19 décembre 2015

Se sont montrés patients

Flash

Fairywen ; Lorraine ; Venise ; Vegas sur sarthe ;

Marco Québec ; Laura ; Lilou ; MAP ; bongopinot ;

EnlumériA ; Joe Krapov ; joye ;

 

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GUI AMUSANT EN AMORCE (par joye)

vingt minutes après

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A quoi ça sert que le fou d'uchronie se décarcasse ? (Joe Krapov)

louis-16-a-varennesUne demi-heure plus tard, on arriva dans un petit village appelé Varennes. Personne n’y reconnut le roi tant son déguisement de valet simple d’esprit, d’homme qui avait perdu la tête, était excellent.

Une demi-heure plus tard, le feu n’ayant pas pris sur le bûcher de Jeanne, on la libéra de ses liens et on lui promit la vie sauve contre la promesse qu’elle rentrât chez elle à Domrémy afin d’y garder ses brebis. « Il n’y a pas de raison que les générations futures vous fassent la fête le premier mai. Ce jour-là, c’est la fête du travail et vous, tout ce que vous avez décroché jusqu’à présent, c’est un CDD de porteuse d’armure. Retournez faire vos preuves sur le terrain, revenez à vos moutons et on en reparlera ensuite. Et arrêtez de jouer avec ce téléphone portable ! Dites-vous qu’il n’a pas encore été inventé à notre époque ! Ce doit être un patrouilleur du Temps qui l’aura égaré !» conclut le capitaine Anderson en la menant aux portes de Rouen.

Une demi-heure plus tard, on attendait Grouchy et ce fut lui qui arriva. « Il n’y avait pas de raisons que ce fût Blücher, surtout en période de soldes » commenta l’Empereur.

Une demi-heure plus tard, un nommé Ravaillac qui passait rue de la Ferronnerie glissa sur une merde de chien et s’étala de tout son long. Pour une raison inconnue de tous il avait à la main un énorme poignard sur lequel, dans sa chute malencontreuse, il s’empala. L’homme ignorait sans doute la chanson que le poète anglais Kevin Ayers interpréta jadis à l’Elysée Montmartre :

" La ville de Paris est très belle
Champs-Elysées, Tour Eiffel
Mais sur les trottoirs de Paris
Y’a quelque chose de pas joli :
Caca, caca, partout caca ! "

Une demi-heure plus tard, la Bastille était prise. La populace hurlait : « Libérez nos camarades ! » mais il s’avéra qu’à l’exception d’un aristocrate enfermé là en raison de ses écrits licencieux, lequel ne désira même pas sortir de sa cellule, la prison était vide d’occupants.
- Tout ça pour ça ? se demanda le peuple. Et pour que l’on construise ici un opéra très moche ? Non merci !
Et ils retournèrent tous prendre la diligence de 8 h 47 pour Domrémy. Là-bas ils s’y firent engager comme bouchers-dépeceurs dans la fabrique de gigots de moutons de la famille Darc.

Une demi-heure plus tard, l’empereur avait pris sa décision. Plus question de se faire sacrer ni d’enquiquiner les mômes avec cette idée folle d’inventer l’école. Il se planta des fleurs dans la barbe et partit élever des chèvres au Larzac. Peu lui importait désormais d’unifier l’Europe des Goths, des Wisigoths, des Ostrogoths et des ophtalmos joueurs de go. « Bien entendu, se justifia-t-il, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l'Europe !", "l'Europe !", "l'Europe !", mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Et puis d’ailleurs, cabri, c’est fini ! ».

Une demi-heure plus tard, l’archiduc décida subrepticement d’annuler sa visite à Sarajevo et de venir chez moi pour fêter mon anniversaire.

Une demi-heure plus tard je tournai la dernière page de mon livre d’"Histoire de la France parallèle et par Toutatis". Je songeai que si j’en recopiais quelques passages piochés de ci de là, mon Défi du samedi serait vite écrit. Cela aurait pu sembler malhonnête mais j’eus l’idée d’entreprendre des recherches.

 

arrestvaren

Une demi-heure plus tard, j’étais complètement rassuré. J’avais découvert sur Internet qu’avec Gilles Debinche et Mick D. Bill, Toutatis était un autre de mes pseudonymes ! L’honneur était sauf.

Une demi-heure plus tard le royal carrosse s’enlisait dans la vase à Soissons. Pendant le désembourbonnage, un dénommé Clovis Trouille identifia une des passagères comme étant la reine Marie-Antoinette. Ce n’était pas malin non plus, en ces temps de disette, de s’empiffrer goulument de brioche sous le nez et la barbe des prolétaires.

