15 juillet 2017

N'ont pas craint de s'asseoir sur le banc

pas cons

 4631

 

Laura ; Sandrine ; Vegas sur sarthe ; Venise ;

Pascal ; joye ; Walrus ; bongopinot ;

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Sa dernière heure par bongopinot

 

Bande, juin 2008

 


M’asseoir sur un banc cinq minutes
Regarder une branche et sa chute
Me dire que l’arbre est dangereux
Pour tous les couples d’amoureux

Pour les enfants jouant au grand air
Grimpant dans cet arbre centenaire
Même ce simple panneau planté
Indiquant un éventuel danger

Ne suffira pas à faire comprendre
Qu’un coup de vent peut surprendre
Cet arbre d’une autre époque
Et faire tomber ses branches qui se disloquent

Et malheur à celui qui est dessous ou dessus
Et qui sur la tête l'a reçu
La nature peut parfois être cruelle
Tout autant qu’elle peut être si belle

Aujourd’hui une branche est tombée
Sur ce banc délaissé
Car le vent a tant soufflé
Toute la nuit et la journée

Et l'arbre majestueux
Si beau et courageux
Qui est plus que centenaire
S’arrache doucement de sa terre

C’est dans ce joli parc
Où il a tout son public
Et entouré de fleurs et de senteurs
Que sonna sa dernière heure

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Aparté (Walrus)

 

- Ah, tu vois que j'ai bien fait d'installer ce panneau : notre banc est libre maintenant.

- T'es un génie, mon chéri...

 

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Autant en emporte le plat (joye)

hammour

La forêt enchantée ruisselait sous une drache soudaine. Elle vit s’approcher le jeune homme, monté sur son grand cheval. Soudain, il s’arrêta et descendit devant elle.

- Je suis Hammour Chute-Debranches, roi des gitans. Et vous êtes ?

- Garceline. Garceline Perrier-Badoit de l'Évian.  Elle frissonnait devant cet être mâle qui suintait la virilité masculine.

- Venez, belle dame, vous êtes trempée jusqu’aux os !  Je vous amène à mon cottage, lui dit-il courtoisement.

Et, sans attendre une réponse, il l’attrapa brusquement par la taille, et elle se retrouva sur sa bête magnifique. Elle haleta de surprise de savoir qu’un roi de gitans habite un cottage…

Quelques heures plus tard, galopant à travers la forêt, et puis une prairie, et ensuite dans un pré à côté de l’autoroute et à travers un champ de blé - poursuivi pendant plusieurs kilomètres par un agriculteur acrimonieux sur son vieux tracteur - avant d’enfin retrouver les arbres, le couple arriva au cottage qui se trouvait dans une banlieue magique de la forêt enchantée. Un nain trollâtre leur a ouvert, grommelant.

- Roncevalet, prépare-nous un feu dans la cheminée ! commanda régalement Hammour.

- Peux pas, grommela le nain, grincheusement.

- Pourquoi pas ? demanda le roi, d’une voix impatiente et impérieuse.

- Tout d’abord parce que je ne suis pas Roncevalet. Je suis son neveu, Vonceralet !

- Un peu son neveu! s'exclama Hammour. Et alors, prépare-nous un feu dans la cheminée, Vonceralet.

- Peux pas, grommela de nouveau le nain.  Y a pas de bois !

Hammour l’envoya donc s’occuper du cheval. Le nain s’exécuta, mais peu gracieusement.

Une fois seul devant la cheminée déserte, le couple s’enlaça fougueusement. Tremblant de passion, ou peut-être du froid, sa main à lui relevait avidement l'ourlet détrempé de sa jupe à elle. D’un coup, il se retira de ses bras à elle afin de bien regarder, lui, sa jambe à elle.

- Mais Garceline…ta jambe ! murmura-t-il, confus.

- Oui, mon amour ? soupira-t-elle, voluptueusement, les yeux mi-clos, souhaitant encore tâter tendrement les muscles énormes de ses bras à lui.

- Euh, ben, on dirait que tu as une jambe de bois ? s’exclama-t-il, chevaleresquement.

- Ah, ça...Cela t’embête, mon Hammour ? demanda-t-elle, d’une timidité féroce.

- Ben, tu parles que ça m’embête, ma Garce'! cria-t-il. Tu te rends compte ? On aurait pu s’en servir pour allumer le feu dans la cheminée !

