19 décembre 2015

Participation de Venise

Une demie heure plus tard , j’ai ralenti ma marche et milles pensées m’assaillirent ;

J’ai jeté un long et triste regard sur le temps qui venait de s’écouler sans retour.

J’avais été incapable de détour ,de trahison;et ce mot d’adieu murmuré au creux de mon oreille sifflait encore comme une craie sur un tableau noir .

Ma cruelle infortune se lisait sur mon visage quand je fus tirée de mes sombres réflexions par le gazouillement d’une grive perchée sur la plus haute branche d’un bouleau.

Mon grand malheur se résumait dans cette question puis-je aimé à nouveau ?

j’étais sombre et je me suis juré de ne plus parler d’amour et ni d’enseigner qu’on trouve toujours de soi dans l’autre .

Je n’oublierai jamais ce réveil brutal ,sous ce ciel d’été d’un bleu sombre .

C’était fini pour moi je ne serai jamais la SANTA MARIA DELLA VITTORIA , évanouie d’amour , les yeux mis clos de bonheur et d’extase.

Des milliers de demies heures plus tard ,je n’ai plus été touchée jusqu’aux larmes ,

et dans les lambeaux de mes journées, je me suis fermée comme un livre .

Le pavé devait être moins dur que le cœur des hommes !!.

je venais de rejoindre Mme de CLEVES qui jugeait tous les hommes indignes de son amour .Et puis me défendre d’aimer devint peu à peu épuisant .

Mon cœur qui avait eu un penchant maladif pour la prudence s’ouvrait à nouveau à la gaîté folâtre de la présence de l’aimé .

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UNE DEMI-HEURE PLUS TARD… (Lorraine)

            Une demi-heure plus tard, elle sanglotait, pliée en deux sur le lit défait où il venait de la dépuceler. Sans un mot, sans un baiser, juste un aller et retour saccadé, bourru, presque furieux.  Comme un chien en rut. Puis, satisfait, il avait remonté son jean, bouclé la ceinture, mâchonné un sourire :

            - Je file, on m’attend. A plus’…

            A plus !.. Non, ce n’était pas un viol. Oui, elle était consentante. Il travaillait à  deux pas de chez elle, à la grande brasserie,  il venait presque quotidiennement acheter un sandwiche, elle le trouvait gentil et s’arrangeait pour le servir ; il la regardait avec un sourire en coin, comme s’il appréciait d’être le favori parmi la clientèle quotidienne qui sortait de l’usine à midi pile et retournait bosser à midi et demi. Grand, blond, une mèche lui retombant sur le front, elle fut d’abord attendrie, puis troublée par l’insistance d’un regard amusé et connaisseur, qui la détaillait plus que nécessaire.

             « Est-ce que je lui plais vraiment ? » se demanda-t-elle un soir devant la glace. Le lendemain, elle enfila sa robe moulante, largement décolletée sur des seins libres qui bougeaient à chaque mouvement.  C’est alors qu’il s’enhardit.

            - C’est la fête dimanche sur la place. Tu ne viendrais pas danser avec moi ?

            Elle triompha. Elle ne s’était pas trompée, il l’aimait. Il l’aimait comme elle l’aimait, ils n’avaient pas besoin de mots, ils s’étaient compris. Les yeux suffisent quand on s’aime. Elle en avait repoussé d’autres, mais lui, il serait le premier, le seul. Elle s’était toujours juré de ne céder qu’à l’amour. Pas aux flirts un peu trop poussés, pas pour « l’expérience » comme son amie Gilda, pas parce qu’elle avait 17 ans et que sa cousine de 16 ans (qui n’était plus pucelle depuis longtemps) se moquait d’elle. Non, uniquement par amour…

            Sur la place, les derniers flonflons de la fête s’éteignaient un à un…

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Participation de Fairywen

Le temps d’un battement de cœur...

 

Le cartouche que tu as découvert est la pièce manquante de la porte de la prison où est enfermé mon frère. La malédiction qui a été jetée sur sa geôle implique que seule la personne qui trouve ce morceau de pierre peut le remettre à sa place pour faire jouer la serrure et ouvrir la porte.

Incrédule, Chad se pinça afin d’être sûr de ne pas rêver. Un rire cristallin retentit autour de lui.

Je t’assure que tu ne rêves pas.

— D’accord, mais qui me dit que je peux te faire confiance ?

Rien du tout.

La réponse lapidaire surprit le jeune homme, qui s’attendait à de véhémentes protestations assorties d’un long discours. Il ne chercha pas à retenir le sourire qui lui vint aux lèvres.