 

Adieux de Fontainebleau

Une demi-heure plus tard, on annonça que tous les vols à destination de Sainte-Hélène étaient annulés. L’Empereur tenta alors d’échapper à ses gardiens. Il y laissa sa chemise mais parvint à s’enfuir et à regagner Fontainebleau.

Une demi-heure plus tard, Laure Manaudou exultait encore. C’est qu’on n’arrête pas aussi facilement qu’on ne le croit un orgasme familial et olympique.

Une demi-heure plus tard, le canard était toujours vivant.

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Blond vénitien (EnlumériA)

 

Le matin même, elle m’a dit comme ça : « J’ai une réunion ce soir. Il faudra que tu ailles chercher la petite à l’école. Et sois à l’heure. Ils ferment sans attendre. De nos jours, tu sais ce que c’est ! »

Ma journée s’est plutôt bien passée. Un collègue a organisé un pot. Pour la naissance de son fils. Un beau garçon de 3 kilos 7. Ah ! Qu’est-ce qu’on a rigolé. Le jeune papa, pour tout dire, il était un peu pompette. Il a pas fait grand-chose de l’après-midi. Moi non plus d’ailleurs. Vers 16 heures 30, je me suis préparé pour aller chercher Annie. Annie, c’est ma fille. Elle vient d’avoir huit ans. Une blondeur, comme sa mère. Blond vénitien ça s’appelle. Ça tire un peu sur le roux, enfin un genre de nuance, quoi.

Je suis parti en même que Fredo. C’est un chouette copain, Fredo. Ma femme l’aime pas trop. Elle dit qu’il a une mauvaise influence sur moi. Mais elle a jamais cherché à le connaître non plus.

Alors, Fredo, il m’a dit comme ça : « Allez quoi, viens prendre une bière, te fais pas prier.

Oui, mais moi, il fallait que j’aille chercher Annie. C’est ma fille Annie. Si vous saviez comme elle est blonde. Blond vénitien.

Et puis, Fredo, il a insisté : « Allez, viens boire un coup quoi. T’as bien cinq minutes. Une bière, juste une. Fais pas chier ! »

Au bout de la troisième tournée, je me suis rappelé d’Annie, à l’école. Annie, c’est ma fille, blonde comme sa mère. Et j’avais une demi-heure de retard. Putain ! Que je me suis dis. Je vais me faire engueuler. M’enfin, une demi-heure de retard, c’est pas la mort du petit cheval.

En même temps, une demi-heure, ça suffit pour qu’un chauffard, un alcoolo, perde le contrôle de sa caisse et percute Annie.

Annie, c’était ma fille. Une belle blonde vénitienne, comme sa mère. Avec une grosse araignée écarlate dans sa chevelure blonde.

Blond vénitien. Je vous l’ai déjà dit ?

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Et passent les années par bongopinot

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Ils s’étaient connus au foyer de l’enfance

Elle était dans la souffrance

Lui dans la délinquance

Ils devinrent vite amis et complices

 

La vie les sépara quel dommage

Il dut partir faire un apprentissage

Elle étudia avec courage

Espérant la fin des noirs nuages

 

Pendant que les étés s'égrainent

Ils s'écrivent chaque semaine.

Et passent, les années par dizaine

Sans peine et sans haine

 

Un jour qu'il était en vacance

Elle, se rendait à une conférance

Dans sa région son petit coin de France

Ils prirent cela comme un signe une chance

 

Ils décidèrent alors de se revoir

Il l'attendait sur le quai de la gare

Quand, une demi-heure plus tard

Dans la brume et le brouillard

 

Le train arriva enfin

A dix heures treize du matin

Dès qu'elle l'aperçut elle oublia tout ses chagrins

Lui pensa de suite qu'elle allait changer son destin

 

Elle était loin leur enfance

Mais il avait gardé sa belle assurance

Et elle sa beauté son élégance

Aujourd'hui sur ce quai de gare leur vie, enfin commence.

 

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Le temps (MAP)

Petits bouts de temps

En ronde sur le cadran

Manège obsédant !

Réveil encadré

suivi du portrait d'une demi-heure :

 

Une demi-heure

 

N.B. Aucun réveil n'a subi de mauvais traitements

lors de la réalisation de cette mise en scène !

Bon jour chez vous !

