04 février 2017

Se sont jeté goulument sur le menu

pas cons

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Walrus ; Vegas sur sarthe ; Pascal ; Laura ; Venise ;

Marco Québec ; JAK ; joye ; bongopinot ; Dib ; Joe

Krapov ;

 

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Colère de Saint-Antoine envers son compagnon (Joe Krapov)

Je reconnais ta griffe à tes traces de doigts 
Ô, goinfre au bide gras, laissées au confit d’oie !
Traces de doigts ? Que dis, je, ô monstre époustouflant !
Je devrais évoquer des pattes d’éléphant !

Etait-il véritablement dans ta nature
Qu’on te prenne les doigts au pot de confiture ?
Comme tu t’es engouffré dans mon vieux frigidaire !
Comme tu as lampé le litre de Madère !

Tu ne seras jamais un gourmet, ô, gourmand,
Si tu baffres, si tu bouffes, si tu dévores, dément !
Tout est bon pour ton groin, mon cochon, sauf le tact !
Quand je dis "groin" c’est "gueule" ou "gouffre", le terme exact !

DDS 440 antoine-bosch

Toi qui rêvais d’un jour d’entrer dans le gratin,
La tarte est renversée ! Tu feras Ta-Tintin !
Retourne à ton grabat, gros goulufiat ! Sagouin !
Gourgandin frelaté ! Va coucher dans ton foin !

Terminé les gâteaux, la gâche, la galette,
Les fraisiers, les ganaches, les babas, la gaufrette,
Le gigot, le goulasch, l’onglet, les fricatelles,
Le fricandeau, la longe et les tagliatelles.

Tu pèses trop de poids. Tes larcins me défrisent.
C’en est fini de toi, ma décision est prise.

Donc à Noël prochain ou à Saint-Nicolas
Tu te retrouveras salé dedans mon coffre,
Transformé en jambon, boudin ou cervelas !
Une chose est certaine : tu n’auras pas mes gaufres ! 

DDS 440 92762805

 Je t’avais pourtant dit « Fais gaffe à ton grognon ! »

Tu n’as pas entendu, eh bien tant pis pour lui !
A force de montrer ton très bel appétit
Tu seras transformé en un filet mignon !

Quelle idée eus-je aussi quand tu étais jeunot,
Mignon, rose, trognon, gai comme un étourneau,
Après t’avoir ach’té à la foire de Nantua,
De t’avoir baptisé du nom d’Gargantua !

DDS 440

Image empruntée au journal "La Dépêche" 

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Participation de Dib

 

Le dîner venait juste d’être servi quand Mathias arriva. Il se trouva in-extrémis une place à la dernière table, au milieu de convives qui ne se connaissaient  pas et qui cherchaient à briser le silence avec un semblant de conversation convenue. Mathias, comme je le craignais, n’avait d’yeux que pour les petits blinis fourrés au caviar. Sans demander son reste, il en enfourna quatre à la suite, sous les yeux médusés de sa voisine de gauche. Quand le garçon arriva pour servir le vin, Mathias l’alpaga de sa bouche noircie pour se rincer le gosier à grands bruits. La tablée, quelque peu choquée par ce manque de savoir-vivre, s’évertuait à déguster du bout des lèvres, les blinis qui n’avaient pas encore été engloutis par ce rustre. Le service était assez efficace et c’est donc avec effroi que je vis arriver le mets suivant. Le plat de langoustines rôties avait à peine effleuré la nappe que Mathias en tenait déjà une au bout de sa fourchette, affichant un air glorieux. La bouche à peine refermée sur l’animal, il en agitait déjà une seconde tel un étendard, avant d’en engouffrer une troisième suivie d’une quatrième. Le toussotement marqué de sa voisine ne l’arrêta pas dans sa course. Certains avaient le nez dans leur assiette, ne sachant comment réagir poliment, d’autres affichaient une mine offusquée, d’autant qu’il eut le toupet de demander si personne n’en voulait, avant de terminer voracement l’assortiment de crustacés. Les convives s’agitaient sur leurs sièges, murmuraient, se demandant qui avait bien pu inviter cet odieux personnage. Mathias ne leur laissa pas davantage de répit devant le savoureux navarin d’agneau qui avait fait la renommée du lieu. « Monsieur, s’il vous plait ! Un peu de décence ! » osa soudain, d’un petit air pincé, celui qui lui faisait face, de l’autre côté de la table, et qui n’avait pas reposé ses couverts depuis l’engloutissement des blinis. Ce fut sans effet. Obnubilé par la vue de la chair, on eût dit que Mathias arrachait la viande tellement il mettait de fougue à s’approprier les morceaux, avant de les enfourner goulûment, insatiable, avide de ne pas en perdre une miette. Rien ne l’arrêtait, peu lui importaient les regards désapprobateurs et offusqués. Les gens se plaignaient, demandaient la médiation du maître d’hôtel, criaient au scandale et imploraient l’expulsion de ce bâfreur. Plus personne ne touchait aux plats, le son montait dans la salle, l’atmosphère était tendue. Je quittais Mathias des yeux, lasse de ce spectacle dégénérant. L’œil luisant, impassible, des moustaches aux coins de la bouche, Mathias termina son repas en dévorant deux sabayons de citron vert. Puis, il s’essuya la bouche avant de laisser négligemment sur la table sa serviette empreinte de la sauvagerie passée, puis quitta d’un pas alourdi l’assemblée écœurée par cet étalage de gloutonnerie.

