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Le défi du samedi
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25 juillet 2009

Le chat (Walrus)

C'est l'été, il fait chaud.
Chaud et soif.
Un homme entre par la porte grande ouverte du bistro.
Il se dirige d'un pas plus qu'hésitant vers le comptoir et s'y accoude, de guingois.

— Garçon, une bière !
— Désolé, Monsieur, la loi nous interdit de servir des personnes déjà manifestement ivres. Une boisson non alcoolisée, peut-être ?
— Ivre ? Vous voulez dire saoul, garçon ?
— Si vous préférez, Monsieur.
— Saoul, moi, garçon ! C'est la meilleure ! Je nnne sssuis pas ssaoul ! Une bière, une bière !
— Désolé, Monsieur, mais vous l'êtes et je ne vous servirai pas.
— Sssaoul, qu'est-ce qui faut pas entendre... Dites, garçon ?
— Monsieur ?
— La preuve que je ne suis pas sssaoul : vous voyez le chat qui entre ? Ben je lui vois deux yeux, comme tout le monde! Alors, hein ? Hein ?
— Monsieur, il n'entre pas le chat, il sort !

chat

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25 juillet 2009

C'est une histoire de Toto (Papistache)

A Jouy, sous le pont de l’Eure, au centre du village, coulent des eaux vertes et agitées.  Vers l’amont, un ancien moulin retient, de ses vannes à jamais fermées, le flux qui descend  de Saint-Prest. Le courant emporte le bouillonnement occasionné par la chute du trop plein vers Saint-Piat.
T’habites à Jouy, entre deux saints ?
Oui, le petit Papistache a été nourri aux blagues grasses, étonnez-vous de son goût pour les jeux de mots laids, alors que les coureurs du Tour de France 2009 escaladent le mont Ventoux.

A Jouy, sous le pont de la rivière, au centre du village, coulent des eaux vertes et agitées. Le vieux Papistache, quand l’occasion lui est donnée de franchir l’antique pont du village de son enfance, ne peut empêcher sa mémoire de faire remonter les souvenirs indéfectiblement attachés à ce lieu.

Le petit Papistache ne parle pas beaucoup, il ouvre ses oreilles et capte tout ce qui peut se capter à l’époque. A l’école, Toto est un héros. Le petit Papistache ne le connait pas, il doit être grand maintenant et aller au Lycée, loin, à dix kilomètres, au chef-lieu, à Chartres. Mais Toto a laissé son empreinte dans la cour de récréation, on parle encore de ses aventures.

Cette fois où il avait laissé tomber son panier à provisions dans le cours de la rivière et où il pleurait à chaudes larmes. Madame Mounir tenait l’épicerie, de l’autre côté du pont. Comment Toto avait-il bien pu laisser choir son panier dans la rivière ? Le parapet arrivait à la hauteur de l’épaule du petit Papistache !

Le fait état là. Les grands racontaient que Toto pleurait sur le pont quand Monsieur le curé et Sœur Françoise étaient passés. Monsieur le curé et Sœur Françoise, le petit Papistache les connaissait bien, il avait commencé sa première année de catéchisme. Il était très studieux : il découvrait que Dieu avait créé les arbres, les nuages, les rivières. Les ponts, il ne savait pas encore.

Monsieur le curé s’était déshabillé et Sœur Françoise également. Tout nus. Les grands disaient : « tout nus ». Ils avaient plongés dans l’eau verte. Toto, du haut du pont, les remerciait de leur dévouement. Des oranges et des bananes. Oui, la maman de Toto lui avait demandé d’acheter des oranges et des bananes. Elles étaient tombées dans l’eau. Le petit Papistache s’étonnait que les fruits n’aient pas été emportés par le courant. Le moulin, en amont, générait une furieuse agitation.

Monsieur le curé insistait. Il plongeait la tête sous l’eau, disaient les grands, et Sœur Françoise également. Enfin, Monsieur le curé avait senti les oranges sous ses doigts, il les avait emprisonnées entre ses mains et sœur Françoise avait senti dans sa paume les bananes perdues, une seule parait-il !