 

 

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Pauvre Mathilde (Lilou)

la voiture s’enfonça lentement dans l’eau…

 

Une demi heure avant :

 

La journée avait mal commencé ; d’abord le réveil avait pris la liberté de sonner avec une heure de retard et il avait atterri en morceaux sur la carpette. Puis Mathilde avait dû se contenter d’avaler un breuvage  brun, froid et amer, qui portait par erreur le nom de café, accompagné d’un vilain quignon de pain rassis. Evidemment du liquide, la moitié fut renversée sur le courrier qu’elle n’avait pas pris le temps d’ouvrir. Depuis quand n’avait-elle pas eu une vraie nuit de sommeil…une vraie avec un oreiller douillet sous sa tête ? Elle avait enchaîné garde sur garde puis encore des gardes ; manque d’effectifs ! Son téléphone de service la sortit de son humeur chagrine et elle répondit mollement à son collègue Guillaume. Elle grimaça ; elle devait se rendre dare-dare au château du Comte Jérôme La Trémouille du Schmoll, victime dans la nuit d’un important cambriolage.

Machinalement, elle attrapa les clefs de la Citroën 007 de service et maudissant  le GPS qui bien sûr ne fonctionnait pas elle démarra en cahotant. Après des errements et quelques erreurs d’itinéraires, elle rejoignit Guillaume, qui sur place depuis deux heures, inventoriait les objets volés. Outre quelques diamants et émeraudes, on comptait des tableaux célèbres : deux Picasso, un Dali, un Pollock, un Manet, un Renoir et même une tenture ancienne au point compté. Mathilde, étouffa un bâillement en pensant  que c’étaient beaucoup d’histoires et de billevesées pour des petits cailloux brillants et  de vulgaires copies. Un café, un vrai, aurait été le bienvenu. Soudain  elle sursauta : une tenture ! Non une tapisserie de la reine Mathilde, un ouvrage prêté par le musée de Bayeux ! Un cadeau de la Reine à son mari Guillaume le Conquérant, une valeur inestimable…

Porter le prénom d’une reine valait bien un effort ! Elle oublia le café et se concentra  sur l’enquête, rassembla les témoignages et  ne négligea aucune piste. Au bout d’une heure,  laissant la police scientifique finir son examen, les deux collègues montèrent chacun dans leur Citroën  de service. Mathilde, partie la première, s’engagea sur la route qui longeait le lac. Elle récapitulait tous les éléments de cette nouvelle enquête quand, d’un petit chemin de terre, déboucha un coupé cabriolet rutilant. Au volant, Arsène Lupin lui fit un petit signe amical ; trop fort c’était trop fort !  Elle avait le coupable à portée de main. Alors sans tenir compte du danger, elle fit un demi tour digne de Fangio mais hélas elle dérapa, fit une embardée et…

Mais ça c’était hier, fallait-il y voir un signe du destin ?

se disait Mathilde engoncée dans les plumes de sa couette fleurie de petites violettes. Elle éternua plusieurs  fois et  toussa fortement ; une main douce, Guillaume ou Olivier ?,  lui tendit un mouchoir parfumé à l’eucalyptus et lui fit boire une cuillerée de sirop pour calmer ses quintes de toux. Peu à peu, Mathilde sombra dans un sommeil léger puis fut emportée dans ses souvenirs.

 

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Une demi-heure plus tard (Laura)


J’aime quitter un lieu
Marcher vers une gare
Me retourner vers ce lieu
Ou ne plus lui jeter un regard

Voir le pont de la gare se dessiner
Passer dessus ou dessous les voies
Sentir vibrer le sol sous mes pieds
Ou prendre le souterrain en émoi

Rentrer dans le hall de gare
Petit et banal ou grand et artistique
Inconnu ou mille fois vu, une habitude
C’est toujours magique

Consulter le tableau des départs
Ou attendre que s’affiche une arrivée
Rester dans le hall à l'écart
Ou se ruer sur le quai pour s'aérer

Attendre en lisant ou écouter
« Les grosses têtes », rire seule
Regarder le paysage, humer et rêver
L'arrivée du train enfin annoncé

Grimper dans le train, s'installer
Voir le quai s'éloigner, le paysage
Défile, une ou plusieurs gares à passer
Avant de retrouver celle de mon port d'attache

Quand il n'y a pas grève
Ni de problème technique ou de personnel
Se laisser bercer par le tangage
Du train et une demi-heure

Plus tard
Arriver à bon port
Une heure au hasard
De l'imaginaire à bord

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Retard (Marco Québec)

