01 février 2014

Les deux royaumes (Célestine)

cél

Il était une fois deux royaumes jumeaux, perdus au  fond d'une verte vallée. Les rois de ces deux royaumes étaient frères. Hélas, comme il advient parfois dans les meilleures familles, ces deux frères ne s'entendaient pas du tout. L'un était bon et bienveillant, l'autre méchant et hargneux.

Le roi gentil s'appelait Kipermé. Son frère se nommait Kidéfan.

Il courait les pires bruits sur le royaume de Kidéfan.

Mais ce n'étaient pas que des bruits. Là-bas, la terreur régnait, à cause du caractère innommable et irascible du souverain. Celui-ci, en effet, passait son temps à défendre, à interdire, arrosant son royaume de décrets liberticides, au gré de ses caprices, et ses sujets n'avaient plus le droit de rien faire. Défense de manger des pommes ! Défense de porter des vêtements bleus ! Défense cueillir les fleurs rouges !Obligation par ci! Interdiction par là ! Ce n'était pas une vie. Les gens se regardaient en chiens de fusil, et la suspicion et la crainte engluaient le royaume.

Dans le royaume de Kipermé, au contraire, les habitants étaient heureux et respectueux les uns des autres.

Quand le roi promulguait une loi, c'était toujours pour permettre quelque chose, pour ajouter un droit à ses sujets. Par exemple, jusque là, par une absurde tradition séculaire, seuls les marchands avaient le droit de traverser la ville de nuit. Mais c'est beau, une ville, la nuit. Le roi décida donc que tout le monde aurait ce droit, et les habitants firent une grande fête pour remercier leur généreux monarque. Quelques marchands essayèrent bien de râler contre cette loi qui leur paraissait anormale « vu que l'on avait toujours fait comme ça » et qu'ils se sentaient dépossédés d'un privilège ancestral. Ils organisèrent des défilés contre les promenades nocturnes pour tous » mais l'on fit comprendre aux rouspéteurs que cela ne leur enlèverait rien de permettre aux autres ce qui leur était déjà acquis, à eux.

« Que ceux qui veulent interdire ce droit aux autres s'en aillent au royaume d'à côté ! » dit le roi Kipermé d'une voix ferme.

Bien des années plus tard, l'on retrouva les descendants de Kipermé et de Kidéfan dans un royaume merveilleux dont j'ai oublié le nom, si ce n'est qu'il commence par F. Les premiers œuvraient toujours pour que chacun puisse se sentir reconnu malgré ses différences. Les seconds livraient toujours la même guerre aux premiers, voulant aligner tout le monde sous la même toise, reprenant même, ces derniers temps, pas mal de poil de la bête. Une bête puante et multiforme, nommée selon les moments, obscurantisme, ou intolérance, ou encore intégrisme.Et en voiture Simone, et en avant Guingamp...

Et les habitants, qui s'étaient habitués à la liberté depuis quelque générations, avaient l'impression de marcher sur la tête : car ce conte à dormir debout semblait ne jamais avoir de fin...

N'en cherchez donc pas : jusqu'à la fin des temps, les descendants du roi Kidéfan voudront imposer aux autres leur façon de penser...c'est dans leur nature.


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Petit conte pour ne pas dormir debout (Électre)

Pourquoi dit-on que mes histoires sont à dormir debout, alors que je les rêve éveillée ? Si je dors debout, je préfère aller me coucher, pas d'histoires, au lit ! Si je rêve éveillée je ne sais plus bien si je rêve, ou si je suis éveillée... quelle histoire !  Parfois je rêve au lit, et parfois même que je lis en rêve, et quand je m'en aperçois, dans un demi-sommeil je me raconte des histoires...

Est-ce ma faute s'ils ne voient pas
la marmotte géante qui glisse dans les nuages
les boules de gui comme les lampions d'un sabbat
et les enseignes s'animer au-dessus de la boulangerie ?

Il était un conte.

C'était un vieux comte, avec un M tout ce qu'il y a de plus aristocratique, une barbe en pointe et une fraise apprivoisée. Il aimait parler à sa fraise des heures durant en lissant sa barbe, ce qui ennuyait, à la longue, sa femme, qui lui disait souvent "ramène pas ta fraise !". Il lui donnait généreusement à manger (à sa fraise) car elle récupérait tout ce que la barbe avait laissé échapper. Celle-là aussi était bien nourrie, une barbe rousse du plus bel effet. Parfois elle entrait en guerre contre la fraise, surtout lorsqu'il y avait de la crème en jeu : la barbe et la fraise adoraient la crème. Le fils du comte aussi, mais il préférait la barbe à papa à la fraise, car elle lui était plus sympathique (et même si son précepteur lui répétait jusqu'à la nausée "la barbe DE papa !"). Il n'y avait pas souvent droit (à la barbe en question) : c'était surtout lorsque le comte le faisait sauter sur ses genoux (et là il pouvait en attraper un peu).

