14 octobre 2017

Ont échappé au médecin

pas cons

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Laura ; Joe Krapov ; joye ; Walrus ; bongopinot ;

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Ma phobie par bongopinot

 

bo


Déjà lorsque j’étais enfant
À la vue d’une blouse blanche
Je partais dans les bois ou les champs
Et me réfugiais sur la plus haute des branches

Et ensuite à l’adolescence
Le seul mot de médecin
Résonnait en moi comme une sentence
Redoutant plus encore les vaccins

À l’âge adulte rien n’est mieux
Je repousse tous mes rendez-vous
Vous trouvez cela curieux
Mais ce n’est pas rigolo voyez-vous

Avant un rendez-vous j’ai le cœur qui bat la chamade
Les coudes les genoux qui font des castagnettes
Et je deviens de plus en plus maussade
Je ne suis pas du tout dans mon assiette

Ah là là que c’est embêtant
D’être atteint d’iatrophobie
Ah là là que c’est troublant
D’avoir ce genre de phobie

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Iatrophobe, moi ? (Walrus)

 

Vous voulez rire ? Je sors de chez mon médecin !

Comme je savais que j'allais devoir vous faire un compte-rendu circonstancié, je l'ai bien regardé :

Blonde, un poil plus grande que moi, un gros poil plus jeune, pas pin-up pour un sou, mais pas désagréable à contempler malgré tout tandis qu'elle tapote sur son clavier, intelligente et goûtant mon genre d'humour, que demander de plus ?

Oui, je sais, je raconte partout qu'elle est plus souvent en vacances qu'à ses consultations, mais c'est pas vrai, c'est juste moitié moitié ! 😇

Et d'ailleurs, une fois, en urgence, j'ai consulté son remplaçant, je n'ai pas été déçu !

Habituellement, mon épouse et moi y allons ensemble pour un contrôle de routine, mais aujourd'hui j'y suis allé seul : je devais lui narrer mes aventures gastro-colonoscopiques de mardi. Ça l'a bien fait rire quand je lui ai demandé si elle pensait qu'ils utilisaient la même caméra pour les deux examens.

En dépit de cela, elle m'a trouvé un peu moins "spitant" qu'à l'ordinaire. Normal, lui ai-je répondu, je n'avais pas mon épouse à taquiner...

Plus sérieusement (oui, je sais, ça ne me ressemble pas), je refuse d'en changer parce que bien qu'elle soit non conventionnée, jamais à l'heure pour ses rendez-vous et, comme je l'ai déjà dit, bien trop souvent en congé à mon goût, elle a le diagnostic sûr et m'a toujours adressé à des spécialistes compétents.

Et puis, c'est une amie de ma femme, si ça c'est pas un argument !

 

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Je, soussignée, iatrophobe (joye)

Mettez vos zécouteurs, ça passera mieux...ou pas.

Quand je suis malade, quand mon bien-être est en balade

Et je vais mal, mal, mal, non, ce n’est pas normal

Quand je chop’ un’ crève, quand ma santé n’est plus qu’un rêve

Et je vais mal, mal, mal, non, ce n’est pas normal

Quand la fièvre me grille, je me lève et je m’habille

Et je me rends très vite chez lui, s’il n’est pas à Tahiti

 Et l’on sort une grosse aiguille pour me faire une piqûre

Et je crie « Mondieu ! Quel salaud ! Tu appelles ça une vraie cure ??? »

 

Je crains les toubibs, je crains les toubibs, ouh hou hou

Mais si ça continue, je serai foutue

Je crains les toubibs, je crains les toubibs, ouh hou hou

Mais si ça continue, je serai foutue

 

 Et alors je rentre en maudissant ce grand diantre 

Je me recouche couche couche, et je me mouche, mouche, mouche 

Maudit soit l’infâme, il doit assumer tout  le blâme

Oh, que c’est louche, louche, louche, encore farouche, rouche, rouche

 Je m’endors et je roupille comme un’ mutilée de guerre

En murmurant quelques serments et des mots assez vulgaires

Mais j’irai bien mieux au matin en dépit de mon chagrin

Et vous me ferez la morale : Ce n’est pas un sal’ bourrin !

 

Je crains les toubibs, je crains les toubibs, Ouh hou hou 

Mais si je continue, je serai foutue

Je crains les toubibs, je crains les toubibs, Ouh hou hou

Mais si je continue, je serai foutue

 

Pour que la rage s'annonce...

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Suivre le voyant à la lettre (Joe Krapov)

DDS 476 escher-mainLorsque Vitalie Cuif, précédée de son jeune fils, entra dans la salle d’attente du Docteur Zigmund, celle-ci se trouvait vide et elle-même n’était pas très remplie d’enthousiasme. Il allait encore falloir déballer le linge sale de la famille, expliquer à un médecin inconnu les vices nombreux du deuxième fils, le prénommé Arthur qui lui rendait la vie si dure. Elle devrait raconter au marabout, car elle en était rendue là de la quête d’un diagnostic efficace, que le père du gars, le capitaine Frédéric R. avait mis les bouts (de ficelle !) à la naissance de la petite Isabelle, quatrième des enfants du couple. Ceci expliquait peut-être cela ? Mais, désolée, ce ne sont pas des choses qui se font chez les catholiques bon teint mondain, même à Charleville-Mézières, vu que le mariage était une chose sacrée et le divorce pas encore inventé. N’est-ce pas, Docteur ?

