Le zéro, est-il un nombre ? (Tata Béa)


Je pourrais vous dire c’est un homme tranquille. Vous expliquer que, bien sûr, le facteur sonnera toujours deux fois, et que le train sifflera trois fois, avant que je me décide à faire le premier pas. Mais qu’il m’a fait entrer, tout doucement, dès que je l’ai vu, dans la quatrième dimension. Qu’ avec l’eau, l’air, le feu, la terre, il est le cinquième élément qui manquait à mon souffle, à ma vie. Et que mon sixième sens ne me trompe jamais.
Je pourrais vous jurer que si, après sept ans de réflexion, ou même huit et demi, il me fermait la neuvième porte de son cœur et sa poésie, je pourrais mourir de chagrin.
Je pourrais vous confier combien je m’en balance, des dix commandements, et que même douze hommes en colère ne m’empêcheront pas de me coller à lui comme une glu. De respirer son eau et de boire son air. Que là-haut, dans sa tour d’ivoire, en haut des trente-neuf marches, en soixante secondes chrono, il a fait de mon âme une plaine fertile et un lac insondable, et que cent jours à Palerme avec lui, c’est trop court.
Je pourrais vous raconter que dans ses bras, je plane à dix-mille au-dessus du sol, et qu’avec lui comme capitaine, je pourrais parcourir vingt mille lieues sous les mers. Et qu’enfin, puisque je le dis, puisque je l’affirme, même pour mille milliards de dollars, je ne renoncerais à mon amour pour lui.
Mais je ne vous dirai rien de tout cela.
Je l’aime, et quand on aime, on ne compte pas.