Le reste du temps le comte aimait beaucoup l'emmener se promener dans sa papamobile. C'était une sorte de voiture à pédales entièrement vitrée, qui permettait de se promener sous la pluie sans perdre de vue le paysage. Il y avait même un essuie-glace sur le toit pour y voir un peu mieux en cas d'eau. Il fallait juste faire attention aux flaques, sinon ça devenait vite du pédalo : mais dans ces cas-là le comte devenait grand capitaine, et l'emmenait faire des voyages le long du cours. Mais même s'ils étaient sur le cours, son fils trouvait ces voyages plutôt longs, car malheureusement, quand il pleut jusqu'au coude, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent -- même pas un bout de fromage ! -- et le fils du comte était gourmand.

Le comte, outre sa fraise, sa barbe et sa papamobile, avait aussi deux maux ; le principal était ses gros maux de tête, qui lui faisaient dire des mots grossiers, que depuis on a appelés simplement "gros". Son fils les écoutait avec attention et apprenait les plus rigolos, comme "anacoluthe" et "analphabète", qu'il s'amusait ensuite à répéter à sa nourrice qui n'avait pas la moindre idée de ce que pût être une anacoluthe et qui, même si elle essayait de lui raconter des histoires, était effectivement analphabète.

Son second mâle était un jeune chien, qui n'en faisait qu'à sa tête, surtout depuis que le vieux chien s'était résolu à le laisser agir à sa guise, sous la surveillance du grand duc qui nichait dans l'arbre au-dessus d'eux. Il tentait de rappeler le chien à l'ordre par des "hou hou" qu'il croyait effrayants, mais le jeune chien qui était un peu dur d'oreille croyait qu'il devait faire attention à ne pas aller se fourrer dans le houx, ou qu'on lui demandait où il était, et comme l'oiseau ne comprenait pas ce qu'il disait, cela ne faisait pas beaucoup avancer leur histoire.

Et le troisième (car il y en avait trois) était sa lavandière, qui était chargée de faire respecter l'étiquette. Le comte avait horreur de l'étiquette, qui le grattait affreusement, et lui faisait dire des mots comme "barbiturique" ou "archiduchesse". En plus il n'avait pas la patience de trier, et se serait toujours retrouvé, si sa lavandière n'y eût pris garde, avec des chemises roses et des pantalons rouge pâle. "L'étiquette, Monsieur le comte, l'étiquette ! Est-ce vous qui faites les comptes dans cette maison ? Savez-vous combien de chemises vous avez déjà rosi ?" lui reprochait la lavandière, qui sentait la lavande un peu défraîchie. Le comte, lui, rougissait, s'excusait et retournait à ses anémones.

Car il avait un jardin de fleurs, qu'il aimait entretenir (il y cultivait aussi les fraises, car il fallait les changer de temps en temps quand elles étaient délavées). Il appelait les fleurs par leur petit nom, même les fleurs sauvages, qui ne le restaient pas longtemps tant il leur parlait avec douceur. Sa fraise d'élection, dans ces moments-là, était un peu jalouse, car elle n'aimait pas partager celui autour du cou duquel elle s'était une fois enroulée, d'un seul coup d'un seul. C'est à la suite d'une longue bataille entre les fraises et les hommes que, par la suite, ce furent les fraises que l'on mit en roulés. Mais en ce temps-là hommes et fraises vivaient en harmonie, sauf lorsque la fraise piquait une crise de jalousie, ce qu'elle faisait spécialement lorsqu'elle était derrière la fenêtre de l'appartement du comte. Dans ces cas-là elle devenait aussi fermée qu'un volet, ébouriffait ses fronces, et le comte avait bien de la peine à respirer, ce qui l'éloignait de la fenêtre à la plus grande satisfaction de la fraise. Par mimétisme sans doute, le comte prit l'habitude lui aussi, lorsqu'il était en colère, de froncer les sourcils, et depuis, beaucoup de gens ont suivi son exemple.

Le comte, au moment où nous le rencontrons, était malheureusement sur sa faim, car il était devenu très gourmand avec l'âge. Nous espérons cependant que ce ne sera pas le cas du lecteur,  et quant à nous nous ne mangerons pas notre chapeau, mais entonnerons pour la fin cette comptine que nous empruntons pour l'occasion à notre conteur préféré :

Autrefois je rêvais, veillé
par une lavandière qui se méfiait
du rouge et des fraises,
et qu'il ne fallait pas faire rosir.

Il faut dire pour être exacts que la lavandière ne se méfiait pas tant que ça du rouge, à part celui qu'on trouvait sur les pantalons de soldat du comte. Si elle avait été au cinéma, elle aurait su que ce rouge ne s'appelait pas rouge mais Garance, mais ça, c'est une autre histoire.

