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Le défi du samedi
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4 juin 2011

Retour au paradis (Zigmund)

J'ai  six ou sept  ans .

Ma maison est située dans une rue calme ; il y a une grande cour , une terrasse .

Je vais à l'école, à côte du magasin de mon papa. J'aime plonger mes mains dans les sacs de céréales et faire glisser les grains de blé entre mes doigts 

 Mon grand père enveloppé  de son châle  blanc et bleu récite les prières en hébreu, il ne faut pas le déranger. Mes grands mères font de la pâtisserie à base de pâte d'amandes et de miel. J'aime l'odeur des piments qu'elles font griller  pour les faire sécher au soleil sur des planches de bois.

 Il m'a été offert, à cette époque, d'apprendre à lire en français puis en hébreu, c'est l'un des plus beaux cadeaux que j'ai reçus.

Quand je sors de l'école, je passe aussi voir mes oncles et tantes qui m'offrent quelques friandises. La famille n'est jamais bien loin,  c'est bien agréable et pas seulement pour les bonbons.

On m'a inscrit au conservatoire de musique,  mes profs sont sévères, mais j'aime le solfège et mes parents ont acheté un piano sur lequel je tapote les premières notes de la toccata de Bach .

  L'hiver n'est jamais froid ici. .Il parait qu'en France(en métropole) il neige souvent, on me dit que l'herbe y est bien  verte et  que les vaches sont belles.

  Je rêve devant les photos de la falaise d'Etretat ou des alignements de Carnac que je découvre dans mes livres de classe. J'aime  aussi regarder les images des potagers et des arbres en espalier ...

Avec les copains nous grimpons dans les vieux oliviers du champ voisin, puis nous assistons  à la récolte et à la préparation des olives dans de grandes jarres de terre cuite.

Il fait  très chaud en été .Sieste obligatoire pour tous. 

Fatima, notre jolie nourrice, se couvre de  son grand  voile blanc pour nous emmener au jardin public . Juché sur une balançoire,  je me gave de mûres . Parfois nous allons sur la place Carnot où je fais de la trottinette ou du vélo.  zigmung1

(Photos extraites du site Mekerra  merci à Francis Rodriguez)

Il y a aussi la piscine et son toboggan et le théâtre de verdure où j'assiste à des spectacles de danse ou de chansons. A la sortie, nous mangeons des glaces au créponné puis rentrons à pied dans la fraîcheur du soir.

Mon papa est passionné de cinéma, il m'emène souvent avec lui et me transmettra pour toujours le virus du septième art. Il m'emmène aussi au stade et  parfois je suis étonné de le voir, lui si calme d'habitude,  hurler aux footballeurs :"vas jouer aux billes !"

 Je regarde avec méfiance ce petit frère qui braille dans son berceau et monopolise l'attention de mes parents.

Il y a aussi l'impressionnant défilé de la légion étrangère.dernier-camerone-01     

Photo José Crespo (site mekerra)

Il y a les pique nique avec les cousins à l'Orange, et je rêve d'un baptême de l'air dans l'un des coucous du petit aéroport proche.

Il y a les paysages méditerrannéens, les orangers, les oliviers, les agaves.

Un jour, il y a ma première éclipse totale de soleil qui va me marquer pour le restant de ma vie.

Et ces villes blanches et la mer bleue transparente...

C'est cette mer que je vais traverser deux ans plus tard pour un voyage sans retour.

 Vue d'ici elle n'aura plus jamais la même couleur.

Voilà je vous laisse le fauteuil à voyager dans le temps....

Zigmund2Prenez en soin...

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4 juin 2011

Participation de 32Octobre

 

Il était une fois… il a été une fois… j’étais sur un échafaud…

Oui, vous avez bien lu.

 

C’était il y a bien longtemps.

Attendez que je vérifie dans mes papiers. Car je suis toujours senti obligé de tenir à jour la chronologie de mes différentes vies. J’ai la mémoire qui flanche.

 

Celle que je vis en ce moment est la 7ème, si mes comptes sont exacts.

 

Mais je ne suis pas sûr que tout ce qui est noté sur mon carnet de route soit parfaitement exact. Les pages, pour certaines, commencent à être illisibles. Et j’ai dû tant de fois disparaître pour survivre, me cacher pour échapper à mes poursuivants.

 

Mais je suis là aujourd’hui pour vous en parler.

 

Ci-dessous, quelques événements que j’ai vécus, comme on dirait maintenant de l’intérieur.

 

Je fus l’un des trente-deux derniers fidèles de celui qui fut surnommé « le Roi de la Vendée ». Le 23 mars 1796, les troupes de Hoche l’avaient fait prisonnier. Il avait continué de se battre dans le bocage vendéen. Traqué et malgré ses blessures, il s’était risqué à de nombreuses escarmouches avant d’être arrêté.

 

Mais le 29 mars 1796, place de Viarmes, à Nantes, le général François-Athanase Charrette de la Contrie a été fusillé devant les troupes.            

 

Général Charette

 

 

Exécution du général Charrette (Julien Le Blant)

À ce moment-là, je me suis souvenu des paroles que Madame Roland, lors de sa conduite à l’échafaud le 8 novembre 1793, avait dites à Bosc, au pied de la charrette :

« Liberté, liberté, que de crime on commet en ton nom ! », phrase qui deviendra immortelle.

 

 

Je continuais de vivre.                                                              Madame Roland

 

Mais malheureusement, l’histoire me rattrapa. Je fus un des derniers guillotinés de cette triste période. Juste un inconnu qui paya de sa vie son engagement.

