13 janvier 2018

Se sont creusé la cervelle

pas cons

vilbrequin

joye ; maryline18 ; Nana Fafo ; Vegas sur sarthe ;

Venise ; Kate ; Laura ; Walrus ; Pascal ; Joe

Krapov ; JAK ; bongopinot ;

 

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Un fameux bricoleur par bongopinot


C’est le roi de la bricole
Il démonte répare tout
Il cloue il visse il colle
Appuyé sur ses genoux

Là il prépare sa mobylette
Enlève le vilebrequin
Et retentit une sonnette
Arrivent tous ses copains

Il laisse tout en plan
Va chercher des bières
Et passe le temps
Et tourne le cadran

De retour à sa passion
Il nettoie le vilebrequin
Il aime les finitions
Il s’aide de bouquins

Il remonte le tout
Sa mob il la bichonne
C’est pourtant un drôle de coucou
Mais le moteur ronronne

C’est un fameux bricoleur
Mais surtout un passionné
Après le travail à toute heure
Il descend dans son atelier

 

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LE VIEUX GUIDE AU POINT MORT (JAK)


Assis sur un antique banc en mélèze, si vieux que de nombreux postérieurs y ont emprunt la forme d’un coussinet, il médite en savourant sa bouffarde au tuyau en piston. Ses prunelles errent vers le haut de la montagne, où le soleil irise des pignons majestueux. Son visage patiné parait impavide,

Il est las et là à la fois

-Las de ses rhumatismes, de toutes ses blessures. Ses manetons, mains devenues flasques, n’obéissent plus, la roche qu’il a si souvent caressée les a tannées, usées, Elles sont aussi rognées par le gel
Et
-Là, cantonné au refuge depuis sa mise l’écart, il accueille
des touristes à la rotation continue.

A la veillée il leur conte des histoires, qu’il s’est récité à lui-même durant toute la journée.
Autrefois pisteur, vieil homme devenu, le soir près de l’âtre devant les bûches en combustion, il narre ses anciennes courses, les drames de la montagne impassible et hautaine sans pitié pour les inconscients.
Il ressasse alternativement ses cordées d’il y a…
Il y a belle lurette qu’il ne remonte plus la manivelle des clients hésitants.
Ceux-ci sont d’ailleurs devenus des spécialistes, connaissant tout de la montagne, Pour cela ils surfent sur la toile, avant même que de n’avoir vu le début d’une piste.
Maintenant, sans la force alternative qui avait fait de lui le roi des guides, il est chargé de l’allumage de la cheminée, et il s’occupe de la popote en fonte où il fait cuire la soupe à pates en y ajoutant par palier des légumes.
Il aime alors contempler tous ces ingrédients qui se fondent en mouvements alternatifs circulaires continus
Et il attend, en rêvassant, le retour des touristes.
Il y a longtemps que sa bielle Rosy l’a quitté. Ils ont formé un couple moteur réputé dans toute la vallée. Lui guide, elle hôtesse de ce chalet qui maintenant tombe en ruine.
Il est seul, sans force à l’allumage, sans force motrice.
Et lorsque le soir venu les marcheurs s'en reviennent, il contemple d’un œil désabusé leur équipement d’internautes, casques protecteurs, chaussures extrêmes, boussole GPS.
Alors il porte un regard qui en dit long sur le manteau de la cheminée
où trônent ses vilains brodequins tout usés

De viles broques* hein ??? me direz-vous

Que nenni des brodequins qui ont un noble passé



*Broque chose sans valeur


Nota sources pour la soupape de sureté : je vous signale que j’ai été pistonnée par mon garagiste, pour tous ces mots dont j’ignorais l’usage

 

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Ecrire à Rimbaud ? 13, Vilebrequin (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

"Et souvent, la nuit, je m'éveille
En rêvant aux monts et merveilles
Qu'annonce un frôlement coquin
Mais ce n'est qu'un vilebrequin !"