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A qui faut-il s'adresser pour devenir Belge d'honneur ? (Joe Krapov)

La pire chose qui puisse arriver à un libraire est survenue. C’est une histoire qu’on pourrait mettre dans nos tablettes si les tablettes n’étaient pas elles-mêmes entrées dans l’histoire et n’avaient pas absorbé tout le contenu de l’échoppe tenue par ce couple de libraires suisses si bien apparié.

Sans que nul ne pipe mot, le monde du numérique s’est abattu sur eux à la vitesse de la vérole sur le Bas-Empire romain. Fin du papier, fini de ramer, les clients se sont fait la paire et, sans rime ni raison, se sont mis à aimer cette vamp avariée au sein refait à neuf : Miss Amazon, déesse impérieuse et impérialiste, parée des attributs de la modernité, des pantoufles de vair de Cendrillon au bal, fournisseuse officielle de bonheur dans le pré connecté du village mondial.

Habiter la Suisse ne préserve pas du malheur d’être chocolat. On a donc prié Rémi et Marie, nos libraires, de mettre la clé sous la porte, de plier boutique. Ils ont dû quitter leur repaire d’amoureux des livres, ont été virés comme des malpropres par le pape du mercantilisme qui, en prime, a transformé leur local dédié à la culture livresque en boutique de vente de smartphones. Mon Dieu ! Comme ce monde est âpre, qui vous prive d’un seul coup de ce qui vous rendait si humain, ivre de contacts, de partages, de repères communs avec tous ces clients devenus des amis.

Heureusement le maire de Bâle s’est ému de leur sort. Ila bien vu à la tête de la mariée et à la tronche d’intello binoclard du marchand de livres que toute reconversion était râpée d’avance pour eux, qu’il ne fallait pas penser les faire riper sur quoi que ce soit d’autre dans un monde où Nabila est une star et les Stentors disques de platine.

Dans sa ligne de mire, il y avait justement le « Zoo du dessous du réel » qu’il avait récemment inauguré.

- Vous y serez nourris, logés, blanchis, vous n’aurez rien à faire qu’être là tout le jour. Vous pourrez jouer au rami ou lire vos satanés bouquins ».

Il y a pire dans le genre : périr en mer, commettre un impair et se retrouver les quatre fers en l’air dans la prairie avec un troupeau de bisons qui vous passe dessus (ces bestiaux ne sont pas très futés). Alors Rémi et Marie ont accepté cette situation de pensionnaires du zoo de Bâle. Ils y ont pris leurs habitudes.

plonk-libraire réduit
(Cette illustration est signée Plonk et Replonk)

Quelquefois, pour se changer de la lecture et de la conversation à travers les barreaux avec les visiteurs en troupeau, Rémi va s’asseoir sur son pneu-rocking-chair avec une grille de mots croisés. C’est le cas aujourd’hui et bien qu’il ne pleuve pas, qu’il n’ait pas eu à mettre son imper, il sèche sur le 3 vertical.
- En six lettres, Marie ? « Bandard fou d’avant Moebius » ?
Marie vient se pencher derrière lui et elle lui répond :
- PRIAPE !
- Ah mais oui, bien sûr ! Comment ai-je pu ne pas y penser ? Est-ce que tu peux m’aider aussi pour le VI horizontal ? « Comte à dormir debout » ? J’ai pensé à « somnambule » mais ça ne rentre pas : il n’y a que sept lettres.
- Je ne vois pas pour l’instant. Mais tu ne la trouves pas bizarre, la solution de la grille de la semaine dernière ?
- Qu’est-ce qu’elle a ?
- Tous les mots ont l’air d’être composés avec les lettres d’un seul mot plus long.

Rémi observe la liste :
VAMP PIRE  EMPIRE VRAI VIRER VAIR VARIER PRIE PRIME MARIE APRE RAPE RIME RAME MARIEE REPAIRE REPERE PRE PIPE PAPE PARE MIRE IMPER PAIRE MAIRE PRIAPE PRAIRIE APPARIE PIPER RIPER RAMI ARRIVER MEME IMPAIR PAPIER AIMER PERIR AVARIEE AIME IVRE PRIVE AMI MER
- C’est quoi, ce truc ?
- Ce sont des dérivations de VAMPIRE et du coup j’ai trouvé ton VI horizontal. « Comte à dormir debout », c’est DRACULA !
- T’es trop forte, Marie !

Et, bien que Suisse, en remerciement, il lui chante une chanson belge du groupe Sttellla.

