Arthur, vous devez être plusieurs ? (Joe Krapov)

Illuminations ? Rimbaud !

Tout le monde se tourne vers moi désormais dès qu'on parle de ce type !  D'aucuns me signalent le "Arthur Rimbaud photographe" de Hugues Fontaine, d'autres essaient de me refiler le "Rainbow pour Rimbaud" de Jean Teulé mais je l'ai rendu !

Il y  a même le hasard qui me met en présence, chez un soldeur local, d'un CD d'un chanteur qui s'appelle Rimbaut et, sur le marché des libraires de la place Hoche, du plus intéressant des bouquins sur celui que j'appelle "le punk à chien sans chien des Ardennes" : "L'Aventure terrestre de Jean-Arthur Rimbaud" de Jean Chauvel.

Même dans les recueils de partitions que j'emprunte pour chanter du Jean-Jacques Goldman - où suis-je tombé ? -, je suis poursuivi par le groupe Nacash qui me dit :

A Charleville-Mézières
Y'a pas beaucoup de soleil
A Charleville-Mézières
C'est tous les soirs pareil
Marie-Christine et moi
On n'a que le cinéma
Et le café-tabac
A Charleville-Mézières
Y'a pas grand chose à faire
A Charleville-Mézières
On rêve de Buenos Aires

Mais bon, depuis que j'ai donné une conférence sur les lettres que j'ai écrites à cet illuminé, je ne m'occupe plus de ce gars-là.

Et donc, choisissant de l'oublier, pour le thème "illumination", je vous propose autre chose : quelques photos prises à Chartres en juillet de l'année dernière. Comme illustration musicale je choisis la chanson évoquée par Pascal dans son texte de samedi dernier, "Tu verras Montmartre" parce que, dans le refrain, on y dit : 

"De là haut s'il fait beau
Tu verras de Paris jusqu'à Chartres"

Jusque là tout baigne... sauf que, dans le troisième couplet (qui est en fait le cinquième) je lis ceci : 

Ell' gémit : "C'est terrible
C'que tu m'donnes du bonheur
Arthur ! C'est pas possible
Vous devez êtr’ plusieurs !"

Il est encore là ! Et il se permet même de donner la réponse aux interrogations de la dame :

- Forcément oui, puisque "je est un autre" !

Y'en a qui, pour ne pas se faire oublier, savent mettre les bouchées doubles ! 

 

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Un drôle de temps par bongopinot

 

b

 

Une lumière éblouissante

Suivie d’un coup de tonnerre

le ciel est en colère

Arrive une pluie battante

 

Je suis à l’abri sous un porche

Admirant ces illuminations

Je ressens de la fascination

Devant ce spectacle si proche

 

Ces éclairs en rafales

Et ces vents violents

Avec un froid pénétrant

Est de moins en moins amicale

 

La rue devient sombre

Les arbres dénudés dansent

J’affronte cette puissance

Dans cette tempête de désordre

 

Je vais retrouver mon appartement

Je regarderai l’orage par ma fenêtre

En écrivant sur mon papier à lettre

Quelques mots sur ce drôle de temps

 

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I comme Illuminati (Adrienne)

 

DSCI8233 (2)

Le Kilroy nouveau est arrivé!

 

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aphorisme (joye)

illumination

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Éclairement logique ( JAK)

j

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Le gardien de phare (Pascal)


Vu, dans une petite annonce : « Cherche gardien de phare, logé à l’année. Autonome, homme de caractère, apte à gérer l’éloignement, il devra surveiller, entretenir, dépanner, si nécessaire, les appareils de signalisation sous sa responsabilité. Salaire à débattre. Se présenter à la capitainerie ».