Georges Brassens – Le Bricoleur


Les lectrices-commentatrices de mon blog et mon cher oncle du Défi du samedi semblent décidément de mèche. Il et elles semblent désirer encore et encore me faire tourner en bourrique autour du cas Rimbaud. Vas-y, Joe Krapov ! Fais tourner ton vilebrequin ! Creuse nous un joli trou ! Voici de quoi le remplir !

Et dame Adrienne de me confier l’adresse du blog des libraires associés où l’on disserte de LA photo retrouvée.

J’en ai encore appris de bien bonnes sur ton compte et surtout sur le potentiel comique de mes contemporains les plus sérieux !

Rimbaud à l'hôtel de l'Univers

Je résume, pour toi et pour ceux qui ne le sauraient pas encore. En 2010 Alban Caussé et Jacques Desse, libraires parisiens, publient une photo de toi au milieu d’un groupe de personnes assises sur le perron de l’hôtel de l’Univers à Aden.

Là-dessus un certain nombre de « refuzniks » décrète que « ça ne peut pas être Rimbaud parce que ci et parce que ça, il n’a pas une tête de poète, ce jour-là il tournait en rond pour garer sa chignole, etc. Il y a de quoi perdre une infinité de temps à la simple lecture des pièces de ce procès où les libraires se font avocats de la défense de leur bout de papier jauni et de toute l’imagerie qui te représente. Autant dire que j’enfonce mon foret dans la Forêt-Noire ! Bonjour les éclaboussures de Chantilly par-delà le bien et l’Aumale, comme dirait mon oncle Friedrich Nichts.

Mireille Mathieu

Sauf que je me suis bien amusé quand même lorsque je suis tombé, dans cette guéguerre entre historiens, thésards et autres rimbaldolâtres super-sérieux sur le portrait de Mireille Mathieu. Pourquoi est-ce qu’on ramenait sa fraise dans ce bordel à la demoiselle d’Avignon ? Je n’aurais jamais fait le lien entre celle qui a perdu l’accent qu’on attrape en naissant du côté de Marseille et celui qui avait son portrait au-dessus du berceau de la fille de Renaud.



Tu vas voir que c’est on ne peut plus capilloctracté – et c’est le cas de le dire ! - car, vois-tu, il y a un certain Gabriel Ferrand qui t’aurait connu en Afrique. Tout est ici, défendu et descendu par le libraire ! Attention, ça va Bardey !

Ce Gabriel qui brûle l’épaule de M. Desse aurait été diplomate et employé dans la même firme que toi à Aden. Il aurait raconté à Paul Claudel les carabistouilles suivantes à ton propos :

[Rimbaud] était très doux, coiffé aux enfants d’Edouard, sortant nu-tête à ce terrible soleil. Accroupi, les pieds et les mains nus et teints au henné. Il riait sans bruit et la main devant sa bouche avec une espèce de petit gloussement. Sa conversation était totalement insignifiante, des queues de poires…

"Etre coiffé aux enfants d’Edouard cela signifie avoir les cheveux longs autour de la tête et coupés court en frange droite sur le front, comme un page florentin" nous explique M. Desse.

 

Rimbaud vu par Gabriel Ferrand 06

Est-ce que c’est bien raisonnable pour moi d’aller me perdre dans ce labyrinthe où M. Desse - Quand est-ce qu’il trouve le temps de vendre des livres ? - semble vouloir polémiquer à tout prix avec messieurs Ducoffre et Bienvenu ? Finalement, oui, c’est raisonnable : dans cette phrase, il y a deux personnes et un mot qui me ramènent à ce vilebrequin dont j’ai obligation de parler cette semaine :

- Le labyrinthe est une invention du sieur Dédale or, nous dit Madame Wikipe, la joyeuse drille qui fait office de Madame Jesaistout dans nos existences larguées, «Le vilebrequin passe pour être une invention de l'Athénien Dédale".

- Monsieur Ducoffre a-t-il quelque chose à voir avec le «Tango interminable des perceurs de coffres-forts» des Frères Jacques et surtout de Boris Vian ? «Arthur, où t’as mis le corps ? A l’hôtel de l’Univers ?».