 

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Un appétit gargantuesque par bongopinot

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Un estomac à toute épreuve
Jamais il n’est rassasié
Qu’il vente ou qu’il pleuve
Il ne fait que manger

Quand le soleil nous offre
Ses rayons de douceur
Littéralement il se goinfre
De fruits juteux à toute heure

Un besoin irraisonné
Le pousse à se remplir
Matin midi et en soirée
Ça ne lui suffit pas c’est ça le pire

Alors pour se donner bonne conscience
Il a pris rendez-vous chez un psy
Qui lui a dit qu’il comblait une absence
Il se questionne restant assis

D’aussi loin qu’il se souvienne
Il a toujours été comme ça
Alors avant que des problèmes ne surviennent
Il décide de changer tout ça

Il a déposé sur son frigo bleuté
Une citation « il faut manger pour vivre,
Et non vivre pour manger »
Une façon comme une autre de se souvenir

Qu’il s’est promis d’y arriver
Il a encore des jours difficiles
Mais à force de volonté
Doucement il assimile

Il a pris sa vie en main
Et son sourire le réconforte
Et tout ira mieux demain
Quand ses démons ne sonneront plus à sa porte

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G’dit……..Grrr,… Groarrr,… Greu (JAK)

G’dit……..Grrr… Groarrr … Greu…

 

Gonflélo Mime est un  grotesque  gaillard gesticulant.

Il est loin d’être glabre, garni d’une grande guiche généreuse  en accroche cœur,  aux reflets gorge de pigeon guignant le jaune

Glosant,  gigotant,  il a plus d’un tour dans sa gibecière

Gueulard on le voit  galvanisant les gueux, les gens-foutres, et autres  guenilleux  gnomes

Dans son galimatias, il leur  garanti la galette  gouleyante,

ce qui les fait glapir au génie, plébiscitant ce graveleux gugusse

Généralement il galantise avec la gente gonzesse, glanant des grâces  en gloutonnant autour d’elles.

Aidé  par ses  gardes ginguets il gauchi tous  les gnons, sait gruger la gentry, galvaniser les  groupes

Il guigne la grandeur,  et se grise de gloire, mais gare  à la girandole portée à  l’estocade.

De goinfre  granguignolesque il pourrait  être giflé,  gommé, geignard , restant seul dans sa tour,  devenu tout de go   guindé, une sorte de   galopin godiche

 

- Grrr,… Groarrr,… Greu…

                          

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Dictionnaire du Goinfre (Marco Québec)


Galantine
Galette
Gambas
Gargantua
Gâteau
Gâteries
Gaufre
Gaufrette
Gaver
Gelée
Généreux
Génoise
Girolle
Glaces
Glouton
Gnocchi
Gober
Goret
Goulu
Gourmandise
Goûter
Graillon
Grassouillet
Grillade
Griotte
Guimauve

