en caquetant, se foutaient de sa goule.

La fille aurait pu faire le tour de la basse-cour,
Mais au couvent, son père l’enferma à double tour

Depuis, elle adresse ses prières à Benoît,
Qui ne répond pas, le patron de la Sainte-Croix.

Du coup, la gamine console sa crise de foi
En tartinant son pain béni de foie gras d’oie.

Moralité
       
Si, futée, la fille avait parlé au  Jeannot
Plutôt qu’aux sottes volailles de son troupiau
Dans ses jamb’s gambaderaient de jolis marmots.

Moralité seconde

Si Benoît prenait l’temps de répondre aux prières,
Du Sud-Ouest, l’industrie s’écroul’rait toute entière
Tais-toi Benoît, du foie gras, protèg' la filière.

10 mai 2008

Petite fille aux oies - MAP

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Quand la petite Elsa
promène ses six oies
fine baguette en main
pour guider leur chemin,
elle n’oublie jamais
son livre préféré :
« Les beaux contes de fée. »

Ce qu’elle aime vraiment
en ce charmant moment
c’est lire à haute voix
pour ses petites oies
comme fait sa maman
le soir en l’endormant.

10 mai 2008

Conte écrit par Val pour son fiston

-          Il était une fois une petite fille qui parlait aux oies.

-          C’est quoi, une oie ?

-          C’est un gros canard ! Il était une fois une petite fille qui…

-          Comment elle s’appelle, la petite fille ?

-          Heu… je sais pas.

-          Jeusépa ?

-          Non ! Bon, on va dire Sofia, tiens ! Elle s’appelait Sofia.

-          Oh, Sofia, comme la Sofia qu’est dans ma classe !

-          Oui bon ! IL était une fois une petite Sofia, qui parlait aux oies.

-          Elle avait quel âge ? Hein Maman ? Moi, j’ai trois ans !

-          C’est pas important.

-          Ben si !

-          Bon, elle avait trois ans comme toi ! ça te va ? Et elle parlait aux oies !

-          Elle avait pas peur ? Moi j’ai peur des canards, moi !

-          Non, Gaby, elle avait pas peur parce que ses parents avaient une ferme avec plein d’oies et qu’elle y était habituée ! Je peux reprendre ?

-          Oui…

-          Sofia parlait aux oies, donc…

-          Elle parlait bien, Sofia ?

-          Comme un livre !

-          Ça parle pas, un livre !

-          Ah bon ? Ben je les entend ou, les histoire que je te lis ? ça parle, un livre !

-          Pourquoi moi je les entends pas, alors, les livres ?

-          Parce que tu ne sais pas lire.

-          Ah !

-          Sofia, qui avait trois ans, parlait aux oies qui vivaient dans la ferme de ses parents. Elle leur parlait comme un livre.

-          Ça sait lire les oies, Maman ?

-          Non. Je peux continuer ?

-          Oui, vas-y…

-          Un jour, elle rencontra une oie qui lui répondit…

-          Elle s’appelait comment, l’oie, Maman ?

-          ON S’EN FOUT ! Tais-toi et écoute l’histoire, tu poseras les questions à la fin.

-          D’accord, Maman.

-          L’oie, qui s’appelait Josiane, si ça peut te faire plaisir, lui répondit…

-          Maman ?

-          Quoi encore ?

-          Tu veux pas plutôt me lire le petit ours brun ?

-         

10 mai 2008

Clara - Brigou

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Il était une fois une fille qui parlait aux oies. Clara habitait dans un pays lointain où vivaient princesses et lutins, où les arbres étaient bleus et le ciel aux couleurs des rires des enfants. Ses parents avaient construit une petite maison dans la forêt et au bord d’un magnifique lac. Depuis leur arrivée dans ce lieu paradisiaque nul n’était venu déranger leur quiétude comme si cet endroit n’existait que pour eux, comme s’il les protégeait du monde extérieur.

Clara ne manquait de rien si ce n’était d’un autre enfant pour partager ses rires. Mais la vie en avait décidé autrement, ses parents n’avaient pu avoir qu’une seule fille.

Souvent le couple venait se recueillir au bord de l’eau sous l’œil attendri de la lune et des étoiles. Face à tant d’amour, la lune ne put rester insensible. Un soir alors que les jeunes époux enlacés la contemplaient en versant des larmes de désespoir, elle leur parla ainsi : « jeunes amis, votre tristesse ne peut me laisser indifférente, votre amour est si beau et si pur qu’il m’émeut, je ne peux pas vous laisser dans une telle détresse. Faites un vœu et je vous aiderai à le réaliser ».