- Et Monsieur Bienvenu quelque rapport avec la station de métro Montparnasse-Bienvenuë ? Ce cher Fulgence à qui nous devons, par ricochet, la ritournelle du « Poinçonneur des Lilas », de « La jeune fille du métro » ou celle du « Trou de mon quai » ?

Comme quoi j’avais l’embarras du choix et le choix de l’embarras pour terminer en chanson cette lettre sur les mandrins, les malandrins, les requins, les vilebrequins, les bave-à-la-poupe et les vent-tarières qui te suivent à la trace avec plus de componction que je n’en ai pour ma part.

Place donc au « Bricoleur » de Georges Brassens, immortalisé par Patachou. Je lui ressemble de plus en plus, sauf que chez nous, c’est Madame qui s’occupe de la caisse à outils !

Mes amitiés à Madame Vitalie !

 P.S. A propos de LA photo retrouvée, il me faudrait lire aussi le roman «Rimbaldo» de Serge Filippini qui décrit les différents personnages pendant les deux heures avant qu’elle ne soit prise. Sur Aden «Quatre saisons à l’hôtel de l’Univers» de Philippe Videlier. Alors que, dans le fond, j’ai plutôt envie de me réenvoyer «Le Club des cinq contre-attaque au vilebrequin» d’Enid Blyton ou d’attaquer «Guerre et paix» de Tolstoï !

P.S. Un jour on nous dira que les Américains n'ont jamais marché sur la Lune, que Paul MacCartney est mort en 1966 et que ce n’était pas Rimbaud sur la photo d’Aden !
- Un commentaire là-dessus, Joe Krapov ?
- Oui : Boîte à outils ! Boîte à outils !

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Les sept motos (Pascal)


Nous deux, ça n’allait vraiment plus ; nous avions épuisé tous les recours, tous les compromis, toutes les paix factices, toutes ces hypocrisies mielleuses, ces faux-semblants mensongers qu’on mettait sur la table pour faire bonne figure, le temps des anniversaires, des invités et des solennités. Pas dupes, nos filles sentaient bien le climat délétère qui s’était posé sur notre toit comme un nuage de pluie collant. Même les habitudes usantes, l’ordinaire poussiéreux, n’arrivaient plus à cacher notre acrimonie mutuelle. Plus que la polyarthrite qui me rongeait, t’adresser la parole m’était devenu un véritable supplice ; j’imagine facilement la réciprocité. Par tous les moyens, avec autant de prétextes, je désertais la baraque et les conflits y attenant…

Tous les dimanches matins, je fréquentais assidûment les bourses aux vieilles motos de la région ; quand il ne se passait rien, dans mon garage, vrai refuge d’évasion et de réflexion, je consacrais tout mon temps libre à la remise en état de ces deux roues. J’en avais accumulé jusqu’à sept, sans compter les moteurs d’avance ; autant dire que le mal était grand…
Du faisceau électrique au moindre boulon, de la peinture au dernier ressort, des chromes jusqu’au cadmiage minutieux des rayons, je ne laissais rien au hasard. Le démontage, le remontage, n’avaient plus de secrets pour moi. Les yeux fermés, je pouvais reconnaître et situer la plus petite pièce dans le difficile puzzle de la machine.
J’avais une attention toute particulière pour les pièces internes du moteur ; travail inutile s’il en est, je passais des heures à peaufiner la brillance des têtes de piston, des bielles et des pignons de la boîte de vitesse. J’avais besoin de l’automatisme de ces mouvements répétitifs qu’on fait quand on ne veut penser à rien…

Ha, si j’avais pu m’enfermer dans cet antre ; malheureusement, il y avait cette machine à laver et tu venais la remplir ou surveiller l’avancement de son programme en espionnant mes faits et gestes. Tes silences pesants étaient des reproches encore plus forts que s’ils avaient été des critiques…