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Participation de Venise


J’adore les goinfres, ils me rappellent les amphibiens qui ont crevé le lit d’un nénuphar.
Vous, les êtres humains regardez le monde pour y trouver un sens m’a dit un jour un goinfre
Le problème dit-il en avalant la moitie de ses mots on ne vous a pas donné le bon livret .
Il finissait toujours ses phrases dans un rire tonitruant .
Le vrai théâtre de l’existence d’âpres lui c’est l’excès en tout .Mangez baisez, dormez riez jusqu’à plus soif !!
Voilà exactement les paroles qu’il a prononcées  devant mes yeux écarquillés.
J’ai bien essayé de fumer avec excès , mais les cigarettes me rendaient malade .
J’ai tenté d’écluser du gin dans un bar classe un soir de déprime , mais je me suis écrasée au sol comme une tomate mûre .
J’avais l’impression d’être prisonnière d’une combinaison de plongée et qu’un petit sourire tentait de déchirer la combi .
Alors que lui le goinfre , l’as de ‘je repousse toujours plus loin les limites’ me regardait avec ses yeux de cacahouètes
Mais quand sa main de goinfre à touché mon visage j’ai eu l’impression qu’il avait couvé toute sa vie des bébé rouge gorge .ve01



Quand je devins  sa bougie d’anniversaire et qu’il souffla sur mon corps son odeur d’orange amère
Je fondis  sur le gateau.et vacillai  illico.
Je vous l’avais dit j’adore les goinfres .

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Jeune goinfre[1] (Laura)

 

Cannelle fut une jeune goinfre de chocolat sous toutes ses formes

Jusqu’à ne quasiment plus le supporter sous aucune forme

Cannelle fut une jeune goinfre d’hommes, de sexes, moins de femmes

Cannelle est toujours gourmande  mais avec moins de frénésie de sexe

Il lui fallait toute gouter, tout essayer jusqu’à l’écœurement des caresses

C’est comme si elle devait aller jusqu’au bout de ses désirs, jusqu’à perdre

Parfois son honneur, sa fierté, la tête, sa culotte, la face

Cannelle fut une jeune goinfre d’alcools, doux ou forts jusqu’à l’alcoolisme

Quand elle se mit à trembler le matin, elle sut reconnaitre cette limite.

Cannelle est toujours gourmande de champagne brut avec beaucoup de bulles

Pour faire pétiller les livres dont elle est toujours goinfre

Goinfre de mots à lire, à vivre, écrire jusqu’à l’ivresse

Des  journaux d’Anaïs Nin qui lui donne le souffle sans la tempête

 De ses outrances sexuelles, alimentaires et liquides de jeune goinfre.

 



[1] Titre d’un poème d’Arthur Rimbaud

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Le Paris-Brest (Pascal)


On avait un nouveau matelot, à la chaufferie arrière ; il n’étalait pas du tout à la mer. Après la sortie du port, dès que la houle du large venait se frotter contre la coque, il changeait de couleur ; son visage prenait toutes les teintes de l’arc-en-ciel mais en plus terne ; de rose poupon, il devenait blanc livide, en passant par des tons verdâtres et ivoirins. C’était le glas de sa jovialité de bon gars. Au lieu de se laisser embarquer par le roulis, de marcher en s’adaptant aux circonstances, instinctivement, il résistait en s’accrochant à tout ce qu’il pouvait. Désemparé, il était comme un enfant craintif faisant ses premiers pas en tâtonnant maladroitement…  

Le pied marin, ce n’est pas donné à tout le monde ; c’est sur la vague que l’on s’aperçoit si on l’a ou si on ne l’a pas. Lui, ne l’avait pas. C’était là tout son malheur. Il avait tout réussi à l’Ecole des Mécaniciens ; sorti dans les premiers, on voyait qu’il était vif et intelligent. A quai, toujours disponible et volontaire, il s’acquittait de sa tâche de nouveau avec plein de zèle ; s’il avait pu, il aurait pris notre boulot pour compenser celui qu’il ne serait pas capable de réaliser quand on serait en mer…  

Quelques heures après l’appareillage, les plus fragiles, la tête dans le trou, se retrouvaient à quatre pattes dans les chiottes, occupés à rendre leur dernier repas. Je le chaperonnais, notre dernier arrivé ; ce n’était même pas la peine de le bizuter, tellement la mer s’en chargeait. J’allais le récupérer, parce qu’il était de mon compartiment et ce n’était pas bien de le laisser rendre ses tripes et ses boyaux avec ses maux et ses jérémiades comme des prières de pénitence.
Sous son matelas, je mettais son gilet de sauvetage et je coinçais sa bannette au crochet pour qu’il puisse se caler dans le V ainsi formé. Couché en chien de fusil, il n’était plus qu’un gisant amorphe râlant et geignant son désespoir. Quand il fermait les paupières il avait l’impression que ses yeux allaient basculer hors de ses orbites ; quand il les rouvrait, hypnotisé par le balancement des rideaux alentour, des draps des lits défaits, des fringues sur les cintres, il subissait la houle du bateau. Confinés dans le poste, les relents d’autres vomis de ceux qui n’avaient pas pu attendre de se soulager dans les WC, la fumée stagnante des clopes, les odeurs de transpiration, de chaussettes, les grincements revenants, les râles des autres, n’arrangeaient rien à son état…

