30 décembre 2017

Ont balancé la fumée

pas cons

 

maryline18 ; Venise ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Joe

Krapov ; JAK ; Kate ; petitmoulin ; joye ; bongopinot ;

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Une jolie pièce par bongopinot


Derrière cet écran de fumée
Un petit garçon joue de l’encensoir
En le faisant gentiment balancer
Aux premières lueurs du soir

Il suit une procession
Tout de blanc vêtu
Lisant des citations
Lors d’un spectacle inattendu

Trois autres de ses copains
Neptune Saturne et Jupiter
Bouquets de fleurs à la main
Ces trois petits thuriféraires

Ouvrent de nombreux chemins
Dans l’avenir et l’espace
Pour aujourd’hui et demain
Brisant au passage des carapaces

Et lorsque sonne minuit
Brillante comme un soleil
Elles arrivent dans la nuit
Étincelante dans un demi-sommeil

C’était une pièce de théâtre
Pour la fin d’une année scolaire
Elle était interprétée à quatre
Pour un moment beau et lunaire

 

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thuriféraire : la FAQ (joye)

better

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Un grand coup de brosse à reluire (petitmoulin)

 

Un grand coup de brosse à reluire
Excellent ! Monsieur le Directeur
L'encensoir à portée de main
Magistral ! Monsieur le Directeur
La dithyrambe forcenée
Génial ! Monsieur le directeur
La courbette chronique
À votre service ! Monsieur le Directeur
La paillasson seconde nature
Après vous, Monsieur le Directeur
Le pantalon... le pantalon...
Faites... Monsieur le directeur
La promotion en bandoulière
Merci ! Monsieur le Directeur
Et tu te demandes
Pourquoi les miroirs
Se sont couverts
D'épaisse fumée 

 

Bonne Année à vous tous
Amis défiants du samedi.

 

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Tuerie ferraire… (Kate) (22)

 

Non, j’ai mal lu, c’est : « thuriféraire » ! Encore plus obscur, plus fumeux (oserai-je ? oui !)… 

Fonçons donc, puisqu’un mail de Walrus a, par un heureux hasard, réveillé mon envie (rentrée) d’écrire et de participer (après tant d’années) à ce défi aux puissants parfums d’encens. 

Plusieurs ont déjà « envoyé la fumée » et même si on est déjà jeudi soir et « entre les fêtes » ou « pendant les fêtes », je n’attendrai pas « après les fêtes » comme tout un chacun jouant le débordé (de « chez débordé ») que je ne suis pas vraiment mais que je peux feindre d’être aussi… 

Toutes ces digressions qui envahissent mon texte ! Non, qui sont mon texte, comme le livre que je viens de finir où l’on en apprend autant sur son auteur que sur son sujet (« La serpe » de Philippe Jaenada, passionnant !). 

Un acrostiche peut-être, vu le temps imparti restant, le manque d’imagination et le peu d’humour qui m’habite en ce moment… Je sais que certains ne manqueront pas le sens figuré... Mon humeur terre-à-terre de cette fin décembre me pousse sur une pente « premier degré » et donc : 

Théologie
Hommage
Utile
Rome
Idolâtrie
Fumée
Encens
Respect
Autel
Infini
Rite
Effluves 

Bien sûr, je voulais joindre une petite photo mais le temps que je traverse la ville pour rechercher une verrière du 14ème siècle mentionnée sur internet mais dont aucune photo n’est disponible sur internet (que j’ai écumé) ni dans ma doc perso,  alors, comme dit la chanson « Non, je n’aurai pas le temps… »  et donc à suivre !

 

 

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L’adulateur (JAK)

 


Une belle endimanchée, sur ses talons perchés

Plantureusement montrait ce que l’on ne saurait zieuter

L’Alphonse, ce voyeur flagorneur, par ces seins alléché

Lui roucoula :

Eh! Miss vous êtes ci-devant, une authentique vénusté.

Et si pour moi vous vouliez bien promptement turbiner

Je vous offrirais à vie, le gite et le couvert.

L’élogieux compliment fit alors chavirer la jolie dulcinée.

Et l’encenseur par son discours flatteur illico l’emballa

Laissant ses pères et mères, au bras de l’enjôleur de suite s’en alla.

Sur un boulevard, dans une voiture clinquante dès lors échoua.

Et depuis, elle chante à qui veut l’ouïr, honteuse et bien confuse,

Un peu tardivement toutefois, qu’on ne l’y prendra plus.


Il en va ainsi du verbe qui peut être louangeur et flatteur, et parfumer les chemins.

Le vil se l’approprie pour mieux manipuler, en authentique mâtin

Et pour lors de la sorte, arriver à ses fins

j01


Gardons nous bien des mots, n’aimons que les actions.