Les deux jeunes crurent d’abord à une hallucination due au souffle du vent dans les branchages, ils répondirent d’une seule et même voix : « ce que nous désirons le plus au monde est un enfant ! ».

La lune leur demanda alors de déposer dans une fleur de nénuphar un mélange de leurs larmes et quelques gouttes de rosée du matin. Ensuite ils placeraient cette fleur au centre du reflet de la lune sans froisser la surface plane de l’eau.

 

Au petit matin, ils deviendraient alors parents d’un nouvel enfant.

10 mai 2008

Grand-mère (Kloelle)

-          Il était une fois une fille qui parlait aux oies…

C’est la première fois que je prononce cette phrase, alors je le fais doucement avec précaution, de la même manière que j’ai tout à l’heure ouvert les vieilles malles et déplié les étoles de dentelle. Je ne m’attendais pas le trouver ici ce livre, au beau milieu de ces capelines satinées et de ces corsages vieillis savamment ordonnés dans leur papier de soie. La petite fille et ses oies… C’était une de ses histoires préférées, c’était en tout cas celle qu’elle nous racontait le plus souvent à mes sœurs et à moi.

Nous avions souvent envie de lui dire : «  Vous nous l’avez déjà racontée grand-mère » mais maman nous faisait un petit geste de la tête pour nous faire comprendre que ce n’était pas grave. Elle avait raison, même si nous en connaissions par coeur tous les rebondissements, nous aimions l’écouter cette histoire.

Grand-mère se posait dans son fauteuil près de la fenêtre, le dos bien droit et le menton en avant et nous nous installions autour d’elle, les genoux sur ces petites coussins recouverts de rosaces de laines que je trouvais très laids et qu’elle passait des journées entières à broder.

Elle lisait d’une voix claire et franche qui n’hésitait jamais et avec un débit qui ne laissait de place à aucune des questions que mes sœurs et moi aurions pu lui poser. Nous l’écoutions dans un silence religieux.

L’histoire terminée, son devoir de grand-mère exécuté, elle nous engageait à partir bien vite jouer au jardin. Elle nous aimait, mais en photo, celles ou nous posions en robes de dentelles et rubans joliment tournés sur nos mèches blondes, je crois qu’elle avait du mal à s’adapter à notre présence réelle, à nos rires et à nos rondes enfantines.

Enfant, je m’imaginais qu’en vrai, c était elle la petite fille de l’histoire et que le soir venu les oies de son enfance revenaient se poser sur l’herbe tendre du jardin et qu’avec elles elle savait parler, rire et jouer…

- Il était une fois une petite fille qui parlait aux oies…   

Le voilà entre mes mains maintenant, avec sa couverture cartonnée d’un autre temps,  ses images trop bien dessinées et sa petite héroïne aux pommettes bien roses.

Du dehors montent les voix claires de fillettes qui ressemblent à celles dont les photos ornaient jadis la cheminée. La fenêtre du grenier donne sur le jardin où elles rient, il a ce même parfum qu’il avait avant, quand j’y jouais enfant à me cacher en sautillant derrière les framboisiers.

J’attends ce soir avec impatience, ce moment où elles vont me demander : «  Mamie, tu nous lis une histoire ! »

 

10 mai 2008

La fille et les trois oies (Tilu)

Il était une fois

Une fille qui parlait aux oies

Et se demandait bien pourquoi

Elles ne lui répondaient pas…

Etaient elles sourdes ces rabat-joies ?

Un jour, n’y tenant plus, ma foi,

Elle s’empara d’un porte-voix

Et au bord de la marre se planta

Avec un petit sourire narquois,

Et quand se pointèrent les oies

L’une derrière l’autre, en convoi,

La minote dans son cornet s’exclama

En hurlant d’ une drôle de voix :

« Dites donc, bande de casse-noix !

Que vous ai-je fait à toutes les trois ?

C’est ma tête qui n’ vous revient pas ?

Ou bien p’têt que je sens le putois ?

Vous m’ignorez ! C’est discourtois !

Mais j’me laisserais pas faire comme ça !

Alors maintenant dites moi,

C’est quoi chez moi qui ne vous plait pas ?