A l’heure de la caf, je le forçais à m’accompagner. Derrière la rampe, rien que les restes de bouffe dans la poubelle souillarde lui donnaient l’envie irrépressible de dégobiller. Pour lui montrer le bon exemple, je buvais sa timbale de cambusard mais je lui refilais mon morceau de fromage savoyard. Bon cœur contre mauvaise fortune, il récupérait un quignon de pain et il s’esbignait bien vite de ce purgatoire. Je le retrouvais du côté de la plage arrière, accroché au bastingage, scrutant la mer pour parer le prochain tangage…  

Puis, c’était l’heure de prendre le quart ; c’était vraiment son plus pénible supplice, ce devoir d’astreinte à la chaufferie. Dans la descente, toujours aussi balourd, il se cognait contre les cloisons, il glissait sur les barreaux de l’échelle. Enfin, il arrivait dans le compartiment, les yeux tout remplis de fatigue ;  sur les plaques de parquet humides, il tentait de garder un équilibre précaire et il cherchait vite où s’asseoir pour arrimer ses impressions. Même un faible roulis pouvait le désarçonner de sa chaise. Exsangue, il transpirait une sueur de grabataire et, fiévreux, il repoussait sans cesse ses lunettes sur le haut de son nez. S’il parlait, il ne jurait que pour mourir et s’il se taisait, c’était parce qu’il avait envie de vomir…  

Pendant un éclair de bien-être, quand le roulis laissait les chaînes de ramonage en parfait équilibre, il sortait de sa vareuse son quignon de pain comme un grand trophée arraché aux griffes de l’adversité ; il croquait généreusement la croûte, il aspirait goulûment les miettes, il s’empiffrait avec la mie, pour nous montrer tout son courage. Il se léchait les doigts pour ne rien perdre du goût du pain. Il se gavait, regrettant déjà de n’avoir pas rapporté plus de quoi se sustenter.
Tout à coup, à cause d’un coup de roulis pervers, il portait la main devant sa bouche pour refouler ses envies de gerbe ; quand c’était trop tard, il se laissait aller dans la cale. Avec un seau d’eau, j’aspergeais ses vomissures de bricheton…

C’est à quai qu’elle se rattrapait de son régime drastique, notre nouvelle recrue. En ville, le soir, il allait plusieurs fois au restaurant ; il cherchait les menus… les plus gras… Ha, j’en ai vu, des galavars, des perpétuels affamés, raclant les fonds de gamelle ! J’en ai vu, des gouelles, léchant les coins de plateau pour ne rien gâcher ! Mais des comme lui, jamais. J’ai eu l’occasion d’assister à l’un de ses repas gargantuesques ; hé bien, je n’aurais pas laissé ma main à portée de son enthousiasme vorace…

Frénétique, en attendant les entrées, il lorgnait sur les fleurs séchées de la décoration, sur sa table ; avec un peu de sel, d’une seule bouchée, il en aurait fait une salade…  

Larges tranches de saucisson, pâté onctueux, jambon cuit et cru, c’était ses amuse-gueule ! S’il avait pu, il aurait mangé avec deux fourchettes ! Une dans chaque main ! Il piquait, il sauçait, il tranchait, il charcutait, il déchirait ! Il ne laissait rien passer à côté de sa boulimie ! Une soupe de poissons, une poularde, une pizza, par ici, un cassoulet, un gigot d’agneau, un couscous, par là !...  