Les grands riaient. Pensez, ils avaient bien raison. Toto ne serait pas grondé. Monsieur le curé, les deux oranges fermement maintenues entre ses deux mains, sortait de l’eau et Sœur Françoise ne lâchait pas la banane.
Toto, on a retrouvé les oranges et une banane.

Et les grands riaient et Petit Papistache riait également. Quelle chance, le courant n’avait pas emporté les fruits jusqu’à Saint-Piat. Les grands ne disaient pas si Monsieur le curé s’était séché ni si Sœur Françoise avait pris froid. Ils riaient et c’était bon d’entendre leurs rires sains d’enfants qui se réjouissent de petits miracles, car, le petit Papistache s’était persuadé que c’était le bon Dieu qui avait permis de sauver une banane et deux oranges — bien fermes, riaient les grands — de la rivière.

Longtemps, à sa prière du soir, le petit Papistache avait ajouté une phrase personnelle, au petit Jésus, pour lui rendre grâce d’avoir  évité à Toto de se prendre une « avoinée ». Imaginez, s’il était rentré le panier vide à la maison !

En dépit de sa peur de l’eau,  le petit Papistache a voulu apprendre à nager, précisément dans cette même rivière, un peu plus en aval, aux « deux passerelles », si ! vous voyez... l'eau y est moins profonde, on y attrape des épinoches avec des vers de sable....

L’une des lectrices de ces défis du samedi disait, un jour, au vieux Papistache, qu’il ne parlait pas assez de lui, voilà, vous en savez désormais un peu plus. Qu’ajouter ? Que le vieux Papistache est peut-être le seul maitre-nageur-sauveteur de l’hexagone qui doive sa vocation à une histoire de Toto ? C’est fait et perroquet violet sur la pointe de son pied.

25 juillet 2009

Provisions de lecture (Vegas sur sathe)

http://vegas-sur-sarthe.over-blog.com

"Dis, Pénélope, c'est quoi ton bouquin, là?"
Pénélope sans tourner la tête de peur que l'ombre du soleil ne détruise à jamais l'uniformité d'un bronzage en pleine maturation.
"C'est le Premier jour... de Marc"
"De Marc, le videur du Copacabana?"
"De Marc Lévy, Britney!"
"Et c'est bien?"
Pénélope soupire: "J'le lis pour faire plaisir à Michael, mais j'préfère un bon Agatha Christie tant qu'à m'fatiguer à bouquiner"
Britney se tartine une couche supplémentaire de SunSlim: "Agatha Christie? Bof, les Goncourt ça m'ennuie..."
Pénélope retient une moue agacée de peur qu'une ride malicieuse ne fasse craquer le carmin de sa bouche.
Le soleil et une question lui brûlent les lèvres, la question qui révèlera cette gourde de Britney dans toute sa gourditude et qui mettra un terme à cette discussion ennuyeuse.
"Et toi Britney, c'est qui ton auteur préféré ?" 
La question rebondit sur la natte, traverse l'empilage des couches de SunSlim et parvient à sa destinataire.
Un moment plus tard alors que le soleil décline et se fait moins mordant, Britney lâche: "c'est mon amant..."
Pénélope ne peut s'empêcher de scruter la plage :"Où çà?"
"Mon auteur préféré c'est mon amant!"
Pénélope subjuguée: "Hein? Et qu'est ce qu'il écrit?"
Britney, la bouche en coeur: "Des chèques"

25 juillet 2009

Trois consignes entrelacées (Cartoonita)

3_consignes_entrelacees_par_cartoonita

25 juillet 2009

La consigne #70

Pour le défi #70, nous vous proposons de monter une mayonnaise spéciale.

Ingrédients :

  • Une histoire drôle, tout public, du patrimoine : type blague Carambar, ou de cour de récréation voire de fin de repas familial ;
  • Votre talent.



Émulsionnez le tout, longtemps, et donnez-nous à lire le résultat.

Postez la mayonnaise obtenue à : samedidefi@hotmail.fr

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