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Le défi du samedi
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12 août 2023

Course (TOKYO)

 

Que va devenir mon lever de coude sous les tilleuls si je me dois de gagner cette course ?

 Mes sacro saints apéros vont tourner au vinaigre je le sens.

 J’entends ma conscience me dire que si je gagne j’aurai toujours gagné les saucisses qui se font dorer sur le barbecue.

Je risque de prendre un coup sur le carafon si mon chien tourne de l’œil au saut d’obstacle.

 Cette course n’a pourtant rien d’exotique, c’est même une descente en gamme si je crois les inscrits.

Que des chiens de basses extractions !!Si je sors vainqueur ça pourra toujours donner une nuit intéressante qui finira à l’aube !

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12 août 2023

De Charly à Johnny (Kate)

De Charlie à Johnny

- Mais Simon, elle est ratée

cette photo !

- Chérie non, c'est parfait,

il me la faut !

- En vrai ?

- Oui, pas pour de faux,

pour mon cours sur la photo...

- Non, je crois rêver !

- Mais si,

Valérie chérie !

- Enfin pourquoi ?

Explique-moi !

- Tu veux un cours ?

- Oui, mais fais court !

- C'est parti, allez !

Au premier plan, bien cadré

on voit un petit chien courant...

- Et haletant !

- C'est lui le point central,

le focus.

- Et au fond à gauche, ce gus ?

- Attends la suite, Val !

Je reprends :

le chien en mouvement

c'est Charlie,

il est relié à sa maîtresse...

- En survêt gris ?

- Oui...

par une sorte de laisse...

- Mais quel intérêt ?

- Tu vas voir ça...

- Mais au fond, c'est ton père, là !

- Oui, il est accroupi

- Comme s'il voulait photographier

Charlie...

mais qui est déjà parti !

- Eh oui !

- Il semble pourtant guetter

mais tu l'as mal cadré...

- On le voit bien assez !

- Et cette double barre, qu'est-ce que c'est ?

- Ça laisse croire que Charlie a sauté.

- Mais c'est pas possible !

- Non, comme tu le sais,

personne sensée et sensible,

ce n'est pas un poney...

- Ni un double poney !

- C'est un petit chien.

- Qui court après quelqu'un ?

- Sans doute un autre chien,

ce petit malin ?

Donc photo réussie :

tous les éléments sont réunis,

on croit qu'elle est ratée

et en réalité

non,

c'est bon,

elle raconte une histoire,

à nous de la voir...

- Et le héros c'est Charlie ?

- Ben oui, c'est lui !

- Pourquoi ce nom ?

- Mais à cause d'une chanson !

- Ah bon !

Tu m'épates, Simon !

Et ces photos-là ?

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- C'est pour le prochain thème :

"Les mots

la mer

la lumière

les animaux"

-  Alors là,

j'aime !

- Allez, tous en piste,

J'ai revu avec mon père...

- Complice

de son fils,

et pas peu fier...

- La playlist !

 

 

12 août 2023

Pas encore tout à fait amnésique. 6, Faire le Jacques (Joe Krapov)

DDS 780 Jackie la photo de départ

On a beau raconter sa vie sur Internet, les un·e·s et les autres, on se connaît très mal finalement. Ainsi ce chien qui est une chienne, quel est son nom exact ? Peut-être Jackie (Russell) ? Peut-être pas !

J’aurais pu me contenter de chanter la chanson homonyme de Jacques Brel, d’abord parce que j’ai noté jadis ses accords pour ma guitare et ensuite parce que j’ai eu l’idée de l’interpréter à la douze cordes et à l’harmonica à la façon de Neil Young. Or je repars ce vendredi camper pour une petite semaine et je n’ai plus que ce mardi pour l’enregistrer.

Mais comme l’heure n’est peut-être plus à « faire le Jacques », je m’en vais jouer à nouveau pour vous au jeu du Bistrot mémoire. Je me souviens en effet d’avoir vu il y a quelques années, au festival Quartiers en scène à Rennes, un excellent spectacle dans lequel les interprètes avaient choisi de ne chanter que des chansons écrites par des prénommés Jacques ! Intéressant concept, amusant programme. Déclinons-le, recomposons-le ! 