« Mais oui, laissez les marmites, les casseroles, les poêles, je vais me resservir !... » Il se goinfrait ! Il faisait bombance ! Il bâfrait !... Dans l’élan de son appétit d’ogre insatiable, tous ces plats étaient sans résistance…

Les vins ?... « Un gouleyant Brouilly ! Un puissant Saint Joseph ! Un intense Pomerol !... » Au frontibus, il trinquait au plancher des vaches, au nasibus, il pariait sur le beau temps, au mentibus, il portait un toast à tous les marins en mer, au ventribus, il était Bacchus estimant sa treille, Au sexibus, il réclamait les chiottes…

« Apportez le plateau de fromages !... » Il cognait du poing sur la table pour ne pas se mettre en retard sur sa fringale !... Implacablement, *Pré Saint Jean, Saint-Nectaire, Bleu d’Auvergne, s’affalaient sur ses épaisses tartines…  

« Je me laisse tenter par vos desserts !... » Sans attendre un quelconque atermoiement, frénétique, il trempait sa cuillère dans le baba, il engouffrait l’éclair, il effanait le mille-feuille, il léchait la religieuse… S’il avait pu, il aurait dévoré le Paris-Brest, avec toutes ses gares, tous ses voyageurs et tous ses paysages…

Avec quelques grands rots de soulagement, il desserrait enfin sa ceinture ; doucement, il reprenait des couleurs, notre jeune matelot mécanicien de la chaufferie arrière ; le verdâtre s’estompait, le livide s’enflammait, l’ivoirin se bronzait, jusqu’à ce qu’il retrouvât son visage poupin. Après s’être essuyé la bouche d’un revers de manche, il jetait ses derniers billets sur la table ; replet, un peu soûl, le pied forcément marin, il était de nouveau prêt à affronter tous les océans et tous les roulis…

 
*Camembert

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391 kilocalories (Vegas sur sarthe)


Se goinfrer ça ne rime à rien, c'est ce que n'arrêtait pas de me seriner ma diététicienne.
Alors j'ai voulu en avoir le coeur net; elle avait raison: ça ne rime avec rien.
Elle et moi on a essayé de trouver une rime en goinfre, et on n'en a pas trouvé.
C'est pourtant pas faute d'avoir cherché.
D'abord on s'est pris deux dictionnaires, deux petits Robert comme je les aime qu'elle gardait au chaud dans son boudoir, à la fois fermes et replets, doux au toucher, de ceux qui donnent envie de mouiller son doigt pour tourner les pages... et d'aller voir toujours un peu plus loin.
Ca avait l'air de l'amuser – en tout cas elle riait bien – et moi je ne boudais pas mon plaisir par dessus son épaule.
A chaque changement de lettre on se tapait un de ces petit en-cas qu'elle garde en réserve pour ses clients en crise d'hypoglycémie: confitures, miel et jus de fruits... mais attention! Que du bio!
A un moment j'ai proposé Gouffre mais c'était trop vertigineux, disproportionné pour un petit Robert.
Comme elle suggérait Gaufre je lui ai dit que je ne serais pas contre à condition d'y ajouter du chocolat râpé; alors elle est allée nous faire des gaufres pendant que j'attaquais la lettre H...
J'ai corné les pages avec les mots Haddock, Hareng, Homard et Huître pour le cas où on aurait eu un petit creux avant d'atteindre la dernière page; ça ne rime pas mais ça ne mange pas de pain.
Elle est revenue avec une pile de gaufres au lard fumé qui aurait nourri un régiment!
“Seulement 391 kilocalories!” a t'elle lancé en me tendant l'assiette et ses lèvres; j'ai tout pris.
C'était bon. On croit que les gaufres au lard c'est gras... c'est une illusion.
Je crois qu'elle était pressée d'arriver à la fin des dico alors pendant qu'elle remettait de l'ordre dans ses petits Robert j'ai filé à la cuisine sous le prétexte d'aller chercher une lichette de vin blanc.
Personnellement je préfère le Vouvray pétillant au Crémant de Loire mais elle n'avait qu'un fût de bière Duchesse de Lorraine comme elle.
Elle est pas duchesse – bien qu'elle pourrait l'être largement – mais elle est lorraine.
Alors on s'est rincé le gosier à la bière en chantant pour ne pas faire mentir le dicton lorrain: “L'alcool est notre ennemi-i-i mais fuir l'ennemi c'est lâ-â-âche”.
Faut dire que les gaufres au lard et l'exploration des petits Robert ça sêche bien les papilles.
Comme on arrivait à la dernière page on a compris que c'était foutu pour la rime alors elle a proposé des synonymes: ogresse, vorace, goulue ou gloutonne... elle les a tous trouvés avant que j'aie eu le temps de terminer l'assiette de gaufres.
Seulement 391 kilocalories... ça ne se refuse pas et puis j'avais la bénédiction d'une spécialiste nutritionniste.
A la fin on s'est partagé ce qui restait: elle m'a pris cent euros et moi j'ai pris trois kilos.

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