~ À suivre ~

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Les fleurs bleues (Pascal)

 

Au hasard de notre balade sentimentale, nous avions rejoint un petit square ; il semblait sorti de nulle part. Il y a toujours un parc, un espace vert, une issue de secours s’opposant à la morosité de la ville et qui s’offre à l’errance enthousiaste. On a tous besoin de ces havres de paix, de ces jardins d’Eden pour croquer dans sa pomme d’Amour.
Inconsciemment, on les recherche ; c’est un retour à la nature, peut-être, l’ombre complice des frondaisons, sûrement. Le vieux grillage en fer forgé, l’ancestral porche d’entrée, les parfums capiteux de la verdure débordants, en étaient les invitations convenues…  

Nous avions couru dans l’allée pour ne pas nous mettre en retard sur le bonheur d’être ensemble, à cet instant d’intemporalité enchanteresse. Sous les grands arbres, et dans l’abri de leurs ombres, nous faisions des haltes baisers ; je ne reprenais ma respiration qu’après nos tours de langue, comme des tours de clé fougueux, pour m’emparer encore de ton cœur. Dans leur antre protecteur, nous étions tremblants sous le saule pleureur, impressionnés sous le grand chêne, hilares sous le tilleul, emballés sous le frêne, enfants sous le hêtre ; aux moindres de nos soupirs, toutes les feuilles de tous ces arbres semblaient nous applaudir !
Parfois, des branches basses emprisonnaient tes cheveux et, preux chevalier, j’avais un grand plaisir à démêler une à une tes boucles blondes ; elles étaient des guirlandes d’or sur le sapin de Noël de notre été et, toi, tu en étais le plus fabuleux cadeau…

Je ne voyais un futur envisageable que dans la prunelle de tes yeux ; de celui du ciel à celui des abysses, en passant par les fleurs, tous les bleus s’y confondaient dans une intimité de cascade débordante. J’aimais bien tout ce déséquilibre qui me maintenait pourtant dans une expectative heureuse ; je pouvais me noyer dans l’un et planer dans l’autre.
Dans leurs reflets, je voyais le monde dans une dimension extraordinaire ; j’étais ton courageux héros, l’escaladeur de tes cils papillonnants, l’émérite nageur de tes larmes de rire, l’explorateur de tes cernes complices, le goûteur de ton mascara, l’arpenteur de tes sourcils froncés, dans l’impatience d’un autre baiser. La frange sur ton front, le grain de beauté sur ton nez, la fraîcheur de ta joue, le goût de ta salive, le tourbillon de ta jupe quand tu tournais autour de mon doigt : le bout du monde était partout, à portée de voix de tous mes je t’aime.  

Ta respiration était la mienne, ta démarche était la mienne, tes émerveillements étaient les miens, tes rires étaient les miens, et nos silences étaient complices. Ils continuaient de se murmurer des mots doux, ces caresses qui touchent l’âme et qui tissent des habits de lumière éblouissants. Le long de tes soupirs, j’étais un cerf-volant flottant dans l’éméraldine et tu agitais ma ficelle à la langueur de tes délicieux caprices. Fondus dans le creuset de l’Amour, dans un tout, aussi chimérique qu’impérissable, nous n’étions plus qu’un…  

On marchait main dans la main. C’était si difficile de nous dénouer de ces liens d’amour ; quand on croisait un couple de personnes âgées, un enfant sur son petit vélo, un landau de maman, un vieux monsieur pendant l’assiduité de sa lecture, nous inventions toujours des stratagèmes pour ne pas nous détacher. Parfois, on ne pouvait pas faire autrement, à cause des aléas de l’allée, et quand nous nous retrouvions, c’était comme si nous nous étions séparés depuis mille ans ! Telle une valse insatiable, t’apprendre, te retenir, t’apprendre encore, te laisser t’enrouler contre mon épaule, te regarder te déplier jusqu’au bout de nos doigts, te reprendre, te garder contre moi, je peaufinais nos pas de danse…