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raconte (titisoorts)

Tout jeune déjà, il se réveillait au milieu d'un champs, en plein milieu d'une pièce, alors qu'il se croyait au fond de son lit, en train de rêver. Des rêves, si intenses, qu'il avait la sensation de les vivre réellement. Alors, ses parents inquiets, sont allés voir des docteurs, des scientifiques, des sorciers, des charlatans. Tout y était passé, que leur fils était dérangé, envoûté. Subissant cette médecine, au gré des années, il se sentait fatigué, bien plus par ses traitements qui d'ailleurs ne donnaient rien que par ses nuits éreintantes. C'est bien plus tard, qu'il arrêta tout. Triste de la disparition de ses parents, il avait besoin de se poser, de se libérer, de briser ses chaînes. Après avoir congédié tous ses médecins qui ne lui avaient apporté que souffrance et désespoir. Il ne garda que ses plus fidèles serviteurs. C'est  mon histoire ensuite qui  n'est pas banale !  J'ai des terres à perte de vue, j'habite un grand château. J'ai des domestiques pour le ménage, la cuisine, et surtout Georges. Un des plus fidèle, qui à la particularité de ne travailler que la nuit. J'ai été obligé, une nuit, je me suis réveillé tout près d'une falaise, le bruit de la mer en furie m'avait heureusement ouvert les yeux. Donc, Georges, me suit, comme un bon samaritain, me surveille, et ne me réveille que lorsque je suis en danger. Mais le mieux, c'est qu'il me raconte mes escapades. Une des plus folles qu'il m'ait raconté  est celle où, dès le saut du lit, je partis dans l'atelier prendre une pelle. Après quelques kilomètres dans la forêt, dos à un grand arbre, je me mis à compter les pas, puis j'y plantai la pelle. Ensuite, dos à un rocher, je me remis à compter mes pas. Au croisement des deux lignes imaginaires , je me mis à creuser. Un trou, puis plus loin un autre, jusqu'à heurter ma pelle sur un objet. Un coffre enchaîné, encadenassé. Mes escapades nocturnes, ont commencé à faire du bruit au village d'en bas. Les surnoms que l'on m'a infligé: le monstre du château, le vampire du manoir, une légende commençait à se construire autour de moi. Au fil de l'histoire et du temps, certains de mes ancêtres étaient respectés dans la région et d'autres craints. Je repense notamment à un qui fit la richesse de la famille.
Georges, m'expliqua qu'une fois avoir découvert le coffre, je suis reparti au château. Dans l'entrée, il y avait au pieds de l'escalier, un immense portrait de cette ancêtre, avec à son cou une chaîne, la même que sur le coffre. Je pris un couteau, pour inciser la toile à la base de la chaîne et derrière celle ci, il y avait une clé. Retour vers le coffre, et tout le long du voyage, je répétais continuellement "Aron ha'Edout, Aron ha'Edout ", je compris bien plus tard le sens de ses mots. Le coffre était en or, le propitiatoire surmonté de deux chérubins en or massif, leurs ailes se rejoignaient. J'ai introduis la clé, le cadenas s'ouvrit. A l'intérieur, il y avait les tables de la loi, j'avais dans les mains l'oeuvre de dieu, les dix commandements.
Quelle découverte.
Je ne suis pas un Dieu. Ce n'est pas un exploit, ceci n'est que le résultat de mes nuits agitées. Au bout du conte, je ne suis qu'un comte. Un comte à dormir debout.

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Un haïku à dormir debout (Sebarjo)

 

 

Une voix si douce

Lit : il était une fois

Bercé, je m'endors.

 

 

 

 

 

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Participation de Flo

flo     Défi #283 : Un conte à dormir debout en sept chapitres.

 

Chapitre 1 : C’est à CONTES dans les Alpes-Maritimes que toutes les histoires se narrent
Chapitre 2 : ou plutôt, se marrent d’elles-mêmes. Avec toute cette pluviométrie, c’est normal car ces lignes, qui se racontent et se rencontrent, coulent à flots.
Chapitre 3 : Elle aimerait tant dormir debout comme Opi. Elle, c’est la petite fille. Et, Opi c’est son ânesse.
Chapitre 4 : Il paraît qu’un os se coince au niveau du carpe et du tarse. Ainsi toute la masse corporelle de l’equus caballus repose-t-elle sur les pattes avant et arrière. Toutes les nuits, Opi dort debout.
Chapitre 5 : La petite fille décide de faire pareil. Elle rejoint Opi sous la véranda. Elle se positionne à ses côtés. Pendant qu’Opi baille et ferme tranquillement ses yeux de velours, la petite fille la contemple du coin de l’œil.
Chapitre 6 : Elle lutte invinciblement pour rester debout. Mais Dame nuit et Sieur marchand de sable la font vaciller contre la peau de l’animal. Elle avait trouvé son équilibre, tout son poids contre son amie pour enfin dormir debout.
Chapitre 7 : Elle ne rêva ni des écus ni de peau d’âne. Son cœur gros comme ça se ressourçait comme jamais à refaire son plein d’amour.

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Participation de JAK

Conte à dormir debout où il est question de Jeux interdits….

Garantie sans mensonges (foi de conteur)

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C’était en l’an 3000 un premier janvier, quelque part dans une galaxie….

