Mon sacre à la tronçonneuse (Sebarjo)
J'aimerais écrire un truc qui vous mette l'arme à la tronche et les larmes aux yeux. J'aimerais que les maux sous votre langue se transforment en mots, que les pleurs sous vos rétines se métamorphosent en peurs irisées. J'aimerais que vos feuilles, au lieu de bourdonner, fleurissent et captent le pollen du silence, que les pétochers deviennent pétales. J'aimerais que vos narines respirent l'iode marine, que vos envolées nasales partent plus profondément que les vols programmés de la Nasa. Que vos sinus s'insinuent dans votre gueule d'atmosphère.
J'aimerais que vos joues rougissent et jouent avec le feu, que vos focettes soient vraisemblables, que votre menton s'incline enfin et dise vrai. Que chacun de nos lobes passent au-dessus de nos têtes et que nous nous retrouvons avec le cerveau au fond des chaussettes. Enfin le pied.
J'aimerais tant que l'on me dise après cela – même si l'on me classe dans la famille nombreuse des porte-mentaux - cinq fois chapeau !
Ah... Je vous promets, jamais je n'aurais le melon. Je reste un planeur sur vos cieux nuageux, vos esprits torturés et ombrageux. Cet aéroglisseur qui file droit et insouciant sur les bleus océans au céans outremer. Oui, je demeure un bob qui ne se dérobe ni au zéphyr ni aux airs vifs...
Mais hélas, maintenant que vous vient l'eau à la bouche, voici la perfide douche, au fil d'une réminiscence psychotique cinéphile... car la file du temps n'est ni élastique ni excentrique, ni caoutchouteuse ni carambarolesque. Dans notre réalité. Il nous sangle que demain n'en sera qu'une... main. Même si la mousse tâche, est-ce humain ???
Car, malgré sa physionomie, le récit s'achève et tel un petit beurre nantais, rancit. J'ai bien senti sous l'huile de ma peinture - et vous l'avez LU avec moi - que le vernis s'écorçait et que l'olivier commençait à trouver le temps un peu long...