Incandescent (Laura)
Tel Prométhée, il a volé le feu du ciel pour en faire de l’art.
Il a beaucoup réfléchi mais aussi laissé une place au hasard.
Comme Nerval, mon voleur de feu préféré, un peu bizarre ;
Le même bizarre que prône Baudelaire dans ses critiques d’art.
Du feu, il a tiré une œuvre terrienne se découpant sur le ciel bleu
Feu, terre, air, son art nous désaltère et nous console un peu
Des laideurs du quotidien, il est un baume pour nos yeux.
Il inquiète parfois celui qui n’y reconnaît rien, celui qui veut
Tout comprendre et souhaite savoir ce que représentent
Ces sculptures ; ils n’y voient que des corps sans tête,
Des bonhommes grossiers se tenir la main dans une ronde
Pas de vraies figures, trop abstrait : ça n’a ni queue, ni tête !
Disent ces rabat-joie qui regardent sans jamais vraiment voir.
Qui ne voient l’art du présent, aucun avenir, aucun espoir
D’œuvres qui représenteraient au-delà de la matière et du noir
Une lumière abstraite qui figurerait l’oxymore contradictoire.