Non d’un p’tit pois ! répondez moi ! »

Les trois oies impassibles à ce brouhaha

Ne comprenant pas plus cette fois,

Ces paroles de charabia

Passèrent leur chemin cahin-caha

Ignorant cette fille en émoi .

Pauvres oies , elles ne savaient pas

Qu’énerver les hommes ça ne se fait pas,

Même si c’est des filles au joli minois.

Car c’est ce jour , et à cause de ça,

Que fut inventé le premier foie gras….

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10 mai 2008

Un Conte Moderne - Janeczka

Il etait une fois
Une fille qui parlait aux oies
Aux oiseaux
A foison
Qu'importe la saison
Elle bavardait
Bavassait
Revassait
Aux arbres
Aux brins d'herbes
Aux nuages
A des apres-midi
De lilas
Et de
Papillons sauvages...



Et puis la petite fille a grandit... mais elle aime observer les lilas et les papillons virevolter dans son jardin pendant une apres-midi paresseuse... Elle continue toujours de parler aux oiseaux... Et n'a pas oublie non plus de rever aux arbres et nuages, quelle que soit la saison.

4 mai 2008

Defi #9

Pour samedi prochain (10.05):

'Il etait une fois une fille qui parlait aux oies...' *
Avec cet incipit, composer une petite histoire, poeme, dialogue, ce qui vous fait envie! *sourire*



*There was a girl who talked to geese (CocoRosie - Girl and the Geese)


AJOUT:

Si vous souhaitez inserer des photos, videos, audio avec vos textes, pas de probleme, pensez juste a nous les envoyer en pieces jointes, c'est plus facile apres pour nous! Merci d'avance *sourire*

3 mai 2008

Tube cathodique - Caro_Carito

Avant de lire, regarder : http://fr.youtube.com/watch?v=1zJVYkX9r8w&feature=related
 

J’éteins la télé. C’est vraiment une sale manie que j’ai prise d’écouter M6 au saut du lit. Mais ça me donne là pêche. Et j’en ai besoin. Tous les jours de la semaine, congés, dimanche et jours fériés compris. Mais surtout quand je vais au boulot. Bon il est temps. Je pense à ce vidéo clip, ça doit être étrange de se retrouver autre. Bon le gars-là, Kamini y devient blanc. Qu’est-ce que je pourrais devenir. Tiens invisible. Il suffit que je me regarde dans la classe, un teint pâle et des cheveux courts d’une couleur indéfini. Un pull gris. Un jean. Un uniforme. De toute façon, on ne me remarque pas. Je ne parle pas, je bosse, corvéable à loisirs, avec un petit salaire et on me dit à peine merci.

Un dernier coup d’œil dans la glace. Mais j’ai la berlue. Il n’y a plus personne dans ce miroir. Me voilà invisible pour de bon. Je m’assois deux secondes. Heureusement même transparent, je peux avaler un peu de café. Bon, ce n’est pas la peine que je prenne mon vélo pour aller au taff. Il faut que je prenne le métro. Et d’ailleurs pourquoi je devrais aller bosser. Puisque l’on ne me voit pas. Soudain je regard mon tube cathodique et je vois ce mec black, enfin non, il est blanc maintenant, qui se marre. « Salut mon pote, t’as droit à une heure d’invisibilité, profites-en !» Dernier éclat de rire et ploff plus rien.

La porte vient de se fermer derrière moi. En profiter, pourquoi faire… Je pourrais aller au taff et leur faire payer par mille misères ce qu’ils me vont supporter chaque jour, cette insoutenable indifférence polie. Non. Trop facile. Devant moi, j’aperçois une blonde au lourd manteau de fourrure. Elle grimpe dans un taxi en demandant un péremptoire « les Champs Louis Vuitton », je l’y rejoins aussi sec. Là, confortablement engoncé dans les fauteuils de cuir, légèrement dans les vapes, son parfum c’est pas du truc pour jeune fille à l’extrait de rose et de magnolia. Ca dépote ! Je me laisse bercer par paris est ses berges, ses boulevards. Je suis béat. Et puis je le vois, comment l’avait-on surnommé lors de sa construction ? La verrue ! L’Opéra Garnier. Bingo Ca y est je sais, je sais que je vais faire, je vais courir après un autre invisible, un de ces êtres que l’on ne voit pas. Et qui sais-trouver le lac oublié. Je profite d’un feu rouge pour me glisser hors du taxi et je grimpe le cœur léger les marches de l’opéra Garnier. Au passage je chipe à un touriste distrait son Gaston Leroux ; une heure m’avait-il dit, une heure pour aller au-delà des pages, pour plonger à sec dans le réel derrière l’encre et le papier.

fantome

3 mai 2008

Matez l'homme - Papistache

Si j’étais invisible, je me cognerais, imparablement, à tous les murs environnants. Ma rétine, invisible, ne recevant aucune image, je serais aveugle. Aveugle pendant une heure, et invisible ! Les distractions seraient rares.