— Voilà qui est clair, au moins.

J’ai l’habitude d’aller droit au but.

— Tout à l’heure, tu as dit « ton monde »…

Je viens d’un autre univers que le tien.

— Et comment suis-je censé le rejoindre ?

Prends le diadème. Il t’amènera à moi.

Chad hésita le temps d’un battement de cœur, mais il avait trop envie de savoir. Sa main se posa sur le cobra dressé et soudain, sa tente si familière disparut, pour être remplacée par une autre tente, plus grande, plus exotique. Ce fut à peine s’il sentit le félin noir s’enrouler en ronronnant autour de ses chevilles. Il n’avait d’yeux que pour la silhouette qui lui faisait face. Sans comprendre comment, il savait que c’était celle de la jeune fille dont l’ombre avait remplacé celle du chat. Ses longs cheveux noirs cascadaient dans son dos, et ses yeux verts le fixaient avec amusement. Sa peau hâlée par le soleil du désert luisait doucement à la lueur des lampes à huile, faisant ressortir le blanc éclatant de sa tunique en lin, serrée à la taille par une ceinture de fils d’or tressés.

— Je crois que ceci t’appartient, articula Chad en lui tendant le diadème.

 

Moins d’une demi-heure s’était écoulée depuis qu’il avait quitté le chantier de fouille, et il savait déjà que sa vie ne serait plus jamais la même…

Le temps d'un battement de coeur

 

 

 

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12 décembre 2015

Défi #381

Une demi-heure plus tard .....

horloge

Nous attendons en temps et heures

vos participations à l'adresse bien connue :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

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Expérience (Joe Krapov)

Il a suffi d’un seul regard pour qu’il comprenne et qu’il se dise :
« Cette souris est pour moi ! ».

Il a lissé ses moustaches, s’est approché de la table où elle trônait, traversant le halo des projecteurs dirigés vers l’orchestre.

Tout le monde a remarqué son complet gris bien coupé, son élégance naturelle, même elle, surtout elle, mais elle n’a pas laissé paraître le moindre signe d’émotion.

Elle était vêtue de fourrure blanche et cependant, il n’y avait rien d’affriolant ni de trop ostensiblement luxueux dans sa parure.
Personne n’aurait pu penser, en l’observant, que ce regard échangé entre eux avait fait naître chez elle, en écho, cette réflexion un poil scélérate : « Toi, toi, mon toi ! Si je te prends dans les mailles de mon filet, tu seras mon lion superbe et généreux mais tu ne m’échapperas pas ! »

Quand l’orchestre a entamé un tango, aucun des deux n’a pu ronger son frein plus longtemps. Il s’est approché encore plus, elle s’est levée, ils sont tombés dans les bras l’un de l’autre, ils ont dansé, presque immobiles, et dans le laboratoire silencieux, les chercheurs ébahis n’en sont pas revenus : l’expérience avait réussi !  

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Passage au festival par bongopinot

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Un passage au festival

Art, ville, paysage

Avec un regard amical

Sur le court métrage

 

De Saguenay au Canada,

Landau en Allemagne,

Leyde au Pays bas,

A Bilbao en Espagne

 

Et dans bien d'autres endroits encore

Des rencontres des découvertes

Pour cinéphiles ou amateurs

Réunis pour des journées ouvertes

 

Film court en plein air

Ou bien dans les salles obscures

Fiction, animation, documentaire

Des petites séquences éclairs

 

De nouveaux talents sur la toile

De nouveaux réalisateurs arrivent

Émergeant de cette école

Avec des idées inventives

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Façon de dire (par joye)

À vue d'œil, le beau regard de Beauregard était un que je pouvais accepter les yeux fermés. Ce jeune homme avait bon pied, bon œil, et moi, alors, moi, disons que je n’avais pas les yeux dans le dos. Après tout, j’ai bien l’œil américain et non pas Made in France.

Donc, j’avais ce Beauregard à l’œil et j’avais envie de le lui dire entre quatre yeux.

Eh oh, ne me faites pas de gros yeux, vous ! Je m’en bats l’œil ! C’est que je n’ai pas froid aux yeux, c’est tout. Et puis d’ailleurs, je ne dormais que d’un œil…fallait que je lui parle !  Ça sautait aux yeux, quoi.

Alors, je pris rendez-vous avec ce beau Beauregard pour lui faire des yeux doux et lui dire qu’il m’avait tapé dans l’œil.

Eh bien, vous savez quoi ?  Il nia tout ! Tout !