Un jeune androïde  nommé Geek Nolife,  accro aux jeux vidéo, jeux de rôle, Dark-Age, World… et autres,  jouait jour et nuit en réseau, et ne vivait plus que pour ce monde virtuel….

Il était cependant amoureux fou d’une sage jeune fille, au doux nom d’Isaure Pénélope, qui attendait résolument la cession d’une partie,  pour recevoir, avant la suivante, un petit baiser légèrement posé dans une sorte d’impatience.

Cependant, le remord le corrodait. Il s’en voulait amèrement, mais jusqu’à ce jour ses efforts restaient vains. Impossible de résister à cette dépendance   

En ce premier jour de l’an 3000 il formulât  un vœu sincère: redevenir celui qu’il avait toujours été avant son addiction, et dont tout le monde appréciait la lucidité.

 D’ailleurs, se désintoxiquer  c’était la condition sine qua non  que lui soufflait patiemment  Isaure, pour enfin  l’épouser…

Il allât trouver le énième descendant de Bill Gates qui vivait d’expédients, ayant dilapidé toute la fortune de ses ancêtres dans des jeux de hasard.

  Geek Nolife lui promît une nouvelle richesse s’il trouvait un moyen de le défaire de cette dépendance dont il souffrait, et qui accaparait toutes ses heures de loisirs, repos hebdomadaire,  vacances… Il était conscient qu’il en devenait psychiquement dangereusement  atteint.

 De surcroit cette passion le ruinait, car il était toujours à la recherche d’un nouveau jeu. Et il y en avait pléthore sur le marché et dans sa vidéothèque….

Intéressé, BillGate XXIX  entreprit de créer un nouveau logiciel, et,  en digne  descendant de son aïeul,  il réussît parfaitement à élaborer un nouveau programme. Il avait trouvé de quoi sevrer notre jeune accro grâce au Digital-Désintox.

Mais c’était sans compter sur les multinationales qui vivaient grassement sur le dos de plusieurs centaines de milliers  de joueurs  suspendus à leur manette de jeux, perdant la notion de vie en société.

Ces consortiums, véritables  oligopoles,  mirent des bâtons dans les roues de BillGates XXIX, et poussèrent même jusqu’à le rendre fou. Ils  anéantirent le prototype de ce nouveau logiciel anti-addicts en y introduisant  un virus qui rendait son ouverture impossible. (C’est à cette époque d’ailleurs que la célèbre Gates’ dynastie s’arrêtât !)

Il fallait trouver un nouveau procédé.

Geek Nolife, momentanément suivi par un psy qui le stimulait,  était bien décidé à résister jusqu’au bout. Il  trouvât  une logique imparable.

Un de ses ancêtres, dans des  temps fort reculés, était L. Pasteur, célèbre pour avoir vaincue une maladie terrible qui ravageait et décimait la population. Geek Nolife allât trouver son cousin, Pasteurovitch, qui suivait la même voie de chercheur que leur ancêtre commun, et lui demandât de concevoir un contrepoison  à cette terrible addiction, et qui serait administré obligatoirement par voie perlinguale.

Après moult réflexions celui ci acquiesçât. Il élaborât  un traitement puissant, qui permettait en peu de temps de se désintoxiquer entièrement et d’une façon définitive. Le remède fut testé sur des souris à qui ont greffât  des puces électroniques reliées à des ordinateurs, les résultats furent probants. 

Pasteurovitch fût aidé dans la diffusion de ce remède miracle,  par un laboratoire spatial  qui avait un pouvoir encore plus étendu que celui des multinationales, et surtout, cet institut  y  vît un nouveau moyen d’accroitre sa puissance déjà bien universellement installée.

Le vaccin fût  mis sur le marché rapidement, et  non seulement  Geek Nolife fût irrémédiablement guéri, mais des millions d’accros, convaincus, devinrent des adeptes de ce remède-miracle,  qu’il fallait, cependant,  prendre à vie pour ne pas retomber dans l’addiction….   Les labos avaient fait coup double !

Et c’est ainsi que  d’une addiction ces malheureux consommateurs,  tombèrent dans une autre.

Les   multinationales déchues de leur suprématie dans l’univers des vidéo-jeux, se consolèrent en ouvrant des succursales sur la Galaxie d'Andromède, où elles firent de nouveaux accros,  et amplifièrent astronomiquement  leurs bénéfices.

Et pendant ce temps …

Sur la lune, dans la Mare Humboldtianum*, ricanaient qui donc ?

-Une kyrielle de  gallinacés (exilés ici dans des temps reculés), faisant la roue devant leurs femelles :

-des dindons. !

Enfin ils savaient qu’il  n’y avait pas qu’eux qui étaient les « dindons de la farce » !

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Jakaccro pour défi du samediDéfi #283 Et si vous nous écriviez un conte à dormir debout ?