Mais Kloëlle, la fée, remédierait à ce problème. On dirait que...


Miracle. Je vois et on ne me voit pas. Tiens, c’est curieux, j’ai l’impression d’être redevenu adolescent.

En une heure, brave-t-on soixante années d’interdits sociaux ?
Pas moi !

Je profite — dis, tu permets la fée ?— de mon invisibilité précaire pour tenter d’exorciser ma plus grande peur. Une ! Une de mes plus grandes peurs. Les serpents ! Oui, j’ai une peur tout à fait occidentale des reptiles, mais de là à vouloir caresser une vipère du Gabon sans qu’elle me voit ! En plus elle risque de déceler ma chaleur  et... couic ! Mourir invisible. Belle affaire !

Non ! Trouver ce qui m’effraie le plus en ce moment !

Euréka !

Un photomaton, vite, j’ai le temps, en courant...

Je m’installe sur le tabouret pivotant, face au miroir. Je vide mon porte-monnaie. Cinquante photographies. J’ai  vaincu ma phobie du photomaton !

Enfin, j’envoie une photographie dédicacée à toutes les internautes qui partagèrent mon thé matutinal en 2007  !
J’en connais qui vont exulter !

3 mai 2008

Sadisme à Val

Si une gentille fée m’offrait une heure d’invisibilité, que ferai-je ?

J’ai bien pensé à toutes ces choses peu catholiques, et puis finalement non ! Je culpabiliserais (hé, j’sais mieux que vous ! J’me connais !). Alors, j’en profiterais certainement pour me divertir. Je choisirai un truc fou, qui me donnerait un plaisir gratuit et désintéressé. Oui ! C’est pas mal, ça !

J’ai tout d’abord pensé à un parc d’attractions… ou je pourrais monter dans les manèges pour enfants … et puis non ! Je préférerais m’adonner à un plaisir bien plus inaccessible. Une chose que je ne pourrais faire qu’en étant invisible . C’est à dire jamais !

Et j’ai trouvé ! Le divertissement le plus immotivé qui soit… Une petite méchanceté fourbe, rien que pour en savourer les petits effets.

Attention ! Val casse son image de fille gentille ! Elle est, en réalité, très cruelle (hou ! la méchante !). Donnez lui l’invisibilité et vous verrez !

J’ai repensé à Claudine P, ma prof de communication et de dactylo, en BTS. Attention, pas n’importe quelle prof de dactylo ! Le caviar des profs de dactylo et de communication ! Ouais, rien que ça ! L’élite des profs de l’enseignement technique. D’ailleurs, elle n’enseigne qu’à de futures assistantes trilingues. Les classes d’assistantes de direction, c’est pas assez bien. Le poste serait largement en dessous de ses aptitudes. Elle préfère le laisser aux autres…moins compétents…

Claudine P était exécrable. C’était pas chronique. Elle était imbuvable en continu. Elle était aussi très étriquée, aussi bien dans ses tailleurs que dans sa caboche.  Tout le monde détestait assister à ses cours.. sauf moi !

Moi, elle me passionnait, la Claudine ! Ses cours ? De vraies leçons de comédie humaine. Je m’en délectais. Plus d’étroitesse d’esprit, tu meurs ! Ses discours étaient de vrais régals, pour moi qui m’ennuyait en BTS. Plus elle débitait de conneries, et plus je lui souriais. Elle m’aimait bien…

« Les filles, E VI TEZ à tout prix de fréquenter les syndicats ! ça ne vous causera que des soucis. Si vous avez du temps libre, prenez des cours de couture, faite du tricot, lisez un guide sur l’art de recevoir… Faites des choses qui vous seront utiles, quoi !  »

« Souriez, les filles ! Ne soyez pas forcement des assistantes très pointues, mais arborez votre plus beau sourire, et par pitié, soignez votre toilette ! C’est tout ce qu’on vous demande ! ».