Te souviens-tu de la statue paresseuse ? Assise et pensive, elle faisait la circulation aux amoureux en pointant son doigt vers l’enfilade des bancs ! Et la fontaine aux glouglous mystérieux comme des secrets courant à fleur d’eau ! Il s’y baignait les nuages baladeurs et ils allaient sécher dans un autre coin du  ciel ! Te souviens-tu du charivari des petits oiseaux sur la gamme des branches alentour ? Ils étaient la musique de fond de notre aventure bucolique ; nous apprenions les paroles de notre chanson et nos baisers étaient nos refrains qu’on connaissait sur le bout du cœur. Et quand nos ombres se confondaient au soleil d’une autre de nos embrassades ? Le monde tournait autour de nous…  

Sous l’œil intrigué du gardien, nous avions foulé sa pelouse. Tu avais enlevé tes chaussures ; tu les portais dans chacune de tes mains et quand on s’enlaçait, je sentais leurs talons se frotter dans mon dos. Je tenais tes hanches comme on tient un instrument de musique quand on en a compris les premiers accords. Tu te grandissais sur la pointe des pieds et ta jupe se soulevait plus que de raison ! Au diable la raison et son triste cortège d’a priori, de modération et d’indifférence !... Il y aurait tant à dire mais ce n’est pas le sujet du jour !...  

Nous avions rejoint le banc des amoureux ; autoritaire et entremetteur, sans façon, il nous a basculés en arrière comme s’il nous prenait dans ses bras ! Il avait coincé ta jupe entre ses planches, ce vieux coquin ! C’est ce moment qu’a choisi le gardien voyeur pour nous sermonner ! « Vous n’avez pas vu le panneau, les jeunes ?... » « Ben non, puisque nous sommes arrivés de l’autre côté » ne puis-je m’empêcher de lui répondre. « Chute de branches » nous lança t-il, en regardant la cime des arbres. « Pour  conserver la chance de votre idylle toute neuve, il y a franchement d’autres moyens de toucher du bois !... » dit-il, en souriant. Ce devait être sa phrase fétiche, sa ritournelle champêtre, celle qu’il sert et ressert à l’occasion des amoureux qui viennent se bécoter sur son banc des passions…

Quand il s’éloigna, ingénue Cendrillon posée sur le banc de pierre, à genoux, je glissai doucement tes chaussures de verre sur tes pieds menus et c’était un feu d’artifice dans mes pensées multicolores…

 

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Participation de Venise


Dans la campagne chevauchant le vent et ses longs sourcils
Etourdie du pollen des tilleuls , mon âme solitaire se cache dans la forêt d’avant  l’âge de vos parents .
Il faut être sans vie pour laisser trainer un tel message

ATTENTION CHUTE DE BRANCHE
Faites plutôt quelques pas de danse prés d’eux .
Car ce que vous avez de plus secret seul les arbres peuvent l’entendre.
Pauvres humains mal assurés, voyant partout des murs emplis de tesson de bouteilles!!

Le monde vous appartient petit poissons rouges  
Brisez votre bocal de neige et regardez le ciel .

 

ve



Rien ne nous fera plier , nous irons sous les platanes
Prier  un Dieu qui s’est défilé au dernier 14 juillet
Nous irons dés les premières averses d’Avril  promener  nos clébards dans les prairies semées de panneaux interdits .
Par ce que nous vivants , dans nos cœur royaux
Rien ne nous obligera à nous détourner de notre chemin de ronce .

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À la tronçonneuse (Vegas sur sarthe)


"C'est pour quoi?"
"Bonjour, c'est pour une chute"
"C'est bien ici. Est-ce que cette chute fait suite à un élagage, à un problème de voisinage ou à une catastrophe naturelle du genre coup de vent, bourrasque, tornade, tempête ou autre cataclysme ?"
"C'est plutôt du genre tornade mais pas naturelle... enfin c'est quoi la différence?"
"S'il s'agit juste de vieilles branches par exemple..."
"Une vieille branche, on pourrait dire ça. On est mariés depuis... depuis bien trop longtemps"
 "Alors si c'est un sinistre, ça doit d'abord se déclarer au deuxième étage"
"Sinistre... c'est le mot adéquat! Elle file le bourdon à tout le quartier"
"Vous êtes sur la commune, évidemment?"
"Germaine est plus particulière que commune et je suis dessus depuis bien trop longtemps"
"C'est surement pour ça qu'elle a craqué. Vous avez une responsabilité civile, j'espère?"
"Responsabilité? J'entends ça tous les jours. Elle me met tout sur le dos: le gouvernement, les impôts, la météo, le prix des clopes"
"S'il s'agit d'une surcharge sur une branche morte, ça change tout. On est dans le cadre d'une simple imprudence et je ne peux rien faire"