 

*Mer lunaire Du nom d’Alexander Von Humboldt1769/1859 Naturaliste, géographe et explorateur

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On ne dit pas l'âne de Buridan mais le chien d'Aristote (Sandrine)

Le conte le plus à dormir debout que je connaisse est sans doute l'histoire de l'âne de Buridan...
Il paraitrait que ce fameux âne (mais quel âne ne l'est pas, fameux, j'entends) tiraillé entre un seau d'avoine et un seau d'eau était en réalité un chien ! Vous imaginez deux secondes, un chien, tiraillé entre flotte et picotin, vous ? C'est si incroyable que ça n'en est pas du tout crédible !
Et encore ce n'est qu'un début... Ce chien, incapable de choisir entre deux possibles n’appartenait pas même à Buridan mais à Aristote ! Eh oui, c'est lui le premier (parmi ces êtres à se poser des questions inutiles, euh pardon on dit philosophiques, j'oublie toujours) à s'être demandé quel serait le choix de l'animal face à deux mets délicieux équidistants de lui... mettons entre une femelle en rut et un os à moelle... Si les philosophes se pillent entre eux sans se soucier de la véracité des propos d'origine, je peux bien à mon tour ne pas trop me soucier de savoir entre quoi et qu'est-ce le chien primordial avait hésité et l'inventer en tenant compte néanmoins de mes propres observations. S'il eut été question d'une poule, j'aurais choisi un ver de terre et un asticot, pour une vache un bouton d'or et une pâquerette... Bref et ainsi donc, l'âne de Buridan était un chien et n'était pas tant à Buridan que ça puisque c'est Spinoza qui raconte l'histoire qu'on connait !
Histoire à laquelle je n'ai JA-MAIS cru, car un âne face à deux options ne tergiverse pas (et se laisse encore moins mourir de faim), non, il en invente une troisième et c'est une mule qui vous l'affirme !!
Alors vous, je ne sais pas, mais moi, entre une mule et un philosophe, ce n'est pas ce dernier que je préfère croire !
De toute façon ce qu'il aurait été VRAIMENT utile de chercher à savoir, c'est bien : entre le chien et l'âne lequel est sorti de l’œuf en premier ? Parce que j'ai peine à imaginer que ce soit une poule comme on essaye de nous le faire croire... Et pourquoi pas une autruche, tant qu'on y est ? D'un œuf, enfin, voyons !

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Arthur Mac Bride (Pascal)


C’est un conte, une histoire, un bout d’aventure racontée autour du feu.

Personne ne sait rien en fait. Et comme personne ne sait vraiment, c’est devenu une légende, bien sûr. Chacun en rajoute un peu, pour mettre ses propres couleurs, pour enjoliver ou noircir, selon son humeur, ce feuilleton interminable. La réalité et la fiction se confondent pour faire ce que vous lisez…
Alors, accordez un simple sourire, un rictus à l’endroit, dans le sens qu’il vous plaira le mieux, une pensée amicale, un brin de mansuétude, pour ce Pauvre Arthur Mac Bride, si loin, si profondément enfoui…

Tout a commencé dans son jardin, tout au fond du jardin…
Les fleurs du pauvre Arthur dépérissaient lamentablement en manque cruel d’eau du ciel. Elles courbaient la tête en pleine soif et le soleil s’acharnait avec ses rayons ardents pour en faire des buissons ou de la paille à grenier…

Et notre jardinier malheureux se lamentait, se lamentait…
Il tentait même de pleurer sur les plus belles, pour leur faire un brin de fraîcheur. Il les caressait tendrement mais elles mouraient au bout de ses doigts avec leurs pétales encore enfermés.
Le ruisseau tari laissait les crapauds et les têtards sur le ventre et la sècheresse était le souffle du diable dans ce jardin stérile et austère.

Il priait le Ciel pour faire une petite pluie, une ondée bienfaitrice, un arrosage de fin de printemps, mais à en croire les nuages pressés, les orages se *dépressaient plus loin, dans la vallée vallonnée voisine.
Le pauvre Arthur regardait les éclairs déchirant le ciel et le tonnerre s’amusait aux dépends de ses oreilles attentives. Il ressentait pourtant sur les joues, les effluves de la pluie passée dans les violents courants d’air du soir comme des camouflets hypocrites et malsains.

Le Ciel le mettait à contribution pour mesurer le niveau de sa dévotion.

Et les fleurs se pliaient sur leurs tiges en révérences flétries sans un suave parfum précieux. Même les insectes désertaient sa propriété sans pollen. Tout était silence sauf quand le pauvre Arthur invectivait le Ciel, à court de prières inutiles.

Alors il maudissait ce en quoi, il croyait et se mettait à croire en ce qu’il maudissait.

