Ont fait la tronche devant leur assiette
François ; Laura ; Walrus ; Emma ; Lecrilibriste ;
TOKYO ; Kate ; joye ; Nana Fafo ; bongopinot ;
N'en déplaise aux nareux, aux nareuses et( même aux narratrices ! (Joe Krapov)
N’en déplaise aux nareux
C’est dans les vieilles marmites
Qu’on fait les meilleures soupes !
Jeunes fesses, vieilles croupes,
C’est toujours dynamite
Et j’en suis bienheureux !
La vieille bouillabaisse ?
Est bien sot qui la laisse
Au prétexte qu’on l’a touillée
Dans un chaudron un peu rouillé !
C’est ainsi, ma cousine :
On ne peut pas nier
Qu’on ne saura jamais
Ce que le cuisinier
A fait avec ses doigts
- Et la fée Mélusine -
Avant de se mettre au piano,
D’allumer ses fourneaux,
De concocter ses mets !
Est-ce l’heure du Cauchemar en cuisine ?
Les nareux sont aux abois !
Envoyez la parano !
Il faut manger pour vivre
Et vivre pour manger !
Tant pis si la salmonelle
Fait danser la tarentelle
Aux boyaux !
Tant pis si les estomacs
Se retrouvent dans le coma
A cause de plats déloyaux !
Car sinon à quoi ça sert
Qu’on vende de l’Alka-seltzer ?
Si la vie est une maladie
Elle est aussi hélas
Oralement transmissible !
J’admets que certains plats
Sont assez dégueulasses
La salade de limaces,
Le cassoulet d’Arras
Et ses rutabagas,
Le Klug du Père Noël
Roulé sous les aisselles,
Excès, etcetera...
Mais faut pas faire le difficile
A l’heure où tombent les missiles :
Bienheureux si on ne doit
Manger du rat ou du chat
Pour ne pas faire une fin,
Pour ne pas crever de faim.
Bien nareux, ce jour ma cible,
A l’heure de l’incendie,
Mange ta soupe et tiens-toi droit !
Ne crache pas dans le chocolat
A six pas, comme au Mexique,
Ou... deviens anorexique !
P.S. Ce poème vite torché (? Beark !) est accompagné d’une invitation à déjeuner chez Bruno (qui fiche toute son argumentation par terre (j'adore ça !) !) !
Frère et sœur par bongopinot
Enfant déjà ses principes
Me faisaient beaucoup rire
Que de bons souvenirs
Toujours dans la même équipe
J'aimais son côté nareux
Son petit air dégouté
Devant une grande tablée
Le plat sur la table au milieu
Ne voyant pas d’assiettes
Seulement les couverts
Je le voyais devenir vert
Il disait alors : ”je suis à la diète”
Manger tous dans le même plat
Pour lui ce n’était pas concevable
Il souriait et restait aimable
Et il prenait une pomme en fin de repas
Il a toujours des principes
Et me fait toujours rire
Que de bons souvenirs
On formait une bien belle équipe
731 mots pour dire "j'suis dégouté" (Nana Fafo)
La quête de l'âme soeur (ou de l'âme frère)
hum, on ne sait plus trop quelles expressions utiliser
pour respecter la parité !
A défaut de délivrer une Princesse
et sur les conseils de Kate,
Ronchonchon s'est mis en quête (Kate) de la perle rare :
une petite cochonne, quelqu'un comme lui.
Mais de nos jours, le seul moyen de "pécho", c'est internet !
ça, Ronchonchon a un peu du mal à comprendre.
Comment commencer une relation virtuelle avec un profil
qui ne montrera qu'un masque, et la rendre sincère ?
Alors, comme tout bon célibataire,
il s'est inscrit sur 2 sites de rencontres pour cochons :
adopte un "suce scrofa"
et meever.
A force de scroller et de swiper, il a matché
et enfin décrocher un rancard.
Elle s'appelle "Nana", comme sa génitrice,
une "ok boomer" qui essaie de comprendre ce nouveau langage...
Pour être original, il s'est dit qu'un pique et nique
pourrait être romantique.
Le hic, c'est que la donzelle lui a annoncé
qu'elle était a-nareuxique
et que manger de l'herbe sur l'herbe
ou manger tout court
allait provoquer des nausées et vomissements intempestifs.