Les ailettes du bloc cylindre, celles de la culasse, je les astiquais avec un produit lustrant jusqu’à ce que poussent des ampoules sur le bout de mes doigts. Quand j’avais mal d’une courbature, d’une coupure, je retrouvais le temps présent et les vicissitudes des choses ordinaires. Je t’entendais gueuler après les filles comme si tu ne t’en sortais pas ou, plutôt, comme si tu voulais que tout marche selon tes ordres. A l’heure de déjeuner, tu ne m’appelais même plus et quand je rentrais dans la maison, souvent, comme si tu avais pressé les gamines, vous en étiez à la fin du repas…
Quand l’Amour a déserté le foyer aux grandes flammes de jadis, il ne reste que des cendres. Il n’y avait pas besoin de souffler dessus, aucune braise rougissante ne se serait aventurée à nous réchauffer ; et puis, lequel de nous deux avait encore envie de souffler sur ces tristes escarbilles ?...

Dans mon vieux frigo, à côté de l’établi, j’avais une bouteille de whiskey et du coca. A midi, je m’en versais un grand verre, c’était mon apéro de solitaire et c’était réconfortant de sentir ma gorge et mon ventre brûler ; communiant, je buvais à mes déboires, à la chance qui viendrait me re-sourire, au prochain « rétro-moto » dans la région, à tout ce qui pouvait me sortir de ce marasme.
Pendant des week-ends entiers, j’avais donc la tête au dessus des bacs d’essence ; à moitié ensuqué par les puissantes émanations, je nettoyais méthodiquement mes pièces au pinceau…
Les mains serrées sur les poignées d’un guidon d’imagination, j’avais des rêves de chevauchée fantastique, des records de vitesse en apnée, des lauriers autour du cou. Dans les oreilles, j’avais les bruits ravageurs des pots d’échappement en fusion et tout autour de moi défilaient des paysages extraordinaires aux couleurs dantesques. J’étais obligé d’aérer à cause de l’envie impérieuse de vomir que me procurait l’essence.
Le vilebrequin baignait lui aussi dans des litres de trichlo ; avant qu’il ne s’évapore, les manetons, les têtes de bielle montées sur roulement, les contrepoids, les orifices de graissage, restaient des heures inondés dans le produit. Inhalé, les sensations du trichlo étaient différentes ; au milieu de visions d’horreur, de geysers de sang, de tourbillons de feu, de cris effroyables, j’avais des accidents d’apocalypse. Couché sur la route, démembré, je regardais l’œil de ma moto s’éteindre doucement comme si la vie s’en allait d’elle. J’avais de la peine, la même que celle qu’on a quand on porte son vieux chien au véto. Elle était toute tordue, ses chromes avaient fondu, ses roues avaient disparu, son moteur avait explosé, et tout était à refaire…

Ce no man’s land rempli d’odeurs dangereuses m’allait bien, c’était mieux que le climat exécrable de notre maison. L’après-midi, tu partais chez ta sœur pour refaire ton plein de rancœur, échafauder d’autres plans machiavéliques, préparer des vengeances, me rendre la vie plus impossible encore. Moi, j’enfilais mon casque, j’enfourchais une bécane au hasard et j’allais caracoler ici et là dans des solos de vitesse insensée.
Quand on ne voit plus dans l’autre que ses défauts, il est temps de prendre les mesures de rétorsion qui s’imposent : tu as réclamé le divorce et si j’ai mis du temps à réaliser cette finalité, je t’en remercie. Imagine combien j’aurais de motos à cette heure…

Maintenant, je vis seul ; tu m’as à jamais guéri de toute présence à mes côtés. Si tu savais comme le ciel est bleu au-dessus de ma tête ; je souhaite le tien aussi clair, aussi lumineux, aussi tranquille. La nuit, j’aperçois les étoiles, moi qui ne voyais que les soucis dans la noirceur oppressante. Aussi, je n’ai plus besoin de bêtement remonter des motos, de mettre la tête au-dessus des gamelles de produits nocifs pour rêver d’ailleurs psychédéliques, de picoler, de foncer sur des routes étroites pour me faire croire que je suis encore vivant…

 

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Petite musique de nuit (Walrus)

 

De nuit parce qu'il était quatre heures du matin et j'étais fort occupé (comme chaque semaine me direz-vous) à vouer aux gémonies le comique qui avait imaginé d'utiliser ce mot comme sujet pour le défi.