Je crois que le pauvre homme était  devenu fou.
Mais il faudrait le meilleur docteur du comté, pour ce diagnostic si important et cela ne court pas les rues…

Un soir, sans pluie fraîche, une pelle est tombée d’un camion de forçats qui rentraient au bagne après une journée de labeur, le long de nos routes désertes, juste devant, chez notre Arthur.

Il prit l’objet dans ses mains comme un cadeau Divin ou un sortilège Malin. Il avait pactisé avec les deux, pour être sûr de ses prières et de ses incantations… Et soudain, il a compris ce message cabalistique. Si l’eau du Ciel lui était  interdite, il irait chercher celle de la terre et de ses ténèbres.

Le pauvre Arthur a fait ses plans et ses trépans.
Il s’est organisé une potence et un mécanisme pour travailler sans l’aide de personne.
Il a inspecté son derrick à pierres remontantes…

Il a craché dans ses mains, une salive bien collante pour ne plus jamais lacher son outil de forage. Il a poussé soigneusement les quelques fleurs en boutons fermés de l’autre côté du jardin et il a entamé son trou.

Si vous aviez pu voir le courage dont il faisait preuve, une vraie pelle mécanique en action ! Il était mû par un sortilège infernal et une passion divine. Il a soulevé quelques pierres solides pour faire un bon périmètre de creusement.

Quel cœur à l’ouvrage et quelle force décuplée !

Et nous voici partis dans les profondeurs de la terre.
On dit que c’est la dernière fois qu’il vit le jour quand il a pu sauter dans son trou commencé.

Les avis diffèrent d’une frontière à une autre, d’un accent à un autre, mais vous ferez votre propre analyse, au fil du percement.

Arthur s’est enfoncé doucement dans sa pénétration terreuse et fiévreuse.
Quand on pouvait voir encore sa tête et son chapeau de paille trempée de sueur avec son auréole salée, il a exhumé un tas d’os d’humain ou de chien, de quatre planches vermoulues. On a revisité le cadastre pour chercher quelques traces de cimetière dans cette contrée sans eau mais rien n’était écrit. Et rien ne pouvait l’arrêter…

On ne sait plus s’il remontait pour manger ou pour dormir un peu, pour boire jusqu’à se saouler ou caresser sa femme délaissée. Là, n’est pas l’histoire…

Puis son chapeau a disparu.
La pelle manipulée avec la force des ténèbres et le courage céleste nettoyait la terre et la renvoyait aveugle à la surface.

Il a croisé quelques racines profondes emmêlées pour faire une toile, un filet protecteur devant ce trou en construction de vide. Mais Arthur, acharné, s’activait, arrachait et découpait ces intruses pour son avancement impérieux.

Le jour, la nuit, on entendait des coups de pelle avec l’écho sonore en vibrations s’amplifiant et la terre et les pierres s’amoncelaient autour du trou.
Ses machines préparées, encore à la lumière, organisaient des monticules de plus en plus hauts.
On l’entendait chanter des psaumes ou des cantiques, des chansons de comptoirs et des jurons de foire…

Les habitants du comté, alertés et curieux de cette folie perforante ont commencé à venir voir cette attraction profonde. D’en haut, ils jetaient quelques quolibets et quelques vérités.

« Hé Arthur, tu fais ton trou ? »

« Hé Arthur, tu ferais mieux de chercher ta femme… »

« Hé Arthur, tu as fait une montagne à notre nouveau décor de paysage… »

« Hé Arthur, ta terre si enfouie, elle a une drôle d’odeur… »  

Les avis diffèrent mais on dit qu’Arthur est remonté un peu plus tard, dans la nuit.
Il ne supportait plus la lumière du jour. Il avait bandé ses yeux avec un bout de sa chemise déchirée et jouait à Colin Maillart, tout seul, au fond de son jardin.
Il a récupéré un autre manche de pelle et une pioche pointue. On aurait dit un pirate, sans trésor, avec sa pelle de bois et sa terminaison nerveuse tellement tranchante.
Il a regardé sa maison vide en plissant un œil sous ce bandeau improvisé.

Personne ne sait vraiment ce qu’il pensait à ce moment, sur les femmes en général et sur la sienne, en particulier… Puis il est retombé dans son puits, tout au fond, en sécurité du monde égoïste, volage et pervers…

Il avait une ardeur sans commune mesure. Oui, de l’acharnement…

Quand la pioche a rencontré un grand roc solidement incrusté dans ces ténèbres, on dit qu’il frappait si fort que les étincelles  sortaient en trombes d’étoiles et se mélangeaient au ciel, comme s’il les avait libérées.

Quand un homme s’entête comme ça jusqu’à devenir lui-même instrument de percement, rien ne peut le ralentir dans ses Oeuvres, dans sa Quête aquatique.

Et la terre et les pierres s’entassaient comme un terril géant et sa maison s’est retrouvée ensevelie par tant de gravats et de décombres souterrains. On a dû faire une déviation à la route pour que les forçats puissent encore travailler sur les talus environnants.