Pas de chance, mon cochon !
Ce n'est que partie remise,
la prochaine fois, essaie d'éviter les Nana-reuxiques.
Belle lecture créative
tiniak, quand tu nous tiens... (joye)
Nanette Pascale, la cannibale,
Avait souvent une forte fringale :
Rentrant un soir sans lune, au noir,
Elle mordit fort son pauvre Edouard
Un mari très marri, plus tard, son
X.
Arc bouta (Kate)
Arc bouta
Néreuse
Ou nareuse ?
Si du nez
Elle en avait
C'était du flair
De la détermination militaire
Jeanne la bonne Lorraine
Vierge souveraine
Voyageuse
Victorieuse
À Orléans
Où bascula la Guerre de Cent Ans
Sainte belliqueuse
"Qu'Anglois brûlèrent
à Rouen"
Jadis et naguère
Mais où sont les neiges d'antan
Jeanne généreuse
Et de moi Laurent
Si elle avait été amoureuse
J'aurais pu être son amant
(illustration extraite de "Histoire de la France des origines à nos jours" de Georges Duby)
Nareux (TOKYO)
Donnant une conférence de presse dés leur arrivée
Neil Armstrong et ses coéquipiers regardent les terriens avec jubilation.
« Aldrin a un sourire lunaire » dit un des journalistes à sa chaine de télé.
Les sacs sont pleins d’échantillons de roches lunaires.
Collins s’approche du Micro réservait à la Nasa et s’adressant à eux leur crie « la prochaine fois amélioraient les repas les gars c’était dégueu. »
Armstrong en riant récupère le micro/ il cracherait devant une assiette de caviar ce nareux qu’on lui serve un steak frit. « Non Aldrin, on n’a pas sorti une grande nappe avec des carreaux rouges et blancs pour s'offrir un pique-nique céleste en regardant les étoiles. » On n’était pas venu pour ça. Pas de corvée de vaisselle, rajoute Collins en s’adressant à ce nareux d’Aldrin. Ils sont loin d’avoir une forme éblouissante et les américains peuvent compter sur toutes ses avancées technologiques liées à leur voyage et comme a dit Armstrong c’est un petit pas pour l’homme mais un grand pour l’humanité avec ou sans frites.
Beurk ! Gloup ! Trop nareux ! (Lecrilibriste)
« Si j’aurais su, j’aurais tout avalé à mesure ! »
A cause de la guerre et de mon père prisonnier, nous avons vécu chez mes grands-parents maternels qui avaient une grande maison et quand mon père est rentré, nous y sommes restés !
A cette époque-là, on ne moulinait pas la soupe. En fait, je ne m’en souviens pas. Mais ce jour-là, je ne sais pas qui avait fait la soupe mais les morceaux de queues de poireaux étaient particulièrement gros, je me souviens, et avaient cuit dans le bouillon comme ils avaient été coupés.
Franchement ces queues de poireaux ne glissaient pas dans mon gosier – d’ailleurs tout comme maintenant, les fils de haricots verts - et je les avais disposées délicatement tout autour de mon assiette à soupe qui avait un rebord, comme celles d’avant. C’était beau, ça faisait comme une fleur verte tout autour. J’en avais bouclé le cercle.
Personne ne m’avait rien dit, on m’avait laissé faire mais lorsque j’ai eu terminé mon assiette, mon père est venu s’assoir à côté de moi et m’a dit « Maintenant, tu manges ce que tu as laissé sur ton assiette ».
Beurk ! Gloup ! Trop nareux !
La captivité ne l’avait pas rendu patient, il faut dire qu’il avait crevé de faim pendant cinq ans, qu’il était malade et squelettique à faire pitié et il faut dire aussi que lorsqu’il est revenu après tous ces sévices et cette misère subis, on avait intérêt à filer droit. Fallait obtempérer illico sinon, ça bardait dur !
Et puis, il avait une arme de poing, c’est-à-dire, qu’il nous tapait l’épaule droite avec les phalanges de son poing droit fermé, en disant « mange ta soupe ! » et de plus en plus fort, la vache !!! ça faisait mal !