Entre le ciel et la mer, entre janvier et décembre, entre le jour et la nuit, coincé sur un bout de rocher hostile, gardien de phare, ça ne vous dirait pas ?...
Approchez !... Approchez, les candidats à l’adieu au monde conventionné, aux joies fragiles, aux illusions carrées, au futur dédicacé aux faits divers !...  
Seulement pour le meilleur, dans l’anonymat carcéral, vous vivrez libres, enfin, retranchés dans le donjon de la mer ; ermites, vous serez définitivement affranchis des humains et de leurs falbalas, de tous leurs chichis et de toute la poudre aux yeux qui nous entoure !...
En quête de grandissime et d’aventures intérieures, vous aurez l’infini pour horizon, les marées pour uniques saisons, les tempêtes pour seules compagnes, et un Dieu à prier : c’est toujours utile pour ne pas sombrer dans la déraison…

Tu es intéressé, toi ?... Alors, laisse-moi t’expliquer ce qui se passe entre les lignes de cette petite annonce…

Tu devras t’accommoder de l’intense fracas des vagues harcelantes, des gémissements revenants du sémaphore et du silence obsessionnel, celui des marées basses, à force de vraie solitude.
Tu accepteras les borborygmes gênants de la mer comme la convive de tous les jours, à ta table ; pour établir le futur précaire de ta journée, tu traduiras les messages du vent, tu mesureras la hauteur des nuages, tu nuanceras la brume de l’horizon, tu estimeras la couleur de l’océan.
Ne crois pas que cet isolement forcené t’éloignera du monde ; non, au contraire, il t’en rapprochera à travers des connexions si sensibles, si sublimes, si subtiles, qu’elles échapperont d’abord à ta compréhension…  

Petit à petit, dans le recueillement et l’abnégation, à l’échelle de ton âme et à la rigueur du dehors comme seul maître, tu apprendras tout de la simplicité et de la grandeur ; tu auras du respect pour ce qui vit ; tu t’exerceras au courage, à la foi, à la modestie jusqu’à l’humilité car elle est notre seule empreinte terrestre.
Au lever du soleil, tu auras des sensations d’allégresse, et des frissons de petitesse, à son coucher. Nuit après nuit, tu admireras les conversations des étoiles ; jaloux, tu les regarderas se rendre visite, tu les verras bondir et tracer dans le ciel des cabales mystérieuses. Tu t’amouracheras d’une plus brillante ; tous les soirs, tu la chercheras, tu lui raconteras tes secrets, tu te laisseras séduire par ses humeurs flamboyantes ; elle sera ta bonne étoile. Au dessus de ta fortification, tu regarderas les mouettes accrochées à des fils de cerfs-volants invisibles ; tu te sentiras pousser des ailes et tu planeras avec elles jusqu’aux nuages, jusqu’aux confins de ton imagination…

Et les bateaux, au large. Dans ceux en partance, sans le vouloir vraiment, tu t’inviteras passager clandestin sur ce paquebot, skipper sur ce grand voilier ou, sur ce porte-container, simple matelot. Dans les navires en transit, tu admireras les paysages des continents du Pacifique, tu vivras au rythme de l’équipage, tu espéreras tes rêves au plus près de la réalité terrienne. Dans les chalutiers en retour, tu rapporteras tes meilleures marées, tu réapprendras à marcher et, si tu t’en souviens, tu conjugueras le verbe aimer au présent…  

À l’escalade habituelle, une à une, entre les solides, les ébréchées, les glissantes, les branlantes, les usées, les inégales, tu compteras les marches comme un pèlerin quand il processionne jusqu’à son mausolée ; sur cette marelle verticale, tu t’arrangeras avec les chiffres pairs, tu remarqueras les toiles d’araignées respirant tes courants d’air, tu verras ton reflet comme unique compagnon dans la vitre grégaire, tu chasseras les ombres des fantômes, un peu plus loin, sur les marches impaires. Tu chanteras des chansons de marin ou des bêtes refrains qui n’ont d’autre intérêt que de cadencer ton ascension…  

Ne dépendant plus que des éléments, tu tromperas l’ennui en bousculant les habitudes ; plus que de lire les livres des autres, tu écriras le tien à coups de sensations grandioses, de voyages intérieurs au balisage de ta réflexion souveraine ; tu y mettras tes couleurs, tes parfums, ta poésie, ta musique, juste pour te dire et te répéter que tu as une vie extraordinaire.
En éternelle confession, tu parleras à ton âme, tu lui trouveras plein de défauts ; tu la sermonneras, la sermonneras encore et encore ; prêtre de ton moi, tu questionneras ton âme et tu entendras tes premières réponses. Tu auras des bouffées d’empathie par le simple fait d’un sentiment puissant et vrai te traversant ; avec ton cœur, seul véritable ami, tu ne seras plus jamais seul…  