-          Bonjour monsieur.
-
          Bonjour, votre nom s’il-vous-plaît.
-
          Où suis-je?
-
          Vous êtes au ciel.
-
          Est-ce que je suis mort?
-
          Je suis désolé de vous l’apprendre, mais c’est bien le cas.
-
          Oh!
-
          Et votre nom, s’il-vous-plaît.
-
          Émile Larivière.
-
          Alors voyons cela. Larivière, Émile, Montréal, accident d’automobile, heure du décès : 16h02.
-
          Oh!
-
          Il est 16h32. Vous arrivez donc au ciel avec une demi-heure de retard, ce qui n’est pas du tout dans les normes, monsieur Larivière. Je vais devoir en référer à mon supérieur.
-
          Est-ce que votre supérieur, c’est Dieu?
-
          Vous blaguez, monsieur. Avec toute la bureaucratie qu’il y a ici, vous n’imaginez tout de même pas que Dieu soit mon patron. D’ailleurs, entre vous et moi, je n’ai pas encore rencontré Dieu.
-
          Oh!
-
          Avez-vous votre formulaire?
-
          Quel formulaire?
-
          Le Si-L.
-
          Je n’ai aucun formulaire.
-
          Non, mais ce n’est pas possible. Une demi-heure de retard et pas de formulaire.
-
          Je suis désolé, monsieur…
-
          Monsieur Lange.
-
          Oh!
-
          Attendez un instant. J’appelle mon supérieur… Pas de réponse évidemment. Depuis qu’ils leur ont installé des afficheurs, je les soupçonne de filtrer les appels.
-
          Monsieur Lange, est-ce que je peux aller à la salle de bain?
-
          Pourquoi donc?
-
          Bien, j’ai un peu envie.
-
          Non, mais je n’en crois pas mes oreilles. Vous voulez dire que vous n’avez pas eu la mise à jour préalable à votre entrée au ciel.
-
          Si vous le dites.
-
          Non, mais on se demande ce qu’ils font les fonctionnaires à l’accueil.
-
          Et pour la salle de bain?
-
          Vous allez devoir attendre.
-
          Oh!
Monsieur Lange appelle donc la secrétaire à l’accueil.
-
          Bonjour madame Marie-Ange. Ici Lange, au ciel. J’ai un type, un dénommé Larivière, qui nous est arrivé avec une demi-heure de retard. Il n’a pas son formulaire et on ne lui a pas fait la mise à niveau préalable. En plus, il croit que mon patron, c’est Dieu. Vous pouvez me dire ce qui se passe à l’accueil aujourd’hui.
-
          Vous n’êtes pas au courant?
-
          Au courant de quoi?
-
          Tout le personnel est en rencontre pour le lancement de la nouvelle planification stratégique. Vous n’êtes pas sans savoir que celle-ci revoit de fond en comble nos procédures et fixe nos nouvelles cibles de performance.
-
          Je n’ai jamais entendu parler de cela.
-
          Je peux les informer de cette faille dans leur plan de communication.
-
          Et qu’est-ce que je fais avec Larivière?
-
          La section des refoulés est déjà complète. Je ne vois pas d’autre solution que de le retourner sur terre. D’où vient-il?
-
          De Montréal.
-
          Laissez-moi vérifier. Pour Montréal, nous n’avons pas encore atteint notre quota de retour. Vous pouvez le retourner sans aucun problème.
-
          Je vous remercie, madame Marie-Ange.

-       Monsieur Larivière, les services d’accueil tiennent aujourd’hui une activité de formation de la plus haute importance. Voilà ce qui a occasionné tous vos petits ennuis.
-
          Oh!
-
          Nous allons devoir vous retourner à votre vie à Montréal.
-
          Mais il n’en est pas question, monsieur Lange. Je suis mort et je veux le rester.
-
          Que tout cela est embêtant!
-
          Moi je n’ai rien demandé. À vos services de trouver une solution.
-
          Qu’est-ce que vous faisiez comme travail à Montréal?
-
          J’étais consultant en gestion, en réingénérie des processus d’affaires, etc.
-
          Ah! Je vois. Je crois que j’ai une solution pour vous.