J’ai donc avalé tant bien que mal mes queues de poireaux. Combien de temps a-t-il fallu, je ne sais pas. En fonction de ma révolte et de ma résistance sans doute. Je ne sais plus, non plus si ensuite j’ai eu des bleus à l’épaule car ça a dû durer un bon moment.
En conclusion, maintenant je mouline toujours la soupe mais j’adore les poireaux en salade, même avec un peu de vert ! Je ris en me souvenant de cette histoire que le mot et l’image de nareux me remettent en tête et je ne lui en veux pas. Ou du moins, Je ne lui en veux plus à ce jour !
Comme quoi hein ! Le dressage a parfois du bon !
El' camanette (Emma)
El' camanette
Ah, te v'la min garchon, ch'est pas souvint qu'on t'vo à l'mason d'puis l'virus. Te bo eun' goutt' ed' jus ? Ah che vrai, che del' camomil qu'i t'faut, a'ch'teur, y parait qu'te dev'nu vegan ? Che t’femme qu'el do et' continte !
Cha, che quet'cos que j’ai toudis pas compris, qu'on dit ches cats cha n'jonne pon des kyins ! mais commint qu'cha s'fait qu'te peux avoir deus, tros, quate, dich gosses, pas un parel !
R'gard' tin frere Gustav. Sacré rojin, toudis bénache, toudis joïeux, i pinso qu'à minger, un vrai galaffe : che gatiaux , che gauf, el tarte au chuc, che frites, cha y allo !
Et ti, min tiot, tout quinquin t'éto un vrai moniau pour ech’cat ! Pluquard, tatasse, nareux !
Allez min garchon, che des carabistoules, va t’kère eune bière din ch'frigo, chez vegan, cha, el bière ?
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La bavarde
Ah, te voilà, mon garçon, c'est pas souvent qu'on te voit à la maison depuis le virus. Tu veux une tasse de café ? Ah, c'est vrai, c'est de la camomille qu'il te faudrait à présent, il paraît que tu es devenu végan ? c'est ta femme qui doit être contente !
Ça c'est quelque chose que j'ai toujours pas compris, on dit que les chats font pas des chiens, mais comment ça se fait que tu peux avoir 2, 3, 4 ,10 gosses, pas un pareil !
Regarde ton frère Gustave. Sacré gamin, tout le temps content, tout le temps joyeux, il ne pensait qu'à manger, un vrai gourmand : les gâteaux, les gaufres, la tarte au sucre, les frites, ça y allait !
Et toi, mon petit, tout bébé tu étais un petit moineau, chipoteur, tatillon, difficile! Allez mon garçon, tout ça c'est des bêtises, va te chercher une bière dans le frigo, c'est végan, ça, la bière ?
Dérapage (Walrus)
Eh bien, les gars, ça commence fort !
Un journal lorrain se félicitait en 2020 de la prochaine entrée de ce mot local* (Nareux) au Robert. Dans le même article, il signale que dans la région de Nancy (un coup de notre MAP bienaimée sans doute), on utilise plutôt Néreux. C'est ce que je disais : ça commence fort !
En cherchant le mot dans les dictionnaires dialectaux (mouarf, j'ai failli écrire dialectiques!) de Wallonie, j'ai constaté que dans un de ceux-ci, on l'écrit Nareus.
J'extrais une des "
" de cette entrée:I n' fåt nén esse nareus po mindjî avou des pourceas pareys (il ne faut pas être nareux pour manger avec des cochons pareils)
et une autre d'un autre "dico" consacrée au même sujet :
on bon coshet n’ est nén nareux di s’ batch (un bon cochon n'est pas nareux de son bac)
Passons sur pourceas et coshet, en français aussi on utilise pourceau et cochon, et signalons un détail amusant : nareux étant entré au dictionnaire, le correcteur orthographique de l'éditeur de Canalblog l'accepte et, en bon instit, souligne en rouge ondulant Nareus. C'est ça toute la beauté de la normalisation.
* Local, local, c'est vite dit! Comme je l'ai signalé en proposant le mot à vos imaginations aussi galopantes que fiévreuses, il est en usage dans tout le nord-est de la France et la partie wallonne de la Belgique