Et la mer. En couple, tu apprendras à vivre avec cette harpie guerroyante, cette maîtresse impétueuse, cette bougresse soulevant ses jupons d’écume aux moindres bourrasques de vent ; au supplice, tu courberas le dos sous ses coups de boutoir, tu supporteras ses gifles d’éternelle sauvage, mais tu fermeras les yeux pour mieux l’écouter et tu oublieras tes propres tourments. Dans les yeux, tu auras les larmes de ses embruns ; dans la bouche, tu auras le goût du sel de ses baisers ; dans le corps, les tremblements caverneux de ta tour de garde rudoyée…  

Illumination. Enfin, tout en haut de l’affiche, impressionniste exalté, tu peindras la nuit à coups de lentilles et de prismes ; tu envisageras tout ce noir aux traits de ce pinceau rayonnant ; obstinément, rempli de pouvoir divin, tu éclaireras les ténèbres, tu repousseras les chimères, tu bousculeras les nuages à force des fringants faisceaux balayant l’infini.
Tu apprendras à te réchauffer près du foyer incandescent ; tu t’inventeras lumière, le temps d’une rotation, tu te découvriras soleil à la suivante, sauveur de l’humanité des bateaux au large, à la suivante, et si le Dieu de ta Bible ferme les yeux, tu te trouveras des circonvolutions mirobolantes, à toutes les autres…  

Réalité ou projection de tes fantasmes, sur ton bout de rocher inculte, viendra bien se divertir une divine sirène ; tu seras le seul à la reconnaître parce qu’elles sont si farouches qu’elles ne sont visibles que par les âmes repenties des choses de l’intéressement, de la notoriété et du pouvoir. Dans l’écuelle d’une flaque sertie de diamants éternels, tu lui apporteras à manger, ô, seulement quelques miettes de pain, et tu ne sauras jamais si c’est elle, ou bien si c’est la mer qui a dévoré ton maigre festin ; mais veux-tu réellement le savoir ?...

Au matin, allongé entre tes draps blancs, tu dormiras un peu, tu rêveras beaucoup, tu aimeras passionnément, tu croiras à la folie car tu vogueras, les voiles déployées, ivre de liberté, dans l’immensité du Grand Tout…  

Alors, toujours intéressé ?...
 

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Illuminé (Walrus)


Cela faisait une vingtaine d'années que j'officiais dans les laboratoires du service analytique de mon employeur quand le grand bouleversement s'est produit.

Dans notre centre de recherche, la présence féminine se limitait aux secrétariats et , exception notoire, à deux universitaires employées au service "documentation et brevets".

Dans notre pays, en ces années quatre-vingt, un arsenal législatif fut mis en place pour interdire toute discrimination homme-femme à l'embauche.

Comme dans mon ancienne entreprise, on ne badinait pas avec la loi, en quelques années nous sommes passés dans nos laboratoires d'un univers exclusivement masculin à une mixité complète, à croire qu'il n'y avait plus de place à l'engagement (discrimination positive ?) que pour ces dames : laborantines, techniciennes, docteurs en sciences, ingénieurs civils (ingénieuses et civiles) !

Et le monde s'est illuminé ! (Rude coup par contre pour les distributeurs d'affiches de pin-up)

Entendre parler d'autre chose que de ce satané foot (j'ai aimé y jouer, mais y a des limites), revenir (à une exception près, mais bordel quelle exception!) à un langage décent, voir autre chose que des tronches de cake, constater combien nous sommes balourds face à la subtilité des femmes, découvrir avec ravissement que leur prétendue mesquinerie, ce n'est que du vent !

Travailler avec des femmes, c'est un rêve (même en leur susurrant de temps à autre que les cauchemars sont aussi des rêves) !

Comment ? L'illuminé, c'est moi ?

Ben oui, et heureux de l'être ! Enfin, de l'avoir été...

 

 

 

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Mes illuminations (Kate)

 

Pardon,

Pour la réitération...

mais tout comme pour le mot "origami" la chanson de Christophe "Les marionnettes" s'était imposée à moi et m'avait inspiré le texte "L'Origami",

pour le mot "illumination" c'est la chanson (que je n'avais pas écoutée depuis tant d'années) de Philippe Clay, "Mes universités" qui m'a inspirée qu'elle en soit remerciée !