On pourrait commencer avec les tubes des années 60 et 70 des deux Jacques associés, Lanzmann et Dutronc : « Et moi et moi », « Les Cactus », « L’Opportuniste », « J’aime les filles », « Sur une nappe de restaurant », « La Fille du père Noël », « Il est cinq heures Paris s’éveille », « J’ai tout vu, tout lu, tout bu », « Fais pas ci, fais pas ça », « Le Petit jardin » etc. D’autres chansons de Dutronc sans Lanzmann : « Gentleman cambrioleur », « Merde in France »… 

Jack l'éventreur

On pourrait enchaîner avec quelques tubes de Jacques Higelin : « Champagne », « Tombé du ciel », « Poil dans la main », « Je suis mort, qui qui dit mieux ? », « La Croisade des enfants », « Pars », « Encore une journée de foutue »…

On ajouterait Jacques Prévert : « Barbara », « En sortant de l’école », « La Pêche à la baleine », « Chanson pour les enfants l’hiver »…

J’aimerais y mettre aussi, dans cette compilation, l’orchestre de Jacques Hélian mais comme je suis plus adepte de Ray Ventura aucun titre ne me revient en mémoire, sauf, vaguement, une histoire de petit train…

On pourrait faire un sketch de Philibert à l’entracte : ils étaient écrits et interprétés par Jacques Bodoin : « La Table de multiplication », « La Leçon d’anglais » (aïe go tou the bla-keu-bo-ar-de), « La Panse de brebis farcie » ou une imitation du chien Pollux auquel il prêtait sa voix dans « Le Manège enchanté ».

De Jacques Douai je n’ai dans ma guitare que « File la laine » sans doute parce que je ne suis pas assez rouet pour me frotter sans me piquer à la quenouille.

BossuetPour Jacques Brel, c’est compliqué. J’ai une telle admiration pour cet auteur-interprète que cela m’a longtemps semblé un crime qu’on reprenne son répertoire. « Amsterdam » par David Bowie, ça n’a quand même pas très grande allure ! J’ai quand même accepté d’interpréter « Il peut pleuvoir » dans un spectacle de chansons « météorologiques » et aussi « Vesoul », « Rosa » et « La Chanson de Jackie ».

Je ferai l’impasse sur Jacques Lantier puisqu’il n’est qu’interprète de ce répertoire ancien où j’ai moi-même beaucoup pioché. Et encore plus sur Jack Lang dont la tournée d’adieux à l’Institut du monde arabe traîne tellement en longueur qu’elle vire au pathétique.

AlixJe me souviens bien sûr de Jacques Grello, chansonnier qui offrit une guitare à Georges Brassens et de sa chouette chanson « Il fait bon » interprétée par… les Frères Jacques !

Bien évidemment, ceux-là, je les inscris d’office même si eux aussi ne sont que des interprètes. On cite, on re-cite, on récite « La Queue du chat », « La Confiture », « La Chanson sans calcium », « La Marie-Joseph », « Le Complexe de la truite », « Fredo », « Les Tics », « Monsieur Lepetit le chasseur », « C’est ça l’rugby », « Général à vendre », « Don Léon », « Le Cirque », « La Lune est morte », « Le Général Castagnetas », « La Violoncelliste »…

On pourrait évoquer aussi Jacques Demy et chanter « Nous sommes deux soeurs jumelles » des « Demoiselles de Rochefort ». N’oublions pas Jacques Martin avec sa « Pêche aux moules » et son « Je frappe au n° 1 » !

Je vous fais grâce de Jackie Sardou et de sa progéniture lacustre du Connemara ! Dans le genre capillotracté on peut se lancer dans « Les Dalton » de Joe Dassin. D’après René Goscinny les cousins s’appelaient Joe, Jack, William et Averell mais quels étaient les prénoms des vrais frères ?

Faut-il compter Jean-Jacques Goldman parmi les Jacques et Jacquouille parmi les fripouilles ? Est-ce la faute à Rousseau s’ils tombent au ruisseau ?

Laissez-passer accordé à « Hit the road, Jack » de Ray Charles et à « La Légende » de Jacques Faizant. Aussi à la musique de « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (avec Jack Nicholson !) car elle est de Jack Nietzsche, producteur de l’album « Harvest » de Neil Young mais pas de « Ainsi parlait Zarathoustra » qui est de Richard Strauss sans entrer dans la catégorie « valse de Vienne » ! A celle des films de Jacques Tati également !