Ben oui, je suis comme ça : le joueur d'aujourd"hui oublie bien trop facilement qu'il était l'animateur d'hier.

L'échéance se rapprochait et je n'avais toujours rien imaginé. Parce que, ressassais-je in petto, en dehors des moteurs de bagnoles et des foreuses à main, les vilebrequins ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval ! 

Et c'est là que ça a fait "Tilt" !

Mais siiii !

Justement !

Comment croyez-vous qu'ils se meuvent les chevaux de bois galopant des manèges, carrousels et autres moulins de nos enfances ?

Hein ?

Leurs barres sont rattachées à des vilebrequins dissimulés dans le plafond et sous le plancher des dites attractions de foire !

J'en ai le limonaire (encore un mot qui ferait bien dans notre collection) tout retourné !

 

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VILEBREQUIN (Laura)

 

Je vais et je viens, je fais des allers-retours, entre tes reins

Tel sur un arbre à cames, un joli vilebrequin

J’explose, comme un moteur, arrivé au point

De non retour dans les plaisirs donnés par tes mains.

 

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Carnet rose rouge et noir (Kate)

 

Votre tout dévoué serviteur, Oeil-de-Lynx, a eu la joie et l'honneur d'être convié au mariage de :

- Françoise Dupont (le jour) alias Fantômette (la nuit), née à Framboisy (Saine, 75), traductrice ;

et de 

- Vilfrid Brequin (Vil pour ses amis, et il en a, le gars !), né à Bagnoles-sur-Cesse (Gare, 30), mécano.

Assistés de leurs témoins respectifs et respectables : Mesdames Boulotte et Ficelle (robes rouges en tulle) et de Messieurs Chignole et Taraud (perfectos noirs), largement ovationnés sous une pluie de confettis rouges et noirs !

Quid de leur rencontre, me direz-vous, lecteur, lectrice curieux autant qu'impatients ?

avespa

Dûe à un hasard mécanique : la Vespa ne démarrait plus. Vil a aussitôt laissé tomber sa lecture pour s'en occuper toutes affaires cessantes.

 

Il avait déjà tout compris mais faisait celui qui réfléchissait (en fait, il était encore dans l'ambiance poker, whisky, US...) !

ablock

Et puis il avait eu un éblouissement : elle. Une vacancière sûrement...

apalais

"Repassez demain soir".

Et roule !

Meilleurs voeux à eux !

Pierre Dupont (oui avec un "t", oui on a dansé "Sur le Pont...")

 

 

 

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Participation de Venise

 

Il marqua une pause, et descendit son verre de bière d’un trait en poussant un soupir mélancolique.
C’est le vilebrequin.
Foutaises criai-je en jetant le verre de bière à sa figure.
C’est juste que vous n’y comprenez rien ma p’tite dame
Foutaises bis et mon cul, je n’ai jamais vu un garagiste comme vous dénué de compassion.
La conversation aurait pu se poursuivre tard dans la nuit , dans la même veine stimulante comme c’est souvent le cas , du mauvais côté jusqu’à ce que le dénommé rebond brise le flot
Écoutez dit- il d’une voix pâteuse
« au lieu de jacasser comme ça pouvez-vous vous décider
à la fermer que j’entende le moteur .
Entendons- nous bien je ne pourrai pas encaisser une mauvaise nouvelle le vilebrequin faut oublier

Donc poursuivit-il l’origine de la panne ne vous intéresse pas.
Je sais que je suis profane en la matière, mais ça ne doit pas être sorcier de redémarrer ce Pick up.
Le ton de sa voix ,sa manière de s’exprimer , sa phraséologie et son assurance complaisante commençaient à me déprimer tout autant que les nouvelles du vilebrequin.
Je restais plantée là alors qu’il s’éloignait en me disant vous allez bien vous en sortir !!