Arthur s’était assis sagement et avait replongé le nez dans le prix d’excellence qu’on lui avait remis en fin d’année scolaire. C’était encore un livre de ce misérable de Victor Hugot, comme disait Vitalie en prononçant le « t » et il s’appelait, justement, « Les Misérables ». Là-dessus, une autre patiente impatiente avait pénétré dans la salle d’attente du Dr Zigmund, suivie d’un gamin du même âge qu’Arthur.

 

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Les deux dames se saluèrent car elles se connaissaient bien et les deux gamins échangèrent très vite un regard entendu : « Motus et bouche cousue, Nénesse ! » « T’inquiète, Tutur, je serai muet comme une catacombe !».

Madame Delahaye posa son manteau et son chapeau sur le siège à côté d’elle, en face de Vitalie, et Ernest sortit son cahier de dessin dans lequel il se mit à gribouiller.

- Alors, Vitalie, toujours des soucis avec ce chenapan d’Arthur ?

- Ne m’en parle pas, Elisa ! Comme tu peux le constater, j’en suis réduite à consulter un voyant ! On n’a pas trouvé de solution dans la médecine traditionnelle. De toute façon, on est grillés chez tous les praticiens de Charleville. Arthur a mordu le docteur Mengele, il a frappé le docteur Knock, il a traité de foldingue le docteur Folamour, accusé le docteur Mabuse de l’avoir violé et chez le docteur No il est allé jusqu’à faire des bonds insensés sur son bureau, cassant tout et faisant mine de tirer au pistolet avec sa pipe tenue fourreau à l’envers. Il a traité le docteur Jivago d’esclavagiste tsariste et le docteur Jekyll de schizophrène ! Il n’y a qu’avec le docteur Petiot que ça s‘est bien passé. Ce toubib-là lui a montré sa collection de valises et Arthur a été fasciné. Petiot nous a expliqué que tout était normal, qu’Arthur était juste « un petit peu iatrophobe ». C’est lui qui nous a conseillé de voir ce docteur Zigmund pour le guérir définitivement.

- Si ce n’est que ça, Vitalie, ce n’est rien, rassurez-vous ! Iatrophobe, iatrophobe, tout le monde a peur d’aller chez le médecin ! Petiot a raison ! Par contre personne ne craint d’aller chez le rebouteux, le marabout, la voyante extra-lucide, l’astrologue ou la diseuse de bonne aventure !

DDS 476 table zigmund- Et vous, Elisa, qu’est-ce qu’il vous fait, votre Ernest ?

- Il me dessine des cochonneries partout ! Vous vous rendez compte, à son âge ? Des choses innommables ! On l’a même accusé d’avoir écrit « Merde à Dieu ! » sur le mur de l’église ! Et pourtant je suis sûre que ce n’est pas lui : on était chez ma sœur à Reims le jour où ça s’est fait !

Heureusement pour Arthur, la porte du cabinet s’est ouverte et le médecin, un grand type à cheveux blancs et moustache a lancé : « Madame Cuif ? ».

Vitalie et Arthur se sont levés, sont entrés dans l’antre du Docteur Zigmund, se sont assis sur les deux sièges devant la table de travail. Quel chantier, cette table ! Elle était couverte de piles de papiers de toutes sortes, d’objets qui n’avaient rien à y faire : un parapluie, une machine à coudre, un jeu de go, des lunettes pour contempler des éclipses de soleil, les oeuvres de Dr Fu Manchu. Il y avait même un chat vivant dont le sourire et le pelage changeaient à chaque entrée d’un nouveau patient dans la pièce.

Sur le mur du fond, face aux visiteurs, il y avait une affiche représentant le docteur Zigmund en train de jouer aux échecs contre une femme entièrement nue !

DDS 476 Duchamp joue aux échecs

Vitalie n’avait pu faire autrement que se signer, consternée et choquée par le décor, alors qu’Arthur s’était plongé dans une contemplation effrénée de la dame de l’affiche. Il songeait malgré lui : « Elle doit s’appeler Gabrielle et quand elle joue avec les blancs elle ouvre de 1.f4 ! ».

Le docteur Zigmund s’était assis sans rien dire et il contemplait dans le blanc des yeux ses deux visiteurs différemment effarés. Au bout d’une minute de ce silence absolu il ouvrit la bouche et déclara :

- Je vois ce que c’est. Madame Cuif, voulez-vous bien me régler le prix de la consultation et ressortir discuter le bout de gras avec Madame Delahaye dans la salle d’attente ?