(Soupir)
"Une branche morte? Si vous pouviez dire vrai. Ce serait un soulagement pour tout le monde sans parler de mon arbre généalogique qui penche un peu trop de son côté"
"En tout cas s'il y a gêne sur la voie publique, en vertu des articles R116-2 et L114-1 du code de la voirie routière il faudrait rapidement déblayer tout ça à la tronçonneuse"
"A la tronçonneuse? C'est peut-être un peu... expéditif, non?"
"C'est vous qui voyez, en vertu des articles R116-2 et L114-1 du code de la voirie routière ça doit être fait à la diligence et aux frais des propriétaires"
"Y aura pas besoin de diligence, j'ai la Twingo... elle devrait rentrer dedans en tassant un peu"
"Sinon je peux vous réserver l'équipe municipale avec le camion, ils sont cinq"
"Cinq? Ca devrait suffire pour son quintal !"
"Et pour l'effeuillage vous avez ce qu'il faut?"
"Oh l'effeuillage! C'était avant, quand elle était jeune et mince. Maintenant c'est grenouillère molletonnée et hôtel du cul tourné"

"Et vos voisins, ils en pensent quoi?"
"Ils disent qu'elle s'en relèvera jamais et que c'est triste de finir comme ça sous les yeux des gamins... c'est pas un bon exemple pour la jeunesse vous savez"
"Allons! Allons! Ca n'est pas si grave, à votre âge on a encore le temps et l'envie de replanter"
"Replanter? Vous en avez de bonnes. On voit bien que vous ne connaissez pas Germaine!"

"Germaine? Je ne connaissais pas cette essence. C'est de l'exotique?"
"De l'exotique, oui! Elle est berrichonne, de Vignoux sur Barangeon, un trou perdu exotique"
"Sachez qu'aucun trou n'est jamais perdu Monsieur tant qu'on a le désir de planter! Vous n'avez pas la fibre écologique, hein?"

(Soupir)
"C'est pas le tout mais je suis venu pour trouver une chute... on m'a dit que j'en trouverais ici"
"Vous cherchez une chute? Vous êtes un drôle de type vous alors..."

Marcel se retourna vers ses potes des Défis Du Samedi :"Bon, ben désolé les gars, y aura pas de chute cette fois-ci"

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Participation de Sandrine

 

Assis sur son banc public, le sien mais à tout le monde, Emile attendait Sylvain. Son pote lui avait donné rendez vous là, deux saisons auparavant, quelque part au printemps :

-        Ciao, on se revoit à la saison des éléphants.

Crac, l’automne arrive, une branche profite du grand vent pour sauter de son arbre et aller s’asseoir sur le banc public d’Emile :

-        Salut Emile

-        Salut vieille branche… 

 

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CHUTE DE BRANCHES (Laura)

 

Aux informations, on entend beaucoup parler de risques: c'est pourquoi je ne les regarde

Presque plus; je préfère la presse écrite nationale et locale: j'y pioche ce dont j'ai besoin.

A entendre les journaux télévisés, la vie ne serait que risques: à quoi je réponds à eux

Et d'autres que le plus grand risque qu'on prend en naissant, c'est de mourir un jour

Non pas que ça m'enchante; pour moi, il y a largement de quoi s'occuper pour l'éternité

Mais dans le doute, d'une vie après la mort, je prends le risque de vivre ici et maintenant.

Face au risque de chute de branches, j'utilise le bois dans les livres que je lis sous un arbre

Sans branches ou "sous le soleil, exactement" en prenant le risque du coup de soleil.

Je ne crains pas trop les avalanches car la neige qui tombe chaque hiver dans ma ville

Suffit à mon goût du risque: tenir debout sur les trottoirs verglacés en évitant les chutes.

 

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08 juillet 2017

Défi #463

 

À la demande générale (de Fairywen), nous abandonnons la série des consignes alphabétiques pour vous proposer, le temps de l'été, dans la tradition de MAP, un interlude photographique.

Allez, c'est parti :

Bande, juin 2008

 

 

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