A ma connaissance Jacques Anquetil, Jacques Rivette, Jacques Doniol-Valcroze, Jack Kerouac, Jacques Ralite, Jacques Attali, Jacques Audiberti, Jacques Villeret, Jacques Charrier, Jacques Chaban-Delmas, Jacques Canetti, Jacques Perrin, Jacques Perret, Giacomo Casanova, Jacques Audiberti, Jacques Charon, Jacques Chirac, Jack Daniels, Jacques Audiard, Jacques Lacan, Jacques Mesrine, Jacques Siclier, Jacques Ferrandez, Jacques Tardi, Jacques Séguéla, Jacques Chancel, Jacques Célère, Jacques Cident et « Jack court sur le haricot magique » n’ont pas écrit de tube inoubliable. 

Jack_Sparrow 2

Ce n’est pas le cas non plus de Jack Baron et l’éternité, Jacky Twitter, non, Jacky Ickx, Jacques Laffite, Jacques Borel, Jacques Flash l’homme invisible de « Vaillant » et Pif-gadget », Jacques 1er d’Angleterre, Jackie Kennedy, Jack Vance, Jacques Vendroux, Jacques Balutin, Jacques Rouland, Jacques le fataliste qui prenait le métro à Reuilly-Diderot, Saint-Jacques de Compostelle qui ne faisait le plein que dans des stations Shell, tous les Jacolandins – Saint-Jacques de la Lande est à deux pas de Rennes – qui viennent jouer au blackjack ou au jacquet dans la rue du Champ-Jacquet pour décrocher le jackpot. Il n’y a pas à dire, quand Jacques cumule, Jacques cumule !

J’ai oublié ce que chantait Jakie Quartz mais je sais encore que le bassiste du groupe Hot Tuna était Jack Cassady. Par contre nous devons à Jacques Offenbach un certain nombre d’airs fabuleux et réjouissants tirés de ses opérettes comme « Votre habit  a craqué dans le dos » « Je suis Brésilien » «  Il nous faut de l’amour » « La Marche des rois »… Il y a aussi Giacomo Puccini mais lui, c’est moins ma tasse de chianti ! Trop bourgeois bohème !

Frère Jacques, Soeur Jak, dormez vous ? D’habitude je ne sais pas comment arrêter ces trop longues énumérations qui naissent dans mon bistrot mémoire mais aujourd’hui, grâce à ce jeu enfantin que tout le monde connaît, c’est plutôt facile :

- Jacques a dit « Posez les crayons ! »

Et il a ajouté :

- Sortez les micros !

12 août 2023

L'été en poésie : la ballade (joye)

La ballade, qui peut être grande ou petite, doit respecter les règles suivantes :  Généralement, elle est construite à partir de trois huitains (petite ballade) ou de trois dizains (grande ballade) suivis d'un quatrain ou d'une strophe contenant plus de quatre vers (pour la grande ballade). Les vers, tous de la même longueur, sont généralement des octosyllabes. La disposition des rimes constituant les finales des vers doit respecter la structure suivante : ABABBCBC (pour les huitains) et ABABBCCDCD (pour les dizains). Le premier quatrain doit contenir 4 vers différents dont les rimes alternent. Le dernier vers de chaque strophe est toujours le même, c'est le refrain.La dernière strophe de 4 vers reprend les dernières rimes ainsi que le refrain. On appelle ce quatrain l'envoi. Dans la grande ballade, l'envoi peut être composé en cinq vers ou plus. 

VI.  

la ballade

5 août 2023

Défi #780

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5 août 2023

Se sont jetés à l'eau

5 août 2023

T'en foutrai, moi, du Mozart ! (Walrus)

 
Quand je suis tombé sur la chose dans une des salles du musée Unterlinden à Colmar (Haut-Rhin, département 68, France), j'ai même pas eu peur ! (pourtant parfois, y aurait de quoi !)

Pour tout dire, j'ai même pas été surpris, je n'avais jamais vu le truc auparavant, mais je savais que ça existait : dans ma collection de CDs que j'ai dû ranger dans des classeurs parce qu'avec leurs boîtes, je ne savais plus où les mettre (malgré qu'à l'époque j'occupais un appartement trois chambres, deux caves, deux garages), il y avait un coffret consacré aux instruments baroques.

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Non, j'ai pas gardé le coffret j'ai retrouvé l'image sur le net.

Glass harmonica ça s'appelle (en allemand en tout cas). Le mec qui a inventé ça, ce devait être un ostrogoth de mon espèce qui s'amusait à faire chanter les verres de cristal en faisant tourner sur leur bord le bout d'un doigt trempé dans leur contenu. En praticien avisé, je recommande l'Alsace grand cru Kaefferkopf Riesling "Vieilles Vignes" 2018 de Jean-baptiste Adam à Ammerschwihr, lequel produira, c'est écrit dans sa présentation, "de subtiles notes de miel et de fleur d'acacia" ! De quoi vous envoyer direct au paradis en compagnie du divin Mozart (c'est pas moi qui le dis, c'est l'Adrienne !).