Faut dire que les journalistes sont arrivés avec leurs flashs et leurs questions, leurs stylos aiguisés et leurs supputations de première page.

Le maire de la ville est venu en personne voir ces travaux et en ajustant ses lunettes d’élu local, il a fait un discours trop long sur le courage borné, sans limites, de cet administré ancien cartésien devenu mystique ; on l’a applaudi, je crois. Et le pauvre Arthur Mac Bride eut sa stèle de son vivant, au pied de son trou béant.

Un jour ou une nuit, il s’en foutait, il rencontra sa chance.
Quelque chose brillait tout au fond en veine serpentant à l’horizontal.
De l’or, des tonnes d’or en barres, en lingots à portée de sa pelle et de sa pioche.

Dérangé par ce métal jaune, si loin de ses préoccupations aqueuses, il jeta au dehors l’espace de son passage pour continuer sa course vers les profondeurs.

Et en haut, on criait, on hurlait, on se battait, on se tuait même pour récupérer ces pépites si lourdes. Le maire encore, fit venir les forces de l’ordre et on laissa les forçats au bagne pour ne pas leur donner des idées aurifères de liberté…

Le maire élu, se remplit les poches avec quelques complices et il coule toujours des jours heureux au bord de la mer.

Et la montagne, surgie des profondeurs, a pris des couleurs.

On dit qu’à son sommet, la neige s’est installée, éternelle mais ce sont des mensonges pour touristes qui viennent depuis, par cars entiers de tous les coins du pays. On a fait des magasins de souvenirs et on vend un peu de terre profonde du comté pour les souvenirs.

On dit encore que sa femme est revenue quand les pépites entassées tombaient en pluie d’or sur la montagne. Elle a même laissé quelques larmes de crocodile en dessus du trou béant pour faire croire à Arthur sa faute repentante, pour lui faire croire à son ondée.

Le riche Arthur découpe les entrailles de la terre avec une force toujours nouvelle.

Il ne connaît pas l’épuisement.
Son mécanisme, huilé à la perfection, remonte la terre abattue sans relâche et il bâtit maintenant une chaîne de montagnes ou il a rejoint les montagnes avoisinantes, on ne sait plus. Les avis diffèrent encore sur ce sujet de réflexion.

Les géologues, les cartographes et les géographes se perdent en conjectures dans leurs conférences de scientifiques hermétiques.

La nuit, dans le silence de tous les endormis ronflants du riche comté, on peut entendre sa chanson cadencée par les coups de pioche acérés en métronome symphonique et les grincements de la machinerie remontante lui fait son refrain.

Un jour, quelques nuages se sont accrochés contre la montagne toute neuve.
Ils se sont alourdis de pleurs en suspension et un orage les a fait éclater.

Si le pauvre Arthur le savait…

La pluie s’est engouffrée dans le trou mais elle a dû s’évaporer en cours de cataractes, tant la température est devenue élevée tout au fond, mais ce sont encore des supputations de voyantes aveugles...

Vous savez sans doute, parce que tous les journaux du monde en parlaient, Arthur a crevé une poche énorme de pétrole, noire comme cette terre profonde et on a rempli des millions de barils, tant la récolte était bonne.
On a organisé des terminaux pétroliers pour acheminer cette ressource inépuisable et la revendre au monde entier.

Certains avis sont contraires encore mais on a vu voler le chapeau d’Arthur avec le premier jet puissant d’encre noire.

On dit que son corps projeté dans les airs s’est ensuite enfoncé dans sa montagne et qu’il repose avec les fleurs naissantes sur le plus beau versant, quand les premiers orages de printemps viennent arroser maintenant le comté.

On a même recruté de nouveaux forçats tant l’herbe pousse bien grasse, dans les talus…

Mais je crois moi, que le pauvre Arthur Mac Bride creuse encore…

Ne le dites à personne. C’est mon secret. C’est ma pierre, de plus ou de moins, à cette histoire de puisatier.

A la raffinerie si moderne, ils ne le disent pas mais ils ont installé un grand tamis.
Dans une cadence régulière, ils trouvent des pelletées de terre et de pierre parce qu’il y est encore, au fond de ses abysses, à creuser avec sa vigueur reconnue.

On a même étalonné des appareils de mesure très sophistiqués à sa cadence, tant elle est précise.

S’il continue encore, il va trouver la mer, l’eau salée, le pauvre Arthur Mac Bride.
Mais je le sais, il saura la contourner pour creuser avec sa force diablement divine.

Les avis diffèrent encore à ce jour mais la nouvelle m’est arrivée, chuchotée en catimini  aux oreilles, que très récemment, on dit que notre brave Arthur mac Bride cultive son trou avec toujours autant de vigueur et qu’en Chine, si loin, ils entendent des bruits sourds réguliers, venus des profondeurs de la terre…

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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