Je l’ai jeté le vilebrequin il était encombrant dis-je d’une voix sourde .
Ne vous inquiétez pas je le raconterai à personne dit-il en souriant
Je tiens de source sûre que des gens ont été assassinés à coup de vilebrequin dans leur voyage dis-je à mon tour
Dieu seul sait combien de cadavres croupissent défoncés dans un caniveau à coup de vilebrequin dit-il en riant.
Vous avez une phobie morbide pour cet outil .
Je vous l’accorde peu de situations sont aussi déconcertantes que la mienne.
Poussez le pick ou mourrez d’insolation voilà les alternatives me dit-il
Le Pick up fait le poids d’un buffle dis-je désespérée .
Sous ses longs cheveux frisés , il avait le regard fou de l’Australien moyen .
Ses mains avaient la taille d’une poêle à frire moyenne et ses pieds étaient gigantesques.
J’avais envie de m’évanouir .
Je fis alors ce que je n’aurais jamais osé faire en des circonstances normales . j’enfonçai de toutes mes forces mon talon dans ses orteils crasseux . je ne suis pas en surpoids, mais des orteils soumis à de tels assauts se seraient douloureusement écrabouilles en un tas d’os et de chair broyés.
Mais dans ce cas précis je ressentis une douleur vive à la cheville comme si j’avais mis un coup de pied dans un vilebrequin.
Confrontée à une situation aussi insolite j’aurais dû partir en courant , malheureusement ce n’était pas toujours possible . j’étais incapable de savoir ce qui allait se passer, mais je savais que quelque chose allait foirer . Je redoutais que ma phobie empire quand je le vis revenir avec un vilebrequin dans la main .
Je souffrais manifestement d’un trouble psychique . Ça ne me dérangeait pas outre mesure jusqu’ici .
Je crois que c’est à la vue du vilebrequin que les choses ont mal tourné.
L’idée de lui demander c’est quoi ce truc que tu tiens dans la main m’a effleuré un instant l’esprit Monsieur le Commissaire je sais c’est une aberration sociale que de faire ce que j’ai fait , mais bon il s’en sort bien .

 

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Arbre à came et force centripète (Vegas sur sarthe)


J'emmenais Germaine en week-end à La Baule "for the first time" quand à peine sortis de La Garenne-Colombes j'ai entendu un bruit anormal sous le capot de ma Passat TDI Bluemotion de 1982.
J'ai levé le pied en demandant sans espérer une réponse de ma passagère : "Tu trouves pas qu'ça manque de couple ?"
Incrédule, Germaine m'a regardé et a quand même répondu : "J'sais pas... ça fait qu'une semaine qu'on est ensemble"
Visiblement ses notions de couple moteur se limitaient à des supputations conjugales aussi n'entrai-je pas dans les détails de la transformation du va-et-vient linéaire en mouvement rotatif qui nous auraient emmené sur un terrain scabreux peu productif dans l'instant présent... et susceptible de tacher ma banquette arrière en cuir à massage ventilé.
Puisqu'il y avait urgence j'ai stoppé sur la bande d'arrêt du même nom, celle qui vous garantit deux minutes trente de survie par temps clair.
"On va ménager l'arbre à came" dis-je en soupirant.
Germaine ouvrait des yeux ronds : "T'en as? J'osais pas te d'mander..."
J'ai répondu mécaniquement : "On fume pas dans ma voiture"
Cette fois c'est Germaine qui s'est mise à soupirer.
A quoi bon lui parler de l'utilité du système bielle-manivelle et de la force centripète ?
J'avais fini par parler tout haut malgré moi.
"La force centripète" a t-elle répété "c'est donc ça l'odeur ? J'osais pas te d'mander..."
Ca faisait deux fois en une semaine qu'elle n'osait pas me d'mander... et ça commençait à faire beaucoup.
Alors je me suis écrasé à propos de l'excentricité des manetons, de l'alésage des pistons et du poids des masselottes.
A quoi ça servait que le type de Passat y se décarcasse à faire une TDI Bluemotion ?
J'avais joué la sécurité en prenant un moteur en V avec une bielle "maîtresse" articulée sur le maneton, et une bielle "secondaire" articulée sur la bielle maîtresse.
Malencontreusement j'avais pensé à voix haute!
"C'est ça! T'as une maîtresse! J'aurais dû m'en douter" a t-elle explosé en labourant de ses griffes manucurées son siège en cuir à massage ventilé.