 

Mais rassurez-vous, j’ai vécu d’autres vies après celle-ci. par exemple, celle qui me permet de vous narrer cette histoire aujourd’hui, samedi 4 juin 2011.

 

Quelques lignes pour ne pas oublier…

4 juin 2011

Remonter le temps (Oncle Dan)

 

Je me souviendrai le reste de mes jours de celui où j'ai appuyé sur la sonnette de la maison aux volets bleus. La porte s’ouvrit sur cent cinquante kilos de muscles briseurs de bascules publiques. Le colosse avait une grosse tête chauve et pâle, défigurée par un affreux rictus. Une tête à manger du verre pilé et à tuer les rats avec les dents.

Mes craintes s’amplifièrent à la vue de l’être étrange qui surgit derrière le gorille, et qui avait dû revêtir, dans un passé lointain, l'apparence d'une femme.

Elle bouscula l’énorme et lança les vagues de son triple menton dans la pleine mer de sa poitrine en ouvrant la bouche, mais les mots qu’elle voulut en extraire furent refoulés par la banane qu’elle engouffra dans le même temps avec une surprenante rapidité.

Pouvez-vous m’en dire davantage, demandai-je à l'hercule en extirpant de ma poche la lettre qui m'avait fait courir jusqu'à lui sans me retourner.

Le molosse me tira à l’intérieur de la maison en explorant de son regard chalumeau les alentours pour s’assurer que nulle oreille ni oeil suspects ne nous espionnaient.

Suivez-moi. Je vais vous montrer ma machine à remonter le temps, dit-il.

L’écoutez pas m'sieur, crachouilla la baleine entre deux bananes. Tout en chassant de ses protubérances mamillaires quelques miettes de croissant rassies, elle ajouta "S’rait capable d'inventer n'importe quoi pour se rendre intéressant sur les blogs d’écritures. Vous en faites pas, sa cocotte minute ne bougera jamais du hangar à fourrage".

Ta gueule Paulette hurla le colosse tout en me tirant par la manche. Nous traversâmes en quelques enjambées le potager derrière la maison et pénétrâmes l'abri de jardin à l'intérieur duquel trônait une espèce de batyscaphe  composé de cuves, lavabos et tuyauteries de toutes sortes.

Il y a deux places. Dépêchons-nous, dit-il en me poussant sur un siège qui ressemblait à celui d'une 2CV, l'univers est en pleine expansion, il n'y a donc aucune minute à perdre.

Il tira sur un démarreur et l'engin se mit à vibrer comme de la gelée de coing par grand vent. Je ne saurais dire exactement pourquoi, mais je fus soudain envahi par la certitude que je ne reverrais jamais Paulette.

Les cloisons de l'abri de jardin disparurent de ma vue et j'ai nettement senti que c'était le début de mes ennuis.

Le problème, disait le molosse, est que le temps et l'espace étant la même chose, il nous faut dépasser la vitesse de la lumière si nous voulons remonter le temps. Où voulez-vous que je vous dépose ?

J'étais pris au dépourvu. Déposez-moi en Egypte antique dis-je pour laisser une confortable marge de manœuvre au pilote. Je remarquai alors sur son avant-bras un tatouage "Sécurité – Tranquillité – Bonheur" qui m'apaisa inconsidérément. D'autant que je voyais bien qu'il transpirait de plus en plus et tremblait de tous ses membres, ce qui mettait en mouvement pas moins de deux cent cinquante quatre ossements auxquels s'ajoutaient une dizaine de dents et une prothèse. Il me regarda avec une expression de stupeur et de désolation telle que je n’en ai jamais vu avant ni depuis sur d’autres physionomies humaines. Il tendit le bras gauche pour me montrer le compteur de vitesse. Nous nous traînions lamentablement à deux cent quatre-vingt mille kilomètres à la seconde. J'aperçus alors un autre tatouage qui disait "erreur d'impression – ne pas tenir compte de l'avant-bras droit".

L'engin finit par s'immobiliser dans une grande lumière de fin du monde.

On aura au moins évité les trous noirs, dit-il, pour se rassurer. Quand on glisse dans ces machins-là, on a un mal de chien à s'en sortir sans être obligé de revivre sa vie entière.

Une hypothèse frappée au coin du bon sens, de la saine logique et de la plus fine observation voulait qu'à défaut de pouvoir remonter le temps pour cause de vitesse insuffisante, nous n'avions pu que le descendre. Mais comment est-il possible de descendre le temps ?

Pour espérer pouvoir répondre à cette question, il fallait déjà que la poussière environnante se dépose. Les cloisons de l'abri de jardin apparurent peu à peu.

Nous traversâmes le potager dans l'autre sens. Il paraissait abandonné. Les tomates et les salades avaient disparu. Paulette aussi.

La maison aux volets bleus paraissait déserte. Pourtant, un transistor diffusait des informations. Nous avions effectivement descendu le temps car un journaliste annonçait que Martine Aubry était présidente avec cinquante virgule six pour cent des voix.

Oncle Dan

4 juin 2011

Remonter le temps (KatyL)

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28 mai 2011

Défi #152

Et si vous pouviez remonter le temps ?

Quelle époque choisiriez-vous ?

Contez-nous votre aventure !

remonter_le_temps

Envoyez vos récits à

samedidefi@hotmail.fr 

Ne vous perdez pas en chemin !

à tout bientôt !!!

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