Mes illuminations

C'est un phare breton

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La ville d'Arcachon

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Un beau lumignon

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Mes illuminations

Place de la Nation

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De Valence à Lyon

J'oublie pas ton nom

 

Mes illuminations

C'était Avignon

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Où l'on va d'un bond

Chercher un filon

 

Mes illuminations

Ce sont des chansons

Des polars passion

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Des mots et des sons

 

C'était

Sans pré...tention

Plus simple qu'une... équation

Mais c'était mes...

Illuminations !

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photos de l'auteur, mais le phare n'est pas breton (je n'en avais pas photographié depuis très longtemps), c'est celui du Cap Ferret et là c'est la Pyramide... de Clermont (oui, c'est un Obélix/obélisque, mais c'est quand même la Pyramide), pendant les fêtes tout de bleu habillée)

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La grenouille et le lotus (Vegas sur sarthe)


Je l'ai trouvée au petit matin assise sur le lit, les jambes croisées – pied droit sur la cuisse gauche et vice-versa – les mains croisées sur les genoux et les yeux pas croisés mais grands ouverts.
Comme je trouvais cette posture incongrue pour quelqu'un qui depuis notre mariage dort en travers du lit jusqu'à neuf heures, j'osai m'inquiéter pour sa santé.

Germaine me répondit d'une voix que je ne lui connaissais pas : »Pas d'inquiétude, bébé … je fais un padmāsana”.
“Tu fais un quoi ?” m'enquis-je en songeant à tous ces nouveaux virus qui contaminaient la planète.
“Un padmāsana, ce que les non-initiés appellent la position du lotus, bébé”
Elle me traitait de non-initié, moi l'amateur éclairé de cette position intime !
Je lui fis remarquer qu'elle se pratiquait à deux et qu'elle aurait pu m'y inviter conjointement en tant que conjoint.
Germaine avait repris sa voix habituelle et j'eus droit à un flot de qualificatifs allant du paillard à l'obsédé sexuel en passant par le pervers et le débauché, ce qui me confirma que je m'étais bel et bien gouré de lotus.
« C'est une position propice à la méditation et qui mène à l'illumination » ajouta t-elle en refermant les yeux et elle conclut dans un soupir plus empreint de spiritualité que d'érotisme « Maintenant oublie moi, bébé »

L'oublier ?
Oublier ce pied posé sur sa cuisse et cet autre pied sur l'autre cuisse ?
Etait-ce ma Germaine habituée à se plaindre tantôt d'arthrose ou tantôt de lombalgie ?
Elle avait du souffrir le martyr pour parvenir à cette posture alambiquée dont elle ne sortirait pas facilement.
Mais ce qui me choquait le plus dans son attitude c'est qu'elle portait mes charentaises aux pieds ce qui acheva de faire retomber ma libido, et puis je tenais trop à mes pantoufles pour les prêter à je ne sais quelle imposture.
Vexé de n'avoir pu amener Germaine sur mon terrain favori, je me suis alors souvenu d'une citation de Louis Pauwels – oui, le soir dans mon lit je lis les écrivains français, et alors ? – qui disait «S'il suffisait de s'installer en position de lotus pour accéder à l'illumination, toutes les grenouilles seraient des bouddhas »

Qu'est-ce qui m'a pris de lui balancer cette citation alors qu'elle semblait sur le point d'atteindre l'illumination suprême ?
Toujours est-il que la grenouille en question n'a pas apprécié ma remarque et que les charentaises mes sont parvenues en pleine citrouille avec une précision diabolique.
Avant que j'aie pu les chausser, Germaine m'a flanqué à la porte de notre chambre d'où elle n'est plus sortie depuis … depuis quand déjà ?


Je tiens à remercier les pompiers pour leur efficacité.
Une fois la porte défoncée, ils sont parvenus à déplier Germaine et à la remettre sur ses jambes ankylosées.
Le médecin lui a interdit le Sûtra du lotus jusqu'à nouvel ordre, quant aux coassements qu'elle émet de temps à autre et qui avoisinent les cinquante décibels, il paraît que ça devrait disparaître … sinon on a le choix entre des boules Qiès et une opération de la glotte.
 

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