Il faut pourtant le reconnaitre la chose n'est pas toujours aisée

Il est si doux d’entendre la louange de l’obséquieux

Lorsque l’on veut à tout prix être aimé.

j02

 

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Ecrire à Rimbaud. 12, Thuriféraire (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

"Entends-tu les clochettes tintinnabuller ?"
Graeme Allwright

 

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Nous autres les thuriféraires de la poésie volatile, les apôtres des hashtags #balancetonencens, #diffusetonpatchouli, #assumetonbabacoolisme et #décroissantsaubeurre, nous avons fort à faire ces jours-ci avec les sommations de la société de consommation.

Nous voici à peine sortis de la célébration coûteuse et somptueuse de la naissance d’un fils de pauvre dans une étable que d’aucuns songent déjà à remettre le couvert le 31 décembre pour commémorer la venue au monde de Jean-Marc Sylvestre, le thuriféraire n° 1 du libéralisme galopant nez au vent, ou pas, sous sa bannière emplie d’étoiles.

Consommons ! Consommons ! Consommons la dinde et le marron, les serpentins, les cotillons, les canapés sur le napperon, la veuve Clicquot, le Dom Pérignon, soignons-nous aux petits oignons, gavons-nous jusqu’au troufignon de foie gras d’oie, foie gras d’oie voilà les Dalton !

Car il ne sert à rien de jouer les Harpagon, Picsou nageant dans ses millions, d’avoir la passion des actions et d’honorer le dieu Pognon.

Claquons tout ! Soyons fous ! Sauf que moi je ne le puis. Mon bonheur sur cette Terre me coûte excessivement peu cher. Je suis le thuriféraire des captations de lumières ; l’objectif de ma prêtrise est de dispenser des bêtises et mon déguisement en Merlin l’encenseur ne vise que des petits bonheurs, ceux qui n’ont pas de prix parce qu’ils sont gratuits.

170710 265 045

J’opère en toute simplicité d’esprit et – beati spiritu pauperes – je m’en trouve bienheureux. J’entre dans les églises pour aimer leur silence et faire mon miel photographique de leurs vitraux. C’est par-là que je crois au mot «divinité». A ce jeu-là, si c’en est un, il me semble que nos chemins sont à l’inverse.

Y a-t-il un coeur sous ta soutane d’autrefois ? Qu’est-ce qui bave à la poupe sinon l’encre d’un certain fiel ? N’était-il pas par trop facile de retourner Verlaine comme tu le fis à chaque fois ?

Sur le bateau ivre de la photographie, dans cette chapelle marginale, ne rencontré-je pas, de mon côté, un certain mysticisme planant ?

Là où nous nous rejoignons, finalement, c’est au désert ! J’écarte soigneusement les humains de mes paysages, tel un herboriste rousseauiste et me réjouis des attraits des bois et guérets de la Creuse.

Mais je ne dédaigne pas pour autant les portraits de groupe, la sainteté volée des musiciennes au travail ou la gaîté posée ou joyeusement éclatée des carnavaleuses complices.

J’adore aussi ces krapoveries à la W.C. Fields qui me viennent je ne sais comment : « Ca y est ! Je me suis encore fait avoir. L’estomac plein, le cœur au bord des lèvres. Fruits de mer, pâté en croûte, vins, Champagne, chocolats, gâteaux. Trop, trop, trop. Pourquoi ai-je tant participé à ces festivités alors que je ne crois même pas au Père Noël et encore moins à sa naissance à Bethléem entre un bœuf et un âne ? En Laponie, entre deux rennes, passe encore ! ».

A part ça j’ai découvert ce week-end un bien plus terrible thuriféraire que nous autres. Il s’agit de Pierre Michon dont, jusqu’à la semaine dernière, le nom et l’oeuvre m’étaient inconnus.

Ce monsieur s’est fait une spécialité d’écrire autour des portraits, d’en dresser de bien littéraires à des moments-clés de la vie des glorieux. Dans son livre «Le corps du roi» il nous met sur la table des lois son idolâtrie pour Samuel Beckett et William Faulkner se faisant portraiturer chez un photographe ou nous dépeint Gustave Flaubert sortant pisser un coup dehors après avoir mis le point final à la première partie de "Madame Bovary". A tous les coups Michon a dû écrire quelque part une prose poétique du même acabit sur Proust. A bon entendeur, Port-Salut ! Voilà, c’était une idée de cadeau à rechercher pour votre oncle de Belgique !

Mais surtout j’ai appris en parcourant les Cahiers de l’Herne à lui consacrés qu’il a commis un «Rimbaud le fils» dont je ne peux pas te dire grand-chose car il était sorti, comme tous les livres de Michon, de la bibliothèque où j’ai mes habitudes. J’ai d’autant plus d’appétence pour cette lecture que son projet de départ était d’écrire sur ton frère, Frédéric Rimbaud, le conducteur d’attelage ! Je trouve cette idée géniale, gaguesque à souhait mais je doute qu’il en ait fait un bouquin réellement rigolo.

Voilà, mon cher Arthur, ça sera tout pour aujourd’hui. Ite missa est !

Je t’envoie mes salutations distinguées de thuriféraire de Sainte-Boîte-à-lettres-du-Cimetière qui me permet depuis six mois maintenant de correspondre avec un mort d’importance !