Elle même avait exercé le métier de secrétaire et avait épousé son patron.

« Comme quoi, les filles, un tailleur impeccable, un maquillage discret et un décolleté correct, mais flatteur, ça paye ».

Claudine s’indignait de voir une jeune fille en pantalon. Elle en aurait pleuré !  Oh… elle avait bon cœur … ah ça oui… Son regard en disait long sur toute l’empathie qu’elle ressentait envers les filles au physique ingrat. J’ai l’impression qu’elle les faisait plus bosser que les autres (Toi, ma pauvre fille, tu ne pourras compter que sur tes qualifications ! ). Par contre, elle regardait les ongles rongés avec mépris.

Sa vision profonde des choses s’arrêtait là.

Bon ! revenons à nos moutons ! Claudine, je pourrais en parler pendant cent cinquante pages, que ça nous vous éclairerait pas sur mes vilaines intentions.

Si j’étais invisible, j’attendrais le midi que les élèves de Claudine aient quitté sa salle de classe. A l’époque, qu’elle y restait pour bosser ses cours et arranger son maquillage.

Pendant qu’elle serait en train de taper frénétiquement sur son clavier azerti (« sans regarder, les filles, et avec tous les doigts ! Je vous regarde ! Gare si j’en vois une qui ne se sert que de son index ! Et si en plus il n’est pas manucuré, par dessus le marché, là c’est la porte !), je taperais aussi et ferais apparaitre sur son écran.

T’as pas fait mai 68, Claudine  !

T’as pas fait mai 68, Claudine  !

T’as pas fait mai 68, Claudine  !

Déjà là, elle serait effrayée (certainement autant que quand elle a croisé une jeune fille voilée à l’arrêt de bus). C’est que c’est une petite nature, Claudine !

J’avais pensé à lui dire qu’elle était la reine des cruches mais finalement non. Je pense que ça ne l’atteindrait pas. Je lui dirais plutôt (d’une voix sardonique) :

Tu vieillis, Claudine ! Gare aux ride, ou ton époux va te remplacer par sa secrétaire. Ça serait ballot, c’est toi qui l’as formée, la p’tite !

Bientôt, Claudine, même tes « filles » les plus moches te regarderont avec pitié… C’est triste, de vieillir. Hein, Claudine ? C’est triste… HA HA HA HA !

Regarde un peu comme tes ongles sont cassant… et puis tes tailleurs te boudinent de plus en plus. C’est pas très joli, tu sais… Tu n’es plus aussi irréprochable qu’avant, Claudine ! T’as de la chance, d’enseigner, parce qu’aucun patron ne voudrait plus de toi, à présent…

Ça, ça la toucherait ! Comprendre ça, c’est dans ses cordes ! Après j’arrêterais là pour éviter que son cœur ne lâche. J’voudrais pas la tuer, mais juste rigoler cinq minutes…

Je sais, j’suis grave !

3 mai 2008

Ah si j'etais invisble! - Teb

Ah, si j’étais invisible !!!

Une petite heure, c’est court pour toutes les bêtises que j’ai envie de faire !!!

Si j’étais invisible….. j’irais « espionner » ce qui se passe chez LUI… pas les galipettes, non, mais l’ambiance… Noooonnnnn… mieux vaut garder le mystère !!! et puis, je crois que je ne suis pas curieuse de son « autre vie » !!!

zzzz

Si j’étais invisible… je me glisserais dans le bureau de certains de mes collaborateurs pour savoir ce qu’ils pensent de moi ... Noooonnnnn… on ne sait jamais si la surprise serait bonne ou mauvaise ;-))

zzzzz

Si j’étais invisible….. j’irais chatouiller, avec un brin d’herbe, les oreilles des passants… Ohhh, j’imagine la scène !!!! Noooonnnnn… ne pas provoquer d’émeute dans la rue …

zzzzzzz

Si j’étais invisible….. j’offrirais des fleurs aux gens dans la rue … Ohhh, leurs têtes devant ces fleurs volantes !!! Noooonnnnn

zzzzzz

Si j’étais invisible…..Non, si j’étais invisible, j’irais danser nue dans le soleil couchant, un jour de petite brise… et je serais légère… légère… légère !!! Et je serais si bien ……

zzz

 

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