Participation de Venise
Dans le sillage bleu du train de mon enfance
Je sais ce que je dois à ces voyages crépusculaires
J’ai tout bu dans ce wagon feutré , des aubes rougeoyantes , à la mer gonflée d’écume , aux troupeaux accroupis sur de mornes prairies.
Jeté dans la tempête tel un forçat tirant ses wagons d’or.
Face à d’immobiles montagnes.
Un jour nouveau déchirait l’horizon.
Ho !! la bonne aventure qui fond lascivement dans le frimas du littoral
Doux matins, océans d’haches de guerre et ce vent penché au wagon qui fraichit ma joue.
Bel esclave fou qui remue ses chaines pendant que les collines regardent passer le train.
Voilà qui monte à moi le désir enfoui de conduire ce bolide.
D’épouvantables vents sacrent ma destinée ;
Depuis je marche d’une marche furieuse qui vient réanimer les chiens fous bourré d’envie de tenter le voyage.
Le grand soleil de mai arrose mon visage, voici le grand canyon j’y arrête mes pas
J’entends encore l’écho du ronflement du train qui me ramène dans la gare de Blanzac
Le voyage et le train , des hivers crépitants dans les coquilles sombres des wagons
Quand dehors il neigeait le roulis crevait mon sommeil pour allumer les nuits.
Et si on semait des rails comme poussent des marguerites,
Assez roulis de mon enfance ,
Assez , chuchotement des cris des voyageurs restés à quai .
Il serait temps que dans ce siècle que tous nous fassions ce voyage,
Assez crie la petite fille , montons dans ces wagons , que l’homme séme le voyage en attendant qu’ils s’aiment .
Lisons derrière la vitre du wagon le silence de l’immensité du monde , ramassons le chien jeté dans le fossé .
Libérons les hommes qu’on va brûler
Que dans ce wagon de mon enfance ne s’abritent que les grandes espérances .