Comme subjuguée, Vitalie sortit son portefeuille et déposa le nombre de billets souhaités puis elle sortit de cet antre du diable comme elle le décrivit ensuite à Elisa.

- Alors Arthur, demanda le docteur Zigmund, pourquoi ne veux-tu pas retourner à l’école ?

- La vraie vie est ailleurs. Marre de faire des vers en latin !


- Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?


- Pas plus tard, tout de suite. Je veux devenir riche et célèbre. Mais je ne veux pas travailler.

Le docteur Zigmund posa une pierre blanche sur le plateau de go.

- Riche et célèbre, tu le deviendras. Mais très tard. Les saturniens se réalisent très tard. Sache le dès maintenant, ça ne t’apportera pas le bonheur pour autant. Est-ce que tu connais le proverbe chinois de l’imbécile et du doigt ?

- Quand on lui montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt ?

- Oui. Eh bien tu vois, toi c’est l’inverse. Imagine maintenant un rhinocéros. Le rhinocéros regarde la Lune. Il croit que c’est une énorme boule d’or qui brille dans le ciel. Il sait que l’or, ça vaut du fric, alors il court toute sa vie pour décrocher la Lune. Et il oublie de voir ce que tout rhinocéros est obligé de voir, quoi qu’il regarde.

- Et quoi donc, Docteur Zigmund ?

- Sa corne ! C’est sa corne qui vaut bonbon. Sa fortune est devant son nez sous forme d’une corne d’abondance. En Afrique on chasse le rhinocéros pour exploiter sa corne. On en fait un puissant Afrodisiaque.

- Ca s’écrit « aphrodisiaque », ça vient d’Aphrodite ! releva Arthur qui avait décelé le jeu de mots rien qu’à la prononciation du praticien.

- Tu manques singulièrement d’humour, Arthur, et c’est ce qui te perdra. Mais tu es sur la bonne voie. La richesse est déjà en toi, vois-tu ? La solution pour toi c’est d’aller de l’avant, de ne plus t’arrêter. Fonce comme ce rhinocéros. Voyage, fais tout ce que tu veux, ne te soucie pas des conventions, deviens voyant, voyeur, voyou, voyageur, mets des couleurs aux voyelles, enivre-toi de bateaux et d’absinthe, va à Londres – j’y vais souvent, c’est très bien, Londres ! – va à Vienne, évite Bruxelles si tu peux, va loin, deviens le Cuif errant mais…

Arthur ouvrait des yeux en billes de loto.

- … mais ne cesse jamais d’être iatrophobe ! Ne mets jamais les pieds à l’hôpital, ce serait ta perte, malheureux !

- Comment fait-on pour être voyant ?

- Quand tu sauras monter une tente marabout pour huit personnes dans un camping de la Sarthe pour passer un week-end de tai chi chuan et de dégustation de vin de Jasnières, tu seras un homme, mon fils ! Je plaisante. Ou pas. On devient voyant par recensement-dézingage de toutes les règles, par dérèglement de tous les sens. Tu peux aller, maintenant. Je te rends à ta liberté libre. Deviens ce que tu es ! Et surtout, suis mes conseils à la lettre !

 

DDS 476 jeu de go

Le soir-même Arthur Rimbaud planta sa mère et ses sœurs sur la promenade où les tilleuls verts sentaient bon. Il alla prendre le train pour Charleroi puis bifurqua vers Paris mais ceci est une autre histoire.

DDS 476 jeu de go

Bien des années plus tard, alors qu’il était en train de compter sa fortune dans la corne de l’Afrique, il se souvint du rhinocéros du docteur Zigmund. Il ne rêvait plus que d’une chose, à l’époque : rentrer en France et vivre une Lune de miel avec une Gabrielle aussi jolie que celle du poster.

Et sur son coup f4 il eût répondu e5 !

 

DDS 476 chat zigmund

 N.B. Pour qui ne connaîtrait pas le Dr Zigmund et son rhinocéros, c'est ici ou ici que ça se passe. 

La majeure partie des photos de ce billet lui a été empruntée. Amitiés, Docteur Zig !

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Je ne suis pas iatrophobe (Laura)

 

Je ne suis pas iatrophobe mais je ne cours pas aux mammographies
Je le fais par goût de la vie et non par envie
Je ne suis pas iatrophobe mais je supporte mal l’IRM
Car je suis claustrophobe et souffre physiquement de rester sans bouger
Je ne suis pas iatrophobe mais je ne cours après l’infiltration
Surtout l’intra discale : elle me fait aussi mal que la douleur
Et ne me soulage pas, alors basta !
Je ne suis pas iatrophobe mais s’il faut que je refasse une gastroscopie
J’accepterai cette fois qu’on m’endorme
Je ne suis pas iatrophobe ; je me soigne, je me soigne !

 

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07 octobre 2017

Défi #476

 

Retour de balançoire
ou de manivelle :

Après hypocondriaque,

iatrophobe

 

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