Dans ce coffret, on trouve quelques instruments qui n'ont vraiment pas usurpé leur appellation "baroque". Le plus étonnant reste pour moi la tromp·ett·e marine : un truc monumental autant que monocorde sans doute lui aussi sorti de la tête d'un ostrogoth (ou d'un wisigoth, ou d'un zigoto)

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Ça nous change des sifflets à eau du père Mozart (ben oui, Léopold) dans sa symphonie des jouets... Newo ?

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5 août 2023

L'été en poésie : le pantoum (joye)

Tout comme le sonnet, le pantoum doit respecter des règles : Il doit contenir 16 vers dont seulement 10 doivent être différents. Il est composé de 4 quatrains (strophes de quatre vers). La longueur des vers est laissée au choix de l'auteur, mais doit être préservée tout au long du poème. Le premier quatrain doit contenir 4 vers différents dont les rimes alternent. Le deuxième quatrain reprend deux des vers de la première strophe. Le deuxième et le quatrième vers du premier quatrain sont repris respectivement en tant que premier et troisième vers du deuxième quatrain. Cette construction répétitive se poursuit de la même manière de strophe en strophe.


V.

Le samedi, on vibre en attente
On entend la voix doucement céleste.
De son instrument, sa plume haletante,
L'artiste vient jouer toute modeste

On entend la voix doucement céleste
De la poète déguisée en ange.
L'artiste vient jouer, toute modeste
Et digne de chaque brave louange.

De la poète déguisée en ange
Brillant son clavier resplendissant
Et digne de chaque brave louange
La musique de son coeur adoucissant.

Cette poète déguisée en ange
Et son instrument, sa plume haletante
Si dignes de chaque brave louange
Le samedi, on vibre en attente.

Coucou Baudelaire

5 août 2023

D'harmonique à acoustique (Kate)

D'harmonique à acoustique

- Simon,

C'est quoi ça ?

- Montre donc !

- Ce machin-là !

- Une machine à coudre ?

- Tu veux dire à découdre ?

- Une flamme olympique ?

- Vraiment atypique !

Tiens, ton père

arrive justement.

Pierre !

- Hello !

Ça va les enfants ?

- Vous l'avez prise où cette photo ?

- Ah ! Ce truc-là ?

Je m'en souviens pas...

- Papa, c'était pas en Belgique ?

- Ah oui, quand on est allés là-bas

avec le groupe de musique

et on a pu visiter...

- Quelques troquets !

- Oui, mon fils, et quelques musées

- Et tu as pu photographier ?

- Un peu, comme j'ai pu,

j'avoue, j'avais un peu bu...

- C'est au Musée des Instruments de Musique ?

- Au MIM, c'est ça

Pas encore amnésique

Ton papa,

C'est un "armonica"

avec des bols en verre,

un truc d'enfer !

- Je vais le mettre dans le dossier

"Musique" ou "instruments",

Effectivement

"Instruments", ça y est !

Tiens, j'ai retrouvé

Quand tu dansais la bourrée...

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0

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- Mais Simon, c'est pas vrai !

C'est ton oncle, pas moi,

c'est mon frère Éloi

à la fête à Chauriat...

OK ceyrat folk

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- Et là, papa, c'est toi ?

- Oui, à la brocante de Ceyrat...

- Avec Cynthia ?

- Et Pamela...

- Banjo et harmonica !

- Cerise, Pierre, Valérie  !

- Oui !

- On va où, Simon ?

- À Montluçon !

Hop !

Au Mupop

Les jeunes

ça va être fun

j'ai une playlist

d'enfer,

ça va l'faire,

en piste !

 

 

 

5 août 2023

Pas encore tout à fait amnésique. 5, Le Jeu de l'amour et de la musique (Joe Krapov)

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Lorsque j’ai vu cette photo pour la première fois samedi dernier je me suis demandé ce que c’était que ce cylindre détonant, déconnant et conique et ce qu’il fichait là en présence d’un clavecin bien oblitéré de jolie peinture.