- Te taper dans l’œil ? Jamais ! Je ne t’ai jamais touchée ! cria-t-il, tout en me faisant des yeux de merlan frit. 

Beurk !

C’était bien un poisson froid que je n’allais plus manger des yeux, je vous assure ! Bon, j’avais enfin les yeux en face des trous et je sus que j’avais mis le doigt dans l’œil. Oh !  Je n’en croyais pas les yeux. Mon beau Beauregard me sortait par les yeux. Et puis d’ailleurs, pour tout vous avouer, j’aurais dû regarder plus loin que le bout du nez. Parce que...

...ce mec puait tout plein des dents !

Hélas, je n’avais plus que les yeux pour pleurer (enfin ça, ou bien je larmoyais à cause de son haleine assassine) !

Je me sauvai.

Mais motus, hein ? Si je vous avoue tout cela, c’est juste pour vos beaux yeux. C’est une vieille histoire, et je ne pense plus du tout à Beauregard.

Après tout, loin des yeux, loin du cœur. Sans parler des narines.

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Dans ton regard (MAP)

Dans ton regard

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Participation d'EnlumériA

Ses yeux dans son regard *

 

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Quelques jours après son déplorable burn-out, Lord partit faire une cure dans une maison de repos en Touraine. Le bougre avait freiné des quatre fers, prétextant je ne sais quel improbable ouvrage à terminer, je ne sais quelle démarche à effectuer. Plus question de rumeurs, juste un grand vide à combler. Il ne fallut pas moins que son médecin personnel, sa sœur et votre humble serviteur pour le convaincre. Je dois avouer que je m’étais muni, ce jour-là, de l’arme absolue. Arme n’étant autre qu’une lettre de Liliane, alias Ophélia, l’implorant de se soigner. Lettre que j’avais écrite moi-même, prenant soin de la parfumer du parfum de la drôlesse. Une petite tricherie bien innocente connaissant l’enjeu. Sachant que cette fille se contrefichait de Lord comme de sa première nuisette, je n’en ressens, encore aujourd’hui, aucun regret.

Bref ! Voilà ce cher convalescent en de bonnes mains. Je connaissais personnellement le psychiatre responsable de l’établissement, un ami de longue date rencontré certain soir de ripaille à Saint-Germain-des-Prés.

Au bout de trois semaines, mon ami, le docteur Gilson, m’informa du rétablissement de Lord. Rétablissement pour le moins inattendu, vue la gravité de son état. Comme je le pressais de questions, Gilson me répondit par une banalité sur l’amour où je ne sais quoi, puis il m’invita tout à trac à venir à la clinique … histoire de constater par moi-même certains miracles de la psyché humaine.

Assez curieux de nature, je ne tardai pas à me présenter à l’accueil de la clinique de La Fougère Fleurie. Gilson m’accueillit comme si nous ne nous étions pas vus depuis dix ans. Ça en faisait bientôt douze. Après m’avoir demandé des nouvelles de ma famille, s’être informé de l’hôtel où j’étais descendu – excellent établissement - et de mes éventuels projets matrimoniaux – non, toujours rien vraiment ? – il me permit enfin de voir Lord.

Comment vous dire ? Lord rayonnait d’un tel éclat qu’un artiste aurait aisément pu s’en inspirer pour peindre une Transfiguration. Après quelques mots de courtoisie et une invitation à dîner le soir même, Gilson nous laissa. Comme le temps s’y prêtait, nous sortîmes faire quelques pas dans le parc. Après les banalités d’usage, je m’enquis de ce brusque revirement de situation.

— Tu connais ma fascination pour le regard des êtres, répondit Lord. Mes interrogations perpétuelles sur l’origine de cette merveille de la création qu’est l’œil. Eh bien… comment te dire ? J’ai rencontré ici une femme dont le regard m’a envouté. Subjugué. – Il marqua un temps - Richard !

— Oui.

— Ça y est !

— J’en suis fort heureux. Et puis-je savoir ce qui est ?

— J’aime.

Mon sang ne fit qu’un tour comme on dit dans les romans de gare. Je m’emportai.

— Et c’est reparti ! Ne me dis pas que cette garce de Liliane occupe encore tes pensées. Ne me dit qu’elle t’a relancé jusqu’ici. Elle n’a qu’à faire comme son modèle, ton Ophélia en plastique, courir se foutre dans le premier cours d’eau venu et basta.

Lord poussa un profond soupir d’exaspération. Il me désigna un banc et m’invita à m’asseoir. Avec son index dressé et ses gros yeux, il me rappelait cet instituteur courroucé qui avait terrifié mes dix ans. Après un claquement de langue exaspéré, il m’enjoignit, avec le maximum de tact dont il était capable, de fermer ma gueule. (sic). J’obtempérai.