P.S. Ceci n’est pas une grossièreté : existe-t-il pareille boîte à lettres dédiées au cimetière de Montcuq ? Car je me ferais bien aussi le thuriféraire de Nino !
 

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Quand j'étais kreoltsje (Walrus)

 

C'est le titre que j'aurais choisi si j'avais voulu vous narrer mes aventures lorsque j'étais enfant de chœur. J'en aurais accompli des choses derrière le rideau de fumée de l'encensoir !

Il y a cependant deux gros empêchements à la chose :

  • quand j'ai eu l'âge d'être enfant de chœur, je n'habitais pas Bruxelles et je n'aurais donc pas pu être kreoltsje
  • de toute façon, je n'ai jamais été enfant de chœur

Du coup, je ne puis que me rabattre sur le sens figuré du mot-sujet de la semaine.

J'en ai connu des thuriféraires !

Toujours prêts à encenser n'importe qui pour peu qu'il y mette le prix.

Bien sûr, vous pouvez trouver ça malhonnête, mais il y a matière à chicane, ratiocination, pinaillage, argutie même !

C'est que pour encenser...

Faut de la braise !

Ah...

 

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Liturgie macho (Vegas sur sarthe)


"Hé Cindy, t'as déjà secoué l'encensoir ?"
"J'ai plus cinq ans, j'suis pucelle que tu croives"
"J'te d'mande si t'as déjà manipulé un encensoir"
"Euh... c'est quoi c't'embrouille ?"
"C'est une boîte à fumée où c'est qu'on brûle de l'encens"
"Et c'est quoi l'an cent?"
"C'est comme la résine de canne à bisse mais c'est légal passeque c'est garanti par l'église, c'est un truc qui cocotte grave et qui fume et qu'on fait monter au ciel pour donner d'l'odeur aux prières"
"Passque tu fais des prières, maint'nant ?"
"Non... pas moi, moi j'fais juste le naviculaire"
"Le navi quoi ?"
"Tu f'ras l'thuriféraire pendant que j'f'rai l'naviculaire"
"J'comprends que dalle à c'que tu dis"
"C'est simple! Not' curé cherche deux volontaires pour la messe de minuit... c'est bien payé"
"C'est quoi un avis culaire ?"
"C'est çui qui porte la navette"
"La navette... comme la chevillette ou la bobinette du chap'ron rouge ?"
"Mais non! C'est une boîte à coucou où c'est qu'y a l'encens qu'on met dans l'encensoir pour le faire crâmer"
"Si j'comprends bien, j'vais secouer ce Jean-François qui fume et qui pue pendant qu'tu tiendras juste la p'tite boîte et on s'ra payé pareil ?"
"C'est l'geste qui compte ma vieille et pis c'est Noël"
"J'm'en balance de ton transplantoir!"
"Justement, c'est l'balancement qu'est essentiel"
"Et y faudra l'secouer combien d'fois ton assesseur ?"
"D'abord à la procession et pis avant les vangiles et pis à l'Offre-toi et pis à la consécrétion et pis c'est tout. Tu l'agites trois fois deux coups ou trois fois trois coups, ça dépend"
"Euh... ça dépend d'quoi ?"
"T'inquiète, le curé compte pas les coups, pourvu qu'y lui en reste un peu pour soigner son asthme"
"Passque l'curé est asthmatique en plus ?"
"Ouais, les curés sont pas à l'abri, tu vois..."
"En tout cas j'préfère faire le naviculaire si ça t'déranges pas"
"C'est pas qu'ça m'dérange mais ça va pas êt' possible, rapport au feu"
"Quel feu ?"
"Ben les allumettes pour allumer l'encens dans la navette"
"Et c'est quoi le problème avec les allumettes ?"
"Ben les allumettes, c'est une affaire d'homme"
"Tu sais pas... t'iras t'secouer l'ascenseur tout seul !!"

 

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LE THURIFERAIRE (Venise)

 

Retiré sous le porche d’une maison le thuriféraire laissait passer la giboulée.

Une plénitude silencieuse se dégageait de lui. Je ne savais pas au juste ce qu’il tenait dans ses mains, mais une odeur d’encens remontait dans l’air.

J’entrevoyais une lassitude sur son visage d’enfant, épuisé désencombré des attachements.
Quelle parole, quel chant du cœur l’avaient mis sur ma route ?
Il était là comme un chant, un livre , une sculpture figée dans le temps.
J’avais devant moi un Rembrandt, et moi comme un peintre flamand, flairant le modèle parfait qui dormait dans l’atelier du Maitre je voulais toucher son âme.
Il s’est éloigné. Alors je me suis dit « si je le perds, je perds tout le reste , tout ce que le monde est en train d’oublier .
Alors à la manière d’un écureuil par bond et immobilité je l’ai suivi.
Je l’ai retrouvé figé dans la pierre au fronton de l’église comme un fantôme fatigué, plongé dans le ravissement d’un sommeil pur .
Un jour petit thuriféraire je parlerai de toi je montrerai comme tu m’as délivré de tout.

 

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