 

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Une demi-heure avant de mourir, la norme ISO 10664 a fait un mort (Vegas sur sarthe)

 

J'ai plus une seconde à perdre. Pourquoi faire cadeau d'une seconde à cette Vie qui n'veut plus d'moi?
C'est facile, je prends l'minuteur que j'règle sur 30 minutes, non plutôt 29 car je sais qu'il a toujours pris des libertés avec les minutes, même avec des piles neuves.
Chez moi la liberté du minuteur se mesure à la noirceur des pizzas et à la dureté des œufs coque.
Par prudence j'vais lui remplacer ses piles avec celles que j'conserve dans l'troisième tiroir du meuble de la cuisine, a milieu des cure-dents, des fèves en porcelaine des galettes des rois, des échantillons d'parquet stratifié et de toutes les p'tites bougies d'anniversaire.
C'est ballot, j'allais avoir 98 ans demain... non 99, quelle importance ? J'aurais jamais eu assez de bougies.
Euh... comment ça quelle importance? J'essaie d'mettre toutes les chances de mon côté pour vivre au mieux ces 29 dernières minutes et j'efface 12 mois d'ma vie, une bévue de 365,24 jours! J'espère que celui qui gravera la date sur ma tombe ne fera pas d'erreur sinon j'pourrais bien revenir lui parler du pays!
Où ai-je mis ces foutues piles? Si j'dis foutues piles pour les piles neuves c'est pour ne pas les confondre avec les piles foutues que j'garde aussi précieusement qu'inutilement.

Finalement j'vais prendre celles du réveil-radio que je n'mets jamais en marche puisqu'il y a bien longtemps que j'me soucie plus ni d'l'heure du réveil ni des infos.
Forcément la trappe des piles du réveil-radio résiste mais il en faut plus à un vieux singe qui ne s'fera pas baiser une dernière fois par une trappe avec des vis à tête Torx.
Rien qu'à prononcer le mot Torx - j'voudrais vous y voir avec un dentier du siècle dernier - on sent toute la fourberie qu'a mis son inventeur à créer cette tête de noeud pour clé hexalobulaire interne!
Rien à foutre de leur norme ISO 10664! J'attrape mon fidèle couteau d'cuisine, un Office de 9 cm qui coupe trop bien, le même que celui des champions de Master Chef et qui m'sert surtout à dévisser les vis Torx.
Je sais qu'ça peut finir comme ça: dans 30 secondes y'aura des taches rouges sur le carrelage jusqu'à l'armoire à pharmacie - 2ème tiroir à droite, celui qui coince - où s'trouve en principe la boîte qui contient entre 30 et aucun p'tits pansements extensibles et hypoallergéniques si difficiles à déplier et qui vous font saigner encore plus.
Quand j'étais gamin, le spectacle du cochon qu'on saigne, ficelé sur une échelle et gueulant comme si on l'égorgeait m'a toujours horrifié, mais le vieillard aguerri que j'suis saigne en silence, serre les dents - pas trop fort à cause du dentier du siècle dernier - et contemple son raisin* qui devrait encore couler, voyons voir... pendant 28 minutes selon mon facétieux minuteur.

J'ai toujours eu du mal à coaguler, pour cause d'hémostase en déroute et d'un jeu d'plaquettes à faire mourir de rire les techniciens d'chez Midas. On m'a souvent dit qu'j'avais une thrombine pas comme les autres et qu'j'aurais pu être second rôle dans un film de Dracula.
Du coup j'aimerais bien savoir si j'serai vide avant 28 minutes? Tant pis, j'm'offre le luxe de perdre 30 secondes à faire le calcul.
Putain! Ça pisse pas mal: si j'ai toujours mes 7 litres de sang dans l'corps, à raison de 2 gouttes à la seconde et 15 gouttes au millilitre, j'serai vide dans 15 heures donc bien après ma mort!
Mais alors j'vois pas l'intérêt d'une hémorragie post-mortem et risquer d'me blesser avec ce couteau en ouvrant la trappe du réveil-matin pour y prendre ses piles, ni de changer celles du minuteur, ni même de le régler sur... combien déjà?
27 minutes.
J'commence à trouver l'temps long.

C'est toujours pareil quand on s'fixe une échéance et j'ai toujours eu horreur des échéances: le dernier jour de déclaration des impôts, la veille du jour de ramassage des poubelles, le jour du passage à l'heure d'hiver, le jour de la fête des pères, des mères, des grand-mères, le jour de la fête des voisins, celui de la fête des morts.
Au fait, y doivent m'attendre impatiemment là-haut.
Et dire que bientôt on me souhaitera ma fête à la Toussaint - le même jour que tante Anastazia et pépé Marcel - ça fait quand même quelque chose !

(*) le mien, c'est du Gevrey-Chambertin 100% Pinot noir, s'you plait

 

 

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