Trompe-la-mort (Walrus)
"Trompe-la-mort", c'est l'expression que j'avais l'intention de vous proposer cette semaine, jusqu'à ce que je promène le chien vers seize heures mercredi passé.
En débouchant de la rue du Knijf* dans celle de la Tour Japonaise**, je n'ai eu que le temps de bloquer et tirer sur la laisse de l'animal qui me promène pour lui éviter la rencontre avec un véhicule descendant la dernière rue citée, "volle petrol" comme on dit par ici.
En l'occurrence, une trottinette électrique montée par trois filles. Ces gamines étaient rangées par ordre de taille : la plus petite s'accrochait au cadre de l'engin, l'intermédiaire se tenait au guidon : c'est elle qui pilotait la machine, la plus grande s'accrochait à la taille de la précédente et criait (en pure perte) "Ralentis ! Ralentis !".
Elles ont continué à dévaler la rue et ont traversé l'avenue de Versailles où la circulation est dense à cette heure.
Peut-être que la limitation de vitesse à 30 km/h dans toute l'agglomération bruxelloise leur a permis cet exploit. Ou alors, il y a un Dieu pour les filles en trottinette...
Pas pour les mecs en tout cas : près du centre commercial Docks, le 31 mai, il y en a un qui s'était fait renverser par le tram, il est mort sur le coup.
J'ai donc remplacé Trompe-la-mort par Trottinette : ce sont des synonymes !
* La plaque de cette rue ne comporte pas de traduction française du mot "Knijf", les dictionnaires néerlandais-français se taisent dans toutes les langues, seul un système de traduction par association (knife c'est couteau en anglais) propose "poignard" ou "couteau" avec de nettes réserves.
** Comme je l'ai déjà mentionné je ne sais plus trop où, si vous pensez pouvoir admirer la tour japonaise dans la rue qui porte son nom, vous vous fourrez le doigt dans l'œil jusqu'au coude : c'est Bruxelles ici, la capitale du surréalisme.