J’ai d’abord pensé à un canon, certes pas de Navarone ni même en provenance de la canonnière du Yang-Tsé, pas non plus celui du croiseur Aurore sur lequel ont été photographiés mes grands-parents à l’époque où ils jouaient dans « L’Etroit Moscoutaire », car trop petit et trop brillant.

C’est donc plutôt un étui. Un étui pour une momie ? Le sarcophage de Ramsès II enfant ?

Comme les traces de mon propre passé sont plus intéressantes à numériser, en ces temps de vacances où l’on peut oeuvrer pour soi, que celles de toute l’Égypte ancienne, j’ai laissé tomber la devinette et je ne suis revenu que ce jeudi soir faire appel à M. Google-Images qui m’a donné la solution. Il s’agit d’un harmonica de verre.

Soufflé, le Krapov ! Ça, un ruine-babines ? Que vais-je pouvoir en dire ? J’ai déjà écrit un billet sur ma collection d’harmonicas avec citations d’Albert Raisner, Antoine, Bob Dylan, et Neil Young. Faudrait voir à varier les plaisirs ! 

Et puis je me suis souvenu que figurait, dans les cassettes audio que je viens de monter au grenier, un enregistrement d’un concert sur France-Musique consacré à la musique écrite par Mozart pour cet instrument.

La question restait posée : que pouvais-je inventer de drôle à partir de cela ? A part enfiler des tongs, poser une échelle par-dessus les marches qui mènent à ma caverne d’Ali Baba, me donner la consigne de passer un barreau sur deux et de redescendre avec le carton plein plutôt qu’avec la seule cassette, gag qui n’aurait fait rire que deux personnes dont une même pas présente sur le Défi, je ne voyais pas.

Comme je ne suis pas ici pour raconter ma vie et souligner les côtés dérisoires mais si chargés d’affection de la vie d’avant, je n’allais tout de même pas vous narrer que c’est mon aimable grand-mère qui se chargeait d’aller, en mon absence – j’étais étudiant, alors, et le suis toujours ! - ouvrir le poste de radio et enclencher le magnétophone dans le cabinet de toilette du premier étage qui nous servait de laboratoire photographique.

Devais-je philosopher sur les envahissantes évolutions technologiques qui permettent désormais non seulement de programmer de telles actions mais encore de récupérer en baladodiffusion (peau de caste ?) voire de télécharger en même pas deux minutes de tels trésors auditifs qu’on n’aura de toute façon jamais le temps de réécouter ?

DDS 779 Desproges

Mais quoi ! De toute façon, à continuer d’écouter les gens « qui causent dans le poste » le leitmotiv commun (ou communautaire?) semble être devenu le titre du livre de Pierre Desproges « Vivons heureux en attendant la mort !». Voilà qui ouvre de plus belles perspectives encore aux immortel·le·s !

Alors oui, écoutons, continuons d’écouter la radio ! Pendant ces vacances-ci, j’aurai eu droit aux « Rendez-vous avec X », à la Grande traversée « John Fitzgerald Kennedy vs Lee Harvey Oswald », à celle sur Marilyn Monroe, à la revisite de Paul Mc Cartney and the Wings par Michka Assayas et, suite à la découverte de Clémentine Mélois, « livres, conférences et humour aux 33e degré et 36e dessous», je vais peut-être extirper de mes archives des enregistrements des « Papous dans la tête », émission à laquelle la gente dame a participé sans marquer trop ma mémoire – je me souviens plus d’Eva Almassy, d’Hervé Le Tellier, d’Henri Cueco et d’Hélène Delavault -.

DDS 779 clementine-melois-cent-titres sélection

 

DDS 779 Marivaux

Mais j’arrive au début d’une page deux et je veux faire court. Je reviens donc à l’harmonica de verre et je profite de cette image de musée pour plonger encore plus dans le temps passé. Le hasard des ateliers d’écriture a fait que j’ai participé en juillet à celui de Dame Licorne, « Filigrane » qui vient de redémarrer. Il fallait écrire sur « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux.

Évidemment, après avoir pondu mon texte, j’ai relu cette pièce et hier soir j’ai regardé le dévédé de sa représentation à Antibes en 2019, dans une mise en scène de Catherine Hiegel avec Clotilde Hesme (la Roxane de « HPI ») et Laure Calamy (« Antoinette dans les Cévennes »).

Un pur régal. Pour exécuter cette partition ancienne de manière si pure, si parfaite et si drôle il fallait bien user du plus précieux des instruments qui fût allé se nicher jamais dans le coeur des actrices : l’harmonica de verre. 

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