— La femme dont je vais te parler et la créature la plus merveilleuse qui n’ait jamais parcouru le monde. La reine des fées, à côté ? Une souillon. À l’instant même où j’ai croisé son regard, je me suis senti perdu à jamais. Tiens ! Tu vois Merlin, Viviane, la tour de vent, tout ça ?

— Mouais, répondis-je d’un ton maussade. Il m’arrive d’avoir quelques lettres moi aussi.

— Elle est belle, mais belle. Sa grâce, sa candeur, l’ourlet délicat de son oreille, l’or de sa chevelure, et surtout l’éclat merveilleux de ses yeux d’émeraude. Ces…

Et Lord continua d’énumérer les qualités ineffables de cette dulcinée toute fraîche tombée des cieux. Ce faisant, il passait sans transition de l’emphase la plus pesante à la mièvrerie la plus consternante. Dieu ! Que l’amour rend niais. Bon ! En attendant, il avait l’air heureux. N’était-ce pas là le principal. Cependant, je dois confesser qu’à la quatrième description de son regard, une sorte d’écœurement me submergea. Et puis de toute façon, il était presque l’heure de dîner. Je tapai dans mes mains.

— OK ! Ça va, j’ai compris. Je ne suis pas sourd et il me reste encore quelques neurones. Dis-donc ! T’as pas soif, toi ? Après cette péroraison. Et puis Gilson nous attend. Allez ! Roméo ! Tu me vas me présenter ta Juliette. Une image vaut mille mots. Yallah !

Et je repris le chemin de la clinique ; presqu’en courant dois-je préciser. À cette heure, j’étais totalement inconscient de ce qui m’attendait.

Gilson nous reçut dans un petit salon réservé aux visiteurs. Un peu plus coquet que le réfectoire pour ce que je pouvais en juger. Plus intime aussi. La table était dressée pour quatre. Vaisselle fine et bouquet de fleurs des champs. Je partageai un Martini avec Gilson. Lord, encore sous tranquillisants, se contenta d’un jus d’orange. Nous échangeâmes les banalités d’usage. Gilson consulta sa montre.

— Dites-moi, Lord. Elle n’arrive pas votre amie ? Rassurez-moi. Vous lui avez transmis l’invitation, n’est-ce pas ? Vous n’avez pas zappé ?

Lord ne répondit pas. Il inspectait le fond de son verre avec une attention suspecte. Une imperceptible inquiétude ombrait son front. Il demanda l’heure. Puis sans crier gare, il fit mine de sortir en maugréant un « Je vais voir ce qu’elle fait » blasé.

À cet instant même, la porte s’ouvrit sur la plus belle créature que j’eue jamais le privilège de contempler.

Le visage de Lord s’éclaira d’un sourire d’enfant. Il se redressa, fit une petite courbette, bredouilla, se redressa encore, indécis dans son comportement comme dans ses mots. Enfin, j’appris que l’élue de son cœur se prénommait Esther.

Nous nous mettions à table lorsqu’on servit l’entrée. Esther est assise en face de moi, épaule contre épaule avec Lord. Gilson devisait de tout et de rien. Je n’écoutais pas. Je dévisageai la jeune femme avec une acuité désordonnée. Une sorte de créature virevoltante balbutiait des paroles dérangeantes à l’orée de ma conscience. J’étais obnubilé par le regard d’Esther. C’est à peine si me parvenait le bavardage lointain de Gilson. Je plongeais à corps perdu dans l’œil de la Vouivre.

Et soudain, une épiphanie transperça mon intellect. Je réalisai je ne sais trop comment que Lord, dans son panégyrique, n’avait jamais mentionné le sourire d’Esther. À aucun moment. Étrange élégie amoureuse qui tait le sourire d’une bien-aimée. Son regard, son regard, son regard. C’était tout ce qui comptait pour Lord. Les yeux de la Vouivre vous dis-je. Ces escarboucles qui, l’espace d’un instant, m’avaient fasciné au-delà de toutes mesures. Ce regard qui avait faillit me perdre comme il avait perdu mon ami.

Ce fut, je crois, mon cynisme naturel qui me sauva ce soir-là. Cette lucidité glacée qu’on me reproche si souvent me préserva du regard de la gorgone.

Esther avait un bec-de lièvre. Et Lord, éperdu d’amour, ne le voyait pas.

 

* Allusion à une chanson de Nilda Fernandez. Mes yeux dans ton regard.

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