J'ai tenté de calmer le jeu : "J'ai parlé d'une bielle maîtresse, Bichette, pas d'une vieille maîtresse... et si je devais en avoir une, ça ne serait pas une vieille"
Je m'enfonçais lamentablement.
"Tu vois, t'avoues que t'as une maîtresse, mufle !" rugit-elle en attaquant l'airbag passager, la seule chose à ne pas attaquer sur une Passat TDI Bluemotion de 1982 !

J'ai réalisé que dans le cycle admission, combustion/détente, compression, échappement on était plus près de la combustion et de l'échappement que de la détente... mais quand l'airbag lui a explosé dans la tronche, le silence est revenu.
Je devais dire quelque chose à tout prix : "ça doit v'nir du vilebrequin".
Elle était furax, bien comprimée mais furax : "Bien sûr, c'est toujours la faute des autres avec toi, c'est qui ce vil Brequin... ou plus surement cette vile Brequin ?"
Je lui ai tendu un kleenex: le sang séché sur du cuir lacéré ça coûte un bras.
Germaine pleurnichait doucement alors j'ai remis le moteur en route : "Tu veux pas sortir écouter le moteur , Bichette ?"
Pas facile de sortir avec une montgolfière qui s'est invitée entre le pare-brise et le siège, alors j'ai poussé... pas Germaine mais le moteur pour entendre rugir mon vieux tigre.

Finalement Germaine est sortie au moment où passait un gros routier sympa, les gros routiers sont souvent sympa, pas les chétifs bizarrement.
Celui-là a pris Germaine, enfin je crois puisque je ne l'ai pas retrouvée.
J'ai repris la route direction La Garenne-Colombes et l'atelier de mon garagiste Mr Lapin; oui je sais, un Lapin à La Garenne ça fait rire mais j'sais pas pourquoi.
Et le verdict est tombé en même temps que ma mâchoire : "C'est l'vibrequin, M'sieur Vegas" et il a ajouté "c'est l'problème sur les moteurs en V avec une bielle maîtresse articulée sur le maneton, et une bielle secondaire articulée sur la bielle maîtresse"
J'ai répondu machinalement : "Une vieille maîtresse ça doit être plus fiable, même avec des heures de route"
Mr Lapin a ouvert des yeux ronds : "Sans vilebrequin on avance moins vite"

J'avais pas compris que c'était de l'humour, j'ai osé demander : "Vous auriez pas une voiture sans vilebrequin, des fois ?"
Il se gratta la tête, les garagistes se grattent souvent la tête, allergie à la graisse sans doute : "Pour ça faudrait passer à l'électrique, M'sieur Vegas"
"A l'électrique? Vous en avez là pour voir ?" ai-je demandé.
Il m'a tapé sur l'épaule comme si on était potes alors qu'il était juste le docteur de ma vieille Passat malade du vilebrequin.
"Essayez Zoé, elle est libre" a t-il dit avec un clin d'oeil malicieux "elle est facile, pas exigeante et surtout silencieuse"
Je m'demandais si elle serait plus silencieuse et moins exigeante que Germaine.
J'ai dit bêtement : "D'accord, si elle veut bien..."
Mr Lapin m'a regardé bizarrement : "Elle est prête, elle est là sur le trottoir"
Je sais pas c'qu'y m'a pris, j'ai déguerpi... les putes c'est pas mon truc.

 

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